Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Ecole et inégalités : une « 'réforme' » révolutionnaire

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 26/07/2008 à 16h59

Il m’arrive assez souvent de consulter l’Observatoire des inégalités afin de ne pas succomber à cet engourdissement de l’esprit produit par l’immense privilège de pouvoir jouir d’un confort modeste mais suffisant. Ma dernière consultation n’a pas manqué de provoquer l’effet attendu, cette indignation irrépressible, troublante si l’on compare ce que l’on fait à ce qu’il faudrait faire.

Que l’on en juge : « Les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre trois siècles et mille deux cents ans de SMIC… par an. » Exemples : Benoit Potier (Air liquide) a touché 4,4 millions d’euros en 2007 et Pierre Verluca (Vallourec) de son côté a engrangé 18 millions d’euros alors que la moitié des salariés français touchent un salaire mensuel de 1555 euros, que 13% de la population dispose d’un revenu inférieur à 880 euros par mois (nouveau seuil de pauvreté pour l’année 2006) et que l’on compte près de huit millions de pauvres. On compte, en effet, ce qui signifie que si l’on gagne 881 euros on n’est plus compté parmi les pauvres…

Situation dont les effets en matière de reproduction sociale sont eux aussi exprimés en chiffres par le même observatoire. Par exemple et entre autres : « 55% des élèves des classes préparatoires sont des enfants de cadres ou professions libérales, 16% ont des parents ouvriers, inactifs ou employés », ce qui donne un chiffre aux alentours de 1% pour le nombre de ces enfants parvenant à intégrer (et à en sortir honorablement) les plus grandes écoles.

Ou encore : les fils de cadres supérieurs ont huit fois plus de chances que les fils d’ouvriers d’obtenir un bac S, ou enfin : 9% de la population adulte dispose d’un diplôme supérieur à bac + 2.

On ne peut alors qu’être attentif aux propos du ministre de l’Education nationale quand il affirme, vitupérant au passage les « pédagogistes », c’est-à-dire tout de même une fraction importante des enseignants au service desquels il se trouve provisoirement placé (ne jamais oublier l’étymologie du mot « ministre » : serviteur), quand il affirme, donc, qu’il entend lutter avec ce qu’il nomme sa « réforme » contre « les déterminismes sociaux » (Le Monde du 18 juillet 2008).

La tâche s’annonce rude, les chiffres le montrent. D’autant plus que parler de réforme pour qualifier les mesures en cours relève non pas d’un simple abus de langage mais de la pure contrevérité.

Une réforme honteuse d’elle-même lovée dans une phraséologie « progressiste »

« Réforme » en effet évoque un mouvement progressif vers un idéal qui, énoncé par le triptyque républicain est celui de la justice sociale. De sorte que prétendre « lutter contre les déterminismes sociaux » au sein d’un gouvernement et sous la bannière d’un président dont l’idéologie est figée sur un socle cimenté par la compétition, la nauséabonde « valeur travail (lire dans ce blog “De l’ambiguïté de la valeur travail”) et le mystificateur “mérite” qui n’a, depuis longtemps déjà plus rien de républicain, prétendre cela relève bien de la contrevérité.

Ce n’est pas de réforme mais de régression qu’il s’agit, d’une régression, cependant, qui n’ose s’avouer et qui se love comme honteuse d’elle-même dans les replis d’une phraséologie “progressiste”. Ainsi de cette “lutte contre les déterminismes sociaux”, ainsi également, dans le même article de ce “traitement systématique de l’échec scolaire” (traitement, n’est-ce pas, comme on le fait d’une maladie) immédiatement contredit par les mots qui suivent : “grâce aux deux heures hebdomadaires qui seront consacrées au soutien des élèves en difficulté”.

Mots par lesquels est exprimée l’évidence de la régression puisque le soutien présenté ici comme une innovation n’est qu’une vieille lune pratiquée depuis toujours sous toutes les formes imaginables depuis les “études” du soir jusqu’au fameux “soutien et approfondissement” de la fin du siècle dernier et cela sans le moindre résultat significatif quant au “traitement de l’échec scolaire” (on peut voir à ce sujet ici même : “pourquoi développer le soutien scolaire est une idée néfaste”).

