Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Programmes présidentiels : éducation et écologie (2/2)

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 16/01/2012 à 11h32

Le mode de vie dans l’école fondamentale préconisée par les écologistes s’organise sur ce modèle coopératif dont il a souvent été question ici. Le modèle coopératif, dans le cadre d’un service public qui « doit s’étendre de la petite enfance à l’université », est celui qui « relie » les disciplines dans le cadre d’un « projet », d’une pédagogie du projet qui donne sens à l’effort, qui donne sens à la vie dans l’école par l’intervention collective des adultes et par la mission, n’ayons pas peur des mots, qu’ils portent et que j’énonce ainsi : « permettre à chaque enfant de prendre conscience de ce qu’il lui plaît de faire ».

Ce qui implique que chacun soit « aidé », non pas après la classe en reprenant sempiternellement les mêmes exercices avec la même méthode ou absence de méthode, mais solidairement par la communauté scolaire dans son ensemble. La solidarité entre enfants plutôt que la compétition, cela s’organise et se vit depuis fort longtemps... par-ci, par- là.

Education et écologie

Ne voit-on pas alors comment éducation et écologie se fondent dans une même pratique vivante où solidarité s’oppose à compétition, où souci de l’autre s’oppose au « tuer l’autre », où la réflexion collective sereine s’oppose à la frénésie individualiste irresponsable et destructrice de l’autre c’est-à-dire du monde ?

Ne voit-on pas que éducation et écologie se fondent dans une même attitude, une même volonté de métamorphose, un même souci de l’autre c’est-à-dire du monde ? Ne voit-on pas qu’il y va de l’évitement de la catastrophe ?

Autonomie, responsabilité et école fondamentale constituent le triptyque sur lequel se construit le projet écologiste. Autonomie qui n’a évidemment rien à voir avec celle de l’« équipe soudée autour du chef », nouveau détournement lexical comme savent si bien le pratiquer les scribes du chef suprême mais provisoire.

L’autonomie dont il est question ici est celle d’un collectif enseignant qui prend en charge un groupe d’enfants de tous âges (une centaine par exemple) et qui s’organise comme il le souhaite (ce qui constitue selon la terminologie proposée par P. Meirieu une « unité pédagogique fonctionnelle »), de manière autonome donc, pour mener à bien le projet éducatif élaboré évidemment à partir des impératifs énoncés par les programmes nationaux.

On conçoit alors que la structure traditionnelle en classes d’âge disparaît au profit d’une multitude de possibilités de démarches pédagogiques, de groupes spécifiques d’apprentissage correspondant à des besoins immédiats et concrets mis en évidence par la réalisation du projet à laquelle travaillent solidairement des enfants d’âges différents (de la sixième à la troisième par exemple).

Tout cela, nombre de pédagogues (militants, souvent mais pas toujours, des mouvements pédagogiques) savent parfaitement le faire. Il serait regrettable de ne pas utiliser ces savoir-faire dans le cadre d’une nécessaire reconstruction de la formation des enseignants.

Des heures de classe gâchées

L’autonomie, cette autonomie-là, implique évidemment la responsabilité des enseignants et pose évidemment l’épineuse question « du temps de présence » dans l’établissement. Vaste sujet que je ne peux qu’évoquer ici dans l’espace de ces quelques lignes.

Je suis de ceux qui pensent que les heures de classe, de cours, gâchées pendant toute la durée de l’école obligatoire sont plus nombreuses que les heures mises à profit pour apprendre. Et ceci du fait essentiellement du non-sens des pratiques dans le cadre des classes d’âge, de la pratique encore et toujours du « je parle, tu écoutes ».

Dans le même ordre d’idées, on peut constater, par exemple, que les enfants finlandais de 7-8 ans bénéficient de 608 heures d’enseignement par an quand les petits Français en subissent... 864 (pour ce qui concerne les comparaisons internationales en matière d’heures-professeurs et heures-élèves, on peut consulter les travaux de Nathalie Mons).

Ainsi n’est-il n’est pas aberrant de penser qu’il est tout à fait possible de travailler autrement sans travailler plus longtemps... globalement. Bien sûr la routine de l’emploi du temps fixé le jour de la rentrée pour toute l’année risque fort de ne pas être praticable mais la gestion du temps, dans le cadre de cette autonomie, comme la gestion des moyens attribués, est du ressort du collectif enseignant.

De sorte que pour penser une autre école il convient de se dégager de l’idéologie du travailler toujours plus qui n’est pas du tout innocente mais qui tente d’inoculer dans l’âme, si j’ose dire, non seulement la nécessité mais encore l’inéluctabilité du travail contraint, c’est-à-dire la contrainte comme horizon social indépassable.

Nul besoin pour avancer vers une école émancipatrice de réduire les grandes vacances que pour ma part je juge absolument nécessaires à l’épanouissement, c’est-à-dire à l’auto-didactisme permanent de tout enseignant responsable. Nul besoin de multiplier les heures de rabâchage, il convient au contraire de limiter les heures contraintes, comme le montre le système finlandais, en respectant les rythmes d’apprentissage de chaque enfant dans le cadre d’une coopération de plus en plus évidemment nécessaire entre la ville et l’école, coopération pilotée par des enseignants dont le professionnalisme résulte d’une formation exigeante.

Tel est l’alternative : ou bien les enseignants se saisiront de l’école pour l’émanciper et par-là s’émanciper eux-mêmes, contribuant ainsi à la nécessaire métamorphose vers une société de tempérance, ou bien ils seront contraints de contraindre les enfants dans une école de malheur qui conduira le monde à l’abîme.

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  • Rivendell
    Rivendell
    Suppot de satan
    • Posté à 13h15 le 16/01/2012
    • Internaute 102483
      Suppot de satan

    Oh le joli papier tout mignon écrit à l’encre rose rose avec des petits cœurs... Qui prône l’arrêt de la compétition à l’école, qui martyrise les gentils nenfants... Et le droit à une formation supérieure pour tous, pour que demain, dans le meilleur des mondes, il n’y ai plus d’ouvrier en France, juste quelques cultivateurs bio, des psys et des gentils techniciens (employés dans des PME locales et écolos, cela va de soi).

    Il faut une compétition à l’école. Parce qu’on ne PEUT PAS être tous ingénieurs, techniciens... de même qu’on ne peut pas être tous garagistes. Il faut de tout pour faire un monde, et justement, si on laissait les élèves/étudiants faire les études et obtenir les diplômes qu’ils veulent, on aurait plus que des psys, des astrophysiciens, des dessinateurs de BD, des vétérinaires, des coiffeurs, ou des spécialistes de la faune aquatique... Et (notamment) pas un seul ouvrier d’usine, pourtant bien nécessaire.

