Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Rapport Pisa 2009 sur l'éducation : la vie est un combat

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 08/12/2010 à 07h30

Comme ne cessent de nous le rappeler tous les moyens de communication depuis ce mardi matin, le nouveau Pisa vient d’arriver. On trouvera ici tous les détails que l’on voudra sur cette nouvelle enquête qui, cela ne fait pas de doute, constitue une mine de données fort précieuses pour le monde de la recherche en éducation.

Une lecture extrêmement subjective de Pisa

Pour ma part, je voudrais essayer de faire de cette littérature une lecture extrêmement subjective, absolument pas statistique ou scientifique -ce dont je serais bien incapable.

Voir le document

(PDF file)

Mais, auparavant, rappelons simplement que cette enquête, menée tous les trois ans depuis 2000, concerne les élèves de 15 ans environ (fin de l’école obligatoire) des 34 pays de l’OCDE et d’autres pays dits « partenaires ». (Télécharger la synthèse en français)

En ce qui concerne les résultats, rien de bouleversant. La France se maintient dans la moyenne pour ce qui est des « performances » et tout à fait en queue de liste pour ce qui est des inégalités scolaires. Comment pourrait-il en être autrement ?

La nouveauté, en revanche, réside dans l’entrée fracassante de certains pays asiatiques dans la compétition, car, bien sûr, de compétition il s’agit.

En effet, si la Corée et la Finlande sont toujours les deux pays les plus « performants » de l’OCDE avec 539 et 536 points respectivement, ils sont largement distancés (j’ai l’impression, soudain, de rédiger un reportage sportif, pardon) par la dénommée « économie partenaire Shanghai (Chine) » et ses 556 points. Sans compter les excellents résultats de Hong Kong, de Singapour et du Japon.

Nous reviendrons à cela un de ces jours pour nous demander comment des systèmes éducatifs aussi différents que ceux de Corée et de Finlande, par exemple, obtiennent des résultats comparables dans ce type d’enquêtes.

Relever le défi du monde réel : mais encore ?

Pour l’instant voyons la littérature, c’est-à-dire à la prose des rédacteurs de ce vaste texte. On nous informe tout de go :

« L’enquête Pisa cherche à évaluer la capacité des jeunes à utiliser leurs connaissances et compétences pour relever le défi du monde réel. »

Relever le défi, donc : nous voici jetés dans le champ (clos ?) de l’affrontement, car cherchant à évaluer la capacité des jeunes à « relever un défi », l’enquête Pisa (mais qui est ce sujet « enquête Pisa » ?) trace par avance le futur de ces jeunes qui ne peut être autre que celui de relever un défi, d’être donc bien enfermé dans un champ clos.

Mais quel est ce défi que « l’enquête Pisa » s’autorise à imposer (puisqu’elle ne propose rien d’autre) aux jeunes ? C’est le défi du « monde réel ». Formulation que l’on ne peut se passer d’interroger car si un monde réel est ici et ainsi affirmé ce ne peut être que par opposition à un autre monde, irréel celui-là.

Autrement dit nous voici dans la dénégation d’un monde des idées, non pas platonicien, mais idéal ou idéalisé, d’un monde utopique, et dans l’affirmation d’un monde absolument matériel, dur au toucher, dur à vivre puisqu’il est donné comme objet du défi à relever, comme adversaire, comme ennemi.

Même l’éducation doit avoir un rendement

« L’enquête Pisa » pose donc immédiatement une conception de la vie comme combat, au mieux comme compétition. Mais évidemment pas de n’importe quelle compétition. Il ne s’agit en aucune façon de quelque ludisme que ce soit, il s’agit d’un monde du « rendement » terme qui constelle ce texte, un monde dans lequel même l’éducation a un rendement, comme n’importe quelle machinerie, n’importe quelle fabrique.

C’est ainsi que Shanghai, quoique disposant d’un PIB nettement inférieur à la moyenne OCDE, a un excellent rendement. Ce qui prouve que même les pauvres, etc.

Mais il est d’autres occurrences lexicales significatives dans ce texte : « performance », par exemple. Ainsi apprend-on que les systèmes les plus performants sont ceux qui dispensent un enseignement de qualité à tous les élèves. Nous ne pouvons que nous en réjouir mais on s’en serait douté.

Tout doit être performant, les systèmes et les élèves, les enseignants et les parents... puisque la vie est une compétition.

On ne trouvera nulle part la notion d’émancipation

Et c’est parfaitement possible pour chacun, quelle que soit sa condition, puisqu’il est même des élèves résilients et d’autant plus nombreux que le système est plus performant. Soit dit en passant, les élèves résilients sont ceux qui, issus d’un milieu défavorisé, parviennent néanmoins à l’excellence. Mais, tout de même, pourquoi ce terme ?

Il n’est pas superflu de savoir qu’en physique « un corps résilient est celui qui reprend sa structure après un coup » et qu’en psychologie, la résilience est la capacité, pour une personne confrontée à des événements dramatiques, de mettre en jeu des mécanismes de défense lui permettant de résister voire d’être plus forte par surcompensation » (« Dictionnaire philosophique » de C. Godin). Je vois dans le choix de ce terme par le sujet « enquête Pisa » quelque chose de l’ordre du dramatique en effet.

Je ne vais pas m’attarder sur l’inévitable « égalité des chances », ni sur l’ineffable « apprendre à apprendre » (comment fait-on pour apprendre le premier « apprendre » puisque l’on ne sait pas encore apprendre ?) car ne voit-on pas assez les présupposés idéologiques de la littérature de l’OCDE ?

Nulle part on n’y trouvera développée la notion d’émancipation, nulle part il ne sera question du droit de chaque enfant à vivre pleinement sa vie d’enfant dans une école pacifiée, c’est-à-dire une école de la connaissance et non de la performance. Nulle part il ne sera question d’éthique.

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  • 142 réactions
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  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 07h58 le 08/12/2010
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ Merci !

  • Shevek
    Shevek
    petit jedi bondissant
    • Posté à 08h26 le 08/12/2010
    • Internaute 54224
      petit jedi bondissant

    Merci pour cet article, l’enquête est une parfaite démonstration de l’implacable machine capitaliste s’abattant sur nos gosses ; et ce qui est extraordinaire, c’est que notre culture d’éducation trouve ses propres système d’auto assimilation dans ces valeurs terrifiantes de la concurrence et de la performance dès 3 ans.

    Voir par ailleurs Frank Lepage, Incultures II, sur internet, c’est jubilatoire et très pédagogique pour approfondir sur notre système éducatif

    • watashi_baka
      watashi_baka répond à Shevek
      ...
      • Posté à 09h55 le 08/12/2010
      • Internaute 47330
        ...

