Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Primes au mérite aux chefs d'établissement : l'école utilitariste

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 02/02/2011 à 12h18

L’école est maltraitée par ce gouvernement. Chaque intervention du ministre en charge de l’Education nationale creuse une fissure de plus dans l’édifice de l’institution et y ajoute une meurtrissure.

L’enfant est une personne

Je dis bien l’école – et non pas le « centre de formation professionnelle » –, l’école au sens grec du terme, au sens le plus... désintéressé, celui qui désigne le lieu ou l’on apprend pour... apprendre. Car l’on sait, justement depuis les Grecs d’il y a vingt-cinq siècles, que vivre et apprendre sont tout un.

L’école, c’est-dire le lieu où les enfants ont le « loisir » (encore les Grecs) de vivre leur vie d’enfant en apprenant... à loisir. Ce qui ne signifie pas que les écoles de cette Antiquité fussent des lieux de récréation, loin de là.

Et précisément, il a fallu des siècles et des siècles pour que l’enfant ne soit plus appréhendé comme projet, projet d’homme, de cet homme-là, mais comme un être à part entière, comme personne au sens kantien du terme, pour lequel un être humain ne doit jamais être traité comme moyen mais toujours comme fin en soi.

Il a fallu attendre Rousseau car le « XVIIIe siècle ne sait pas ce que c’est que l’enfant » ( A. Philonenko : introduction à « Réflexions sur l’éducation », Vrin, 2000). Rousseau qui surgit pour dire que « l’enfance à des manières de voir, de penser, de sentir, qui lui sont propres ; rien n’est moins sensé que d’y vouloir substituer les nôtres » (Emile).

Un ministre au saut du lit

Et voici que cette haute Idée, Idée avec une majuscule, « l’Idée d’une république parfaite gouvernée d’après les règles de la justice » (« Critique de la raison pure » in « Réflexions sur l’éducation »), cette Idée « qui doit inspirer la pédagogie » se voit brutalement outragée en quelques mots prononcés par un ministre, un matin récent, au saut du lit, comme par distraction (il veut verser des primes au mérite aux chefs d’établissement). (Voir la vidéo à partir de 6’16)

Nous savons depuis longtemps que ce gouvernement est réactionnaire, attribut auquel je donne ici le sens de retour à ce qu’il y a de pire dans l’histoire de l’humanité : le mépris de la personne. Nous savons qu’il est incapable, du fait de son intoxication psychologique par l’utilitarisme le plus borné qui soit, de concevoir, je ne dis même pas penser, un acte désintéressé.

Et que cette intoxication de l’esprit, autrement dit cette inculture, lui interdit de voir l’école autrement qu’en entreprise. Nous le savions bien, mais ce que vient de faire monsieur Chatel au saut du lit c’est de l’énoncer en tant que vérité d’évidence et ainsi de bafouer l’Idée, laquelle s’exprime dans l’autonomie, la liberté et le désintéressement :

« Le gouvernement a décidé de développer une rémunération variable liée aux performances de nos cadres, comme cela existe dans l’immense majorité des entreprises de notre pays. »

On ne peut dire plus clairement que le ministre de l’Education de la France considère que l’école est une entreprise. Cependant, je ne suis pas sûr qu’il soit conscient de le gravité de ses assertions. Je n’en suis pas sûr car sa gestuelle, ses mimiques, tout au long de l’entretien, outre l’infantile suffisance qu’elles expriment, me semblent révéler quelque chose de l’ordre de l’ingénuité satisfaite. Je n’en suis pas sûr, en outre, car il persiste avec le même maintien de béate satisfaction. Il pense, dit-il :

« Au projet d’établissement, aux performances, aux résultats scolaires par rapport aux prévisions qui ont été faites. »

Un ministre ignorant

Ce qui met en évidence, me semble-t-il, l’étendue de son ignorance, car je ne peux croire à un tel degré de cynisme. Je suis persuadé qu’il ignore totalement que l’expression « projet d’établissement » prise dans le cadre de l’institution éducative n’a strictement rien à voir avec le « projet » dans le contexte d’un processus de production d’une entreprise.

Je suis persuadé qu’il ne sait pas que le terme performance s’oppose radicalement à l’un des principes fondamentaux de la pédagogie qui est celui de la prise en compte du rythme de développement et d’acquisition de chaque enfant. Ce que Rousseau exprime ainsi : « Laissez mûrir l’enfance dans les enfants. » (« Emile »).

