Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Ascenseur asocial et suicide adolescent à Meyzieu

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 06/02/2008 à 14h55





A la maison d’arrêt d’Osny (Tendance floue).

Un adolescent vient de se suicider à l’EPM (Etablissement pénitentiaire pour mineurs) de Meyzieu, nous apprend Rue89 dans son article Prisons pour mineurs : série noire et polémique. Deux autres se sont évadés de celui de Marseille. Je viens d’entendre Rachida Dati parler de drame. Elle va donc s’empresser d’envoyer une escouade de psys. Car ces adolescents sont des malades, n’est-ce pas ? Alors pourquoi sont-ils en prison ?

Non, ce ne sont pas des malades, sauf exception bien sûr. Rachida Dati sait, comme tout le monde, mais pas mieux que tout le monde, que tout commence à la maison. N’ignorons pas, comme le fait le discours officiel, mais aussi celui de certains enseignants excédés, que le fait de naître dans un milieu socialement écarté de la culture dominante est extrêmement déterminant. Non pas que dans ces familles dites « défavorisées » , les enfants ne soient pas aimés, que les parents ne soient pas angoissés par l’avenir de leur progéniture, mais simplement, c’est une telle banalité de le dire, ils ne baignent pas, ces enfants, dans la culture, le monde, la langue et les mots de l’école dans laquelle ils vont pénétrer.

Tout commence donc là et se poursuit à l’école. Le cheminement est bien connu : difficultés pour maîtriser une langue qui ne se parle pas à la maison, difficultés d’apprentissage de la lecture-écriture qui persistent jusqu’en sixième, jusqu’en troisième et bien au-delà pour ceux qui vont au-delà, passages, que dis-je, chutes régulières dont chacune meurtrit, de « mauvaises classes » en classes de « soutien » , classes relais, ateliers relais et puis pour certains, les « bêtises » aidant, tous les « centres » , fermés, renforcés, jusqu’à la prison, ces EPM, maintenant.

Il en est pourtant qui réussissent, dit-on, qui décrochent des BEP, des bacs pro ou technologiques . Il y a des « réussites » pour tout le monde, des « réussites » qui pour d’autres seraient des échecs cuisants. Car la seule réussite qui vaille est celle qui se choisit comme sont en situation de le faire ceux à qui le temps et les moyens culturels sont donnés et comme ne sont pas en situation de le faire ceux qui n’ont ni le temps ni les moyens.

Je sais bien tous les « ascenseurs sociaux » que l’on peut opposer à cette description. Une seule question, cependant : combien d’enfants du VIIe (où se présente Rachida Dati) dans les EPM ? C’est tout dire.

Et l’on sait bien pourtant ce qu’il faudrait faire : en finir avec les ghettos et favoriser la mixité sociale dans la ville, construire une école démocratique, c’est-à-dire solidaire, qui se donne pour première mission, non pas de produire des ressources humaines mais de déceler et d’éveiller en cet enfant-là les potentialités, les talents qui sommeillent, et de travailler à partir de ces talents, de ces dispositions, de ces potentialités.

Ce n’est évidemment pas la voie qui vient d’être empruntée. Le nouveau pouvoir s’est au contraire jeté dans celle de la compétition et du « mérite » pour la plus grande réussite de quelques-uns et l’exclusion de nombreux autres. De sorte qu’ils ont raison, ces éducateurs qui refusent de cautionner une telle politique et le disent publiquement dans leur manifeste « La place des enfants n’est pas en prison. Nous ne travaillerons pas en EPM ! “ C’est un acte digne que celui-ci.

 ? Lire aussi : Prisons pour mineurs : série noire et polémique

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  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 16h13 le 06/02/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Et comment construire un système éducatif qui ne soit pas, à un moment ou à un autre « méritocratique » ?

    C’est, bien sûr, impossible, même si, comme dirait Rawls, nous ne méritons pas nos mérites.

    Ce qui faisait bien rigoler, avec raison, Nozick.

    • fanch
      fanch répond à Bardamu
      • Posté à 16h28 le 06/02/2008
      • Internaute 12160

      « Mérite » est-il incompatible avec « solidaire » ? Le problème soulevé n’est pas le système éducatif « méritocratique » mais plutôt « getthoiste ».

