Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Plus de notes à l'école ? Pas trop tôt ! Mais méfiance...

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 20/11/2010 à 16h23

Je viens de signer l’appel de l’Afev, Association de la fondation étudiante pour la ville, pour la suppression des notes à l’école élémentaire. Ce sera déjà ça. Mais je me méfie. Je ne crois pas que les raisons de, prenons le cas, Richard Descoings soient les miennes. De sorte que pour préciser les idées, je m’autoriserai dans un instant à rappeler ce qui se dit dans cette Rue depuis pas mal de temps déjà.

En France aussi des écoles se passent de notes

S’il est éclairant d’aller en Finlande voir fonctionner un système éducatif différent, il n’est pas moins édifiant de se rappeler qu’il existe en France, depuis au moins un siècle, un courant pédagogique qui, préconisant une « pédagogie active » dans une « école nouvelle », envisage bien d’autres formes « d’attention portée aux élèves » que celle qui consiste à lui coller un chiffre sur le front.

Et il n’est pas inutile de savoir qu’il est en France des écoles (publiques) qui vivent sans notes et qui vivent fort bien, comme il n’est pas inutile de savoir qu’il est en France des enseignants qui s’évertuent depuis longtemps par leur travail quotidien à montrer que non seulement il est possible de faire progresser les enfants sans les « chiffrer », mais qu’il vaut mieux ne pas les « chiffrer » si l’on veut que tous progressent au rythme qui convient à ce qu’ils sont au moment où ils sont.

Ces enseignants se sentiront peut-être confortés par tant de signatures, certaines fort prestigieuses, qu’ils pourront opposer aux réflexes d’une administration prompte à brandir les « textes » comme l’on brandissait la férule au siècle d’un Montaigne effaré de ce qu’il voyait et entendait dans les « collèges ».

Méfiance

Mais disais-je, je me méfie, car multiples peuvent être les raisons de vouloir, aujourd’hui, (mais pourquoi pas hier, c’est-à-dire il y a dix, vingt, trente ans ?) supprimer les notes à l’école élémentaire (pourquoi seulement à l’école élémentaire ? Pourquoi pas pendant toute la scolarité obligatoire ?). On peut ainsi vouloir aider tous les enfants et chacun d’eux à découvrir par l’acquisition de savoirs « ce qu’il lui plaira de faire dans la vie ».

Mais on peut aussi penser que c’est là un bon moyen de créer un « vivier » suffisamment vaste et dense, c’est-à-dire d’un bon niveau, dans lequel on pourra à loisir, après cette école élémentaire épanouissante, choisir par les moyens que l’on sait celles et ceux qui formeront l’élite de demain.
Quant aux autres, ils retrouveront leurs sales notes en sixième.

Voici donc ce qui se dit jadis dans cette Rue. Ici et .

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  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 16h42 le 20/11/2010
    • Internaute 61755

    c’est pas vrai ! je suis en train de corriger des copies...et le doute m’étreint.

    • lancetre
      • Posté à 19h16 le 21/11/2010
      • Internaute 18658

      Une fois encore, les pseudo-libertaires de mes deux, auxquels Elisée Reclus aurait décoché de légitimes coups de pied au cul ( « l’anarchie, c’est la plus haute expression de l’ordre », expliquait le géographe anarchiste),rejoignent les ultra-libéraux pour attaquer l’école républicaine.

      Détruire les savoirs, détruire l’enseignement , empêcher les cours de se dérouler normalement, telle est l’obsession de tout pouvoir totalitaire.

      Et des gens qui se réclament des idées libertaires servent la soupe à l’enseignement privé !

      Consternant.

      • A déménagé le 1-6
        • Posté à 19h25 le 21/11/2010
        • Internaute 61755

        gné ?

         
        • lancetre
          • Posté à 20h01 le 21/11/2010
          • Internaute 18658

          Gna !

          • A déménagé le 1-6
            • Posté à 21h29 le 21/11/2010
            • Internaute 61755

            je ne sais pas ce qu’aurait fait reclus...je ne sais pas grand chose d’ailleurs, comme vous le sous-entendez. la polémique concernant la notation des élèves m’interroge depuis que j’enseigne. je l’applique sans enthousiasme et je tente, avec mes faibles moyens intellectuels, d’évaluer le plus justement possible, à savoir en valorisant une copie bourrée de fautes avec quelques idées, bien que l’orthographe reste un des critères [d’évaluation], par exemple.

            ce que j’accepte mal, de votre part, c’est la tendance à classifier les uns et les autres : pseudo-anarchistes, cyniques, fossoyeurs de l’instruction. en cela, vous semblez bien représenter les crânes d’oeuf voulant à tout prix caser les gens dans une catégorie bien définie. et je ne suis pas sûr [faire parler les morts n’est pas de mon ressort] que reclus se soit retrouvé dans vos propos.

            sur ce, je vous laisse avec vos certitudes et avec mes doutes.
            edit

        2 autres commentaires
      • Mon-Al
        Mon-Al répond à lancetre
        roturière : -)
        • Posté à 19h34 le 21/11/2010
        • Internaute 24219
          roturière : -)

        « Et des gens qui se réclament des idées libertaires servent la soupe à l’enseignement privé ! »

        Expliquez nous ça un peu ... mais de qui parlez-vous ?

        Quel rapport avec les notations ?

         
        • lancetre
          lancetre répond à Mon-Al
          • Posté à 20h02 le 21/11/2010
          • Internaute 18658

          J’ai fait court, parce que je fatigue de brâmer toujours les mêmes constats dans le désert, pour une assemblée de sourds ou de malcomprenants.

          Pour aller vite, sur cet exemple précis, le scénario parait clair.

          1) On supprime les notes dans l’enseignement public.En gros : on casse le thermométre pour éviter d’avoir à admettre qu’on est mal en point.

          2) Evidemment, pas de ça à l’Ecole des Roches, ni chez les Jésuites...

          3) Hurlements indignés des parents.

          4) Tous ceux qui le peuvent fuient l’enseignement public, et assiègent les écoles privées.

          5) Le gouvernement constate une forte demande des familles pour l’enseignement privé.Pas assez de places pour accueillir tous ceux qui le souhaitent.Il faut répondre à la demande légitime des parents...

