StorItalia

A la rencontre de nos voisins transalpins à travers leurs coups de gueule et coups de blues, leurs objets fétiches, leurs péchés gourmands... Parce que au fait aujourd'hui, ça veut dire quoi être italien ?

Italie : les larmes de la ministre du Travail suscitent le débat

Flora Zanichelli
Journaliste
Publié le 07/12/2011 à 17h04

« Sacrificio » (sacrifice)... La parole n’a pas réussi à franchir les lèvres de la ministre du Travail italienne dimanche soir dernier lors de la présentation par le gouvernement italien du décret anti-crise baptisé « Salva Italia » (Sauve Italie). En larmes, elle a dû passer le relais au président du Conseil Mario Monti pour qu’il finisse à sa place.

Elsa Fornero venait d’énumérer les mesures concernant les retraites :

  • 41 ans de cotisation nécessaires pour partir en retraite dans le cadre des « pensions d’ancienneté » pour les femmes et 42 ans pour les hommes contre 40 ans actuellement ;
  • dans le privé, départ des femmes à 62 ans dès 2012 contre 60 aujourd’hui avec alignement privé sur l’âge des hommes en 2018 à 66 ans ;
  • gel de l’indexation des retraites sur 2012 et 2013 (sauf pour les deux dernières tranches)...

« Voir une ministre pleurer fait peur »

Les images de la dame en larmes ont fait le tour du monde et soulevé l’inquiétude des Italiens. « Voir une ministre pleurer fait peur », confie Andrea, 30 ans.

« Fut un temps, les gouvernements faisaient des manœuvres et les citoyens pleuraient », a ironisé l’humoriste Fiorello lors de son show du lundi soir sur la chaîne de télé Rai uno. « Si aujourd’hui les ministres pleurent, ça veut dire qu’on est fini. »

Professeure d’économie à l’université de Turin, spécialiste du droit du travail, Elsa Fornero s’est taillée une réputation solide. Dans la Péninsule, les interprétations n’ont pas manqué après ses larmes.

Selon le journal La Repubblica, la ministre n’était pas d’accord avec de telles décisions, d’où son désarroi au moment de la présenter.

L’’économiste Irene Tinagli a déclaré au Corriere della Sera :

« Ces larmes ne peuvent pas remettre en cause la légitimité de la ministre. J’ai pensé qu’elle était en train de réagir à un fort stress émotif face à des mesures qu’elle aurait préféré peut-être ne pas adopter. »

Des mesures jugées inéquitables

Les Italiens, eux, restent dubitatifs avec un sentiment généralisé selon lequel « c’est toujours sur les mêmes que ça tombe ». Selon une étude conduite par le centre d’étude de la CGIA (association des artisans et petites entreprises), les familles devront ainsi débourser 6 402 euros en quatre ans (en comprenant aussi les mesures du gouvernement Berlusconi).

Les Italiens devront en outre payer la taxe foncière sur la résidence principale et faire face à une augmentation des prix de l’essence. Andrea explique :

« Dans l’absolu, je n’ai rien contre ces mesures. Mais il faut que tout le monde mette la main à la poche : que l’Eglise, par exemple, exonérée de la taxe sur la résidence principale, se mette à la payer elle aussi. »

Passablement énervés, les journalistes de L’Espresso ont souhaité remettre les pendules à l’heure en taxant d’« incompréhensibles » les larmes de la ministre avant de critiquer l’emploi du terme « réformes structurelles » par leurs concurrents :

« De quoi sommes-nous en train de parler exactement ? La réponse est simple, nous parlons du paquet de réformes que le gouvernement italien est contraint d’accepter sous pression des marchés internationaux et des institutions européennes. »

Un sentiment d’inéquité partagé

Et de rappeler que s’il y a bien une chose qui n’a pas été remise en cause, ce sont les dépenses politiques. Un sentiment d’inéquité partagé.

« Concernant le Parlement, les bénéfices et privilèges parlementaires, cependant, aucune allusion », constate, amer, le journal Le Fatto quotidiano.