      Je plussoie la vidéo de Frank Lepage c’est un vrai plaisir, même si je ne partage pas toute ses propositions, son analyse est très intéréssante, et la comparaison avec le parapente est tout simplement excellente (surtout pour les volants)
      Voilà donc la vidéo
      Attention il y a 16 épisode de 9 minutes donc c’est long, mais on se laisse pieger et on ne décroche pas avant la fin :

      • Popy_Chou
        Popy_Chou répond à watashi_baka
        Auvergnats de tous les pays, (...)
        • Posté à 16h06 le 08/12/2010
        • Internaute 133142
          Auvergnats de tous les pays, (...)

        Ma mère a longtemps été instit en ZEP, et en maternelle sur la fin, chez les tout petits (avant d’apprendre qu’il était pas pertinent de la payer autant pour changer les couches).

        Et bien elle me racontait que déjà à 3 ans non seulement les inégalités entre gamins étaient manifestes, mais qu’en plus ils en avaient eux-mêmes conscience. Elle me donnait l’exemple d’un gamin de prof qui se moquait d’un « bébé berceau » tout juste débarqué en janvier... et qui a fini par s’inhiber lui-même, à même pas 4 ans.

      • barbouille
        barbouille répond à watashi_baka
        surfeuse
        • Posté à 17h16 le 08/12/2010
        • Internaute 62861
          surfeuse

        euh merci c’est excellent, je me suis éclatée jusqu’au 9.. la suite plus tard. ca fait drôle d’entendre les propos que je me suis fait
        prononcer par d’autres, la metaphore sur le parapente en plus.
        ( et les qualités d’orateur ).

      • Jacques de MildouzOuf
        Jacques de MildouzOuf répond à watashi_baka
        citoyen
        • Posté à 23h57 le 08/12/2010
        • Internaute 62364
          citoyen

        Merci pour la vidéo

  • Danielle29
    Danielle29
    Soutien à amonhumbleavis
    • Posté à 08h37 le 08/12/2010
    • Internaute 30791
      Soutien à amonhumbleavis

    Merci encore Nestor, vous nous dites l’essentiel de ce qu’il y a à dire de PISA.

  • MagnusMaximus
    MagnusMaximus
    Doctorant
    • Posté à 09h07 le 08/12/2010
    • Internaute 94610
      Doctorant

    Donc tout va bien Madame la Marquise dans le système éducatif français ? C’est un peu gros ...

    • Connard le Barban
      Connard le Barban répond à MagnusMaximus
      fonctionnaire nanti comme il y (...)
      • Posté à 09h44 le 08/12/2010
      • Internaute 75120
        fonctionnaire nanti comme il y (...)

      « En ce qui concerne les résultats, rien de bouleversant. La France se maintient dans la moyenne pour ce qui est des “ performances ” et tout à fait en queue de liste pour ce qui est des inégalités scolaires. Comment pourrait-il en être autrement ? “

      Pour être étudiant et PDG ne faut-il pas savoir lire ?
      A quel paragraphe M Romero encense-t-il le système éducatif français je vous prie ?
      Au hors sujet vous ajoutez le préjugé. Il va falloir continuer les études encore quelques temps, je le crains.

      • MagnusMaximus
        MagnusMaximus répond à Connard le Barban
        Doctorant
        • Posté à 09h51 le 08/12/2010
        • Internaute 94610
          Doctorant

        Tout d’abord je n’apprécie pas votre ton grossier, voire quasi-insultant. D’autre part, l’auteur critique la façon de noter. On peut y voir en transparence une critique de la note de la France, ne pensez-vous pas ? Ce « comment pourrait-il en être autrement » pouvant être suivi de « puisque le système de notation ne nous avantage pas ».

         
        • lebison
          lebison répond à MagnusMaximus
          chercheur
          • Posté à 11h14 le 08/12/2010
          • Internaute 93812
            chercheur

          Je pense qu’au contraire l’auteur essaie d’y voir autre chose qu’une critique de la France. Par rapport aux éducations coréennes ou chinoises, il faut effectivement constater que les enfants sont très savants et sont de véritables machines de guerre pour ce qui est de réussir n’importe quel concours. Mais voudrait-on de cela en France ? Je ne le crois pas, car l’émancipation est entièrement absente d’une telle éducation, comme l’entend l’auteur.

          Pour résumer, tout ne va pas bien madame la marquise, mais pas d’accord pour noter notre système éducatif sur des critères compétitifs.

          • MagnusMaximus
            MagnusMaximus répond à lebison
            Doctorant
            • Posté à 12h55 le 08/12/2010
            • Internaute 94610
              Doctorant

            Et bien voilà, on a le droit de ne pas être d’accord avec moi, je le supporte parfaitement, mais quand c’est courtois, ça passe beaucoup mieux.

            Par contre je récuse l’idée que l’emploi des mots « compétition » ou « performance » soit mauvaise. Si nous étions « compétitif » ou « performant » en « émancipation » comme vous dites, on le supporterait beaucoup mieux. Le problème, c’est que c’est beaucoup plus facile de faire des évaluations sur critère quantitatif que qualitatif. C’est aussi beaucoup plus objectif (n’en déplaise à certains...)

            • anotines
              anotines répond à MagnusMaximus
              étudian t
              • Posté à 16h45 le 08/12/2010
              • Internaute 124474
                étudian t

              Bonjour, j’ai la chance d’avoir un peu planché sur le sujet et de bénéficier d’un très bon mémoire d’une amie sur le sujet. je vous la cite :

              « Le programme Pisa dans sa dimension cognitive et normative symbolise une vision spécifique de l’éducation - enseignement scolaire du secondaire tout du moins – à travers deux concepts phares : promouvoir d’une part un système éducatif de qualité pour mieux servir l’économie du savoir (§1), de l’autre l’égalité des chances dans l’éducation (§2). »

              Donc oui PISA à une vision instrumentale de l’éducation basée sur la notion de « capital humain » et « d’égalité des chances ».

              Néanmoins il est hors de question de jeter le bébé avec l’eau du bain ! l’enquête en matière d’inégalité entre les élèves relève que le système français est encore bien pire qu’une vision « capitaliste » de l’éducation. En effet, les élèves français sont évalué sur des connaissances apprises par cœur chez eux ou l’environnement familiale et culturel influe énormément. Lorsque l’on fait passer au jeunes français des tests PISA basés sur des facultés logiques non apprises en classe les résultats sont catastrophiques, et pourtant on sait bien que ces facultés sont aussi importante que le savoir pur et sont bien moins inégalitairement réparties.