      • marie 75
        marie 75 répond à fanch
        • Posté à 10h17 le 08/02/2008
        • Internaute 3563

        la belgique sceptique sur le plan banlieue (libre belgique) :

        La Libre.be > Actu > Europe > Article

        Un plan pour les banlieues. Un de plus
        BERNARD DELATTRE

        Mis en ligne le 08/02/2008 

        Le candidat Sarkozy avait promis un « Plan Marshall ». Le Président Sarkozy dévoile ce vendredi un plan « Espoir Banlieues ». L’opinion est très sceptique. Il y a déjà eu tant de plans dans le passé et ils ont été tellement peu efficaces...
        CORRESPONDANT PERMANENT à PARIS
        Nicolas Sarkozy l’avait promis, lors de sa campagne : « Si je suis élu, je mettrai en oeuvre un grand Plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers. Je consacrerai beaucoup d’argent aux banlieues ». Le lancement de ce plan « Espoir Banlieue » avait d’abord été annoncé pour la fin 2007, avant d’être repoussé à janvier, puis d’être enfin programmé pour ce vendredi. C’est peu dire que c’est loin d’être le premier.

        Depuis 1990, en effet, dix-neuf ministres des banlieues se sont succédé, chacun ou presque ayant lancé son propre plan. Le dernier en date était, en 2003, le « Plan de rénovation urbaine » de Jean-Louis Borloo : 42 milliards d’investissements en dix ans, soit « le plus grand chantier de l’histoire civile française ». Mais les résultats sont peu tangibles. L’an dernier, la Cour des Comptes a étrillé l’efficacité « incertaine » de la politique de la ville depuis 2002, vu notamment la lourdeur et la complexité des dispositifs. Et, selon une étude de l’Observatoire des zones urbaines sensibles, les taux de chômage et d’illettrisme dans les quartiers populaires, où vivent quelque 6 millions d’habitants, sont deux fois plus élevés que sur le reste du territoire national.

        La secrétaire d’Etat à la Ville, Fadela Amara, promet que ce ne sera cette fois « pas un plan au rabais » ni « un énième plan » de plus, mais un dispositif « extrêmement ambitieux ». Un milliard d’euros devraient être consacrés au désenclavement, par les transports publics, de 50 quartiers « prioritaires ». Les meilleurs élèves seraient regroupés dans des « pôles d’excellence ». Les autres bénéficieraient d’un « coaching » individualisé : sorte de « parcours éducatif sécurisé » offrant à la fois des formations, des stages, une aide personnalisée à la recherche d’emploi et le passage du permis de conduire à prix réduit. Au programme aussi, l’installation « de bureaux de recrutement aux pieds des cités » ou l’envoi en stage, dans des entreprises, de jeunes bénéficiant de l’anonymat sur leur localité d’origine, ce qui « évitera aux gamins d’être refoulés ». Au total, Fadela Amara espère « diviser par deux le chômage des jeunes des quartiers, dans les trois ans ».

        Mais ce plan se heurte à énormément de scepticisme. La propre ministre de la Ville, Christine Boutin, a créé l’émoi il y a peu en déclarant « ne pas croire en un plan banlieue mais en une autre politique de la ville ». Avant, vu le tollé, de se corriger laborieusement : « La politique de la ville ne se résume pas à la politique des banlieues » mais « cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas un plan banlieue ».

        « Légèreté et zizanie »

        L’opposition dénonce « une parodie de concertation » et accuse la droite d’être, depuis son arrivée au gouvernement, en 2002, responsable de « la dégradation de la situation sociale dans les quartiers populaires ».

        Les médias, eux, raillent en choeur « la cacophonie et les cafouillages » d’un gouvernement qui « semble à son tour tétanisé par ce problème lancinant » des banlieues. Même le très sarkozyste « Figaro », le mois dernier, a fustigé, « pantois », « la légèreté », « l’impréparation », « la zizanie » du gouvernement en la matière. Et a jugé que le plan Amara était « imprécis », manquait « de colonne vertébrale », voire respirait l’« improvisation ».