    Après il faut que cette compétition soit équitable (exit les écoles d’ingé où il suffit de payer pour avoir un diplôme, exit le « réseautage », exit les cours privés) et que les « perdants » ne soit pas non plus condamnés, ce qui passe par une revalorisation des bas salaires.

    Et il faut qu’on arrête de fourguer des incompétents aux postes de conseillers d’orientation. Si j’avais écouté ces abrutis, en tant que fils de routier, je devais forcément finir à étaler du goudron sur les routes. Heureusement que je ne les ai pas écouté.

    • jino83
      jino83 répond à Rivendell
      citoyen curieux
      • Posté à 15h30 le 17/01/2012
      • Internaute 159282
        citoyen curieux

      C’est pas un peu contradictoire de dire qu’ont ne peut pas être tous ingénieurs et ensuite d’écrire que sans compétions tous le monde serais astrophysicien psy ou autre ?

      En gros tous le monde peut devenir aussi intelligent que nos élites qui sortent de grandes écoles , mais vous préférez un système qui fabrique des idiots pour avoir de bon ouvriers docile , c’est ça ?

      • Rivendell
        Rivendell répond à jino83
        Suppot de satan
        • Posté à 10h36 le 18/01/2012
        • Internaute 102483
          Suppot de satan

        D’une : je ne vois pas en quoi être un ouvrier fait de quelqu’un forcément un idiot.

        De deux : je dis que si on ne faisait aucune sélection, aucun concours, on retrouverait logiquement les gens avec les diplômes dont ils rêvent, qui peuvent autant être celui d’astrophysicien que celui d’ébenniste qui est également un très beau métier. Mais ça ne resterait que de la poudre aux yeux, puisque tous ceux qui rêvent de devenir un jour astrophysicien (ou ébenniste), se retrouveraient avec au final un diplôme inutile, étant donné qu’il débouche sur trop peu d’emploi. C’est ce qui arrive actuellement aux deux bons tiers des diplômés de licence, qui ont eu un bac qui n’est pas reconnu pour avoir un job, et obtiennent une licence insuffisante pour aller dans un master qui vaille le coup. Il faut une juste adéquation du nombre de diplômés avec les débouchés que les diplômes offrent. Je sais, c’est pas gentil, c’est contre la liberté, mais j’y peux rien si tout le monde peut pas être psy.

         
        • LienRag
          LienRag répond à Rivendell
          • Posté à 19h03 le 18/01/2012
          • Internaute 34767

          Les diplômes des écoles (grandes ou pas) peuvent éventuellement être considérés comme ouvrant des débouchés professionnels (quoique les Centraliens Boris Vian et Antoine, pour ne citer qu’eux, montrent que la réalité est plus ouverte)....
          Mais la Faculté certainement pas !
          Les enseignements de la Faculté ont pour but de permettre aux étudiants d’acquérir un savoir, d’améliorer leurs connaissances - avec certes l’idée que les connaissances donneront à termes des compétences, mais aussi que le savoir est un but en soi.

        1 autres commentaires
    • vieilanarfatigué
      vieilanarfatigué répond à Rivendell
      Changer le monde, c'est se (...)
      • Posté à 16h31 le 17/01/2012
      • Internaute 125168
        Changer le monde, c'est se (...)

      Une question sur la compétition à l’école, au sens propre ? : un de mes gosses, actuellement en seconde est un petit gabarit (10 à 15 cms en dessous de la moyenne ) et se prend des tôles en EPS car il n’arrive pas aux mêmes performances que ceux qui font 15 cms de plus que lui ! Alors, comment on fait ?
      Autre question : Dans son lycée de bons bourges friqués, les 3/4 des gamins ont des profs particuliers à la maison et évidemment, ces 3/4 là, ont les meilleurs résultats et mettent un bordel pas possible en cours, évidemment : alors la compétition s’effectue là sur la base du pognon des parents....le système étant alors corrompu !
      Autre chose : la compétition sur le plan économique ça donne quoi ? des pays avec des dettes et des millions de chômeurs et d’autres qui exploitent des gens dont certains s’en mettent plein les poches, et qui polluent la planète à la rendre invivable. Je ne parle pas des guerres et des compétitions pour le pouvoir, qu’ils soient idéologiques, religieux etc...
      Alors , si l’école s’oriente vers un enseignement dans lequel les enfants apprennent à apprendre autre chose que la facilité et l’arrogance d’être plus fort que, d’en avoir une plus grosse que,bref , si elle s’oriente vers autre chose que l’école de cromagnon , n’est ce pas un progrès, une alternative ?

      • temudjin1155-
        temudjin1155- répond à vieilanarfatigué
        Horror humanum est
        • Posté à 19h52 le 17/01/2012
        • Internaute 127128
          Horror humanum est

        La compétition est un moteur pour la création, ce n’est donc pas malsain. Il suffit de voir l’énergie que cela dégage dans des projets bénévoles comme dans les communautés de développeurs de logiciels libres, par exemple. A la fin, c’est la meilleure contribution qui sera retenue. Cependant, question de goût, rien n’empêchera ceux qui le souhaitent, d’utiliser une alternative qui a vu le jour dans cette compétition.

        Ce n’est pas le principe de compétition qui est à mettre en doute, c’est le système qui délimite son champs d’action. Et ce système qui a été mis en place il y a quelques décennies est un non-sens total.

        Les marchés ne sont pas libres car l’Etat (encore lui) met ses gros doigts boudinés et fout la merde.
        Sur les marchés libres, la compétitions se fait plus sur le long terme car les entrepreneurs savent pertinemment que les investissements, les contrats et prises de risques sont bien mieux évalués entre les parties. Une des raison est que s’ils se plantent, ils ne seront pas renfloués par les deniers publics sous prétexte qu’on est pote avec le président de la république et que ce dernier décide de faire d’une entité privée, une entité d’utilité publique.