        3 autres commentaires
  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 09h50 le 08/12/2010
    • Internaute 116615
      bc

    Je souscris à votre subjectivité très bien exprimée

  • expat
    • Posté à 10h02 le 08/12/2010
    • Internaute 25627

    En lisant les commentaires triomphant de la presse suisse je me suis pose la question, qu’est ce que ces enquetes montrent ?

    D’abord il est question de tester 20 000 eleves et dans le futur d’en choisir seulement 5000 pour que ce soit plus representatif (excusez moi, mais en general pour avoir un meilleurs echantillon je fais plus d’experiences avec plus d’echantillons pas moins). Le systeme suisse est tres peu integre, il y a environ 22 systemes, et en plus ces systemes scolaires changent tout le temps. Certains sont tres elitistes et forcement leurs eleves ont un niveau en math, lecture etc... bien au-dessus de la moyenne nationale qui de toute facon n’entendra meme jamais parler de math a ce niveau.

    LA Finlande a certainement un systeme plus ouvert, les eleves suivent le meme cursus jusqu’a 16 ans (ou equivalent), sans rapport avec ce qui se passe en Suisse, la ressemblance est qu’il y a peu d’eleves dans les classes finlandaises et suisses (par rapport a la France nous parlons de la moitie ou moins). La difference se trouve apres, en Finlande il faut passer des examens pour obtenir une formation, en Suisse le bac est suffisant pour ouvrir toutes les portes mais pas forcement pour reussir dans la filiere choisie. En France il y a la formation a beaucoup de vitesses.

    Alors quel pays offre vraiment la meilleurs education pour tous ?

    Probablement aucun de ceux cites dans ces etudes !

  • Karg se
    Karg se
    Ingénieur agronome vendu à une (...)
    • Posté à 10h05 le 08/12/2010
    • Internaute 9172
      Ingénieur agronome vendu à une (...)

    L’émancipation c’est avant tout l’auto éducation. Hors sans une base méthodologique et scolaire on ne peut pas s’auto éduquer. Les jeunes en échec scolaire qui ne savent pas bien lire, ne savent pas utiliser un dictionnaire et n’ont pas l’envie d’apprendre ne peuvent pas s’émanciper. Ils n’en ont pas les moyens et très rarement la volonté, ils ne comprennent pas l’utilité de la connaissance.

    Parmi les pays qui ont des résultats excellents certains sont très rigide et conservateur (Singapour, Japon) mais d’autre ont des systèmes qui favorise l’émancipation et la prise de responsabilité. Mais reste que sans éducation on ne peut s’émanciper.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 10h06 le 08/12/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Pendus peut-être... mais pendus instruits.

    Lien

    Lien

    Si les bœufs ne se pendent pas ce n’est pas par ignorance, mais par manque de spiritualité.

    • MagnusMaximus
      MagnusMaximus répond à Anastaze
      Doctorant
      • Posté à 10h14 le 08/12/2010
      • Internaute 94610
        Doctorant

      Je ne connais pas les chiffres (y a-t-il eu récemment une augmentation des suicides dans ces pays-là ?), mais il faut savoir (je parle pour le Japon que je connais un peu) qu’il y a une vraie culture du suicide là-bas, le fameux seppuku. Et justement parce que ce pays n’est pas chrétien, le suicide n’est pas un tabou, il est au contraire un acte d’honneur.

      • Anastaze
        Anastaze répond à MagnusMaximus
        inconsolable
        • Posté à 10h26 le 08/12/2010
        • Internaute 53186
          inconsolable

        ... en Finlande aussi :

        Lien

        ... comment ne pas faire le rapprochement ?

        Peu importe la religion, éduquez des enfants dans le stress et vous en ferez des dépressifs insatisfaits à vie (et à mort) dans des société super-performantes... mais suicidaires.

         
        • MagnusMaximus
          MagnusMaximus répond à Anastaze
          Doctorant
          • Posté à 10h30 le 08/12/2010
          • Internaute 94610
            Doctorant

          Je ne sais pas si on peut faire un rapprochement aussi rapide, la Finlande étant elle par contre un pays chrétien. Il n’y a pas vraiment d’explication dans l’article que vous citez pour ce taux de suicide, mais on y lit que le climat finlandais est mauvais pour le moral. Y a-t-il des statistiques, ne serait-ce qu’à l’échelle de la France, sur le taux de suicide Nord-Sud ?

          • Anastaze
            Anastaze répond à MagnusMaximus
            inconsolable
            • Posté à 10h45 le 08/12/2010
            • Internaute 53186
              inconsolable

            Effectivement, les pays où les taux de suicide sont les plus hauts, n’ont rien à voir avec la pression qu’ils font subir à leurs enfants, mais au temps qu’il y fait, où à des religions imbéciles qui encouragent le suicide... c’est selon.

            ... mais ça ne m’empêchera pas de faire le rapprochement.

            • MagnusMaximus
              MagnusMaximus répond à Anastaze
              Doctorant
              • Posté à 10h50 le 08/12/2010
              • Internaute 94610
                Doctorant

              Attendez, on parle de suicide de manière générale, pas de suicide des jeunes ... Je veux bien qu’il y ait des pays où les jeunes se suicident parce qu’ils ont eu un B+ au lieu d’un A, mais quand on se suicide à 40 ans, c’est pas à cause de son prof de collège ...

              • Anastaze
                Anastaze répond à MagnusMaximus
                inconsolable
                • Posté à 11h11 le 08/12/2010
                • Internaute 53186
                  inconsolable

                Au cas où ça vous aurait échappé, il y a un moment où le jeune cesse d’être jeune (je généralise bien sûr), et cependant, ça n’efface pas pour autant son éducation.

                De même l’éducation qu’une société veut donner à ses enfants, est le reflet de ce qu’elle prétend vouloir être. Si une société demande la performance plutôt que la culture à ses enfants c’est dans le but de créer des employés performants plutôt que des citoyens cultivés... tant pis pour les autres et pour la Princesse de Clèves.

                • MagnusMaximus
                  MagnusMaximus répond à Anastaze
                  Doctorant
                  • Posté à 11h13 le 08/12/2010
                  • Internaute 94610
                    Doctorant

                  Il n’empêche (si un psychiatre pouvait confirmer) que le froid et le manque de soleil peuvent être une cause de dépression tout aussi valable qu’un chef autoritaire.

                  • Anastaze
                    Anastaze répond à MagnusMaximus
                    inconsolable
                    • Posté à 11h41 le 08/12/2010
                    • Internaute 53186
                      inconsolable

                    C’est vrai, et c’est même pour ça que j’ai fait des rapprochements avec des cultures aux antipodes et pas avec le Danemark, la Norvège, le Canada ou la Sibérie.

                    Il semble bien pourtant que le classement dans le rapport Pisa soit un facteur aggravant.

