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A la rencontre de nos voisins transalpins à travers leurs coups de gueule et coups de blues, leurs objets fétiches, leurs péchés gourmands... Parce que au fait aujourd'hui, ça veut dire quoi être italien ?

Italie : « Les problèmes des femmes n'ont pas pris fin quand Berlusconi est parti »

Flora Zanichelli
Journaliste
Publié le 13/12/2011 à 11h06

Les manifestants sur la piazza del Popolo à Rome, le 11 décembre 2011 (Flora Zanichelli)

Mais où sont passées les Italiennes ? C’était la question qui venait à l’esprit dimanche lors de la manifestation des femmes organisée dans toute la péninsule sous la houlette du tout jeune comité féministe Snoq (pour « Se non ora, quando ? “, si c’est pas maintenant, quand ?). Piazza del popolo à Rome, une petite foule faisait grise mine face à l’énorme scène et l’écran géant.

Et pour cause, seules 20 000 personnes avaient fait le déplacement dans la capitale italienne et 100 000 dans toute la péninsule, selon les dires du comité. Rien à voir donc avec les centaines de milliers de femmes qui s’étaient déplacées le 13 février dernier. Cette dernière date, historique, avait vu descendre pour la première fois les Italiennes dans la rue, révoltées par le comportement de Silvio Berlusconi, en pleine tourmente ‘bunga bunga .

Chapeautée par le comité Snoq, la manifestation du 13 février dernier a fait naître, à travers Snoq, un nouveau féminisme italien, opérationnel sur le Web, prêt à risposter à travers ses 138 factions disséminées sur tout le territoire.

Femmes, mères et actives

Aujourd’hui, les Italiennes ont encore de quoi être très en colère avec trois millions et demi de chômeuses et des salaires 30% plus bas que ceux des hommes. Sans compter le grave et latent problème de la conciliation entre emploi et maternité, premier facteur d’arrêt de travail.

Dimanche, le comité Snoq a fait front à une nouvelle réalité. Le gouvernement Berlusconi n’est plus, les starlettes de la télévision ont disparu du devant de la scène, Mario Monti a pris le relais dans un climat d’urgence et incertain.

Le moment est-il le bon, alors que la crise étrangle le pays ? Dans un communiqué, Snoq écrit :

Nous pensons que c’est justement à des moments comme celui-ci que l’on doit construire ensemble un pays différent dans lequel les femmes [...] pourront se sentir finalement citoyennes. ’

‘Etre une femme aujourd’hui est devenu difficile’

Piazza del Popolo, Carla, une romaine de 78 ans, éclate :

‘ Le 13 février dernier, les femmes s’étaient plus mobilisées parce qu’elles étaient à bout avec les attaques continuelles de la part de Berlusconi. Ça ne veut pas dire que leurs problèmes ont pris fin quand il est parti. ’

A ses côtés, son amie Maria, 83 ans, approuve :

‘ Pourquoi faut-il toujours considérer les femmes comme un handicap ? La réduction des charges sociales pour les entreprises qui embaucheront des femmes est une mesurette. Et d’ailleurs, faut-il encore que nous coûtions moins cher pour qu’on nous donne du travail ?’

Franca est bien silencieuse. Au milieu de la foule, cette grand-mère de 71 ans écoute patiemment les discours des organisatrices. :

‘ Etre une femme aujourd’hui est devenu difficile. Ma fille vient d’avoir son premier enfant autour de la quarantaine. Elle a pris une dispo de six mois où elle touchera à peine plus la moitié de son salaire. Je pense qu’elle aurait dû se mettre en arrêt maladie, ce que font encore beaucoup de femmes ici pour pouvoir bénéficier de conditions plus favorables sur le plan matériel. ’

En Italie, la maternité est un défi. Selon une étude de l’Istat, l’institut de statistiques italien, publiée le 14 septembre dernier, les femmes deviennent mères toujours plus tard : en 2009-2010, 6% des naissances le sont de femmes ayant au moins 40 ans.

