Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

En trente-sept ans et demi de carrière, j'ai toujours fait grève

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 23/11/2007 à 10h25

Je n’éprouve aucune gêne à m’exclamer ainsi alors que, retraité, je n’ai pas à supporter la « galère », comme le martèle la presse, certaine presse, à effectuer le « parcours du combattant », sans compter la fameuse et ignominieuse « prise d’otage » que les véritables otages doivent apprécier à sa juste valeur.

Aucune gêne parce que pendant mes« trente sept annuités et demi » (je suis un de ces privilégiés) je n’ai pas raté une grève, pour autant que je me souvienne, si ce n’est peut-être quand l’absurde le disputait trop évidemment au calcul politicien.

Jamais, ou presque. Pourquoi ? Par principe ! Et je sais bien ce que cette proclamation soulève d’indignations irréfléchies ou intéressées, je sais bien. Mais oui, par principe. Parce que je choisis à chaque instant d’être plutôt à côté des uns que des autres, plutôt à côté de ceux qui triment qu’à côté de ceux qui font trimer.

Souvenirs, mais foin de nostalgie : Montrouge, début des années 60. A la grande stupeur de la direction et de l’encadrement de cette usine d’électronique, nous avons, techniciens de mise au point, décidé de cesser le travail pour obtenir une augmentation de salaire. Tout simplement.

Nous voici dans la rue attifés de nos blouses blanches vers 10 heures du matin. J’en suis abasourdi, la rue est paisiblement vivante, telle que je ne la vois jamais et le bar-tabac, ordinairement fréquenté au « coup de feu » de 13 heures est, lui aussi, paisiblement vivant. Et nous, nous allons être vivants, quelques jours... et obtenir notre « rallonge ».

Fin mai 1968. Nous (une dizaine, pas seulement gauchistes ultra-politisés) parcourons les laboratoires, les ateliers et les bureaux de cette grande usine de Massy-Palaiseau pour annoncer l’assemblée générale qui va se tenir dans le réfectoire. Nous y voici, stupéfaits : les employé(es), les technicien(es) les ouvrièr(es), des cadres même, « sortent » par petits groupes, coupant à travers les pelouses, silencieux d’abord puis bruissants, puis, pour ainsi dire joyeux...

Quelques discours et un vote (à bulletins secrets) plus tard, nous occupons l’usine qui, soudain, n’est plus la même, comme si les roses elles-mêmes de quelques massifs avaient redressé la tête. Et nous, nous allons vivre, véritablement vivre, pendant trois semaines.

Car la grève c’est aussi cela, l’irruption de la vie et la revendication d’une autre vie que celle de la « galère » quotidienne, du « parcours du combattant » quotidien pour gagner ce lieu crépusculaire où l’on attend que l’heure vienne de le quitter sans le moindre regret, ce lieu où l’on est « pris en otage » par une « minorité agissante » et dominante qui ne se « gêne » pas pour se confectionner en catimini, ou au grand jour pour les plus cyniques, de confortables « régimes spéciaux » et autres rentes faramineuses qui leur permettront, quoi qu’il arrive, d’éviter la « galère » et le « parcours du combattant ». Alors, voilà : vive la grève pour que... vive la vie !

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  • Anonyme

    La lutte pour le mieux-être établie comme principe de vie me parait être une excellente chose
    J’adhère !

    • éternellerebelle
      éternellerebelle
      enragée !
      • Posté à 23h50 le 23/11/2007
      • Internaute 22982
        enragée !

      Réponse à NESTORROMEO,

      Comme cela fait du bien de vous lire ,aprés un jeudi noir

      qui a vu la fin de la grande gréve des cheminots .

      votre texte est superbe et si rafraichissant.Moi de méme

      retraitée aprés 37 ans et demi de travail,j’ai également

      participé à toutes les luttes et gréves,hors structures

      syndicales,car méme dans les années 60,j’avais vite com

      pris que leurs directions étaient le plus souvent complices du pouvoir,etque ledit pouvoir ne s’en servait que pour canaliser nos luttes ,et stopper les gréves

      A present ,à 67 ans,je garde un souvenir merveilleux de toutes nos luttes ,la joie de se retrouver ensemble ,les contacts fraternels,avecd’autres travailleurs que l’on aurait jamais rencontrés sans ce temps retrouvé pour revivre loin du boulot .Si ce n’était les luttes constantes pour contrer la dictature des permanents et autre chefaillons syndicaux,

