Sextape, naissance d'une BD

Le making of de "Sextape", le prochain album du dessinateur Thomas Cadène.

Pourquoi je n'ai pas su dessiner Gaza

Thomas Cadène
Dessinateur
Publié le 03/03/2009 à 16h36

Une maison détruite à Jabaliya, le 20 janvier 2009 (Patrick Baz/Reuters).

En février, un livre original est sorti en librairie. Sur Gaza, cette actualité qui est de celles dont on parle en disant « les événements de » parce qu’on ne sait pas trop quel mot poser sur tout ça.

Ce n’est pas un tremblement de terre, ce n’est pas un tsunami, ce n’est pas un coup d’Etat, ce n’est pas un référendum ni une élection, ce n’est pas Sarkozy, ce n’est pas Obama. C’est autre chose. Une chose pour laquelle on aurait sans doute su trouver des mots si elle était arrivée ailleurs, entre d’autres parties.


Gaza (éd. La Boîte à bulles).

C’est un événement qu’on a peur de dire parce qu’on a peur d’être récupéré, accusé, sali, réduit. Un événement qui n’existe pas sans la complexité d’une histoire qui semble n’être qu’une succession d’« événements » dont on ne sait ce qu’on peut en dire.

S’agit-il de colonialisme, d’occupation, de terrorisme, de guerre, de paix, de politiques, de groupes armés, de fanatismes, de démocratie, de mur, d’apartheid, de riposte légitime, d’attaque ou de défense, de souffrances partagées, de vols, de torture, de calcul, de haine, d’enlèvement ? Et pour qui ? Quel mot pour quel camp ? Tous les mots pour chaque camp ?

Dire Gaza

Il faut du courage pour dire Gaza et il faut s’y mettre, se plonger dans la poussière, repousser les facilités sans doute et ne pas craindre de déranger, peut être, les éternels donneurs de leçons, philosophes à l’émotion variable et trop prévisible qui vous disent à longueur de colonnes ce qu’il convient de penser sur ceci ou cela. Pourquoi ne pourrait-on pas dire Gaza en étant seulement témoin, même lointain, même d’ici ?

Ce livre hybride, « Gaza » édité par la Boîte à bulles en un temps record est un ouvrage collectif qui prend le parti du mélange des genres.

Il parle de l’histoire, il témoigne, il explique, il ressent. Il est hybride parce qu’il contient de tout, des illustrations, des photos, des textes, des interviews. Il tente de dire Gaza en ayant le courage des mots et des images.

Il est le résultat d’une démarche qui a du mérite, le mérite de ne pas se cacher derrière son petit doigt, de prendre le parti d’assumer un regard, une analyse, une opinion, une émotion. Le résultat est un livre riche, très engagé, foisonnant.

Dessiner Gaza

Quand Maximilien Le Roy, qui est à l’origine du projet, m’a proposé de participer à ce livre j’ai d’abord dit oui, avant de renoncer, piteusement.

Je suis illustrateur, auteur de BD, il n’y a pas de sujet qui devrait m’arrêter. Mon échec ressemble presque à une faute professionnelle. Ou peut-être est-ce une interrogation sur mon rapport à mon trait et son usage.

Je n’ai pas su dessiner Gaza parce que je ne connais pas Gaza. Je n’ai pas su dessiner Gaza parce que je n’y étais pas. Parce que Gaza brûlait encore quand on me demandait de dessiner Gaza sous les bombes.

Je ne suis pas sûr que le 12 septembre 2001 j’aurais su dessiner l’absence des tours, je ne crois pas que j’aurais pu dire le Rwanda en 1995, pas plus que j’aurais su, en quelques traits, dire quoi que ce soit de Sarajevo en 1992.

Dessiner c’est créer une image, manipuler un regard pour l’amener à comprendre un message, à ressentir une émotion. C’est générer une lecture, c’est calculer (plus ou moins) la trajectoire d’un oeil et s’arranger pour qu’il s’y embue ou s’y révolte.

Dessiner une image sur une guerre aussi lointaine, illustrer, rapidement, sans en connaître les auteurs, des lettres de témoignages, poser quelques traits pour donner vie à de terribles douleurs dont je ne soupçonne au fond pas grand-chose, me pose question. Pourtant si personne ne le fait, que reste-t-il ?

Je comprends et envie ceux qui ont l’humour pour allié parce qu’ils savent et peuvent dire et faire tout cela par le décalage. Je comprends et admire ceux qui savent évoquer les choses, provoquer la pensée, par un biais intelligent, sans prétendre dire ce qu’ils ignorent.

Dessiner un objet, un détail, parce que regarder un peu à côté peut aider à prendre la distance nécessaire. Je n’ai pas su trouver ce biais et je n’ai pas voulu dire ce dont j’ignore tout. La douleur, au moment même ou ce quotidien était exactement parallèle au mien.

Dire la guerre, ai-je découvert, suite à cet « échec », c’est pour moi se nourrir d’autre chose. Prendre le parti d’assumer de ne pas être dans l’actualité, tenter de regarder partout ailleurs aussi. Ne pas prétendre à la réalité, parler à travers la fiction, creuser quelque chose. ça me demanderait du temps. Un temps que je n’avais pas.