                    • MagnusMaximus
                      MagnusMaximus répond à Anastaze
                      Doctorant
                      • Posté à 12h44 le 08/12/2010
                      • Internaute 94610
                        Doctorant

                      Corrélation ne veut pas dire lien de causalité ...

                    • Samuel_A
                      Samuel_A répond à Anastaze
                      Expat'
                      • Posté à 13h12 le 08/12/2010
                      • Internaute 112135
                        Expat'

                      Bof. Le système scolaire finlandais est plutôt très cool (et finalement assez voisin du système suédois, qui néanmoins s’avère beaucoup moins performant - allez comprendre). La Finlande est un pays à la culture un peu spécifique, Certains disent que la Finlande est le pays d’Europe à la culture la plus proche du Japon, notamment au sens où ils ont un caractère très obstiné, et une certaine fierté qui va avec. Ils ont même un mot spécifique pour ça, « sisu ».

                      Mais il faut voir aussi la chose sous un angle géographique et démographique : la Finlande est un pays très au nord, les conditions climatiques y sont nettement plus rudes qu’au Danemark et que dans la partie la plus habitée de Norvège et de Suède. A la campagne, les terres, très humides, deviennent facilement boueuses quand elles ne sont pas gelées.
                      Qui plus est, autant la Suède par exemple est assez urbanisée, autant en Finlande, sorti d’Helsinki, il n’y a quand-même pas grand chose...
                      Imaginez-vous vivre la moitié de l’année sous 1 mètre de neige et l’autre moitié de l’année les pieds dans la boue, et, en cas de coup de blues, n’avoir aucun proche à moins de 200km...

                      Je caricature bien entendu, mais clairement, la Finlande n’est pas la Suède ou le Danemark : autre langue (très différente), autre culture, autre répartition de la population, autre situation géographique... je pense que la différence du taux de suicide s’explique beaucoup plus par ces éléments que par le système scolaire.

                      • inuit
                        inuit répond à Samuel_A
                        grand nord
                        • Posté à 14h00 le 08/12/2010
                        • Internaute 82484
                          grand nord

                        « Bof. Le système scolaire finlandais est plutôt très cool (et finalement assez voisin du système suédois, qui néanmoins s’avère beaucoup moins performant - allez comprendre). “

                        Le finnois est infiniment plus simple que le français et sans doute du suédois en matière de lecture et d’écriture.
                        En gros, c’est une formalité pour les gamins et ils ont beaucoup plus de temps pour s’occuper des autres matières lors de leur cursus scolaire.

                        On peut sans doute attribuer les suicides au froid, aux longues nuits d’hiver...

                        • Samuel_A
                          Samuel_A répond à inuit
                          Expat'
                          • Posté à 14h30 le 08/12/2010
                          • Internaute 112135
                            Expat'

                          Le finnois est plus simple au niveau de son orthographe (apprendre à lire est plus simple à cause de la correspondance graphème-phonème quasi-parfaite), pas forcément au niveau de sa grammaire.

                          Du reste, tous les finlandais sont obligés d’apprendre également le suédois, qui est la 2ème langue officielle de Finlande.

                          • jpierre
                            jpierre répond à Samuel_A
                            enseignant d'éducation civique (...)
                            • Posté à 19h57 le 08/12/2010
                            • Expert 53056
                              enseignant d'éducation civique (...)

                            « Du reste, tous les finlandais sont obligés d’apprendre également le suédois, qui est la 2ème langue officielle de Finlande. »
                            Il en est de même dans ma province française pour l’allemand. Mais j’ignore tout du résultat que donneraient les tests passés à la moulinette PISA. Néanmoins, il fut un temps où nous avons su attirer les entreprises japonaises à cause de notre aptitude en allemand. Il y eut un temps. Les aides empochées, elles sont reparties.

        11 autres commentaires
    • le farfadet
      le farfadet répond à Anastaze
      Designer
      • Posté à 10h47 le 08/12/2010
      • Internaute 131868
        Designer

      C’est surtout qu’il leur est difficile voir quasi impossible de faire un nœud ou même de se passer la corde autour du cou avec leur petits sabots... : p

      • Anastaze
        Anastaze répond à le farfadet
        inconsolable
        • Posté à 10h59 le 08/12/2010
        • Internaute 53186
          inconsolable

        « Pendu » c’était une image, ils pourraient toujours ouvrir le gaz si ça les tentait.

         
        • le farfadet
          le farfadet répond à Anastaze
          Designer
          • Posté à 11h15 le 08/12/2010
          • Internaute 131868
            Designer

          Ça leur serait tout aussi compliqué avec leurs petits sabots ...

          ( Je vous rassure j’avais compris la métaphore. )

          • Anastaze
            Anastaze répond à le farfadet
            inconsolable
            • Posté à 11h22 le 08/12/2010
            • Internaute 53186
              inconsolable

            J’avais compris que vous aviez compris, c’était juste pour en rajouter une couche. ☺

            • le farfadet
              le farfadet répond à Anastaze
              Designer
              • Posté à 11h41 le 08/12/2010
              • Internaute 131868
                Designer

              alors si vous avez compris que j’ai compris et que j’ai compris que vous compreniez, alors quelle belle compréhension qui nous unit cher voisin ! ! : D
              Je vous payerais bien un café de la rue 89 ! ! ;)

        3 autres commentaires
  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 10h19 le 08/12/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► Non, le système éducatif asiatique, pour l’image que j’en ai, ne saurait constituer un exemple à suivre pour la France :
    élèves besogneux, pliant sous le joug d’une lourde responsabillité et cette nécessité d’un sacrifice par le travail....
    ...non... pas pour des enfants...

    ► Mais au contraire le système scandinave où les enfants sont respectés, considérés pour ce qu’ils sont : Des enfants à part entière, et non pas des hommes en réduction.
    Une éducation qui répond à leurs besoins spécifiques, besoins d’enfant,
    et qui n’essaye pas de les former à devenir cet homme idéal, singeant par apprentissage, ce qu’ils devront savoir faire plus tard.
    Une éducation qui respecte l’enfant, qui respecte son rythme de vie, son besoin de jouer, de réver, de créer, de rire, de se sentir respecté, aimé, et l’amène chaque matin à aller à l’école avec plaisir, et non pas dans la douleur.

    ► ► Mais mais, le système scandinave nécessite une cohésion des enseignants,
    une indépendance des écoles,
    une capacité pour chaque école
    dotée d’une direction qui dirige, recrute ses propres enseignants...

    ►► Le contraire de ce que préconisent les syndicats enseignants français,
    sous influence socialiste et donc quémandeurs de solutions étatistes qui confèrent à l’enseignant les droits d’un électron libre sous protection statutaire.