Ce mouvement régressif s’exprime dans toute son ampleur par ces mots qui closent la même phrase : “…et grâce aux stages gratuits de remise à niveau qui sont désormais proposés durant les vacances scolaires aux élèves de CM1 et CM2”. Je ne reviendrai pas sur l’inanité d’une telle mesure et son caractère de double peine, je voudrais simplement souligner ici l’adjectif “gratuits” qualifiant les stages destinés aux “enfants des catégories défavorisées” comme l’on dit pudiquement pour ne pas écrire le mot “pauvre”. Et poser une question pour n’en dire rien d’autre : la précision “gratuits” n’est-elle pas idéologiquement significative ? Retour vers un passé qui a affermi les déterminismes sociaux

Cependant on verra mieux encore cette régression, ce retour vers un passé qui a affermi les déterminismes sociaux et dont les chiffres ne sont qu’une imparfaite illustration qui laissent dans l’ombre la réalité humaine de chaque être ainsi comptabilisé, on verra mieux, donc, ce mouvement régressif si l’on porte sur lui un regard en surplomb.

On percevra alors qu’il n’y a pas de contradiction, comme ont cru le percevoir nombre d’observateurs, entre une organisation pédagogique du lycée jugée plutôt “progressiste” et celle du primaire rétrograde et mécaniste. Comme il n’y a qu’une contradiction apparente entre l’intention proclamée de mettre en œuvre une timide approche “modulaire” et la suppression des IUFM, imparfaites certes, parfois même productrices d’aberrations mais essentiellement réformables.

Il y a là au contraire me semble-t-il une parfaite logique qui tend à affermir toujours plus les déterminismes sociaux. En effet l’organisation mécaniste du primaire qui se poursuit en vérité au collège est une opération de mutilation de cette “autonomie” proclamée au niveau du lycée. Qui seront alors les enfants suffisamment “autonomes” pour faire des études au lycée ? Evidemment pas ceux qui auront été jugés insuffisamment “autonomes” dans les conseils de classe de troisième et sans doute avant. Devinez qui seront ces derniers ? En réalité cette apparente contradiction entre un primaire archaïsant et un lycée “moderniste” produira toutes les justifications de “bon sens” nécessaires à une orientation vers les voies professionnelles ou au mieux technologiques que les déterminismes sociaux réservent depuis toujours aux mêmes enfants “de milieu, etc.”.

Une inopérante tentative d’adapter l’école à la société marchande

En d’autres termes, il n’y a dans les mesures proposées qu’une très timide et sans doute inopérante tentative d’adaptation de l’école à une vision rétrograde de la “modernité” c’est-à-dire à la société marchande (j’entends par là une société dont chaque élément, chaque particule, fût-elle humaine, est appréhendée à chaque instant comme marchandise).

Prenons pour le voir quelques exemples dans le texte même du ministre. Quand il écrit que “la personnalisation de l’enseignement voulue par Nicolas Sarkosy est une véritable révolution pédagogique et sociale puisqu’elle permet de donner plus à ceux qui ont moins”, il ne fait, si l’on néglige l’outrance de la phraséologie “révolutionnaire”, que reprendre mot pour mot le slogan qui présida à la création des ZEP sous le ministère d’Alain Savary en 1982.

Si l’on pose alors la question que l’on posait déjà voici un quart de siècle : de quel ordre est ce plus que l’on “donne” à ceux qui ont moins ? La réponse est celle-ci : de l’ordre du dérisoire, de quelques heures de “soutien”, comme toujours quand on ne sait ou ne veut rien faire d’autre. Tout de même la création des ZEP manifestait une ambition d’une autre ampleur.

Quant à la “réforme” du lycée elle apparaît en réalité comme une vaine, je dis bien vaine, tentative de pacification d’établissements devenus un peu trop turbulents ces dernières années. Il suffit pour s’en convaincre d’établir la comparaison avec le modèle que, paraît-il, le ministre a consulté sur place, en… Finlande. Voyons pour cela l’analyse de ce chef d’établissement, Paul Robert, qui lui aussi s’est rendu sur place et en ramène un livre fort instructif, “La Finlande, un modèle éducatif pour la France ? ‘ (ESF éditeur, 2008) :

Un des aspects les plus intéressants du lycée finlandais c’est que la classe y a disparu. A la place on a des modules à l’image de ce qui existe en faculté avec les UV.’

