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Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Le corps spectaculaire de Jean-Claude Milner

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 09/02/2011 à 13h34

Je n’ai jamais très bien compris Jean-Claude Milner. Et quand j’ai cru le comprendre (il ne s’agissait pas alors de linguistique mais d’éducation), son propos me révulsait. Cela tient sans doute à nos jeunesses respectives, la sienne baignant dans le courant du « socialisme autoritaire », la mienne dans celle du « socialisme libertaire ».

Un propos révulsant

Son livre, « De l’école », le fit connaître des enseignants en 1984 et le consacra comme chef des pourfendeurs de la pédagogie et des pédagogues. Son propos me révulsa. Moins cependant que celui tenu bien des années plus tard au micro de « Répliques », le 13 janvier 2007, sur France Culture :

« J’ai ma thèse sur ce que veut dire “héritiers” chez Bourdieu : les héritiers c’est les juifs ! »

Puis devant l’effarement de Catherine Clément présente à l’émission et celui non moindre de A. Finkielkraut, J.-. Milner insiste : « Je crois que c’est un livre antisémite. »

Je décidai alors de ne plus jamais rien lire de cet homme, à moins qu’il convienne de dire : de ce « corps parlant ».

Car, en effet, la curiosité l’emportant sur d’antiques préventions, je viens de lire l’entretien que notre érudit (et ce n’est pas ici un persiflage, Milner est en effet un érudit : comme d’autres sont homme ou femme de ménage, maçon ou ferrailleur, agriculteur ou... enseignant) vient d’accorder à Josiane Savigneau (Le Monde, 5 février 2001) à l’occasion de la sortie de son nouveau livre, « Pour une politique des êtres parlants » (Verdier).

Et je ne comprends toujours pas... ou si peu. Exemple : « L’acte politique, ramené à son minimum essentiel, ce sont des corps parlants. » Qu’est-ce que ça signifie ? Pourquoi des corps ?

Car, s’adressant à une multitude de lecteurs, ne convient-il pas d’expliciter le concept avancé (si concept il y a) non par souci de pédagogie mais par simple respect pour ce lecteur qui n’a nulle raison d’être linguiste mais qui, pour autant, n’en est pas moins autorisé à parler de politique puisque Milner y autorise disant : « Quand la politique se parle, c’est très beau » (l’avantage du lecteur sur l’auditeur c’est qu’il peut relire pour tenter de comprendre).

Sinon, c’est-à-dire sans cet effort de prise en considération de l’autre (c’est cela la pédagogie au fond), l’érudit se situe lui-même au cœur de cette oligarchie à propos de laquelle Milner exprime son désaccord avec Rancière. Et il participe ainsi à ce pouvoir qui maintient sa domination sur la multitude laquelle ne se constitue en peuple qu’en de plus ou moins brefs instants, comme le souligne Milner, que l’on peut me semble-t-il qualifier de révolutionnaires.

Confortables abstractions

Mais alors, ce ne sont pas des corps, fussent-ils « parlants » qui « se déplacent... etc. » Mais des êtres humains, « cuerpo y alma » comme on dit en Castille, ce que semble suggérer d’ailleurs le titre du livre que je ne lirai pas : « Pour une politique des êtres parlants » (et non des corps). Ce qui n’est pas indifférent et pourrait nous permettre de nous extraire des confortables abstractions, permissivité, liberté, droit, dans lesquelles se prélasse l’auteur.

Permissivité pour qui ? Liberté de qui ? Car il n’en va pas de même, en ces questions, du professeur philosophe et de cet être qui, quoi que diplômé, n’en est pas moins chômeur, ou de celui que l’on dit de nos jours « travailleur pauvre », ou de celle-ci qui n’a pas de « papiers » et va comme elle peut se cachant des représentants de l’Etat de droit. Ce qui ne fait qu’ajouter à ma perplexité.

Seulement, parvenus à un tel point de confusion on chute évidemment dans cet idéalisme auquel Milner oppose son matérialisme par l’abrupte question dont nul ne niera la pertinence : « Qu’en est-il de nos corps ? » Mais quel corps ? , me dis-je : corps parlants, muets, sans âme ou « cuerpo y alma » ?

