Séries Telling

Tour d'horizon des séries, des plus populaires aux plus pointues, avec un regard décalé et, je l'espère, pertinent.

« Glee », la série qui scotche les Américains à leur écran

Publié le 23/11/2010 à 09h34

Adeptes du réalisme, passez votre chemin. Dans « Glee », c’est en chanson qu’on règle ses comptes, qu’on se réconcilie ou qu’on révèle que la présidente du club d’abstinence est enceinte. En dépit d’un sujet convenu -un groupe de lycéens réunis autour de leur passion pour le chant- la série de la Fox s’est imposée grâce à sa fraîcheur, son impertinence et une campagne marketing redoutable.

Obama ne s’y est pas trompé en invitant les acteurs de « Glee » à venir fêter Pâques à la Maison Blanche. En un an, la série est devenue un véritable phénomène aux Etats-Unis. Golden Globes de la meilleure série comique, le programme, qui suit les aventures d’une chorale de lycéens de l’Ohio, rassemble plus de 10 millions de téléspectateurs américains chaque semaine. (Voir la vidéo)

Victime des codes de la comédie musicale, la série est souvent faible au niveau de l’intrigue mais brille par ses personnages et son humour. Sue Sylvester, la coach des « pom-pom girls », se démarque par des répliques cinglantes, pour certaines devenues cultes :

« Est-ce que mes élèves devraient apprendre l’espagnol ? Oui, s’ils veulent faire la plonge ou finir jardiniers. »

Ou encore :

« Vous êtes les deux adolescentes les plus stupides que j’ai jamais rencontrées. Et j’ai enseigné un séminaire de cheerleading à Sarah Palin, c’est dire ! »

Avec ce personnage politiquement incorrect, Glee compense des moments musicaux un peu trop empreints de bons sentiments.

« Empêcher les jeunes gays de se suicider ? »

Mais l’intelligence de « Glee » réside surtout dans ses personnages marginaux, étouffés par un environnement conventionnel, qui se retrouvent autour de la musique. Les scénaristes abordent ainsi les thèmes du handicap ou de l’homosexualité au lycée avec un regard original et réaliste.

Dans un épisode diffusé il y a quelques semaines aux Etats-Unis, Kurt, l’élève gay de la chorale, connaît son premier flirt. Alors que le suicide d’un étudiant homosexuel a récemment bouleversé le pays, les blogueurs du « Project Rungay » évoquent un traitement révolutionnaire de l’homosexualité à l’écran :

« Les adolescents voient des milliers de meurtres représentés à la télé avant d’avoir 18 ans, mais la plupart n’ont jamais vu un garçon en embrasser un autre. [...]

Vous voulez empêcher les jeunes gays de se suicider ? Montrez-leur plus de scènes comme celle de “Glee”. [...] Vous ne pouvez pas imaginer à quel point une telle chose est révolutionnaire. »

Son succès, « Glee » le doit aussi à sa stratégie marketing innovante. Dès son lancement, en mai 2009, la série se démarque par une campagne de promotion singulière et risquée. Partant du principe que « la série se vend mieux d’elle-même que ne le ferait aucune campagne de publicité », la Fox lance la campagne de promotion avec la diffusion de l’épisode pilote en mai, quatre mois avant le reste de la saison programmée à la rentrée.

Pour éviter une perte d’intérêt au cours de ces quelques mois, la chaîne organise un matraquage médiatique de grande envergure. Pendant l’été 2009, des supermarchés au réseaux sociaux, impossible d’échapper à « Glee ».

Disponible gratuitement sur plusieurs sites, le premier épisode, pierre angulaire de la stratégie marketing, fait le tour de la Toile. Pari réussi pour la Fox : la série est l’une des plus attendues de la rentrée 2009.

« Toucher un large éventail démographique »

Tout est mis en œuvre pour toucher un large public. « Glee » réussit à se détacher du phénomène générationnel en ciblant toutes les tranches d’âge, notamment à travers sa sélection musicale.

Ryan Murphy, le créateur de la série, explique ainsi :

« Je veux toucher un très large éventail démographique. Donc je choisis une chanson R&B, une de country, un morceau de Broadway, un morceau pop, un autre rock. Je m’assure qu’il y en ait pour tout le monde dans la sélection. »

La Fox s’assure de son côté que personne n’échappe au phénomène et met à contribution d’autres séries afin de promouvoir son nouveau-né. Tandis que les acteurs de « Bones » se chargent de la promotion de la deuxième saison de la série musicale, ceux de « Glee » s’invitent dans « Les Simpsons ». (Voir la vidéo)

Grâce à des coups marketing bien pensés, la série fait constamment parler d’elle. Elle relance régulièrement l’intérêt des téléspectateurs avec des épisodes à thèmes -autour des chansons de Lady Gaga ou de Madonna- et des invités en quête d’un second souffle dans leur carrière. Les dernières en date : Britney Spears ou encore Gwyneth Paltrow. (Voir la vidéo)

Et comme si ça ne suffisait pas, le récent scandale des photos de certains de ses acteurs, jugées provocantes et publiées dans le GQ américain, permet à « Glee » de faire encore le buzz.

