Chez Jean-Frédéric Schaub

L'enseignement supérieur, les sciences humaines, et d'autres sujets, par l'historien Jean-Frédéric Schaub, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Une éviction choquante au CNRS révèle une crise ouverte

Jean-Frédéric Schaub
Directeur d'études à l'EHESS
Publié le 06/09/2008 à 17h55

À côté de la nouvelle question russe, de la préparation des élections américaines, ou d’autres immenses événements comme l’occupation de la villa de Christian Clavier et le lancement de Siné Hebdo, on peut comprendre que le limogeage de la Directrice du Département Hommes et Sociétés du CNRS fasse figure de nouvelle très secondaire. Cet épisode mérite pourtant qu’on s’y arrête.

Une équipe et un projet.

Je tiens à signaler d’emblée que sur les dossiers lourds concernant la part que peut prendre le CNRS dans le développement des sciences sociales en France, je n’ai guère été convaincu par les propositions de l’équipe aujourd’hui démise. Ce n’est donc pas sur les choix de fond de cette direction, mais sur le mode de gestion politique des organismes de recherche, que j’invite les lecteurs à réfléchir un moment.

Les personnes qui ont été remerciées avaient accepté de concevoir les structures d’un institut des sciences humaines et sociales qui viendrait remplacer, à la demande de la hiérarchie ministérielle, le département « Hommes et Sociétés » du CNRS. Comme le plus souvent dans un système rigidifié et à budget constant, il s’agissait de remodeler l’existant.

L’exercice a été conduit et des propositions ont été formulées. Il s’agissait, nul ne s’en est caché, d’une opération de la dernière chance, au moment même où l’existence de carrières de chercheurs à temps plein et à vie en sciences humaines et sociales, en marge du système d’enseignement supérieur, se trouvait profondément mise en cause dans le contexte de la rénovation des universités.

Organiser la paralysie ?

Le collège de directeurs scientifiques du département concerné, après avoir diffusé sa proposition, était en phase de présentation de son plan, région par région. Rien ne permet de dire que les instances de direction de l’organisme, Conseil Scientifique ou Conseil d’Administration du CNRS, aient évalué négativement ce programme. Du reste, la relève de la direction du département était prévue pour la fin de l’année civile. Le poste de directeur scientifique a été publié par petite annonce : procédé extraordinaire et que l’on peut estimer comme le signe d’un progrès en faveur de la transparence des nominations.

Pourtant, c’est toutes affaires cessantes que la directrice a été démise de ses fonctions.

Pour qui connaît un peu le fonctionnement du CNRS, la désignation d’un directeur scientifique intérimaire, en la personne du seul directeur scientifique adjoint non démissionnaire de l’équipe sortante, signifie la paralysie fonctionnelle du département d’ici à la fin de l’année. Cet intérimaire ne saurait, sur un temps si court, désigner et rendre opérationnel un collège d’adjoints, sans lequel le département ne peut agir. La direction générale du CNRS voudrait enterrer le projet d’institut qu’elle a elle-même commandé au département, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.

Au total, ce mode de gestion de l’organisme entraîne des revirements, des coups de freins, des blocages qui ne font que rendre plus incertains les choix scientifiques pour demain. Aujourd’hui, les jeunes gens récemment recrutés au CNRS, du moins en sciences humaines, ne savent plus vraiment où ils ont atterri. C’est là un facteur majeur de démobilisation. Au mieux, ils peuvent tirer de leur recrutement un viatique salarial leur permettant de poursuivre leurs recherches. Au pire, ils peuvent contempler les effets délétères de la dynamique de désengagement en cours.


Les ridicules de la politisation.