Invité de l’émission d’actualité Porta Porta de Bruno Vespa hier soir, Mario Monti a assuré que le décret « Salva Italia » n’était qu’un début :

« Je suis sûr que les Italiens comprendront la nécéssité de cette manœuvre. »

Ce n’est pas gagné. Après des années de disputes et polémiques, les syndicats ont décidé de s’unir pour manifester. Reste à savoir si les Italiens suivront.

  • 16046 visites
  • 40 réactions
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  • Dani Wilde
    Dani Wilde
    Observateur
    • Posté à 17h39 le 07/12/2011
    • Internaute 87091
      Observateur

    ’’d’où son désarroi d’où son désarroi au moment de la présenter’’

    doublon a corriger..

    sinon, les dirigeants europeens partent un par un en admettant une part de leur responsabilite dans la situation de leur pays, mais chez nous, l’autre s’accroche comme une sangsue mais ne se remet pas du tout en cause...

    En tout cas, pas de risque en france, on est pas pret de voir un ministre pleurer....à part quand ils savent qu’ils vont perdre leur poste ! !

    • pablico
      pablico répond à Dani Wilde
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h05 le 07/12/2011
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      si il y en a un qui déprime, twitte comme un malade, pense au foot et à une vie future hors la politique....

      une façon de pleurer.... KéKé

      Lien

      • pateris
        pateris répond à pablico
        serial lecteur
        • Posté à 18h21 le 07/12/2011
        • 174584
          serial lecteur

        De toute façon, une fois viré l’autre bouffon, on le verra écumer de joie chaque jour où on voudra bien nous le montrer (et les médias ne s’en priveront pas), dès le premier jour, à chaque fois qu’on prendra encore des coups à liquider son héritage. Hein, monsieur qui taxe les livres (la cultur sé pour lé pédé lol mdr) et épargne les hôtels de luxe…

    • zygzornifle
      zygzornifle répond à Dani Wilde
      Poussière d'étoiles
      • Posté à 16h31 le 08/12/2011
      • Internaute 160367
        Poussière d'étoiles

      En tout cas, pas de risque en france, on est pas pret de voir un ministre pleurer.

      Si Rolex est en liquidation il y aura de la larme à l’oeil au ministère......

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 19h04 le 07/12/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Mais vous oubliez de préciser qu’il y a eu plus déchirant. Ponti renonce à son salaire ! Ses enfants vont certainement être jetés à la rue en guenilles...

    En attendant ni la pleurnicheuse ni son patron n’ont la moindre légitimité démocratique, mais après des décennies de lavage de cerveau par la TV Berlusconi, c’est un détail... et après ce numéro de télé-réalité, les dons vont pleuvoir au « coglioneton ».

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 18h42 le 07/12/2011
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    Elle ferait mieux de démissioner au lieu de verser des larmes et de continuer à participer à cette mascarade. C’est ridicule. C’est un peu l’histoire de la collaboration : choisir un moindre mal... Au lieu du pire. C’est quoi son salaire mensuel à cette dame ? : o)

    • blackbear-
      blackbear- répond à Autruchette
      • Posté à 20h37 le 07/12/2011
      • Internaute 117716