      LA GREVE,LA LUTTE : UNE LIBÉRATION,UN BONHEUR (SOUVENIR
      D’UN JOLI MOI DE MAI )
      Toujours en forme ,pour descendre dans la rue et lutter
      en ce moment ce ne sont pas les motifs qui manquent(sans papiers,sans logis...
      Avant de passer l’arme à gauche ,j’espére encore,mais hélas avec Sarko ,lesLOUPS ont envahi la France ,comme chantait Régianni dans ces années là(titre exact : les loups ont envahi Paris)

      • Nestor Romero
        Nestor Romero répond à éternellerebelle
        Ancien enseignant
        • Posté à 16h47 le 24/11/2007
        • Expert 5556
          Ancien enseignant

        Salut, Rebelle... ! N.

      • azertui
        • Posté à 23h57 le 26/11/2007
        • Internaute 23229

        Par votre age je vous dois le respect,mais vous faites peur a lire.Trente sept ans de boulot,vous voulez une medaille ?
        Que dire des boulangers,patissiers,maçons,platriers et j’en passe qui bossent jusqu’a 65 ans avec un aprentissage commencé a 14 ans.51 ans de cottisations et ils sont jamais dans la rue ! !
        Le plus souvent avec des retraites d’artisans,c a d de « merde ».Les grevistes sont des fumistes.
        Voila ce que j’ai a vous dire.
        ET si les loups sont entré en france avec sarko,c’est bien fort que je fais « hououou » .
        13 14 15em mois,rtt,35 heures,regimes speciaux,assistana,voila de quoi la france creve.

        Je bosse 13 h par jour pour gagner ma vie et j’en suis fier mais j’en ai mare d’en filer une partie a tous les assistés de ce pays.

         
        • Anonyme répond à azertui

          tu as le droit d’être un « pauvre type ».

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    juste 2 questions, avez-vous compté le nombre de jour de grève que vous avez effectué dans votre carrière ?

    Sont ils pris en compte dans votre calcul de retraite ?

    • Anonyme

      Moi aussi j’ai fait 37.5 , et souvent ceux qui critiquent ces annuités « ont bénéficié de plans qui les ont fait partir bien avant.
      J’ai fait pas mal de grèves et en particulier celle de 1995, qui a permis de virer la “saloperie” de JUPPE.
      Merci encore aux cheminots qui ont été et sont de tous les combats.
      Et avant tout préalable aux discutions il faudrait mette à plat celle des parlementaires.

  • Anonyme

    ben j allait crier au scandale mais je trouve l argumentaire honnete et meme pertinent.

    si l on veut on peut ! ! serait le mot d ordre pour les salaires

    malheuresement la , les revendications sont egoistes de la part des cheminots, je parle meme pas des etudiants....

  • Ponponbesogne
    Ponponbesogne
    Plus on est de fous, moins il y (...)
    • Posté à 11h53 le 23/11/2007
    • Internaute 20981
      Plus on est de fous, moins il y (...)

    En bref, c’est toujours la lutte des classes pour vous.
    Votre idée de la société est défendable en général même si je ne la partage pas, mais pour les régimes spéciaux, comment pouvez-vous défendre des inégalités ? Votre idée de société où le collectif prime ne se retrouve pas là-dedans.
    Alors, vous me direz qu’il faut 37 ans et demi pour tout le monde et là je vous dirais que c’est irréalisable et que supprimer ces régimes ne sont pas tirer la société vers le bas, mais plutôt faire un partage plus équitable en vue de la retraite (SVP ne me citez pas le régime des députés qui est indéfendable, je vous l’accorde).