Le dernier soubresaut montre que les procédures de décision du plus grand organisme scientifique français sont calquées sur des pratiques d’un autre âge. Toute proposition d’organisation de la recherche scientifique est discutable, et un projet peut être récusé au terme d’une évaluation indépendante. Une sanction négative doit, en outre, être prononcé dans le cadre d’instances régulières, et non par simple coup de fil. Évincer une équipe de responsables comme on ferait d’un laquais soupçonné d’avoir dérobé de l’argenterie, cela démontre la nocivité de l’hyperpolitisation. On sait bien que la politisation à outrance, le « tout est politique », apparaît à une certaine tradition française comme le garant et le dernier mot de la pratique démocratique.

Il n’en est évidemment rien. Car ce qu’on entend alors par « politique » n’est jamais que la formalisation de la concurrence de divers réseaux d’appartenance et de connivence, prêts à s’identifier à telle option ou telle option, au gré des jeux d’appareil. Enfin, la propension à faire remonter ce type de décision au plus haut niveau de l’exécutif, parfois jusqu’à la Présidence de la République, n’est pas le moindre des ridicules de la bananeraie française.

Marc Fumaroli qui n’a pas eu de mots assez durs pour fustiger l’« Etat culturel » naguère, saura, à n’en pas douter, prévenir les travers de l’« Etat scientifique » qui vient de le désigner pour résoudre la crise ouverte au CNRS.

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  • noroît
    noroît
    autre
    • Posté à 17h55 le 06/09/2008
    • Internaute 51578
      autre

    Je n’ai pas tout pigé !
    Il s’agit du SHS (département des sciences humaines et sociales) ?
    Si oui, d’autres infos sur l’Humanité : Lien
    Je vois arriver gros comme une maison que M. Sarkosy va nous dire béatement « je n’ai pas besoin d’intervenir. Mme Pécresse fait son job »

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 18h03 le 06/09/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    J’avoue être totalement incompétent pour démêler tenants et aboutissants dans cette crise au CNRS, la seule interrogation que j’ai c’est :
    Les Sciences Humaines et Sociales ne sont-elles pas un domaine où l’on finit par découvrir des « choses » bien embarrassantes aux yeux des gouvernants ?

    Alors finalement, est-ce-bien utile que l’on y gaspille beaucoup d’argent public ?
    C’est un domaine où les découvertes sont peu « monnayables » et de peu de prestige au plan international !

    Une bonne petite crise et voilà un secteur laminé pour quelques temps..... !

  • compte désactivé 2
    • Posté à 18h15 le 06/09/2008
    • Internaute 29938

    Ce qui est sûr, c’est que pour le con-tribuable, le CNRS est un énorme gouffre financier, qu’on y homologue fort peu de brevets, que l’absentéisme y est assez répandu ( c’est du moins ce que j’ai lu).L’organisation y est quasiment à la soviétique. Le syndicat dominant y est tout puissant, en particulier pour les promotions. Et ainsi, on trouve des chercheurs-fonctionnaires qui prospèrent pendant toute leur carrière dand cette institution, SANS JAMAIS RIEN TROUVER... Monsieur l’auteur de cet article, est-ce que ce que je viens d’écrire et que j’ai lu dans différentes revues est vrai ou faux ? J’attends avec impatience votre réponse !

    • papy55
      papy55 répond à compte désactivé 2
      prof. en province
      • Posté à 18h26 le 06/09/2008
      • Internaute 24237
        prof. en province

      Si vous êtes un des porte-paroles des amis de nos gouvernants, vous me confirmez indirectement certaines hypothèses concernant les questions évoquées dans mon commentaire précédent !

      Pour l’UMP, la recherche (surtout celle fonctionnarisée !) est un coût plutôt qu’un investissement !
      C’est un peu comme l’Ecole !

    • efji
      • Posté à 00h21 le 07/09/2008
      • Internaute 24447

      C’est bien. Vous avez bien appris votre leçon rabachée ad lib sur tous les media depuis de nombreuses années. Vous méritez sans doute une adhésion gratuite à l’UMP.

      Mais vous a-t-il un jour effleuré que les choses pouvaient être un poil plus complexes ? Surtout dans des domaines dont, sans vous faire outrage, il me semble que vous n’avez pas la compétence requise pour vous faire une idée objective par vous même.