          Je vous laisse trouver la fin de l’histoire.

          C’est très facile.

          ça marche aussi avec les perturbations de cours.

          Dans quel but, selon vous, la hiérarchie de l’Education Nationale refuse-t-elle systématiquement de sanctionner les élèves qui empêchent un prof d’enseigner ? Pourquoi contraint-elle les profs, même agressés, à accepter en cours des trublions qui n’apprennent rien mais empêchent les autres d’apprendre ? Pourquoi, lorsqu’un prof est physiquement agressé, faut-il une mobilisation de ses collègues pour contraindre le chef d’établissement à organiser un conseil de discipline ?

          Dans un autre registre : dans quel but cette grotesque « évaluation par compétences » qu’on prétend imposer, sans concertation comme d’habitude, aux professeurs ?

          Ce gouvernement n’a qu’un seul objectif concernant l’Education Nationale comme les autres services publics : la privatisation.

          Pour cela, tout ce qui peut contribuer à détruire l’école, à la rendre ridicule et inefficace, est bon à prendre.

          • Mon-Al
            Mon-Al répond à lancetre
            roturière : -)
            • Posté à 20h06 le 21/11/2010
            • Internaute 24219
              roturière : -)

            Merci pour votre réponse détaillée.

            Mais que vient donc faire Elisée Reclus là-dedans, lui qui à ma connaissance, n’a jamais mis de coup de pied au cul à quiconque ...

            • lancetre
              lancetre répond à Mon-Al
              • Posté à 20h14 le 21/11/2010
              • Internaute 18658

              Le coup de pied au cul (virtuel, un e-coup de pied au cul, ça ne fait pas grand-mal !) était le reflet de mon agacement .

              Quant à Elisée Reclus, c’est une « private joke ».

              Nestor Romero lui a consacré une chronique.

              Et hershellgordon m’a passablement énervé, il y a quelques jours, en affirmant, sans le moindre début de commencement de preuve, ni même d’argumentation,
              que les profs d’histoire ne savaient pas qui c’était ! ! ! !

              Voyez l’article sur les nouveaux programmes d’histoire de première.

              Excellent article, puis commentaire agressif, insultant, injurieux, diffamatoire de hershellgordon, qu’il a refusé de retirer.

              J’avais seize ans lorsque j’ai lu pour la première fois un texte d’Elisée Reclus ! Et un guignol vient me dire que je ne sais pas qui c’est !

              Il est encore temps pour lui de présenter ses excuses.

              On se grandit en reconnaissant avoir écrit une ânerie.

              • A déménagé le 1-6
                • Posté à 23h54 le 21/11/2010
                • Internaute 61755

                pauvre chou...qui connaît reclus ? hein ? des exégètes à la petite semaine tels que vous ?

                « J’avais seize ans lorsque j’ai lu pour la première fois un texte d’Elisée Reclus ! Et un guignol vient me dire que je ne sais pas qui c’est ! »

                m’excuser devant tant de fatuité, ça risque pas.

        4 autres commentaires
  • Adéménagéle1erseptembre2011
    • Posté à 17h19 le 20/11/2010
    • Internaute 132112

    J’ai une question : supprimer les notes compensera-t-il, à votre avis, les suppressions programmées et en cours de réalisation des postes d’encadrement des élèves, des professeurs aux surveillants - statut disparu, d’ailleurs - en passant par les CPE et les COP ?

    Je vous parle de l’enseignement public : ailleurs, là où l’État tente d’envoyer les élèves, cela ne se passe évidemment pas ainsi.

    Vous ne savez plus de quoi vous parlez, l’ancien enseignant.

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à Adéménagéle1erseptembre2011
      Ancien enseignant
      • Posté à 17h22 le 20/11/2010
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Bonjour,
      J’ai bien l’impression que vous n’avez pas lu ce que je propose de lire. Peut-être est-ce trop long ?
      N.

      • Adéménagéle1erseptembre2011
        • Posté à 18h13 le 20/11/2010
        • Internaute 132112

        Non non, j’ai bien tout lu jusqu’à la fin, étant donné que j’ai eu la chance d’apprendre à lire un texte, même court (le vôtre n’est pas trop long, je vous rassure. Niveau confusion, , en revanche...).

        Votre première phrase m’ a édifié, votre « Méfiance » final m’a laissé perplexe, dans son incohérence.

         
        • Nestor Romero
          Nestor Romero répond à Adéménagéle1erseptembre2011
          Ancien enseignant
          • Posté à 19h00 le 20/11/2010
          • Expert 5556
            Ancien enseignant

          Pardon, je voulais parler des deux textes signalés par les liens à la fin de ce très court texte, en effet.
          N.

        1 autres commentaires
    • lancetre
      • Posté à 19h22 le 21/11/2010
      • Internaute 18658

      Je ne vous avais pas lu.

      Je viens de lui écrire sensiblement la même chose.

      En fait, il n’est sûrement pas méchant, mais complètement à côté de la plaque.

      Il était légitime et nécessaire de se révolter, à la fin des années 1960, contre les lycées-casernes et la ségrégation des « filières ».

      Mais aujourd’hui, l’école est le dernier rempart face à la barbarie capitaliste.Le dernier gros morceau, pas encore privatisé, de ce qu’on appelait autrefois « services publics ».Il faut donc la défendre, et non l’attaquer, comme le font les libéraux.

      C’est ce qu’il refuse de comprendre.

      • Adéménagéle1erseptembre2011
        • Posté à 20h00 le 21/11/2010
        • Internaute 132112

        Bien sûr que Nestor Romero n’est pas méchant...Pennac non, plus, je crois, pour autant que je puisse en juger. Et c’est bien cela le pire, que des gens soucieux de l’intérêt des élèves et faisant autorité ne voient pas plus loin que le théorique « épanouissement de l’élève » en ignorant, sans doute involontairement, qu’on ne peut pas faire mieux avec moins de présence humaine (comme en témoignent par exemple le remplacement des surveillants par des caméras, celui des cours par des « ENT » - « environnement numérique de travail », autrement dit usage d’Internet guidé de loin par un professeur), et que c’est ce qui est en train de se produire dans l’EN. Ou plutôt de finir de se produire.