‘Quand le professeur entre en classe les élèves se lèvent’

Nous attendons donc avec impatience que les classes, cet archaïsme pédagogique que pour ma part je ne cesse de dénoncer, disparaissent (et pas seulement au lycée) pour prendre au sérieux l’organisation modulaire présentée comme révolutionnaire. Nous attendons par la même occasion que les syndicats se saisissent de la question et n’invoquent pas sans cesse ‘les moyens’ pour mieux l’éluder. Ou encore, du même auteur :

‘Entre professeurs et élèves ce qui est surprenant pour nous c’est la grande familiarité, l’absence du sentiment hiérarchique si présent ici.’

Ce que l’on peut comparer au fameux ‘quand le professeur entre en classe les élèves se lèvent’ ou à cette appréciation ministérielle lourde de sous-entendus : ‘le maître dont on a peu à peu affaibli la fonction et rabaissé le prestige’ par laquelle on mesure la dimension révolutionnaire de ce que le ministre nomme réforme. Enfin, concernant la formation des enseignants :

‘C’est la clé de la réussite. Ils ont su lier la formation professionnelle et la progression dans le métier [...]. Le résultat c’est qu’ils forment des enseignants qui ont une grande capacité à réfléchir sur leurs pratiques. Du coup, d’ailleurs, ils ont supprimé les inspections. Ils n’en ont plus besoin.’

N’y a-t-il pas là un critère permettant de mesurer le degré de ‘modernité’ d’une réforme. A quand en France l’abolition de cet autre archaïsme, l’inspection, et puis tant que nous y sommes de cet autre encore, la notation chiffrée des élèves qui a également été largement supprimée pendant toute l’école obligatoire en Finlande ? Pourtant cette école finlandaise n’est rien d’autre que le minimum nécessaire à l’adaptation du système éducatif à la modernité d’une société qui demeure celle du capitalisme cynique, pardon pour le pléonasme, que l’on qualifie abusivement de libérale.

Ne disais-je pas que la tâche s’annonce rude pour qui veut lutter contre ‘les déterminisme sociaux’ par le moyen d’une… ‘véritable révolution pédagogique et sociale’ ?

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  • GRECKO
    • Posté à 18h03 le 26/07/2008
    • Internaute 31348

    Si je comprends bien, le ministre n’avait besoin de rien changer pour que la reproduction sociale se poursuive tranquillement ...quel bel hommage à la volonté réformiste de DARCOS !
    Pas besoin de réformes pour que l’orientation de fin de troisième vienne sanctionner un niveau scolaire devenu incroyablement déplorable, pas besoin de réforme Darcos du primaire pour voir les enfants de milieux défavorisés laissés à leurS difficultés par de joyeuses et déculpabilisantes heures d’éveil, de sport, de trucs de machins et de bidules...
    De gauche, fils d’ouvrier, agrégé, enseignant du secondaire, j’hurle partout : vive le recentrage sur les enseignants essentiels du français et des maths !

    • pablico
      pablico répond à GRECKO
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h47 le 26/07/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      entièrement d’accord, si on leur apprend d’abord pourquoi ils doivent faire l’effort sur le français et les maths.
      Le pourquoi est la motivation, et surtout leur apprendre à réfléchir. La force de la réflexion et la motivation c’est ce qui manque le plus.

      comme toujours il y a la forme et le fond.

      le fond : le pourquoi des études, la force de la réflexion, devenir un produit ’fini’, devenir un être équilibré etc
      la forme : le français et les maths etc etc

      sans le fond la forme n’est rien et vice versa.

      je me suis demandé longtemps très jeune, pourquoi j’étais obligé d’apprendre des trucs qui me semblait inutiles, jusqu’à ce qu’on me fasse comprendre le POURQUOI. Ce POURQUOI a été un moteur déterminant.

      ce n’est pas à la famille à enseigner le pourquoi car souvent cela passe mal, mais à un tiers, un enseignant.