        L’opinion publique, en tout cas, n’y croit pas trop. Dans un sondage réalisé en décembre 2007 déjà, plus de six Français sur dix (62 pc) considéraient que les pouvoirs publics n’avaient pas pris de mesures significatives pour les banlieues depuis les émeutes de l’automne 2005. Une autre enquête d’opinion publiée jeudi a confirmé que, pour neuf Français sur dix, « la situation concrète des habitants (des banlieues) ne s’améliore pas vraiment » malgré les innombrables plans élaborés à leur intention. Et pour 94 pc des sondés, « des épisodes de violence dans les banlieues de même ampleur que ceux de l’automne 2005 et de Villiers-le-Bel en novembre dernier sont susceptibles de se reproduire en France ».

        Ce dernier constat, au moins, semble partagé en haut lieu. « Nous n’avons plus droit à l’erreur », a ainsi admis récemment Rachid Kaci, le conseiller à l’Elysée chargé de la politique de la Ville. « Ce plan banlieues sera le bon ou nous courons à la catastrophe ».

        « Si je suis élu, je mettrai en oeuvre un grand plan marshall de la formation pour tous le shjeunes de nos quariers. Je consacrerai beaucoup d’argent aux banlieues ». Engagement du candidat Sarkozy en mars 2007, en plein coeur de sa campagne présidentielle.

        Laborieux : plus de cinq mois de consultations/annoncé d’abaord à la fin 2007, puis retardé à janvier, puis finalement annoncé en février.

        « Espoir Banlieue »

        Précédents

        Depuis 1990, dix-neuf ministres des banlieuses se sont succédés, chacun ou presque ayant été à l’origine de son propre plan, le dernier en date étant le « Plan de rénovation urbaine » de Jean-Louis Borloo en 2003 (42 milliards d’einvestissements en dix ans), qui l’avait qualifié de « plus grand chantier de l’histoire civile française »

        Résultats mauvais

        Cour des Comptes l’an dernier avait étrillé la politique de la ville menée depuis 2002. Avait jugé « incertaine » l’efficacité des mesures prises, en raison notamment d ela lourdeur et de la complexité des dispositifs.

        Rapport de l’Observatoire des zones urbaines sensibles rédigé en 2006, le taux de chômage dans les quartiers populaires - où vivent 5 à 6 millions d’habitants selon les estimations » - reste deux fois plus élevé que sur le reste du territoire national. Il atteint les chiffre astronomique de 38 pc chez le sfemmes issues de l’immigration. Le taux d’illettrirmse y est également deux fois plus élevé. Et un tiers des habitants s’y déclarent en mauvaise santé, contre 25 pc à l’échelle du pays.

        Plan annoncé

        « Pas un plan au rabais » ni « un énième plan » selon Fadela Amara. Au contraire, un plan « extrêmement ambitieux », qui traduisant « une ambition énorme », une vraie dynamique pour les quartiers en difficultés, génératrice de considération, d’envie » et qui associerait tous les ministères concerné spar les uartiers, sous la coordination directe du premier ministre.

        Sarkozy devrait annoncer ce jeudi une enveloppe d’un milliard d’euros consacrée au désenclavement par le stransports en commun de 50 quartiers jugés « prioritaires », le regroupement des meilleurs élèves des écoles de banlieue dans des « pôles d’excellence » et la mise sur pied pour tous les autres d’un « coaching » individualisé, sorte de « parcours éducatif sécurisé » qui offrirait à la fois des formations, des stages, une aide personnalisé à la recherche d’emploi et le passage du permis de conduire à prix réduit.

        Quelques mesures très visibles, comme l’installation « de bureaux de recrutement aux pieds des cités, avec des partenaires privés et publics ». Ou l’anontymat bénéficiant aux jeunes de banlieue effectuant des stages dans les netreprises, sorte de remake du CV anonyme jamais réalisé, permettra aux jeunes d’être « directement placés dans les entreprses sans qu’on puisse de près ou de loin les identifier » et dès lors « vitera aux gamins d’être refoulés.

