Avec « 60 secondes » ou « Mortal Kombat », les séries se font Web
Après la webfiction « Addicts », en ligne depuis novembre, Arte lance « 60 secondes », première série diffusée exclusivement sur Facebook. Deux exemples parmi d’autres de programmes pensés pour l’écosystème web.
Tous les soirs, à 19 heures, depuis le 18 avril, Fantille, « 25 ans + deux ans et demi », livre ses états d’âme dans des épisodes de 60 secondes postés sur Facebook. La jeune femme, interprétée par Karima Testa, s’est donnée deux défis : démissionner de son travail avant l’été et coucher le premier soir. Avec 63 épisodes programmés, Arte innove et utilise le potentiel des réseaux sociaux pour diffuser sa série.
Joël Ronez, responsable du pôle web d’Arte France, montre l’intérêt de ce nouveau support :
« Facebook représente un usage massif du Web. Le principal intérêt, c’est son audience structurée et son potentiel de viralité. »
Facebook, terrain privilégié du bouche à oreille numérique, représente pour la série une opportunité unique pour se faire connaître. Le modèle est précurseur et se cherche encore un peu.
« Intégrer les commentaires et y réagir dans la série »
Hélène Lombard (Ioudgine), auteure du blog « Bouillon de Luxure » sur LesInrocks.com, écrit et réalise la série. Elle explique :
« On est encore dans une période où on découvre, on teste un peu tout ce qui est possible dans le format, mais à terme, l’idée ça serait d’intégrer les commentaires et d’y réagir dans la série.
Au fil des épisodes, on voudrait créer une communauté. A l’avenir, l’idéal ça serait un tournage par semaine pour être vraiment dans l’immédiateté. »
Depuis trois ans, le pôle web d’Arte innove avec des productions conçues pour la Toile. Après le succès du webdocumentaire « Prison Valley », la chaîne a lancé, en novembre 2010, sa première webfiction. Présenté par la chaîne comme un thriller social et urbain, « Addicts » suit le quotidien de quatre habitants de la cité des Aubiers à Bordeaux. (Voir la vidéo)
La série joue intelligemment sur la frontière entre réalité et fiction et utilise les spécificités du Web dans sa forme narrative. Pour Joël Ronez :
« “Addicts” – comme “60 secondes” – utilise les trois critères du Web : la dimension non-linéaire, la dimension participative et la dimension de temps-réel. »
Sur le site de la série, l’internaute peut donc choisir de visionner les épisodes linéairement ou en fonction des personnages ou des lieux qui l’intéressent. Une forme innovante qui demande encore à se développer dans le paysage web français.
« The Office », « Lost » : des spin-off sur le Web
Aux Etats-Unis, le phénomène connaît plus d’ampleur depuis que les studios hollywoodiens s’en sont emparés. D’abord avec des « webisodes », programmes à moindre coûts pour les studios, qui permettent aux fans de retrouver les héros de leurs séries favorites sur Internet.
Les créateurs de l’excellente série comique « The Office » ont ainsi développé plusieurs épisodes « spin-off » pour le Web depuis 2006. La première série, « The Accountants », a reçu, en 2007, l’Emmy Award du meilleur programme comique en ligne. (Voir la vidéo en anglais)
La série « Lost » a aussi réalisé plusieurs « webisodes » pour faire patienter ses nombreux fans entre les saisons 3 et 4. Intitulée « Missing pieces », la série était diffusée sur Internet et sur les mobiles. (Voir la vidéo en anglais)
Quant à la série « Dexter » – un expert sanguin pour la police de Miami qui devient serial killer la nuit –, la chaîne Showtime a produit deux saisons de « webisodes » sous forme de dessins animés en 2009 et 2010.
Les épisodes du « spin-off » intitulé « Early Cuts » s’attardent sur des meurtres commis par Dexter en 2003, avant le début de la série, en 2006. (Voir la vidéo en anglais)
7 millions de clics pour « Mortal Kombat : Legacy »
L’univers des webséries a pris une toute autre ampleur récemment avec la diffusion de « Mortal Kombat : Legacy » sur « Machinima », la chaîne YouTube spécialisée dans les jeux vidéo.
A l’origine, Kevin Tancharoen avait réalisé en juin une vidéo intitulée « Mortal Kombat : Rebirth » pour vendre son projet de film aux studios Warner Bros. Pas de film finalement. Mais face au succès de la vidéo, les studios lui proposent de réaliser une série de dix webisodes. (Voir la vidéo en anglais)
Avec un casting d’habitués des programmes de science-fiction – Jeri Ryan de « Star Trek : Voyager » et Tahmoh Penikett de « Battlestar Galactica » –, la série fait vite le buzz.
La vidéo du premier épisode, en ligne depuis le 11 avril, a été visionnée plus de 7 millions de fois sur YouTube. De quoi présager un bel avenir aux séries en ligne.
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étudiant
étudiant
Merci pour cet article, il existe en France de plus en plus de webséries, réalisées pour la plupart dans un cadre amateur, et parfois on découvre une petite boite de prod, de pub ou de com derrière. On trouve de tout, du très mauvais au très bon (comme à la télé me direz-vous).
Actuellement je suis 3 webséries fr.
Worcruft Apocalysme, une série qui parodie l’univers et les joueurs de jeux vidéos en ligne comme Warcraft. C’est très original, parfois trash. Réservée à un public qui a une certaine culture ludique.
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Le Visiteur du futur, une sympathique histoire de voyage temporel, très bien menée, la première saison se dévore, j’ai encore quelques réserves sur la seconde qui est en cours mais ça reste très bon.
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Limite-Limite, des histoires courtes (des blagues que tout le monde connait) mise en image, la réalisation est efficace, on sent derrière des réal de pub ou de clip qui ont envie de faire autre chose.
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