         
        • lancetre
          • Posté à 20h07 le 21/11/2010
          • Internaute 18658

          Tout à fait d’accord.

          Je prendrai au sérieux les « pédagogues » autoproclamés lorsqu’ils cesseront de considérer qu’un prof écrasé, c’est un peu de liberté gagnée.

          A mon avis, un prof en moins, c’est au contraire un nouveau pas en arrière, vers le retour à la barbarie.

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 17h33 le 20/11/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Je vais jouer le réac de service, mais je crois qu’avec la suppression des notes, on dépasse les bornes de la démagogie.

    Je m’explique :

    La note n’est qu’un élément d’une méthode, qui consiste à mettre l’élève dans une situation de production individuelle, à évaluer cette production, et à renvoyer un message à l’enfant pour qu’il se situe et fasse des progrès.

    Précisons que ce travail individuel, ainsi les corrections, annotations et notations, sont les seuls échanges pédagogiques intimes entre l’enseignant et l’élève. Et dans des classes chargées, où l’élève trop discret se fait facilement oublier, c’est essentiel.

    Précisons aussi que la correction de ces travaux représente un travail considérable.

    Améliorer cette méthode est toujours possible. Et il faut voir la note comme un élément d’une stratégie pédagogique plus large, dans laquelle l’enseignant peut expliquer, encourager, évaluer la progression, bref faire son boulot, qui est un vrai métier.
    A contrario, les évaluations nationales sont une ânerie, forçant les enseignants à sanctionner sans pouvoir intervenir sur le reste de la méthode.

    Mais vouloir casser cette méthode est une erreur, et j’ajouterai que c’est une ambition franchement suspecte, dans la mesure où :
    - supprimer les notes, c’est cacher la copie du travail pédagogique,
    - le manque de travaux d’évaluation est pour l’enseignant du travail en moins à la maison.

    Nul doute qu’on trouvera nombre de partisans de cette évolution. Reste à savoir si c’est révélateur d’une vision utopique de l’enseignement, ou plus simplement d’une bonne grosse fainéantise...

    • Adéménagéle1erseptembre2011
      • Posté à 18h02 le 20/11/2010
      • Internaute 132112

      Nul doute qu’on trouvera nombre de partisans de cette évolution. Reste à savoir si c’est révélateur d’une vision utopique de l’enseignement, ou plus simplement d’une bonne grosse fainéantise...

      Comme vous aurez pu le voir, je suis partisan d’un système de notation (pas, en revanche, de relevés de « compétences » complètement fallacieux : quand on a trente-cinq élèves et bien plus de compétences à évaluer, que voulez-vous que l’on fasse de correct ? Sans parler des « compétences comportementales », qui ne devraient pas entrer en ligne de compte : ça, c’est du flicage absolument subjectif).

      Quant à la fainéantise... notation par « compétences » ou par notes classique, si on est honnête, cela prend autant de temps, et si on est malhonnête, c’est facile, pour ne par avoir d’ennuis, on met de « bonnes » notes (à tous) ou on coche « compétence acquise » (à tous aussi). C’est infect dans les deux cas, mais certains - pas tous, heureusement - utilisent ce procédé.

    • Squall Lionheart
      Squall Lionheart répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Un message que les riverains (...)
      • Posté à 19h35 le 20/11/2010
      • Internaute 103509
        Un message que les riverains (...)

      Le problème, c’est qu’il y a trop d’évaluations, le moindre travail est noté, dès que le professeur ramasse, il y a une note. Et si le travail n’est pas assez important, casse la tienne, le prof notera sur 5 et il te dira que tu feras 4 petit travaux différents pour recevoir une note sur vingt. Il n’y a jamais de travaux ramassés qui servent d’entrainement , le prof est tout le temps là pour évaluer,à croire qu’il sert qu’à ça.

      Un exemple d’actualité , première dissertation d’histoire en seconde, le prof ramasse et c’est noté, il n’y a aucun entrainement. Alors bien sur, le prof aura dit comment faire, mais les élèves ne pourront même pas s’exercer avant le test noté.
      Je peux vous assurer que dans pas mal de pays, ce genre de chose serait jugé comme aberrant, car avant de noter les élèves, la plupart des profs étrangers trouve que c’est indispensable que les élèves s’exercent avant le test noté.
      Alors oui, il faut évaluer, mais ce serait pas mal que les profs lèvent le pied.

      Après il y a notre système de note que je le trouve déprimant, franchement on pourrait trouver mieux. Une moyenne de classe doit se trouver entre 8 et 12, et ce quelque soit le niveau des élèves, c’est absurde.
      Il faudrait un système où le prof n’est pas besoin de surévaluer ou de sous évaluer le travail des élèves pour obtenir sa moyenne entre 8 et 12.
      Dans les pays bien classé dans l’OCDE, souvent il y a seulement deux notes « d’échec » et toutes les autres montrent à quel point l’élève a réussi. Ce genre de système est nettement plus encourageant pour les élèves.

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 19h59 le 20/11/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Si les notes tombent si tôt, c’est peut-être aussi parce que le prof évalue tout de suite les connaissances de la classe, qui changent chaque année.

        A force de changer tout le temps de cheval, tout le monde est paumé.

        Il y a quelques jours, j’étais à une rencontre parents-profs du collège. Et clairement, les profs de 6ème ne sont pas au courant des derniers changements de programme du CM2. Déjà que les instits ont du mal à suivre le bulletin officiel, qui est une véritable diarrhée pédagogique...
        Et on voit des profs (pas les plus fins) gueuler sur les élèves parce qu’ils ne connaissent pas un sujet qu’ils n’ont pourtant jamais vu à l’école.

        La chienlit de l’EN, c’est le personnel non enseignant mais à vocation pédagogique, du conseiller à l’inspecteur, qui pondent des trucs sur des sujets qu’ils ne maitrisent plus, vu qu’ils n’ont pas tenu une classe depuis des années. Et quand on voit à quelle vitesse ça change...

        Si on utilisait 50% de ces ressources pour... des heures de cours, à mon avis le niveau remonterait, ne serait-ce qu’en limitant les effectifs par classe.