        Biais général : ce plan “reposera davantage sur le sperosnnes que su rles territoires” dixit sarkozy, histoire de ne pas poursuivre dans “la logique des zones”, qui selon Boutin, “a dressé des frontières entre les paysage surbains” et “ghettoïsé de sterritoires”. Ambitions d’Amara : “diviser par deux le chômage des jeunes des quartiers, dans le strois ans”

        Problèmes

        -pas d’argent. pour cela que Sarko, dès la fin novembre, parlant des émeutes en banlieue, avait décrété que “La réponse, ce n’est pas plus d’argent” ?

        -Priorité à l’Education, oui, mais dans le même temps on prévoitr la suppression de 11000 postes d’enseignants

        Accueil

        -fait pas l’unanimité au sein même de la majorité. le député UMP villepiniste Georges Tron a mis en doute l’utilité d’apprendre le chinois, ele latin ou le grec aux élèves des pôles d’excellence, et cveut qu’on leur apprnene plutôt le BAba d el’écriture en français. La ministre de la Ville Christine Boutin, qui a la tutelel sur Fadela Amara, avait créé l’émoi en déclarant “ne pas croire en un plan banlieue mais en une autre politique de la ville”. Avant de se corriger laborieusement : la politqiue de la vilel » ne se résume pas à la politique de sbanlieues » mais « cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas un plan banlieue »

        -Opposition dénonce « une parodie de concertation et de multiples reports ». Elle accuse la droite d’être, depuis son arrivée au gouvernement en 2002, responsable de « la dégradation de la situation sociale dans les quartiers populaires ». Doute de l’efficaciét du plan

        -Opinion sceptique. Dans un seondage réalisé en décembre 2007, plus de six Français sur dix (62 pc) considéraient que les pouvoirs publics n’avaient pas pris de mesures significatives pour le sbanlieues depuis les émeutes de l’automne 2005. Sentiment largement répandu parmi les sympathisants de gauche (73 pc) mais pas loin d’être majoritaire (47 pc) parmi les sympathisants de droite.

        -Médias moqueurs, raille « la cacophonie et les cafouillages » d’un gouvernement qui « semble à son tour tétanisé par ce problème lancinant » des banlieues. Même le pourtant très sarkozyste » Figaro », le mois dernier, s’est dit « pantois » : a fustigé « la légèreté », « l’impréparation », « la zizanie » du gouvernement, a jugé que le plan Amara était « imprécis », manquait « de colonne vertébrale » et qu’il s’en dégageait « une impression d’improvisation ».

        Enjeux

        Rachid Kaci, conseiller à l’Elysée chargé de la politique de la Ville. « Nous n’avons plus droit à l’erreur : ce plan banlieues sera le bon ou nous courons à la catastrophe ».

  • Servais-Jean
    • Posté à 16h25 le 06/02/2008
    • Internaute 4591
      43

    Nestor Roméro nous a donné un article trés intéressant.
    Il n’a cependant pas noté que Rachida Dati a profité de ce suicide pour vanter son système éducatif, au mépris de toute convenance. S’en est-elle au moins rendue compte !

  • riverain désinscrit
    • Posté à 16h36 le 06/02/2008
    • Internaute 24295

    < Et l’on sait bien pourtant ce qu’il faudrait faire >

    et comment se fait-il que les gouvernants de droite comme de gauche l’ignorent ?

    alors encore une fois : « Yaka » ?

  • William Tel
    William Tel
    à Lille
    • Posté à 17h15 le 06/02/2008
    • Internaute 24846
      à Lille

    Il ya une mauvaise foi qui s’obstine à ne pas comprendre, ou à ne pas vouloir savoir.
    La première chose à faire serait de créer une école publique et laîque UNIQUE, qui soit véritablement pour tous. C’est-à-dire que si la gauche avait tenu sa promesse de campagne de 1981 (nationaliser les écoles privées) on en serait sans doute pas arriver à un tel état de ségrégation sociale, ni à une telle dégrédation sociale de l’école. Si les enfants des « élites » (plus sociales qu’intellectuelles d’ailleurs)apprenaient côte à côte avec ceux des « oubliés de la croissance » (pour faire dans les extrêmes) on n’aurait jamais laissé la situation en arriver là où elle en est, ici et là. De plus si certains preneurs de décision avaient réellement cotoyé leurs futurs admnistrés ou employés sur les bans de l’école, ça les aiderait peut-être à ne pas les considérer comme des demeurés à séduire ou de simples « variables d’ajustement. »
    « Ils » savaient, ils avaient même promis, ils n’ont pas fait. Voilà le résultat.
    Mais la confusion entre la sphère privée de l’individu et le secteur privé de l’économie est telle que je me demande combien de citoyens français seraient encore prêt à voter pour un tel projet. Symptôme du repli sur elles-mêmes des classes sociales atomisées pour préserver des acquis qu’elles seraient bien en peine de reconquérir.
    « L’esprit de mai » a totalement disparu des esprits, il est donc bien superflu de vouloir « en finir » avec lui...