        Concernant l’école, la réussite ne peut pas sourire à tout le monde, au même moment, quelque soit le domaine. J’imagine que votre fils souffre peut-être de cette différence concernant sa taille, peut-être faut-il en discuter avec son prof de gym. Peut-être s’en sort-il mieux dans d’autres domaines et c’est tant mieux. Le mien fait sa crise d’adolescence et ne rêve que de glander. Je discute avec lui pour le motiver, mais je ne vais pas nier l’élève que j’ai été donc je reste réceptif à sa situation. Sa mère pense que la contrainte fonctionne mieux. En attendant, il ne se responsabilise pas. Si ça se trouve, il n’est pas fait pour l’école. Il n’arrive pas lui même à situer ses aspirations et donc faire des choix pour son avenir. J’ai l’impression qu’il se dit que ce qui l’entoure a une cohérence intangible. Et pourquoi l’en blâmerais-je ? Pour finir bac+5 ou 6 et ne pas trouver de boulot ?
        Etre mieux positionné sur le marché du travail après avoir fait des études courtes mais en ayant appris un métier et travailler de ses mains ?
        Lui avoir promis comme héritage l’esclavage de la dette publique et une vie dirigée par des bureaucrates crapuleux fascisants à la botte des corporations ?

        Si des gosses de bourges bénéficient de cours particuliers, ils ne sont pas responsables de la situation sociale dans laquelle ils évoluent même si on peut leur reprocher de se comporter comme des petits cons. Il est même certains cas où ce sont les profs qui sapent leurs élèves et dans ce cas, ce sont des grands cons.
        Si l’école ne communique pas avec les parents de ces gamins, c’est qu’elle ne prend pas ses responsabilités et qu’il y a peut-être un abcès à percer.
        Bien sûr, il y a un sentiment d’injustice car ils viennent dans la vie publique pour foutre la merde et gêner les autres.
        Il n’y a pas de contexte idéal, j’en ai bien peur.
        Peut-être que si, mais dans ce cas, c’est tout le système éducatif qu’il faut réformer. Peut-être qu’il faudrait se recentrer sur une façon d’administrer l’enseignement de façon plus locale. Ce serait à mon avis profitable pour résoudre des problèmes qu’on a du mal à personnaliser autrement.

        En tous les cas, vous n’auriez pas été plus à l’aise si vous aviez du mettre votre fils dans une ZEP où il aurait rencontré d’autres types de problèmes - à moins que cela ait été le cas et donc vous avez déjà une idée sur la chose.
        Personnellement, j’ai fait toute ma scolarité à Bobigny, je ne vais pas vous faire un dessin ;) Et en plus je détestais l’école - Je crois bien que je la déteste toujours d’ailleurs.
        Je la détestais justement en partie à cause du diktat de l’Etat en matière d’éducation. C’est comme un poids que je sentais en permanence, qui m’étouffait et pour m’en délivrer il est arrivé un moment, je n’allais plus à l’école que pour voir mes potes et faire le con.

        Le problème donc, à mon avis, c’est l’Etat.
        A chaque fois qu’il met ses gros doigts boudinés quelque part, c’est pour foutre la merde et scléroser la compétition, l’innovation tout en donnant l’illusion de la promouvoir. Le problème c’est que l’environnement n’est pas saint et les principes qui le composent enseignent plus à devenir bon en étant un vautour compétiteur qu’à devenir un bon compétiteur.

        Le diktat de l’Etat concernant la santé, par exemple, serait à bannir également. Je viens de monter une expo sur des personnes atteintes du cancer pour lesquelles, les chances de rémission sont quasi-nulles, dans un service très particuliers. L’accompagnement de ces hommes, femmes et enfants dans leur maladie, sort des sentiers battus et pourtant permet au malade et à son entourage de vivre d’une manière plus humaine ces étapes difficiles. Les institutions, elles, rejettent en bloc cette approche. Ainsi, elles ne procurent aucune aide à ce service car il fonctionne de façon alternative, elles vivent cette façon de faire comme une concurrence négative parce qu’elles sont trop centrées sur leur nombril. Elles rejettent donc cette façon de faire et implicitement nient toute compétition. Ceux qui gèrent ce service, préfèrent encore ne pas obtenir d’aides de l’Etat et garder la dignité d’offrir la dignité lors de moments terribles, pour ceux qui souffrent.
        Si l’on refusait le principe même de compétition, cette expérience n’aurait jamais vu le jour.

        Les pays ont des dettes car aucun de leurs dirigeants respectifs n’ose s’attaquer à la source du problème. Les banques centrales et le système de création de la monnaie et la fédération antidémocratique des pays. Tout ce qu’on est capable de faire, c’est coller des rustines à une chambre à air qui a plus la gueule d’un patchwork de rustines aux fuites multiples qu’à une chambre à air neuve et de qualité. Comme ça profite à un tout petit nombre et qu’il vit les choses très bien ainsi... Pourquoi changer ? « Après moi le déluge ! ».

        C’est du grand n’importe quoi mais avec un peu d’obstination, on s’y fait et un jour on est accroc ;)

         
        • Autist Reading -
          Autist Reading - répond à temudjin1155-
          In enculo cum vibro
          • Posté à 07h34 le 18/01/2012
          • Internaute 73535
            In enculo cum vibro

          N’importe quoi.

          La compétition moteur de création...

          Et les marchés ne sont pas libres parce que c’est le patron qui fixe le prix du travail unilatéralement et que si les salariés lui foutent trop la pression, l’Etat envoie les CRS.
          Et ça ne date pas de trois décennies, mais de l’invention de la propriété privée, et de l’Etat (la force publique) qu’il a fallu inventer ensuite pour faire respecter cette propriété (à coups de CRS...)

          Et je suis sûr que vous ne voulez pas que l’Etat arrête de prélever un impôt pour l’école, mais que vous voulez que l’Etat prélève l’impôt et le remette immédiatement à des privés.

          Ce qui vous dérange, c’est pas le flic, c’est le service public assuré par le secteur public.

          Pourtant, si vous avez trouvé l’école nulle et pire aujourd’hui, c’est que depuis la guerre on n’a cessé d’affecter de plus en plus d’argent public au secteur privé.

          Et votre histoire de cancéreux n’a rien à voir avec la compétition.
          C’est pas pour mettre un tôle au service cancérologie que des gens ont cherché à améliorer le sort des condamnés.
          Par contre, c’est par esprit de compétition que tous les richards qui pourraient financer ce genre de service dans chaque département font tout pour se substituer à l’impôt.

          Enfin, on se demande ce que le couplet sur l’UE vient foutre là...

          • framboise92
            framboise92 répond à Autist Reading -
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 07h42 le 18/01/2012
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            +++++

          • temudjin1155-
            temudjin1155- répond à Autist Reading -
            Horror humanum est
            • Posté à 12h02 le 18/01/2012
            • Internaute 127128
              Horror humanum est

            « N’importe quoi »
            Vous commencez bien. L’arrogance chère à nos compatriotes et qui fait notre réputation dans le monde.