         
        • A déménagé le 1-6
          • Posté à 20h11 le 20/11/2010
          • Internaute 61755

          « La chienlit de l’EN, c’est le personnel non enseignant mais à vocation pédagogique, du conseiller à l’inspecteur, qui pondent des trucs sur des sujets qu’ils ne maitrisent plus, vu qu’ils n’ont pas tenu une classe depuis des années. Et quand on voit à quelle vitesse ça change... »

          tu as raison. si je me réfère au corps des inspecteurs, il est obligé de promouvoir des circulaires changeantes voire contradictoires, des programmes inadaptés. je ne les envie pas, ces inspecteurs, finalement.

        • Squall Lionheart
          Squall Lionheart répond à A déménagé le 02-02-2012-2
          Un message que les riverains (...)
          • Posté à 20h19 le 20/11/2010
          • Internaute 103509
            Un message que les riverains (...)

          On peut évaluer une classe sans noter, c’est tout à fait possible. Il suffit de ramasser les copies et de les corriger, mais sans les noter. Ca se fait dans d’autres pays, mais en France y a un blocage. La mentalité des profs, c’est « je me casse le cul à corriger des copies, donc il doit y avoir une note ».

          C’est vraiment dommage, les profs ont complétement perdu de vue à quoi il servait. Ils sont là pour que les élèves s’améliorent le plus possible et donc l’entraînement est nécessaire. Dans pas mal de pays, y aurait trois dissertations corrigés par le prof et non notés avant le contrôle où la note serait prise en compte.

          Car là qu’est ce qui se passe en France, les élèves doivent tout comprendre du premier coup, au lieu de pouvoir s’exercer en rédigeant trois dissertations qui comptent pour du beurre, ceux qui n’ont pas compris vont se prendre trois mauvaises notes, ce qui peut les décourager. Alors qu’avec les entrainements, ils auraient continuer à chercher à s’améliorer.
          Et encore mieux, mais là on est dans le domaine de l’utopie pour la France, le prof corrige et il redonne la dissertation corrigée à l’élève. Ensuite Ils lui demandent de recommencer et ils le recorrigent à nouveau, mais là je crois qu’en effet je suis juste dans un rêve.
          En fait ce rêve m’est arrivé souvent au Danemark, mais je crois qu’en France, ça restera une utopie.

          • A déménagé le 02-02-2012-2
            • Posté à 20h59 le 20/11/2010
            • Internaute 82025
              non connue

            Pourtant en France, les enseignants ne se comportent pas forcément comme vous décrivez. On revient toujours à l’essentiel : la qualité de l’enseignant. A condition qu’on le laisse bosser.

            Ensuite, il faut se méfier des comparaisons avec les pays scandinaves. Ce sont des pays où l’enfant est libre, et où ça se passe bien. Mais ça ne veut pas dire que ça pourrait s’appliquer dans un pays plus latin ou moins enclin au voisinage bienveillant, pour des raisons de sécurité, déjà.

            Car ce n’est pas seulement l’enseignement qui est différent.
            La vie de nourrisson est différente, la vie d’élève et d’étudiant aussi, la carrière également, en particulier dans les rapports entre l’entreprise et les jeunes, ainsi qu’entre l’entreprise et les seniors.
            Idem pour les rapports de couple, la sexualité, etc.
            Pratiquement aucun des responsables politiques français actuels n’auraient accédé au pouvoir, avec les casseroles qu’ils trainent.

            Toute la société est formatée différemment, ce qui fait qu’on ne prépare pas les enfants au même monde.

            • Squall Lionheart
              Squall Lionheart répond à A déménagé le 02-02-2012-2
              Un message que les riverains (...)
              • Posté à 21h14 le 20/11/2010
              • Internaute 103509
                Un message que les riverains (...)

              Le problème, c’est qu’en France, on pense que l’élève ne travaillera pas sérieusement s’il n’est pas noté, ce qui est faux.
              Alors bien sure, il faut des évaluations pour montrer à l’élève où il en est, mais ça ne sert à rien d’en faire toutes les deux semaines. Ce n’est pas en deux semaines que le niveau de l’élève va changer.

              Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de pays où on évalue les élèves autant qu’en France, on est vraiment un extrême.
              La scandinavie est l’extrême inverse et peut être qu’en effet ça ne marcherait pas en France, mais ce serait quand même bien de trouver le juste milieu.

          • A déménagé le 1-6
            • Posté à 21h31 le 20/11/2010
            • Internaute 61755

            pas forcément, il m’arrive de ramasser cahiers et classeurs pour évaluer les travaux d’écriture sans les noter. j’écris un commentaire en général bienveillant [mais bon y’a des fumistes aussi] voire encourageant.

            mais là on touche un problème essentiel : présenter à un conseil de classe un nombre de notes limité est interprété de façon négative par les différentes hiérarchies, qui culpabilisent tel ou tel enseignant en fonction du fait qu’ils n’ont pas assez noté.

            pour ma part, j’exècre ce système, mais j’y suis contraint, donc je « biaise » ...peu de notes, mais un regard sur les travaux des élèves, et des annotations et des commentaires. pour l’instant, pas de reproche ni des élèves [qui tiennent bien leurs outils] ni des parents. l’important me semble être le suivi, pas le couperet.

          • lancetre
            • Posté à 19h34 le 21/11/2010
            • Internaute 18658

            « la mentalité des profs, c’est... »

            Que diront,ou penseront, s’ils sont polis,au conseil de classe, les représentants des parents ET DES ELEVES s’il n’y a que deux ou trois notes dans le trimestre ?

            « Ce prof-là, il ne se fatigue pas beaucoup... »

            Vos textes sont intéressants, mais il ne faut pas rejeter toute la responsabilité sur les profs...

             : -)))

            N.B. Ma remarque recoupe un peu celle de hershellgordon, mais pas tout à fait.Le souci n’est pas la hiérarchie - qui a quand même très peu de pouvoir sur un prof, surtout si l’on ne se laisse pas marcher sur les pieds, mais les « usagers ».