Dessiner la guerre

J’ai pensé, à l’occasion de cette demande, à ces BD qui parlent de guerre, des horreurs qui l’accompagnent, des vies qu’elle bouleverse, des traumatismes qu’elle génère... J’ai remarqué que celles qui m’ont touché le plus sont souvent celles qui sont marquées par le rapport intime que l’auteur entretient avec ce qu’il évoque (Maus, Persepolis, S, le photographe) ou celles qui ne disent pas une guerre, mais, à travers l’outil magnifique de la fiction, disent la guerre ou une guerre qui peut être toutes les guerres ou peut être aucune (Notes pour une histoire de guerre, Le dictateur et le champignon...).

Ou encore, celles qui prennent le motif d’une guerre ancienne ou en tout cas « historiquement balisée » pour une histoire plus « petite », ou décalée qui va dénoncer in fine les absurdités de toutes les guerres (La ligne de front, le travail de Tardi sur 14-18).

Dans le livre « Gaza » certains réussissent à s’emparer de ce matériau qu’est l’actualité lointaine et tellement proche de ces voisins que nous connaissons trop mal. Ils savent mettre des visages sur les mots. Je sais maintenant que je n’aurais pas pu et que je ne le veux pas.

Ce n’est surtout pas un jugement. Je suis heureux qu’ils l’aient fait, parce que je pense utile que ce livre existe. Ce n’est simplement pas ma direction. Si Maximilien (qui a lui même l’habitude d’aller voir sur place, d’aller à la rencontre des gens, en Inde ou à Gaza), me redemande un jour de participer à ce genre de projet, je saurais que je ne pourrais dire oui que si je parviens à travailler par le biais d’une fiction, d’un décalage, d’un point de vue, qui m’éloigne, me sors de l’actualité, me donne le recul pour ne plus parler de ce que j’ai trop l’impression d’ignorer mais pour explorer l’universel à travers mon regard, mon approche, ma subjectivité.

Ne pas m’ériger en maladroit porte parole de ceux que je ne connais pas mais tenter de les approcher autrement. Pour tout cela il me restera soit l’humour si j’apprends à le manier, soit mes histoires, mon regard, ma voix, toujours.

En attendant voilà un livre qui existe, qu’il faut lire, composé de mille autres voix qui ont su trouver là un terrain d’expression précieux. Si je n’ai pas su dessiner Gaza, d’autres ont su le faire. C’est tout ce qui compte.

« Gaza » est un livre collectif édité par La Boîte à bulles. Les droits d’auteur seront reversés à « palestinian Center for Human Rights », ONG basée à Gaza, bénéficiant d’un statut consultatif auprès du conseil économique et social de l’ONU.

Y ont participé : Rony Brauman, Mona Chollet, l’Union juive française pour la paix, Michel Warshawski, Leopold Charniot, Chimulus, Lionel Larchevêque, Max F., Renart et beaucoup d’autres...

« Gaza » Collectif - éd. La Boîte à bulles - 24€.

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Photo : Une maison détruite à Jabaliya, le 20 janvier 2009 (Patrick Baz/Reuters).

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  • ysengrimus
    • Posté à 16h42 le 03/03/2009
    • Internaute 12674

    Troublant. Terrible. Perso, je ne traite plus cette question que sur le mode poétique

    Lien

    Cela souffre tout simplement trop...

    Paul Laurendeau

    • Zu
      Zu répond à ysengrimus
      http://www.jcarretero.eu
      • Posté à 16h51 le 03/03/2009
      • Internaute 23430
        http://www.jcarretero.eu
  • Raslacouette
    • Posté à 17h09 le 03/03/2009
    • Internaute 59636

    Si les dessins de cet album sont, à n’en pas douter, d’une grande qualité ; votre choix du silence l’est tout autant. Il en dit long sur votre ressenti, très touchant. Merci.

    • Gisor
      Gisor répond à Raslacouette
      semeur de troubles
      • Posté à 15h01 le 04/03/2009
      • Internaute 33512
        semeur de troubles

      Rony Brauman, Mona Chollet, l’Union juive française pour la paix, Michel Warshawski ? Tiens, je ne savais pas qu’ils étaient dessinateurs ceux-là ! En tout cas, leur participation donne très envie de lire le livre dont il est question ; -)
      J’espère qu’ils auront également l’excellente idée de participer au prochain ouvrage qui traitera des bombardements de la population civile du sud d’Israël. Ou peut-être, à celui qui nous donnera à voir de l’intérieur le mouvement islamo-fasciste du Hamas, ou la haine anti-juive explicitement exprimée par une partie minoritaire mais très fanatisée de la population musulmane et les idiots utiles de l’extrême-gauche lors des manifestations anti-israéliennes en Europe. Mais j’admets avoir des doutes...

      Pour en revenir à l’ouvrage dont il est question dans cet article, je me demande bien de quoi peuvent témoigner les auteurs de BD qui y ont contribué puisqu’il n’ont pas assisté à cette guerre, n’ont rien vu des combats. Quels liens ont leurs dessins avec la vérité factuelle des événements ? Leurs dessins seront-ils autre choses qu’une reconstitution partiale des événements tirée du récit des militants djihadistes ou de la population terrorisée par les milices islamistes, de leur propre inclinaison idéologique ? Une reconstitution dé-contextualisée, dés-historicisée avec des bons d’un côté et les méchants de l’autre.
      Je ne sais pas si vous avez noté comme moi qu’aucune image de combattants islamistes morts les armes à la main n’a été diffusée par les médias internationaux ? En ont-ils dessiné ?
      Plus généralement, quelles relations entretiennent la photo et le dessin avec la réalité objective ?