    • Samuel_A
      Samuel_A répond à Pierrrrre
      Expat'
      • Posté à 13h36 le 08/12/2010
      • Internaute 112135
        Expat'

      Dites, vous devriez faire attention vous. L’affreux gauchiste que je suis tombe de plus en plus souvent d’accord avec vous, ça devrait vous inquiéter.

      Je partage globalement votre analyse de ce qu’est un bon et un mauvais système scolaire pour des enfants.

      Par contre, je pense que vous vous trompez en pensant que les « syndicats enseignants » sont le problème : ils ne sont à mon avis que la conséquence d’une mentalité plus globale.

      Ce que je veux dire, c’est que les syndicats enseignants sont à l’image de ce que désirent les français. S’ils réclament un système rigide et chiant, c’est pas parce qu’ils sont syndicalistes, ou profs, mais parce qu’ils sont français.

      Je pense même qu’aujourd’hui, si vous donniez l’autonomie aux écoles, la mentalité française ferait qu’on se rapprocherait beaucoup plus d’un système asiatique que d’un système scandinave, à cause justement de ces idées de compétitions, de vouloir faire de ses enfants des « petits génies », d’élitisme franco-français...

      Il m’est arrivé plusieurs fois de dire à des enseignants tout le mal que je pensais de telle ou telle chose (les évaluations dès la maternelle, la compétition, le manque d’application de la pédagogie de cycles), et d’avoir pour réponse « mais je suis d’accord avec toi moi ! Seulement les parents eux sont pas du tout de ton avis ! »

      Les évaluations en maternelle, c’est les parents qui les réclament. Et s’ils pouvaient, les parents réclameraient bien aussi qu’on file des devoirs à leurs mouflets dès la maternelle, pour les « faire progresser plus vite ».
      La pédagogie de cycles, idem : les parents sont d’accord pour que leur gamin de CE2 bosse un peu avec des CM1, mais alors que leur gamin de CM1 bosse un peu avec des CE2, hors de question, c’est pas bon pour leurs performances...

      Si vous donnez l’autonomie aux écoles, celles-ci vont entrer en compétition pour satisfaire les parents. Et que réclament les parents français aujourd’hui ? Un système à la coréenne, pas un système à la scandinave.

      C’est triste mais c’est un fait. Le gros des français rêvent d’importer le système asiatique en France (en plus soft quand-même mais c’est l’idée). L’État est longtemps resté le dernier rempart contre ça, mais même lui, il est plus ou moins en train de céder...

      Parlez-leur de la Finlande, ils vont vous traiter d’affreux laxiste gauchiste attardé néo-baba-cool post-soixante-huitard. Je le sais, j’y ai droit régulièrement.

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Samuel_A
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 15h04 le 08/12/2010
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        ► Whouff.. je sens que ma réponse va devoir être longue et multiple, votre commentaire faisant partie de ceux auxquels souvent je ne réponds pas sur l’instant.. afin de mieux y réfléchir… mais comme ils se retrouvent vite enterrés et oubliés par les autres commentaires qui suivent, là, je me jette de suite à l’eau :

        –––––––––-

        « vous devriez faire attention vous. L’affreux gauchiste que je suis tombe de plus en plus souvent d’accord avec vous, ça devrait vous inquiéter. »

        ► Ça devrait plutôt éveiller en vous interrogations sur la cohérence entre vos options gauchistes et vos options pédagogiques :

        Si vous voulez vraiment connaître opinions politiques les plus profondes d’un individu, parlez lui pédagogie..
        Et vous verrez tomber d’accord les pires extrémistes de droite comme de gauche.

        Et interrogez vous sur le type de société à laquelle vous préparez vos enfants en les respectant dans leur différence et dans leur capacité à se construire et à choisir leur propre chemin.. société socialiste ou libérale ?
        (méfiez vous, la question est piégeante)

        ––––––––-

        « Je partage globalement votre analyse de ce qu’est un bon et un mauvais système scolaire pour des enfants. »

        ► Je me doutais que vous étiez tordu…☺

        ––––––––––-

        « Par contre, je pense que vous vous trompez en pensant que les “syndicats enseignants” sont le problème : »

        ► Je pense m’en être expliqué.
        Ils ne sont pas le problème, ils sont élément à empêcher résolution de ce problème :

        Ce qu’ils réclament, ( options étatiques) c’est le contraire de ce qu’il faut,( indépendance et autonomie pédagogique et gestionnaire des établissements)

        C’est d’ailleurs là l’énorme avantage du privé sur l’école publique : c’est le directeur qui choisit ses enseignants, et en général , il choisit bien.
        Alors que dans le public l’enseignant est bombardé là, sans tenir compte d’aucun critère pédagogique, mais en respect avec des règles syndicales et « équitables » de mutation.

        Et je dis que c’est par une autonomie des établissements,
        avec direction collégiale ou hiérarchique,
        qu’un projet d’école pourra s’articuler autour d’objectifs cohérents élaborés par une équipe d’enseignants soudés et responsabilisés.

        ,Et je dis que cette autonomie, jamais les syndicats ne l’accepteraient, c’est contre leur religion.

        –––––––––

        « mais je suis d’accord avec toi moi ! Seulement les parents eux sont pas du tout de ton avis ! »

        ► Réflexion minable d’un enseignant démago…

        Aujourd’hui en France, la porte de sa classe fermée,
        un enseignant est seul maître à bord et n’a de compte à rendre à personne,
        sinon à un inspecteur qui ne passe le voir que les années bissextiles non multiples de 4.

        Et la porte de sa classe fermée, l’enseignant est maître.. maître de ses méthodes, maître de son programme…

        Si cet enseignant a du métier, ses élèves lui en seront reconnaissants,
        et les parents aussi par répercussion.

        Il lui appartient, pendant la réunion des parents de faire œuvre de prosélytisme pédagogique, et d’expliquer certaines évidences qui mettront la plus part des parents de son coté.

        Expliquer surtout que ce qui construit un enfant, ce n’est pas un stress au quotidien avec des problèmes aux résolutions mobilisant toute la famille, associé à la lecture de Zola ou de Proust,
        mais de vivre une enfance sereine, avec des tâches, des problèmes à sa portée, qu’il a plaisir à résoudre, à chercher, à trouver.. ainsi que par des lectures tirant vers la bibliothèque verte plutôt que tirées du Lagarde et Michard

        Et leur rappeler aussi un texte officiel
        (on en connaît l’existence, mais sans pouvoir y mettre une référence)
        circulaire datant du 23 novembre 56 et toujours en vigueur stipulant que les devoirs écrits donnés à faire à la maison ne peuvent être rendus obligatoires en primaire, pour les enfants de 7 à 11 ans.