            Oui le patron fixe les prix, mais vous oubliez un détail dans votre raisonnement. C’est que la stabilité des prix est fixée par la banque centrale. A partir du moment où ce ne sont pas les marchés libres qui déterminent les prix, la banque à tout jeu de les stabiliser, dans une économie où la planche à billets semble être la solution préférée des dirigeants, la monnaie perd de sa valeurs et pour nous c’est de l’inflation.

            Ce n’est pas moi qui veut plus d’Etat si je m’en tiens à ce que vous dites. Vous reprochez aux patrons d’envoyer des CRS pour résoudre des conflits et en même temps vous vous complaisez dans un système qui ne fait qu’accroitre la présence de l’Etat.

            Et oui, la compétition est un moteur à la création. On a pas attendu Autist Reading pour créer, innover par le biais de la concurrence. J’imagine que le diktat des ouvriers apporterait plus de réponses positives...

            « Et je suis sûr que vous ne voulez pas que l’Etat arrête de prélever un impôt pour l’école, mais que vous voulez que l’Etat prélève l’impôt et le remette immédiatement à des privés. »

            Votre certitude, vous pouvez vous la garder.
            Vous n’expliquez même pas sur quoi vous la fondez d’ailleurs. Mais j’imagine que ça être inhérent à ce dont je parlais plus haut : L’arrogance.

            Je suis contre toute forme d’impôt. Vous n’allez pas me contester le droit d’avoir cette positionnement tout de même ?
            Je suis pour un état restreint et pour les marchés libres.
            C’est, à mon avis, de cette façon qu’on ne biaise pas à renflouer avec l’argent public des sociétés privées qui ont mal investi, qui se sont plantées et qui doivent assumer leurs erreurs.

            « Ce qui vous dérange, c’est pas le flic, c’est le service public assuré par le secteur public. »
            La encore vous vous trompez et c’est bien vous méprendre sur mes dispositions quant aux flics. Mais nous n’avons peut-être pas la même définition de la liberté.

            Le problème du secteur privé c’est que justement, il ne peut pas s’exprimer comme il devrait pouvoir le faire du fait de l’environnement qui lui est imposé par l’Etat. Voilà pourquoi il y a de mauvais investissements, la tentation de la dépense, la connivence dans certains cas et j’en passe.

            Je ne nie pas qu’on a affecté de l’argent au secteur privé et c’est bien ce que je reproche. Mais si cela a pu être possible, c’est surtout à cause de l’environnement qui a été mis en place.

            « Et votre histoire de cancéreux n’a rien à voir avec la compétition. »
            Je vous trouve bien prétentieux. Vous savez, cette expo sur ce service dont je parlais, a été faite par un photographe avec qui j’ai longuement discuté. Il m’a expliqué dans quelles conditions ce projet avait vu le jour. Quand les gens envoient leur enfant dans ce service, c’est qu’il n’ont pas trouvé de réponse à leurs attentes dans les services que j’appellerais « conventionnels ». Et pourquoi ? Comme je l’ai dit dans mon précédent post, parce que l’approche est différente et ne convient pas aux institutions. Du fait que ça ne correspond pas aux méthodes de l’Etat, ce dernier tourne le dos à ce service. Point.
            Et pourtant, si des familles se retournent vers ce service, c’est que cela répond bien à un besoin réel.

            Et pour répondre à votre dernier commentaire, faites la corrélation entre mon positionnement sur les marchés libres et la réalité du système qui est le notre mais je doute que cela soit à votre portée tant ce qui ne ressemble pas à votre vision est sujet à votre mépris.

            • Autist Reading -
              Autist Reading - répond à temudjin1155-
              In enculo cum vibro
              • Posté à 16h16 le 18/01/2012
              • Internaute 73535
                In enculo cum vibro

              « Je suis contre toute forme d’impôt. »
              « Je suis pour un état restreint “

              Restreint à quoi ?
              Sans aucun impôt, il n’y a pas d’Etat possible, aussi restreint soit-il.

              Et surtout sans Etat, il n’y a pas de propriété privée qui est la base de votre marché.

              Le marché à nécessairement besoin d’Etat, ne serait-ce que pour faire respecter la propriété privée, c’est bien pour ça que les communistes sont pour détruire l’Etat en le rendant inutile, par l’abolition de la propriété privée.

              Vous n’avez toujours pas expliqué en quoi l’esprit de compétition est intervenu dans la création de votre service pour condamnés.
              Ni dans dans le travail en bonne intelligence qui a nourri l’humanité depuis des millénaires, malgré l’esprit de compétition et de razzia des gens d’armes.

              • temudjin1155-
                temudjin1155- répond à Autist Reading -
                Horror humanum est
                • Posté à 17h21 le 18/01/2012
                • Internaute 127128
                  Horror humanum est

                restreint à son strict minimum.
                Donc le minimum d’impôts.
                Protéger les libertés individuelles, la propriété et investir dans la défense.
                Malheureusement la propriété privée n’est pas, à mes yeux, assez protégée par la constitution.

                Je l’ai expliqué, mais vous vous refusez à le comprendre.
                Ce service tente de faire changer les mentalités et donc innove en gardant sa ligne directrice. Ils répondent à une demande en créant un service qui va contre l’ordre établi en espérant inspirer d’autres établissement.

                Par ailleurs, comme je l’ai expliqué dans ma réponse à veilanarfatigué, les différentes distributions Linux sont en compétition à savoir quelle distribution sera la plus utilisée et qu’est-ce qui fait qu’elle est plus utilisée qu’une autre. Cependant, ça n’empêche pas, car le modèle est open-source de faire bénéficier autrui de ses avancées.
                Je ne vois pas la compétition comme une finalité mais comme un stage vers la coopération.

                • Autist Reading -
                  Autist Reading - répond à temudjin1155-
                  In enculo cum vibro
                  • Posté à 04h15 le 19/01/2012
                  • Internaute 73535
                    In enculo cum vibro

                  Vous gardez les flics et les militaires, et vous jetez l’instruction, la santé et le reste des services publics.

                  Pour protéger la propriété privée de l’open source...

                  • temudjin1155-
                    temudjin1155- répond à Autist Reading -
                    Horror humanum est
                    • Posté à 10h20 le 19/01/2012
                    • Internaute 127128
                      Horror humanum est

                    **Éclat de rire ! ! ! **
                    C’est l’effet que m’a procuré votre post au réveil ! MERCI ! ;)

        • vieilanarfatigué
          vieilanarfatigué répond à temudjin1155-
          Changer le monde, c'est se (...)
          • Posté à 10h33 le 18/01/2012
          • Internaute 125168
            Changer le monde, c'est se (...)