      Bon, à part ces questions hautement philosophiques, je vous recommande chaudement la lecture du mensuel l’Arche (mensuel du judaïsme français) qui paraît cette semaine dans un numéro spéciale sur cette guerre : Gaza : vérités sur une guerre. Ca nous changera des articles de M. Haski, Gresh, Cypel et consorts qui nous chantent toujours la même ritournelle !

      • Saba
        Saba répond à Gisor
        • Posté à 22h23 le 04/03/2009
        • Internaute 9356

        J’espère que dans votre numéro de l’Arche on commente aussi les propos d’Avigdor Lieberman ( élu à la Knesset et qui fera sans doute partie du gouvernement) lorsqu’il dit que les Israéliens devraient faire à Gaza ce que les Américains ont fait au Japon à la fin de la seconde guerre mondiale ........

      • lifka
        lifka répond à Gisor
        • Posté à 12h20 le 05/03/2009
        • Internaute 37623

        Merci pour cette intervention qui m’ôte les mots de la bouche.

        Il faut dire en effet que rien qu’à lire les noms de ceux qui ont participé à ce « travail » on sait d’avance ce qu’il contient. Ce sont les mêmes qui depuis 2000 ou 2001 ont fait les tournées des collèges avec madame Leila Chahid (mais sans l’ambassadeur d’Israël) pour disaient-ils « débattre » du conflit israélo-palestinien avec des enfants de 13 ou 14 ans, mais de fait se livraient devant eux à un procès sans avocat de la défense, digne d’une République bananière, où les participants étaient à la fois juges et procureurs.

        Bref une sorte de mini-Durban avec un seul accusé dont la culpabilité est par principe établie avant tout jugement et par essence. Sans la moindre tentative de vérification ni de faire la preuve des accusations portées.

        C’est d’ailleurs le principe de la BD d’accentuer les traits et de ne pas s’embarrasser de nuances. Ce genre de propagande dirigée par destination vers des jeunes influençables et en mal de causes auxquelles s’assimiler s’appelle tout simplement de l’incitation à la haine.

  • Utilisateur désinscrit à sa demande
    • Posté à 17h22 le 03/03/2009
    • Internaute 70482
      nc

    En tout cas tu as su dessiner les mots qu’il faut, Thomas. Merci !

  • Désinscrit le 15-7
    • Posté à 17h31 le 03/03/2009
    • Internaute 992
      nc

    A voir Banksy, l’artiste de Bristol...dans son livre « Wall & Piece » les commentaires (pas tristes) d’un palestinien des territoires occupés quand il a peint le « mur »...

    • jordyc
      jordyc répond à Désinscrit le 15-7
      MK
      • Posté à 18h45 le 03/03/2009
      • Internaute 1702
        MK

      Le travail des artistes étrangers sur le mur est souvent remarquable vu de chez nous (surtout les oeuvres -vieillissantes- de Bansky) mais n’est pas tout le temps apprécié par la population. Je me souviens d’un palestinien me disant, en voyant le travail photo de JR (Lien) qu’il ne souhaitait pas voir ce mur embelli...

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 17h39 le 03/03/2009
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Voilà une action utile et une oeuvre certainement intéressante.
    Espèrons que l’ouvrage soit suffisamment bien distribué et mis en place pour être VISIBLE.
    Au Salon du Livre,la semaine prochaine, par exemple.

  • PétaouSchnok
    • Posté à 18h48 le 03/03/2009
    • Internaute 11586

    La FNAC le mettait en rayon aujourd’hui... je l’ai pris directement du bac en plastioc vert... : P

    Super bouquin/BD ... à voir aussi « Torture Blanche » de Philippe Squarzoni :

    Lien

  • Tokani
    Tokani
    Oldmole
    • Posté à 18h49 le 03/03/2009
    • Internaute 71184
      Oldmole

    Puisse la représentation de l’absurdité Humaine concrétisée à Gaza nous remettre en question comme le fit celle des camps aprés la guerre ...

  • AlexG2008
    AlexG2008
    temporaire
    • Posté à 18h59 le 03/03/2009
    • Internaute 62913
      temporaire

    Je sais pas pourquoi mais à vous lire j’ai un peu l’impression de vous voir tout nu. Il faut sans doute plus de courage pour ne pas savoir dessiner Gaza et le dire, que pour le dessiner sans savoir ce que l’on fait, ni pourquoi on le fait.

    D’autre part, je ne suis pas contre le coup de pube pour le bouquin. Pour moi c’est même justifié quand c’est pour une « cause » utile. Merci pour cet article, et bravo pour votre honnêteté.

  • P a z
    • Posté à 19h07 le 03/03/2009
    • Internaute 36800

    Merci pour l’information !

    Très bien aussi :
    Dans l’enclos de Gaza, un reportage BD de Chappatte
    Lien

  • jackoneil
    • Posté à 22h05 le 03/03/2009
    • Internaute 49189

    Beau projet

  • dalun
    • Posté à 20h01 le 03/03/2009
    • Internaute 29964

    belle réflexion : merci .