      Je plains les italiens et en même temps je leur conseille de se sortir les pouces, et de regarder la situation en face.
      Il est grand temps qu’ils oublient le calcio et les « Veline », ne regardent plus M.Faux-Cul numero uno qu’est Vespa et qu’ils sortent dans la rue comme les grecs et se mettent à s’agiter.
      Monti c’est Berlu en plus dur et en moins bling bling.
      C’est comme je le disais hier au sujet de Flamby, nous devons cesser d’écouter ces menteurs d’ékono-mist (mist en allemand = fumier) et de refuser ce chantâge qu’ils nous servent. Bravo aux grecs, peut être les moins couillons parmi les européens.
      Ce n’est pas aux citoyens lambda des pays européens de payer les pots cassés.Mais dans un pays où l’italien moyen se rue sur le bord de la plage pour applaudir un gros yacht qui se balade devant eux , alors qu’il n’a même pas le droit de naviguer si prés des plages, (je l’ai vu de mes yeux, je croyais à une camera cachée), qui s’agglutine autour d’un bolide rouge en criant comme des minettes qui mouillent à la vue de Justin Biber « La Ferrrarrriiiii, La Ferrrarrrriii ! ! ! », je me demande ce qu’il faudra encore leur infliger avant qu’ils ne réagissent. Bon ils défilent, ils se massent, mais gentiment.
      D’accord avec certains résidents
      ELLE N’A QU’A SE TIRER DE CE GOUVERNEMENT
      ...ça aurait plus de classe et de légitimité.
      Berlu a mis l’Italie à terre, Monti va l’achever.
      La dépouille de Garibaldi tourne comme une hélice dans sa tombe....Et dommage que Fellini ne soit plus là !

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 18h46 le 07/12/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► J’ai trouvé la ministre dans cet instant difficile, remplie de dignité,
    et rappelant qu’un homme, une femme politique était comme n’importe qui, porteur d’émotion et de faiblesse ;
    Ses larmes retenues ont permis de mieux souligner la gravité des instants que nous traversons, et la nécessité de sacrifices pour tous.

    • A déménagé le 13-02-2012
      • Posté à 18h59 le 07/12/2011
      • 175908

      pour tous ? vous êtes sûr ?

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à A déménagé le 13-02-2012
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 20h50 le 07/12/2011
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « pour tous ? vous êtes sûr ? »

        ► Certain que pas que pour certains.

    • Eliott40000
      Eliott40000 répond à Pierrrrre
      Rêveur
      • Posté à 19h16 le 07/12/2011
      • Internaute 70590
        Rêveur

      ► C’est toujours beau comme du Jean-Pierre Pernaut, ce que vous écrivez, Pierrrre. ► Et puis, toutes ces petites flèches, ► comme autant de dards empoisonnés que vous nous décochez à longueur de rue,► ça fait de vous notre parangon de morale et de rectitude.► ►►

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Eliott40000
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 20h54 le 07/12/2011
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « ► Et puis, toutes ces petites flèches, ► »

        Mais si vous préférez les ▲, il suffit de demander..ils gagnent en stabilité et ça vous permettrait de vous asseoir dessus.

    • LienRag
      LienRag répond à Pierrrrre
      • Posté à 21h17 le 07/12/2011
      • Internaute 34767

      « remplie de dignité »
      N’utilisez pas des mots que vous ne comprenez pas...

  • Sakae Osugi
    Sakae Osugi
    abstentionniste réfractaire
    • Posté à 18h50 le 07/12/2011
    • Internaute 101522
      abstentionniste réfractaire

    y a des crocodiles dans le Tibre ?

    • blackbear-
      blackbear- répond à Sakae Osugi
      • Posté à 20h38 le 07/12/2011
      • Internaute 117716

      Non mais des gros rats, et pi l’est tellement pollué que tu ne survis pas à la baignade.

  • mygalon
    mygalon
    mamiatempspartiel
    • Posté à 18h50 le 07/12/2011
    • Internaute 118202
      mamiatempspartiel

    Elle a tout simplement le sentiment que c’est toujours sur les mêmes que cela tombe (voir sa réflexion sur l’église qui est exonérée de la taxe foncière, or en Italie l’église est riche...). Le scandale dans tout cela c’est que ce sont les marchés qui sont responsables de cette situation, qui ont continué à prêter aux Etats en sachant très bien que cela ne pouvait pas durer. Maintenant ils spéculent sur la dette publique en faisant payer les citoyens. Pendant qu’une minorité continue à s’enrichir sur les marchés financiers, la grande majorité des européens vont être contraints de se serrer la ceinture. Le problème de ces mesures d’austérité, c’est qu’elles vont plonger les pays dans la récession, ce qui signifie moins de rentrées fiscales pour les Etats, donc un déficit qui s’aggrave et une spirale déflationniste qui va engendrer chômage pauvreté. En attendant les grands patrons seront contents, plus de droit du travail et de droit social, mais à qui vont ils vendre leur production ? aux chinois ? aux africains ?