      Alors reprenons point par point :

      1/ « Gouffre financier » : environ 3 milliards d’euros par an.
      C’est une belle somme. A peine moins que ce que coûte le volet « remboursement d’intérêts d’emprunts immobiliers » de la loi TEPA (3.7 mds d’après la ministre). Ou encore 2 fois plus que le coût de la baisse de l’ISF et de l’abaissement du bouclier fiscal de cette même loi.
      Sachez que sur cette somme la part des salaires est importante, sans que les salaires eux-mêmes soient particulièrement attractifs : 1700 euros net par mois en début de carrière, c’est-à-dire à 30 ans ou plus, après un doctorat, quelques années de précarité de part le monde, un concours ultra sélectif et un peu de chance. Environ 5000 euros nets en fin de carrière pour une toute petite minorité. Pour la grande majorité les salaires culminent à 3000 euros. A faire hurler de rire les cadres dirigeants du privé qui sortent des mêmes écoles.

      2/ Brevets : vous confondez recherche et développement. Le rôle du CNRS n’est pas de déposer des brevets. Cela incombe aux entreprises. Pour 2007 le CNRS se trouve à la 10e place des déposeurs de brevets en France.

      3/ Absentéisme : vous croyez que la recherche se pratique entre 9h et 17h ? A la pointeuse ?

      4/ Je vous invite quand vous voulez aux tristes réunions du « syndicat dominant » et vous me direz si il ressemble à un petit politburo stalinien qui tire les ficelles dans l’ombre.

      5/ « trouver » est un terme un peu simpliste. « Sans rien trouver » n’a pas grand sens. La science avance. Elle est le fruit de ruptures majeures et de petites avancées plus ou moins signifiantes. Il faut les deux. On pourrait croire qu’il suffit de sélectionner une fois pour toute « les meilleurs » et de virer « les mauvais ». C’est d’ailleurs ce que propose grosso modo notre petit président à courte vue (qui pourrait aussi appliquer ce principe à lui-même). Mais qui peut dire qui fera une découverte majeure dans 20 ans ? Et même si c’était possible, ce ne serait pas souhaitable, car la science progresse aussi par petit pas. La découverte majeure se nourrit des autres, plus ingrates, qui l’ont précédée.

      Pour finir je vais vous donner quelques informations qui ne figurent sans doute pas dans vos « différentes revues » :

      * La France est au 6e rang mondial pour les publications
      scientifiques, ainsi que dans le classement de Shanghaï par nation (qui concerne les universités). A comparer par exemple au 10e rang obtenu à Pékin par nos athlètes qui ont été couverts de gloire par les media et de champagne par l’Elysée...

      * Selon l’OCDE, le financement de la recherche académique (Universités + CNRS + autres organismes de recherche) en France se fait à hauteur de 0.38% du PIB, ce qui nous place au 18e rang mondial.

      * Le CNRS a obtenu en 20 ans 7 prix Nobel et 4 médailles Fields (sorte de prix Nobel de mathématiques, décernée tous les 4 ans).

      • compte désactivé 2
        • Posté à 06h46 le 07/09/2008
        • Internaute 29938

        C’est plutôt vous qui récitez votre leçon, comme les intermittents du spectacle il y a quelque temps, sur le ton indigné de celui qui trouve anormal qu’un simple citoyen-CONTRIBUABLE vienne mettre son nez dans les comptes sacrés et tabous du CNRS, sur le ton condescendant et méprisant de celui qui juge le simple citoyen incapable de comprendre quoi que ce soit, avec cette niaisissime bonne conscience de gauche qui se gausse du fait qu’on puisse être Sarkozyste. Vous ne m’avez pas convaincu. Je souhaite vivement que le gouvernement informe complètement le contribuable sur tous les faits dont j’ai parlé et mette un peu d’ordre et d’efficacité dans cette institution ruineuse.

