Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Rapport sur le harcèlement à l'école : une vision « Bisounours » ?

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 14/05/2011 à 10h25

Les Assises nationales sur le harcèlement à l’école se sont tenues les 2 et 3 mai à Paris. Tout le monde est content, semble-t-il. En premier lieu Eric Debarbieux, président de l’Observatoire international de la violence à l’école et auteur du rapport « Refuser l’oppression quotidienne : la prévention du harcèlement à l’école » remis à Luc Chatel le 12 avril 2011, et le ministre lui-même.

L’Education nationale a-t-elle su se remettre en cause ?

Ce qui, connaissant les convictions pédagogiquement actives de Debarbieux et celles approximativement passives du ministre, ne laisse pas de provoquer quelque perplexité. Le chercheur est content parce que, dit-il, « le problème a ainsi été reconnu » et « la question de la violence abordée sous l’angle de la santé publique, non celui de la délinquance ».

Et également parce que la nécessité de la formation a été reconnue. Autant de satisfecit qui font dire à Debarbieux que « l’Education nationale a su se remettre en cause ». Affirmation par laquelle il aurait, peut-être, tendance à prendre ses désirs pour des réalités.

A la lecture du rapport, on sent bien la conviction de l’auteur : le succès d’une politique de lutte contre la violence dépendrait essentiellement de la capacité et, surtout, de la volonté des enseignants à se mobiliser, à prendre eux-mêmes les choses en main dans les établissements.

L’essentiel : organiser un autre mode de vie dans l’école

Tout le reste, toutes les propositions avancées, campagnes d’opinion, création d’un Haut Conseil à la formation, participation des délégués de classe et des parents, ne peuvent être que des adjuvants, nécessaires certes, mais qui se révèleront une fois de plus inopérants si l’essentiel n’est pas mis en œuvre. Et l’essentiel, c’est la volonté des enseignants de se saisir de l’organisation d’un autre mode de vie dans les établissements.

Un nouveau mode vie qui, je l’ai souvent dit ici, n’est rien d’autre qu’une autre pédagogie, laquelle implique des moyens en personnels formés et en espaces adéquats mais aussi et surtout un bouleversement des structures de l’institution et particulièrement de cet archaïsme destructeur d’enfants : l’organisation en classes d’âge.

Une telle métamorphose, pour parler comme Edgard Morin, la création d’une vie dans l’école où l’aide, la solidarité et l’observation bienveillante se substitueraient au règne de l’évaluation incessante du tout et du n’importe quoi, nécessite une formation des enseignants au travail collectif, pensée à partir d’une nouvelle définition du métier d’enseignant en tant que profession s’exerçant collectivement.

Refus du travail collectif au nom de la « liberté pédagogique »

De toute évidence une telle réforme ne peut que se réaliser progressivement dans la mesure où elle se heurte depuis des décennies à l’opposition plus ou moins déclarée mais efficace des enseignants « à l’ancienne » qui ne souhaitent en aucun cas entendre parler de travail collectif, au nom de ce qu’ils invoquent parfois un peu honteusement : « leur liberté pédagogique ».

Pourtant, la formation des enseignants à une profession s’exerçant collectivement doit être mise en œuvre sans délais, de manière à ce que les nouveaux enseignants, remplaçant progressivement les « anciens », construisent une nouvelle vie dans l’école.

C’est sur ce critère, celui de la création d’un nouveau mode de vie dans l’école et d’une nouvelle pédagogie (ce que nous savons faire si nous voulons le faire) qui se donne pour mission non pas seulement de traiter la question de la violence mais de se saisir de celle de l’inégalité sociale – cause essentielle des manifestations de la violence –, que devront être jugées les propositions des divers candidats à la prochaine présidentielle.

Produire de la « chair à patrons »

A cet égard et en passant, je juge irrecevable l’argument mis en avant au cours de ces assises selon lequel le phénomène du harcèlement concerne toutes les catégories sociales et qu’il ne serait pas pertinent de l’analyser en tant que « produit » de l’inégalité sociale.

