Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Pour une bonne année 2011, trois conseils aux jeunes enseignants

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 07/01/2011 à 12h35

Je voudrais, en ce début d’année, former des vœux moi aussi. Des vœux à l’intention de tous ces jeunes enseignants dont les nombreux « stagiaires » qui « entrent dans la carrière » sans arme ni bagage, pédagogiques s’entend.

1

Pour vivre bien dans l’école, changez-la

Je forme des vœux pour que, jeunes enseignants, vous viviez bien dans l’école. Ce qui ne laisse pas d’être problématique. Car vivre dans l’école c’est, évidemment, œuvrer pour la changer.

Oh, pas n’importe comment et sans doute avec prudence, tant il est périlleux de se jeter à corps perdu dans un courant qui risque fort de vous entraîner on ne sait où.

Tout commence par apprendre... en compagnie des enfants. Mais je sais bien que la forme « apprendre en compagnie des enfants » n’est pas très prisée de certain(e)s dans l’Institution, de ceux qui préfèrent être « face » aux enfants plutôt qu’« avec » les enfants. Ils ne savent pas ceux-là, ou ne veulent pas savoir, combien l’on apprend en préparant et en organisant ce qui doit être la vie même dans l’école.

Il me semble, en effet, qu’enseigner ce n’est pas « faire la classe » ou « faire cours » mais bien plutôt, et autant que les circonstances le permettent, organiser dans la classe et dans l’école un mode de vie savant, c’est-à-dire une vie où tout doit concourir à apprendre. Et l’on retrouve ici les notions de « globalité » de d’Ovide Decroly, d’« intégralité » de Paul Robin et de « naturalité » de Célestin Freinet.

2

N’ayez pas peur de votre hiérarchie

Mais pour vivre bien, il ne faut pas avoir peur. Ne pas avoir peur de la hiérarchie, du chef d’établissement qui, dans le secondaire, vous convoquera une fois l’an pour vous évaluer, comme un potiron, au poids et à la brillance.

Car il n’est de chef que parce que nous y consentons, parce que nous le faisons chef. Et il ne peut être question d’abdiquer toute dignité, assis là, face à ce simulacre d’autorité, en échange d’une bonne note et de quelques euros de plus.

Il ne faut pas non plus avoir peur de l’inspecteur, celui qui vient tous les cinq ou dix ans vous évaluer lui aussi et vous donner des conseils. Sachez que fort souvent il n’en sait pas plus que vous, qu’il en est qui n’ont jamais ouvert de leur vie un livre traitant de pédagogie (comme certains chefs d’établissement d’ailleurs) et que leur bible est le bulletin officiel, et pas le dictionnaire pédagogique.

De sorte que le meilleur moyen de préserver sa dignité en cette circonstance consiste à... inspecter l’inspecteur : à le questionner intensivement sur les aspects les plus concrets de la « vie de la classe ». Je forme donc des vœux pour que les enseignants ne vendent pas leur âme pour un plat de lentilles.

3

On vous agresse ? Sortez les élèves dans la cour

Je forme des vœux enfin pour que la dignité des enseignants, jeunes ou moins jeunes, ne soit plus jamais bafouée par l’irruption d’un groupe d’enfants violents et éperdus, violents parce qu’éperdus.

Et si cela se produit, si cette tourmente s’abat dans la classe comme s’abat un vol d’étourneaux piailleurs sur un peuplier, alors il n’est pas d’alternative. Il n’est d’autre mesure à prendre que celle de « mettre les enfants dans la cour ». De les renvoyer et d’en informer le chef d’établissement.

Lequel ou laquelle vous dira sans doute sur le ton de l’indignation offusquée que... vous n’avez pas le droit.

A quoi vous répondrez sans doute qu’il n’a pas le droit, lui, d’ignorer ce qui se passe derrière les portes closes des classes, dont la rumeur se propage pourtant par les couloirs qu’il parcourt parfois d’un pas vif.

Car c’est l’enseignant qui à cet instant est dans son droit, celui de pas être agressé. Et, je le sais d’expérience, vos collègues en cette circonstance non seulement vous soutiendront mais bientôt mettront eux aussi leurs élèves dans la cour quand ils n’en pourront plus de supporter l’insupportable.

Car il ne faut pas croire ces enseignants-modèle qui prétendent vous apprendre à « gérer » ou à « tenir » une classe. Ils ne font que rabâcher de vieux trucs, de vieilles recettes que tout le monde connaît et qui, aujourd’hui ont fait leur temps. Car tout simplement, il est des classes ingérables.

Et il est une école ingérable, celle que j’ai nommée voici bientôt dix ans « l’école des pauvres », ingérable car les enseignants ne sont pas là pour entériner et perpétuer l’école des pauvres mais pour contribuer à la métamorphose de l’école en un lieu de vie bonne, c’est-à dire en un lieu de vie riche pour tous les enfants.

Je forme des vœux... Mais non, c’est assez pour aujourd’hui, nous reviendrons à tout cela au long de cette nouvelle année que je vous souhaite, jeunes enseignants et moins jeunes, belle et heureuse.

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  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 12h48 le 07/01/2011
    • Internaute 61755

    pour une bonne...rentrée ?

    savez-vous qu’il existe des endroits [pour de vrai] où certains profs sont inspectés tous les deux ans [trois ans maxi] ?

    • Danielle29
      Danielle29 répond à A déménagé le 1-6
      Soutien à amonhumbleavis
      • Posté à 13h03 le 07/01/2011
      • Internaute 30791
        Soutien à amonhumbleavis

      C’est même la règle la plus généralement appliquée.

      • A déménagé le 1-6
        • Posté à 13h06 le 07/01/2011
        • Internaute 61755

        ben oui ; je suis globalement d’accord avec les constats de romero, mais ce genre d’approximation [inspection tous les dix ans] nuit au reste du billet.

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à A déménagé le 1-6
      Ancien enseignant
      • Posté à 14h50 le 07/01/2011
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Bonjour,

      Alors tout a bien changé : Je ne sais pas quels sont ces endroits où les inspections prolifèrent, comme je ne sais pas qui sont ces certains professeurs objet de tant de sollicitude.
      Pour ma part en 35 ans d’enseignement en ZEP j’ai bien dû être inspecté trois ou quatre fois. Je garde un souvenir précis de la dernière : l’inspecteur refusait obstinément la présence de mes deux stagiaires IUFM dans la classe sous prétexte qu’une inspection est individuelle. J’ai bataillé ferme, ils sont resté mais je n’ai pu les faire assister à l’entretien qui suivit l’inspection : encore plus confidentiel ! Il s’agissait d’un inspecteur qui préconisait le travail collectif !

      De sorte que si les inspections sont si nombreuses en certains lieux on s’interroge, d’autant plus qu’il est d’autres lieux, des pays, bien vus par PISA, où... l’inspection n’ existe pas.
      Cordialement,
      N.

      • A déménagé le 1-6
        • Posté à 15h01 le 07/01/2011
        • Internaute 61755

        bonjour et merci pour votre réponse.

        j’évoquais des lieux où j’ai sévi et là où j’enseigne actuellement. ce n’est certes pas une généralité. la dame qui m’inspecte a longtemps enseigné [et fut même la collègue de travail].

        quant à savoir si l’inspection est une bonne chose, c’est une autre histoire. telle qu’elle est conduite actuellement, je ne le pense pas.

        cordialement.
        h.