  • Maderic
    Maderic
    Ingénieur
    • Posté à 20h33 le 03/03/2009
    • Internaute 66339
      Ingénieur

    Une bien touchante confession dans ce monde de super-positiveurs.
    Merci pour cette émotion.

  • bloqué le 24.09.09
    • Posté à 20h59 le 03/03/2009
    • Internaute 25106

    Désolée, de ne pas ressentir les choses comme les précédents commentateurs.

    Ce texte me met mal à l’aise : on dirait qu’il parle de victimes d’une catastrophe naturelle.

    Mais ce sont des crimes qui ont été commis à Gaza, il ne s’agit pas de nature ici.

    Des hommes armés ont tué des gens désarmés.

    Pourquoi ce texte ne nomme-t-il nulle part les auteurs des crimes ? Les mots Israël, ou soldat israélien, n’apparaissent nulle part dans le texte.

    Thomas Cadène a fait un texte le plus abstrait possible sur un fait épouvantablement concret : un crime délibéré à grande échelle.

    • Tokani
      Tokani répond à bloqué le 24.09.09
      Oldmole
      • Posté à 23h09 le 03/03/2009
      • Internaute 71184
        Oldmole

      Peut être parce qu’il est psychologiquement difficile d’intêgrer qu’un Peuple ayant subit il y a à peine 60 ans le rôle de Proie assume aussi bien aujourd’hui celui de Prédateur ?
      Enfin de compte « L’Histoire n’apprend rien et justifie ce que l’on veut “ Valery

    • Thomas Cadène
      Thomas Cadène répond à bloqué le 24.09.09
      Dessinateur
      • Posté à 23h24 le 03/03/2009
      • Internaute 38789
        Dessinateur

      Je voudrais préciser que mon propos n’est pas un propos de journaliste. je parle de mon métier, de mon rapport à celui ci et au monde. Relisez mes toutes premières lignes où précisemment je pose la question de la qualification. Je dis bien que ce livre, justement prend le parti de dire les choses. Mais ce n’était assurément pas l’objet de mon article. Je suis désolé que cela n’ai pas été toujours compris. Je n’ai pas fait un article sur Gaza mais sur ce le livre qui a été fait sur Gaza (et que je vous conseille) et sur la manière dont j’ai appréhendé un éventuel travail personnel pour ledit livre. 

      • bloqué le 24.09.09
        • Posté à 23h58 le 03/03/2009
        • Internaute 25106

        Sur un tel drame il faut dire la vérité le plus simplement possible. C’est tout.

        Ne pas faire d’omerta sur les auteurs du crime, c’est le moindre respect du à ceux qui sont morts ou qui souffrent encore dans leur chair.

        Encore une fois, les noms des auteurs du livre me suffisent pour savoir qu’il est de qualité.

         
        • Thomas Cadène
          Thomas Cadène répond à bloqué le 24.09.09
          Dessinateur
          • Posté à 08h26 le 04/03/2009
          • Internaute 38789
            Dessinateur

          On ne se comprend pas. Disons le clairement, brutalement : L’objet de cet article n’est pas Gaza, l’objet de cet article c’est « dessiner Gaza, pendant que Gaza Brule ». Le drame, je n’en parle que dans mon rapport à lui. Je parle de la difficulté, par le dessin, de s’exprimer sur ce qui se produit au moment où on doit le faire. Vous pouvez avoir envie de ne parler que de Gaza, d’Israël, de cette situation très précise mais mon propos était d’aller au delà (ou plutôt « à coté ») et de parler d’une situation connexe qui, me semble t il, peut intéresser tout le monde parce qu’elle parle de la difficulté d’être témoin, de la prise de parole... Alors je comprends bien que vous avez envie de parler de tel ou tel scandale lié à la situation de Gaza et, dans cette optique là, bien sur, mon article n’est carrément pas à la hauteur ; en effet il ne parle de rien, il ne donne pas le nombre de mort, il n’accuse personne ni rien. Vous entamez un débat sous un article qui n’est pas le bon. Mais simplement c’est parce que, encore une fois, je n’ai pas fait une contribution journalistique de plus sur Gaza (dont je ne connais au fond pas beaucoup plus que n’importe qui) j’ai témoigné de ma difficulté à m’exprimer professionnellement sur un sujet aussi présent, aussi contemporain et des questions que cela entraine.Je comprends tout à fait que cette approche ne vous intéresse pas mais c’est un autre problème. Simplement les reproches que vous me faites, je ne les comprends pas parce que j’ai l’impression que vous répondez à un article que je n’ai pas écrit. Comme si vous aviez lu autre chose que ce que j’ai pensé écrire. ceci dit, vous avez raison, ce livre est de qualité.

          • bloqué le 24.09.09
            • Posté à 10h36 le 04/03/2009
            • Internaute 25106

            Vous êtes devant un massacre où notre pays est impliqué (ventes d’armes, rehaussement des liens économiques avec Israël, accueil chaleureux des responsables en plein massacre, liens des politiques des principaux partis avec les réseaux de soutien comme le CRIF), et vous avez envie de parler de vous-même. C’est très tendance : mon ressenti, à moi-même, par moi-même.

            Vous avez le droit et Rue89 a le droit (légalement, sinon moralement) de faire ce choix éditorial.

            Mais moi j’ai le devoir de faire remarquer que si 1300 juifs avaient trouvé la mort à Gaza, des familles juives pilonnées depuis des tanks et des avions bombardiers, vous n’auriez pas écrit votre texte de cette façon et Rue89 ne l’aurait certainement pas publié sous cette forme là.