            • A déménagé le 1-6
              • Posté à 00h26 le 22/11/2010
              • Internaute 61755

              et depuis quand la hiérarchie a très peu de pouvoir sur un prof ? commentaire stupide qui dénote une méconnaissance du système...mais bon, vous n’êtes pas à une approximation près.

              • lancetre
                • Posté à 19h07 le 22/11/2010
                • Internaute 18658

                Bon, je laisse tomber, pour l’instant, Elisée Reclus.

                Concrètement, à part lui faire la gueule et lui pourrir la vie par de petites mesquineries ( » mauvais « emploi du temps, mais pas plus mauvais que celui d’une caissière à qui personne ne demande si elle veut travailler de 8 h à 10 h, puis de 18h à 20h, pour être payée à coups de lance-pierres) que peut un chef d’établissement contre un prof ?

                J’attends une réponse, mais je ne m’impatiente pas : vous aurez du mal à trouver...

                 : -)))

                • A déménagé le 1-6
                  • Posté à 20h48 le 22/11/2010
                  • Internaute 61755

                  ma réponse : « lui pourrir la vie par de petites mesquineries ». c’est de vous non ?

                  bon, pacifions le débat. veuillez excuser mes piques ; ceci dit, la comparaison entre le boulot de caissière avec celui de prof me paraît un peu...comment dire...inadéquate.

                  d’un naturel plutôt jovial, je n’ai pas eu à faire à ce genre de mesquinerie [ça glisse sur moi], mais j’observe autour de mon humble personnes des gens peu à peu détruits par cette hiérarchie vindicative. dans le lycée où je taffe, qui va fermer en 2011 pour être intégré à une plus grosse structure, le stress est bien là, la pression sur les postes à pourvoir aussi.

                  à défaut d’excuses, vous aurez eu une réponse [j’ose espérer ne pas vous avoir fait trop attendre]

                  • lancetre
                    • Posté à 20h57 le 22/11/2010
                    • Internaute 18658

                    Ce que je voulais dire, c’est qu’un prof reste, pour l’instant, hyper-protégé contre les « petits chefs », surtout lorsqu’on voit ce qui se passe ailleurs.

                    Contre un prof qui assure normalement ses heures de cours, je ne vois pas ce que peut faire, concrètement, un proviseur.

                    Il peut écrire un rapport, demander une inspection...

                    Mais si l’inspection est bonne, c’est tout bénéfice pour le prof, qui avancera ainsi plus vite.

                    Et même si le rapport d’inspection n’est pas bon, il ira dormir dans un dossier...

                    Il faut vraiment des problèmes graves pour qu’on en arrive à des sanctions, que seul le recteur peut décider.

                    Si j’évoquais l’exemple de la caissière d’hypermarché, c’est pour relativiser les plaintes qu’on entend à chaque rentrée lors de la distribution des emplois du temps.Ne pas avoir de demi-journée de libre n’est quand même pas le sort le plus digne de pitié dans la société actuelle.

                    • A déménagé le 1-6
                      • Posté à 21h18 le 22/11/2010
                      • Internaute 61755

                      alors là, je suis d’accord. sauf sur un point, un prof n’est pas hyper-protégé, il est relativement protégé.

        11 autres commentaires
  • speedy38-
    speedy38-
    Ingénieur des travaux finis
    • Posté à 17h46 le 20/11/2010
    • Internaute 124689
      Ingénieur des travaux finis

    Supprimer les notes et les évaluations, c’est dans un monde de Bizounours, avec leur petit nez en plastique rose en forme de cœur...

    Mon épouse est enseignante, dans une ZEP...

    En début d’année, lors des évaluations nationales, ses élèves sont « à la ramasse », il n’y en a pas un seul qui a le niveau.. Certains ne savent même pas lire et écrire...

    Elle a une classe à double niveau, et tous ses élèves sont difficiles, issus de milieux défavorisés avec des parents qui ne parlent quelquefois même pas Français...

    Les autres enseignants ne donnent pas de « devoirs maison » et ne notent pas, ou font très peu de contrôles...

    Elle les prend « à l’ancienne », et les tire comme elle peut, les note « sévèrement, mais d’une manière juste », leur donne du travail à faire le soir... Et ne les culpabilise pas lorsqu’ils ont un carton. Elle leur explique leurs erreurs.
    Et quand elle voir lors d’un contrôle que la majorité des élèves n’ont pas compris, elle se remet en question et refait le cours concerné car elle s’est mal exprimé, n’a pas su transmettre la réflexion sur le sujet ou les connaissances.

    Lors des évaluations de fin d’année, ils sont toujours au dessus de la moyenne. Étrange non ?

    Et en fin d’année, les gamins sont contents d’avoir passé une année avec elle, ils lui font plein de petits cadeaux...

    Il faut dire qu’elle bosse tous les soirs jusqu’à 11 heures pour corriger les copies ou pour préparer ses cours... Pendant que les autres enseignants de l’établissement regardent la télé...

    Et les parents l’ont bien compris, chaque année, c’est la bagarre pour que leurs enfants soient dans la classe de mon épouse...

    Le problème n’est pas au niveau des notes, il est au niveau de la motivation des enseignants à faire leur travail correctement.

    Enseigner, c’est une vocation, ce n’est pas un job comme un autre.
    Moi, je ne pourrais pas.

    • LeLapin
      LeLapin répond à speedy38-
      Infopigiste
      • Posté à 20h36 le 20/11/2010
      • Internaute 31149
        Infopigiste

      Je plussoie. Ma belle-soeur est comme ta femme et essaie de faire son possible de ses gamins. Mais quand elle nous raconte les conversations avec ses confrères, ça fait peur.
      Mais comment peut-on filtrer les vraies vocations parmi les prétendants ? Et surtout y en aura-t-il suffisamment ?

      • speedy38-
        speedy38- répond à LeLapin
        Ingénieur des travaux finis
        • Posté à 21h49 le 20/11/2010
        • Internaute 124689
          Ingénieur des travaux finis

        Et le pire, c’est que Sarko a supprimé les IUFM....

        Maintenant, avec un Master, les enseignants sont lâchés parmi les fauves...

        Ça fait partie de la stratégie de démantèlement des services publics...
        Les enseignants du public deviendront de plus en plus mal formés et les parents inscriront leurs gamins dans le privé...

