Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Enseignants, heures supplémentaires et dignité

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 25/08/2008 à 16h59

Enseignants, allez-vous accepter de faire des heures supplémentaires comme le souhaite tant le pouvoir actuel ? Non pas des heures comme il s’en est toujours fait, ponctuellement, pour mener à bien un projet ou boucher un trou par-ci par-là, pour rendre service, non ! des heures pour, travaillant plus, gagner plus. Allez-vous le faire ? Au prix de votre dignité.

Les grands mots tout de suite ! En effet, en effet, il fut un temps, où, dans la classe ouvrière « faire des heures » était vu comme une indignité, à moins que la situation familiale ne le nécessitât absolument. Faire des heures, c’était prendre le travail d’un autre, ne pas le faire constituait un acte de solidarité. Et l’on pouvait bien vous prouver par a+b que votre refus ne changerait rien au sort des sans-emploi, la dignité était toute dans ce refus hautain de se vendre pour un plat de lentilles… supplémentaire.

Toute l’histoire du mouvement ouvrier des deux derniers siècles n’est rien d’autre que celle de la lutte pour la diminution du temps de travail et l’augmentation des salaires, car ce travail salarié, travail tourment, était une mutilation de la vie (et il en va ainsi aujourd’hui encore pour l’immense majorité des salariés). De sorte que la seule attitude digne était celle qui consistait à lutter pour travailler moins et gagner plus, lutter, disait-on, pour de meilleurs salaires et du temps pour vivre.

Quand le pouvoir porte atteinte au désintéressement

Mais voici qu’un pouvoir advient, prosélyte d’une idéologie attentatoire aux acquis historiques des salariés (Sécurité sociale, retraites, temps de travail, droit de grève, pouvoir d’achat, etc.), qui pose et impose qu’il n’est d’autre vie que pour et par le travail quelle que soit la nature de celui-ci, aussi déshumanisante soit-elle et qu’il n’est d’autre but dans la vie que l’accumulation pécuniaire permettant de consommer les produits exposés, imposés, multicolores et éblouissants, polluant, contaminant cependant non seulement la terre et le corps mais jusqu’à l’âme au plus profond de chaque être.

Et voici que ce pouvoir dont la vulgarité est le mode d’expression habituel s’avise de porter atteinte à ce qui constitue l’essence même de la fonction enseignante, éducative et pédagogique : le désintéressement.

Jamais il ne s’est manifesté un tel mépris de l’enseignant, car c’est mépriser l’éducateur que de lui proposer quelque espèce sonnante pour l’inciter à travailler plus. C’est mépriser au plus haut point l’éducateur que de l’appâter avec quelque mouche trébuchante pour l’inciter à mieux produire ce que le pouvoir a décidé qu’il fallait produire en guise de main-d’œuvre adéquate à la préservation d’un fonctionnement social inique.

Un enseignant, c’est-à-dire nécessairement un éducateur, un pédagogue et non un instructeur, travaille toujours autant qu’il le peut et aussi bien qu’il le peut indépendamment de toute considération pécuniaire, par définition même, parce que pédagogue il est au service des enfants et qu’il ne peut lui venir à l’esprit de maltraiter les enfants avec lesquels il vit comme il ne peut lui venir à l’esprit que ses propres enfants puissent être maltraités par leurs enseignants.

Car ce serait maltraiter les enfants que de ne pas faire ce qui est à faire, tout ce qui est à faire, quoi qu’il en coûte d’efforts et de temps, comme ce serait, pour un médecin, maltraiter son patient que de ne pas prendre le temps de le soigner aussi bien qu’il est possible. Il est ainsi des professions qui ont à faire à l’humain…

De sorte que faire miroiter aux yeux d’éducateurs des incitations pécuniaires, comme la petite frappe fait miroiter des montres de pacotille en relevant furtivement sa manche, revient à porter atteinte à l’honneur même, au sens le plus vertueux du terme (n’ayons pas peur des mots, ne les laissons pas à ceux qui trop souvent les souillent), de ces éducateurs alors que l’on dit vouloir restaurer leur autorité et leur dignité, c’est tenter de corrompre ce qui constitue, une fois encore la vertu de l’éducateur : le désintéressement.

Cependant, j’ai entendu parfois, moi aussi, en des moments d’exaspération le fameux et abject « on en fait bien assez pour ce qu’on gagne ». J’ai toujours voulu croire que ce n’était qu’un instant de faiblesse. Pour que ce ne soit pas trop triste, trop désespérant. Car, bien sûr, rien ne justifie qu’un enseignant quel que soit le montant de sa paie, le fasse payer aux enfants.