            J’aimerais savoir ce que vous en pensez ?

            • Thomas Cadène
              Thomas Cadène répond à bloqué le 24.09.09
              Dessinateur
              • Posté à 11h30 le 04/03/2009
              • Internaute 38789
                Dessinateur

              Aimeriez vous vraiment savoir ce que j’en pense ?
              j’ai l’impression que vous m’avez déjà jugé et condamné. Je ne suis que le fruit de mon époque, j’incarne ici, sur rue89, l’égoïsme de notre temps et puis c’est tout !
              non ?

              Il se trouve que, par mon métier, on m’a proposé de participer à un ouvrage collectif à propos de Gaza. Il se trouve que je n’ai pas réussi à trouver la bonne façon de le faire et que j’ai donc renoncé à y participer. J’ai eu le sentiment que les motifs de mon renoncement pouvaient avoir un intérêt, non pas pour parler de moi, mais pour parler de ce que c’est que d’avoir l’occasion, l’opportunité, la responsabilité de parler de ces questions là.

              Je ne suis pas journaliste, je ne suis pas humanitaire, je ne suis pas allé sur place, je ne suis pas un spécialiste de la géopolitique... J’ai décidé, en voyant le livre, en lisant le resultat de ce travail, d’en parler et de parler, par la même occasion, des questions que j’ai pu me poser. Non pas, encore une fois, pour parler de moi (ça n’a aucun interêt) mais pour tenter de réfléchir « à haute voix ». parce que j’ai la prétention de croire que la question de l’auteur est une question importante.

              Quand vous parlez de ce livre vous parlez des noms. De ceux qui y participent, vous dites « ils sont biens »... peut être précisément le sont ils parce qu’ils se sont posés des questions et qu’ils y ont trouvé les bonnes réponses (ils sont allé sur place, ils ont étudié la question, ils ont interrogé d’autres personnes etc.).

              Le moi, c’est pas toujours de l’égocentrisme, c’est aussi, parfois, la question de la signature, de la responsabilité.

              Pourquoi « moralement » cette question ne pourrait elle pas être légitime ?
              Elle ne remet rien en question quand aux réalités d’un conflit, elle ne traite pas du fond, elle pose la question de celui qui va être amené à traiter d’un sujet (par le dessin en ce qui me concerne) et de son rapport à cette responsabilité.

              Quand à votre dernière remarque (sur votre « devoir ») je la trouve insultante. J’ai pris soin dans mon texte de généraliser mon propos. Si vous ne voulez pas accepter un sujet qui contient « gaza » dans son titre autrement que par une approche nécessairement engagée, nécessairement dénonciatrice c’est votre problème. Encore une (dernière) fois : ce n’est pas mon propos.

              Je comprends bien que ça ne vous intéresse pas mais je ne traite pas de Gaza, je traite de « dessiner Gaza ». Comme je commence à me répéter je m’arrête là.

              • bloqué le 24.09.09
                • Posté à 15h23 le 04/03/2009
                • Internaute 25106

                Je ne voulais pas vous agresser. Rue89 ne nous informe plus que rarement de ce qui ce qui se passe à Gaza. Sans doute un texte un peu désincarné comme le vôtre est la seule chose que Rue laisse éditer.

                Essayez de comprendre mon ressenti à moi aussi : Je ressens votre distance vis à vis des massacres commis par l’armée israélienne et vis à vis des victimes de Gaza comme extrêment agressive envers le genre humain.

                Je souhaite juste que vous sentiez et compreniez que nous sommes tous responsables des massacres qui viennent de se dérouler à Gaza, du siège qui se poursuit et des meurtres qui se commettent toujours même si plus épidodiquement maintenant les soldats et les colons israéliens soit à Gaza soit en Cisjordanie.

                Nous en sommes responsables parce qu’il faut plus de français en train d’écrire et de manifester pour que la France cesse d’armer Israël (il semble que la France ait fourni des bombes au phosphore, arme particulièrement épouvantable), que la France s’associe au boycott contre Israël, que l’Union Européenne et la France cessent de commercer avec Israël tant qu’il n’y a pas d’état Palestinien.

                Notre gouvernement et Israël nourrissent une « guerre des civilisations » à l’échelle de la planète et c’est de notre responsabilité de nous y opposer.

                • Raslacouette
                  • Posté à 17h25 le 04/03/2009
                  • Internaute 59636

                  « Je ressens votre distance vis à vis des massacres commis par l’armée israélienne et vis à vis des victimes de Gaza comme extrêment agressive envers le genre humain. »

                  Soh, nous sommes décidément bien dans le registre de la perception. Votre lecture de Thomas n’est pas la mienne. Pas de « distance », mais justement, du respect pour ceux qui souffrent et l’incapacité à le mettre en image. Sa « non participation » est, selon moi, très humble et, je le répète, sensible et humaine.

                  Aviez-vous lu ceci ? : Lien

                  C’est du même registre. Une expression (pour Polonsky, la parole) bloquée par une émotion trop forte.

                  Bien sûr, il faut dénoncer, agir, mais faire des amalgames politico-politiciens avec tout ne permet pas de faire avancer le débat.

