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Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Dans Le Monde, divin Badiou sur les révolutions arabes

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 23/02/2011 à 09h33

Non, je ne viens pas d’être frappé par la grâce, celle de Paul ou celle du communisme triomphant. Je ne viens pas d’être illuminé par la révélation subite de la Résurrection ou de l’ineffable dictature du prolétariat.

Je viens juste de lire l’article d’Alain Badiou (Le Monde, 19 février) et je ne peux garder pour moi l’admiration qui me saisit : divin, génial Badiou ! Et je le pense vraiment. N’empêche que.

Marx ou Bakounine ?

Je passe sur les deux premiers paragraphes qui nous disent en résumé que « les soulèvements des peuples arabes sont un modèle d’émancipation ». Sans doute, mais enfin étant donné quelques expériences passées pour lesquelles Badiou s’était tout autant enthousiasmé... attendons de voir.

Venons-en donc à ce qui me semble, dans l’analyse, relever d’une perspicacité, d’une agilité d’esprit, d’une lucidité géniales. Vraiment.

« Qu’une révolte contre le pouvoir d’Etat puisse être absolument victorieuse est un enseignement de portée universelle. Cette victoire indique toujours l’horizon sur lequel se détache toute action collective soustraite à l’autorité de la loi, celui que Marx a nommé le dépérissement de l’Etat. »

Et, en effet, c’est bien l’Etat qui est mis en question par l’action de cette multitude. Je ne dis pas peuple comme Badiou, mais peut-être y viendrai-je tout à l’heure.

Simplement, il me semble qu’invoquant, ici, Marx et son dépérissement de l’Etat, il commet le pêché d’indélicatesse car ce n’est pas de dépérissement qu’il s’est agi sur la place Tahrir au Caire mais d’abolition instantanée de l’Etat comme, d’ailleurs, Badiou nous le raconte un peu plus loin. Ce n’est donc par Marx qu’il aurait dû invoquer mais bien plutôt Bakounine.

Je me demande à cet égard s’il n’y a pas toujours eu chez Badiou cette sorte de balancement entre « sa mathématique » (à laquelle, il est vrai, je ne comprends rien) qui le propulse vers Marx et sa pulsion de révolte anti-autoritaire qui en fait un anarchiste refoulé.

« Sur la place Tahrir, l’Etat a disparu »

Car, en effet, ce qui n’avait que furtivement effleuré mon esprit, Badiou le saisit et le problématise magistralement. Il nous fait remarquer que, sans hésitation, le peuple, ce que lui nomme peuple, prend en charge l’organisation de la vie sur cette place Tahrir :

« Nourriture, couchage, garde, banderoles, prières, combats défensifs, [...] sur cette place, l’Etat a disparu. Résoudre sans l’aide de l’Etat des problèmes insolubles, c’est cela le destin d’un événement. Et c’est ce qui fait qu’un peuple, soudain, et un pour un temps indéterminé, existe, là où il a décidé de se rassembler. »

C’est bien cela que vivent ou ont vécu toute celles et ceux qui, soudain, ont décidé l’occupation d’une usine, d’un lieu de travail quelconque. On est alors éberlué de voir comment l’action collective prend en charge et résout des situations a priori inextricables. C’est cela le peuple, dit Badiou qui alors produit une lumineuse analyse :

« Le peuple, le peuple seul est le créateur de l’histoire universelle. Il est très étonnant que, dans notre Occident, les gouvernements et les médias considèrent que les révoltés d’une place du Caire soient “le peuple égyptien”. Comment cela le peuple ? Le peuple, le seul peuple raisonnable et légal pour ces gens n’est-il pas d’ordinaire réduit soit à la majorité d’un sondage soit à celle d’une élection ? »

« Une leçon que nous ne l’oublierons pas ! »

N’est-ce pas là une belle mise en question de la démocratie dite bourgeoise ? Ainsi il y aurait un peuple, de l’aveu même des gouvernants « démocrates » et des journalistes rendant compte, quand la multitude se constitue en structure ou plutôt, comme dit Badiou, en « mouvement » de contestation d’une réalité sociale oppressive ? Car, poursuit-il :

« Comment se fait-il que, soudain, des centaines de milliers de révoltés soient représentatifs d’un peuple de 80 millions de gens ? »

En effet, comment se fait-il ? Serait-ce par hasard que l’acte, celui d’une minorité qui se lève, se dresse contre l’inadmissible confère à cette minorité une représentativité et pour tout dire une légitimité que nul dans le monde de la démocratie ne conteste ?