          Sacré réponse. Je crois que pour fonctionner , certains ont besoin de se « mesurer », d’en « découdre » pour employer un mot un peu fort , d’écraser l’autre. Les ricains ont cette mentalité et pas mal de nos concitoyens. Cela n’est pas compétition , cela est - me semble t il -révélateur d’un conflit qu’ils ont en eux - et qu’ils essaient de résoudre comme cela. Ce ne serait pas très grave, si cela ne s’infiltrait pas dans des idéologies économiques et politiques pour créer le chaos que nous connaissons.
          Je suis d’accord par contre sur le fait - vous dites l’Etat, mais il s’agit du pouvoir en général, notamment et de plus en plus les collectivités locales- au lieu de réguler le système prend toute nouveauté pour une agression potentielle et emmerde le « porteur de projet » jusqu’au dégout. Parfois, il adhère mais se donne le temps de mesurer et de mesurer encore les responsabilités. Sur ce point, l’irresponsabilité des fonctionnaires est patente, mais peut on leur en vouloir dans un système où on les a confinés à n’appliquer que des textes. Alors, entre la névrose des uns, l’irresponsabilité des autres, tout se met à bloquer et à coincer l’énergie qui devrait faire émerger de belles choses.
          Si on veut changer ça , c’est soi qu’il est besoin de changer.Je n’arrête pas de le répéter car c’est évident.

          • temudjin1155-
            temudjin1155- répond à vieilanarfatigué
            Horror humanum est
            • Posté à 12h13 le 18/01/2012
            • Internaute 127128
              Horror humanum est

            Ceux qui veulent obligatoirement en découdre ont un problème d’égo, non ? Etre américain ne signifie pas obligatoirement être un salaud sans coeur. Quand vous prenez l’exemple des logiciels libres, ils sont développés en général par des bénévoles (y’a même des américains, qui l’eut cru). Si vous prenez l’exemple des différentes distributions Linux, elles sont en compétition pour apporter les meilleurs environnements de travail et faciliter la prise en main par l’utilisateur et chacune apporte son lot de nouveautés. C’est une compétition positive.
            Je suis tout à fait d’accord avec votre dernier commentaire.

            • Autist Reading -
              Autist Reading - répond à temudjin1155-
              In enculo cum vibro
              • Posté à 16h22 le 18/01/2012
              • Internaute 73535
                In enculo cum vibro

              Comme le dit Otsu, juste en-dessous, et comme l’avait déjà dit Darwin dans La filiation de l’homme, ce n’est pas la compétition qui fait progresser l’humanité, mais la coopération.

              Sauf la coopération avec ceux qui mettent en compétition les travailleurs, bien entendu...

            • vieilanarfatigué
              vieilanarfatigué répond à temudjin1155-
              Changer le monde, c'est se (...)
              • Posté à 19h32 le 19/01/2012
              • Internaute 125168
                Changer le monde, c'est se (...)

              Oui, il existe le mot émulation que je préfère, c’est plus vieillot et moins sportif mais peut être plus précis. Les ricains ne sont pas des salauds - les généralisations mènent au « généocide “ au racisme, mais ils adorent jouer et parier, pour tout et rien , et nous n’avons pas cette culture, ils fonctionnent différemment.
              bien à vous.

          • Otsu
            Otsu répond à vieilanarfatigué
            Orang-outang à la recherche de (...)
            • Posté à 12h17 le 18/01/2012
            • Internaute 89908
              Orang-outang à la recherche de (...)

            Je me demande alors comment des projets comme wikipédia fonctionnent et tout ce qui est open-source aussi...

            Vous savez ce qui vaut vraiment la peine et qui est vraiment dur parce qu’on ne l’apprend pas suffisamment, c’est la coopération... Travailler en équipe, utiliser toutes les capacités de chacun pour créer quelque chose de viable et réussir à le faire en étant efficace et en passant sur les conflits de personnalité...

            La coopération devrait être la valeur de l’école pas celle d’écraser l’autre... déjà que l’école c’est souvent la loi de la jungle, du plus beau, du plus fort, du plus intelligent..

            Ce n’est pas déraisonnable d’espérer que l’école devienne un lieu d’apprentissage de la solidarité, de l’entraide et de la coopération...

            • vieilanarfatigué
              vieilanarfatigué répond à Otsu
              Changer le monde, c'est se (...)
              • Posté à 19h38 le 19/01/2012
              • Internaute 125168
                Changer le monde, c'est se (...)

              Je partage entièrement votre avis. Pour manager des équipes projet à longueur de temps, la mise en synergie de plusieurs compétences est extrêment enrichissant pour toutes les composantes de l’équipe. C’est pas toujours très simple . Par ailleurs le temps est fini où une seule personne compilait assez de compétences pour mener à bien seul une réalisation. Les techniques se sont tellement diversifiiées et complexifiées que même les polytechs n’y arrivent plus ! L’école n’apprend rien du travail en équipe et c’est effectivement une lacune grave de cette institution que vous évoquez. Mais comment les profs , seuls dans leur classe pourraient enseigner cela ? pas évident mais pas impossible !

        13 autres commentaires
      • Rivendell
        Rivendell répond à vieilanarfatigué
        Suppot de satan
        • Posté à 10h34 le 18/01/2012
        • Internaute 102483
          Suppot de satan

        C’est ce que je dis et rien de plus : il faut une notation juste et représentative du métier éspéré (arrêter les examens qui ne demandent que du par coeur et du calcul de tête alors que tout le monde à des bouqins et un ordinateur sous la main dans les vrais conditions de travail par exemple), qui permette à la fois de former véritablement l’élève et de trier ceux qui peuvent réellement faire le métier qu’ils éspèrent, en fonction des compétences de chacun et des débouchés réels de la formation. Parce que c’est bien beau de former des milliers de coiffeuses, de psys, et d’esthéticiennes par an, si c’est pour après les foutre au chômage...

        Donc clairement, on me laisserait faire, votre fils aurait le droit de dire « je ne m’interesse pas à une carrière dans le sport », et pourrai arrêter l’EPS, pour se concentrer sur les matières qui l’intéresse vraiment. Il pourrait également se lacer dans des études de psychologie des sciences, mais on lui dirait d’entrée que vu le nombre d’inscrit et le nombre d’emploi à la sortie, il n’a que 0.1% de chance d’avoir son diplôme et qu’il va donc logiquement, s’en prendre plein la gueule. A moins qu’en connsaissance de cause il s’engage vers une voie plus clémente.