        Concernant les vocations, les enseignants sont comme les médecins, ils ne sont pas sélectionnés sur leur vocation, ils sont sélectionnés par concours ou sur titres...

        Lamentable...

    • framboise92
      framboise92 répond à speedy38-
      essayons pour voir.
      • Posté à 06h54 le 22/11/2010
      • Internaute 24519
        essayons pour voir.

      Bonjour,
      Moi je peux mais j’en ai marre des annuités en plus ; ça me casse le corps et les nerfs.

      • speedy38-
        speedy38- répond à framboise92
        Ingénieur des travaux finis
        • Posté à 20h08 le 22/11/2010
        • Internaute 124689
          Ingénieur des travaux finis

        Il faut dire que toutes ces réformes à la con sont faites initialement pour casser les enseignants...

        Et les IEN sont de très belles « Courroyes » de transmission...

        Sans te parler des « conseillers pédagogiques »...

        Il y a un de ces cons qui était venu dans la classe de mon épouse et qui l’avait tellement cassée dans son rapport que l’IEN était venue en catastrophe, sans prévenir pour inspecter mon épouse en urgence, sans respecter aucune procédure.

        A la fin de la matinée, elle a constaté que les gamins étaient contents, calmes, qu’ils apprenaient bien et que tout était nickel, même si mon épouse prenait quelques largesses vis à vis des instructions de l’EN...

        Les résultats étaient bien là...

        Et pendant toute la matinée, elle a aussi entendu gueuler l’enseignante de la casse d’à côté qui n’arrivait pas à motiver et à tenir ses élèves...

        Elle est repartie en s’excusant de la gêne et le rapport de ce gros con à du partir directement à la poubelle, mon épouse n’en a plus jamais entendu parler.

        Elle a eu la meilleure note de l’école en fin d’année...

        Mais ça, elle s’en tamponne, le plus important pour elle est que ses élèves soient heureux de venir en classe et qu’ils comprennent bien tout, sans sombrer dans le « bourrage de crâne »...

        Elle est entrée dans l’enseignement par vocation, sur le tard...

        Avant, elle était DRH dans des boîtes privées mais ça ne lui convenait pas, elle ne se sentait pas utile...

         
        • kk
          kk répond à speedy38-
          au vert
          • Posté à 20h19 le 22/11/2010
          • Internaute 13480
            au vert

          On ne dit pas « les IEN » mais « les hyènes » et puis, il est toujours possible de refuser les inspections.

          • speedy38-
            speedy38- répond à kk
            Ingénieur des travaux finis
            • Posté à 22h10 le 22/11/2010
            • Internaute 124689
              Ingénieur des travaux finis

            Bof, comme de toutes façons elle a la conscience tranquille et qu’elle obtient des résultats spectaculaires compte-tenu du niveau auquel ses élèves entrent en début d’année, elle s’en fout...

            Et ses élèves sont contents d’être en classe avec elle, ce qui n’est pas le cas dans les autres classes de l’établissement.
            Les parents ne s’y trompent pas.

            L’an dernier, elle a même une élève qui a réussi le concours d’entrée au collège international...

            Avant son arrivée dans cette école, c’était strictement impensable...

        • framboise92
          framboise92 répond à speedy38-
          essayons pour voir.
          • Posté à 08h11 le 23/11/2010
          • Internaute 24519
            essayons pour voir.

          Je te répondrai mercredi....je suis à la bourre ! ! ! ! !

        • framboise92
          framboise92 répond à speedy38-
          essayons pour voir.
          • Posté à 07h44 le 24/11/2010
          • Internaute 24519
            essayons pour voir.

          Bravo à elle et qu’elle tienne le choc ! ! !

        4 autres commentaires
  • Serkof
    Serkof
    Retraité
    • Posté à 18h13 le 20/11/2010
    • Internaute 118339
      Retraité

    Il y a deux éléments difficiles à concilier pour l’élève : Ne pas être exclu (pour les moins bons), être reconnu (pour les meilleurs). Je pense personnellement qu’on devrait supprimer la notation pour les petites classes et la maintenir pour les autres ; comme ce qui est proposé. Les grands comprennent un peu mieux que les plus jeunes quand ils sont mal notés (même si ça ne leur fait pas plaisir).

  • picheloure
    picheloure
    rien
    • Posté à 18h34 le 20/11/2010
    • Internaute 51580
      rien

    Moi j’ai été dans une école où l’on avait :
    - « acquis » (vert) : c’est tout bon, on passe à autre chose
    - « en voie d’acquisition » (orange) : à perfectionner encore un petit peu mon jeune ami
    - « non acquis » (rouge) : reviens t’asseoir sur le banc mon gamin on va reprendre tout ça à zéro. Tu n’as pas compris, mais peut-être ai-je mal expliqué. (remise en question du prof plutôt que taper sur la tête de l’élève)

    Je m’en suis très bien sorti, mes camarades aussi.

    • LeLapin
      LeLapin répond à picheloure
      Infopigiste
      • Posté à 21h01 le 20/11/2010
      • Internaute 31149
        Infopigiste

      En 3ème, en maths, on avait une liste de thèmes et de niveaux dans chaque thème. Les élèves travaillaient en groupes de 4, sur des exercices, puis le groupe passait l’« examen » du thème et du niveau en question. Puis les groupes étaient reformés, un mini-cours était donné par la prof à tous ceux qui voulaient passer ce thème/niveau, et on repartait aux exercices, puis au passage du thème/niveau.
      Un minimum était requis pour le niveau normal de la classe de 3ème, mais on pouvait être en dessous, ou carrément au-dessus quand on avançait vite.
      Je sais que cette méthode a un nom, que j’ai oublié, mais un gentil riverain va nous le rappeler j’en suis certain. En tous cas, elle permettait une meilleure prise en charge individuelle et un avancement à son rythme.