         
        • Compte supprimé le 21 janvier 2
          • Posté à 09h15 le 07/09/2008
          • Internaute 17993

          Votre interlocuteur n’a pas un ton particulièrement méprisant. J’ai cru néanmoins détecter, à certains indices, qu’il n’aimait pas les cons.

          JFT_Charenton

        • ART MONIKA
          • Posté à 09h21 le 07/09/2008
          • Internaute 10855

          Gaétan, j’espère que vous avez les mêmes exigences de contrôle par le simple citoyen contribuablepour TOUS les fonctionnaires, notamment les députés, sénateurs, ministres, chargés de mission, attachés de cabinets, etc...qui, au cas où cela vous aurait échappé, ont des salaires bien supérieurs à ceux des chercheurs, sans compter les multiples avantages dont ils bénéficient. Un chercheur avec BAC + 9 gagne autour de 3000€ par mois après 20 ans de carrière.
          Il a dû vous échapper aussi que les chercheurs du CNRS sont contrôlés régulièrement pour leurs activités, contrairement à ce que vous laissez entendre.
          Au lieu de ressaser des stéréotypes haineux, renseignez-vous un peu, et tournez vos yeux vers les plus nantis des fonctionnaires.

          • compte désactivé 2
            • Posté à 10h19 le 07/09/2008
            • Internaute 29938

            Certains ne trouvent rien : c’est cher payé, 3000€ à vie, pour qui ne trouve rien, alors que son travail c’est de trouver ! Sans compter les multiples sucreries dont ils sont gratifiés de la par de Mamie MAIF, Tatie CAMIF, Grand’Mamie MGEN, et combien de mois de congés ? Y a bon l’argent du gentil contribuable !

            • efji
              • Posté à 10h29 le 07/09/2008
              • Internaute 24447

              Vous n’avez sans doute pas bien lu le paragraphe « trouver » de mon précédent message. Essayez encore.

            • papy55
              papy55 répond à compte désactivé 2
              prof. en province
              • Posté à 13h03 le 07/09/2008
              • Internaute 24237
                prof. en province

              Vous parlez de « sucreries » offertes par Mamie MAIF, Tatie CAMIF, Grand’Mamie MGEN......
              A la MAIF je crois payer des primes d’assurances tout-à-fait comparables à celles de la plupart des mutuelles, je ne crois pas que le contribuable paye à ma place, à la CAMIF les nouvelles relations fournisseurs/distributeurs (plus aucune tête ne doit dépasser) ont eu raison d’elle, quant à la MGEN, encore une fois, l’Etat ne paie pas à ma place, et ma contribution personnelle ne va pas en s’allégeant......
              STOP A VOTRE DESINFORMATION !

        5 autres commentaires
  • Boduacus
    • Posté à 18h34 le 06/09/2008
    • Internaute 35702

    Il y a une grande part de vérité dans ce que vous dites. Les postes-sinécures existent, mais il n’y en a pas des milliers et la proportion est à peu près la même que dans le privé.

    Il est vrai que ce n’est pas une excuse et que le CNRS doit être réformé. Il y a beaucoup de choses à faire, encore faut-il avoir la manière. Les événements actuels révèlent un seul objectif : démanteler le premier organisme de recherche français.

    Accessoirement, il faudrait me dire quel est le syndicat dominant.

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 18h37 le 06/09/2008
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Si je comprends bien, ne souhaitant pas aborder la question de front le gouvernement règle le sort des empêcheurs avec des procédures à la OK Coral ?
    Mais, outre le vol de l’argenterie, qu’est ce qui est officiellement reproché à la Directrice de département ? L’âge ?
    Je me doute un peu de quoi il s’agit mais votre article est un peu trop sibyllin pour le profane que je suis.