        –––––––––––

        « Et s’ils pouvaient, les parents réclameraient bien aussi qu’on file des devoirs à leurs mouflets dès la maternelle, »

        ► Les parents sont majoritairement cons,
        comme l’électorat…. les politiques l’ont bien compris.

        Mais il appartient aux politiques d’expliquer aux électeurs qu’ils sont dans le faux,
        Comme il appartient aux enseignants d’expliquer aux parents que
        ça sert à rien d’entrainer leurs têtards à sauter en longueur sous prétexte que demain ils seront des grenouilles.… et qu’il faut se contenter de les considérer pour ce qu’ils sont au présent, et non pas pour ce qu’ils deviendront.. peut-être un jour.

        –––––-

        « La pédagogie de cycles, »

        ► Une excellente idée de Jospin (encore que toujours et toujours.. une idée imposée d’en haut)
        .. et que nombre d’enseignants ont boycottée.. dans le genre laisse courir et fait comme d’habitude.
        Ça se traduit par une rapide visite des dernières sections maternelles en classe de CP, et basta..
        ..avec un redoublement en fin de CP si le gamin ne sait toujours pas lire !
        « ça va lui faire le plus grand bien, vous savez.. c’est pour lui… une chance qu’on lui donne »
        Et les parents ne peuvent qu’acquiescer devant tant de sollicitude pour l’avenir de leur enfant, le préparant malgré eux, déja à rejoindre les voies de garage.

        –––––-

        « Si vous donnez l’autonomie aux écoles, celles-ci vont entrer en compétition pour satisfaire les parents. »

        ► Sauf que les meilleurs résultats seront obtenus par les écoles type Montessori, école alsacienne, rameutant la haute qui désire offrir à leurs enfants une éducation équilibrée, ainsi que par les enseignants qui en général ne se trompent pas d’école.

        Et puis, il peut y avoir des systèmes à bachotage convenant parfaitement à certains gamins, la meilleure solution étant selon moi une pédagogie permettant des journées différentes selon les enfants,
        Dans une atmosphère de liberté d’action, d’objectifs définis à remplir, de bilans et corrections réguliers, et d’un respect des autres s’imposant à tous par son évidence

        ––––––––-

        « ils vont vous traiter d’affreux laxiste gauchiste attardé néo-baba-cool post-soixante-huitard. Je le sais, j’y ai droit régulièrement. »

        ► Moi aussi, mais pas sur Rue89, à cause de mes options libérales, pourtant trés en cohérence avec mes options pédagogiques.

        ..finalement, entre vous et moi.. qui est donc le plus déconcertant des deux ?
        .. je vous souffle la réponse.. c’est l’autre.

         
        • TH.
          TH. répond à Pierrrrre
          multicontractuel flexisécurisé
          • Posté à 18h21 le 08/12/2010
          • Internaute 34927
            multicontractuel flexisécurisé

          « Ça devrait plutôt éveiller en vous interrogations sur la cohérence entre vos options gauchistes et vos options pédagogiques : »

          C’est quand même dommage (parce que j’approuve grosso modo le reste) que vous foutiez dans le même sac toute une constellation de gauche sous prétexte de vouloir à tout prix valoriser votre propre positionnement politique...
          Vous faîtes un amalgame regrettable entre la gauche étatiste et la gauche libertaire. Pour autant que je sache, c’est bien pourtant de ce côté là que les pédagogies respectueuses de l’enfant ont été les plus fertiles : ne pas oublier Louise Michel, nom de dieu ! Ou Dewey, outre-atlantique...

          « C’est d’ailleurs là l’énorme avantage du privé sur l’école publique : c’est le directeur qui choisit ses enseignants, et en général , il choisit bien. »
          Une fois encore, pas d’amalgame : en opposant de façon binaire public et privé, on en oublie que le privé peut lui aussi se subdiviser : privé lucratif/privé associatif.
          Les écoles pronant les pédagogies Freinet ou assimilées sont bien souvent l’apanage de l’associatif. Dont la direction est bien souvent tournante, voir même inexistante.

          « les écoles type Montessori, école alsacienne »
          Petit erratum sans conséquence : Montessori ne s’est pas spécialement arrêtée à l’Alsace, et n’hésita pas à franchir la Marne : il existe notamment une école à Paris. Il est vrai pour friqués.

          Mais nombre d’écoles de ce type ont pu se développer au sein même de l’éducation nationale : pensons à Vitruve, toujours à Paris, ou même à une petite école de Marseille dont j’ai oublié le nom... ces dernières, vivant sur fonds publics ET étant autorisées à pratiquer des pédagogies innovantes.

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à TH.
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 18h33 le 08/12/2010
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « amalgame regrettable entre la gauche étatiste et la gauche libertaire »

            ► Demandez leur donc aux uns comme aux autres à qui doivent appartenir les moyens de production.

            Pour moi, c’est au privé,
            permettant une régulation que seul le marché peut apporter..
            oui.. le marché.. cet embrouillamini de gens éparses et divers qui chacun suit son propre chemin, et façonne son environnement de sa propre décision qui s’adapte aux décisions des autres,

            ainsi que j’aime qu’il en soit dans une éducation respectueuse des différences et de la liberté de choix et de parcours de chacun.

            Je n’ai aucune prétention à vous convaincre de virer votre cuti « alternative » (c’est comme ça qu’on dit ? .. ou encore « citoyenne ».. ou « progressiste » afin de ne pas employer le mot de trotskiste)....

            ....mais j’essaye simplement de vous démontrer qu’on peut être libéral et ouvert à une pédagogie respectueuse des êtres,
            et je dirais même, que ce choix du libéralisme implique chez moi fatalement une adhésion à une pédagogie de respect des différences.. celles de nos enfants.

            • TH.
              TH. répond à Pierrrrre
              multicontractuel flexisécurisé
              • Posté à 19h25 le 08/12/2010
              • Internaute 34927
                multicontractuel flexisécurisé

              Inutile de prendre ces airs de vierge effarouchée. Dire que la propriété puisse être partagée, comme en coopérative, n’implique pas qu’elle soit collective. C’est une nuance de taille. Et dire que le capital doit être réservé aux producteurs est encore une autre question : une utopie ? Ben non, une coopérative !

              Sachez bien que les coopératives sont le type d’entreprise ayant tenu le mieux la crise en terme de perte d’emplois.
              Il existe bien évidemment de nombreux types de coop., de la plus dégueulasse des coopératives de picrate indigeste aux mains de viticulteurs esclavagistes, à la plus respectueuse de la parole de l’ensemble des sociétaires.

              Je vous laisse le Trotskisme, cette vieille chimère d’apparatchik illuminé... C’est dommage, vous retombez dans vos vieilles lubies : vindicte et oubli des 3/4 de la discussion...