      • Didi_22
        Didi_22 répond à LeLapin
        Etudiante
        • Posté à 11h48 le 22/11/2010
        • Internaute 132343
          Etudiante

        Oh là là, j’avais eu ce système (pas le passage des niveaux/thème comme vous le décrivez, mais le travail en groupe, comme apparemment en FInlande) avec un de mes profs au lycée, et franchement, c’était odieux ! J’étais une excellente élève (désolée de me vanter, mais bon...) et avec les petits groupes je me retrouvais toujours à expliquer les raisonnements aux autres. A chaque cours, j’avais l’impression horrible de perdre mon temps à expliquer dix fois de suite des trucs qui me paraissaient évidents. On ne peut pas dire que ce soit mon meilleur souvenir de pédagogie. Ensuite, effectivement ça peut sans doute être pas mal pour certains élèves (qui trouvent plus sympa d’être en groupe, avec leurs pairs, que de devoir « demander » des explications au prof, qu’ils considèrent peut-être moins « abordables ») mais pour les élèves qui sont un peu en avance, objectivement, bof...

         
        • LeLapin
          LeLapin répond à Didi_22
          Infopigiste
          • Posté à 12h37 le 22/11/2010
          • Internaute 31149
            Infopigiste

          Les résultats de la classe étaient très bons, même chez les mauvais élèves (j’ai pu vérifier car certains d’entre eux sont allés au même lycée que moi). Pour ma part, intelligent et flemmard, je me prenais des zéros à répétition en 5ème parce que je ne décomposais pas mes calculs sur ma copie (quel intérêt d’écrire ce qu’on fait de tête ?), et avec cette méthode, j’ai fini ma 3ème avec un bon morceau du premier trimestre de la classe de seconde. On était un groupe de 3 « très bons » et on nous avait collé un moins bon pour le tirer vers le haut. Ca a plutôt bien marché.

        1 autres commentaires
    • framboise92
      framboise92 répond à picheloure
      essayons pour voir.
      • Posté à 06h55 le 22/11/2010
      • Internaute 24519
        essayons pour voir.

      Comme en maternelle. mais on nous a fait changer les couleurs pour des lettres.

  • Blowup70
    Blowup70
    professeur
    • Posté à 18h54 le 20/11/2010
    • Expert 109937
      professeur

    [ N.B : Les remarques ci-dessous concernent des élèves de lycée, en particulier des terminales. Mais le problème ne se pose pas qu’à l’école primaire, même si les solutions y seraient diffèrentes. ]

    * * * * * *

    Les notes ne sont qu’un épiphénomène ; les supprimer ne changera guère le système, à moins que… ce soit le début d’une prise de conscience : supprimer les notes peut permettre de déclencher un changement de point de vue sur l’enseignement. En gros, les notes, c’est l’opium de l’école.

    Tout d’abord, on a déjà supprimé les notes en France après mai 68 ( réforme Edgar Faure ) avec une évaluation en : A/B/C/D/E, le C correspondant à la moyenne. Mais personne n’a joué le jeu ; des profs d’abord, en particulier de sciences, qui ont inventé les A+ ou A-, ce qui revenait à réintroduire le 9 ou le 11. Elèves et parents également, qui tiennent plus que tout au maintien des notes. « T’as eu combien à ton partiel d’histoire ? 12 ? Et Alain ? » Comme si la situation d’Alain pouvait avoir un quelconque rapport avec le travail de Jean françois ? Enfin, en fin d’année, les dossiers post-bac nous demandaient des moyennes ; essayez donc de faire une moyenne avec A/A/C/D/C/B ? ? ?

    Maintenant, quelles sont les motivations du statut quo ? Il suffit d’ouvrir ses oreilles ces jours ci pour être édifié : l’enfant a besoin de se situer par rapport aux autres ; savoir s’il est avant X ou après Y. Sur quoi repose ce préalable ? Quel est son intèrêt pédagogique ? Mystère ! Plus révélateur : la société est basée sur la compétition, il faut donc y préparer l’enfant… Depuis où ? Le primaire ? La maternelle ? Le phoetus ? Et depuis quand doit on préparer l’enfant à s’insérer dans la société, quelle qu’elle soit, l’économie de marché et la loi de la jungle ? Et s’il faut une hiérarchie, alors, allons jusqu’au bout : rétablissons le classement ; « Premier, Jean François ; Ah ! c’est très bien Jean François, continue comme ça » ; et à la fin, le petit Mouloud, ou Alain, qui voit le paquet diminuer, diminuer, avant de recevoir son 5 en pleine gueule, avec les commentaires d’usage, devant tout le reste de la classe ? C’est pourtant ça la société : Vae victis !

    Mais la société, c’est aussi l’inégalité, l’injustice ; ? Alors soyons injustes. On peut mettre les notes en tirant au sort ou selon la gueule du client ( ce qui se fait d’ailleurs déjà plus ou moins ) Instaurons l’inégalité : salle 201 : les arabes, 202 les nègres, avec Mr Guerlain ; 203 les classes moyennes ; 204, les fils de médecins, profs, notaires et tutti quanti. L’école, une micro société à l’image de la grande ? Quel beau projet pédagogique !

    Passons au vécu : la note sur la copie est ce qui masque la réalité de la copie ; la première chose que l’on voit et parfois la seule ! J’ai 16 ? Je frémis d’aise et regarde éventuellement les annotations qui ne peuvent que confirmer mon excellent niveau. J’ai 5 ou 6 ? De toutes façons je m’y attendais ; « il » peut pas me blairer. Au mieux un vague coup d’œil aux annotations qui ne peuvent que confirmer que je suis un incompris. Eventuellement, une question agressive au prof pour bien montrer qu’il ne sait pas corriger…. Plus généralement la copie est enfouie en vrac dans le sac quand elle n’est pas, plus rare, tout simplement jetée en boule dans la poubelle, ce qui signifie que les hostilités sont engagées. Enfin, certains déclarent, sincèrement affligés, « Mais Monsieur, j’ai passé 11 heures dessus…. » Que répondre ? Cynique : Si les copies étaient évaluées en fonction du temps passé à les rédiger, ça simplifierait grandement le travail des correcteurs ? En fait, on n’est pas très fier de soi, conscient d’un immense gâchis. Alors que l’important, ce sont les annotations à l’intèrieur de la copie, négatives ou positives, qui, une fois comprises, permettront de progresser. Et non pas de dépasser Alain...