                  Et pour être complètement honnête, pour une bille en conflit israëlo-palestinien comme moi, les points de vue artistiques ou les témoignages comme celui-ci, dénués de haine de l’autre, éveillent plus ma conscience que des commentaires idéologiques.

                  En fait, on oppose ici, intellectualisation et sensiblité. Plus sensible qu’intellectuelle, la démarche de Thomas me touche, me parle. Comme « La peste » ou « Guernica » m’ont plus bouleversé que la lecture d’un pavé historique.

                  Je pars et ne serai de retour avant la fermeture de ce fil Soh, mais j’espère sincèrement être parvenu à vous transmettre mon point de vue.

                  • bloqué le 24.09.09
                    • Posté à 18h40 le 04/03/2009
                    • Internaute 25106

                    ... « mais j’espère sincèrement être parvenu à vous transmettre mon point de vue »

                    La réponse est oui.

                    Amicalement

              • ayesha
                ayesha répond à Thomas Cadène
                administratif éducation (...)
                • Posté à 16h04 le 04/03/2009
                • Internaute 65068
                  administratif éducation (...)

                Monsieur Cadène, si vous n’avez vraiment rien à dire, vous savez ce qu’il vous reste à faire...

                Quant à parler de Gaza, ou même dessiner sur ce sujet, encore faudrait-il avoir un tant soit peu de courage et d’humanité.

                Votre discours est superflu. Nous pouvons lire ou voir d’autres témoignages, autrement plus intéressants : à la soirée organisée pour le soutien de l’ATL Théâtre de Jénine le lundi 9 février 2009 à Paris, des Français ont eu le courage de s’exprimer.
                Mme Alima Boumédiene-Thiery, sénatrice, est allée à Gaza à la fin de l’agression israélienne contre la bande de Gaza (vous voyez, ce n’est pas si difficile de nommer ces « événements ») et nous a raconté ce qu’elle y a vu et ce qu’elle y a vécu.
                M. Jean-Moïse Braitenberg, petit-fils de déporté, s’est aussi exprimé, afin que l’on entende haut et fort une autre voix sur la situation en Palestine occupée, et que l’on n’amalgame pas tous les Juifs au soutien inconditionnel apporté par le CRIF et d’autres institutions juives à la politique criminelle de l’état d’Israël.

                Des témoins, il y en d’autres, qui s’expriment, par la parole, par des films, et aussi des dessins.

                Sur ce sujet, vous pouvez garder le silence, et nous nous ferons un devoir, sinon un plaisir, d’oublier très vite votre piteuse « contribution ».

          • jissé
            jissé répond à Thomas Cadène
            Ingé retraité
            • Posté à 11h03 le 04/03/2009
            • Internaute 23393
              Ingé retraité

            Bonjour Thomas.

            Comme St Thomas vous ne croyez que ce que vous dessinez ?

            Pendant qu’il en est encore temps, allez dessiner Jérusalem, avant et après la « rénovation urbaine »

            Source : Encore le journal suisse « Le Temps ».

            >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

            « Un quartier arabe de Jérusalem promis à la destruction

            Le projet de la mairie de Jérusalem existe depuis 2001. Après quatre ans de négociations, les comités de quartier et les autorités israéliennes ont créé en 2005 un comité chargé d’établir un nouveau plan pour la zone. Mais leur projet prévoyant l’établissement d’un parc adossé à de nouveaux immeubles vient d’être rejeté, ce qui autorise la municipalité à entamer le processus d’expropriation.

            “Il s’agit d’un dossier politique sensible qui risque de provoquer des violences et non d’une simple question de gestion urbaine”, affirme Adnan al-Husseini. “Si nous échouons, nous risquons d’assister au plus grand transfert de population palestinienne depuis 1967.” Et d’ajouter : “L’AP jettera toutes ses forces dans la balance pour empêcher cela. Elle ne négociera pas avec Israël à ce propos et elle envisage de saisir le Conseil de sécurité en espérant que les Etats-Unis n’y opposeront pas leur veto.”

            >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

            Chiche !

            Jissé

        8 autres commentaires
    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 23h38 le 03/03/2009
      • Internaute 61755

      soh...le cadène, il est à la cool...j’ai déboursé pour ses bd...et je les ai lues...et la rosalind et la muchu entre autres...m’ont bien transporté...un conseil...lis-les ! et ne te contente pas de verser du fiel dès que tu lis « gaza » sur rue 89...bon, nous ne sommes pas d’accord sur son texte que, perso, je trouve plein d’humanité, (et là je fais pas mon suce boules, c’est pas ma tisane), mais je n’en pense pas moins sur les saloperies de tsahal il y a peu...serait-ce juste possible, juste une fois, de ne pas être classer dans un camp ? non ? si c’est non...et bien tant pis...

    • Lefleuryssois
      Lefleuryssois répond à bloqué le 24.09.09
      Salarié
      • Posté à 09h43 le 04/03/2009
      • Internaute 42114
        Salarié

      Je suis convaincu que Thomas Cadène, éprouve l’envie de dénoncer et de condamner l’agresseur et criminel dans cette abominable destruction d’une cité sans défense.

      Je lis à travers ces 105 lignes, sa douleur et sa peine, son désir de crier fort et à haute voix, que Israel et son armée ont commis un crime inhumain et sanguinaire et que leurs responsables méritent d’être une poursuite pénale par le TPI.