Il me semble en effet que ce phénomène, dont les chercheurs nous disent qu’il est étudié depuis quarante ans, n’est qu’un aspect de la violence dans l’école, amplifié sans doute par l’envahissement des outils de communication, mais que pour l’essentiel cette violence est bien le résultat d’un système fonctionnant à la compétition (et donc à la triche, phénomène majeur dont les chercheur feraient bien de se saisir) selon la dichotomie inférieur/supérieur, au prétendu mérite inséparable de la cynique affirmation de « l’égalité des chances », système qui ainsi institutionnalise et légitime la reproduction de l’inégalité sociale.

Si comme je le crois après l’avoir lu, Eric Debarbieux partage avec nombre de pédagogues l’aspiration à la construction d’une autre école, il ne fait pas de doute qu’il est conscient du rôle que tente de lui faire jouer le ministre, car nous sommes alors bien loin du « projet » de l’actuelle majorité qui ne rêve que d’en finir avec le collège unique, de faire des chefs d’établissement des « managers » et des enseignants des « cadres » rémunérés au « rendement ».

Quant aux enfants, les « défavorisés » de tout degré s’entend, ils sont dans cette perspective produits par l’institution en tant que « ressources humaines » c’est-à-dire en tant que « chair à patrons ».

Aller plus loin
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  • Hemenate
    • Posté à 10h51 le 14/05/2011
    • Internaute 856

    « mais aussi et surtout un bouleversement des structures de l’institution et particulièrement de cet archaïsme destructeur d’enfants : l’organisation en classes d’âge. »

    Pour instaurer des classes de niveau ?

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à Hemenate
      Testeur de temps libre
      • Posté à 13h00 le 14/05/2011
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Et pas de classes du tout... remplacées par du « self-service »... l’année où on pourrait célébrer l’édition française de « Libres enfants de Summerhill » (A.S Neill, chez Maspero), c’est complètement illusoire ?
      Évidemment, tout dépend si on préfère le projet pédagogique qui est destiné à discipliner les enfants pour en faire de « la chair à patrons »... ou si on considère que des citoyens en devenir peuvent apprendre très tôt les bases de l’auto-détermination et du développement personnel avec l’espoir que le « vivre ensemble » soit différent de celui d’un troupeau de moutons encadré par des chiens et dont l’unique souci sera de manger plus d’herbe que son voisin.

      • Boutauvent
        Boutauvent répond à Boutauvent
        Testeur de temps libre
        • Posté à 13h53 le 14/05/2011
        • Internaute 45018
          Testeur de temps libre

        Nota : « on pourrait célébrer le 40ème anniversaire de l’édition (...) ».

      • Hemenate
        Hemenate répond à Boutauvent
        • Posté à 14h30 le 14/05/2011
        • Internaute 856

        C’est amusant, vous me décrivez là un système éducatif de « self-service » ayant pour vocation de libérer dès leur plus jeune âge les enfants des insupportables contraintes de la vie en société.
        En somme, vous me décrivez un système avant tout centré sur la toute puissance de l’Individu.

        Et vous faites donc le pari qu’un système ultra-individualiste de ce type engendrerait un « vivre-ensemble » différent, dans lequel les individus se soucieraient plus des autres.

        Ce raisonnement me semble pour le moins curieux…

         
        • Boutauvent
          Boutauvent répond à Hemenate
          Testeur de temps libre
          • Posté à 14h50 le 14/05/2011
          • Internaute 45018
            Testeur de temps libre

          J’ai une plus haute conception du libre-arbitre et de la vie en société que de celle qui prétend qu’un comportement moutonnier constitue l’ordre naturel des choses.
          Un « individualiste » peut facilement développer une forme de raisonnement compatible avec la convivialité nécessaire à la vie en société, alors que je me méfierai toujours des individus « domestiqués » qui n’acceptent que la raison du plus fort et perdent toute raison quand les chiens de garde ont le dos tourné.
          Quant à lister « les insupportables contraintes de la vie en société », il est probable que nous en avons chacun un inventaire très différent...
          Pour en revenir au système éducatif de Summerhill (objet de mon commentaire), je n’ai jamais lu que cette école aurait produit plus d’individus « asociaux » qu’un autre. Il me semble bien que ses résultats de fin d’études sont largement supérieurs à la moyenne et que ses anciens élèves ont la réputation d’être devenus des adultes responsables et « performants ».
          Mais peut-être connais-tu des documents arguant du contraire et que tu vas te faire un plaisir de nous les communiquer ?