      • Ehim
        Ehim répond à pablico
        http://ehim.over-blog.com
        • Posté à 08h49 le 27/07/2008
        • Internaute 9598
          http://ehim.over-blog.com

        On ne peut tout de même pas s’attendre à ce qu’un gouvernement de Droite fasse de l’école autre chose qu’un instrument d’abrutissement des masses destiné à produire des élèves aussi peu instruits et obéissants que possible, tout juste bons à entrer en apprentissage le plus tôt possible pour y apprendre leur métier sur le tas, comme au bon vieux temps. La mainmise du capitalisme néo-libéral sur le monde est à ce prix-là si le but est d’enrichir une minorité d’actionnaires au détriment de ceux qui travaillent.
        Que les utopistes aillent voir ailleurs si un monde meilleur existe ...
        Lien

         
        • pablico
          pablico répond à Ehim
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 19h30 le 27/07/2008
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          c’est un très mauvais calcul, Mr Taylor en son temps, avait conscience qu’un consommateur ’aisé’, dépensait beaucoup. Les 30 glorieuses lui avait donné raison.

        1 autres commentaires
  • Lewlill
    Lewlill
    végéteuse
    • Posté à 20h06 le 26/07/2008
    • Internaute 15858
      végéteuse

    Mince alors ! ! si je comprends bien vous ne souhaitez relancer la mode des Zombies (moi qui suis une grande fan).

    Merci pour cette article, j’aime beaucoup votre vision de l’école ; plus souple, se posant la question de la place de l’élève, pas d’etiquettage par les notes ou de parcage en fonction des pseudos aptitudes (classes « normales », CLIS pour les uns, filières professionnelles pour les autres...). Ceci dit je n’ai pas bien compris pourquoi vous qualifiez l’école primaire actuelle de « mécaniste » ?

    Juste une idée, depuis la loi de sur l’Egalité des chances (2005), les classes dites ordinaires ont l’obligation d’accueillir les enfants souffrant d’un handicap ; concrétement il en découle une multitude de questionnements liés à l’organisation, à la pédagogie, à la notion de réussite et de performance. Les enfants handicapés sont le grain de sable qui fait grincer les rouages de l’école, en ce moment. Il serait tellement plus interessant de continuer à fouiller dans cette voie pour enfin accepter chaque élève avec ses « atouts » et ses « handicaps ». Cette démarche, il me semble, serait bénéfique à tous les élèves.

    • admirateur-
      admirateur- répond à Lewlill
      • Posté à 23h03 le 26/07/2008
      • Internaute 32111

      il y a une vingtaine d’années existaient, certes en nombre insuffisant sans doute, des classes et des établissements spécialisés pour les enfants atteints d’un handicap. Écoles, institutions pourvues d’un matériel adapté pour les sourds, les aveugles, incluant la kiné et le médical pour les autres... de personnel formé à l’accueil de ces enfants par ailleurs en effectif réduit.
      Au fur et à mesure des réformes des uns et des autres, de droite ou de gauche, ces conditions, dont on aurait pu attendre que la « gauche » les développe plutôt qu’elle participe à leur fermeture ont été supprimées : vous imaginez comment va travailler, c’est à dire transmettre la connaissance, un enseignant qui aura dans sa classe un sourd, un aveugle, un trisomique, un enfant caractériel ou autre ?
      L’angélisme de l’auteur de l’article qui ouvre cette discussion occulte la continuelle dégradation des conditions d’enseignement depuis plusieurs décennies pour nous faire croire que le « MAL » est apparu en 2002 (éventuellement 2007) avec l’arrivée de petit Nicolas dans les sphères du pouvoir. c’est la ligne des « intellos » proche de la gauche du pouvoir pour nous faire avaler que le Ps est un recours. Ils oublient volontairement le bilan de leur maître. C’est le propre des valets.

      • Lewlill
        Lewlill répond à admirateur-
        végéteuse
        • Posté à 08h05 le 27/07/2008
        • Internaute 15858
          végéteuse

        Les enfants handicapés ont la marque de leur différence très visible. Et si pour d’autres enfants, les différences sont parfois moins visibles, elles n’en sont pas moins importantes. C’est pourquoi il me semble logique d’aller vers une école en mesure d’enseigner à des élèves qui n’ont pas les mêmes capacités, les mêmes compétences, les mêmes objectifs...
        Sur il faut mettre les moyens. Lors de la Conférence nationale sur le handicap le 10 juin dernier, quand le manque de moyens et de formation a été soulevé, Darcos avait estimé que le plus important pour accueillir « ces » enfants était de « l’amour ». Certe mais on est mal barré !