Mais alors on voit bien les conséquences d’une telle reconnaissance quand ici, dans notre démocratie, une minorité se lèvera pour contester le pouvoir et que ce même pouvoir lui contestera sa légitimité pour la raison qu’elle ne procède pas des urnes ! Comme dit Badiou, « c’est une leçon à ne pas oublier. Nous ne l’oublierons pas ».

« Communisme : création en commun du destin collectif »

Oui, seulement nous sommes là en pleine « tension », cette tension qui travaille sans cesse toute démocratie mais aussi sans doute toute forme d’organisation sociale. Et c’est à cet instant que Badiou quitte la sphère du sublime pour s’échouer dans la ratiocination du communisme dont il donne la définition suivante :

« Communisme veut dire ceci : création en commun du destin collectif. »

Ce qui pourrait très bien convenir à... n’importe quelle démocratie représentative.

Et là, échoué dans cette obscure impasse, reviennent au philosophe les clameurs de sa jeunesse et il proclame comme au bon vieux temps :

« Gloire aux peuples... ! Engagement sans restriction de détachements populaires... Nous ne voulons pas la guerre mais nous n’en avons pas peur... La violence défensive, etc. »

Je me demande comment l’on peut ainsi brandir et s’agripper à un mot, communisme, qui porta tant d’espérances, le brandir comme la vérité, éternellement... La vérité ? A moins que de Paul à Marx il n’y ait, au fond, qu’un pas, un tout petit pas, le pas bref d’un « événement » ?

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  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 10h08 le 23/02/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    C’est sympa de débiner Marx, mais l’État et toujours présent en Egypte et en Tunisie.

    Il n’a pas été aboli instantanément.

    Ce n’est qu’un futur possible (mais bien improbable).

    Quant à Bakounine, il était pour l’abolition de la propriété privée et la socialisation des moyens de production, et il est considéré par les communistes libertaires comme un fondateur.

    • aurelienfr
      aurelienfr répond à Autist Reading -
      Sarko au cachot subito
      • Posté à 11h04 le 24/02/2011
      • Internaute 48716
        Sarko au cachot subito

      Que ce soit Bakounine ou Marx ou le système capitaliste, dans tous les cas le prolétaire doit aller bosser et se faire exploiter.

      Le problème, c’est que ni Marx, ni Bakounine n’abolissent la notion de travail, ne développent aucunement la notion d’épanouissement personnel. Aucun communiste n’a encore théorisé la nécessité de révolte, de faire la révolution dans un système communiste.

      Quel est le + avantageux pour un prolétaire ?

      - se faire exploiter dans un sytème communiste qui ne profite finalement qu’à une une caste d’apparatchiks ?
      Les régimes communistes ont toujours été conçus sur le même modèle (cf Russie, Chine, Cuba, Vietnam, Corée du Nord...). Aucun système connuniste n’a encore respecté l’êttre humain.

      - ou se faire exploiter par une multinationale ou par un patron toute sa vie ?

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à aurelienfr
        In enculo cum vibro
        • Posté à 14h10 le 24/02/2011
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Marx et Bakounine étaient très préoccupés par l’épanouissement personnel (ils appelaient çà l’émancipation des travailleurs).

        Quant à l’abolition de la notion de travail, ils ont laissé çà aux partisans d’Adam et Eve et autres décroissants chasseurs-cueilleurs

        « Aucun communiste n’a encore théorisé la nécessité de révolte, de faire la révolution dans un système communiste. »

        Trotsky a développé la théorie de la révolution permanente, et on peut en trouver les germes chez Marx et chez Bakounine.