        • Sowinski
          Sowinski répond à Hemenate
          • Posté à 01h26 le 15/05/2011
          • Internaute 45555

          J’ai pas vu où le système actuel forme à la vie en société.
          Personnellement, j’ai dû tout apprendre en dehors : communication, travail d’équipe, gestion de conflit...

          La crème de la crème de notre système, les CPGE, n’est pas connu pour sa production d’esprits sociables... Dans le genre ultra-individualiste, c’est un bon endroit où prospecter.

          • kakoulite
            kakoulite répond à Sowinski
            Intermediation & Imprecation
            • Posté à 14h47 le 17/05/2011
            • Internaute 126452
              Intermediation & Imprecation

            Les CPGE c’est exactement comme le sport de haut niveau, c est autant une question de competences intellectuelles que mentales. Beaucoup de sportifs de haut niveau vous diront qu’il y a beaucoup de gens autant et meme plus talentueux qu’eux mais qu a la moindre pression ils perdent leurs moyens et sont donc inaptes a faire la difference en competition. Le but des CPGE est de former des gens a solutionner des problemes tres complexes dans des situations pouvant etre critiques et/ou pressurisantes. En somme pouvoir faire l helicoptere (passer sur un probleme d un zoom avant pour les details au zoom arriere pour une vision globale).

        3 autres commentaires
    • mewtow
      mewtow répond à Hemenate
      • Posté à 17h40 le 15/05/2011
      • Internaute 138470

      Concernant les classes de niveau, je tiens à signaler que :
      - bien que ce soit interdit dans les textes, cette pratique est encore majoritaire : j’ai déjà vu des études de sociologues qui montrait que environ 3/4 des collèges utilisaient des classes de niveau.
      - cela alimente un climat de violence dans la classe qui regroupe les mauvais élèves entre eux. Moi, je vois un léger rapport avec le sujet de l’article, pas vous ?

      Pour le premier point, voir ici : Lien , ou voir les travaux de la sociologue Marie Duru-Bellat et son collègue Alain Mingat. Donc quand je vois certains (pas forcément la personne à qui je répond) dire que les classes de niveau sont une catastrophe, je dirais qu’il faudrait qu’elles soient suffisamment nombreuses avant qu’on puisse les accuser. Cette mesure des classes de niveau, c’est comme l’interdiction des devoirs en primaire : les textes interdisent cela depuis 1956, mais 80% des instituteurs en donne (ça marche aussi avec la méthode globale).

      J’ai aussi entendu des témoignages de ma mère et de certains de ses collègues, qui disaient que des classes de niveau qui ne disaient pas leur nom étaient faite grâce à des choix d’options de seconde langue ou d’options particulières(allemand, latin...).

      Pour le second point, j’ai lu cela dans un cerveau et psycho sur les méthodes éducatives, il me semble.

      L’explication, c’était que les élèves mauvais étaient souvent en situation de rejet de l’école : nombre des élèves de la classe faible rejetaient souvent le travail scolaire. Dans un groupe pareil ne pas travailler, avoir de mauvais résultats, voir entrer en confrontation avec les enseignants est très bien vu. Par imitation, la dynamique de groupe s’emballe rapidement, et les élèves gardent leur comportement, qui se renforce. En les mélangeant avec des élèves qui se comportent différemment, cela pousse inconsciemment ces élèves à se conformer à d’autres normes : celles d’une classe qui bosse un peu plus, plus soucieuse du travail et de la vie scolaire.

      Mais pour que cela marche, il ne faut pas mettre trop d’élèves en difficulté dans une même classe : pas plus de 4, voir 5. Sinon, les effets de groupe peuvent clairement se faire sentir et les élèves qui foutent le bordel commencent à se regrouper et faire leurs conneries ensembles. Le problème vient surtout de là : on a environ 10% d’élèves en difficultés (et sans doute pas mal de gosse à problèmes dedans), alors pour les répartir dans des classes...