  • compte désactivé 2
    • Posté à 19h37 le 06/09/2008
    • Internaute 29938

    Tout le monde sait que la sociologie est surreprésentée au CNRS. On sait bien que la sociologie est une forme de charlatanisme, une pseudo-science, mais une vraie idéologie chargée d’imposer aux citoyens l’idéologie de gauche comme étant une évidence, comme ayant un caractère scientifique. Les media sont envahies par ces sociologues qui ont réponse à tout, qui viennent pérorer sans rencontrer de contradiction. Il y a une dictature des sociologues, ces Diafoirus tristes et sinistres !

    • papy55
      papy55 répond à compte désactivé 2
      prof. en province
      • Posté à 19h53 le 06/09/2008
      • Internaute 24237
        prof. en province

      L’ennui c’est que le CNRS est « bourré » d’intellectuels, c’est peut-être ce qui vous dérange cher Gaétan ?

      • compte désactivé 2
        • Posté à 19h57 le 06/09/2008
        • Internaute 29938

        Oui c’est vrai, l’inintelligentsia exerce en France une véritable dictature !

         
        • papy55
          papy55 répond à compte désactivé 2
          prof. en province
          • Posté à 20h04 le 06/09/2008
          • Internaute 24237
            prof. en province

          Vite il faut ouvrir des « goulags » !

        • jpbe
          • Posté à 20h10 le 06/09/2008
          • Internaute 41264

          je préfère que ce soit des intellectuels que des militaires et encore moins des militaires intellectuels car il y en a et même beaucoup plus qu’on ne le croit !

        2 autres commentaires
    • FChateau
      FChateau répond à compte désactivé 2
      sociologue, directeur d'études (...)
      • Posté à 21h25 le 06/09/2008
      • Internaute 30863
        sociologue, directeur d'études (...)

      Chez vous, au moins, l’insulte a un vrai caractère scientifique, c’en est presque diafoirisant en effet.

      Mais le niveau est si bas que je me demande pourquoi je prends la peine d’écrire ces quelques lignes. J’aétais simplement passsé par là pour lire l’analyse proposée par Jean-Frédéric Schaub et voilà que votre petite agression ne me laisse pas indifférent. Fier de votre coup hein ? Enfin ... on croit encore aux vertus de la liberté d’expression et au droit de réponse ... une évidence créée de toutes pièces par les sciences sociales ?

      Il y a des médecins qui tiennent des cliniques à la noix en promettant des miracles ou d’autres qui pondent des chroniques un peu partout au service des industries pharmaceutiques ou des hypocondriaques. Est-ce qu’on en arrive à dénigrer pour autant et à chaque occasion la totalité du corps médical ? La médecine est-elle une science ? C’est avant tout une profession. Et une profession ça ne tombe pas du ciel, ça se construit lentement au fil de l’histoire politique et sociale. Il en a été de même de la sociologie. Vous êtes volontairement inculte ou faites seulement semblant ?

      Comment peut-on être en bonne santé mentale et manifester en si peu de phrases autant de haine anti-intellectuelle en la déversant sur une entité, la sociologie, qui s’en contrefout par définition ? Lisez un peu avant de diafoiriser gratuitement cher monsieur. Si c’est réellement gratuit, les sociologues vous serviraient-ils de défouloir comme d’autres les cheminots, les arabes, les profs du secondaire, les juifs, les homosexuels, leurs voisins du dessus qui écoutent d’étranges musiques, que sais-je ? La fonction de bouc émissaire est une des plus utilisée, inusable apparemment. Cela dit, votre complexe est un peu trop gros pour être vrai. Ou alors, vous avez besoin d’un bon psychothérapeute - étudiez illico le champ pour éviter de tomber sur un charlatan !