Le spectacle milnérien

A moins que tout cela ne relève du spectacle. Spectacle à propos duquel Debord se trompe moins que ne l’affirme Milner lui qui invoque Chateaubriand et le « théâtre de salon » pour infirmer « la société du spectacle » debordienne.

C’est demeurer une fois de plus dans la confortable abstraction que cela. Car le « théâtre de salon » n’était pas vu par la multitude et en cela il n’était qu’à peine spectacle alors que le capitalisme technologique donne à voir quotidiennement son spectacle à cette multitude qui en capte quelques simulacres.

C’est cela la société du spectacle, celle où les acteurs se posent à l’avant-scène pour se donner à voir comme se donne à voir J.-C. Milner quand il consent que soit mis en scène dans une page du « Monde » le portrait de son « corps parlant ».

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  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
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    • Posté à 19h19 le 09/02/2011
    • Internaute 22643
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    Merci pour cette analyse. C’est drôle je vous rejoins aussi sur ma répugnance à lire cet auteur, que je connais surtout pour l’avoir entendu dans de nombreuses émissions sur France Culture, et aussi à travers le livre de Rancière (La Haine de la démocratie, je suppose ? : ce serait peut-être utile de le préciser).

    Il m’apparaît comme l’une des principales figures d’une sorte de néo-conservatisme à la française : même dérive d’une certaine extrême gauche se disant « l’avant-garde » (trotskisme, maoïsme) à des positions de plus en plus conservatrices, voire carrément réactionnaires. Il faut entendre avec quelle gourmandise, quelle complaisance, on (lui-même) présente son parcours de maoïste lacanien de l’ENS ! Il m’apparaît aussi comme l’un des principaux artisans d’une doctrine de la haine du peuple, sur lequel on fait porter toute la responsabilité des catastrophes du XXe siècle, servant à justifier l’élitisme « républicain » (anti-démocratique) ambiant en France et en Europe, y compris chez les sociaux-démocrates.

  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
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    • Posté à 19h37 le 09/02/2011
    • Internaute 22643
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    Ah oui, j’oubliais ! C’est aussi par son élitisme, que Milner participe de la société du spectacle au sens de Debord, car le principe en est avant tout : la séparation.

  • einna
    • Posté à 21h06 le 09/02/2011
    • Internaute 6227

    A votre question, pourquoi des corps et qui plus est des corps parlants, il faudrait sans doute une réponse reprenant point à point des éléments philosophiques linguistiques et psychanalytiques. Je n’ai pas lu Milner et pourtant cette notion de corps parlants me semble assez expressive.

    chacun de nous est la conjonction du pur réel, d’un corps et d’un discours. C’est le discours qui vient donner à notre être de chair, substance et consistance. La parole nous humanise, inscrit notre réel dans le symbolique et le lien à l’autre.

    L’acte politique c’est quand a minima, l’incarnation d’une position subjective, d’une place de « un » qui prend position adhérant ou non au discours sociétal, agissant ou non pour ou contre le groupe, son discours, ses actes. Paradoxalement, l’acte politique peut être le silence mais même ce silence est incarné marquant l’approbation ou l’indignation, l’outrage...

    Alors adjoindre acte politique corps et parole n’est pas aussi abscons qu’il le paraît. Notre premier acte de sujet étant sans doute de s’inscrire dans le discours et ce faisant d’intégrer le groupe social et si celà n’est pas politique au sens premier du mot....

  • Racine
    • Posté à 22h16 le 09/02/2011
    • Internaute 27368

    Tout ça pour dire que vous ne comprenez rien à Milner !
    Pourquoi éprouver le besoin de donner votre avis alors que vous n’y comprenez rien, comme vous le dîtes et le montrez parfaitement. Vous n’avez rien compris.
    ça commence curieusement de travers.