      Pour le coup de l’effet sur le niveau des élèves, les classes hétérogènes ont un effet positif, mais faible sur le niveau des élèves. Les forts ne tirent pas les faibles vers le haut, mais les faibles ne tirent pas les forts vers le bas : qu’on regroupe les forts/faibles ensemble ou qu’on les mélange n’a que peu d’influence. C’est surtout l’effet sur la discipline de classe qui est important, et qui mérite à lui seul qu’on applique des classes hétérogènes.

  • EdkOb
    EdkOb
    la France d'après...
    • Posté à 11h02 le 14/05/2011
    • Internaute 85736
      la France d'après...

    Une telle métamorphose, pour parler comme Edgard Morin, la création d’une vie dans l’école où l’aide, la solidarité et l’observation bienveillante se substitueraient au règne de l’évaluation incessante du tout et du n’importe quoi, nécessite une formation des enseignants au travail collectif, pensée à partir d’une nouvelle définition du métier d’enseignant en tant que profession s’exerçant collectivement.

    Oui, le travail d’équipe, le regard bienveillant, l’entraide, la solidarité (par opposition à la compétition permanente et à la pression sur les élèves, sur les familles, et oui, cette compétition permanente dans laquelle sont plongés les élèves et les familles engendre de la violence), la possibilité d’intervenir à 2 enseignants à certains moments, casser les groupes d’âges (rien de plus stupide que d’imaginer que tous les élèves d’un même âge doivent avancer au même rythme dans toutes les disciplines).

    Oui encore à une responsabilisation des élèves, pour qu’ils puissent exercer de plein droit ce qui fait défaut : le droit d’être considéré comme un adulte en devenir - donc leur accorder de la confiance (sans abandonner bien entendu les règlements, ce n’est pas le sujet), avec la possibilité d’expérimenter sa place dans une collectivité, de ressentir l’extraordinaire aventure de ce devenir quand les adultes regardent les élèves comme des êtres à part entière, et non pas seulement des « élèves » qui doivent se soumettre à des rythmes pas compatibles avec leur développent.

    Mais non, ce n’est pas ce qui est en marche.
    Ce qui est en marche, c’est le socle commun des compétences, cette liste interminable et indigeste que tout « bon » enseignant doit cocher.
    Il faut voir cette usine à gaz, qui est l’anti-thèse de ce que devrait être cette aventure pédagogique entre des élèves, des familles et des enseignants.

    Je rêve de la suppression des notes à l’école, cette épée sans cesse pointée sur les têtes des élèves, faisant des apprentissages une lutte, notes qui éliminent d’emblée et pour toujours un aspect indispensable à tous les apprentissages : le ludique.

    • malatrie
      malatrie répond à EdkOb
      Distraite
      • Posté à 23h08 le 14/05/2011
      • Internaute 26407
        Distraite

      Socle commun des compétences, fin de la formation initiale des enseignants et disparition programmée des RASED, tout est fait pour aider les élèves, en Sarkozie.

  • marionagn
    marionagn
    éducatrice
    • Posté à 11h16 le 14/05/2011
    • Internaute 155419
      éducatrice

    pour le précédent connecté, pas de cynisme avec la question « classes de niveau » ! il ne faut être réducteur à ce point. Un très beau livre qui présente un vrai projet de société
    philippe meirieu et pierre frackowiak « l’éducation peut-elle être encore au coeur d’un projet de société ? » et voir aussi la pédagogie de joseph jacotot.

    • pablico
      pablico répond à marionagn
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 11h52 le 14/05/2011
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      si tout le monde, tout le monde, avait conscience que « l’éducation », et surtout l’instruction, et la formation à un métier,
      - c’est semer l’avenir,
      - c’est récolter dans les 10ans une génération qui remplacera une génération sortante.. et qui enrichira la communauté, et la génération dans laquelle on est embarquée...(il ne faut pas se rater)

      là on aura fait un grand pas.. mais les gens se méfient toujours des jeunes.. trop remuants, trop « révolutionnaires », pas assez ceci pas assez cela...

      de mon temps etc.. etc...

      certains les regardent comme des ennemis....