    • Anonyme répond à Ponponbesogne

      Pourquoi ? ? ? Elle a disparu la lutte des classes ? Alors que s’ouvre aujourd’hui le grenelle de la précarité, et que la presse nous indique que 7,1 millions de personnes en France vivent avec moins de 817 euros par mois, en augmentation entre 2000 et 2007... La lutte des classes n’a jamais disparu, on a simplement essayé de le faire croire. Et la solidarité entre salariés est le seul moyen d’améliorer l’ordinaire...pas les individualismes ! Tous les acquis sociaux ont été obtenus d’abord pour un nombre restreint de travailleurs, et étendus ensuite à l’ensemble de la société. Aujourd’hui, ce serait plutôt l’inverse. On supprime des droits à certains salariés, et on l’étend ensuite aux autres, conséquence d’une solidarité affaiblie....
      Et pendant ce temps, Parisot commence à dire qu’il faut supprimer la durée légale de travail. individualisme ou solidarité, moi, j’ai choisi !
      Sébastien

      • Ponponbesogne
        Ponponbesogne
        Plus on est de fous, moins il y (...)
        • Posté à 12h28 le 23/11/2007
        • Internaute 20981
          Plus on est de fous, moins il y (...)

        Je respecte votre avis sur la lutte des classes mais permettez moi de ne pas le partager.
        Et arrêtez de tout caricaturer, je ne me sens pas dans le camp des méchants capitalistes haineux contre les gentils prolos qui veulent le bien de tout le monde. Et je ne me sens pas non plus dans un monde ou les méchants prolos veulent tout casser chez les gentils et honnêtes patrons.
        Chacun sa vision.

         
        • zeg
          zeg répond à Ponponbesogne
          • Posté à 22h01 le 23/11/2007
          • Internaute 15852

          Vous êtes étudiant à ce que j’ai lu à coté de votre pseudo

          Sauf accident,avec un bagage universitaire ou d’une grande école,vous trouverez,sans doute et c’est normal après des études,plus facilement un poste qui vous satisfasse.
          vous entrerez alors dans une catégorie sociale qui n’a effectivement rien à voir avec le prolétariat.Les classes sont donc une vérité dans nos sociétés.Le but,pour que la cohésion sociale reste harmonieuse,est d’éviter la domination d’une des classes sur une ou d’autres.
          Le combat doit se situer à ce niveau.Une société solidaire gomme les inégalités entre les classes,et préserve les garanties de chacune.
          C’est ce que nous devons comprendre...,c’est pas gagné.

          • Anonyme répond à zeg

            Un salarié, « simple » employé ou cadre est un prolétaire.
            Par définition, le prolétaire ne possède que sa force de travail, en opposition avec le bourgeois qui détiens le capital et donc les moyens de production.
            Un cadre d’une grande entreprise est un prolétaire au même titre que l’ouvrier de la même entreprise, seulement, on monte les deux groupe les uns contre les autres, alors qu’ils ont au final les mêmes problématiques d’exploitation.
            Malheureusement, les « Cadres » pensent que leurs intérêts convergent avec la classe possédante, et les « ouvriers » pensent que leurs « cadres » sont des ennemis et responsables de leurs conditions.
            Je suis cadre, je ne possède que ma force de travail (je suis « consultant ») tout comme l’ouvrier. Je me sens solidaire des grévistes car leurs intérêts sont également les miens : je ne veux pas bosser jusqu’a 70 ans et récolter les miettes du fruit de mon travail. Aller travailler à pied quelques jours une fois de temps en temps c’est peu cher payé pour une cause juste.

        2 autres commentaires
      • Anonyme

        Vouloir diminuer la pauvreté c’est primordial mais parler de lutte des classes c’est une vision totalement obsolète et dangereuse. Pourquoi vouloir opposer les individus entre eux comme si c’était par une guerre que l’on pouvait améliorer les conditions de vie ? Imaginer un monde binaire de « bons prolétaires » et de « méchants patrons », c’est un peu caricatural et démagogique ?
        Je suis choqué d’entendre encore ces théories dépassées qui ont pourtant montré leurs limites et leurs conséquences désastreuses en pratique. Le régime Stalinien n’était-il pas une dictature où les inégalités étaient bien plus importantes qu’en France ? et pourtant il s’était établi sur le lutte des classes....

        Entre grèves et lutte des classes, vous allez un peu vite en besogne et cet amalgame est dangereux...

        A la guerre préférons le dialogue...C’est d’ailleurs l’option que semble finalement avoir choisi les syndicats

    • AnneJ
      AnneJ répond à Ponponbesogne
      • Posté à 10h37 le 24/11/2007
      • Internaute 21569

      parce que tu crois qu’à cette époque-là, « on » (la classe dominante) ne leur disait pas déjà que c’etait « irréalisable » ? ! ! ...
      Oui, c’est toujours la lutte des classes. Voilà, la réalité.