    J’ajoute que pour le prof, l’exigence de notation ( donc implicitement de classement ) représente une pression mentale imperceptible et pourtant épuisante. Je m’en suis aperçu tardivement, corrigeant un paquet qui ne pouvait être noté. Corriger sans noter, c’est se préoccuper exclusivement du contenu de la copie, annoter avec précision puisque ce sera le seul repère pour l’élève, sans reprendre la copie de Z pour voir si elle « vaut » [quelle prétention que ce « vaut » ! ] plus ou moins que celle de W, sans compter celle de X, à peu près du même niveau, mais corrigée avant-hier, et qu’il faudrait donc relire rapidement pour se la remettre en tête …

    Et qui peut sérieusement prétendre qu’il est capable de mettre un 11 « métaphysique et transcendant », qui n’a absolument rien à voir avec un 10 ou un 12 ? Que selon la qualité du repas de midi ou de son humeur, il ne sera pas plus ou moins indulgent ? J’ai vu une fois, au jury de bac, un prof déclarer sans rire qu’il pouvait évaluer une copie de philo au quart de point. (Ce qui est heureusement interdit !) Ca fait frémir ! … Certes, on tente de limiter les dégâts ; on essaie, si on peut, si on a le temps, de revoir l’ensemble pour traquer l’injustice. Mais que de temps perdu pour de l’accessoire, alors que le plus important pour les élèves, c’est que j’aie du temps pour lire, aller au théâtre ou au ciné, me cultiver, travailler mes cours. On passe un temps infini [ car une dissertation, c’est 2 sujets, donc au moins 2 heures de correction, multipliées par 4 par trimestre x 5 classes… Si je sais toujours compter, ça fait déjà 40 heures ( pour un trimestre ) à ajouter aux cinquante heures - environ - de correction pour le prof ; faites le total ! …] à préparer les élèves ( je parle des terminales ) à quelque chose qui durera, au mieux, quatre heures dans leur vie. ( Ce qui pose donc aussi le problème des exercices de contrôle et de la place de la dissertation …)

    En outre, la note, plus que l’évaluation rigoureuse d’un contenu, est un instrument pédagogique ; la copie d’Alain « vaut » 9 ( ?). Mais depuis le début d’année, il a régulièrement progressé, passant de 8 à 12. Je lui mettrai probablement 10, voire 11, pour ne pas lui donner un coup d’arrêt ; on verra bien avec le prochain devoir. On note donc différemment au bac, où on ne connait pas les élèves. Est-ce cependant plus juste ? Le recours au livret scolaire montre bien que dans l’évaluation d’une copie, on peut tenir compte d’une progression ( ou une régression ), du travail, du comportement. Qu’est-ce que la note apporte de plus, sinon la possibilité de faire des classements, des moyennes ou des statistiques, toutes choses fort intéressantes peut être, mais qui relèvent plus de la sociologie que de la pédagogie.

    Enfin que dire de l’élève pour qui l’école, cours après cours, devoirs après devoirs, de 6 en 4 ou de 5 en 7 ( Un exploit !) est un miroir qui lui renvoie sans cesse l’image de ce qu’elle prétend qu’il est : UN NUL ! Je me souviens d’une année où j’avais un redoublant d’un autre lycée. Ses notes de dissertation allaient de 6 à 8, en étant très généreux ; et il était d’un sérieux, d’une bonne volonté … J’en étais malade. Je ne peux même pas dire qu’il était inapte à la philosophie. Simplement il avait des problèmes avec un type de travail bien particulier, un exercice académique : La sacro-sainte Dissertation ! Or J’avais l’habitude de proposer à mes élèves une sorte de TPE ( bien avant Allègre ) : Un mémoire dactylographié sur un sujet convenu. Il me rendit un ouvrage de 80 pages sur la sociologie de Dürkheim. En principe, je ne notais pas ce genre d’exercice, très diffèrent de la dissertation ; mais cette année là, je fis une exception : Qu’au moins une fois dans l’année, l’école aie pu lui mettre 18 !

    Dois je rappeler cette expèrience, vieille de quelques années, qui ne concerne pas que les notes mais en souligne leur pouvoir et leur danger ; dans une école, en début d’année, 2 maîtresses se partageaient les CE2. Après avoir composé les 2 groupes arbitrairement, au hasard, On dit à la première qu’on avait constitué des groupes de niveau et qu’on lui confiait les meilleurs, que ça ne devait pas poser de problème ; à la seconde, qu’elle avait les plus faibles, qu’elle fasse ce qu’elle pouvait. Que croyez vous qu’il arrivât ? A la fin de l’année, le premier groupe était bien meilleur que le second. Je sais que je ne dévoile pas ici une idée nouvelle ; mais on l’oublie tellement facilement, tellement elle nous dérange. J’ajouterai enfin que les « cancres » me sont apparus souvent sympathiques et pétris de qualités humaines qui faisaient souvent défaut aux têtes de classe ; mais qu’en fait on de ces qualités ? l’école lamine ces enfants, car ils sont, justement, réfractaires au carcan d’un système réducteur et hostile à toute forme d’originalité ; cette dernière remarque étant d’ailleurs valable aussi pour les profs. Vive le moule !

    Ouf ! Merci de m’avoir lu jusqu’au bout … Vous avez bien droit à un café.

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à Blowup70
      Ancien enseignant
      • Posté à 20h01 le 20/11/2010
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Merci à vous.

      Ne pas noter à l’école élémentaire (tel est l’appel) en effet ne changera pas fondamentalement pas les choses sinon que les enseignants devront apprendre à faire autrement et c’est peut-être ce qui importe : penser autrement c’est peut-être commencer à penser qu’une autre école est possible.
      N.

      • lancetre
        lancetre répond à Nestor Romero
        • Posté à 19h47 le 21/11/2010
        • Internaute 18658

        « Une autre école est possible » :

        Mais bien entendu !

        Vous ne voyez pas s’étaler partout les pubs pour les boîtes privées ?

        Et bien sûr, il reste les bons pères.

        Viens réviser ta leçon sur les genoux du curé, mon petit...

        N’aie pas peur : Benoit m’autorise le préservatif...

         : -)))))

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