        Vous devriez mieux étudier ce qu’il s’est fait en Russie de 1917 à 1924, et ce qui s’est fait chez les communistes libertaires d’Espagne entre 1936 et 1939.
        Vous diriez moins de bêtise sur « le communisme ».

         
        • nitroglycerin
          nitroglycerin répond à Autist Reading -
          nécromancien
          • Posté à 14h26 le 25/02/2011
          • Internaute 38267
            nécromancien

          Le problème part du double sens du mot « communisme » :

          D’une part, il y a l’idée communiste théorisée par Marx et consorts :
          1) renversement du capitalisme et fin de la propriété des moyens de production
          2) instauration du SOCIALISME (propriété collective des moyens de production) et phase temporaire de dictature du prolétariat (que Marx définit comme une prise de pouvoir totale du prolétariat qui peut prendre une forme démocratique - il cite la Commune de Paris en exemple - mais que Lénine considère comme une véritable dictature du parti communiste). Cette phase est temporaire et n’est donc pas le quasi « paradis » prévu dans la phase suivante.
          3) à long terme, passage au COMMUNISME : disparition de l’Etat, disparition de toutes les classes sociales, société d’abondance, producteurs librement associés, à chacun selon ses besoins, etc... Très proche de ce que visent les anarchistes finalement.

          D’autre part, il y a les pays que l’on a désigné comme communistes au XXème siècle (l’URSS, Cuba...). Ceux là sont restés à la phase 2) (le socialisme au sens marxiste) et ont interprété la dictature du prolétariat comme la création d’un système autoritaire (voire totalitaire sous Staline ou Kim Jong-Il) dominé par un parti unique communiste. Il serait plus correct d’appeler ces régimes « marxistes-léninistes » ou staliniens (même si c’est plus approprié pour la Corée du Nord que pour Cuba, à mon avis). Quand on dit communisme, on pense spontanément à ceux-là, même si eux s’appelaient « socialistes » (cf l’URSS).

          Aussi on peut se réclamer de l’idée communiste (avec pour objectif la phase 3) sans vouloir la dictature du prolétariat à la sauce Lénine (voir les communistes libertaires, Rosa Luxemburg...).Après, je ne sais pas si ça a un intérêt d’invoquer le « communisme » à tout bout de champ dès qu’on critique le capitalisme (comme Badiou et Zizek), car vu la confusion généralisée ça a tendance à effrayer le citoyen lambda qui pense tout de suite goulags et kolkhozes (surtout si on rajoute « dictature du prolétariat » derrière).

          Par ailleurs, Marx fournit une bonne base sur de nombreux sujets (la lutte des classes, l’idéologie, la religion) je pense qu’il ne faut pas formater toute pensée critique autour de lui.

          - Par exemple, Marx écrit à une époque où il n’y a presque pas de classe moyenne, alors qu’aujourd’hui celle-ci est très importante. Le moyen de rassembler classes moyennes et prolétaires contre le système en place ne se trouvera pas dans Le Capital.
          - Marx considérait qu’à long terme, en phase communiste, les gens seraient plus ou moins libres de faire un travail qu’ils aiment voire de ne (presque) rien faire si ils le veulent, à condition de contribuer quand même un peu à l’effort collectif (ce n’est pas réservé aux « partisans d’Adam et Eve »). Mais on peut se rapprocher de cet idéal sans passer par la phase « socialisme marxiste », avec par exemple, un revenu universel.
          - Marx n’a pas pensé l’écologie (et c’est bien normal, la découverte de la problématique est récente) et il n’a pas réfléchi aux moyens de dépasser le productivisme.
          - L’économie sociale est une planche de salut que Marx n’a pas évoquée...

          Bref, j’en passe et des meilleures... Marx est un grand penseur mais il est important de sortir d’un cadre purement marxiste/marxien pour penser le monde d’aujourd’hui et les moyens de passer à un meilleur système.