Une austérité salariale fièrement acceptée

Je crois même que pendant longtemps les enseignants se sont enorgueillis de cette austérité comme ils se sont enorgueillis de leurs réalisations sociales, mutuelles, assurances, dispensaires, centrales d’achats… qui ne compensaient que très partiellement le bas niveau de leurs salaires car, disait-on parfois fort respectueusement, ils avaient une vocation et même en quelque sorte une mission.

C’est peut être bien cette austérité fièrement acceptée qui explique, d’une part, la timidité des revendications purement salariales des enseignants et, d’autre part, leur implication dans la revendication de « moyens » pour assurer un meilleur fonctionnement de l’institution.

Car les enseignants sont des gens cultivés, par définition, et fort souvent « politisés » c’est-à-dire disposant d’une culture et d’une « conscience » politiques indéniables qui savent se mobiliser et utiliser les moyens de pression dont ils disposent pour appuyer leurs revendications, ils l’ont prouvé parfois, mais ils répugnent, dirait-on, à quémander, tant est haute la considération qu’ils ont pour leur « mission ». Cette considération que le pouvoir actuel bafoue en monnayant des heures supplémentaires qui en outre n’auront absolument aucun effet sur ce qui est la honte du fonctionnement institutionnel : la perpétuation et la justification de l’inégalité par l’idéologie du mérite et de son corollaire, la récompense.

Telles sont les raisons, me semble-t-il, pour lesquelles les enseignants de ce pays refuseront, j’en suis persuadé, de se laisser corrompre par quelques euros de plus jetés du haut d’un pouvoir vulgaire.

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  • el Chiquito
    el Chiquito
    en promenade
    • Posté à 17h20 le 25/08/2008
    • Internaute 45214
      en promenade

    D’accord sur le fond de votre article. Les heures supplémentaires doivent être, normalement,exceptionnelles et permettent de gérer une difficulté (par exemple l’absence de quelqu’un). Le gouvernement avec sa loi sur les heures supplémentaires veut en faire un moyen d’éviter des embauches. Il faudrait un débat sur l’utilité des heures supplémentaires et prendre des mesures pour qu’elles restent exceptionnelles. Généraliser les heures supplémentaires conduit à la dérèglementation du temps de travail : les employers ne peuvent plus prévoir leur emploi du temps personnel car on peut toujours leur demander (ou imposer) de faire des heurs supplémentaires à la dernière minute.
    Cependant, les enseignants ne sont pas des gens d’exception, ils ont un statut particulier (ni ouvriers ni cadre) et c’est bien. Maintenant s’ils veulent être assimilés aux cadres ils risquent d’y perdre beaucoup (les cadres ne font pas d’heures supplémentaires !).

    • Desiderio
      Desiderio répond à el Chiquito
      • Posté à 20h51 le 25/08/2008
      • Internaute 24791

      Maintenant s’ils veulent être assimilés aux cadres ils risquent d’y perdre beaucoup (les cadres ne font pas d’heures supplémentaires !).

      Vous voulez parler sans doute des remplaçants payés à l’heure, avec un nombre d’heures contingentées et n’ayant droit à aucune indemnité hors de leurs heures (plus n’ayant pas droit aux indemnités de chômage ni aux congés payés) ?

  • Gosseyn
    • Posté à 17h42 le 25/08/2008
    • Internaute 1943

    Nous sommes dirigés par des gens pour qui l’argent est la valeur ultime, qui sont prêts à tout pour un petit gain supplémentaire (à commencer par le premier d’entre eux, impatient de quitter son boulot actuel de Président pour aller faire du fric comme Clinton).
    Comment s’étonner qu’ils attendent de chacun qu’il se laisse guider par l’avididité et la cupidité, ces pulsions individualistes qui forment le moteur du système capitaliste.

    Liberté d’entreprendre et d’exploiter. Egalité pour certains plus que pour d’autres. Fraternité... aux chiottes !

    • Di
      Di répond à Gosseyn
      • Posté à 18h13 le 25/08/2008
      • Internaute 8231

      S’il est pressé, qu’il ne se gêne surtout pas pour partir, même en avance !

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à Gosseyn
      43
      • Posté à 23h16 le 25/08/2008
      • Internaute 4591
        43

      Je viens de voir sur la toile que sarko continu de perçevoir ses indemnités de ministre de l’intérieur.
      Et je me suis rendu compte par la même occasion que l’idéologie de la droite était en fait une simple histoire de pognon.