    • blackbear-
      blackbear- répond à mygalon
      • Posté à 20h44 le 07/12/2011
      • Internaute 117716

      Aux chinois c’est déjà fait. En toscane les chinois ont acheté le textile, on viré les italiens et amené de bons petits chinois, travailleurs, corvéables, pas cher et disciplinés.
      Les africains ils crèvent dans les champs du sud, et vivent dans des taudis.
      La grande bourgeoisie italienne certainement la plus arrogante et la plus détestable d’Europe.
      Rien n’a beaucoup changé depuis le Gattopardo.
      Ce sont eux qui ont mis Berlu en place, la DC, democrazia christiana, c’était eux, avec les curés, regardez les Agnelli, ils se comportent comme des Empereurs romains.

  • Coragyps Atratus
    Coragyps Atratus
    Dans l'attente du moment propice
    • Posté à 19h54 le 07/12/2011
    • Internaute 37338
      Dans l'attente du moment propice

    Ces larmes sont vraiment pathétiques de la part d’une haute responsable politique. Cela démontre vraiment le degré d’incompétence de nos hommes et de nos femmes politiques.
    Si cette ministre n’est pas d’accord avec la politique de Monti, elle peut toujours donner sa démission mais c’te pauv’fille perdrait les multiples avantages que sa charge de ministre lui confère. De plus, démissionner n’est pas réservé aux pleutres et aux lâches de son espèce.
    La gentille ministre de Monti ne versait pas de telles larmes de crocodile quand elle servait la soupe à Berlusconi.
    Cette même gentille ministre qui, durant son activité politique classée à droite, a voté comme ses autres collègues politiques Italiens( et européens d’ailleurs), les lois qui ont permis de déréguler la finance et qui ont permis aux méchants marchés d’être ce qu’ils sont aujourd’hui.

    Cette ministre n’est qu’une pauvre fille et elle ne vaut certainement pas mieux que les banquiers à qui, elle et son parti, ont servi la soupe durant tant d’années.
    Au travers de ses larmes, peut-être se rend-elle compte de son ineptie, de sa bêtise et de son incompétence ? Au vu des conséquences que cela engendre dans le quotidien de millions de gens, elle ne mérite ni compassion, ni pitié.

  • Netheb
    Netheb
    Sous contrôle.
    • Posté à 21h00 le 07/12/2011
    • Internaute 92418
      Sous contrôle.

    En larmes, en larmes... une grimace ou deux et des mains qui essuient les coin des yeux pour feindre l’accablement, et basta.

  • LienRag
    • Posté à 21h20 le 07/12/2011
    • Internaute 34767

    Colin Powell a sacrifié son avenir présidentiable pour valider quelques mois la thèse des armes toxiques en Irak.
    Cet exemple conduira-t’il les bons petits soldats comme cette ministre à se rappeler qu’elle a une conscience et n’est pas obligée de valider ce que veulent les marchés ?

  • Julie_fr
    Julie_fr
    Retraitée
    • Posté à 21h52 le 07/12/2011
    • Internaute 103626
      Retraitée

    Un texte intéressant de Philippe Derudder, visible (entre autres) ici :
    Lienègle_d’or

  • A déménagé le 13-01-2012 6
    • Posté à 01h29 le 08/12/2011
    • Internaute 171250
      non connue

    Ah les bonnes femmes...

    • Geminy
      Geminy répond à A déménagé le 13-01-2012 6
      grillon du foyer
      • Posté à 09h18 le 08/12/2011
      • Internaute 163383
        grillon du foyer

      Tout le monde n’a pas la capacité d’être à la fois tondeurs de petits et lèche-botte de gros.

  • fabricenord
    fabricenord
    Facteur
    • Posté à 22h08 le 07/12/2011
    • Internaute 142904
      Facteur

    le plus énervant c’est monti qui se marre en finissant sa phrase.........sacrifice...