    • Anonyme répond à Ponponbesogne

      Mais si, mais si, 37,5 ans pour tous c’est possible. C’est un choix. Les députés, qui sont notre élite la plus responsable, l’ont très largement réalisé pour eux-même (rappel : chaque année leur compte double ; leur salaire est très supérieur à la moyenne des salaires) et vont le garder. Notre Président bien aimé, le plus responsable d’entre nous, s’augmente de 140 % ( avantages en nature non compris). Son salaire (8000 euros) était déjà très supérieur à la moyenne nationale. Forgeat, touchera une retraite de plus de 1 million d’euros après 8 ans à EADS. Et dieu sait s’il a bien travaillé pour la réussite de son entreprise.

      Allez, arrêtez la télé et parlez avec votre voisin.
      Vive les conquêtes collectives. Vive leur extention à l’ensemble des salariés.

      Bonne grève à tous (salariés-voyageurs) !

      • azertui
        • Posté à 00h05 le 27/11/2007
        • Internaute 23229

        notre president double son salaire : 16 000 EUROS POUR DU BOULOT 19H SUR 24 PENDANT 5 ANS ?
        desolé mais ça ne me choque pas.

  • Anonyme

    les grèves... pour les fonctionnaires c’est le seul moment où il peuvent se vanter d’avoir une journée d’action.

    • Fozzie
      Fozzie
      Riendutoutiste tendance dure
      • Posté à 15h55 le 23/11/2007
      • Internaute 1195
        Riendutoutiste tendance dure

      Hors sujet : l’auteur explique bien qu’il n’était pas fonctionnaire. Faut pas faire des fixations comme ça, ça empêche de bien lire !

  • Anonyme

    Et tu t’en vantes ; à ta place je me cacherais ! On devrait te retirer 5 ans de cotisations ! MDR

  • Anonyme

    Il y une frange de la population, médiocre et incapable de progresser, qui est opposée à tout, critique tout, criaille, mais en définitive n’obtient rien.

    • Fozzie
      Fozzie
      Riendutoutiste tendance dure
      • Posté à 13h32 le 23/11/2007
      • Internaute 1195
        Riendutoutiste tendance dure

      Et il y a une frange de la population qui gémit dans son coin, qui ne fait jamais rien sinon se plaindre de ceux qui se battent... C’est pas glorieux non plus !

    • Anonyme

      bravo
      nous devrions manifester

  • Anonyme

    Les 37,5 annuités sont irréalisables pour tous ? Ah bon ? C’est bizarre, peut-être qu’en lisant autre chose que la pensée unique libérale, c’est réalisable :
    Lien

    Faut arrêter de suivre la pensée dominante, un peu d’esprit critique ferait du bien.

    Marre de TOUS ces gens qui nous disent c’est irréalisable sans avancée UN SEUL argument ! ! ! MERDE !

    Camarades, la connaissance est le plus grand allié des salariés face au patronat et aux journalistes INCULTES ! ! ! ! ! !

    Arrêtez de nous prendre pour des cons du haut de vos idées pseudo-critiques apprises en regardant iTélé ou en lisant Libé....

    Julien XXème

    • azertui
      • Posté à 00h11 le 27/11/2007
      • Internaute 23229

      camaraaaaaaade
      « il faut recréer le brigades du tigre. »
      C’est possible de vivre en 2007 ,serieusement ,et de laisser tomber les discours dignent du debut du 20em sciecle.
      c’est a cause de vos propros que personne ne juge nessecaire d’argumenter !