      • joe60
        joe60 répond à Servais-Jean
        • Posté à 09h53 le 26/08/2008
        • Internaute 30027

        oh Jean, seriez-vous né de la dernière pluie ?
        quel âge avez-vous donc ?
        pour les indemnités de Sarkor, où avez-vous eu l’info ?

      • la champenoise
        • Posté à 15h24 le 27/08/2008
        • Internaute 27942

        Je sais qu’il s’était arrangé (comment ?) pour les percevoir jusqu’à fin 2007, même en ayant démissionné pour faire campagne et ensuite avoir été élu président de la république. Mais à partir du 1er janvier, il devait percevoir ce fameux argent de poche majoré de 207 %. Où avez-vous eu l’information ? Est-elle vérifiée ?

  • Di
    Di
    • Posté à 17h43 le 25/08/2008
    • Internaute 8231

    Avec plus de 10 000 postes d’enseignants qui disparaissent dès la rentrée, ça fait beaucoup d’heures supplémentaires à prévoir... Ce n’est plus une « mission », qu’ils auront, mais une mission impossible.

    • Desiderio
      Desiderio répond à Di
      • Posté à 20h47 le 25/08/2008
      • Internaute 24791

      Ben non. Cela fera juste un peu plus de précaires à employer et qui ne seront pas comptés comme fonctionnaires. Vous connaissez les contractuels ? 200 heures maximum, payées au minimum et seulement pour l’heure de cours effectuée (rien pour les conseils de classe, les réunions, les frais de déplacement, les rencontres avec les parents, les congés payés, les indemnités chômages). C’est très rentable un contractuel. Plus qu’un TZR (titulaire sur zone de remplacement qui gardent leur statut de professeurs et qui sont payés à ne rien faire parfois). Il suffit de peupler l’EN d’un très grand nombre de contractuels, ils se bousculent à la sortie des facs en pensant ainsi pouvoir mieux réussir leurs années d’IUFM, la main d’œuvre ne manque pas, il suffit de se baisser. Vous n’aviez donc pas encore compris que le slogan de la prétendue baisse du nombre des fonctionnaires était une vaste fumisterie depuis le début pour aggraver la précarité ?

      • Di
        Di répond à Desiderio
        • Posté à 23h33 le 25/08/2008
        • Internaute 8231

        Bonjour Desiderio. Bien sûr que je l’avais compris, ça. D’ailleurs absolument tout ce que fait ce gouvernement va dans ce sens. Ce qu’ils veulent vraiment, c’est casser tout le service public - l’école publique en premier lieu. Moins les gens pourront avoir accès à l’éducation, plus la main-d’oeuvre pas chère sera disponible, et tout ce qui intéresse ce gouvernement, c’est le profit des très grosses entreprises privés (de leurs copains) et de leurs actionnaires. Plus l’emploi est précaire, plus les patrons peuvent payer moins pour plus de travail. Finalement, le « travailler plus pour gagner plus » de Sarko, c’était « le salarié travaille plus pour que le patron gagne plus ». Des heures sup défiscalisées, c’est moins de cotisations pour la sécu, pour la retraite. Au final, l’employé gagne beaucoup moins.

        Il va falloir s’armer de beaucoup de courage dans les mois qui viennent. Les français ne peuvent pas lasser leur « douce France » devenir un cauchemar pareil.

  • Fifidou
    Fifidou
    Post Doc
    • Posté à 17h57 le 25/08/2008
    • Internaute 48893
      Post Doc

    Monsieur, je vous félicite de la haute estime que vous portez à votre ancien métier. J’aime y croire, y souscrire et même plus. J’aimerai que ce message d’espoir dans les vertus et sens du dévouement, non seulement dans l’enseignant, mais aussi pour l’homme en général soit davantage véhiculé, et complété par d’innombrables exemples à la Une de tous nos media.
    Malgré cela, j’ai peur. Peur que cela ne se passe pas comme cela. Peur que le martelage systématique de notre société de messages à caractères égocentriques et consumériste ne brise cet idéal. Et ma plus grande peur est qu’une partie des français, à la lecture de ces lignes, ne se disent : « Encore un fanatique syndicaliste qui emploie des mots pour masquer tant bien que mal sa fainéantise de prof ».
    J’ai déjà essayé de convaincre des gens de ce type que leur vision pour le moins désabusée du métier de prof (ou plus généralement celle de fonctionnaire dont la fonction incite naturellement à rendre service au peuple) ne pouvait pas se concilier avec une société humaine respectable. Mais en vain, presque toujours, je n’arrive pas à convaincre, et je sais que votre texte, si bien écrit soit-il, n’y parviens pas davantage. Que diriez-vous à des gens comme cela ?