  • The Watcher
    The Watcher
    Watching out
    • Posté à 01h34 le 08/12/2011
    • Internaute 150197
      Watching out

    Merci « Andrea, 30 ans », source à jamais anonyme, pour cette « confidence » et cette « explication ».

    • joachim31
      joachim31
      GRRRRR!!!!!
      • Posté à 08h34 le 08/12/2011
      • 174871
        GRRRRR!!!!!

      Des grimaces, pour dire : « On vous tape dessus mais on est obligés, et c’est à nous que ça fait le plus mal. »

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h54 le 08/12/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    elle avait des kleenex a portée de main ? c pour l’enquète

  • Geminy
    Geminy
    grillon du foyer
    • Posté à 09h16 le 08/12/2011
    • Internaute 163383
      grillon du foyer

    Soit elle est trop sensible et pas faite pour ce « métier » de représentation , soit c’est une remarquable comédienne.

  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
    Explore l'indéterminé
    • Posté à 09h23 le 08/12/2011
    • Internaute 22643
      Explore l'indéterminé

    C’est l’autre face de « la barbarie à visage humain » : la boucle est bouclée. La chute du mur de Berlin ne nous a pas encore réellement fait changer de monde, puisque l’un des protagonistes de la sinistre farce de la guerre froide continue de courir comme un poulet sans tête.

  • Jean-Marc-de-passage
    • Posté à 15h18 le 08/12/2011
    • 177196
      souffle

    Bonjour Flora Zanichelli, heureux de voir que finalement vous avez rédigé quelque chose sur cet évènement inhabituel, et que je trouve très significatif.
    Je n’ai pas trouvé par contre dans votre papier au moins sous forme d’hypothèse une manière d’expliquer ces larmes...
    Je vous la propose.

    Qu’est ce qui peut bien faire pleurer un ministre ?
    Il me semble que les mesures annoncées, qui ne sont que la suite des mesures d’austérité de ces derniers mois, ne peuvent expliquer ces larmes étonnantes. Ceci d’autant plus que ces mesures, même si ’’non sociales’’, n’ont pas d’aspect assez traumatisant pour faire pleurer ainsi.

    Voilà pourquoi pleure la ministre à mon avis.
    Elle pleure car elle sait, mais ne peut le dire, qui est Monti, et quel type de ’’gouvernement » prend les décisions à présent, avec fermeté et sans discussion possible (comme en Grèce...).
    Bref, c’est la dictature. Les politiciens ont perdu tout contrôle, et les citoyens encore plus.
    J’ai bien dis la dictature, cette forme de régime où ce sont les diktats de quelques uns illégitimes qui parlent et imposent par la force aux autres, et où la démocratie est littéralement anéantie.
    Oh bien entendu, cette dictature semble douce, sans violence militaire ou policière. Si le peuple italien bougeait, elle se montrerait alors sous son vrai jour : implacable.
    Certains l’appellent despotisme éclairé, ou bienveillant, c’est si charmant.
    Reste que tout ceci est bien une dictature.

    Voilà pourquoi une ministre en arrive à pleurer.

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 16h37 le 08/12/2011
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    « Voir une ministre pleurer fait peur »

    C’est vrai qu’en France quand un ministre annonce une nouvelle couleuvre à avaler il se fait un masque à la Robocop ........

  • Jean-Marc-de-passage
    • Posté à 20h50 le 08/12/2011
    • 177196
      souffle

    Un avis concernant ce pont de vue sur les larmes ministérielles, juste au dessus de ce post, Flora Zanichelli ?
    La pregho, diciamo...

    • Flora Zanichelli
      Flora Zanichelli répond à Jean-Marc-de-passage
      Journaliste
      • Posté à 09h03 le 09/12/2011
      • 176407
        Journaliste

      Bonjour Jean Marc. J’écris dans un paragraphe au début de l’article que c’était probablement parce qu’elle n’était pas d’accord avec les mesures très strictes adoptées dans l’urgence qu’elle aurait pleuré. Effectivement, ce n’est pas mon interprétation mais celle qui était écrite dans deux quotidiens et j’essaie toujours de laisser la place aux Italiens, à ce qu’ils pensent eux.