              • Pierrrrre
                Pierrrrre répond à TH.
                → → → → → → → le marché autant (...)
                • Posté à 19h37 le 08/12/2010
                • Internaute 23078
                  → → → → → → → le marché autant (...)

                « Sachez bien que les coopératives .. »

                ► ... sont un type d’organisation prévue dans une société à économie libérale,
                et interdite dans une société à économie socialiste

                ––––––-

                « vindicte et oubli des 3/4 de la discussion... »

                ► Je reconnais volontiers que je ne suis là que pour faire du prosélytisme dans le cadre du 1/4 restant

                • TH.
                  TH. répond à Pierrrrre
                  multicontractuel flexisécurisé
                  • Posté à 08h29 le 09/12/2010
                  • Internaute 34927
                    multicontractuel flexisécurisé

                  « sont un type d’organisation prévue dans une société à économie libérale,
                  et interdite dans une société à économie socialiste »

                  Qui vous parle de société à économie socialiste ? Décidément on a les manies qu’on peut : vous ce serait les communiss’, dont je ne suis pas. Et en dehors de votre typologie binaire, point de salut ? Vous êtes décidément bouché, ou vous avez la vue basse.

                  « Je reconnais volontiers que je ne suis là que pour faire du prosélytisme dans le cadre du 1/4 restant »

                  Ah ben voilà, on se pâme devant la pédagogie Montessori, on éructe gratuitement contre l’Education d’Etat, et puis pschit... à vrai dire, une culture bien superficielle que voilà !

                  • Pierrrrre
                    Pierrrrre répond à TH.
                    → → → → → → → le marché autant (...)
                    • Posté à 10h40 le 09/12/2010
                    • Internaute 23078
                      → → → → → → → le marché autant (...)

                    « Qui vous parle de société à économie socialiste ? »

                    ==> la moitié des commentateurs de ce site,
                    qui villipendent un libéralisme
                    dont je défends les concepts.

                    –––––––

                    « en dehors de votre typologie binaire, point de salut ? »

                    ==> Donnez nous donc un seul exemple de pays dont l’économie vous convienne, et on en reparlera...
                    moi j’en ai des dizaines.. ce sont toutes les démocraties libérales occidentales.

                    • TH.
                      TH. répond à Pierrrrre
                      multicontractuel flexisécurisé
                      • Posté à 11h13 le 09/12/2010
                      • Internaute 34927
                        multicontractuel flexisécurisé

                      « la moitié des commentateurs de ce site,
                      qui villipendent un libéralisme
                      dont je défends les concepts. »

                      Je doute fortement que « la moitié » des ruistes soient favorables à une économie de type socialiste, votre façon de faire des statistiques m’interroge.
                      En revanche, que nombre d’entre nous (et je ne me risquerai pas à la rhétorique de la « statistique à la louche ») soient scandalisés par votre conception des politiques liées aux migrations et à la sécurité (des biens et des personnes), cela ne fait aucun doute, et cela n’a rien à voir avec les types de société (socialiste ou capitaliste), étant donné l’hétérogénéité des pratiques (du Kansas à la Corée du Nord en passant par la Birmanie ou la France).

                      « Donnez nous donc un seul exemple de pays dont l’économie vous convienne, et on en reparlera...
                      moi j’en ai des dizaines.. ce sont toutes les démocraties libérales occidentales. »
                      Je ne vous ferai pas l’insulte de vous conter l’histoire du libéralisme, et, qu’en outre, sa philosophie fut établie bien avant qu’elle se fusse installée de façon hégémonique. Toujours est-il que l’idée selon laquelle il faut que cela existe pour pouvoir en parler est absurde philosophiquement - cet adverbe n’est pas anodin puisque vous vous lancez dans la question des « concepts ».
                      Enfin, la réalité est bien loin d’épouser un idéal tel que « le libéralisme », et cela dans quelque pays que ce soit. Et qu’un pays se déclare libéral n’enlève rien à cela (idem pour « socialiste ») : l’intervention étatique, bien qu’elle soit honnie des philosophies libérales, n’en est pas moins une constante des pays développés - E.U. et sa politique etrangère, protectionnisme européen, etc.

                      Bref, j’aimerai connaître votre « conception » du libéralisme au singulier.

                      Pour ma part, et puisque vous m’interrogez (ou devrai-je dire, provoquez), il me semble qu’il est fort possible de produire des espaces dans lequel l’horizontalité des décisions prime sur l’autoritarisme tel qu’il est banalisé dans les entreprises lambda, ou encore dans le fonctionnariat des pays « libéraux ». Certes, le caractère démocratique du pays dans lequel nous sommes permet cela (au contraire de la Chine ou de la Corée du Nord), nonobstant les bâtons mis dans les roues par le MEDEF ou l’Etat.

                      En ce sens, il s’agit bien plus de permettre l’horizontalité des décisions dans un pays qui l’admet difficilement (comme la France), plutôt que de migrer dans le pays des bisounours. En en assumant les contradictions et les difficultés générées.

                      Pour conclure, plutôt que de « pays », je préfère vous parler de structures associatives ou d’entreprises coopératives qui savent très bien se passer de l’apport des boursicoteurs de tout poil. Cela me parait bien moins idéaliste que votre libéralisme utopique.

                      • Pierrrrre
                        Pierrrrre répond à TH.
                        → → → → → → → le marché autant (...)
                        • Posté à 13h08 le 09/12/2010
                        • Internaute 23078
                          → → → → → → → le marché autant (...)

                        « structures associatives ou d’entreprises coopératives »

                        ► Des structures complètement prévues et intégrées à une économie libérale.
                        Impossibles dans le cadre d’une économie socialiste.

                        ––––––-

                        « qui savent très bien se passer de l’apport des boursicoteurs de tout poil. »

                        ► Ça ; c’est ce que vous pensez.. dés qu’une entreprise commence à prendre de l’ampleur et appartient donc à plusieurs personnes s’en partageant les parts,
                        quand une personne désir acquérir ou vendre une part,
                        la bourse des valeurs lui présente une facilité et un juste prix que le café du commerce ne lui garantit pas.

                        –––––––––

                        « votre libéralisme utopique. »

                        ► Il n’a rien d’utopique,
                        puisque c’est celui qui existe dans des dizaines de pays,
                        justement les pays les plus démocratiques et prospères de la planète.

                        ..Mais pour parler d’utopie.. suivez mon regard...

                        ––––––-

                        « Je doute fortement que “la moitié” des ruistes soient favorables à une économie de type socialiste »

                        ► En tous cas, ils s’affichent « anti-libéraux »... (c’est très à la mode si on veut faire branché en terre de France)
                        et comme ils ignorent quoi mettre à la place, s’affichant socialistes, mais n’assumant pas les conséquences des économies socialistes,
                        ils s’inventent des mots... des mots qui sentent bon la salsepareille et le chèvrefeuille..
                        Ils se disent « progressistes ».. « hommes de progrès “.. ‘citoyens’.. ‘alternatistes .. ou ifs..’ .. ‘écologistes’

                        bref.. ce sont des types bien et qui aiment à le montrer..