  • cyrillecp
    cyrillecp
    Je vous l'avais bien dit!
    • Posté à 18h26 le 25/08/2008
    • Expert 50070
      Je vous l'avais bien dit!

    Prof de français langue étrangère, en dehors du circuit de l’Education Nationale, j’ai envie d’apporter un témoignage.
    Dans mon boulot, on peut gagner de 11€ à 80€ de l’heure pour exactement le même travail. C’est dire si l’on ne se sent pas rétribué en fonction de la valeur de son travail, mais en fonction de d’organisations absurdes. Evidemment, les places à 11€ abondent, alors que celles à 80 sont rarissimes, et en général limitées à quelques dizaines d’heures par an.
    Moi qui ai enfin, à près de 40 ans, pu me stabiliser (en CDD vacataire, ne rêvons pas, mais avec une régularité qui confine à la sécurité) autour de 30€ de l’heure, avec 3 mois de vaches maigres chaque été, j’ai donné pendant des années dans les petites écoles de langues où l’on vous paie ce qu’on peut, c’est à dire pas grand chose. Et j’ai dû faire des journées de dingue pour avoir un simple smic (avec un DESS en poche, sans compter les formations complémentaires). Eh bien voilà une révélation : lorsque l’on est prof, il y a un seuil d’heures au-delà duquel on fait des cours de merde. Parce qu’être prof, c’est des heures sans pouvoir relâcher son attention une seconde, parce qu’il faut préparer, parce qu’il faut corriger, parce qu’il faut savoir à chaque instant ce qu’a déjà fait chaque classe, parce qu’il faut à tout instant vérifier la compréhension dans les yeux de chaque étudiant (et Dieu sait que les Asiatiques cherchent à masquer cette incompréhension...).
    Donc, M. Sarkozy, apprenez une chose si vous en êtes capable (la pédagogie a des limites, et le petit Nicolas en est semble-t-il une) : oui, on peut travailler plus, mais on le fera beaucoup moins bien. Et effectivement, une fois le smic complété, un prof refusera de se prostituer au delà de son « seuil de cours de qualité », parce que les espèces sonnantes et trébuchantes de son escarcelle ne le consoleront jamais de s’être foutu de ses élèves.

  • survivant
    • Posté à 18h28 le 25/08/2008
    • Internaute 25864

    La fonction publique est par définition un service rendu à l’usager quelque soit sa situation familiale ou professionnelle. Le salaire que le fonctionnaire perçoit issu de la collectivité par le biais des impôts n’a rien de commercial( on achète pas et on ne marchande pas le savoir comme une vulgaire paire de chaussettes). L’appât du gain que laisse miroiter ce gouvernement alors que ce dernier ne cesse de ressasser un déficit abyssal de la dette publique, des caisses vides, un état en faillite. Par quel moyen la politique actuelle peut-elle combler les suppressions de postes d’enseignants en proposant des heures supplémentaires qui ne seront jamais payées ? il suffit de regarder du côté des infirmières, des policiers pour s’apercevoir que malgré toutes les heures supplémentaires effectuées elles ne sont pas honorées faute de caisses vides. Comment un gouvernement peut-il mentir à ce point et prendre le corps enseignant pour le dernier des imbéciles ? La propagande ne fait pas bon ménage avec la récession dans l’état ou le pays s’enfonce.

    • wieeinstlilimarleen
      • Posté à 19h21 le 25/08/2008
      • Internaute 6659

      Tout à fait d’accord. Le seul moyen envisageable pour que l’Etat rémunère les heures supplémentaires des fonctionnaires consiste à les payer à un tarif si misérable que cela ne constituerait une augmentation du temps de travail déguisée.

      • Teez-teez
        Teez-teez répond à wieeinstlilimarleen
        Back in the USSR
        • Posté à 07h38 le 26/08/2008
        • Internaute 41360
          Back in the USSR

        d’ailleurs, si je ne me trompe pas (mpais je n’en suis pas sure à 100% hélas), les heures sup’ des profs sont payées moins que leurs heures normales...