  • Tropicaleyes
    Tropicaleyes
    Jean-Christophe, En Slim, (...)
    • Posté à 14h32 le 14/05/2011
    • Internaute 95001
      Jean-Christophe, En Slim, (...)

    Si mon gosse se fait tarter à la recré, je lui dirais de ne rien faire dans l’école et a proximité, mais de se défendre comme il faut en dehors du périmètre =) ( Comme ça il se fait pas virer et en + il y gagne !)

  • Yann_R
    Yann_R
    Photographe et prof : )
    • Posté à 17h48 le 14/05/2011
    • Internaute 48603
      Photographe et prof : )

    Vivre autrement au collège, cela passe aussi par des programmes de rénovation ambitieux des collèges vétustes.
    Au collège RAR J. Moulin d’Aubervilliers, nous nous battons pour un vrai projet de reconstruction ambitieux, alors que le CG93 prévoit, dans le cadre d’un partenariat public-privé, de bâtir un collège avec pas loin de 10 salles en moins par rapport à celui existant, tandis que les prévisions d’effectifs sont en hausse ! 0 salles informatiques, une de salle de science, une d’art, une de techno en moins, 2 bureaux pour 3,5 cpe... autant de scandales dans un établissement classé en éducation prioritaire qui devrait bénéficier de vrais moyens.
    Lien

    Vous devriez aussi vous intéresser au fameux programme ECLAIR, adopté sans concertation avec comme intention sous-jacente de redéfinir - à la baisse - la carte de l’éducation prioritaire...

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 19h19 le 14/05/2011
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Mais bon sang,l’ EN est fait de plusieurs personnes.
    Ne faisons pas d’amalgames !
    Je sais observer et déceler qui doit être protéger et à qui je dois expliquer, et aussi à la classe entière que leu comportement injuste et « méchant » est à analyser ! cela fait partie de la vie de tous les jours !
    Un réglement commun à l’école, ça aide ! En ZEP (RRS), on travaille en commun. Bien sûr qu’il faut travailler en équipe. Les professeurs chevronnés de ZEP le savent et font passer le message, vu qu’elles (ils) sont formé(e)s au lance-pierres .
    Bien vu ! Il faut travailler en équipe et créer une dynamique commune à toutes les classes. Cela me paraît primordial. J’en suis même sûre ! ! ! ! ! !
    Chatel est un ....de toute manière, on ne l’attend pas pour agir ! Darnonos aussi ! Quant au petit.....

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 21h18 le 14/05/2011
    • Internaute 61755

    pour avoir eu à traiter « à chaud » un cas de harcèlement il y a peu, je me suis vite aperçu que le harceleur avait été lui-même harcelé durant la même époque.

    le problème a été réglé dans l’heure une fois les noms des élèves connus. plus qu’une question de moyens, il me semble qu’une écoute attentive de ce qui se passe dans l’école, sans fliquer pour autant, ainsi qu’une hiérarchie intraitable mais juste aideraient à résorber ce fléau, même en partie.

    ce n’est pas un rapport qui va trouver des solutions.

    • Hulk
      Hulk répond à A déménagé le 1-6
      Gros con de droite
      • Posté à 21h37 le 14/05/2011
      • Internaute 108405
        Gros con de droite

      Tu proposes de faire confiance aux enseignants ?

      Mais mon pauvre, tu vas te faire lapider par les associations de parents, tu es fou ! ! !

      • A déménagé le 1-6
        • Posté à 23h10 le 14/05/2011
        • Internaute 61755

        c’est sûr qu’en faisant confiance aux syndicats enseignants, à la peep ou à la fcpe, les problèmes disparaitront.