         
        • malatrie
          malatrie répond à A déménagé le 1-6
          Distraite
          • Posté à 13h08 le 08/01/2011
          • Internaute 26407
            Distraite

          ça dépend des académies et des matières. Ma précédente inspection remontait à 10 ans, même si, tous les ans, certains profs de la section écrivaient à l’IA pour obtenir la visite d’un inspecteur qui n’est jamais venu (ZEP, prévention violence, mais géographiquement trop excentré, apparemment...)

          [et salut, vous ! ]

        1 autres commentaires
  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 12h47 le 07/01/2011
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Excellents conseils, pleins de lucidité dans un monde qui condmne à la prolétarisation et qui nous veut résigné, séparé et isolé les uns des autres.

    • Rhapsody
      Rhapsody répond à nemo3637
      Franc-penseur.
      • Posté à 09h52 le 11/01/2011
      • Internaute 139039
        Franc-penseur.

      Pas d’accord !
      Ce n’est pas en exigeant toujours davantage d’enseignants déjà dépassés qu’on rétablira l’Ecole dans sa fonction.
      Les mots ont un sens qu’il faut leur restituer ; instruire n’est pas éduquer ; un enseignant n’est pas un éducateur sinon accessoirement. A chacun son métier.
      Je suis ok avec @Nightbird.

  • vik75
    • Posté à 12h56 le 07/01/2011
    • Internaute 89761

    a quand la fin des concours dans l’Education nationales au profit de solution beaucoup plus pragmatique comme en belgique ?

    ceci les conseils sont pertinenents.moi ici, les élèves en retard, je ne les accepte pas en cours, les portables, je confisque et ceux qui dorment je les laisse dormir pour travailler uniquement avec ceux qui travaillent ! tu as des difficultés mais tu travailles,je t ’aide, tu as des difficultés mais tu ne travailles pas,je peux rien pour toi....

    Lien

    • Pier O'Saughnessy
      Pier O'Saughnessy répond à vik75
      enseignant
      • Posté à 12h40 le 14/01/2011
      • Expert 140794
        enseignant

      ... Ce qui permet de ne pas se poser de questions ... Se construire cette forme de syllogisme (tu dors je te laisse dormir) permet de ne pas s’interroger sur la raison qui le pousse à dormir pendant votre cours ... Travailler uniquement avec ceux qui travaillent est aussi un raccourci intéressant ... Le risque est moindre de se voir contredire, de voir son enseignement remis en question, et comme ceux qui travaillent sont en général ceux qui, quel que soit l’enseignant qu’ils ont en face réussiront quand même, on a l’illusion d’être un bon enseignant. Bref : prise de risque minimale, succès assuré, facilité garantie ...
      Effectivement, il est ensuite possible du haut de son potentat d’interdire l’entrée au retardataire sans se demander pourquoi il est en retard (problème social ? peur du prof ? mal être ? parents irresponsables ? etc ... vous voyez quand on creuse on peut trouver...).
      A la lecture de ces lignes je me dit qu’il existe bien une différence entre enseigner, éduquer et ...faire cours ...
      La qualité essentielle d’un enseignant est, à mon sens de comprendre les êtres humains qu’on lui confit. Il faut donc pour cela les regarder avec les yeux de l’adulte attentif et ouvert. Un certain Ferry, Jules, conseillait déjà cela aux élèves des écoles normales... Et puis c’est un peu ce qui fait la différence entre nous et un logiciel : comprendre l’usager et nous adapter à lui.
      C’est aussi comprendre la société et l’environnement que ces jeunes connaissent, et leur donner envie de ... se réveiller ou de travailler.
      Nous travaillons avec des enfants et des adolescents : on ne leur parle pas comme à un soldat de deuxième classe.
      Une autorité se construit aussi sur le respect et l’admiration que les élèves ont de leur prof. A votre avis, ils vous admirent ou ils vous craignent ? Ils vous respectent spontanément ou ils ils vous respectent par obligation ? ....
      En ce qui concerne les concours de l’éducation nationale, et le pragmatisme Belge je vous conseille aussi, si je peux me permettre d’élever un peu votre réflexion ... Nous sommes au delà des questions d’enseignement et de formation. Un concours, en France, se rapporte à un idéal Républicain, tant au niveau de la sélection des lauréats que de la protection que l’état leur garanti dans la pratique régulière de leur métier (Je ne parle pas là de la simple « garantie de l’emploi »).
      C’est aussi, regarder ses actes professionnels comme autant de participations à la pérénnité d’une Nation.
      Je vous souhaite bonne lecture... Il me faut de ce pas retourner devant mes élèves qui dorment parfois mais réussissent quand même

  • tchick tchack
    tchick tchack
    plongeur
    • Posté à 18h25 le 07/01/2011
    • Internaute 132342
      plongeur

    Il est surtout grand temps que l’école cesse d’être un vulgaire pansement social, un haut lieu de démagogie où la solidarité ne s’exprime pas comme elle devrait le faire. A cela s’ajoute malheureusement le fait que l’école de nos jours tend à se consommer, comme l’on peut consommer dans un restaurant, ou comme l’on peut consommer des meubles en kit. L’école à besoin de prendre de l’autonomie (vis-à-vis du champ politique), de se recentrer sur les savoirs (il n’est pas de liberté sans savoirs), et de retrouver l’autorité (au sens noble du terme) qui était la sienne.

  • LEFOL
    LEFOL
    enseignant
    • Posté à 14h10 le 07/01/2011
    • Expert 138923
      enseignant

    Oui, « tout commence par apprendre… en compagnie des élèves » : C’est une très bonne méthode que nous appliquons de plus en plus ! Du moins,nous les enseignants qui aimons davantage apprendre qu’enseigner. Une question de focale.
    Il y a ceux qui -très jeunes- sont vieux et savent tout mieux que tout le monde.
    Et il y a ceux qui s’émerveillent chaque jour parce que : Une nouvelle journée ? Un nouvel interlocuteur ? C’est autant d’aventures nouvelles à affronter dans le but de réussir.

    • Nightbird
      Nightbird répond à LEFOL
      Nouvelobservator
      • Posté à 10h14 le 11/01/2011
      • Expert 132684
        Nouvelobservator

      Madame,
      J’ai trouvé les premiers mots de votre commentaire très sympathiques quoique un peu « fleur bleue ». Vous avez apparemment un caractère très optimiste, c’est bien.
      Effectivement il existe des profils d’enseignants très divers dont certains qui aiment « davantage apprendre qu’enseigner ».
      Il en existe aussi qui aiment autant apprendre qu’enseigner et se passionnent à transmettre ce qu’ils apprennent chaque jour.
      Mais cette matière n’est pas réductible à l’enseignement qu’ils tirent de leur pratique quotidienne face aux élèves.
      Toutes les journées dans des établissements difficiles sont loin d’être « merveilleuses ».
      Le point sur lequel nous divergeons peut-être est le suivant : à mon avis la relation idéale et mutuellement enrichissante que vous décrivez n’est pas spécifiquement celle du milieu scolaire. Elle est ou devrait ou pourrait dans le meilleur des cas être la règle en matière de relations humaines. Dans la rue, au café, en réunions, en vacances touristiques etc. Partout où il y a de l’humain en relation avec de l’humain.
      Mais il existe bien une spécificité du milieu scolaire qui fait que l’école ou le collège n’est pas le café ni le théâtre ni la plage de Palavas les flots : c’est que les élèves s’y trouvent en face d’une personne supposée riche d’un savoir et de compétences qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes. Et que le professeur a pour mission de les leur transmettre.
      Le professeur, s’il ne sait pas tout et ne peut se comporter comme si il était omniscient n’en est pas pour autant en situation d’égalité avec ses élèves. Il est bien supposé donner davantage qu’il ne reçoit.