      L’explication de ces larmes peut être multiple : le stress, le fait de faire peser la manoeuvre sur les plus faibles, le remord de « fregare » les Italiens ? Le gel de l’indexation des retraites par exemple a beaucoup choqué en Italie où souvent les personnes âgées combinent petits boulots avec retraite...

      Je ne sais pas quel impact aurait une mobilisation des Italiens. En effet, cela changerait peut être rien. Ici les gens n’ont pas (plus) l’habitude de descendre dans la rue, les grèves d’ailleurs ont toujours lieu le samedi (donc ont très peu d’impact sur le fonctionnement du pays). Le fait que les syndicats aient décidé de se réunir est un petit miracle en ce sens.

      Je crois que les Italiens sont très actifs à leur manière : la société civile cette année, s’est largement mobilisée (mouvement des femmes, peuple violet sans compter la multitude de petits groupes qui s’attaquent à améliorer le quotidien (regarder ce que fait Cleanap à Naples). Les Italiens sont très résignés en ce qui concerne l’Etat et leurs gouvernants. Je pense que ça fait un moment hélas, qu’ils ont cessé d’y croire.

      • Jean-Marc-de-passage
        • Posté à 10h50 le 09/12/2011
        • 177196
          souffle

        Bonjour Jean Marc. J’écris dans un paragraphe au début de l’article que c’était probablement parce qu’elle n’était pas d’accord avec les mesures très strictes adoptées dans l’urgence qu’elle aurait pleuré. Effectivement, ce n’est pas mon interprétation mais celle qui était écrite dans deux quotidiens et j’essaie toujours de laisser la place aux Italiens, à ce qu’ils pensent eux.*
        >>>Bonjour Flora. Vous admettrez, ’’entre nous », que l’hypothèse que je propose ne peut trouver place dans des quotidiens italiens, même le moins aligné je cois, Reppublica. Ce genre de choses ne peut se dire. Merci en tout cas pour votre réponse.

        L’explication de ces larmes peut être multiple : le stress, le fait de faire peser la manoeuvre sur les plus faibles, le remord de « fregare » les Italiens ? Le gel de l’indexation des retraites par exemple a beaucoup choqué en Italie où souvent les personnes âgées combinent petits boulots avec retraite...
        >>>Comme je vous l’écrivais dans mon post, je n’arrive pas à me faire à l’idée qu’une femme ministre puisse pleurer cette fois alors que les mesures cruelles d’austérité s’enchaînent depuis des mois. Le remord du fregare, l’empathie pour la combinazione et les personnes âgées attaquées, ne me semblent pas suffisants. Bien entendu, un coup de fatigue ou de stress pourrait suffire à expliquer ces larmes vraiment inhabituelles. Mais un faisceau d’évènements européens me fait plutôt penser que Monti a imposé aux ministres (et à elle aux affaires sociales...) des choix de manière dictatoriale, le couteau sous la gorge, le couteau étant l’écroulement du système financier sans préavis avec les terribles conséquences que cela aurait pour la majorité des gens. Comme pour ce qu’il s’est passé hier au niveau européen avec ce qui concerne la règle d’or, ou il y a quelque semaines en Grèce...

        Je ne sais pas quel impact aurait une mobilisation des Italiens. En effet, cela changerait peut être rien. Ici les gens n’ont pas (plus) l’habitude de descendre dans la rue, les grèves d’ailleurs ont toujours lieu le samedi (donc ont très peu d’impact sur le fonctionnement du pays). Le fait que les syndicats aient décidé de se réunir est un petit miracle en ce sens.
        >>>Il me semble que la jeunesse italienne, comme toutes les jeunesses occidentales, sont « prêtes ». Et en danger, songer à la dernière sortie et la manière violente dont cela s’est fini.
        Que les syndicats aient décidé de se réunir ne reflète à mon avis qu’une danse du ventre, car les leaders syndicaux savent que les citoyens sont las et susceptibles d’agir par eux mêmes ; leur rôle est autant de faire front que de conserver dans des cadres d’expression contrôlés les mécontentements populaires ; je privilégie d’ailleurs la deuxième partie de leur rôle dans mes interprétations des mouvements syndicaux, à présent (grèves le samedi, quelle farce, par exemple...).