    Mais pourquoi, n’ayant rien compris à une pensée -ce dont vous paraissez tirer une certaine fièrté ? ? ? - vous lancez-vous dans l’exercice périlleux de donner un avis sur celle-ci ? Et comment pouvez-vous vous permettre de juger ce que vous ne comprenez pas et dîtes ne pas comprendre ?
    N’ayant rien compris, vous serez excusé de juger de travers. Excuse de la témérité inconsciente qu’on reconnaît à l’innocent.
    Mais selon la plus simple logique comment peut-on avoir la prétention de juger sans comprendre et qu’est-ce qui vous autorise à affirmer que sa pensée, que vous ne comprenez pas est ceci ou cela ? ? ?

    Pour le coup c’est moi qui ne vous comprends pas.
    Votre logique me laisse perplexe.

    Alors laissez-moi vous expliquer deux choses extrêmement simples.

    1) Vous ne comprenez pas que les êtres humains ont un corps ( !) Il n’y a pas de proposition plus simple pourtant. Nous sommes des vivants (zoon en grec) doués de parole (logos en grec ) : définition classique s’il en est de l’être humain depuis les Grecs.
    Aristote, Platon qui eut l’audace de dire l’homme, tout homme, càd. le genre humain, proposition universelle, esclaves et étrangers compris : tout homme est doué de logos.
    Des corps, des êtres vivants doués de parole, telle est la définition on ne peut plus classique et facile à comprendre du vivant humain, qui se distingue des autres vivants (animaux) par la parole.

    Un corps doué de parole et de pensée , ce que vous appelez corps et âme dans votre vocabulaire, ce qui revient à peu près au même, si ce n’est que Milner insiste sur le fait d’être doué de parole car c’est le langage qui différencie l’animal de l’humain.

    Et c’est précisément parce qu’il est doué de parole qu’il est un zoon politikon : vivant politique (Aristote). Par le logos ce vivant singulier distingue le juste de l’injuste, le bien du mal, et c’est pourquoi il nomme ce qui est (le logos dit l’être : thème aussi vieux que Parménide soit plus de 2600 ans avant nous). Et on trouve du reste la même idée dans la Bible : Adam nomme les animaux, les plantes, et les choses. Dieu a laissé à l’homme (Adam) le soin de nommer. Encore bien plus ancien que les Grecs par conséquent : le propre de l’être humain est de nommer, car il parle . Mais aux deux sources de notre civilisation, Athènes et Jérusalem, du côté de la philosophie comme du côté du monothéisme biblique, se trouve la même idée. L’homme est un animal parlant, ce par quoi il se distingue des animaux ses semblables.

    Donc Aristote nomme zoon politikon l’animal doué de logos, qui a le pouvoir de nommer et de faire les lois -de ce fait- , parce que, étant capable de distinguer le juste et l’injuste, il les nomme et c’est pourquoi il a la capacité politique, il est le citoyen qui a la capacité de juger.

    Tout cela n’est pas si difficile à comprendre. Et est tout simplement hyper-classique.

    Et pourquoi Milner insiste-t-il sur la parole et la capacité de parler du citoyen -plutôt que de reprendre la définition chrétienne de l’humain corps et âme joints ?

    Milner retient la définition grecque, donnée par la philosophie, car il s’agit de politique dans son propos et la politique est invention grecque.

    La définition chrétienne n’est nécessaire que pour la théologie, pas pour la politique.

    Donc on parle du vivant politique parce que doué de parole (jusque là, ça va ?)

    Pourquoi Milner insiste-t-il sur la parole, et pourquoi appele-t-il « corps parlants » ceux qu’Aristote nommait « vivants politiques » (ce sont de parfaits synonymes, je vous rassure) ? Parce que la politique consiste en la découverte de ce que la domination et l’imposition de la force passe par le langage et n’a pas nécessairement besoin du recours aux armes et de la force visible, physique. Par le langage la force s’impose, invisible, soit la domination d’êtres parlants sur d’autres êtres parlants. Telle est la paradoxale invention politique, ou le paradoxe de l’invention de la démocratie : il est possible de dominer par la parole. La parole est le moyen par excellence de la domination, car elle permet de faire l’économie de la force physique en acte.

    D’où son interrogation de la démocratie qui part de ce point.