  • Sebbastien
    Sebbastien
    Entrepreneur
    • Posté à 15h40 le 07/01/2011
    • Internaute 106684
      Entrepreneur

    ou autre solution, encore : démissionnez et trouvez un boulot où vous ne serez pas sur le nerfs 18h / semaine. Rassurez-vous , il y en a beaucoup et ils sont mieux payés !

    Parole d’ancien prof démissionnaire !

    • Le Gros Gland
      Le Gros Gland répond à Sebbastien
      Facho,Réac,Xénophobe,Raciste et (...)
      • Posté à 17h08 le 07/01/2011
      • Internaute 130700
        Facho,Réac,Xénophobe,Raciste et (...)

      J’ai posté avantde lire tous les coms .
      Mais bravo pour avoir eu le courage de changer .

    • Chris.A
      Chris.A répond à Sebbastien
      Ni pour,ni contre,bien au (...)
      • Posté à 18h16 le 07/01/2011
      • Internaute 32905
        Ni pour,ni contre,bien au (...)

      Bonjour Seb, si je peux me permettre.
      L’on ne fait pas ce métier ( ou ne devrait pas faire ) par choix de dilettante, mais plutôt par conviction. Je ne dis pas ceci pour vous accabler. Bien au contraire.
      En ce qui me concerne, j’instruis parce que je crois profondément que les plus faibles d’entre nous, façon de parler des laissés pour compte de l’instruction et de l’éducation, ont aussi droit au savoir. Si ce n’est à un minimum de connaissance. Évidemment, il n’y a pas que cela.
      Je sévis dans un lycée pro et je vous laisse deviner les spécimen. Je parle de spécimen, non pas en terme péjoratif mais pour vous donner une image des types d’élèves que l’on rencontre.
      Il m’arrive de temps en temps de péter une durite parce qu’ils me désespèrent ou parce ce je n’ai pas su leur faire comprendre telle notion d’algèbre ou de chimie, ou encore parce que tel(le) élève s’est montré très irrespectueux(se) à mon égard ; mais mes convictions ne sont jamais ébranlées. D’aucuns disent que c’est un sacerdoce. Peut-être. En tout cas, il faut être solide et aller de l’avant. Malheureusement, il peut arriver des configurations qui conduisent à l’écroulement. Peut-être fut-ce votre cas. Et vous avez su « rebondir “.

      Merci Nestor pour votre blog, je me sens moins seul. Bien que la bataille soit déjà perdue. Quant à la guerre...

      Edit : A propos d’inspection, j’ai crû comprendre que je serai inspecté à la St-glinglin de la bouche d’un inspecteur.

      • Nightbird
        Nightbird répond à Chris.A
        Nouvelobservator
        • Posté à 10h18 le 11/01/2011
        • Expert 132684
          Nouvelobservator

        Bonjour,
        je suis sincèrement admiratif devant la foi qui vous anime et vous permet de tenir bon face à des situations et des conflits que j’imagine parfois lourds à gérer.
        Pour autant je crois que nous aurions tort de cultiver l’image d’un métier sacerdoce en ceci que bien peu de tempéraments sont objectivement capables de supporter les exigences d’un métier ainsi conçu.
        Or le défi à relever exige des effectifs de troupes dépassant de beaucoup une minorité de dévots.
        Les enseignants qui craquent en renonçant au sacerdoce ne sont pas tous de mauvais enseignants ou des gens qui se sont trompés de métier, loin de là.
        Ce sont plutôt des gens aussi ordinaires que je le suis moi-même, qui aiment transmettre un savoir et des compétences et ne souhaitent pas y renoncer mais qui n’ont pas la force de porter les trente-six casquettes que l’auteur croit devoir imposer aux professeurs au nom d’un exercice prétendument actualisé de ce métier.
        Aujourd’hui on exige de l’enseignant, en réponse à des réalités sociétales accablantes d’être à la fois professeur, psychologue et psychanalyste, assistant social, gendarme, éducateur et traducteur etc. C’est trop !
        On l’invite à se substituer à des parents et à une société qui n’éduquent plus ou pas assez.
        Ces exigences sont lourdes et la source d’échecs et de renoncements nombreux et très préoccupants.
        Je réfute pour ma part la position de l’auteur qui consiste à dénoncer ces enseignants qui n’estiment pas avoir mission d’éduquer comme étant de mauvais enseignants, des enseignants « d’une autre époque. »
        En revanche, je serais favorable à un système d’association en binôme dans les classes difficiles : un enseignant accompagné par un éducateur permanent. Ceci permettrait à chacun d’exercer le métier qui est objectivement le sien et en vue duquel il est formé par l’Université.
        Il me semble que c’est dans ce sens là que les syndicats, si tant est qu’on puisse leur faire confiance, devraient se mobiliser auprès du ministère.
        L’expérience fonctionne je crois au Canada avec des résultats probants dans des métropoles affrontées aux même difficultés que nous.
        C’est à tout confondre que nous nous égarons et que nous égarons les élèves dont nous sommes responsables.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h30 le 07/01/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    qui « entrent dans la carrière » sans arme ni bagage, pédagogiques s’entend.
    Je serais pas surpris que certains profs se trimballent avec des armes beaucoup moins pédagogiques et métaphoriques : D
    Et je les comprendrais voyant les tarés auxquels ils sont parfois confrontés...

    Et j’aime bien le deuxième conseil, si on remplace les termes liés à l’éducation, ça peut faire un bon conseil pour tout le monde.

  • Le Gros Gland
    Le Gros Gland
    Facho,Réac,Xénophobe,Raciste et (...)
    • Posté à 17h07 le 07/01/2011
    • Internaute 130700
      Facho,Réac,Xénophobe,Raciste et (...)

    Le seul et le meilleur qui vaille .
    Changez de boulot ! ! !
    Ou alors ne vous plaignez plus .

    • Arkanis
      Arkanis répond à Le Gros Gland
      • Posté à 18h31 le 07/01/2011
      • Internaute 112755

      Je crois qu’on a le droit de se plaindre si on essaie de faire son maximum pour changer la situation.

      A partir du moment où on n’y croit plus, qu’on essaie plus, oui, il faut se barrer ou se la fermer et prendre le pognon à la fin du mois.

    • Arkanis
      Arkanis répond à Le Gros Gland
      • Posté à 18h31 le 07/01/2011
      • Internaute 112755

      Je crois qu’on a le droit de se plaindre si on essaie de faire son maximum pour changer la situation.

      A partir du moment où on n’y croit plus, qu’on essaie plus, oui, il faut se barrer ou se la fermer et prendre le pognon à la fin du mois.