  • hoshiko
    • Posté à 19h41 le 06/02/2008
    • Internaute 28938

    « difficultés pour maîtriser une langue qui ne se parle pas à la maison »
    Excusez-moi, mais je suis « née » trilingue occitan-catalan-français et je crois assez bien aujourd’hui maîtriser ce dernier.
    Ma cousine et son mari, pour ne citer qu’eux au-delà de Pyrénées, sont nés en Espagne aux environs de la mort de Franco.
    Ils ont toujours parlé catalan chez eux, n’ont appris le castillan (espagnol) qu’en 6e, et à l’égal de l’anglais, les autres matières étant enseignées en catalan (revoyez « l’Auberge Espagnole »).
    Ils parlent très bien les 3 langues, merci pour eux !

    Tout linguiste vous dira qu’un enfant « né » bilingue a de bien meilleurs résultats en langues étrangères ou maternelle(s) qu’un « monolingue ».

    Vous me direz que mes cousins d’outre-Pyrénées ont certainement regardé la TV en espagnol avant d’entrer en 6e, et je vous répondrai que oui, certes.
    Mais j’ajouterai que, même si les cages à lapins qu’on ose appeler immeubles dans les banlieues sont recouvertes de paraboles pour recevoir les chaînes arabophones, je doute que ces enfants ne regardent jamais de chaînes francophones...

    Ps : ça me fait penser à Sarko-ministre de l’Intérieur disant que les enfants d’immigrés seraient jugés sur leur non-connaissance de leur langue maternelle. J’avais trouvé ça honteux et votre réflexion s’en approche malheureusement.

    A part ce coup de gueule, votre article était très bien, et j’y souscris presqu’entièrement.

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 19h58 le 06/02/2008
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Je reprends juste une expression de Philippe Jeammet, pédopsychiatre et chercheur : « Ne laissons pas nos jeunes se “merdifier”, c’est notre rôle d’adulte de ne pas les laisser s’abîmer », d’où son dernier opus « Pour nos ados, soyons adultes ». Entre autres...

    Je veux absolument que mes élèves (BEP et Bac Pro), dans une usine à gaz (= énorme lycée), de ZEP (= ghetto ?), ne se merdifient pas, qu’on ne les merdifie pas et qu’ils ne finissent pas par s’abîmer dans la délinquance, l’enfermement, la souffrance et le vide.

    maia, amertume.

    • Bardamu
      Bardamu répond à m a i a
      difficile
      • Posté à 20h16 le 06/02/2008
      • Internaute 25491
        difficile

      Vous êtes CPE ou assistante sociale ?

      Si vous pensez que l’école peut régler les problèmes sociaux, vous perdez votre temps.

      Il faut d’abord régler les problèmes sociaux pour que l’école puisse fonctionner.

      Parfois, il faut savoir être marxiste (même si ça me fait tout drôle !).

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 20h28 le 06/02/2008
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    « Vous êtes CPE ou assistante sociale ? » > CPE, pourquoi ? c’est pas clair ?

    « Si vous pensez que l’école peut régler les problèmes sociaux, vous perdez votre temps. » > Je ne suis pas sûre que ma plus grande perte de temps soit là...

    « Il faut d’abord régler les problèmes sociaux pour que l’école puisse fonctionner. » > FAUX, archifaux, en contradiction totale avec les recherches et les publications actuelles et des 20 dernières années, brèfle, je ne suis pas une grande spécialiste non plus, je bosse les mains dans le cambouis pour l’instant.

    Okok, j’ai cédé à la facilité du copier-coller, honte à moi... Facilité contre « difficile »...