    Honnêtement, est-ce si difficile à comprendre que la politique passe par la parole et qu’avec la démocratie elle substitue la parole aux armes, jusqu’à comprendre et utiliser la magie du verbe ? Et qu’à l’abri de la parole -démocratie- s’instaurent des rapports de domination, jusqu’à la démagogie où l’on voit que la démocratie peut devenir persécutrice, si elle enfourche le cheval de bataille du discours persécuteur, de la haine de l’autre, et du fantasme de la race, de la pureté de la race et de la disparition de l’autre rejetté hors de l’humanité, toutes ces horreurs jusqu’à l’extermination des juifs d’Europe, et la persécution de groupes entiers, toutes ces horreurs qu’ont connues les démocraties avec les fascismes et le nazisme au XX° siècle, qui sont nés au coeur des démocraties qui, elles, n’ont pas su/pu/voulu l’empêcher s’y sont laissées entraîner ?

    Enfin sur le spectacle, vous faîtes un contre-sens total. Milner dénonce la société démocratique comme spectacle, comme théâtre, où le peuple privé de pouvoir (contrairement à ce que veut dire le mot démocratie : pouvoir du peuple) assiste en spectateur à la scène politique. Milner dénonce la tromperie en forme de mise en scène en quoi consite la démocratie qui use de la promesse de donner le pouvoir au peuple, et de faire du peuple le souverain, pour lui confisquer ce pouvoir et le réduire à l’état de spectateur impuissant donc privé de sa capacité politique d’être parlant et de citoyen.

    Sauf dans les moments révolutionnaires où, libérés du pouvoir de domination, les gens se parlent, comme en Egypte aujourd’hui, comme en mai 68.

    Et le citoyen, le peuple, privés de tout pouvoir, réduits à être spectateurs au spectacle de la politique : thèse de Milner, si c’est pas parlant avec Sarkozy-Berlusconi-roi des Belges-présidents en Pologne, en Hongrie et alli et avec la manière dont fonctionnent les institutions européennes, les élections, les partis, et l’embarras de tous ces grands responsables européens, représentants des démocraties européennes et partisans de la démocratie, muets et gênés devant les révolutions arabes , si c’est pas parlant et si c’est pas l’illustration de la thèse de Milner, je ne sais pas ce qu’il vous faut ! Ou vous n’avez rien compris.

    Mais c’est vrai que vous n’avez rien compris, j’avais oublié.

    Je vous le confirme, en effet, vous n’avez rien compris. Vous voilà confirmé et content.

    Quoi qu’il en soit, une incompréhension, fondée sur l’antipathie manifeste que vous inspire cet auteur, plus un contre-sens monumental, ne fondent pas une critique pertinente.

    • A déménagé le 9-4-2012
      A déménagé le 9-4-2012 répond à Racine
      Explore l'indéterminé
      • Posté à 16h28 le 10/02/2011
      • Internaute 22643
        Explore l'indéterminé

      C’est drôle, je craignais d’être trop naïf moi aussi à vos yeux en vous demandant comment vous faites pour décider de ce que vous ne lirez pas... Et voilà que je tombe sur votre message : 18H36 | 15/11/2010 à Shix... N’est-ce pas un peu contradictoire ?

      • Racine
        • Posté à 21h56 le 10/02/2011
        • Internaute 27368

        Vous faîtes allusion à Raphaël Sorin se moquant sur son blog d’Onfray qui ne supporte pas que la comédienne Mathilda May lui dise à la télévision qu’elle n’a pas envie de lire son brulôt contre Freud. Onfray se fâche comme s’il était obligatoire de le lire.

        Comique.
        Je l’ai cité car c’est assez révélateur de la personnalité d’Onfray.

        Mais si vous ne voyez pas la différence entre le fait d’exprimer son manque d’envie de lire un livre ce qui n’est en effet pas obligatoire quand on n’a pas à en faire un compte-rendu, et le fait de dire ne rien comprendre à un livre que l’on prétend néanmoins critiquer, c’est grave.

        Et vous montrez qu’il y a beaucoup de choses que vous ne comprenez pas.

