Recrutement à l'université : des pratiques honteuses enfin publiques
Résumé de l’affaire de Metz. Un comité de sélection a classé plusieurs candidats à un poste de maître de conférences. Le vote a été unanime. Le candidat classé en premier, au vu de ses mérites scientifiques et de ses diplômes, n’a pas été retenu par le conseil d’administration de l’université.
Ce conseil lui a préféré le candidat classé troisième, au vu de ses mérites scientifiques et de ses diplômes. L’argument avancé pour que le conseil d’administration, organe de « gouvernance » de l’université, ne suive pas le choix des scientifiques, serait que le candidat classé troisième se serait déjà « investi » dans l’établissement, condition que ne pouvait logiquement pas satisfaire un candidat venu de l’extérieur.
La lettre ouverte au président de l’université de Metz expose le caractère honteux du cas. Au-delà, l’affaire est prise en exemple pour démontrer la nocivité de la fameuse loi sur les libertés et les responsabilités des universités.
La capacité accordée au conseil d’administration de démentir l’avis des scientifiques est ici en question. Et il n’est pas étonnant que des critiques s’élèvent contre un tel mécanisme.
Point positif : le comité de sélection a bien fait son travail
Cependant, on peut aussi comprendre ce qui s’est passé, en renversant l’analyse. En effet, ce que cette histoire révèle d’abord, c’est que le comité de sélection a bien fonctionné.
Autrement dit, les universitaires appelés à classer les candidats au poste offert au concours ont statué en ne tenant compte que des mérites scientifiques et des diplômes des candidats. Ils ont évalué les parcours des aspirants et ont choisi de mettre en avant celui dont les travaux et les acquis étaient les plus lourds en termes de performance académique.
Bref, les évaluateurs que sont de fait les membres du comité de sélection, ne se sont pas laissés impressionner par des arguments d’opportunité, de clientélisme ou de localisme.
Pour que la logique de l’opportunité, du clientélisme et du localisme puisse s’imposer, il a fallu qu’une autre instance, le conseil d’administration, pour une bonne part élu, casse l’évaluation de scientifiques. Et c’est justement pour cela que rRue89 ou Sauvons l’université ont pu rendre publique cette histoire.
C’est bien parce qu’une contradiction est apparue entre le conseil d’administration et le comité d’experts qu’une lettre ouverte a pu être adressée au président de l’université de Metz.
Des méthodes de recrutement honteuses mais jamais rendues publiques
Qui osera prétendre que dans l’ancienne formule des commissions de spécialistes les logiques de l’opportunité, du clientélisme et du localisme n’ont jamais joué contre les meilleurs candidats, au profit de candidats « investis » de longue date dans l’établissement ?
Cette manière de faire honteuse existait déjà, ni tout le temps, ni partout, mais elle existait. Mais qui se souvient de la moindre lettre ouverte, du moindre entrefilet dans la presse, c’est-à-dire de la moindre publicité accordée à des résultats contestables sur le plan de l’évaluation des mérites et des diplômes ?
Sans doute le cas de Metz appelle à s’interroger sur un mécanisme mis en place par la LRU.
Les scientifiques plus libres et plus légitimes que les administrateurs
Ce qui s’est produit, en l’occurrence, c’est que le comité de sélection a statué librement, sans tenir compte de l’opportunité, du clientélisme ou du localisme. Et que le conseil d’administration s’est trouvé contraint de statuer en fonction de l’opportunité, du clientélisme et du localisme.
Les scientifiques ont été plus libres et plus légitimes, tandis que les administrateurs ont été plus forts et moins légitimes. Le paradoxe de Metz montre que la concurrence des pouvoirs et des autorités au sein de l’université met au jour des contradictions.
Elle permet de rendre public le linge sale de mauvaises pratiques universitaires. Ce qui n’est pas sans intérêt pour l’université.
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(chômeur diplômé)
(chômeur diplômé)
Vous volez bien vite au secours d’un système (soi-disant méritocrate) qui ne va pas franchement de soi.
Ce système que vous légitimez (le meilleur candidat) est bien loin d’être égalitaire ! ! !
Vous faites la promotion de l’élitisme. Le localisme ayant des défauts qu’il faut peut-être corriger, mais c’est système qui a au moins l’avantage de valoriser et d’encourager la formation locale.




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