  • Papa Vincent
    Papa Vincent
    Citoyen
    • Posté à 18h36 le 25/08/2008
    • Internaute 49506
      Citoyen

    Je pense qu’il n’y a rien de plus facile que de « casser » du prof, c’est presque devenu un sport national. Mais la majorité de ceux qui cassent ne tiendrais pas une semaine dans un collège ou un lycée professionnel un peu chaud. Il et bon de rappeler parfois que les concours de l’Education Nationale sont ouverts à tous, sans discrimination d’age, de sexe, de race ou de classe sociale. Que les gens qui envient les profs (ce n’est pas mon cas, j’en ai dans ma famille) se mettent au boulot, passent un concours, et prennent leur place.

  • Homer555
    • Posté à 19h04 le 25/08/2008
    • Internaute 45141

    J’ai la chance de faire un métier qui est ma passion aussi. Faire plus d’heure ne me dérange pas voir même j’en redemande. Je me dit même « en plus je suis payé ». La première fois, je l’ai même fait gratuitement pour prouver ma valeur.
    La seule chose qui peut me faire reculer, c’est les clients désagréables, qui peuvent vous pourrir une journée ou quand je sens que la hiérarchie se fout de ma gueule. dans ces cas, j’ai tendance à prendre ma veste et me barrer.

    Avec cela, je pense qu’un prof devrait avoir une envie folle de faire des heures en plus parce que en théorie c’est votre passion. Mais n’est ce pas le manque d’éducation des enfants(parce qu’un enfant ne nait pas avec du méprit pour ses enseignants) et le mépris de la hiérarchie qui vous fait reculer plutôt que le seul fait qu’on vous demande des heures ?

    • Desiderio
      Desiderio répond à Homer555
      • Posté à 20h34 le 25/08/2008
      • Internaute 24791

      Cette phrase n’a strictement aucun sens (je ne parle même pas de l’orthographe catastrophique du reste du commentaire) :
      « Mais n’est ce pas le manque d’éducation des enfants(parce qu’un enfant ne nait pas avec du méprit pour ses enseignants) et le mépris de la hiérarchie qui vous fait reculer plutôt que le seul fait qu’on vous demande des heures ? »
      Qu’est-ce que l’on peut vouloir approuver dans une telle bouillie verbale ? Que voulez-vous prouver à tout prix sur les enseignants en écrivant aussi mal !

      • Homer555
        Homer555 répond à Desiderio
        • Posté à 21h05 le 25/08/2008
        • Internaute 45141

        Vous au moins vous êtes enseignant(de français non ?)... Pourriez vous allumer le truc au dessus des yeux svp et au moins tenter de comprendre ? Je ne suis pas un de vos élève et n’ai rien à vous prouver. Et évitez de corriger les commentaires, prenez une copie ça va vous faire du bien... Si vous êtes frustré passez votre chemin bordel !

         
        • Desiderio
          Desiderio répond à Homer555
          • Posté à 21h44 le 25/08/2008
          • Internaute 24791

          Je répète que votre phrase n’avait strictement aucun sens. Bien sûr que je ne reprendrai pas votre orthographe ou votre typographie des plus lamentables, mais je peux faire des remarques sur la logique de vos propos totalement incohérents et plus que mal rédigés. Ce que vous écrivez ne veut strictement rien dire, et je le dis en mots fort simples, sans prétention.

        1 autres commentaires
  • babayaga
    babayaga
    musique du monde
    • Posté à 20h54 le 25/08/2008
    • Internaute 7147
      musique du monde

    Merci pour votre article, Monsieur ROMERO. Il décrit très justement le malaise des ensiegnants et, comme vous, j’espère, pour leur bien être psychologique et donc pour le bienêtre des « enseignés », que les enseignants refuseront les heures sup’

    Il y a également dans le milieu enseignant une non reconnaissance du niveau d’études. Avant, si je me souviens bien, on pouvait passer le concours d’entrée à l’Ecole Normale dès la fin de la 3e pour devenir instituteur. Puis, il a fallu le bac. Puis, pour entrer à l’IUFM (remplaçant les écoles normales), il a fallu une licence et maintenant une maîtrise. Le niveau monte, la reconnaissance baisse.

  • mechante langue
    • Posté à 21h26 le 25/08/2008
    • Internaute 28480

    « ..ils l’ont prouvé parfois, mais ils répugnent, dirait-on, à quémander, tant est haute la considération qu’ils ont pour leur “ mission ”. “

    Alors là j’ai tiqué !
    Depuis toujours chaque année il y a plusieurs mouvements sociaux dans l’EN ou la prinicpale revendication est le revenu .
    Et il n’y a pas plus corporatiste que les syndicats enseignants !