         
        • A déménagé le 9-4-2012
          A déménagé le 9-4-2012 répond à Racine
          Explore l'indéterminé
          • Posté à 22h00 le 10/02/2011
          • Internaute 22643
            Explore l'indéterminé

          Qu’importe. Pauvres être finis, nous ne pouvons pas tout comprendre. Bien à vous.

          • Nestor Romero
            Nestor Romero répond à A déménagé le 9-4-2012
            Ancien enseignant
            • Posté à 19h09 le 11/02/2011
            • Expert 5556
              Ancien enseignant

            Bonsoir,

            Oui, c’est ainsi, il est des savants tellement savants qu’ils parviennent à lire, dans un texte, même ce qui n’y figure pas, mais dont ils sont persuadés que c’est pourtant bien cela la « vérité du texte ».
            Il se trouve que je dis deux ou trois choses concernant l’article du « Monde » et non le livre que je ne lirai pas (en revanche j’ai lu celui d’Onfray, c’est curieux non ?). A quoi peut donc bien servir cet entretien sinon à éclairer le lecteur « de base » (comme disait Milner quand il était jeune) ? A vendre le livre peut-être, d’où les belles photos ?
            De sorte que nous voici plongés non seulement dans la société du spectacle mais aussi dans celle de la marchandisation. Ce qui est tout un, il est vrai.
            Bien cordialement.
            N.

            • A déménagé le 9-4-2012
              A déménagé le 9-4-2012 répond à Nestor Romero
              Explore l'indéterminé
              • Posté à 19h59 le 11/02/2011
              • Internaute 22643
                Explore l'indéterminé

              Comme je le disais plus haut, j’ai beaucoup écouté JC Milner s’exprimer dans les meilleures conditions pour introduire à sa pensée, dont je ne nie en aucun cas les qualités « techniques ». Cela dit, malgré une réelle répugnance, je suis curieux de lire, par exemple, Les penchants criminels de la démocratie. Mais, comme pour le cinéma, l’abondance de livres (je parle seulement des bons) nous oblige à faire des choix plus ou moins motivés. Et pourquoi ne pas en faire part afin que ceux qui les ont lus nous en parlent ?

            • Racine
              Racine répond à Nestor Romero
              • Posté à 03h01 le 12/02/2011
              • Internaute 27368

              Encore mieux, vous n’avez pas lu le livre et vous prétendez en faire une critique !

              Quelle rigueur !

              Vous vous vantez en somme
              de ne rien comprendre
              de ne pas lire ce que vous critiquez
              d’être un ancien enseignant
              et pourtant de détester ceux qui comprennent ce que vous ne comprenez pas
              ou savent quelque chose que vous ignorez
              de détester les savants (un tout petit peu plus savants que vous)
              et ceux qui vous expliquent que vous faîtes une erreur et un contre-sens
              de détester ceux qui attachent de l’importance à la lecture

              C’est tout ?

              Bizarre pour un ancien enseignant.

              Sans rancune.

        4 autres commentaires
  • Racine
    • Posté à 22h18 le 09/02/2011
    • Internaute 27368

    j’ai oublié de noter le 2)

    il se trouve là

    2) Enfin sur le spectacle, vous faîtes un contre-sens total.

    avec mes excuses

  • Racine
    • Posté à 21h49 le 10/02/2011
    • Internaute 27368

    Tout ça pour dire que vous ne comprenez rien à Milner !
    Pourquoi éprouver le besoin de donner votre avis alors que vous n’y comprenez rien, comme vous le dîtes et le montrez parfaitement. Vous n’avez rien compris.
    ça commence curieusement de travers.

    Mais pourquoi, n’ayant rien compris à une pensée -ce dont vous paraissez tirer une certaine fièrté ? ? ? - vous lancez-vous dans l’exercice périlleux de donner un avis sur celle-ci ? Et comment pouvez-vous vous permettre de juger ce que vous ne comprenez pas et dîtes ne pas comprendre ?
    N’ayant rien compris, vous serez excusé de juger de travers. Excuse de la témérité inconsciente qu’on reconnaît à l’innocent.
    Mais selon la plus simple logique comment peut-on avoir la prétention de juger sans comprendre et qu’est-ce qui vous autorise à affirmer que sa pensée, que vous ne comprenez pas est ceci ou cela ? ? ?