  • malatrie
    malatrie
    Distraite
    • Posté à 22h45 le 14/05/2011
    • Internaute 26407
      Distraite

    « A cet égard et en passant, je juge irrecevable l’argument mis en avant au cours de ces assises selon lequel le phénomène du harcèlement concerne toutes les catégories sociales et qu’il ne serait pas pertinent de l’analyser en tant que “ produit ” de l’inégalité sociale. » Pourquoi ? Le harcèlement ne concernerait que les pauvres ? Quelle idée bizarre et Bisounours, pour le coup.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à malatrie
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 17h12 le 16/05/2011
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      Surtout que c’est contredit par ça : Lien

      • malatrie
        malatrie répond à amonhumbleavis
        Distraite
        • Posté à 22h02 le 16/05/2011
        • Internaute 26407
          Distraite

        A croire que l’auteur de l’article n’a jamais vu de classe. Ennuyeux pour un grand pédagogue...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h19 le 16/05/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Ça a l’air joli, dommage j’ai pratiquement rien compris : D
    Enfin vu la quantité de blabla, ça doit être une solution efficace seulement dans les réunions de profs, mais qui finit en vaste fumisterie dans la cour...

    Les profs ont beau nous surveiller et s’occuper des élèves, ça ne change rien.
    Je me suis fait emmerdé à l’école primaire, au collège et au lycée, à chaque fois les conditions étaient différentes, à chaque fois le résultat était le même.
    Et à chaque fois la solution était aussi la même : à la violence, il faut répondre par la violence... et la diplomatie.

    En CE1 j’ai appris qu’un pain dans le nez était plus efficace pour mettre fin aux actes d’un emmerdeur que pleurer dans les jupes de la maitresse.
    Mais ça manquait clairement de finesse, et il m’a fallu du temps pour parfaire la méthode : D

    En 6ème j’ai compris qu’il était utile de se relever la gueule en sang, quitte à repartir au tapis, et de répliquer coup pour coup.
    Et bien sur qu’il faut avoir des potes, qu’on est plus fort en étant nombreux, ne serait-ce qu’avoir quelqu’un sur qui compter pour surveiller nos arrières.

    En 4ème, j’ai compris qu’il faut aller chercher du soutien là où il se trouve. On est jamais le seul à se faire emmerder, il y a toujours des types pour rejoindre nos rangs.
    J’ai aussi pigé que des conards qui sont doués pour se la jouer à cinq contre un sont bien moins balèze en duel. Du coup les chopper et les éclater quand ils sont seuls, quitte à se faire tabasser plus tard, permet de faire passer la peur dans le camp d’en face, quand les types n’osent plus se balader qu’en bande.

    Et en 2nde j’ai compris qu’envoyer un type à l’infirmerie dès le premier mois est une bonne façon de pas se faire emmerder.
    Évidemment, quand on en a pris plein la gueule pendant des années, c’est pas une paire de miquets qui pose souci : D
    Mais j’ai surtout pigé que lorsqu’on a la puissance, la témérité (ou la folie) et le nombre, bref qu’on est une bande qui se fait respecter, il faut pas en abuser. Se défendre, porter assistance, parfois se chercher ou se moquer, mais pas chercher la merde.

    Bref je me suis fait harcelé dans quatre écoles sur cinq, surement pour les mêmes raisons : j’étais pas d’ici, j’étais pas comme ici, j’avais un sale nom et je refusais d’être comme ici.
    Pourtant, chacune était différente, mais surtout chacune semble idéale dans la théorie.

    Ma première école primaire était au fond du Limousin, donc loin des problèmes de banlieue. Sauf qu’il y avait une espèce d’orphelinat, et donc des « gamins de Paris, mais vous savez, des pas français » avec nous, orphelins et autres mômes qui ont du fuir leur famille.
    Pas de chance pour moi, surement parce qu’on se sentait étranger, je m’entendais plus avec « bicot » et « chinetoque » qu’avec les indigènes.
    Erreur, être pauvre et basané étant un péché qui rend coupable de la moindre embrouille (et que ça devait être aussi des gamins troublés comme on dit), ça faisait de moi un complice, un pas comme les autres, ce qui est une hérésie dans ce genre de bled.