  • Anonyme

    Bravo à l’auteur, bien que l’article soit un tantinet provocateur pour tous ceux qui n’aiment pas trop les grévistes. Je ne suis pas tellement d’accord avec la question de la lutte des classes ; elle ne peut plus être définie comme elle l’était il y a 50 ans, et parler de lutte des classes représente un discours dans lequel la majorité des gens ne se reconnaissent pas. D’ailleurs beaucoup de gens appartenant à ce qui était autrefois la « classe ouvrière » ont voté pour Sarkozy. Les loyautés sont aujourd’hui plus partagées. S’il y a encore des gens exploités, il y a aussi tout une frange de la société qui n’est pas représentée, d’abord les chômeurs qui par définition ne sont pas syndiqués, les sans-abris qui sont plus susceptibles de ne pas voter, et beaucoup d’autres. C’est pour cela que je pense que la grève est un droit qui doit non seulement s’exercer pour la défense d’intérêts corporatifs, mais aussi comme un moyen d’expression sur les inégalités, sur l’exploitation, et sur tous les problème sociaux liés au travail et au chômage.
    Pour finir, avant que l’on me ramène les avantages dont bénéficient les cheminots, il me semble qu’il existe des inégalités beaucoup plus flagrantes et honteuses, que celles de ces régimes spéciaux. Avoir dépeint les cheminots comme des nantis qui profitent du système est une performance incroyable de la part de Sarkozy, ne lui enlèvons pas ce qui lui est dû. Malheureusement c’est une performance qui a un prix, car avant tout un chef d’état se doit d’être un rassembleur, et représenter les intérêts de tous ses « sujets ».

    • Anonyme

      @anonyme de 14h26
      « d’abord les chômeurs qui par définition ne sont pas syndiqués ».

      Personnellement, je suis demandeuse d’emploi et syndiquée (et sans doute demandeuse d’emploi parce que syndiquée).

      • Anonyme

        Désolée d’avoir fait une assimilation un peu rapide ; aurais-je dû dire en majorité non syndiquée ?

         
        • Anonyme

          En grande majorité malheureusement.
          Anonyme de 16h47

        1 autres commentaires
    • Anonyme

      C’est un monarque qui traite ses « sujets » comme des objets. Et il a raison.Ils aiment ça.

  • paco
    • Posté à 14h52 le 23/11/2007
    • Internaute 17955

    Tout à fait d’accord. J’ajouterais que la grève, quelques soient les revendications, est un moment révélateur, où chacun montre un autre visage. Et que c’est une véritable école de la vie, une formation accélérée. Je suis convaincu qu’un lycéen ou qu’un étudiant apprend plus vite en grève qu’en cours (j’entends déjà certains dire : forcement avec les profs qu’on a !).

    • Anonyme répond à paco

      Ce n’est pas le souvenir que je conserve de mai 68, alors que j’étais lycéen.

      Par ailleurs, que vaut ce qu’ils apprennent sur le marché du travail ? A part quelques meneurs qui feront carrière dans la politique et s’entraînent déjà (au frais du contribuable qui paie leurs études), à quel emploi valorisant ces journées de grève vont-elles le mener ?

  • Servais-Jean
    • Posté à 17h56 le 23/11/2007
    • Internaute 4591
      43

    La lutte des classes, grâce à Sarkozy, est en train de redevenir à la mode.

    Sarkozy réussit à créer une nouvelle classe, celle de la France d’en bas, qui comporte bien sûr les ouvriers et les employés mais qui est en train de s’étendre aux avocats, magistrats, médecins, commerçants, artisans, agriculteurs, pècheurs et tous ceux qui produisent les richesses en travaillant et non pas en faisant travailler les autres.

    Les grèves deviennent le moyen unique de se faire entendre pour tous les français de base.

    Nous avons un détonnateur au sommet de l’état, est-il conscient d’être assis sur un tonneau de poudre ? J’en doute.

    • Anonyme répond à Servais-Jean

      Je ne sais pas s’il faut vraiment établir une démarcation entre ceux qui produisent des richesses et ceux qui font travailler les autres. On a besoin des entreprises, on ne peut quand même pas tous être employés ou employeurs, et quelqu’un qui a une petite entreprise et prend des risques, n’exploite pas forcément les gens. En fait, ce qui nous bouffe, c’est la grande spéculation. Seulement il est difficile de s’imaginer ce qu’elle représente, avec tous ces transferts virtuels, et elle est pratiquement anonyme pour la plupart d’entre nous. Il est tellement plus facile de blâmer les grévistes, quoique les médecins, avocats, magistrats et autres ne nous ont pas vraiment habitués à cela. Cela promet d’être intéressant.

