Les étudiants et l'apprentissage de la démocratie
Deux remarques sur le déroulement des récents événements dans l’Université. Depuis quarante ans, à chaque mouvement étudiant, des quadragénaires observent l’oeil humide les jeunes, qui pourraient bien être leurs enfants, se mobiliser « contre » .
Que les protestataires se fourvoient ou non demeure secondaire,
l’important étant qu’ils aient enrichi leur roman de formation d’un moment
de protestation. Cette éducation politique et sentimentale vaudrait ainsi
mieux que toute instruction civique. L’attitude de ces aînés au grand
cœur, qui se répète mécaniquement de conflit en conflit, invente le genre
le plus subtil de l’irresponsablité : l’irresponsabilité par procuration.
Mais ce qui s’est produit ce dimanche à Lille lors de la quatrième
coordination étudiante constitue peut-être un tournant salutaire. En
effet, les délégués qui ont fini par abandonner la partie ont compris que
la mécanique politique mise en œuvre par les professionnels de l’AG n’est
rien d’autre que du coup d’Etat, bien heureusement d’opérette. Les
arguties qui distinguent les citoyens mobilisés des citoyens passifs ou
absents ne visent qu’à justifier la confiscation de toute délibération qui
ne serait pas préalablement mise en forme dans la langue de la lutte,
ainsi que l’absence de tout scrutin à bulletin secret. C’est le rapport de
force instauré sur la scène même de l’AG qui tient lieu de légitimité et
toute motion qui en émane tient lieu de légalité.
Et les quadragénaires évoqués ci-dessus ont l’œil plus humide encore
lorsqu’ils constatent que les minorités agissantes, ou les avant-gardes
auto-proclamées (comme l’est toute avant-garde), n’emportent pas
l’adhésion. Vient alors le moment de la compassion la plus lacrymale,
celle qui plaint une jeunesse qu’un pouvoir d’Etat manipulateur divise, là
où le désir juvénile de dire non ne devrait rendre qu’un seul son.
Au bout du compte, il est bien possible que ces mouvements soient de
bonnes leçons de choses, mais peut-être pas dans le sens qu’entendent les tuteurs des étudiants en lutte.
Une jeunesse qui se divise c’est la propédeutique de la démocratie.
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doctorant
doctorant
Franchement vous êtes ridicule monsieur...
Tout d’abord présenter la majo de l’Unef comme étendard de la démocratie, pour peu qu’on connaisse un peu cette organisation, c’est ridicule. L’Unef avait prémédité son coup d’éclat, et a trahis les règles démocratiques établies par les étudiants eux-mêmes. Les délégués ne représentaient pas un syndicat, mais leur ag, leurs camarades. Qu’un syndicat décide de quitter l’ag prouve qu’il ne représente que lui.
Ensuite les étudiants sont loin d’être contre toute réforme. Seulement pas cette réforme, pas une réforme, quelle qu’elle soit, qui irait contre l’idéal de démocratisation du savoir, et de formation des citoyens, et non des robots au service des entreprises.
Entreprises qui d’ailleurs ont la vue vraiment courte. Qu’est-ce qui est plus productif, un employé formé pour ne réaliser qu’une tache hyperspécialisée, ou un employé polyvalent, doué d’adaptation, capable de réflexion ?
Et puis quand on voit la manière d’informer des JT (bel effort de France 2 ce soir... Qui a quand même loupé la fin de la sélection des profs par leurs pairs, gros manque..), on peut se demander où est le manquement à la démocratie le plus dommageable. Car s’il y avait un vote aujourd’hui dans les universités, à bulletin secret, la loi serait rejetée à une écrasante majorité. Ne réduisez pas le débat à « pour ou contre le bocage », et assumez un peu plus vos positions, comme dans votre post précédent.




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