         
        • admirateur-
          admirateur- répond à Lewlill
          • Posté à 08h46 le 27/07/2008
          • Internaute 32111

          hé oui, il faut les moyens ! ! ! et comme ils ne sont pas là et qu’on les supprime depuis une bonne vingtaine d’années, cherchez l’erreur... Seul résultat tangible et qui était prévisible, la dégradation des conditions du service public...
          Et quand vous dites : « C’est pourquoi il me semble logique d’aller vers une école en mesure d’enseigner à des élèves qui n’ont pas les mêmes capacités, les mêmes compétences, les mêmes objectifs… » c’est contre cette conception de l’école, qui était celle de l’Ancien régime puis du XIXe, que les « husssards noirs » se sont élevés... au nom de l’égalité républicaine ! ! !
          Plus de moyens pour ceux qui sont dans la difficulté, oui pour qu’ils puissent acquérir les mêmes compétences que les autres et envisager les mêmes objectifs

          • Lewlill
            Lewlill répond à admirateur-
            végéteuse
            • Posté à 09h56 le 27/07/2008
            • Internaute 15858
              végéteuse

            « Plus de moyens pour ceux qui sont dans la difficulté, oui pour qu’ils puissent acquérir les mêmes compétences que les autres et envisager les mêmes objectifs ».

            Mais c’est quoi être en difficulté ? ne pas être dans la norme actuelle ? Si j’ai une deficience intellectuelle et qu’à priori je ne pourrai jamais atteindre les 120 de QI : Est-ce pour autant que je suis moins capable, moins à même d’apprendre ou de reussir ? Est-ce que cela remet en cause l’égalité... d’avoir des possibilités d’apprentissage autres ? Je ne pense pas, si pour le coup l’école ne se base plus sur une normalité figée, en assénant notes et « jugements ».

            Je dirais que c’est la situation qui est excluante et handicapante-l’école et son carcan- non pas les élèves qui sont en difficulté.

            Comme on dit en aménagement du territoire, une personne valide dans une ville non accessible est handicapée alors qu’une personne handicapée dans une ville accessible, est valide.

        2 autres commentaires
  • global
    global
    dirigeant
    • Posté à 01h58 le 27/07/2008
    • Internaute 47514
      dirigeant

    Vision tres romantique, totalement incompatible avec la realite francaise....la finlande c’est 4,5 millions d’habitants avec 1% d’immigration !

    Allons...l’absence de hierarchie...on rigole..il suffit de voir comment vous vous comportez au volant pour imaginer le resultat !

    Une meilleure approche de la selection, de la competivite, de la responsbilite individuelle dans la vie reelle ..c’est ce qu’ont besoin les francais trop habitues a la becquee etatique.

    • admirateur-
      admirateur- répond à global
      • Posté à 08h08 le 27/07/2008
      • Internaute 32111

      j’espère que vous travaillez dans une entreprise ou un secteur économique qui n’a jamais bénéficié d’une aide étatique... genre allègement de charge voire plus directe ! ; vous devez sans doute applaudir au soutien qu’accorde le gvt américain à touts ces banques qui après avoir spéculé sans retenue font faillite

      • pingu33
        pingu33 répond à admirateur-
        ces parenthèses me gènent
        • Posté à 10h41 le 27/07/2008
        • Internaute 47997
          ces parenthèses me gènent

        Confondre le système bancaire et l’Ecole publique, c’est précisément le genre d’amalgame vers lequel l’idéologie dominante prétend nous emmener... à coup de réformes qui sont en fait des modifications radicales dans l’organisation des rapports sociaux. D’où en priorité portée sur les piliers de l’Etat : l’Ecole, la Justice pour ne citer que ceux qui nous concernent au quotidien.

  • sinclair
    • Posté à 11h19 le 27/07/2008
    • Internaute 2580

    Vision des choses dépassés par l’actualité nous n’en sommes plus a choisir la meilleure pédagogie pour éviter les inégalités. Nous en sommes au démantèlement de l’école de la république et a la culture de l’inégalité sociale.

    Inégalités par l’argent et les moyens favorisant l’école prive, inégalités par le choix des parents au nom de la suppression de la carte scolaire. Il ne faudra que quelques années pour constater les dégâts irréversible.