      Mais, mais, mais ….., disons le franchement, Thomas Cadéne, pense aussi à sa carrière et à son gagne pain … il ne peut se permettre de se retrouver persona non grata dans le monde du travail et de la vie.

      Un peu de compréhension donc.

  • bloqué le 24.09.09
    • Posté à 21h11 le 03/03/2009
    • Internaute 25106

    Pour pouvoir vous acheter le bouquin, économisez donc sur les produits israéliens.

    Dans le prêt à porter évitez Zara, et à la pharmacie refusez les médicaments génériques TEVA.

    Qui est le propriétaire de la marque Zara ? Surprenant.

    Lien

    • leconcombrevert
      leconcombrevert répond à bloqué le 24.09.09
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 22h32 le 03/03/2009
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Un certain Lev Leviev ...., bonne nouvelle ( ?), j’en avais jamais entendu parler, vous ? .

  • bloqué le 24.09.09
    • Posté à 21h27 le 03/03/2009
    • Internaute 25106

    Amnesty demande un embargo sur les armes : la France a une grave responsabilité dans la fourniture à Israël des armes qui ont détruit Gaza.

    Lien

  • bloqué le 24.09.09
    • Posté à 21h50 le 03/03/2009
    • Internaute 25106

    Pendant que les principaux chefs d’Etats des pays riches se rencontraient à Sharm El-Sheih pour promettre des millions de dollars d’aide qui n’arriveront sans doute jamais à Gaza, les 50.800 sans-abris de Gaza étaient victimes des éléments.

    Où sont les organisations internationales des droits de l’homme pour constater la souffrance des Palestiniens à Gaza ?

    Où est la mobilisation internationale contre le blocus de Gaza ?

    A Gaza, c’est l’hiver et selon les Nations Unies, 50.800 personnes sont sans-abri et n’ont pas accès au minimum nécessaire pour vivre !

    400.000 personnes n’ont pas accès à l’eau courante.

    La plupart des équipements d’eau, d’électricité et d’eaux usées ont été détruits pendant la guerre ou ne sont pas réparables en raison du manque de pièces détachées.

    Israël impose toujours son blocus à la Bande de Gaza et les promesses d’argent n’aideront pas la population martyre de Gaza.

    Nous devons absolument nous remobiliser pour demander la levée immédiate du blocus de Gaza !

    Lien

    • leconcombrevert
      leconcombrevert répond à bloqué le 24.09.09
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 22h29 le 03/03/2009
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que l’argent destiné à Gaza n’y arrivera « sans doute jamais » ? ?

      Vous voulez insinuer que le gouvernement de Abou Abbas le ferait disparaitre ..... ?

      • Anonyme répond à leconcombrevert

        Salut, Concombre. Et toi, qu’est-ce qui te permet d’affirmer que cet argent y arrivera ? Avant de jeter ironiquement et implicitement le doute sur l’honnêteté de l’Autorité palestinienne [dont je te signale que le président s’appelle Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen (lapsus révélateur de ta part ?)], tu devrais t’interroger sur celle de récents chefs de gouvernement israéliens, dont Olmert et Netanyahou, convaincus d’escroqueries et de fraudes diverses, d’une part, et ne pas feindre d’ignorer que le déblocage des fonds promis est subordonné, notamment, à l’ouverture des points de passage entre Gaza et le reste du monde, d’autre part. Par ailleurs, on sait que le gouvernement israélien se refuse obstinément à laisser passer les fournitures et matériaux nécessaires à la reconstruction de Gaza, arguant que le Hamas pourrait s’en servir pour fabriquer des armes. S’il s’agit des gros pétards — aux noms plus retentissants que leurs effets — qui ont dû faire une douzaine de victimes en huit ans, on se demande, par analogie et rétrospectivement, pourquoi on n’a pas mis l’embargo sur les livraisons des équipements et des matières qui ont servi à la fabrication des nombreuses ogives nucléaires dont Israël s’est doté en toute illégalité. Enfin, comme on le disait hier ou avant-hier sur France-Inter, les autorités israéliennes ont bien du mal à expliquer pourquoi elles empêchent aussi l’approvisionnement de Gaza en denrées alimentaires (telles les pâtes...). Serait-ce qu’elles craignent la fabrication de cannelloni lance-roquettes géants ?

         
        • leconcombrevert
          leconcombrevert
          La vraie vérité > : -))
          • Posté à 17h43 le 04/03/2009
          • Internaute 8843
            La vraie vérité > : -))

          Puisque les pays donneurs ont annoncé vouloir faire les payements à travers l’autorité palestinienne ma qestion est parfaitement justifié.

          Quinine, bien au contraire, je ne jette aucun doute sur Abbas ni sur personne.

          Par contre, l’auteur du message auquel je reponds affirme dans la gratuité la plus parfaite que les Gazouis ne veraient jamais cet argent.

          Qu’est-ce qui permet de le dire sans la moindre explication ?