          • Autist Reading -
            Autist Reading - répond à nitroglycerin
            In enculo cum vibro
            • Posté à 16h46 le 25/02/2011
            • Internaute 73535
              In enculo cum vibro

            Marx dit explicitement que l’accumulation capitaliste détruit les bases naturelles sur lesquelles elle se fonde : l’homme ( le travailleur aliéné et exploité , dominé et opprimé ) et la terre ( symbole de la richesse naturelle offerte à l’humanité ) . Et quelles que soient les limites de cette expression , prisonnière comme toujours de celles de son époque , elle n’en demeure pas moins la manifestation d’une conscience lucide du problème (au-delà de l’intuition ) qui mérite d’être reconnu...

            Et l’Economie Sociale et Solidaire, c’est franchement une farce !

            L’illusion de pouvoir vivre hors du capitalisme sans y avoir mis un terme.
            C’est l’autogestion de la CFDT.
            C’est la doctrine sociale de l’église, qui permet l’existence de patrons « de gauche ».
            Marx l’a évoquée, il l’a condamnée au profit de la lutte de classe.

            Je veux bien sortir du cadre, mais par pour me kouchneriser avec un sac de café équitable sur le dos.

        2 autres commentaires
      • abonshabonra
        abonshabonra répond à aurelienfr
        cadre finances
        • Posté à 12h00 le 25/02/2011
        • Internaute 120041
          cadre finances

        Merci Aurélien -clin d’œil involontaire à Aragon ? - pour ces petits rappels qui ne mangent pas beaucoup de pain mais qui en disent long. Allons ! je crains fort que le « grand soir » ne soit pour... demain !

  • chica
    chica
    citoyenne du monde
    • Posté à 11h54 le 23/02/2011
    • Internaute 140369
      citoyenne du monde

    « Le peuple, le peuple seul est le créateur de l’histoire universelle. Il est très étonnant que, dans notre Occident, les gouvernements et les médias considèrent que les révoltés d’une place du Caire soient “le peuple égyptien”. Comment cela le peuple ? Le peuple, le seul peuple raisonnable et légal pour ces gens n’est-il pas d’ordinaire réduit soit à la majorité d’un sondage soit à celle d’une élection ? »

    oui d’oridnaire pour ces gens, le peuple est réduit a cette majorité,

    Alexis de Tocqueville sur la tyrannie de la majorité dans les sociétés dites démocratiques :

    Lien

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h28 le 23/02/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Communisme veut dire ceci : création en commun du destin collectif.
    Outre le fait que son application était plutôt l’inverse, je me demande à qui on a raconté des bobards : à lui ou à moi ?
    Parce que j’avais pas trop cette définition en tête pour le mot communisme, j’en étais resté à « dictature du prolétariat », donc c’est mal barré pour le commun...

    Et si ils n’étaient que cent mille sur cette place, combien de places étaient occupés ? Et surtout, combien de millions de gens les soutenaient sans pour autant être dans la rue ?
    Parce que la révolution c’est bien gentil, mais faut continuer à s’occuper de sa famille, de sa boutique, faut continuer de manger, faut bien que la société continue de fonctionner même quand elle fait la révolution. Les routes doivent rouler, comme le disait le grand Heinlein.

    Quant à son histoire d’état, il est complément à la ramasse.
    Déjà le côté « enseignement de portée universelle » ça fait pitié. On a l’impression qu’il vient de découvrir le principe de révolution, ce qui en France est assez surprenant...
    Une révolution qui fout pas le pouvoir en l’air est une révolution qui échoue.
    Et dire que l’état a disparu, c’est débile. Les dirigeants ont disparu, le pouvoir a changé de main (ou plutôt n’est entre les mains de personne), mais l’état est toujours là, y’a toujours une armée de fonctionnaires, des flics, des frontières. C’est rien de plus qu’une période de transition entre deux régimes.