  • A déménagé le 12-4
    • Posté à 17h31 le 07/01/2011
    • Internaute 137745

    « enfants violents et éperdus, violents parce qu’éperdus. »

    Au delà , par moments je dois vous avouer avoir eu un doute sur le degré de lecture que je devais avoir.

    Je conclurais par un : Indignez-vous

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 09h18 le 08/01/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► L’école donc vous rêvez,
    elle n’existe pas en France,
    elle ne peut exister,
    parce qu’elle nécessiterait une coordination entre enseignants,
    l’établissement d’un projet d’école,
    qui s’articulerait en objectifs précis,
    établis par les enseignants de l’école, pour leur école,
    et modifiés par les enseignants au fur et à mesure de l’avancée du vécu de l’école.

    Elle induirait une gestion , collégiale ou hiérarchique et indépendante au sein de chaque établissement,
    gestion recrutant les enseignants sur projet commun,
    et les remerciant éventuellement si incompatibilité ou inadaptation...

    Elle induirait une remise en cause de la gestion étatique des écoles
    ainsi que du statut des enseignants,

    elle permettrait le recyclage des enseignants inadaptés ou usés par le métier, au lieu de les amener à bouziller des générations entières d’élèves

    ....mais entre nous,.....
    le maintien du statut des enseignants,
    c’est quand même plus important que la qualité de l’enseignement dans nos écoles de France...

    • Pier O'Saughnessy
      Pier O'Saughnessy répond à Pierrrrre
      enseignant
      • Posté à 13h19 le 14/01/2011
      • Expert 140794
        enseignant

      Moué ... en attendant si vous pouvez écrire ces quelques lignes sans faute d’orthographe, c’est certainement qu’à un moment de votre vie vous avez fréquenté cette école lamentable et sa faune de nantis non ?
      donc elle s’est pas toujours plantée cette Ecole là...

      Quant au bouzillage des générations d’élèves ce serait bien aussi de rendre « aux César » ce qui leur appartient non ? ?
      Les parents ....
      Les médias (au sens large ...)
      Un état d’esprit général ...
      L’école n’est pas cause de tout, ou bien c’est admettre que le reste n’est force de rien ... Sympa pour les autres.

      De grâce ... même si je vous rejoins sur beaucoup de points, quelle fin lamentable et facile ... Pensez vous vraiment que seul le statut des enseignant soit la cause de tout ces maux ? ?

      « gestion recrutant les enseignants sur projet commun,
      et les remerciant éventuellement si incompatibilité ou inadaptation... »
      incompatibilité avec qui ? le directeur ou le principal ? donc ... obligation de fermer sa G... de peur de déplaire ... ?
      Ô Arbitraire fait ton entrée ...
      Soyons fous : imaginons un projet mis en place par une équipe à partir d’une analyse préalable fausse ou mal conduite ... qu’adviendra - t - il de celui qui osera le faire remarquer ? ? ? sera - t -il ... Inadapté ?

      Si le statut actuel des enseignants permet d’éviter ces dérives là, et que les enseignants continuent à pouvoir s’exprimer sans craindre le recyclage ou le remerciement, je suis pour ce statut..
      Car je suis intimement persuadé que c’est parce que nous avons encore la possibilité de ne pas être des lavettes dans le cadre de notre mission et de notre métier, que nous avons encore une chance de faire de sorte que nos élèves ne deviennent pas à leur tour des « Béni Oui oui »

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Pier O'Saughnessy
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 15h01 le 15/01/2011
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « si vous pouvez écrire ces quelques lignes sans faute d’orthographe, c’est certainement qu’à un moment de votre vie vous avez fréquenté cette école »

        ► Là, vous tombez mal.. c’est plutôt grâce au correcteur orthographique.

        En fait, j’ai eu zéro sur vingt à l’intégralité des dictées de toute ma scolarité.
        (entre charrette, chariot carriole et charretier , je tombais toujours mal.)

        Les dictées m’ayant obligé à écrire des mots avec une orthographe aléatoire, j’enregistrais toute écriture possible avec moult variantes.

        Ainsi, ce n’est que très tard que j’ai compris que « maman » ne s’écrivait pas comme je le prononçais, c’est-à-dire « monmon » et idem pour « heureusement » que j’écrivais « orosement » et parfois « orrosement », ou » horosement », porté par le vague souvenir que le mot avait été souligné de rouge à la dictée précédente.

        Ce n’est qu’à partir de l’instant où les dictées ont disparu que j’ai systématiquement consulté le dico à chaque incertitude et que je me suis corrigé.
        Mais j’en ai gardé de beaux restes.

        ––––––––––––––-
        « Quant au bouzillage des générations d’élèves ce serait bien aussi de rendre “aux César” ce qui leur appartient non ? ?
        Les parents ....
        Les médias (au sens large ...)
        Un état d’esprit général ... »

        ► Désolé, je connais des enseignants dont les classes étaient des foutoirs et du n’importe quoi, d’autres extrêmement sévères où les enfants tremblaient pendant toute l’heure et n’apprenaient rien.
        Des enseignants dont les collègues s’arrangeaient pour que leurs propres enfants n’aillent pas dans leur classe.

        ––––––––––

        « Pensez vous vraiment que seul le statut des enseignant soit la cause de tout ces maux ? ? »

        ► Absolument, je pense que c’est lm pierre angulaire qui interdit toute adaptation de l’éducation aux défis qui lui sont posés :
        → impossibilité de remercier un enseignant qui n’est pas adapté
        → impossibilité de recruter des enseignants en cohérence avec un projet d’école
        → aucune gestion des enseignants au sein de l’établissement (ils dépendent d’une entité mythique, lointaine et absente.. le rectorat.. l’inspection académique).. et à moins d’un acte gravissime, ils sont indéboulonnables
        → En conséquence, cohésion indispensable basé sur le hasard des présents et leur bonne volonté.. les enseignants ne disent jamais non, mais le « laisse courir , ça leur passera » le remplace efficacement.

        ––––––––––––––

        « Arbitraire fait ton entrée ... »

        ► Absolument, toute gestion du ^personnel a son arbitraire…
        Sachant que la direction d’un établissement peut être collégiale.
        Mais ne vous en faites pas, les enseignants qui sont limites sont connus de tous (c’est notamment ceux où les IUFM n’envoient pas leurs stagiaires)

        ––––––––-

        « Soyons fous : imaginons un projet mis en place par une équipe à partir d’une analyse préalable fausse ou mal conduite ... qu’adviendra - t - il de celui qui osera le faire remarquer ? ? ? sera - t -il ... Inadapté ? »

        ► Oui, il devra changer d’école et laisser l’expérience pédagogique se faire, expérience qui, si elle est « fausse ou mal conduite » se cassera la gueule vite fait, et ne perdurera pas des années, ainsi que perdure la carrière de certains enseignants dont on se demande ce qu’ils font là.

        –––––––––––-

        « Si le statut actuel des enseignants permet d’éviter ces dérives là, et que les enseignants continuent à pouvoir s’exprimer sans craindre le recyclage ou le remerciement, je suis pour ce statut.. »

        ► Ce qui confère à l’enseignant un statut d’électron libre, lui permettant de faire ce qu’il veut, le meilleur comme le pire sans aucun recours possible.. jusqu’à la fin de sa carrière
        Sinon le recours pratiqué par ses collègues : éviter que leur enfant tombe dans sa classe.