Et il ignore manifestement qu’il ne peut y avoir, en pédagogie de « par rapport aux prévisions qui ont été faites ». L’un des maux, précisément, dont souffre l’institution et dont elle ne parvient pas à se défaire est celui des échéances, cette véritable aberration qui considère que tous les enfants doivent avoir acquis les mêmes connaissances au même moment.

Mais monsieur Chatel va plus loin car usant des mots en vigueur dans le monde de la production, il réduit les enfants en produits, objets, choses, « utilités », au mépris de l’impératif kantien.

Des enfants sous la mitraille utilitariste

Je ne dis rien ici des primes distribuées pour « valoriser l’engagement personnel des acteurs de l’Education nationale » tant on sait bien la valeur mercantile de ce verbe, valoriser, dans le discours gouvernemental. Un mot tout de même sur cette ignominie qui sanctionne les parents d’enfants absentéistes... mais les mots manquent pour dire la bêtise, la bêtise satisfaite d’elle-même, d’une telle mesure. Autant de meurtrissures.

Et un mot encore d’une nouvelle intervention du ministre, lundi matin, annonçant la réintroduction du calcul mental après avoir été faire un tour en Asie pour y contempler un système éducatif où des enfants avancent au pas cadencé sous la mitraille utilitariste. Puis, assénant avec la même satisfaction béate que « dans n’importe quelle organisation humaine, on se fixe des objectifs et on évalue ».

Ces mots qui prouvent simplement que monsieur Chatel, ministre de l’Education nationale, ne sait toujours pas que l’école n’est pas n’importe quelle organisation humaine : elle est la seule peuplée d’enfants.

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  • Dadourunrun-
    Dadourunrun-
    mange son bao ze
    • Posté à 12h28 le 02/02/2011
    • Internaute 124435
      mange son bao ze

    Non à l’aprentissage utilitariste !

    vivement que les gosses apprennent à manger des légumes vert, à mettre des capotes et à lutter contre le racisme...

    Le reste c’est l’horreur néolibérale....

    • EdkOb
      EdkOb répond à Dadourunrun-
      la France d'après...
      • Posté à 12h49 le 02/02/2011
      • Internaute 85736
        la France d'après...
    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Dadourunrun-
      In enculo cum vibro
      • Posté à 15h16 le 02/02/2011
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Utilitariste, utilitariste...

      On se demande à qui c’est utile d’inciter les chefs d’établissements à mentir sur leurs résultats pour une poignée de dollars...

    • lancetre
      lancetre répond à Dadourunrun-
      • Posté à 22h05 le 02/02/2011
      • Internaute 18658

      « Je ne peux croire à un tel degré de cynisme ».

      Nestor, vous êtes un enfant !

      Le ministricule était chef de produit chez L’ Oréal.

      Il continue de faire ce qu’il a fait toute sa vie.

      Concurrence, compétition, motivation, écraser l’autre, lui passer devant, lui piétiner la gueule, le réduire en bouillie.

      La carotte et le bâton.

  • zaq
    zaq
    technicien agro
    • Posté à 12h30 le 02/02/2011
    • Internaute 117627
      technicien agro

    bof !

    Le budget 2010 du ministère de l’Éducation nationale est de 60,8 milliards d’euros. Il augmente de 1,56 % par rapport à 2009.

    Les principaux postes budgétaires sont :

    * l’enseignement scolaire public du premier degré : 17,6 milliards
    * la vie de l’élève : 3,8 milliards
    * l’enseignement scolaire public du second degré : 29 milliards
    * l’enseignement privé : 7 milliards

    • karlM
      karlM répond à zaq
      Précaire
      • Posté à 13h24 le 02/02/2011
      • Internaute 21378
        Précaire

      En 1995, la France dépensait pour l’Education Nationale 7,6 % du PIB.En 2000, la France dépensait pour l’Education Nationale 7,3 % du PIB.En 2004, la France dépensait pour l’Education Nationale 7 % du PIB. En 2005, la France dépensait pour l’Education Nationale 6,8 % du PIB. En 2007, la France dépensait pour l’Education Nationale 6,7 % du PIB.En 2008, la France dépensait pour l’Education Nationale 6,6 % du PIB.

      et quand ce connard de ministre annonce la relance des sciences et qu’il remplit des classes d’expérimentation de 30 élèves ! ! !

      et que les recteurs touchent en prime de Noêl 22000€ soit le salaire annuel d’un prof.
      et que les dirlo gestionnaire ignare des fondamentaux éducatifs soient primés, c’est le sommet du néolibéralisme tendance stalinien.

      et salaires bloqués pour ceux qui sont aux contacts du terrain...
      et personne ne bouge

      • Jean_Karl
        Jean_Karl répond à karlM
        Rasta-quouère désabusé
        • Posté à 13h26 le 02/02/2011
        • Internaute 130805
          Rasta-quouère désabusé

        « le sommet du néolibéralisme tendance stalinien »
        Absolument parfait !
        Heuresement qu’il y a encore des gens qui ont de l’humour !