    Évidemment, fallait pas s’attendre à un truc bien poussé de la part d’un mec qui en est encore à citer d’autres que lui pour se justifier, surtout quand ces mecs ont écrits leurs bouquins au Moyen Age (c.a.d. avant Internet : D).

    Et faudrait arrêter de faire la comparaison entre les révoltes arabes et la situation française.
    Certes y’a une bande de tarés aux commandes, mais ils ont été choisis par une majorité, et si on donne le droit à une minorité de prendre le pouvoir par la force, non seulement on autorise la dictature, mais en plus on laisse une opportunité pour tous les psychopathes qui veulent nous asservir, dont moi qui me verrai bien en dictateur qui rétablit le droit de cuissage : D

    Mais surtout, en France on est pas autant dans la merde qu’en Égypte. Au moins ici on peut dire ce qu’on veut dire, on peut faire une manif sans prendre des balles, et quand on en a marre du gouvernement on a pas besoin de prendre des risques plus poussés qu’aller causer aux gens pour leur apprendre à voter comme il faut.
    Une révolution pour si peu, c’est stupide, c’est foutre la merde pour tout perdre.

    Ce dont ce pays a besoin, c’est pas de révolution mais d’éducation.
    Les gens n’ont pas besoin de descendre dans la rue en agitant des fourches, ils ont juste besoin d’apprendre à se servir de leur cerveau, ils doivent simplement arrêter d’être con et se mettre à penser par eux mêmes plutôt que répéter connement ce que leur raconte la télé.
    Et si ça marche pas, alors on prend le contrôle de la télé pour lui faire diffuser le bon message.

    Et si vous tenez tant que ça à vous défouler, descendez dans la rue mais tout seul. Et aller vous bastonner pour réparer toute les injustices qu’on croise, la beauté du sacrifice pour la bonne cause ça tient jusqu’à ce qu’on prenne un pain dans la gueule, après on ne frappe plus que pour envoyer l’autre au tapis.

    • LienRag
      LienRag répond à Keldan
      • Posté à 01h07 le 24/02/2011
      • Internaute 34767

      On peut déja faire remarquer qu’au moins en théorie, dictature du prolétariat ça ne signifie pas du tout dictature du parti....
      Simplement que ceux qui ne contribuent pas à la production ne peuvent décider de son affectation.

  • Fifidou
    Fifidou
    Post Doc
    • Posté à 11h33 le 24/02/2011
    • Internaute 48893
      Post Doc

    pffffffffffffffffff
    A l’instant c’est le seul commentaire que m’inspire ce billet.
    Autrement dit, je ne pense pas que plaquer une théorie économique, parce que même si la pensée de Marx transcende l’économie pure en y intégrant de l’histoire et de la « sociologie », elle n’en reste pas moins une théorie économique. Or précisément, un point caractéristique d’une révolution c’est que l’économie s’arrête. La seule préoccupation restante est politique. Du coup, cela doit sans doute créer des moments de grace, où la foule coordonne ses actions pour parvenir à son but politique...
    Mais de là à y voir plus...

  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
    Explore l'indéterminé
    • Posté à 15h58 le 26/02/2011
    • Internaute 22643
      Explore l'indéterminé

    Merci pour ce beau commentaire sur les interventions toujours stimulantes de Badiou, même quand on ne le suit pas en tout. Je suis bien d’accord que le phénomène de l’événement décrit pas Badiou procède bien plutôt du côté Bakounine. Le mot communisme est un beau mot, surtout si on se rappelle de son origine communarde ! Mais il a désormais une histoire, à commencer par les actes de Marx lui-même au sein de la IIe internationale et dont Bakounine a tout de suite vu les risques qu’entraînaient cette tendance autoritaire et centralisatrice. le mot communisme a aussi, me semble-t-il une connotation englobante que n’a pas le concept de socialisme libertaire proposé par Daniel Guérin. Quant à l’État, il a un sens plus ambigu qu’on ne le croit, par forcément centralisateur, si l’on pense à Rousseau ou à Bakounine lui-même. Il peut être intéressant de s’en souvenir face aux impostures libérales et libertariennes.

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