        ––––––––––

        « je suis intimement persuadé que c’est parce que nous avons encore la possibilité de ne pas être des lavettes dans le cadre de notre mission et de notre métier, que nous avons encore une chance de faire de sorte que nos élèves ne deviennent pas à leur tour des “Béni Oui oui” »

        ► Arrêtez votre cinéma de syndicaliste soixant’huitard.
        Ennuyer ses élèves pendant des heures de cours soporifiques ou bordélique suivant les cas, ce n’est pas les rendre autonomes.. pas plus, ainsi que ça s’est fait dans les lycées, d’inciter les enfants à aller aux manifs, ce qu’ils font volontiers parce que c’est plus rigolo que les cours.

         
        • Pier O'Saughnessy
          Pier O'Saughnessy répond à Pierrrrre
          enseignant
          • Posté à 09h21 le 17/01/2011
          • Expert 140794
            enseignant

          Mon âge m’a permis de ne croiser mai 68 qu’à travers certains aspects de mes études doctorales en histoire. Ce qui, je l’avoue ne m’a ni perturbé ni influencé. Vous êtes décevant en usant d’un artifice si simple et si grossier que celui de me traiter de soixante huitard ^^
          Je ne suis pas non plus syndiqué, ce qui me permet de garder un esprit clair et ouvert ^^... Si vos interprétations de mes écrits sont aussi justes que vos raisonnement je comprend votre aigreur.
          Ceci dit, si vous aviez bien lu mes lignes vous auriez compris que je ne suis pas entièrement contre toutes vos affirmations.

          « Désolé, je connais des enseignants dont les classes étaient des foutoirs et du n’importe quoi, d’autres extrêmement sévères où les enfants tremblaient pendant toute l’heure et n’apprenaient rien.
          Des enseignants dont les collègues s’arrangeaient pour que leurs propres enfants n’aillent pas dans leur classe. »
          Oui je connais aussi ce genre d’individu .

          « Oui, il devra changer d’école et laisser l’expérience pédagogique se faire, expérience qui, si elle est “ fausse ou mal conduite ” se cassera la gueule vite fait, et ne perdurera pas des années, ainsi que perdure la carrière de certains enseignants dont on se demande ce qu’ils font là. »

          Je ne mets pas en miroir expérience pédagogique et carrière personnelle ce que vous semblez confondre ... Et mon propos, certainement moins profond que le votre il va sans dire, avait la naïveté de sous entendre que les choses qui se font à plusieurs (projet) permettent souvent d’avancer plus vite (question aussi de coût et d’efficacité) ce qui évite parfois aux situations de pourrir et de prendre des côtés dramatiques (vous avez dit : « perdurer »). Bien sûr il faut pour cela que les professionnels en parlent ... sans peur.

          « Ce qui confère à l’enseignant un statut d’électron libre, “ A bon ? wow ... vite le nom de votre I.A je viens de suite dans votre département... Non mais c’est assez simple de tout mettre sur le dos du lampiste non ? Alors essayer un peu d’aller plus loin au lieu de vouloir sortir le flingue et ‘défouirailler’ à tout va.
          Bref ... je pense que ce débat entre nous est stérile. Je vous souhaite de faire une carrière exemplaire et humaine, chez Loréal .
          Bonne continuation

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à Pier O'Saughnessy
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 10h24 le 17/01/2011
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « Vous êtes décevant en usant d’un artifice si simple et si grossier que celui de me traiter de soixante huitard »

            ► Ici, je ne réponds pas à des personnes, mais à des commentaires ;
            Je ne le fais pas fatalement à l’intention de la personne à qui je suis censé répondre, mais surtout à destination du quidam qui me lira négligemment.

            Il est évident que ne pouvant écrire une thèse, on est obligé de passer par des raccourcis présentatoires, des images exagérées, des propos parfois provocateurs.

            Il est clair que je ne peux manipuler autant de nuances que celles que le problème éducationnel exige par sa complexité,
            Mais reconnaissez tout de même que j’ai l’avantage de la netteté, même si celle-ci est abrupte.

            Si vous vous êtes personnellement senti attaqué, je vous présente volontiers mes excuses, mon intention étant plus prosélyte que dirigée à votre encontre, alors que je ne vous connais pas.

            Je vous rappelle simplement l’essentiel de mon analyse :

            Le fait qu’il n’existe pas de bonne pédagogie imposable à tous,
            Mais pour chaque école une équipe d’enseignant à qui il appartient de construire son projet d’école et de l’articuler en objectifs.

            En conséquence de ce choix, j’en retire nécessité d’une indépendance de gestion de chaque établissement,
            avec toutes les conséquences qui en résultent pour le statut des enseignants.

            Et oui, j’avoue en conclusion, tirer à boulet rouge contre tout argument allant à cet encontre, les votres n’étant pas éloignés de ceux diffusés par les syndicats très accrochés au maintien du statut de l’enseignant et à l’étatisation de sa gestion.

            ––––––––––

            « sous entendre que les choses qui se font à plusieurs (projet) permettent souvent d’avancer plus vite »

            ► Et nous nous rejoignons,
            avec cette différence, c’est que je pense que pour mieux travailler ensemble, les établissements se doivent de gérer leurs équipes d’enseignants de manière autonome.

            –––––––-

            « Ce qui confère à l’enseignant un statut d’électron libre, “

            ► Absolument, la porte de sa classe fermée, l’enseignant est seul maître à bord,

            Et il peut, de fait, librement, choisir son rythme, son programme, et la manière de l’enseigner ou de ne pas l’enseigner.

            Son directeur, ses collègues n’ont aucune autorité sur lui,

            Pour son inspecteur, ce n’est pas une visite tous les 5 ans, par une inspection dont l’enseignant est averti à l’avance
            et qu’il peut peaufiner avec la sauce et la préparation préférées de l’inspecteur,
            qui entamera son indépendance et sa liberté totale.

            Les enseignants qui se disent ‘contraints’ s’inventent de faciles excuses afin de justifier leur inertie

            ––––––––––

            ‘ je viens de suite dans votre département... ’

            ► Dans tout département, l’enseignant peut faire sa classe à sa guise sans aucune contrainte (sinon celle de la présence des élèves)

            ––––––––––-

            ‘ c’est assez simple de tout mettre sur le dos du lampiste non ?’

            ► Je ne mets rien sur le dos de l’enseignant, mais su celui de son statut qui empêche tout progrès

            –––––––––

            ‘ je pense que ce débat entre nous est stérile.’

            ► Pensée non partagée, j’ai eu intérêt à étaler mes idées et à bénéficier de vos remarques dont je vous remercie du temps que vous avez mis pour les écrire

            –––––––-

            ‘ Je vous souhaite de faire une carrière exemplaire et humaine, chez L’Oréal .

            ► Oh, déjà, dans l’enseignement, suis suffisamment au parfum des choses.