    Pour le coup c’est moi qui ne vous comprends pas.
    Votre logique me laisse perplexe.

    Alors laissez-moi vous expliquer deux choses extrêmement simples.

    1) Vous ne comprenez pas que les êtres humains ont un corps ( !) Il n’y a pas de proposition plus simple pourtant. Nous sommes des vivants (zoon en grec) doués de parole (logos en grec ) : définition classique s’il en est de l’être humain depuis les Grecs.
    Aristote, Platon qui eut l’audace de dire l’homme, tout homme, càd. le genre humain, proposition universelle, esclaves et étrangers compris : tout homme est doué de logos.
    Des corps, des êtres vivants doués de parole, telle est la définition on ne peut plus classique et facile à comprendre du vivant humain, qui se distingue des autres vivants (animaux) par la parole.

    Un corps doué de parole et de pensée , ce que vous appelez corps et âme dans votre vocabulaire, ce qui revient à peu près au même, si ce n’est que Milner insiste sur le fait d’être doué de parole car c’est le langage qui différencie l’animal de l’humain.

    Et c’est précisément parce qu’il est doué de parole qu’il est un zoon politikon : vivant politique (Aristote). Par le logos ce vivant singulier distingue le juste de l’injuste, le bien du mal, et c’est pourquoi il nomme ce qui est (le logos dit l’être : thème aussi vieux que Parménide soit plus de 2600 ans avant nous). Et on trouve du reste la même idée dans la Bible : Adam nomme les animaux, les plantes, et les choses. Dieu a laissé à l’homme (Adam) le soin de nommer. Encore bien plus ancien que les Grecs par conséquent : le propre de l’être humain est de nommer, car il parle . Mais aux deux sources de notre civilisation, Athènes et Jérusalem, du côté de la philosophie comme du côté du monothéisme biblique, se trouve la même idée. L’homme est un animal parlant, ce par quoi il se distingue des animaux ses semblables.

    Donc Aristote nomme zoon politikon l’animal doué de logos, qui a le pouvoir de nommer et de faire les lois -de ce fait- , parce que, étant capable de distinguer le juste et l’injuste, il les nomme et c’est pourquoi il a la capacité politique, il est le citoyen qui a la capacité de juger.

    Tout cela n’est pas si difficile à comprendre. Et est tout simplement hyper-classique.

    Et pourquoi Milner insiste-t-il sur la parole et la capacité de parler du citoyen -plutôt que de reprendre la définition chrétienne de l’humain corps et âme joints ?

    Milner retient la définition grecque, donnée par la philosophie, car il s’agit de politique dans son propos et la politique est invention grecque.

    La définition chrétienne n’est nécessaire que pour la théologie, pas pour la politique.

    Donc on parle du vivant politique parce que doué de parole (jusque là, ça va ?)

    Pourquoi Milner insiste-t-il sur la parole, et pourquoi appele-t-il « corps parlants » ceux qu’Aristote nommait « vivants politiques » (ce sont de parfaits synonymes, je vous rassure) ? Parce que la politique consiste en la découverte de ce que la domination et l’imposition de la force passe par le langage et n’a pas nécessairement besoin du recours aux armes et de la force visible, physique. Par le langage la force s’impose, invisible, soit la domination d’êtres parlants sur d’autres êtres parlants. Telle est la paradoxale invention politique, ou le paradoxe de l’invention de la démocratie : il est possible de dominer par la parole. La parole est le moyen par excellence de la domination, car elle permet de faire l’économie de la force physique en acte.

    D’où son interrogation de la démocratie qui part de ce point.