                        ..Quant à leur demander des précisions sur ce qu’ils désirent vraiment,
                        ou sur ce libéralisme qu’ils déclament mais dont ils mettent en pratique les concepts sans trop le savoir... vous parliez d’utopisme ?

                        • TH.
                          TH. répond à Pierrrrre
                          multicontractuel flexisécurisé
                          • Posté à 18h50 le 09/12/2010
                          • Internaute 34927
                            multicontractuel flexisécurisé

                          Mouais... vos réponses n’en sont pas, telle :
                           » Il n’a rien d’utopique,
                          puisque c’est celui qui existe dans des dizaines de pays,
                          justement les pays les plus démocratiques et prospères de la planète. »
                          Justement, je vous ai indiqué DANS QUELLE MESURE leur libéralisme était limité... Vous n’en avez pas tenu compte. En revanche, vous vous escrimez à pontifier sur autrui :
                           »..Quant à leur demander des précisions sur ce qu’ils désirent vraiment,
                          ou sur ce libéralisme qu’ils déclament mais dont ils mettent en pratique les concepts sans trop le savoir »

                          Mais vous, justement, semblez ne pas savoir ce qu’est le libéralisme (ou plutôt, ce que la revendication de libéralisme cache de ce que, justement, il n’est pas en capacité de supporter, à savoir la libéralisation des marchés), et qu’à part vous faire le perroquet bavard de libéraux qui n’assument pas lorsque le marché les délaisse (« emprunts » accordés aux banques, marché de l’armement peu libéral lorsqu’on voit le chef de l’Etat faire le VRP pour Dassault), vous ne faîtes pas vraiment fumer vos neurones.

                          Finalement, vous êtes bien pire que vos fameux « hommes de progrès » et tutti quanti, vous êtes un propagandiste libéral sans argument - c’est en tout cas ce que laisse transparaître votre analyse, si j’ose parler d’analyse.

        • Samuel_A
          Samuel_A répond à Pierrrrre
          Expat'
          • Posté à 20h20 le 08/12/2010
          • Internaute 112135
            Expat'

          Je ne suis pas un libéral, je suis un libertaire. ; -)
          Quant à l’effet du socialisme, historiquement, en France, les progrès en matière de pédagogie sont plutôt venus de la gauche. A l’échelle internationale c’est plus nuancé... figurez-vous que Lénine était un fervent partisan d’écoles libres et différentes et que les écoles de l’URSS sous Lénine étaient plus proche de Summerhill que de l’école coréenne moderne... avant une reprise en main drastique sous Staline qui a choisi des options TRES différentes. Donc votre propos est à nuancer.

          Je persiste à penser que vous êtes trop optimiste sur les possibilités d’évolution du système français.
          Retirez le pouvoir actuellement dans les mains des syndicats, et vous verrez que les options pédagogiques choisies en France ne changeront pas d’un iota - voire même empireront - sous l’influence d’autres forces tout aussi réactionnaires.

          Le système scolaire français est en train de céder sous les coups de boutoir des Brighelli, Le Bris, SOS Education (fondamentalement libéraux, eux), etc. qui rêvent de venir à l’école du bâton et du bonnet d’âne, des leçons interminables écoutées dans un silence religieux, des bonnes vieilles méthodes d’antan, et pourquoi pas du retour de l’uniforme.

          C’est malheureusement ce que le français moyen réclame. Et je suis convaincu que si, par l’autonomie des établissements, vous laissez le choix aux français, ils prendront ce modèle là. En dépit des excellents résultats des pédagogies alternatives (dans une ZEP de Montpellier, une école publique a choisi la pédagogie Freinet : résultat, à l’entrée en 6ème, leurs élèves sont au niveau de la moyenne nationale... ce qui est très supérieur au niveau habituellement constaté en ZEP. Verdict : ça marche. Mais tout le monde s’en fout).

          Je ne dis pas ça pour défendre les syndicats hein. J’ai encore en travers de la gorge le soutien inconditionnel des syndicats à cet enseignant de collège qui avait violenté un élève, avant de se faire passer pour la victime, avec pétitions des syndicats de droite comme de gauche (j’avais d’ailleurs lancé une contre-pétition qui avait eu un succès d’estime).
          Mais je ne crois pas un seul instant que les libéraux auraient agi autrement. Pour moi, c’est toute la France qui est à la masse sur les questions d’éducation.

          Je crois qu’il faudra quelques dizaines d’années aux français pour se réveiller et se rendre compte du caractère totalement contre-productif de leurs choix ou de leurs revendications.

          Pendant ce temps, les finlandais nous mettent une raclée en imposant à leurs enfants un stress infiniment moins important que celui qu’on impose aux nôtres.

        10 autres commentaires
      • STEFFEN Louis
        STEFFEN Louis répond à Samuel_A
        ancien enseignant réformateur
        • Posté à 16h18 le 09/12/2010
        • Expert 25070
          ancien enseignant réformateur

        Vous avez raison, en partie. Car ce que vous prenez pour la cause, la demande consumériste des parents, n’est que l’effet. Si les parents sont si attachés à une école de la sélection c’est parce qu’ils n’ont connu et subi que celle-là, qu’ils en ont souvent été les victimes et que, mal informés des réalités pédagogiques, ils répètent sans trop y réfléchir, les idées qui courent partout, dans les familles, au boulot, chez les copains-copines et surtout dans les médias, télévision en tête.
        Les enseignants n’échappent malheureusement à cette pression conformiste, d’autant plus qu’eux ont plus ou moins réussi dans ce sytème : pourquoi le remettraient-ils en question alors que rien n’est fait - ou si peu - dans leur formation pour leur permettre d’imaginer des systèmes alternatifs.
        Quant à l’institution, l’état, comme vous dites, il y a belle lurette qu’elle a renoncé à trancher entre les différentes politiques éducatives. Son seul souci est de surfer, sans prendre la vague de plein fouet, entre enseignants se sentant déconsidérés, parents stressés par une progéniture qui leur échappe et Gardiens du temple culturel qui ont l’oreille des éditeurs et qui se répandent en pamphlets accusateurs contre les pédagogues diaboliques.

         
        • Samuel_A
          Samuel_A répond à STEFFEN Louis
          Expat'
          • Posté à 20h25 le 09/12/2010
          • Internaute 112135
            Expat'

          Juste pour dire que je partage votre analyse.

        1 autres commentaires
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