          • Anonyme répond à leconcombrevert

            Les pays donateurs auraient encore décidé de verser les sous par l’intermédiaire d’un compte chèque postal, il n’en reste pas moins que, par exemple, les États-Unis (qui proposent quelque chose comme 900 millions de dollars, soit le tiers des fonds envisagés) ont subordonné le déblocage de cette somme à l’ouverture des points de passage. À voir le plaisir avec lequel les Israéliens imposent et maintiennent le blocus à Gaza, on peut s’interroger...
            Par ailleurs, Concombre, il faut être raisonnable : on n’écrit pas par hasard et en toute neutralité la phrase que tu as écrite au sujet d’une éventuelle mainmise de l’Autorité palestinienne sur les fonds de la communauté internationale... D’autant que, encore une fois, en fait de malhonnêteté, je regarderais plutôt du côté des Olmert et consorts, sans compter qu’il est arrivé, eh oui, que des fonds internationaux destinés aux Palestiniens soient « écrémés » au passage par les autorités israéliennes, comme cela s’est déjà pratiqué pour les exportations de biens et de marchandises elles aussi destinées aux Palestiniens. Autre exemple des méthodes d’étranglement socio-économique chères à Israël : en 2006, les Israéliens ont « suspendu » les transferts de revenus (50 millions de dollars, soit un tiers du budget de l’Autorité palestinienne) qu’ils percevaient au nom de ladite Autorité sur les droits de douane et la TVA prélevés sur les produits destinés à la Cisjordanie et à la Bande de Gaza. Par conséquent, en fait de gratuité la plus parfaite, je vois surtout une appréhension dictée par les enseignements du passé.
            Et si tu avais une explication au sujet de l’embargo sur les produits alimentaires... J’ai pensé aussi, indépendamment des cannelloni lance-roquettes, à des mines à la semoule de blé ; si le blé est assez dur, il doit pouvoir érafler la peinture des Merkava. Prudence...

        4 autres commentaires
    • Tokani
      Tokani répond à bloqué le 24.09.09
      Oldmole
      • Posté à 23h02 le 03/03/2009
      • Internaute 71184
        Oldmole

      Cher Soh c’est pourtant facile : Le plan de restructuration de Gaza est assez simple à comprendre comme pour le Liban...
      La Destruction de l’Habitat Insalubre Palestinien ou Libanais a pour maître d’oeuvre : Israêl via Tsahal ....
      Et le Promoteur de la reconstruction : Vous , Moi , Nous par le biais de l’Europe.... En fait il suffit d’inverser toute logique causale : Le prédateur ne paye rien et l’Europe recapitalise l’affaire...
      Bien sur financement et permis de construire dépendent de l’aval du démolisseur ; de la bonne capitulation des familles palestiniennes ainsi que de leur bonne collaboration avec leur persécuteur via le Fatah.... CQFD

      • bloqué le 24.09.09
        • Posté à 00h21 le 04/03/2009
        • Internaute 25106

        Absolument Tokani. Ce sont les petits contribuables européens qui paieront comme d’habitude et cela n’a pas de fin, puisqu’Israël n’a aucune raison de changer de politique.

        Pour la reconstruction de Gaza l’Union européenne a déjà promis 554 millions de dollars ... !

        Proposons que le CRIF et ses homologues dans les autres pays européens remboursent l’Union Européenne pour la reconstruction de Gaza

        Que les autorités de l’Union Européenne au niveau des nations, comme au niveau européen, saisissent les comptes de ces réseaux de soutien à Israël, comme le CRIF, qui collectent partout des fonds très importants entre autres pour l’armée israélienne et peut-être aussi pour étendre les colonies israéliennes en Palestine.

        (Il parait même qu’il y a « d’amicales pressions » sur ceux qui ont les moyens pour qu’ils versent leur écot au soutien à l’armée israélienne).

        Si le CRIF et les réseaux du même type ailleurs en Europe, se voient saisir les sommes consacrées par l’Union Européenne à réparer sans cesse les crimes commis par Israël, cela va les amener à plus de lucidité. Ces réseaux vont ainsi être amenés à se demander si leur fantasme d’état « ethniquement pur » vaut vraiment les sommes dépensées.

        Monsieur Sarkozy : Lien

        Président de la Communauté Européenne José Manuel Barroso
        Lien

         
        • leconcombrevert
          leconcombrevert répond à bloqué le 24.09.09
          La vraie vérité > : -))
          • Posté à 17h38 le 04/03/2009
          • Internaute 8843
            La vraie vérité > : -))

          Et qui fera payer l’Iran qui finance le Hamas qui a provoqué - par ses envoys de Kassams - la guerre de Gaza ? ?

          Soh, le monde n’est pas aussi noir et blanc, le conflit israélo-palestinien n’est pas aussi simple, sortez de la lecture à la Harry Potter que vous en faites ....

          Et vous le savez comme moi, il n’y a pas la moindre base pour vos demandes de saisie, c’est du vent qui ne sert en fait à rien d’autre qu’a faire monter une haine qui elle, vous le savez et vous le cherchez par votre insistence, peut parfaitement tuer.

          • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
            • Posté à 18h45 le 04/03/2009
            • Internaute 35776
              bye bye....

            Concombre, dire que les envois de qassams du Hamas (je parle d’événements, pas de financements, parce que là cela devient effectivement plus compliqué et hors de certitude de beaucoup, ce me semble) sont seuls à avoir provoqué la guerre (personnellement j’emploierais un autre mot que « guerre », mais nous passerons pour le moment, si tu veux bien) de Gaza me semble un peu simpliste.

            On peut appeler cela, de la part d’ Israël, un prétexte, tout au plus.

            On pourrait appeler cela autrement, et plus clairement, un mensonge.

        2 autres commentaires
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