        2 autres commentaires
  • Arkanis
    • Posté à 18h29 le 07/01/2011
    • Internaute 112755

    Si les enseignants, au moins eux pour commencer, pouvaient éviter deux confusions qui sont une partie de l’ensemble des causes de la merde actuelle :

    - confondre les mots : élève et enfant, et donc le statut, les droits et obligations de l’élève dans la classe ;
    - confondre les mots : instruction et éducation, et donc en finir avec l’appellation mussolinienne du ministère et les attentes démesurées ou à côté de la plaque de certains vis à vis de l’institution.

    Les mots un sens, merci.

    • Nightbird
      Nightbird répond à Arkanis
      Nouvelobservator
      • Posté à 09h20 le 11/01/2011
      • Expert 132684
        Nouvelobservator

      C’est exactement ce que suggèrent mes deux longs posts en réponse à l’auteur.
      Vous parlez, et je rejoins votre propos « d’attentes démesurées » ; j’ajouterais « vaines voire utopiques » car les codes sociaux que doit cultiver l’enseignant dans l’esprit des élèves doivent faire écho à ceux que connaissent ces élèves au préalable dans leurs familles et leur environnement immédiat sous peine de nullité.
      C’est, je crois, cette situation que l’on affronte avec les conséquences désastreuses que l’on sait.
      J’ai suggéré dans l’un de mes posts que l’enseignant en ZEP et dans des classes difficiles ne soit plus seul en cours mais en binôme avec un éducateur. L’enseignant pourrait dès lors se consacrer à son métier qui est bien d’instruire en transmettant savoirs et savoir-faire et non de se substituer aux parents et à la société pour éduquer. Qu’en pensez-vous ?

      • Arkanis
        Arkanis répond à Nightbird
        • Posté à 18h45 le 13/01/2011
        • Internaute 112755

        « Qu’en pensez-vous ? »

        Je pense que l’enseignement en binôme devrait être la règle (et en groupe de 12 maxi, c’est utopique, très cher, mais ne pas le faire ça coutera encore plus cher)

        Commençons donc par les ZEP, avec effectivement un enseignant et un éducateur.

        De toute façon si on fait pas ça, le binôme se sera un maton et un militaire, et ce sera les mêmes qui trouvent qu’il y a trop de fonctionnaires qui les réclameront. Et pas que dans les ZEP.

        La craie ou le tazer, certains ont déjà choisi la société de demain pour leurs enfants.

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 19h58 le 07/01/2011
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Et si cela se produit, si cette tourmente s’abat dans la classe comme s’abat un vol d’étourneaux piailleurs sur un peuplier, alors il n’est pas d’alternative. Il n’est d’autre mesure à prendre que celle de « mettre les enfants dans la cour ». De les renvoyer et d’en informer le chef d’établissement.Lequel ou laquelle vous dira sans doute sur le ton de l’indignation offusquée que… vous n’avez pas le droit.

    A quoi vous répondrez sans doute qu’il n’a pas le droit, lui, d’ignorer ce qui se passe derrière les portes closes des classes, dont la rumeur se propage pourtant par les couloirs qu’il parcourt parfois d’un pas vif.

    Car c’est l’enseignant qui à cet instant est dans son droit, celui de pas être agressé. Et, je le sais d’expérience, vos collègues en cette circonstance non seulement vous soutiendront mais bientôt mettront eux aussi leurs élèves dans la cour quand ils n’en pourront plus de supporter l’insupportable.

    N’oublions pas les fusibles entre les enseignants et les chefs d’établissements, M. Romero, eux aussi sont sur le point de sauter.

    Les chefs d’établissements et leur sacro sainte hiérarchie restent confortablement dans leurs bureaux à faire le calcul de qui est inutile, tant qu’un gamin ne vient pas exploser le seuil de leur porte pour leur rappeler que, bon sang mais c’est bien sûr, les élèves existent !

    Et ça, ça n’arrive jamais. Il y a tellement de personnels (AED en particulier, dans le secondaire) qui font tampon et leur permettent une ouate si moelleuse...

  • A déménagé le 12-4
    • Posté à 06h26 le 08/01/2011
    • Internaute 137745

    Ca me fait regretter la défunte fac de Vincennes tout ça...

    Il y a une réponse à vos voeux il me semble, c’est le le lycée de Gaby à Saint Nazaire qui est un exemple d’école métamorphosée à ce qu’elle devrait être avant tout un vrai lieu de vie !

    Une présentation en trois épisodes :

    Lien

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à A déménagé le 12-4
      Ancien enseignant
      • Posté à 11h37 le 08/01/2011
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Bonjour,
      Merci pour le lien. Oui bien sûr, le Lycée autogéré, comme nous disions à sa création, et puis celui de Paris, le LAP, et le Collège de Caen-Hérouville et Decroly, Vitruve... Pour demeurer dans le public :
      Lien
      N.

  • Nightbird
    Nightbird
    Nouvelobservator
    • Posté à 10h47 le 08/01/2011
    • Expert 132684
      Nouvelobservator

    Après lecture des commentaires ici postés j’ai la voluptueuse sensation de flotter dans une mer de lait d’ânesse, tellement tout ça est beau, doux et moelleux !
    Apprendre en compagnie des élèves, certes ! magnifique réciprocité dans la relation à l’autre, quel qu’il soit et l’élève en particulier ; à condition toutefois qu’en amont société et parents aient donné à l’éducation la part qui lui revient, en sorte que l’enseignant ait loisir de se consacrer à son métier qui est d’instruire, non d’éduquer.
    Et qu’il trouve sinon face à lui, puisque cette expression vous irrite, mais dans ses classes, des gens qui soient effectivement en désir d’apprendre et se comportent comme des élèves.
    Pratiquement aucun des commentaires qui m’ont précédés n’évoque cet aspect-là, essentiel pourtant.
    Si bien qu’on a l’impression parfois que les bons professeurs ont des pouvoirs magiques auxquels nulle classe ne saurait résister. La réalité me paraît bien plus prosaïque.
    Bien sûr on prend plaisir à apporter quelque chose aux élèves et bien sûr que les élèves vont vous respecter d’autant plus qu’ils ont la conviction que vous avez quelque chose à leur apporter.
    J’aime mes élèves, le mot n’est pas trop fort, et ils me le rendent bien. Mais ce sont bien des élèves, pas des potes. Et c’est prioritairement moi qui suis censé leur apporter dans leur cursus et pas l’inverse, quoi qu’on puisse en penser. Tout est question de point de vue et de mesure, sans doute. Mais tout de même ne planons pas !
    Je ne leur apporte pas n’importe quoi et je ne leur apporte pas tout ce dont ils ont besoin.
    Ce que je crois leur transmettre de mieux est ce que je maîtrise le mieux : ma matière, choisie sciemment pour les vertus que je lui reconnais dans la construction de personnalités conscientes, capables de se situer par rapport à autrui, dans la société et dans le temps du monde. C’est déjà très ambitieux.
    Certains profs ont une âme d’assistants sociaux. Je les respecte. Il m’arrive même de les trouver admirables. Mais tout le monde ne fait pas ce métier armé des mêmes motivations.
    Personnellement c’est bien pour avoir le sentiment de transmettre des connaissances et un savoir utile dans un ou quelques domaines spécifiques qui ne se laissent déjà pas circonscrire si aisément que cela : l’histoire, les institutions et le civisme, la géographie, que j’ai choisi d’exercer ce métier.
    Je suis éminemment moins compétent qu’une assistante sociale ou qu’un psychologue pour panser les bobos infligés par la vie en société, même si j’admets que mon métier exige une sensibilité certaine, une bonne capacité d’empathie et de compréhension. Mais je reste modeste et je demande à l’école qu’elle mette en place les conditions qui me permettent de transmettre ce pourquoi je me suis formé et suis allé à l’université.
    Parfois c’est impossible et les enseignants sont démunis face à une hiérarchie qui se dérobe ou trop politisée pour réagir avec un peu de cohérence face aux conflits. Il y en a.
    Parfois ce n’est pas un élève, ce ne sont pas deux élèves mais 10, mais 15, qui « agressent », donnent l’impression de ne pas très bien savoir ce qu’ils font là et surtout agressent les autres en les empêchant d’acquérir quelque savoir que ce soit. Et là on fait quoi ? On envoie le tiers, la moitié de la classe dans la cour ?
    Ce cas de figure est-il si rare par les temps qui courent ?
    Et suis-je à blâmer, moi qui ai reçu une formation en histoire, d’aimer passionnément cette matière, de la croire formatrice et de souhaiter d’abord pouvoir transmettre ce patrimoine-ci à des adolescents qui nourris au lait de l’immédiateté consumériste paraissent de plus en plus souvent ne pas saisir tout le bénéfice qu’ils peuvent en retirer, à l’image des choix que fait un gouvernement qui, lui aussi, à l’image d’une partie non négligeable de la société, paraît n’avoir d’autre préoccupation qu’utilitaire et confondre culture et qualification professionnelle ?
    Entre des gouvernants qui subordonnent l’enseignement à des impératifs de rentabilité et des profs dont le discours lénifiant revient à oublier qu’ils ont d’abord un savoir à transmettre il se trouve probablement un point d’équilibre qui serait à tous profitable de ne pas perdre de vue sous peine de voir le système perdre jusqu’à sa raison d’exister.