      • yabon
        yabon répond à karlM
        Klingon
        • Posté à 14h01 le 02/02/2011
        • Internaute 98602
          Klingon

        « et que les recteurs touchent en prime de Noêl 22000€ soit le salaire annuel d’un prof. »

        Cette prime à la casse est profondément dégradante, en effet. Ce gouvernement traite ses fonctionnaires comme des agents de commerce.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à zaq
      In enculo cum vibro
      • Posté à 15h22 le 02/02/2011
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Et oui, il y a 10,8 milliards qui sont gaspillés.

  • Danielle29
    Danielle29
    Soutien à amonhumbleavis
    • Posté à 12h45 le 02/02/2011
    • Internaute 30791
      Soutien à amonhumbleavis

    Derrière les mots de l’utilitarisme appliqué aux êtres humains, enfants ou adultes, se profile la pulsion de mort.
    Tenter de tout contrôler, planifier, programmer de la vie humaine tue la vie.

    Merci Nestor pour cet excellent article.

  • EdkOb
    EdkOb
    la France d'après...
    • Posté à 12h44 le 02/02/2011
    • Internaute 85736
      la France d'après...

    Il me semble que ce personnage, arrivé à l’EN, vient du marketing de chez l’Oréal.

    Entreprise hautement néfaste, qui a fait la fortune de certains de ses chefs, en jouant sur tout ce que l’humain comporte de futile et d’immature : préserver son apparence.

    Qu’y a t’il de plus éloigné de l’Ecole que la production (avec de la main d’œuvre à très bas couts) de « produits de beauté » ?

    Le combat entre le respect de la pensée autonome des enfants et l’extrême vulgarité de l’apparence devient de plus en plus inégal.

    Merci pour cette chronique des dégâts de la vague utilitariste qui s’attaque à l’École, donc aux enfants.

    • yabon
      yabon répond à EdkOb
      Klingon
      • Posté à 14h02 le 02/02/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      « Il me semble que ce personnage, arrivé à l’EN, vient du marketing de chez l’Oréal. »

      Oui, y’en n’a pas un pour relever l’autre.

      • EdkOb
        EdkOb répond à yabon
        la France d'après...
        • Posté à 22h07 le 02/02/2011
        • Internaute 85736
          la France d'après...

        En tous les cas, ce Chatel permanenté porte beau (sic) et cause bien la langue de l’inutile et du futile.

        Encore un à tondre (doucement, hein, avec des produits de cosmétiques, je ne suis pas pour des actes de violences gratuites), sans oublier le goudron et les plumes.

      • peak-of-the-mirandole
        peak-of-the-mirandole répond à yabon
        L'Humain d'abord !
        • Posté à 11h11 le 03/02/2011
        • Internaute 55862
          L'Humain d'abord !

        Oui, effectivement, il était cadre chez l’Oréal, une firme bien connue pour son profond respect des animaux... on peut supposer que ça ne le gênera pas de traiter les enfants comme les chats de laboratoire.
        Précisons tout de même que Châtel est fils d’enseignant : ses parents tenaient une école... de danse.
        À quand un bac « Tango » et un bac « Charleston » ?

      • peak-of-the-mirandole
        peak-of-the-mirandole répond à yabon
        L'Humain d'abord !
        • Posté à 11h12 le 03/02/2011
        • Internaute 55862
          L'Humain d'abord !

        On pourra danser devant le buffet...

      • peak-of-the-mirandole
        peak-of-the-mirandole répond à yabon
        L'Humain d'abord !
        • Posté à 11h17 le 03/02/2011
        • Internaute 55862
          L'Humain d'abord !

        Et voudrait-il que les enseignants disent des choses bêtes en cours ?

  • A déménagé le 3 mai
    • Posté à 12h48 le 02/02/2011
    • Internaute 112096
      écriveuse

    C’est dans la logique des choses...
    Lien

    Je n’adhère aucunement, bien sûr !