    Pas convaincu ? reportez vous a un article ici même Lien

    Rapidement vont se constituer des écoles poubelles ingérables et inefficaces. Seuls salut l’argent pour assurer les déplacements et le prix de l’école prive ou l’entregent pour obtenir une place dans une école cotée.

    Alors a partir de là le modèle pédagogique Finlandais Allemand Américain ou de Moldavie centrale importe peu. Il passe loin derrière la mécanique à inégalités sociale qui est la sélection par l’argent et les relations qui nous attend pas dans dix ans mais dans deux ou trois.

  • p.
    p.
    • Posté à 13h46 le 27/07/2008
    • Internaute 38564

    Pourquoi commencer cet article par de tels chiffres, c’est quand même fort démagogique. Montrer que le ratio salaire annuel des dirigeants = X smic a été multiplié par plusieurs dizaines depuis 1980 serait plus révélateur (plutôt que les méchants patrons gagnent plus que les gentils ouvriers, ça on s’en doute).

    Fils d’employés et diplômé d’une grande école, il me semble que vous oubliez un paramètre à propos de la reproduction sociale. L’environnement socioculturel dans le cercle privé est en effet largement aussi déterminant que l’école.... Une partie de l’initiation à la culture, à la peinture, à la littérature ne pourra jamais être distillée par l’école. C’est d’ailleurs en grande partie l’objectif dévolu aux classes préparatoires ; post-BAC.

    • kkk
      kkk répond à p.
      visiteur
      • Posté à 16h13 le 28/07/2008
      • Internaute 48064
        visiteur

      Je suis d’accord avec vous à propos de la prépondérance de « l’environnement socioculturel dans le cercle privé »

      Cependant, je ne suis pas d’accord lorsque vous dites :
      « Une partie de l’initiation à la culture, à la peinture, à la littérature ne pourra jamais être distillée par l’école. C’est d’ailleurs en grande partie l’objectif dévolu aux classes préparatoires ; post-BAC. »

      Tout dépend de quelles classes préparatoires vous parlez. Les classes préparatoires scientifiques enseignent 2h de Français par semaine...
      Je ne pense pas qu’à raison de deux heures par semaine on puisse initier à la culture, à la peinture et à la littérature des taupins qui n’en ont manifestement rien à faire (du moins pendant leurs années de prépas), sauf si on leur dit que l’auteur était également mathématicien....

      ce qui est malheureux, c’est qu’aujourd’hui les formalités administratives sont devenues tellement contraignantes que nombre de professeurs, découragés, renoncent à organiser des sorties culturelles...
      ce qui est d’autant plus préjudiciables pour les élèves qui n’ont déjà pas la chance d’avoir un bon « environnement socioculturel dans le cercle privé »....

  • Octave65
    Octave65
    Révolutionnaire.
    • Posté à 14h27 le 27/07/2008
    • Internaute 47317
      Révolutionnaire.