    Honnêtement, est-ce si difficile à comprendre que la politique passe par la parole et qu’avec la démocratie elle substitue la parole aux armes, jusqu’à comprendre et utiliser la magie du verbe ? Et qu’à l’abri de la parole -démocratie- s’instaurent des rapports de domination, jusqu’à la démagogie où l’on voit que la démocratie peut devenir persécutrice, si elle enfourche le cheval de bataille du discours persécuteur, de la haine de l’autre, et du fantasme de la race, de la pureté de la race et de la disparition de l’autre rejetté hors de l’humanité, toutes ces horreurs jusqu’à l’extermination des juifs d’Europe, et la persécution de groupes entiers, toutes ces horreurs qu’ont connues les démocraties avec les fascismes et le nazisme au XX° siècle, qui sont nés au coeur des démocraties qui, elles, n’ont pas su/pu/voulu l’empêcher s’y sont laissées entraîner ?

    2) Enfin sur le spectacle, vous faîtes un contre-sens total. Milner dénonce la société démocratique comme spectacle, comme théâtre, où le peuple privé de pouvoir (contrairement à ce que veut dire le mot démocratie : pouvoir du peuple) assiste en spectateur à la scène politique. Milner dénonce la tromperie en forme de mise en scène en quoi consite la démocratie qui use de la promesse de donner le pouvoir au peuple, et de faire du peuple le souverain, pour lui confisquer ce pouvoir et le réduire à l’état de spectateur impuissant donc privé de sa capacité politique d’être parlant et de citoyen.

    Sauf dans les moments révolutionnaires où, libérés du pouvoir de domination, les gens se parlent, comme en Egypte aujourd’hui, comme en mai 68.

    Et le citoyen, le peuple, privés de tout pouvoir, réduits à être spectateurs au spectacle de la politique : thèse de Milner, si c’est pas parlant avec Sarkozy-Berlusconi-roi des Belges-présidents en Pologne, en Hongrie et alli et avec la manière dont fonctionnent les institutions européennes, les élections, les partis, et l’embarras de tous ces grands responsables européens, représentants des démocraties européennes et partisans de la démocratie, muets et gênés devant les révolutions arabes , si c’est pas parlant et si c’est pas l’illustration de la thèse de Milner, je ne sais pas ce qu’il vous faut ! Ou vous n’avez rien compris.

    Mais c’est vrai que vous n’avez rien compris, j’avais oublié.

    Je vous le confirme, en effet, vous n’avez rien compris. Vous voilà confirmé et content.

    Quoi qu’il en soit, une incompréhension, fondée sur l’antipathie manifeste que vous inspire cet auteur, plus un contre-sens monumental, ne fondent pas une critique pertinente.

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à Racine
      Ancien enseignant
      • Posté à 19h12 le 11/02/2011
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Bonsoir,

      Désolé, j’arrive un peu tard. Mais merci tout de même, merci pour ce cours « magistral ». Bien sûr il n’a rien à voir avec mon texte, ce n’est pas grave, j’ai l’habitude, c’est souvent ainsi avec les instructeurs et savants sachant. Une petite chose tout de même : « la définition chrétienne de l’humain corps et âme joints », vous êtes sûr ?

      Bien cordialement.
      N.

      • Racine
        Racine répond à Nestor Romero
        • Posté à 03h02 le 12/02/2011
        • Internaute 27368

        Vos pavés rouges sont un peu agressifs ... voire dominateurs

      • Racine
        Racine répond à Nestor Romero
        • Posté à 03h20 le 12/02/2011
        • Internaute 27368

        Ce que j’ ai écrit en réponse à votre article pour vous expliquer deux petites choses que vous ne comprenez pas
        Rien à voir avec votre texte ?

        Relisez-vous.

        Vous avez, décidémment, un drôle de rapport au texte. ça ne m’étonne pas que vous n’aimiez pas Milner.

  • ledany
    • Posté à 16h04 le 11/02/2011
    • Internaute 9324

    En résumé : le monsieur ne comprend pas ce que dit JCM (pourtant limpide), s’en vante, en profite pour tacler cette fin d’émission entendue en direct (pourtant, écouter Finkie, faut être maso !) qui a été désopilante. Ah ! ce décroché de mâchoire de l’hôte et la stupéfaction de CC !
    Alleï, une petite étude de texte pour l’ancien enseignant : quand JCM dit que le secret du livre est qu’il est antisémite, ça ne veut pas dire que son auteur l’est ! Et ça donnait un éclairage plutôt percutant de l’entreprise de Bourdieu, nom de !

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