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Nimbin, le village perché des hippies australiens

Marion Ablain
Journaliste
Publié le 16/01/2012 à 14h57

Une des rues de Nimbin... (Marion Ablain)

Niché aux abords de la forêt subtropicale, au nord de l’Etat de Nouvelle-Galles-du-Sud, le village de Nimbin est un monde à part. Ici, la tenue baba cool est reine, on roule en van multicolore et on fume de gros pétards en discutant écologie.

La ville est connue comme « capitale alternative » du pays où les hippies ont trouvé refuge depuis le Woodstock australien, l’Aquarius Festival. C’était en 1973. Lancé par une poignée d’étudiants de Canberra, ce rassemblement contre-culturel et antiguerre célébrait le mode de vie alternatif et la marijuana. Des jeunes de tout le pays s’y sont retrouvés. Le mouvement hippie australien était né.

Le tourisme « vert »

Certains ne sont jamais repartis et la petite ville agricole, alors en perte de vitesse, a signé sa renaissance. Désormais, Nimbin tire profit du tourisme « vert ».


La petite ville attire de nombreux touristes (Marion Ablain)

Difficile de flâner dans sa rue centrale aux boutiques dédiées à la fumette sans se voir proposer à chaque pas-de-porte champignons hallucinogènes, herbe locale et autres substances illicites. Un commerce juteux qu’une poignée de dealers se partage.

Si la loi australienne interdit la consommation de cannabis, il se vend ici aussi facilement qu’à Amsterdam. Le premier week-end de mai, Nimbin voit affluer des milliers de personnes pour le Mardi Grass Festival, une parade pour la légalisation du cannabis. Le musée de la ville ressemble d’ailleurs plus à un temple en hommage au joint qu’à une rétrospective historique.

Un mode de vie alternatif

Voilà pour l’aspect tape-à-l’œil. Mais Nimbin, c’est avant tout un mode vie alternatif qui attire chaque année de nouveaux habitants et de nombreux artistes venant grossir les communautés implantées depuis les années 70.

La plus grande et la plus ancienne compte 300 membres, établis dans les montagnes. Elle porte le nom de Tuntable Falls, a sa propre école (reconnue par le gouvernement australien), son centre de décision, ses camions de pompier...

Gloria, 67 ans, anglaise d’origine, en fait partie. Pour se rendre chez elle, une petite maison en bois perdue dans la forêt à une dizaine de kilomètres de la ville, il faut emprunter des chemins boueux et escarpés, traverser à pied un ruisseau et gravir les marches qui nous conduisent à son « petit paradis » comme elle le nomme. L’électricité provient de panneaux solaires, l’eau d’une source proche et du bon vouloir de la pluie.


Gloria, 67 ans, fait partie de la communauté des Tuntable Falls (Marion Ablain)

Son coup de cœur pour l’atmosphère de Nimbin l’a poussé a quitté Melbourne, « trop grand et bruyant », au début des années 80. Pour rejoindre la communauté, Gloria a dû passer une année d’essai afin que les autres membres puissent juger de ses capacités à vivre en harmonie avec la nature environnante et ses habitants.

Pour être accepté, certaines règles sont à suivre : ne pas se plaindre, être positif, ne pas dealer d’héroïne, ne pas maltraiter ses enfants, n’utiliser aucun produit chimique dans les jardins... Aucun membre de Tuntable falls n’a de chien ou de chat, vivre avec les animaux sauvages étant une habitude à adopter.

En trente ans, Nimbin a changé. Gloria, qui a travaillé dans le journal local pendant plusieurs années, n’y met plus trop les pieds. Elle préférait l’ambiance des débuts au business que cette ville singulière entraîne désormais.

Pour les jeunes voyageurs, Nimbin reste une des étapes incontournables de la côte est australienne. Pour quelques jours ou quelques heures, le temps de faire ses provisions pour certains, ou simplement le temps de se balader le long des devantures psychédéliques qui bordent sa rue principale.


La rue principale de Nimbin (Marion Ablain)

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  • Lémure
    Lémure
    Parasite ondoyant
    • Posté à 15h26 le 16/01/2012
    • Internaute 108388
      Parasite ondoyant

    J’aime beaucoup cette idée de l’autosuffisance énergétique grâce aux panneaux solaires. Peut-on réellement donner l’autonomie à une petite ville grâce à eux ? Mais la dépendance pour la fabrication et le renouvellement reste malgré tout un soucis, étant une technologie de pointe qu’on ne bidouille pas dans son garage.

  • là_bas
    • Posté à 16h05 le 16/01/2012
    • Internaute 162752

    J’ai eu la chance de visiter cette ville perdue au milieu de la forêt. Ce qui est décrit dans l’article est tout à fait véridique.

    J’ajouterai que si cette ville est encore très fortement imprégnée de la culture hippy (et de l’odeur de cannabis), elle attire une nouvelle population et avec elle une hausse constante des prix de l’immobilier.

  • palekaiko
    palekaiko
    60200
    • Posté à 16h54 le 16/01/2012
    • 179423
      60200

    Elle est géniale cette petite ville ! !
    D’ailleurs j’en parle sur mon livre « Sur les côtes australiennes » ici sur mon blog

  • RnRrider
    RnRrider
    graphiste
    • Posté à 17h51 le 16/01/2012
    • Internaute 111722
      graphiste

    ...

  • Asia_
    Asia_
    Chercheuse
    • Posté à 18h28 le 16/01/2012
    • Internaute 118338
      Chercheuse

    Le palais idéal,c’est l’idéal.

  • adrienden
    adrienden
    En quête de sens
    • Posté à 17h24 le 17/01/2012
    • Internaute 136586
      En quête de sens

    « Désormais, Nimbin tire profit du tourisme vert. »
    Et voilà comment une utopie socialo-communiste, devenue réalité, se fait rattraper de plein gré par la marchandisation, le capitalisme.

    C’est vraiment dommage.

    A quand un reportage sur une zone du globe non touristique et écologique par nature ? Un village du fond du Burkina par exemple ? En fait, ce sont les lieux dont on ne parle pas et qu’on ne va pas voir qui sont les derniers bastions d’une Terre vraiment respectée. Le reste émane de la société spectaculaire et
    du tourisme comme marchandisation du monde.

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