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 13h04 le 02/02/2011
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
  • Wayang
    Wayang
    Aux antipodes (les deux pieds)
    • Posté à 13h19 le 02/02/2011
    • Internaute 116380
      Aux antipodes (les deux pieds)

    Je crains que notre ministre, tout comme nos dirigeants et probablement aussi une bonne partie des politiques de tout bord, aient tout bonnement oublié l’acte de penser. J’entends par là ce positionnement qui permet de discuter l’intuition qui arrive, même si ici il s’agit probablement davantage d’un rapport que d’intuition.
    Comment alors désirer que l’école forment à ce qui est oublié ?
    Comment désirer pour les enfants cette relation au temps qu’ils ont eux même perdus et qui est indispensable à la construction des idées. Ils sont tous si pressés.

    Alors voilà, merci pour cet article

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 13h34 le 02/02/2011
    • Internaute 73621
      (...)

    L’éducation n’est pas une marchandise.
    L’école n’est pas une entreprise

    vu ?

    Les proviseurs, principaux et directeurs qui acceptent de faire tourner ce système sont des collaborateurs pour la Grande Régression.

    Même à Cuba, on voit pas ça
    hein, dis
    Nestor ?

    • A déménagé le 3 mai
      A déménagé le 3 mai répond à leo s
      écriveuse
      • Posté à 17h20 le 02/02/2011
      • Internaute 112096
        écriveuse

      L’OMC ne voit pas ça du même oeil... Il y a ce qu’on souhaiterait et ce qui est... Mais nous élisons les gens qui décident et nous n’avons que peu d’impact sur leur programme. Pour ce faire il faudrait instituer une consultation populaire permanente.

      • leo s
        leo s répond à A déménagé le 3 mai
        (...)
        • Posté à 19h32 le 02/02/2011
        • Internaute 73621
          (...)

        il faudrait instituer une consultation populaire permanente. »

        en attendant , dans 7 semaines il y a une belle étape pour dire « Dégage » à la sarkoclique
        mieux qu’une sandale au visage
        un bon bulletin front de gauche

        après construisons la république citoyenne
        (voir site pg)
        vive la démocratie délibérative (Habermas)

  • philippe georgin
    philippe georgin
    beaucoup bossé
    • Posté à 13h37 le 02/02/2011
    • Internaute 140843
      beaucoup bossé

    Bravo pour cet article,ce gourvernement sent de plus en plus mauvais.Tous ces fonctionnaires de haut rang percevront des primes pour mettre à mal le service public.Les criteres d’optention seront sans doute relatif à la suppresssion de classes.L’école ne doit pas servir à apprendre aux enfants à entrer dans ce déplorable état d’esprit à la performance si cher aux nouveaux liberos

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 13h37 le 02/02/2011
    • Internaute 73621
      (...)

    Au moment même où
    les suppressions de postes sont massives dans le public,
    l’enseignement catholique s’est vu, lui,
    offrir par le parlement une rallonge budgétaire de 4 millions d’€ prise sur les crédits initialement alloués au public (correspondant à environ 250 postes)

    Ils le méritent bien.

    • yabon
      yabon répond à leo s
      Klingon
      • Posté à 14h11 le 02/02/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »

      (Encore affligeante) Allocution de M. le Président de la République (toujours pas en fuite) dans la salle de la signature du Palais de Latran, Rome, le jeudi 20 décembre 2007.

      Amen

  • michesive
    michesive
    retraité
    • Posté à 14h45 le 02/02/2011
    • Internaute 142303
      retraité

    Je pense qu’il vaudrait mieux installer des primes au rétablissement du mérite de l’école, qu’à la déprime des commandés !

  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 14h59 le 02/02/2011
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    Le jour viendra ou leur mépris se paiera... Ca sera pas beau à voir mais tellement justifié...

  • CG13
    CG13
    http://www.youtube.com/user/ (...)
    • Posté à 15h00 le 02/02/2011
    • Internaute 33443
      http://www.youtube.com/user/ (...)

    Un passé récent montra qu’un ministre de l’Education nationale n’avait pas le niveau qu’il exigeait d’un élève de CM2, déplorant par ailleurs qu’il ne l’eût pas.

    Qu’il prétende « avoir mal compris » la question dans sa spécialité (lettres) ou reconnu n’y rien comprendre (calcul élémentaire, pas même mathématiques) montre bien le niveau de qualification disqualifiant des dirigeants successifs auxquels le pouvoir confie de façon continue ce ministère pourtant crucial.