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à Nightbird
      Ancien enseignant
      • Posté à 12h38 le 08/01/2011
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Bonjour,
      Je ne peux que constater notre profond désaccord. Car je crois, en effet, que vous vous trompez.... d’époque. Et ceci dès les premières lignes de votre texte affirmant que le métier « est d’instruire non d’éduquer ».
      Ce qui est faux depuis très exactement le 12 mars 1959, date de la suppression du concours d’entrée en 6e par la réforme Berthoin.
      Faux car dans la masse des enfants qui vont désormais poursuivre leurs études jusqu’à 16 ans (toujours la réforme Berthoin) il en est de fort mal « éduqués ».
      Mais alors se pose la question de savoir ce que c’est que cette éducation dont devraient être imbibés les enfants avant même leur entrée à l’école.
      Cette éducation, vous le savez comme moi, est constituée d’abord d’une langue qui doit être en parfaite harmonie avec la langue de l’école et d’un certain nombre de codes sociaux, de types de comportement, d’habitus comme disait Bourdieu (après d’autres).
      Et c’est de cette éducation que les nouveaux venus de la « massification » sont privés. Tout simplement parce que ce n’est pas celle de leur famille, de leur milieu social. De sorte qu’enseignants, nous sommes plus que jamais, nécessairement, des éducateurs (je ne vais pas revenir ici sur l’inanité de l’opposition instruction/éducation). Il faut donc choisir : quelle école veut-on (ce qui signifie quelle société veut-on ?) ? Une école élitiste fonctionnant à la discrimination sociale ou une école démocratique ?
      Bien cordialement.
      N.

      • Nightbird
        Nightbird répond à Nestor Romero
        Nouvelobservator
        • Posté à 08h41 le 10/01/2011
        • Expert 132684
          Nouvelobservator

        J’ai lu attentivement votre réponse.
        Il est possible, mais non certain que notre désaccord découle d’un manque de discrimination dans nos propos respectifs.
        Vous parlez de « la masse d’enfants » qui arrivent dans nos classes. De quelles classes d’âges parlez-vous ? Je veux dire que le métier est sensiblement différent au CM1, au collège ou en lycée.
        Jusqu’à quel âge, selon vous, serions-nous tenus d’éduquer ?
        Jusqu’où les enseignants devraient-ils se substituer aux parents et à la société dans son ensemble, laquelle éduquait probablement de concert avec les parents jusqu’à ce qu’un individualisme accru par l’urbanisation, l’anonymat des villes, et une mentalité particulière rejette comme « d’une autre époque », comme vous dites, la pression sociale qui exerçait normalement cet effet éducateur qui selon vous incomberait dans une institution scolaire démocratique aux enseignants. Je crois que ce faisant vous ne faites que contribuer à la déliquescence du système en surchargeant la mule d’un rôle qui ne devrait pas être le leur.
        Point par point et très clairement :
        Lorsque je demande à l’école de mettre en place les conditions de l’exercice de mon métier d’instruire, je rejoins votre réflexion sur la « langue qui doit être en parfaite harmonie avec la langue de l’école » : je devine que sous l’expression de « massification » vous évoquez implicitement les enfants issus de l’immigration la plus récente.
        Hé bien je crois en effet qu’il incombe à l’école de mettre en place pour ces élèves des cours d’apprentissage renforcé de la langue française en sorte que les nouveaux-venus ne prennent pas de retard. Mais ces élèves n’en affronteront pas moins des difficultés particulières du fait qu’à la maison ce n’est sans doute pas le français qui est parlé. On y peut quoi ? Sauf à faire en sorte que d’office les nouveaux arrivants, c’est-à-dire les parents, soient tenus par contrat à apprendre le français si nécessaire ?
        Je ne crois que vous puissiez indéfiniment charger la barque de la responsabilité enseignante et imaginer que ces enseignants parviendront à conserver la ligne de flottaison.
        Vous évoquez les codes sociaux et comportementaux ...Mais là encore les parents et l’environnement immédiat ont leur rôle à jouer que l’enseignant ne peux que confirmer. Mais il est peu probable que l’enseignant puisse à lui seul créer ex nihilo un registre comportemental et un langage en société qui ne renvoie à aucune réalité hors de l’école, à la maison, dans le quartier etc.
        C’est cet échec que sanctionne l’actualité de faits divers de plus en plus préoccupants et d’une violence que les enseignants sont bien en peine de juguler et, j’ajoute, subissent douloureusement.
        Vous évoquez à demi-mots l’égalité des chances : mais je crois pourvoir dire qu’entre des « enfants » qui auront reçu des savoirs et des savoir-faire et les auront assimilés au fil de cours qui, à quelques interruptions près pour cause de petits bavardages et d’incidents mineurs consacrent tout de même plus des deux tiers de l’heure à la matière enseignée et des enfants qui n’entendent parler d’histoire, pour m’en tenir à mon domaine, que 5 minutes dans un cours consacré aux 9/10 à gérer des conflits et des comportements qui n’ont pas lieu d’être dans une salle de classe - mais correspondent à l’évidence à ceux que promeut, entretient et cultive l’environnement quotidien de ces « enfants » - même à considérer toute la dévotion d’un enseignant-éducateur, le bagage ne sera pas le même pas plus que l’aptitude à affronter l’avenir.
        Si bien que je ne crois pas que l’école telle qu’elle fonctionne aujourd’hui soit apte à redresser ce qui pose problème dans la posture de ces élèves sauf à créer des classes qui s’adresseraient spécifiquement aux élèves affrontés à cette problématique, d’où mon hostilité absolument résolue au collège unique.
        Il serait judicieux, il me semble, de créer des classes en binôme où l’enseignant serait épaulé par un éducateur qualifié dans les classes difficiles. C’est une initiative qui semble donner des fruits au Canada.
        Mais je persiste à penser que la solution n’est pas dans l’obligation qui serait faite à l’enseignant de renoncer à instruire pour endosser une double casquette que la majorité d’entre nous sont incapables de porter sereinement et efficacement.
        Je suis donc bien partisan d’une école démocratique mais pas sur la base d’un renoncement à la transmission de savoirs et de compétences spécifiques qui restent bien à mes yeux la mission de l’enseignant à l’endroit de ses classes.