      Il se trouve que je pérore très peu dans les medias bien que j’ai fait partie de ceux qui ont créé entre autres la notion de « lanceurs d’alerte » sans laquelle la plupart des dossiers sanitaires et environnementaux seraient encore traités par le mépris et le Grenelle de l’environnement n’aurait pas valu une heure de réunionite. Effectivement pour le MEDEF tout ça constitue de l’idéologie à l’état pur. Mais les mêmes n’hésitent pas à recourir à la sociologie dès qu’il leur faut trouver les moyens de calmer ces jobards de salariés, de consommateurs ou d’agités de la critique sociale et de se donner ainsi un vernus « scientifique ». On croit rêver non ? Quant aux instituts de sondage, ils sont eux, parfaitement objectifs, tout le monde le sait comme vous dites, puisqu’ils contrôlent toute la chaîne des opérations en faisant les questions et les réponses ! Pas de perturbateurs idéologiques dans la chaîne de production, juste un surformatage du problème soumis à des gens totalement déconnectés. Et les patrons des grands cabinets d’étude de l’opinion ne pérorent jamais dans les medias, ou alors de façon tellement neutre qu’il n’y a rien à en dire.

      Je crains que vous ne fassiez exprès de vous tromper de dictature cher monsieur

      • ART MONIKA
        ART MONIKA répond à FChateau
        • Posté à 22h42 le 06/09/2008
        • Internaute 10855

        F. Chateau, je vous félicite d’avoir pris la peine de répondre à ces insanités emplies de haine. Mais vous donnez de la confiture épistémique à un cochon qui ne veut manger que des glands et qui vous ricane à la figure.
        Inutile de nous énerver : nous ne sommes pas compris ni même entendus par la plupart des gens. Et les petits stéréotypes empoisonnés qui circulent sur les chercheurs, les sociologues, les SHS, le CNRS etc ... ont été soigneusement entretenus par le pouvoir en place, pour mieux faire ses grands changements.
        Merci à Papy 55 qui en un mot résume la position de celui que vous attaquez avec juste raison.
        Bien cordialement.

      • Atchoom
        Atchoom répond à FChateau
        Dessinateur d'études
        • Posté à 11h01 le 08/09/2008
        • Internaute 49693
          Dessinateur d'études

        ne faites pas attention à cette personne, il ne sait que cracher de la haine envers tout le monde sauf sur son sarko adoré...

    • emmanuel24
      • Posté à 10h02 le 09/09/2008
      • Internaute 39678

      on sait bien que l’economie est une forme de charlatanisme,une pseudo-science,mais une vraie idéologie chargée d’imposer au citoyen l’ideologie de droite comme etant une évidence,comme ayant un caractere scientifique...on sait bien tout ça

  • Geo63
    • Posté à 19h50 le 06/09/2008
    • Internaute 5683

    Tout à fait d’accord avec Jonas2. On ne comprend pas ce qui est reproché à la Directrice du Département. Bien sûr le procédé est rude, mais il y a des précédents où les Directeurs (ou Directrices) ont été remerciés sans préavis. Pour moi c’est un épiphénomène dans la menace réelle qui pèse sur la vie du CNRS. La communauté des chercheurs est-elle suffisamment soudée pour s’opposer à l’attaque frontale qui est menée ? J’en doute fortement. Comme pour tous les autres problèmes de notre pays, le brouillage médiatique contribue à créer une inertie parfaitement calculée. Le CNRS risque de sombrer dans l’INDIFFERENCE !

  • belbernard
    • Posté à 10h33 le 07/09/2008
    • Internaute 20583

    Une motion de soutien à la Direction du Département SHS peut être signée par tous les citoyens concernés (et pas seulement les « intellectuels » !) sur la page :

    Lien

    Les Directeurs d’Unités SHS des délégations Provence-Corse et Nice-Sophia Antipolis étaient réunis ce lundi 1er septembre en présence de la Directrice du Département SHS, Marie-Françoise Courel, et de trois DSA.

    Nous avons appris en séance que la Présidente du CNRS venait de demander à la Directrice du Département SHS de mettre un terme à son mandat « le plus rapidement possible » dans les jours qui viennent. Nous apprenons également que tous les DSA du département SHS sauf un ont décidé, par solidarité, de démissionner de leurs fonctions.