  • Nicolas Brousse
    Nicolas Brousse
    Etudiant à Paris
    • Posté à 18h14 le 23/11/2007
    • Internaute 118
      Etudiant à Paris

    C’est ça la France. Voilà un prof de longue carrière qui n’a manqué aucune grève. Alors, vu le nombre de grèves organisées dans notre pays, il a pas dû beaucoup bosser tout au long de sa carrière.

    Même si les professeurs ne gagnent pas de masses, même si il y a de quoi à reprocher sur le peu qu’ils gagnent et le peu de motivation qu’on leur donne, j’aurai préféré lire un article d’un prof qui, malgré ces injustices, préfère d’abord partager son savoir-faire aux enfants que d’aller gueuler dans la rue. Car l’éducation est une priorité et c’est un scandale que ceux du primaire, du collège - et non pas du lycée car ils aiment la grève - doivent être affectés par des profs absents.

    Alors, si vous pensez avoir battu le record de participation aux grèves, je ne vous félécite pas.

    • Chipek
      Chipek répond à Nicolas Brousse
      • Posté à 20h17 le 23/11/2007
      • Internaute 9870

      Excusez moi Nicolas B, encore collégien ? ? ?
      mais vous devez bien avoir 24 redoublements derrière vous non ?
      alors qu’est ce que vous faites ?
      z’êtes bête ou vous le faites exprès ?
      mais non, suis je donc sotte, c’est la faute à tous ces fainéants de profs grévistes ! ! ! !

      • azertui
        azertui répond à Chipek
        • Posté à 00h16 le 27/11/2007
        • Internaute 23229

        que pensser d’un prof en greve pour la hausse de son pouvoir d’achat et qui declare ne pas s’en sortir avec 2500€ par moi.(journal de 13 h cette semaine)
        Regarde t’il autour de lui ?

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à Nicolas Brousse
      Ancien enseignant
      • Posté à 21h11 le 23/11/2007
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      NicolasB, tu fais erreur. Si tu relis mon texte tu verras que je n’ai pas été professeur toute ma vie. J’ai travaillé pendant dix ans dans l’industrie privée avant de pouvoir entrer dans l’Education nationale. Les deux expériences que je raconte sont relatives à cette période de travail dans le privé, il n’y avait là rien d’héroïque, nous étions en période de plein emploi ou presque, mais enfin les représailles parfois étaient tout de même rudes. En revanche je n’ai jamais beaucoup goûté les grèves d’enseignants, tout simplement parce que je pense que l’école n’est pas une entreprise et ne doit pas le devenir, parce que les enseignants ne sont pas des producteurs et les élèves ne sont pas des produits. Pourtant, le plus souvent j’étais gréviste pour la raison explicitée dans l’article mais je pensais qu ’il y avait mieux à faire (prendre en charge collectivement, enseignants, élèves et parents, un autre mode de vie dans l’école, c’est-à-dire une autre pédagogie moins discriminatoire, plus solidaire) sans grand succès, il est vrai, sauf parfois...Et puis je crois qu’il faut éviter de dire LES professeurs, LES élèves, il n’y a que DES professeurs et DES élèves, chacun singulier, c’est-à-dire différent de l’autre. Et puis bien des choses encore...Cordialement. N.   

    • éternellerebelle
      éternellerebelle répond à Nicolas Brousse
      enragée !
      • Posté à 00h09 le 24/11/2007
      • Internaute 22982
        enragée !

      NICOLAS ,TU FILES UN MAUVAIS COTON ,

      IL TE FAUDRAIT UN PROF COMME NESTOR ROMERO ,IL EST PEUT ÉTRE ENCORE TEMPS ! ! !

      SALUT CORDIAL

    • Servais-Jean
      • Posté à 02h35 le 24/11/2007
      • Internaute 4591
        43

      Le savoir faire d’un prof c’est peut-être aussi de montrer l’exemple de la grève à ses élèves, je n’y vois pas ce contradiction.

  • Anonyme

    Je voudrai rajouter quelque chose, qui est la première chose qui m’est venue à l’esprit en lisant cet article et qui est un élément de réponse à la personne au-dessus qui conteste le droit aux enseignants de faire la grève. Les enseignants comme d’autres professions peuvent et doivent faire la grève pour tous ceux qui ne le peuvent pas, en général parce qu’ils fonctionnent au service minimum toute l’année. Il y aussi tous ceux qui ne peuvent pas faire grève ou se syndiquer parce qu’ils seraient les premiers à être licenciés pour raisons économiques ;
    Si la grève est un droit, c’est aussi un exutoire. Si les gens qui ont des revendications, des griefs ne sont plus représentés, à quoi vont-ils recourir ?
    Dans ce sens la grève est un moindre mal.