        Je crois que les Italiens sont très actifs à leur manière : la société civile cette année, s’est largement mobilisée (mouvement des femmes, peuple violet sans compter la multitude de petits groupes qui s’attaquent à améliorer le quotidien (regarder ce que fait Cleanap à Naples). Les Italiens sont très résignés en ce qui concerne l’Etat et leurs gouvernants. Je pense que ça fait un moment hélas, qu’ils ont cessé d’y croire.
        >>>La société civile active est notre speranza. Emancipée, créative, impliquée.
        Si une bonne part des italiens (entre autre) n’étaient pas résignés concernant l’Etat et ce qu’il est devenu, cela signifierait qu’ils seraient sans conscience, totalement hallucinés par Mediaset. Je ne dirai ps ’’hélas » comme vous, car cette résignation me semble déboucher sur une reprise en main de leur destin hors des circuits habituels désormais inefficients et corrompus, tels les institutions.
        Car il n’y a pas que de la résignation démissionnaire, et ce que vous dites sur la société civile est important.
        Je vais vous raconter une anecdote, vraie.
        Il y a quelques années, lors d’élections nationales, une dame de ma connaissance très comme il faut, calme, plus de 60 ans, commerçante, pas spécialement politisée, a fait quelque chose d’étonnant.
        Arrivée au bureau de vote, elle a dit haut et fort refuser de voter.
        Branle bas de combat dans le bureau. Agitation. Rappel à l’ordre. etc. « Cela ne se fait pas ».
        Mais elle l’avait fait, après avoir été dégoûtée et résignée.
        Cara lei.

        Bonne journée Flora.

         
        • Flora Zanichelli
          Flora Zanichelli répond à Jean-Marc-de-passage
          Journaliste
          • Posté à 11h58 le 09/12/2011
          • 176407
            Journaliste

          Oui, mais c’est ce que dit la Repubblica quand elle explique que la ministre annonce des mesures qu’elle n’avait pas voulu prendre, ça voudrait bien dire qu’on lui aurait forcé la main... Pourtant, Elsa Fornero ne me semble pas être née de la dernière pluie et elle est en outre une experte du système de retraite donc ça ne me semble pas juste de la faire passer pour un pantin. J’aimerais pouvoir assister à leurs réunions pour ma part et avoir le fin mot de l’histoire...

          Pareil pour la jeunesse italienne, ce n’est qu’une frange de la société (importante certes) et il y a aussi beaucoup de jeunes Italiens qui ont lâché l’affaire (les neet). Pouvez-vous m’expliquer pourquoi « en danger »... ?

          J’ai mis hélas parce que je trouve ça triste que la chose publique ait perdu son sens en Italie, qu’il y ait autant de résignation. Certes, cette solidarité entre Italiens est super mais encore embryonnaire et ce n’est pas ça qui fait que les lois sont justes ou cherchent à améliorer le quotidien.

          Je vous laisse un lien vers un article du Fatto quotidiano qui ne mâche pas ses mots en général : Lien. Il y avait une manière infinie d’intérpréter les larmes de la ministre. Effectivement, ce gouvernement de technocrates est étrange et vous en penserez ce que vous voudrez mais que peut on proposer à la place ? Réélire les mêmes qui ont conduit à la presque faillite de l’Italie ? Il faudrait donner un bon coup de balai...