    La Direction du Département SHS élaborait jusqu’à aujourd’hui le projet de création d’un Institut National des SHS, en concertation avec la communauté. Cette création est un enjeu stratégique majeur pour les SHS et, au-delà, pour le CNRS tout entier. Décapiter la direction SHS en ce moment revient à briser ce processus et fait courir un risque majeur non seulement à ce domaine scientifique, mais également à l’établissement lui-même.

    Nous sommes scandalisés par le procédé, intervenant au matin même du début de la concertation avec la communauté.

    Nous demandons que la Direction actuelle du Département SHS soit maintenue dans ses fonctions de façon à conduire le processus de création de l’Institut jusqu’à son terme et dans la concertation, comme cela avait été engagé.

    Dionigi Albera (dir. UMR 6591), Ghislaine Alleaume (dir. UMR 6568), Henri Amouric (dir. UMR 6572), Sydney Aufrère (dir. UMR 6125), Michel Berthelot (dir. adj. UMR 694), Philippe Blache (dir. UMR 6057), Didier Binder (dir. UMR 6130), Jean Boutier (dir. UMR 8562), Marin Dacos (dir. UMR UPS 3096), Laurent Dousset (dir. UMR 6574), Jean-Marie Guillon (dir. UMR 6570), Xavier Lafon (dir UMR3155), Pierre Livet (dir. UMR 6059), Françoise Douaire-Marsaudon (CSD SHS), Marie-Antoinette Maupertuis (dir. UMR 6240), Brigitte Marin (dir. adj. USR 3125), Ariel Mendez (dir. UMR 6123), Bernard Morel (dir. UMR USR 3125), Joseph Pini (UMR 6201), Louise Pichard-Bertaux (rep. dir UMS 1885), François Robinne (dir. UMR 6571), Mehdi Rostane (dir. UMR 6201), Tobias Scheer (dir. UMR 6039), Serge Tcherkezoff (dir. UMR 6574), Christine Voiron (dir. UMR 6012), Jean-Benoît Zimmermann (dir. UMR 6579).

    • compte désactivé 2
      • Posté à 10h47 le 07/09/2008
      • Internaute 29938

      Vous n’êtes pas propriétaires du CNRS, c’est la Nation qui l’est. Demandez donc son avis au citoyen-contribuable : c’est lui, à travers ses représentants qui doit décider. Le corporatisme,qui a prospéré sous Pétain et qui refleurit dans le syndicalsme actuel cela ne vaut rien !

    • Chou marin
      Chou marin répond à belbernard
      sal'bête plein'd'poils
      • Posté à 13h12 le 08/09/2008
      • Internaute 12261
        sal'bête plein'd'poils

      Bonjour, Je suis moi-même farouchement attaché à la recherche scientifique. J’ai néanmoins une question très précise : est-ce que la psychanalyse continue d’être utilisée comme référence théorique pour certaines recherches au sein de ce département ?

  • réglisse
    réglisse
    -universitaire -
    • Posté à 22h48 le 07/09/2008
    • Expert 52466
      -universitaire -

    J-F Schaub oublie de préciser qu’il fut brièvement DSA pour la section des mondes modernes et contemporains en 2005-6 sous le mandat de B. Larrouturou. Le projet de cette équipe était déjà de faire sortir les SHS du CNRS. Projet temporairement stoppé par le limogeage de Larrouturou et de son directeur sciences humaines en janvier 2006.
    Il faut donc mesurer la part de l’aigreur chez Schaub, qui fait donc l’impasse sur les acquis de la période Courel - prise en compte de l’ensemble SHS, forte internationalisation avec des unités de recherche binationales (USA, Argentine..) transparence des pratiques.
    J-F Schaub est-il en train de préparer son dossier de candidature ?