        Bref, laisser le choix aux élèves, mais un choix en connaissance de cause et un choix qui n’impliquerait pas forcément d’avoir le droit au diplôme espéré, comme c’est le cas aujourd’hui et qui amène des gens à avoir un bac inutile sur le marché de l’emploi, pour aller se casser les dents pour la moitié en première année de licence, ou des diplômés de licence à ne pas avoir de place en master. On me laisserait faire il y aurait moitié moins de bacheliers, et certaines licences seraient beaucoup plus dures. Tout ce qu’on arrive à créer par cet arrêt de la compétition à l’école, ce respect religieux du choix de l’élève, ce sont des diplômes inutiles, puisque tout le monde peut les avoir et/ou, qu’il n’y a pas de débouché à la sortie.

        (pour ce qui est des cours particuliers j’ai tout de même précisé, dans mon commentaire précédent : « exit les écoles d’ingé où il suffit de payer pour avoir un diplôme, exit le “ réseautage ”, exit les cours privés »)

         
        • vieilanarfatigué
          vieilanarfatigué répond à Rivendell
          Changer le monde, c'est se (...)
          • Posté à 19h46 le 19/01/2012
          • Internaute 125168
            Changer le monde, c'est se (...)

          Je pense que vous évoquez avec justesse le problème cruel de l’orientation. L’école est absolument dans l’incapacité d’orienter qui que ce soit,sauf les quelques privilégiés qui savent dès le berceau ce qu’il veulent faire ! Donner le choix aux élèves , certes, mais comment le pourraient ils alors que depuis leur plus tendre enfance , on les a encadrés, on a pensé à leur place, on les a éteints dans une obéissance sans limite à l’autorité, et du jour au lendemain on leur donne le choix ! Sans compter que l’adolescence est une période très difficile ou les gouts changent, les aspirations aussi , etc...sans compter qu’aujourd’hui on demande à être mobile géographiquement et intellectuellement (perso j’ai changé 7 fois de métier et 10 déménégements ) alors choisir 1 métier....pas simple.

          • Rivendell
            Rivendell répond à vieilanarfatigué
            Suppot de satan
            • Posté à 09h30 le 20/01/2012
            • Internaute 102483
              Suppot de satan

            Celui qui y croit vous dira qu’il existe des conseillers d’orientation... sauf qu’ils conseillent l’orientation des élèves en fonction de leur « profil » (qui mêle leurs envie, leur moyenne, pas les notes une par une hein, la moyenne, et leur profil social, mais pas les débouchés réels) et qu’à la fin il y a toujours QU’UNE SEULE voie qui est conseillée à l’élève. Et il faut voir les clichés employés... une file qui va voir un conseiller d’orientation (ou une conseillère) a toute les chances de se voir conseiller la filière littéraire si elle est « forte » à l’école, ou les carrières de sanitaire et sociale si elle est « mauvaise »... exit les métiers physiques ou mécaniques. Une fille garagiste ? et puis quoi mencore ?

            Alors que bon sang c’est pas compliqué de dire aux élèves leurs chances réelles de réussite...

        2 autres commentaires
  • CitizenSim
    CitizenSim
    Au monde
    • Posté à 15h45 le 16/01/2012
    • Internaute 114259
      Au monde

    Il est en effet vital de repenser l’enseignement vers un « travailler autrement ». Le modèle pédagogique dominant d’inculcation de savoirs n’est à mon sens pas ou plus adapté à la société actuelle.
    Contrairement à ceux qui vont me dire que l’école doit être dure et contraignante parce que le monde social est dur et contraignant, que l’école doit développer la compétition parce que le monde social développe la compétition, il me semble que l’école doit être au contraire un espace collaboratif et apaisé des contraintes du dehors. Parce que l’école n’a ni vocation à former des travailleurs ni à former des compétiteurs ni à soumettre les enfants aux lois du monde de requins dans lequel nous vivons.
    Les projets que vous défendez me semblent aller dans ce sens.

    Toutefois si vous espérez un instant que ces modèles pédagogiques introduiront une once de justice sociale dans l’institution scolaire je pense que vous vous fourrez le doigt dans l’œil. L’école est par construction l’appareil de reproduction de la structure sociale. Vous pouvez innover tant que vous voulez rien n’y changera. Parce que les problèmes de l’école ne sont pas dans l’école. L’injustice scolaire est plus liée au monopole de la culture scolaire légitime par une élite restreinte qu’a telle ou telle pratique pédagogique.
    L’inégalité scolaire se construit plus hors de l’école que dans l’école. Attaquons nous à l’inégalité sociale en dehors de l’école et l’école ira mieux, attaquons nous au chômage de masse et « l’échec scolaire » déclinera. Il est d’ailleurs particulièrement intéressant de noter à ce titre que la notion d’« échec scolaire » est apparu en même temps que le chômage de masse. Qu’importe l’échec scolaire si un débouché existe malgré tout.

    Pour finir j’approuve votre conclusion : laissons aux enseignants le soins d’enseigner et un grand pas sera déjà fait.

    • STEFFEN Louis
      STEFFEN Louis répond à CitizenSim
      ancien enseignant réformateur
      • Posté à 16h19 le 16/01/2012
      • Expert 25070
        ancien enseignant réformateur

      Monsieur anonyme
      Vous écrivez d’abord ceci : « ... les problèmes de l’école ne sont pas dans l’école ». Puis vos ajoutez cela : « L’injustice scolaire est plus liée au monopole de la culture scolaire légitime par une élite restreinte qu’a telle ou telle pratique pédagogique. » Et vous ne voyez pas l’énorme contradiction de vos phrases successives qui crève les yeux du plus myope. Le « monopole de la culture scolaire légitime par une élite restreinte » est au coeur de l’école, il lui est constitutif et détermine précisément les « pratiques pédagogiques » comme l’a montré Pierre Bourdieu. L’inégalité scolaire est donc aussi et peut-être principalement produite par l’école.
      Mais vous appartenez sans doute à cette catégorie de défenseurs de l’école républicaine qui n’ont pas le courage d’un regard critique sur une institution qui les a promus et qui préfèrent attribuer la responsabilité de l’injustice à la société globale. Le malheur veut que ce soit l’histiore et la pensée commune de bien des enseignants.