    La seconde école primaire fut cool, mais il faut dire qu’une classe de quatre (enfin de dix mais un seul prof pour trois classes) et une école de vingt (en comptant la maternelle), où tout le monde vit dans le même village et la même misère, ça réduit les problèmes : D

    Par contre mon premier collège était apparemment un sale établissement. Il y avait un clivage marqué entre pauvres et riches, entre fils d’ouvriers et de paysans et enfants de notables et autres bourgeois.
    Certes à 11 ans il est difficile de bien comprendre ce genre de subtilité, mais les vieux étaient aussi de cet avis.
    Et le pire, c’est que les profs, du moins les plus influents, maintenaient cet état rien qu’avec la manière dont on était réparti entre les classes.
    C’est peut être de la parano, mais trois jours après avoir échangé un baiser avec la fille du notaire (juste un baiser, même pas une galoche) j’ai pris deux heures de colle pour un motif foireux, du genre classeur mal organisé, par un prof qui était proche dudit notaire.

    Par contre mon second collège aurait du être parfait, il avait tout pour être un lieu de tranquillité et de quiétude : 160 élèves, 20 par classe max, une bonne quinzaine de profs, des locaux corrects et des moyens suffisants.
    Aucun problème de pauvreté dans le coin, pas d’immigration massive, pas de HLM, pas de mine en train de fermer, bref un bled de campagne des plus tranquilles.
    Et bien nan, j’avais quand même une quinzaine de dégénérés (soit tout de même 10% du collège !) qui s’était érigé comme mon ennemi. Forcément, j’étais l’étranger, j’en avais marre de déménager, j’avais la sensation d’être chez les ploucs même si je n’avais connu que ça toute ma vie et j’ai eu le malheur de ne pas me soumettre à leur hiérarchie clanique.
    Et les profs n’y étaient pour rien, ils ont même essayé d’arranger ces histoires, que ce soit en se la jouant éducateur qui discute ou tout simplement que ça soit la directrice qui aille voir les parents et les parents qui engueulent leurs mioches.
    Mais à 14 15 ans, on s’en fout des parents et des profs, on fait ce qu’on veut, on a des hormones à consumer.

    Chose amusante, le lycée fut l’inverse de tout cela : un bahut qui avait tout pour être une cité de violence, mais qui s’est révélé être un havre de paix.
    Il y avait de la violence, un lycée technique 1600 types, dont mille internes, des tas de coins sombres et planqués, des tonnes de cas sociaux, d’élèves « en échec », de gamins pauvres, des types de partout, autant de fils de la campagne que d’enfants d’immigrés, bref un joyeux boxon.
    Mais à côté de ça, vu le nombre, on trouve des gens avec qui s’entendre, on a assez d’espace pour éviter ceux qu’on supporte pas et surtout on ne peut jamais être assez nombreux pour instaurer une espèce de dictature juvénile.
    Il m’a suffi alors de faire un exemple en défonçant une cloison avec la tête d’un type qui s’est planté de souffre-douleur et de montrer à mes anciens camarades de collège que maintenant c’était eux les étrangers (il fallait voir à la vitesse à laquelle ils ont appris à ne plus utiliser le terme « bougnoul » : D) pour passer une scolarité tranquille.

    Enfin si, il y avait des bastons régulières, il y a toujours des tensions pour une raison ou une autre (et parfois sans...), toujours des rivalités individuelles, des crasses en douce, mais ça n’était plus seul contre le monde. Même un gars qui était seul au début finissait vite par trouver sa place, même les plus marginaux ou les plus timides.
    Et puis il faut reconnaitre qu’on a vite compris qu’il valait mieux éviter se la jouer à la guerre des gangs, pas parce que c’est un peu stérile, mais parce qu’en s’assurant que tout se passe relativement pénard, les CE nous cassaient pas les couilles et on pouvait faire nos petites conneries tranquillement.

    Enfin tout ça pour dire qu’il ne faut pas rêver, je doute carrément que tous les plans, toutes les reformes, puissent changer grand chose.
    Peut être mettre hors circuit les plus tarés, les plus dangereux, éviter que ça parte jusqu’au dingue qui débarque avec un fusil.
    Mais les ados étant ce qu’ils sont, des adultes sans contrôle qui reproduisent les schémas de sadisme, de domination et de cruauté de leurs ainés, ça sera toujours le même merdier.

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