    • Schaub JF
      Schaub JF répond à réglisse
      • Posté à 00h07 le 12/09/2008
      • Internaute 24548

      Cher réglisse « universitaire »,
      Je vous prie de m’excuser si je découvre votre billet bien tard.
      Il est vrai que j’ai exercé la fonction de Directeur scientifique adjoint pour l’histoire moderne et contemporaine du 1er au 31 janvier 2006. Au cours de ces quatre semaines instructives, j’ai pu me familiariser avec le fonctionnement du département « Hommes et sociétés ».
      De cette expérience un peu rapide, je n’ai retiré aucun désir particulier de diriger le département. Mes commentaires, faites m’en crédit, n’obéissent donc à aucune finalité personnelle.

      Permettez-moi de m’interroger sur la liste des impasses ou des silences dont vous me faites grief.

      Quels acquis de la « période Courel » souhaiteriez-vous voir commenter ?

      La « prise en compte de l’ensemble SHS » : faut-il entendre par là que pour la première fois, de février 2006 à août 2008, les sciences humaines et sociales ont été entendues comme un ensemble ? Cette piste ne doit pas être la bonne. Ou je vous ai mal compris.

      « Internationalisation avec des unités de recherche binationales » : est-ce à dire que par le biais d’implantations CNRS à New York et à Buenos Aires, un pas décisif aura été franchi dans le sens d’une internationalisation des sciences humaines en France ?
      Le recrutement volontariste d’enseignants-chercheurs étrangers dans nos établissements, et la formation des futurs enseignants-chercheurs aux conditions internationalisées de la production scientifiques sont les investissements de long terme. Ils sont plus efficaces, mais aussi plus exigeants, que l’exportation d’une poignée de chercheurs, exclusivement recrutés dans le vivier du CNRS au détriment des universitaires, dans des antennes implantées dans des universités étrangères, qui au demeurant ne comprennent pas toujours pourquoi les postes de chercheurs non enseignants sont devenus viagers en France.

      « Transparence des pratiques » ? Inaccessible à la théorie du complot, insensible à la défiance de principe, je m’étonne tout de même de n’avoir pris connaissance, par exemple, d’aucun appel à candidature concernant ces « unités de recherches binationales ». Pourtant, j’appartiens à un établissement d’enseignement supérieur, qui dispose d’un service informatique assez performant pour que les informations de l’Internet parviennent jusqu’à lui. Or je ne doute pas que certains de mes collègues auraient pu se montrer intéressés par une affectation dans une des « unités de recherche binationales » que vous évoquez.

      Vous sentez bien que mes propos ne sont pas ceux d’un dirigeant déchu, ni ceux d’un candidat en quête de revanche. Si j’ai souhaité intervenir, c’était pour dénoncer la façon indigne dont une équipe de collègues, avec laquelle je me suis senti en désaccord, a été démise de ses fonctions. Ce fonctionnement me rappelle celui décrit par un dissident soviétique passé à l’Ouest au milieu des années 1970, et qui décrivait les techniques de commandement d’Andreï Gromiko à la tête du Ministère soviétique des Affaires étrangères. Un système de colères descendantes agrémentée de limogeages exemplaires, destiné à tirer l’administration de sa torpeur.

      En tout cas, Cher réglisse « universitaire », je vous remercie de l’attention que vous avez bien voulu porter à ma petite note.

  • Chou marin
    Chou marin
    sal'bête plein'd'poils
    • Posté à 13h26 le 08/09/2008
    • Internaute 12261
      sal'bête plein'd'poils

    Excusez ma question un peu brouillonne, car je suis peu informé des travaux ni des fonctionnements du SHS, mais je ne comprends pas de quelles sciences humaines et sociales on pourrait se passer dans la recherche Française ? Quelle est la raison de ce brusque évincement, porte-t’elle sur une guéguerre interne, politique et de pouvoir, ou suit-elle la tendance actuelle de se mettre au diapason international en ce qui concerne les sciences, et si c’est le cas, est ce que ce département SHS manquerait à ces standards de scientificité ? Il me manque des données pour réellement pouvoir me faire une opinion.

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