    ‘C’est mépriser au plus haut point l’éducateur que de l’appâter avec quelque mouche trébuchante pour l’inciter à mieux produire ce que le pouvoir a décidé qu’il fallait produire en guise de main-d’œuvre adéquate à la préservation d’un fonctionnement social inique.

    Ca c’est nul . C’est du blabla
    Au fait vous etes contre les primes données aux prof qui enseignent dans les quartiers sensibles ?

    • Teez-teez
      Teez-teez répond à mechante langue
      Back in the USSR
      • Posté à 07h42 le 26/08/2008
      • Internaute 41360
        Back in the USSR

      « Depuis toujours chaque année il y a plusieurs mouvements sociaux dans l’EN ou la prinicpale revendication est le revenu . »
      vous êtes sûr de ça ? moi j’ai plutôt le souvenir de profs manifestant, en vrac : contre les programmes scolaires, pour une augmentation des budgets de fonctionnement de l’EN, contre les suppressions de poste, contre les mammouths ministériels...
      mais pour une augmentation de leur salaire, et qui plus est plusieurs fois par an, j’ai comme une amnésie...

      • mechante langue
        • Posté à 23h51 le 26/08/2008
        • Internaute 28480

        C’est plus qu’une amnésie !
        A chaque mouvement social , les syndicats enseignants ont un mot d’ordre général (pour l’opinion publique) et des revendications salariales trés concrétes .
        C’est le b.a.ba de la comm des syndicats corporatistes

  • parti
    parti
    punishment park
    • Posté à 21h31 le 25/08/2008
    • Internaute 36257
      punishment park

    prof en lp, je ne peux refuser une heure sup imposée...

  • plus tard
    • Posté à 22h37 le 25/08/2008
    • Internaute 26762

    @ Nestor Romero. Deux remarques :

    - J’approuve bien sûr l’idée que la volonté gouvernementale de faire participer les profs au « travailler + pour gagner + » est une atteinte à la dignité du travail d’enseignement. C’est l’idéal pour faire pourrir encore les classes. Si je me trouvais, élève, devant un prof dont je saurais qu’il vient en cours pour « gagner plus », je suppose que je lui ferais sa fête. Il y a en effet là de quoi déchaîner le cancre qui sommeille en tout élève. Mais je trouve maladroit, ou alors je comprends mal, de se servir de la question des heures sup dans l’histoire ouvrière pour argumenter dans le cas précis des enseignants. En effet, qu’elles aient été honnies dans le passé ouvrier n’est pas en soi une bonne raison de les repousser aujourd’hui. De plus, la spécificité du travail enseignant nécessite/permet une argumentation particulière.

    - Je me suis demandé si votre insistance sur le désintéressement essentiel aux tâches d’enseignement avait à voir avec la lecture d’André Gorz. Sinon, jetez donc un coup d’oeil sur Métamorphoses du travail, p. 229 sq dans l’édition Folio. Vous ne seriez pas déçu et y trouveriez de quoi renforcer encore votre force de conviction. Il est important que ceux qui, comme vous, se font les apôtres de l’une des choses que le gouvernement actuel entreprend d’écraser, aient en main les meilleurs arguments disponibles.

    • Marie57
      Marie57 répond à plus tard
      • Posté à 23h10 le 25/08/2008
      • Internaute 37904

      Quelle drôle d’idée d’opposer le monde ouvrier d’il y a 50 ans aux professeurs d’aujourd’hui ! ! Encore que, ayant eu un père ouvrier, syndicaliste CGT dans le Nord, tout le paragraphe les concernant me semble plus relever de Zola que de la réalité.

      Je ne vois pas en quoi un professeur devrait être méprisé pour avoir fait des heures supplémentaires. D’ailleurs, 2 des mes enfants ont eu recours à des heures de rattrapage par un de leur professeur, en dehors de l’école et payées bien sur, bénéfiques également ...

      Certes, je ne suis pas d’accord avec ce que fait ce gouvernement, mais tout ceci me parait (très) pompeux et bien...décalé ( ?)

      « Une austérité salariale fièrement acceptée » je ne dois pas connaître les « bons » professeurs....
      Zola vous dis-je...