      • CitizenSim
        CitizenSim répond à STEFFEN Louis
        Au monde
        • Posté à 17h31 le 16/01/2012
        • Internaute 114259
          Au monde

        J’ai peut être un peu forcé le trait en écrivant que « ... les problèmes de l’école ne sont pas dans l’école. » Ce que je veux dire c’est qu’ils ne sont pas QUE dans l’école. Et que les discours habituels sur l’école focalisent trop sur le contenu des pratiques, des programmes, sur la qualité des enseignants... et pas assez sur le contexte économique et social dans lequel l’école est encastrée.
        Je ne suis toutefois pas sûr d’être totalement d’accord avec vous quand vous dites que « le monopole de la culture scolaire légitime » est « au cœur de l’école. » Bernard Lahire montre bien dans ces recherches en sociologie de l’éducation (et particulièrement dans « l’invention de l’illettrisme ») que la « forme scolaire » ou « culture scolaire légitime », s’étend bien au delà de l’école et qu’elle tend à s’imposer dans d’autre sphères sociales, et particulièrement dans le monde professionnel.
        En effet c’est l’école qui est le vecteur privilégié de la transmission du capital scolaire, mais celui-ci se transmet aussi par la famille et le groupe des pairs. Et ce que je pointe, c’est moins la reproduction comme processus que le « monopole » comme accumulation par les dominants qui se joue aussi et très largement à l’extérieur de l’école.
        Quand à Bourdieu et Passeron, certes ils pointaient le rôle majeur de l’école dans la reproduction sociale, ils étaient toutefois très pessimistes quand à la possibilité d’atténuer la reproduction sans une transformation fondamentale de la structure sociale dans son ensemble.

        « Mais vous appartenez sans doute à cette catégorie de défenseurs de l’école républicaine qui n’ont pas le courage d’un regard critique sur une institution qui les a promus et qui préfèrent attribuer la responsabilité de l’injustice à la société globale. »

        Vous auriez pu m’épargner cette sortie. Ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec vous que vous devez nécessairement dévaluer mon propos en la ramenant à une origine sociale que vous ne connaissez pas. D’autant que je trouve étonnant que vous tiriez de ma contribution que je suis un défenseur de l’école républicaine. Excusez moi de n’être pas assez critique mais je ne sais pas ce qu’il vous faut...

        « Le malheur veut que ce soit l’histoire et la pensée commune de bien des enseignants. »
        Je plussoie totalement, et vous fait remarquer qu’entre nous c’est vous l’enseignant !

  • amarré
    • Posté à 17h26 le 16/01/2012
    • 174877

    Comme je n’ai rien compris à la prose de romero, je me suis dit que le programme de EELV (c’est la signature de la brochure) ne pouvait être que plus clair.
    En tout cas, j’y ai lu que l’école maternelle était appelée à disparaître remplacée par ce qui ressemble furieusement aux « Jardins d’enfants » prônés par la droite la plus réac et la plus cléricale : « Mettre en place un service public local de la petite enfance et promouvoir le secteur associatif et
    solidaire ».
    On retrouve la même patte néolibérale dans le projet de l’« école fondamentale » (sic) qui « rend l’école à ceux qui la vivent : “• Créer, au niveau local, de nouvelles instances pour définir les projets éducatifs locaux et les moyens
    alloués à l’éducation prioritaire.”
    Autrement dit remettre les enseignants sous la coupe du maire et du curé et revenir plus de cent ans en arrière à la loi Guizot, 1833.

    • Veum
      Veum répond à amarré
      doctorant
      • Posté à 15h51 le 17/01/2012
      • Internaute 23064
        doctorant

      Vous n’avez rien compris non plus au projet d’EELV...

      Les écologistes sont pour offrir de nouveaux droits, en matière d’école maternelle notamment. Tous les enfants auront le droit d’être en maternelle dès deux ans, mais si des projets éducatifs différents sont souhaités, ils seront possibles. Pas question de supprimer les maternelles !
      Pour les projets éducatifs locaux, il s’agit de projets définis en autonomie par les enseignants, et non aux ordres d’un chef, fût il chef d’établissement.

      • amarré
        amarré répond à Veum
        • Posté à 17h04 le 17/01/2012
        • 174877

        J’aurais préféré que, dans ce qui sert de plate-forme programmatique à EELV, le terme « école maternelle » fut présent et que l« l’école fondamentale » ne commença pas à 6 ans... cela m’eut rassuré...
        Quant aux nouveaux droits, commençons par réaffirmer le droit à une école (de la maternelle à l’université) qui assure l’égalité pour tous au savoir et à la culture. Et pas une culture et un savoir définis et adaptés par rapport aux besoins locaux comme cela est déjà en usage dans les facs et les lycées (pros ou non)

         
        • framboise92
          framboise92 répond à amarré
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 07h53 le 18/01/2012
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          .oui, c’est ce que la maternelle mourante défend, car elle pratique cela depuis des lustres.

        1 autres commentaires
    • framboise92
      framboise92 répond à amarré
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 07h58 le 18/01/2012
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Votre post me donne à penser qu’en fait, les gens ne connaissent pas assez de façon transparente la pédagogie de projet, la psychologie et la pédagogie dans ses détails. Mais, vous, au moins vous pensez intelligemment !
      Pour faire de la transparence pédagogique, il faudrait un kilomètre d’explications car la maternelle est su riche d ’expérience, de vécu, que cela implique un véritable travail pour rendre compte de nos expériences, vécus et recherches, et surtout de résultats.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 17h54 le 16/01/2012
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    N’empêche qu’il n’y a que le FdG qui propose d’abolir la loi debré de 1959 qui oblige l’Etat à financer les écoles privées, catholiques, coraniques ou autres, au détriment de l’école laïque et républicaine.

    L’école publique a été inventée pour sortir les gamins de la fatalité de la reproduction sociale entretenue par les frères ignorantins et qui faisait qu’un fils de boucher n’avait d’autre horizon que la boucherie.

    C’est le retour des calotins et de la famille dans cette institution de la République qui salope cette noble entreprise.

    Cela a commencé dès les lois Astier de 1919, cela a continué avec les lois Marie et Barangé de 1951, puis avec la loi debré de 1959, avec la loi pompidou de 1971, avec la loi Guermeur de 1977, avec la loi Rocard de 1984, avec la loi Jospin de 1989, avec l’accord Lang-Cloupet de 1992, avec l’article 89 de la loi d’août 2004, et la loi Carle. Lien

    Le problème de l’école n’est pas qu’elle est archaïque parce qu’elle date de 1881, mais bien qu’elle a été réformée et re-réformée depuis cette date.