La France semble pour l’instant épargnée par le phénomène. Plus pour longtemps puisque M6 vient d’annoncer la diffusion de la série en prime time dès le premier trimestre 2011.

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  • Gethro
    Gethro
    Technicien helpdesk
    • Posté à 10h02 le 23/11/2010
    • Internaute 101455
      Technicien helpdesk

    Ma femme est dingue de cette série... Heureusement que j’ai Breaking Bad ou Sons of Anarchy pour me consoler dans mon coin !

    N’empêche :
    « la série se démarque par une campagne de promotion singulière et risquée », argh ça me fait mal de lire ça sur la Fox quand on sait le nombre de projets qu’ils ont fait capoter en faisant n’importe quoi (mauvais programmation et tout le toutim).

    Ceci dit, je pense que Glee avait déjà de base les ingrédients pour réussir : 1/teenagers, 2/comédie musicale... Pour le 2e, je dirais qu’espérer un franc succès en France c’est un peu rêver debout. Je prédis une arrivée en fanfare en prime time pour un recalage en 2e partie de soirée le vendredi soir après NCIS au bout de deux semaines !

  • Tatorsky
    Tatorsky
    mal au derch
    • Posté à 11h02 le 23/11/2010
    • Internaute 107402
      mal au derch

    Rue89 continue sa descente aux enfers de la culture. Après avoir massacré Predator, il tombe maintenant dans la pub facile pour série insipide. En effet parler de Glee, c’est déjà trop faire d’honneur à cette série qui ne le mérite pas. J’avais fait l’erreur de zieuter les 2 premiers épisodes : aucun humour et des intrigues inexistantes. Comme souligné dans d’autres commentaires, on a juste affaire à un « Plus Belle la Fame ».
    Pourtant d’autres séries valent un article : Greek ou The Big Bang Theory par exemple.

  • Lictor
    Lictor
    informaticien
    • Posté à 12h46 le 23/11/2010
    • Internaute 68450
      informaticien

    « Dans un épisode diffusé il y a quelques semaines aux Etats-Unis, Kurt, l’élève gay de la chorale, connaît son premier flirt. Alors que le suicide d’un étudiant homosexuel a récemment bouleversé le pays, les blogueurs du “ Project Rungay ” évoquent un traitement révolutionnaire de l’homosexualité à l’écran :
    “ Les adolescents voient des milliers de meurtres représentés à la télé avant d’avoir 18 ans, mais la plupart n’ont jamais vu un garçon en embrasser un autre. […]”

    Euh, précisons : sur une chaîne hertzienne ! Parce que bon, Queer as Folk US a été diffusé au USA depuis un paquet d’années ! Bon, certes, Brian Kinney n’embrasse pas très souvent, en tout cas pas des bouches, mais on peut dire que la série a montré tout ce qu’il était possible de montrer sans tomber dans le porno...
    Même chose avec des séries comme The L Word ou Californication, on a bien du y voir des mecs s’y embrasser...

  • tahshoo
    tahshoo
    Etudiante
    • Posté à 13h58 le 23/11/2010
    • Internaute 134214
      Etudiante

    Bon d’accord, la série n’est pas des plus géniales, et d’accord elle fait main basse sur tous les clichés sociétaux.
    N’empêche que ça commence à me pomper l’air l’anti-américanisme qui règne sur les commentaires....

    Glee c’est sympa, sans prétention, et ça permet de passer un bon moment.
    C’est pas intellectuellement élevé, c’est pas pour autant que c’est une série qu’on doit obligatoirement jeter à la poubelle.

  • Nico44
    Nico44 répond à Redroom
    Agent spécial
    • Posté à 16h29 le 23/11/2010
    • Internaute 122809
      Agent spécial

    J’aime aussi The Shield, Dexter et Breaking Bad, je rajouterais même Mad Men et Boardwalk empire mais ça ne m’empêche pas d’apprécier Glee et pourtant je n’aime généralement pas les comédies musicales. Ici les chansons ne sont pas intégrées de la même manière au scénario qu’une comédie musicale classique, il n’y a rien de plus débile qu’un type qui se met à chanter subitement dans la rue pour dire ce qu’il à a dire. Dans Glee les numéros musicaux ne viennent pas comme un cheveu sur la soupe.
    Personnellement pour me faire une idée sur une série je regarde les 2 ou 3 premiers épisodes, et là à ma grande surprise dans ce cas là j’ai eu envie de voir la suite.

  • ici_ailleurs
    ici_ailleurs répond à Menulis
    Informaticien
    • Posté à 22h31 le 23/11/2010
    • Internaute 110345
      Informaticien

    Glee ?

    J’étais persuadé que j’allais détester également. Et pourtant...
    La première saison est pas mal, et sans réellement comprendre pourquoi ni comment d’ailleurs, on s’attache à cette belle bande de loosers hétéroclites et très stéréotypés. Les performances musicales sont réelles (certains acteurs venant de broadway) et le tout s’avère réellement rafraichissant !

    Malgré le ton parfois « grande gueule de la série », ici pas de violence, pas de sang, pas de bad guy ou d’anti héros psychopathes et asociaux, juste des jeunes qui chantent et une tentative de retour au bon vieux peace and love !

    Mine de rien ça fait du bien : -)

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