      • Sylvain85
        Sylvain85 répond à Marie57
        • Posté à 23h32 le 25/08/2008
        • Internaute 49955

        J’imagine déjà ce que penserait certaines personnes : « Bah de toute façon à Neuilly, l’école privé marche très bien. Qu’est-ce qu’on peut bien en avoir à f***** que la plèble de l’éducation publique ait une éducation de 2nde zone ? »

        Sinon quand on parle d’austérité salariale, je pense qu’elle a des limites et je ne sais pas comment font les nouveaux titulaires du CAPES pour garder la foi quand ils se retrouvent sur les postes dont personne ne veut en gagnant moins que beaucoup de gens sur des emplois peu qualifiés.

        @Marie57, des professeurs donnent des cours du soir payant, d’autres le font pour rien malgré un salaire peu reluisant et ils sont nombreux !

  • Nestor Romero
    Nestor Romero
    Ancien enseignant
    • Posté à 23h37 le 25/08/2008
    • Expert 5556
      Ancien enseignant

    Bonsoir plus tard,
    Il y a, me semble-t-il, dans ce geste de refus une attitude commune à tous les salariés qui l’accomplissent, celle de mettre quelque chose au-dessus du « fric » ce qui va à l’encontre, exactement, de l’idéologie aujourd’hui dominante qui ne met rien au-dessus du « fric ». Quant à Gorz, merci beaucoup, je me jette sur son livre dès que possible.
    Zola, dites-vous, Marie ? Quel Honneur !

  • Chipek
    • Posté à 15h39 le 26/08/2008
    • Internaute 9870

    Merci M ROMERO, vous mettez en mots mon opinion générale sur la question ;
    Refusons les heures sup pour obliger le gouvernement à embaucher.
    Malheureusement, cet idéal ne résiste pas à l’épreuve de la réalité. Nombreux sont les enseignants qui préfèrent abdiquer et garnir un peu plus leur escarcelle, j’en veux pour preuve les volontaires des stages de vacances ! ! ! ! !
    Ils ont tous une bonne raison, crédits, enfants à charge, spectre du chômage du conjoint........... Pourtant, Bouddha (pour changer un peu) m’est témoin que dans les DOM, les profs sont plutôt bien payés !
    Croire en ses idéaux et les mettre en oeuvre coûte nécessairement quelque chose mais tous ne sont pas prêts à s’y contraindre.
    Eternel gouffre entre le discours et les actes...

  • PICROCHOLE
    • Posté à 14h49 le 27/08/2008
    • Internaute 24232

    Assurément il est bon de préciser les conditions financières de l’exercice du beau métier de prof, si jalousé par ceux qui cèdent tout à leur enfant- tyran.

    Beaucoup de jeunes étudiants ne passent les concours que contraints et forcés par le chômage qui frappent particulièrement les professions intellectuelles dans un monde où seul compte l’argent. Si un jeune prof veut fonder un foyer il ne peut le faire que si sa compagne travaille. Souvent les heures supplémentaires sont indispensables pour vivre décemment mais il y a une limitation automatique : les corrections de copie et la préparation des cours.

    Il ne faut pas oublier qu’une heure de cours ne se traduit pas en une heure devant les élèves. Les organismes sociaux ou les instituts de statistique évaluent les 18 h réglementaires à environ 39 à 41 heures de travail . Pour un enseignant de français de lycée par exemple corriger une copie de 4 à 6 pages bourrée de fautes d’orthographe représente 15 à 20 minutes de travail et comme les classes dépassent 30 élèves, on voit tout de suite la difficulté de « travailler plus ». De plus les heures au delà de la première sont moins payées et l’Etat, mauvais employeur, ne paye même pas la première au tarif majoré qu’il impose aux employeurs privés.

    Signalons aussi que si certains professeurs acceptent des heures supplémentaires, c’est parce qu’ entre 1981 et 2005 , le pouvoir d’achat des enseignants a été amputé de 20% ! ! ! La preuve : le gouvernement Raffarin et le gouvernement Fillon ont été obligés de verser une prime de 600€ aux personnels des derniers échelons pour compenser (en toute petite partie) la perte de pouvoir d’achat. Toutes les enquêtes européennes montrent aussi que les enseignants français sont sous payés. D’après une enquête de 2003, le salaire moyen annuel d’un enseignant en Europe après 15 ans d’enseignement est de 33.360 dollars ; un enseignant français est à 31000$ alors qu’un enseignant allemand gagne 46000$ et un Luxembourgeois culmine à 61000$ (le veinard)
    Hélas aux yeux des riches et des bling-bling,un prof restera un Petit Chose juste bon à faire obtenir un diplôme ou plutôt une formalité ! ! ! Et l’opinion publique continuera à leur en vouloir d’avoir toujours un pouvoir insupportable : délivrer un diplôme indispensable même aux enfants-rois.