    • Anonyme

      C’est ridicule... donc si je vous suis bien les enseignants « doivent faire la grève pour tous ceux qui ne le peuvent pas » : ils sont donc investis d’une mission ( ? divine) pour défendre tous les opprimés de la terre ? Mais qu’est-ce qui leurs donne cette prétendue légitimité de faire grève à ma place ?
      Quant à voir la grève comme un « exutoire », c’est un peu puérile, ne trouvez-vous pas ? Je pense -mais c’est uniquement mon opinion- que les personnes adultes ont d’autres moyens de se défouler (faire du sport par exemple...) et que par contre si elles veulent faire valoir leurs revendications (on ne parle pas ici d’exutoire mais de démarche constructive) elles peuvent le faire à travers le dialogue.

  • Anonyme

    une question : les grévistes ont ils des enfants ?
    surement mais trop peu de neuronnes pour comprendre l’importance d’une telle réforme , leur égoisme me dégoute.
    SARKO est trop tendre à leur égare , qu’ils ailles bosser comme les 20 millions d’autres français qui subissent tous les jours ces ahurits .

    • Anonyme

      Les « ahurits » ont-ils des enfants ? Ce doit être une nouvelle race car je ne connaissais que celle des AHURIS.
      On espère que tu n’ en as pas car s’ils voient ton orthographe, ils risquent de le devenir « ahurits » ! ! !

      • azertui
        • Posté à 00h21 le 27/11/2007
        • Internaute 23229

        O LA JOLIE PREUVE DE TOLERANCE.
        TOUS LE MONDE N’A PAS LA CHANCE D’ETRE BON EN ORTOGRAPHE .
        c’est juste un peu facile et hors sujet.

    • Anonyme

      Une question : les non-grévistes ont-ils des enfants ?
      Surement mais trop peu de neurones pour comprendre l’importance d’une telle réforme, leur bêtise est aveugle.
      Sarko a bien raison de continuer à les prendre pour des cons, en plus ils en réclament.

      • zeg
        zeg
        • Posté à 22h53 le 23/11/2007
        • Internaute 15852

        c’est l’opinion publique,gavée de pensée unique qui est aveugle !

      • Anonyme

        au dîner de cons, vous ressemblez l’hôte méprisant et satisfait, cher 22.43 ... revoyez le film, et tentez de conserver votre sourire de beauf. dans le système auquel vous croyez (foi, aveugle donc) vous êtes le con d’un autre, vous n’y échappez pas. le truc marrant c’est que vous ne le savez pas. le président compte sur vous pour grossir les rangs des couillonés contents, et là, il a trouvé une bonne recrue, un petit kapo collabo et servile, sans envergure.

        (non gréviste, chef d’entreprise inventif, créateur d’emplois payés 30% au dessus du « marché », et d’autres choses encore plus intéressantes, solidaire des grévistes, fatigué mais pas otage, patient dans les transports en COMMUN)

  • farchouette
    • Posté à 18h42 le 27/11/2007
    • Internaute 19543

    Ah bon, les profs sont protégés, il n’ont pas à faire grève ? ! Mais dans quel monde vivez-vous ? Dans les établissements de mon secteur, les remplaçants ne sont pas tous des profs mais des étudiants, des sans diplomes contractuels, des vacataires, ces personnels précaires sont à la merci de la DRH qui les envoie dans tous le département pour des postes souvent à temps partiel,sans frais de déplacement, sans formation ni soutien, et la plupart ne font JAMAIS grève parce qu’ils ont peur de ne pas être réembauché l’année suivante... Alors abandonnez cette image d’Epinal qui n’a plus cours depuis la dizaine d’année que j’enseigne. Oui, il faut faire grève pour ceux qui ne le peuvent pas et dénoncer des conditions de travail indignes tant que nous le pouvons ! Que je sache, c’est aussi parce que le privé fait très peu grève qu’il s’est fait grignoter tous ses avantages acquis.

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