         
        • LEFOL
          LEFOL répond à Nightbird
          enseignant
          • Posté à 18h53 le 12/01/2011
          • Expert 138923
            enseignant

          Cher Nightbird, savez-vous que les LONGUES explications sont des OBSTACLES à la communication ? Le savoir « se vole » et se saisit au vol.

          • Nightbird
            Nightbird répond à LEFOL
            Nouvelobservator
            • Posté à 19h20 le 12/01/2011
            • Expert 132684
              Nouvelobservator

            Chère madame, vous avez raison !

            J’ai moi aussi trouvé l’article de notre auteur beaucoup trop long !

             ; -)

        2 autres commentaires
  • voyageur344598
    • Posté à 16h29 le 28/04/2011
    • Internaute 153818
      cadre

    Curieuse cette maladie (génétique ce serait rassurant, culturelle ?) de certains enseignants ou anciens enseignants de tailler des croupières dans la fameuse, confortable et indépassable « hiérarchie » !
    Alors une rectification Ernesto mais je suis personnellement cadre dans l’éducation et je ne suis pas chef par la volonté de mes subordonnés (je sais que vous aimerez, beaucoup plus que moi probablement) mais par une démarche respectable qui m’a amené à passer et réussir une série de concours, oui vous savez un de ces trucs que contribuent à préparer les enseignants ...
    Je vous cite :
    « Mais pour vivre bien, il ne faut pas avoir peur. Ne pas avoir peur de la hiérarchie, du chef d’établissement qui, dans le secondaire, vous convoquera une fois l’an pour vous évaluer, comme un potiron, au poids et à la brillance.
    Car il n’est de chef que parce que nous y consentons, parce que nous le faisons chef. Et il ne peut être question d’abdiquer toute dignité, assis là, face à ce simulacre d’autorité, en échange d’une bonne note et de quelques euros de plus. »
    Je suis un de ces « chefs » non par goût du pouvoir mais par volonté de mettre en réussite les élèves qui me sont confiés.
    Je ne suis ni maquignon, ni jury dans un concours agricole et je ne connais rien aux légumes.
    Je ne suis pas chef par le consentement des enseignants qui travaillent avec moi, même si c’est déplaisant à entendre par certains qui sont anarchistes quand il s’agit de respecter le rôle de chacun dans la sphère professionnelle et extrêmement normatifs en matière de « dressage » des élèves.
    Je ne leur demande jamais de perdre leur dignité même si certains et je les plains n’en ont plus beaucoup depuis qu’ils ont compris qu’ils devraient changer de métier ou de façon de travailler mais qu’ils n’en ont pas l’honnêteté ou le courage.
    Je ne négocie pas leur implication mais je la paie quand et comme je peux dans les limites de nos règles parce qu’il est préférable qu’un salarié impliqué et assidu soit payé plus qu’un geignard incompétent.
    J’ai une autorité qui m’est confiée comme les enseignants en ont une aussi, les deux définies par des lois qui organisent notre travail ensemble : est-ce une honte d’avoir « une » autorité » parce qu’elle vient d’en haut ou me transformerait-elle en monstre ?
    Jusqu’à votre vocabulaire (« simulacre ») est méprisant ou péjoratif alors que je simule peu en général et surtout pas en réunion de travail que je n’assimile pas à du guignol d’arrière salle.
    Sans parler de l’exclusion larvée ou affichée que vous préconisez comme dans un clin d’oeil face aux affreux chefs feignant d’ignorer ce qui se passe derrière les portes de la salle de classe : certains travaillent porte ouverte et contrairement à ce que vous affirmez sur les groupes ingérables il est toujours au moins un membre de l’équipe qui arrive à les faire travailler et pas toujours à n’importe quel prix ...
    Retour : « qu’il n’a pas le droit, lui, d’ignorer ce qui se passe derrière les portes closes des classes, dont la rumeur se propage pourtant par les couloirs qu’il parcourt parfois d’un pas vif »
    Rions du « parfois » qui permet de réaliser complètement la figure de cette fameuse hiérarchie sournoise qui se cache dans des bureaux « administratifs » (encore une figure de style connue du prototype enseignant proche de vous) et qui refuse la réalité de la difficulté d’être face aux élèves : lançons partout des sondages pour savoir qui de la hiérarchie ou des enseignants (sans généraliser) réclament la transparence sur les méthodes pédagogiques et la façon de travailler en interaction ...
    Bref mis à part ces dérapages regrettables pour un homme de votre âge qui aurait pu prendre du recul avec le temps je plains le parcours des petits nouveaux qui vous auront écouté parce que cela ressemble aussi à ce que disent les collègues et qui vont peut être perdre beaucoup de temps et d’énergie à moquer le chef plutôt qu’à chercher avec lui les causes des échecs et les conditions de la réussite ...
    Enfin je vous parle sans freins car j’ai copieusement interpelé nombre de chefs que j’ai eu à subir : je n’ai pas attendu l’affichage excitant et démultiplié d’internet pour dire ce que j’avais à leur dire mais par ailleurs leurs dysfonctionnements, s’ils en avaient, ne venaient pas de leur situation de chef.
    Ils devaient avoir été de bien mauvais profs et continuaient leurs ravages dans un autre costume !
    Pardonnez le caractère abrupt de mon commentaire et son côté désorganisé car j’aurais aimé évoqué plus d’aspect encore de votre article mais les semaines des chefs ont aussi des limites même si elles ne sont « presque » pas bornées officiellement !

  • nija
    nija
    enseignant
    • Posté à 06h58 le 30/04/2011
    • Expert 154021
      enseignant

    cher collègue,
    je ne voudrais pas être désagréable, mais je vous aurais bien mis en face de ma 3ème B, ou de ma quatrième D, ou mieux encore de ma cinquième D, vous et vos belles théories. Ils ont été tout fiers quand ils m’ont donné la liste des profs qu’ils ont fait craquer. C’est maintenant leur objectif dans une salle de classe, faire craquer le prof. Vous pouvez toujours essayer d’être avec eux, mais eux, ils sont contre vous. Votre empathie, ils n’en ont rien à cirer. ça c’est une nouvelle variété élèves. Ceux là vous n’avez pas dû les rencontrer. Mais avec moi ils sont tombés sur os. J’en ai rien à faire qu’ils apprennent ou qu’ils n’apprennent pas. ça les désarçonne. c’est nouveau pour eux. Donc de guerre lasse, ils sont en train de se calmer...

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