    • Bardamu
      Bardamu répond à m a i a
      difficile
      • Posté à 20h46 le 06/02/2008
      • Internaute 25491
        difficile

      Inutile de se cacher derrière les « recherches » et les « publications » (de qui et sur quoi ?) du dernier millénaire où je ne sais quoi.

      C’est un fait : vous produisez des BEP et des Bacs-pro qui ne valent rien, ni en tant que diplômes, ni sur le marché du travail. Vous le savez bien.

      Ce n’est pas votre faute, pas celle des profs, mais c’est un signe de faillite de l’école qui n’a pas su gérer la massification.

      Vous ne pourrez pas changer les choses de l’intérieur de l’école.

      • m a i a
        m a i a répond à Bardamu
        aquoiboniste
        • Posté à 20h54 le 06/02/2008
        • Internaute 9081
          aquoiboniste

        Et on en fait quoi de ces gamins ?

        Une idée ? Je suis preneuse...pour une fois que je tombe sur quelqu’un de plus ingénieux que tous ces « chercheurs » , « pédagogues » et autres spécialistes de sciences de l’éducation (ouioui, sciences, vous avez bien lu !) !

        Allez, ne nous emballons pas, sinon à quoi ça sert de prendre son xanax tous les matins hein ?

         ; -)

        maia, pas cachée.

  • Nestor Romero
    Nestor Romero
    Ancien enseignant
    • Posté à 08h31 le 07/02/2008
    • Expert 5556
      Ancien enseignant

    Bonsoir, Vous avez bien raison hoshiko, j’ai été particulièrement confus sans doute. Disant langue qui se parle à la maison, c’est du niveau de langue qu’il s’agit, quelle que soit la (les)...langue. N.

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 10h22 le 07/02/2008
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Notre société qui oblige à « la » réussite (sous-entendue : gagner de l’ argent et exercer un pouvoir) tout en excluant a priori une partie de la population de cette (soi-disante) réussite : lorsqu’ on empêche un individu de se projeter dans l’ avenir, il peut suivre deux chemins qui aboutissent à un même résultat : être violent avec les autres ou retourner la violence contre soi-même. Il me semble que la société actuelle se caractérise par le fait qu’ elle empêche de plus en plus de gens de plus en plus tôt à se projeter dans un avenir vivable ou souhaitable (sous forme d’ une panne de l’ ascenceur social ou d’ une généralisation de la précarité).

  • GRECKO
    • Posté à 09h50 le 08/02/2008
    • Internaute 31348

    Prof en REP depuis 10 ans, fils d’ouvrier, élevé dans le patois local, agrégé.
    Je n’en peux plus de ces enfants qu’on laisse crever en se drapant de bons sentiments.
    Pour moi, pour d’autres, l’école a su nous élever dans les anneés 80 et 90 à un niveau culturel qui était à des années lumières de celui de nos familles.
    Aujourd’hui la nation ne le veut plus. La coercition etait nécessaire pour nous faire taire, parfois on me faisait honte de ne pas savoir ecrire ce mot. C’est cette honte, cette violence de l’école qui montre que l’on n’est pas à la hauteur de ce qu’elle veut nous donner qui fonde l’envie. Mais aujourd’hui toutes les cultures se valent, l’individu doit s’affirmer, l’enfant à fait disparaître l’élève et moi je suis triste et épuisé de ne pouvoir rendre ce qu’on m’a donné. Aujourd’hui je pense de plus en plus a quitter la REP, le navire coule, j’ai bien envie de le quitter,merde...

  • martha
    martha
    Enseignante à la Réunion
    • Posté à 16h11 le 10/02/2008
    • Expert 5945
      Enseignante à la Réunion

    Je pense aussi que le niveau de langue est essentiel : la richesse du vocabulaire, le nombre de mots que l’on peut avoir à sa disposition pour nommer le monde et ses propres émotions.
    Si on ne peut parler, communiquer, écrire... on alimente les pages des faits divers.
    Bien sûr il y a aussi le jeu, le défi, la recherche des sensations ,du risque, de l’effet... la recherche de limites.

    Et puis, la société... la société... C’est nous la société !

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