    Quant au fait de reconnaître les diplômes-Vatican, merci monsieur Sarkozy !

    On connut jadis le garagiste de Loudun, voici venu le temps des perruquiers.
    Le premier qui dit « C’est parce que vous le valez bien ! “, je l’emplâtre !

  • iFFLYG
    • Posté à 15h25 le 02/02/2011
    • Internaute 30165

    Qu’attendre d’un ancien responsable de l’Oréal ? Et ce n’est pas nouveau. Il y a quelques temps déjà, l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) s’était piqué de créer un élevage de soit-disant futurs Nobel en créant une école de l’Inserm qui est devenue depuis 2007 « Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt “

    • kestendis
      kestendis répond à iFFLYG
      utopiste patentée
      • Posté à 17h21 le 02/02/2011
      • Internaute 48835
        utopiste patentée

      ça s’passe comme ça chez l’oréal : à Genève, un informaticien(de ma famille proche) était chargé de contrôler le rendement des employés(en suisse on ne les appelle pas « employés » mais collaborateurs), et il devait lui-même envoyer des avertissements à celui ou celle qui était en dessous de la barre fixée par l’ordinateur. il est parti avant de faire une dépression nerveuse !

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 15h27 le 02/02/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Et alors ?

    C’est quand que les profs foutent les proviseurs et les CPE hors des établissements ?

    Jusqu’où vont-ils collaborer à la hitlerjungendisation de l’instruction publique ?

  • elebeau
    elebeau
    enseignant
    • Posté à 20h25 le 02/02/2011
    • Expert 72516
      enseignant

    Il est vrai aussi que beaucoup d’enseignants peuvent légitimement avoir peur de tels principes, vu leur efficacité dans le travail...
    Ceci étant dit, c’est bien au fait qu’il pense qu’on améliore l’efficacité d’une usine en améliorant la paie des contremaîtres qu’on reconnaît un gouvernement de droite réactionnaire......

  • peak-of-the-mirandole
    peak-of-the-mirandole
    L'Humain d'abord !
    • Posté à 11h05 le 03/02/2011
    • Internaute 55862
      L'Humain d'abord !

    Ce n’est pas une nouveauté : l’argent est au centre du système éducatif.
    Les enfants, la pédagogie, le bien être, tout cela n’a guère d’intérêt aux yeux des ministres Chatel, Darcos et compagnie : tout ce qui compte c’est de faire en sorte que le budget de l’éducation soit aussi réduit que possible puisque la rentabilité de l’éducation nationale ne se mesure pas sur des périodes comparables avec les brèves échéances électorales.
    Alors ces gens gèrent l’Éducation Nationale comme une entreprise, et comme une entreprise qui ne (leur) rapporte rien. L’idéal pour eux serait donc qu’elle ne leur coutât rien (mais ce serait quand même trop demander).
    Alors on invente toutes sortes de mesures de réductions budgétaires, qu’on maquille en innovations, on met en place des plans sécuritaires (CLAIR) pour remplacer l’Éducation Prioritaire, et on mégote, partout on mégote.
    Le « programme » CLAIR est appelé à remplacer, à un coût très avantageux, les divers dispositifs d’éducation prioritaire. Ceux ci ne représentent pourtant que 0,5% du budget de l’éducation nationale, mais c’est encore trop pour Chatel.
    On nous raconte que CLAIR est une expérimentation destinée à être étendue si elle est concluante, mais le ministre a déjà annoncé la généralisation du dispositif alors que les établissements qui en font aujourd’hui partie n’ont même pas encore tous remis leur projet d’établissement dans le cadre de CLAIR, et évidemment l’ont encore moins mis en application. Mais à part ça, l’expérimentation est jugée concluante, puisque le dispositif va être étendu.

  • pilousyloe
    pilousyloe
    moniteur educateur
    • Posté à 12h53 le 03/02/2011
    • Internaute 93188
      moniteur educateur

    Une politique qui veut faire des économies sur l’éducation, qui veut qu’elle soit rentable. Après l’hôpital : l’école.
    Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe.
    Le culte de la performance ! ! !
    Mais que dire du suicide des jeunes (2ème cause de décès) dont personne ne parle jamais.

  • very
    very
    enseignant
    • Posté à 10h54 le 06/02/2011
    • Expert 134079
      enseignant

    Pas besoin d’être fort en calcul mental pour voir que les enseignants sont sous payés et qu’il serait très simple d’aligner leur rémunération sur celle du privé

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