    Réaction (n°2)à l’article sur la fabrique des crétins …
    Encore un article que l’on pourrait nommer de subversif …
    Comme d’habitude un des thèmes récurrents est celui d’affirmer que l’Education Nationale, à cause de ce gouvernement anti social, va être maintenant au service de ce méprisable capitalisme qui a besoin d’esclaves décervelés ….
    Le problème pour eux,sbires du parti socialiste entre autres, c’est qu’ils n’ont pas compris, c’est dire qu’ils ne sont pas si intelligents que ça, que le capitalisme ( ou libéralisme …) est un état de l’économie qui résulte de la liberté universelle de posséder quelque chose à soi, le célèbre droit de propriété.
    C’est l’organisation empirique de cette liberté.
    Le socialisme c’est le contraire et il a échoué dans tous les domaines, même celui de la redistribution des richesses..
    Faut il le rappeler encore….
    Partir sur le salaire des patrons de multi nationales.... il faut vous mettre dans la tête qu’ils méritent ces salaires très élevés comme d’autres dans le monde ..
    Ils laissent beaucoup d’argent à l’Etat..
    Et ce qu’ils font , vous êtes incapables d’en faire autant ....
    Alors soyez heureux qu’ils existent...
    Par contre , vous ne critiquez pas parmi vos « amis »,ceux du show bizz entre autres, de luttes ,qui gagnent 60000 euros par mois et parfois davantage...
    Vous voulez des noms ? ? ? ? ! ! ! !
    Bref ;
    Mais le problème ce sont les chiffres et la comparaison avec d’autres pays européens…
    Je ne suis pas un expert de l’Education nationale , mais j’ai lu des articles qui dénoncent les mauvais résultats, malgré les moyens consacrés par élève, vis à vis des autres pays de l’Europe .. ( 19 ième place …)
    La dix neuvième c’est bien bas pour un budget si haut ( 82,3 milliards d’euros, le premier budget, 2,3 milliards d’euros de plus cette année, excusez ce n’est pas rien..)….Tous les socialos semblent l’avoir oublié ...
    c’est dire la mauvaise foi de l’auteur de cet article ....
    Et aussi, tout comme il a été dénonçé des professeurs payés à faire je ne sais quoi sauf enseigner ….
    Normal ? ? ? ! ! ! ! !
    C’est chouet de travailler dans une association quand c’est l’Etat qui paye ....elle n’est pas belle la vie ? ? ? ? ! ! ! ! !
    Le problème ne date pas de maintenant mais depuis les années 80, il y a eu de nombreux rapports tel que celui d’un certain Schwartz ..
    Rapport sans appel sur ce bateau qui commençait à couler ,mais jeté à la poubelle sous la pression du syndicat SNI.
    Autre fait :
    Pourquoi de nombreux parents prèfèrent mettre leurs enfants dans le privé ? ? ? ! ! ! ! !
    Même des familles musulmanes mettent leurs enfants dans des écoles catholiques, c’est dire à quel point est tombée bien bas l’école publique laïque…
    Je pense que c’est la dégradation permanente de la société, depuis mai 68, qui explique celle de l’école et non l’inverse …
    Mr Darcos, ministre d’une immense sagesse et de grand talent, essaye de redresser la barre par des mesures qui ont fait leurs preuves dans le passé.
    Rassurez vous les enfants de ceux qui travaillent dans l’Education Nationale, ont toujours été à l’abri , car ils sont bien aiguillés pour éviter les filières qui conduisent au chômage…..
    Bref ; notre ministre fait un travail formidable pour sortir du naufrage cette Education Nationale torpillée avant tout pas ces syndicats gauchistes, saboteurs et décadents…
    Et espérons que des mesures disciplinaires exemplaires soient enfin engagées contre certains enseignants qui ne respecteraient pas la marche à suivre, car ils sont payés pour travailler et suivre à la lettre les directives du ministre.
    Ce sont des fonctionnaires.
    Sinon qu’ils dégagent et se mettent à leur compte dans je ne sais quel boulot, consultant en niaiseries peut être ….
    A ce sujet nous pouvons faire confiance à notre Ministre si talentueux …
    Espérant que ces quelques remarques auront retenu l’attention de tous les Français patriotes soucieux de l’avenir du pays et de la jeunesse.
    Nous vivons une époque formidable , une époque révolutionnaire …
    La révolution couleur azur est bien en marche ..
    Remercions aussi le formidable président bien aimé Nicolas Sarkozy qui fait tant pour le peuple de France et notamment les petits français des familles modestes .
    sur ce…….
    cqfe.

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à Octave65
      43
      • Posté à 18h02 le 27/07/2008
      • Internaute 4591
        43

      Avant de faire de telles déclarations vous devriez vous informer sur le sens des mots socialisme et capitalisme.
      Votre manque de culture politique vous ridiculise.

    • léo solo
      léo solo répond à Octave65
      • Posté à 19h45 le 27/07/2008
      • Internaute 2483

      Amateur de charades
      mon voisin propose celle -ci pour trouver un synonyme au pseudonyme65

      mon premier est le premier des chiffres
      mon deuxième est la deuxième des lettres de l’alphabet
      mon troisième est le nom d’un poil qui perfectionne la paupière
      mon tout est un adjectif qui qualifie celui qui se qualifie de « révolutionnaire ».

      Mon voisin est facétieux.

    • jcmig
      jcmig répond à Octave65
      • Posté à 10h08 le 29/07/2008
      • Internaute 38725

      Toujours aussi affligeant

  • jcmig
    • Posté à 10h10 le 29/07/2008
    • Internaute 38725

    je parlais de OCtave65

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