    • Archiviste
      Archiviste répond à PICROCHOLE
      • Posté à 18h09 le 28/08/2008
      • Internaute 39357

      Ceux qui jalousent les profs feraient bien d’essayer, ne serait-ce qu’une seule journée, de délivrer correctement 6 à 8 heures de cours d’affilée (au choix : une maternelle, un CP, une classe de collège ou de lycée).
      On verra en fin de journée si totalement « claqué », il peut encore faire une seule heure de cours supplémentaire à des gosses qui, le voyant s’échiner, comprennent sans difficulté que bosser ne mène à rien d’enviable et pour qui il n’est ni un modèle de réussite sociale ni même quelqu’un à respecter.

  • DIOPZO
    • Posté à 15h12 le 27/08/2008
    • Internaute 24613

    Je ne connais pas un salarié qui refuserait de faire des heures sup pour arrondir une fin de mois difficile et bon nombre d’enseignants sont dans ce cas, en particulier chez les jeunes promus.
    Tout travail de qualité mérite salaire et les profs qui donnent des cours bénévolement ne font que jeter le dicrédit sur leur métier ; qu’il ne viennent pas ensuite réclamer des hausses de salaire.
    Un autre problème est l’obligation plus ou moins déguisée d’avoir recours aux heures sup pour suppléer les suppressions de postes : ces heures là sont à vomir sans hésitation.

  • Desiderio
    • Posté à 23h14 le 27/08/2008
    • Internaute 24791

    Vous ne vous êtes pas posé des questions sur les qualifications des enseignants ou sur leur nombre de classes, donc d’élèves ?
    Assurer des heures sup quand on est prof de musique, de dessin, de sport, de technologie a-t-il un sens pour des matières comme le français, les maths et les langues si l’on ne connaît pas le programme de ces matières (ou même seulement la langue) et la finalité des exercices ? Vous vous improviseriez prof d’allemand ou de latin en n’ayant jamais étudié une seule heure ces matières ? Je suppose que vous vous présenteriez aussi comme médecin, avocat, architecte, cosmonaute, homme-grenouille, ajusteur-soudeur, maçon avec le même résultat...

    Ensuite, une ou deux heures sup ne se sentent pas trop lorsque l’on suit les classes par ailleurs et que l’on connaît déjà les élèves. Cela permet de mettre du beurre sur les épinards quand on commence (parce qu’ensuite ce n’est plus rentable, puisqu’on est payé de manière forfaitaire indépendamment de l’indice) et que l’on a seulement quatre ou cinq classes sur deux ou trois niveaux (une centaine d’élèves pour les grosses disciplines, deux cents et plus pour les petites). Mais allez faire ces heures sup si cela signifie que vous aurez encore des élèves supplémentaires dont il faudra bien corriger les productions et qu’il faudra suivre pendant l’année.

    Ensuite, ce saupoudrage d’heures de soutien ou d’aide (ou de je ne sais quel mot du jargon de l’EN) ne sert strictement à rien dans la quasi-totalité des cas s’il n’y a pas volontariat et demande des élèves : il est vécu comme une sanction par les plus faibles (et en plus une stigmatisation vis-à-vis de leurs camarades), on assiste alors aux comportements les plus absurdes pour y échapper.

  • PICROCHOLE
    • Posté à 10h46 le 28/08/2008
    • Internaute 24232

    A signaler le chantage exercé par certains chefs d’établissement sur les profs de matières rares (latin,grec,italien) ! ! !

    « La Dotation Horaire Globalisée ne permet pas de satisfaire aux obligations horaires des matières mais en acceptant 2 ou 3 H.S.vous permettrez à vos chers élèves de suivre leurs options rares »

    Que faire quand on s’est battu pour maintenir coûte que coûte une option « humaniste » dans un monde de « brutes matérialistes » ? ? ?

  • Servais-Jean
    • Posté à 23h06 le 28/08/2008
    • Internaute 4591
      43

    Nestor Roméro avec quelques autres chroniqueurs dont Jean Matouk, Jean de Maillard et autres Marie Antide font de Rue 89 une véritable mine d’or.

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