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 16h04 le 17/01/2012
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    « ou bien ils seront contraints de contraindre les enfants dans une école de malheur qui conduira le monde à l’abîme. » Mais pourquoi employez vous le futur ? Les enfants n’apprennent que sous la contrainte et le monde a coulé depuis des lustres dans un chaos indescriptible. J’aime bien votre papier mais j’aurais aimé avoir votre avis - ou celui de EELV - sur ce qu’est « apprendre » ?

  • Cannibal Ferox-
    Cannibal Ferox-
    mangeur de chouineur
    • Posté à 16h09 le 17/01/2012
    • Internaute 159072
      mangeur de chouineur

    Bon, déjà, c’est plus clair que le 1/2. Au moins c’est compréhensible. Je ne vois d’un mauvais oeil le travail en équipe, loin de là. Mais peu d’enseignants y sont prêts. Un exemple : avec quelques collègues (2) nous avons mis en commun dans un classeur des séquences de français et d’histoire-géo à disposition de ceux qui désiraient d’autres approches. Elles ont été consultées, mais aucun autre collègue n’a eu l’idée d’y participer.

    Avec les nouveaux statuts et les tendances actuelles en matière de formation et de recrutement, c’est plutôt l’inverse qui va advenir.

    • framboise92
      framboise92 répond à Cannibal Ferox-
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 07h52 le 18/01/2012
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      parfois, les collègues sont lourds et pantouflards.

      • Otsu
        Otsu répond à framboise92
        Orang-outang à la recherche de (...)
        • Posté à 12h28 le 18/01/2012
        • Internaute 89908
          Orang-outang à la recherche de (...)

        C’est surtout que la transdisciplinarité c’est bien joli... mais ça demande du travail en amont et que les professeurs n’ont pas été formés à ça...

        donc il y en aura toujours qui tenteront l’expérience et d’autres qui préféreront enseigner d’une manière qu’il maitrise...

        Si déjà tout les profs avaient le BAFA d’entrée de jeu et qu’on les formait à travailler en interdisciplinarité avec toutes les autres matières...

        là, ils pourraient faire des choses...En l’état actuel des choses, faut pas rêver, les choses ne changeront pas..

         
        • framboise92
          framboise92 répond à Otsu
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 15h27 le 18/01/2012
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Il n’est pas besoin d’être formés, je pense, si l’on en veut, on peut !
          Nous avons communiqué régulièrement avec l’élémentaire, et certaines font des efforts, d’autres non.
          Je pense pouvoir dire sans vergogne qu’ il leur manque de l’investissement personnel, car nous avons tout fait pour les mettre à l’aise.
          Je pense qui à une forme d ’––––-incompétence ––––, de paresse intellectuelle et de maque d’énergie, c’est pour dire ! ! Il leur manque une dimension !
          Oui, le bafa ou un séjur en maternelle.
          Dommage, elles ne se lâchent pas. Si elles savaient combien elles s’éclateraient ! C’est tellement plus gratifiant de travailler ainsi et de voir les élèves en action et la mine moins renfrognée.
          bises à vous !

        1 autres commentaires
  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 17h43 le 17/01/2012
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    en principe , lorsqu’on tient des propos incohérents , c’est qu’on est sous l’effet d’une drogue quelques-unes soient

    ben depuis quelques jours certains tiennent des propos incohérents, le pouvoir d’achat des français a grimpé de 10% en 4 ans
    ou la délinquance chute, ou encore plus c bordélique plus c normal (voir oin oin)
    tout ça le plus naturellement du monde, c’est ce qui a fait et continue de faire leurs dangerosité pour la frenchie, qui est dans un état impossible à redresser

  • n°5
    n°5
    Amen !
    • Posté à 22h35 le 17/01/2012
    • Internaute 156966
      Amen !

    Le meilleur programme en matière d’éducation ? Le programme du Front de Gauche. C’est un syndicat d’enseignants qui le dit :

    Lien

    • framboise92
      framboise92 répond à n°5
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 07h51 le 18/01/2012
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      ce n’est pas forcément le meilleur, mais au moins, il est réfléchi. (réflexions sur la psychologie de l’enfant et sur la pédagogie intelligentes)

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 07h49 le 18/01/2012
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    C’ est ce que je fais en maternelle depuis des lustres, rien à me reprocher, NESTOR.
    CORDIALEMENT e tbizzzzzzzzzzz

  • goom
    goom
    citoyen désabusé
    • Posté à 18h08 le 18/01/2012
    • Internaute 19294
      citoyen désabusé

    « Dans le même ordre d’idées, on peut constater, par exemple, que les enfants finlandais de 7-8 ans bénéficient de 608 heures d’enseignement par an quand les petits Français en subissent... 864 [...] Ainsi n’est-il n’est pas aberrant de penser qu’il est tout à fait possible de travailler autrement sans travailler plus longtemps... globalement. “

    Et ça marche aussi pour les moyens ? Parce que le leitmotiv des syndicats enseignants c’est quand même le manque de moyens, jamais la question de la bonne utilisation desdits moyens n’est posée. (et tant qu’à réagir, du coup faire mieux avec moins, c’est être efficace et efficient, c’est pas un gros mot dans l’éducation nationale ça ? : D )

    • framboise92
      framboise92 répond à goom
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 04h49 le 19/01/2012
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      les test pisa montre la france comme mediocre pour éduquer les enfants issus de l immigration car contrairement aux autres pays elle ne met pas assez de moyen pour aider les élèves en difficulté...

      • goom
        goom répond à framboise92
        citoyen désabusé
        • Posté à 08h36 le 19/01/2012
        • Internaute 19294
          citoyen désabusé

        des moyens financiers ou des moyens organisationnels ? Parce que mettre des moyens financiers c’est facile, surtout si on ne se soucie pas de savoir s’ils sont bien utilisés !

         
        • framboise92
          framboise92 répond à goom
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 09h37 le 20/01/2012
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          des personnes, des cars, du fric (budget municipal trop faible) mais du personnel aussi (rased, psychologue,maitre en plus dans une école et ne pas regrouper 3 écoles en une avec un seul dirlo comme on le fait à présent).
          trop long à vous expliquer !
          Personnellement, nos moyens nous les utilisons intelligemment et nous rajoutons avec nos propres moyens persos et avec une abnégation que vous êtes loin de soupçonner.
          biz

        • framboise92
          framboise92 répond à goom
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 09h40 le 20/01/2012
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          SONT LES PROFESSEURS , ceux qui ont la conscience de le faire qui se soucient, l’Etat s’en fiche et bien au contraire, il se décharge sur nous en sachant que ce qu’on fait est du domaine de notre investissement personnel.
          Jusqu’à quand ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
          ciaoooooooooooooo

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