          • Jean-Marc-de-passage
            • Posté à 17h09 le 09/12/2011
            • 177196
              souffle

            Merci pour le lien vers le papier de Il fatto quotidiano. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le propos est prudent et assez convenu : les marchés et leur irritations/peurs sources de possibles spéculations-attaques, les larmes de la compétence et de la sensibilité d’une ministre, ...
            J’ai trouvé l’accent mis sur l’équité assez étrange.
            Sommes nous en effet encore dans le cadre de questions qui regardent l’équité entre riches et pauvres vis à vis d’un effort qu’on nous dit indispensable (je dis ’’on’’ car que ce soit en Italie ou en France, ou ailleurs, le cas de figure est proche dans le fond je le crois bien) ?
            Ou sommes nous plutôt entrés dans une phase où ces efforts demandés aux nations (réduction des dépenses publiques et privatisations, pour faire court) ne sont que la face émergée d’une stratégie au long cour ? Dans ce cas, raisonner comme le fait ce papier dans le cadre d’une indispensable réduction des dépenses et de la question de l’équité est à mon avis se faire leurrer et jouer sur le terrain choisi par appelons « les ennemis des peuples ».
            Vous parlez vous même de « faillite de l’Italie ». Ah bon, vraiment, il y a faillite ?

            Je crois réellement que Elsa Fornero, même si pas née de la dernière pluie et sans doute compétente, est devenue non pas un pantin mais un ministre sans pouvoir. Croyez vous que Papandréou, pas ministre mais président, carrément, était né de la dernière pluie ? Non bien entendu. Et vous avez vu le sort qui lui a été réservé ? Radical. Les Monti grecs s’en sont occupés, sur ordre cela va de soi.

            Vous concluez votre message par des questions. Et un début de réponse.
            Bien entendu un coup de balai s’impose.
            Mais avant tout, il faut savoir où balayer. Ce qui suppose de s’être forgé une représentation d’ensemble du problème (qui n’est pas qu’italien, cela est très important) claire.
            Après seulement, on peut commencer à répondre à des questions du genre ’’que peut on proposer à la place ».

            A la place de quoi ?
            A la place des gens qui ont géré les nations depuis 40 ans ? Avec d’autres venus in fine du même moule mais d’une couleur différente ?
            Ou à la place d’une forme de système politico économique que nous voyons prendre un essor fulgurant depuis 40 ans et qui à présent a tout envahi ?
            Ou à la place du système démocratique qui est né il y a 200 ans et qui semble devenu bien bien faible, structurellement ?

            Dans le fond Flora, cela revient à se demander : que voulez vous résolument écarter, et que voulez vous promouvoir comme fondamentaux structurants pour la société italienne et les sociétés européennes en général.

            Le savez vous ? : -)

            Ps. Je suis tombé là dessus aujourd’hui. Fascinant !
            Lien

            • Jean-Marc-de-passage
              • Posté à 10h00 le 10/12/2011
              • 177196
                souffle

              Rajout.
              Je me suis permis à l’instant de faire un rapide tour sur votre blog. Je suis plutôt curieux, et je me demandai Qui est donc un peu cette Flora.
              Ok. J’ai vu entre autre que vous aimiez bien Grillo, que vous aviez été pigiste à radio vatiCan - : -))) si on a l’occasion d’échanger encore, il faudra que je fasse gaffe à mon langage, ostia ! -, et quelques autres choses.

              Au plaisir de papoter de l’italie, de « politique’’, ou de gelatti.

              • Flora Zanichelli
                Flora Zanichelli répond à Jean-Marc-de-passage
                Journaliste
                • Posté à 14h21 le 12/12/2011
                • 176407
                  Journaliste

                Ciao Jean Marc, Merci pour les liens et les commentaires ! Radio Vatican c’était presque il y a une autre vie et grillo est très critiquable ! :) mais au plaisir d’échanger ! (ah oui, et ne surveillez surtout pas votre langage) !

        4 autres commentaires
  • Jean-Marc-de-passage
    • Posté à 18h35 le 11/12/2011
    • 177196
      souffle

    Bo, parliamo piu avanti un’altra volta forse.
    Ciao a lei.

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