Franca continue :

‘ Heureusement, je vais pouvoir garder mon petit-fils quand ma fille retournera travailler. Elle n’a pas trouvé de place en crèche, même les privées sont complètes. Et puis de toute façon, elle n’aurait pas les moyens. ’

Finie l’image de la célèbre famille italienne, symbole de la péninsule  : aujourd’hui, l’Italie a l’un des taux de natalité les plus bas d’Europe, à 1,4%.

Une revendication intergénérationnelle

La manifestation de dimanche a eu le mérite de démontrer que le problème concerne toutes les générations. Antonella, 22 ans, était en session de rattrapage. Absente le 13 février dernier, elle a tenu à venir ce dimanche :

‘ Ce qui me scandalise le plus, c’est vraiment l’image de la femme que donne la télévision italienne. C’est indécent et c’est quelque chose qui nous colle à la peau. Berlusconi n’est plus là mais les programmes, eux, persistent. Il faut continuer à se mobiliser. ’

Etudiante en sciences politiques, elle est persuadée qu’il faut avant tout changer la représentation des femmes dans les institutions. Cristina Comencini, réalisatrice et membre fondateur de Snoq, se projette :

‘ Le gouvernement a changé mais pas le pays. Nous voulons travailler, avoir des enfants et être au centre du plan de développement. ’

La requête de ces femmes sera-t-elle entendue ? Mieux, appliquée ? Voici une question récurrente depuis le 13 février dernier. Juste avant de présenter la manoeuvre dimanche 4 décembre dernier, la ministre du travail Elsa Fornero, avait reçu une délégation du Forum des jeunes... uniquement composée d’hommes. La ministre avait résumé après avoir refusé de les congédier : ‘ Si même les jeunes n’ont pas conscience que la contribution des femmes doit être valorisée, alors on ne va nulle part. ’

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 12h51 le 13/12/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    rien n’est jamais gagné...

    meme chez nous les latins,

    la « mama » n’est là que pour servir, reproduire, et aimer ses enfants...

    il faudra plusieurs générations de lutte... pour changer tout çà !

    Ce sont « les mama » qui doivent changer les idées préconçues de leur progéniture pas les curés, les rabbins ni les imans !

  • mick69
    • Posté à 14h26 le 13/12/2011
    • Internaute 2907

    Les italiennes et les femmes en général doivent gérer la contradiction suivante :

    - le féminisme semble au départ plutôt à gauche
    - les femmes nues à la TV, le porno, la prostitution, le sex bizness, etc sont complètement approuvés par le gauchisme

    Les ouvriers ont un problème similaire : historiquement de gauche, ils sont une classe sociale lâchée par les gauchistes

  • Jean-Marc-de-passage
    • Posté à 16h08 le 13/12/2011
    • 177196
      souffle

    Pour info, vu d’un homme, les femmes italiennes sont aussi belles que à problèmes.
     : -)))

    E patati, e patata, e guarda questo, e guarda questa, vogliamo questo, vogliamo questa...
    Uffa, che barba ; -)

  • anini
    anini
    terrienne de souche !
    • Posté à 15h33 le 13/12/2011
    • Internaute 51759
      terrienne de souche !

    Votre article est intéressant mais les références nous envoient à des textes en italien !
    Je le déchiffre mais ce n’est sans doute pas le cas pour tout le monde !

    Je sais que comme la plupart des pays du sud de l’Europe ,la situation des femmes n’est pas encore brillantissime et que chez vous , la natalité devient catastrophique par faute de considération de l’état et de la société encore patriarcale !
    Au vu de la dernière partie de votre article , la situation ne semble pas prête d’évoluer très vite !

    • Jean-Marc-de-passage
      Jean-Marc-de-passage répond à anini
      souffle
      • Posté à 16h14 le 13/12/2011
      • 177196
        souffle

      Tiens, ça c’est une remarque intéressante que vous faites.

      Une ref vers source hors français doit elle être traduite ? (gros boulot...)

      Un lien en sus vers la page initiale googletranslated est il journalistiquement « acceptable » ?

      Le renvoie de tous les liens vers le bas de l’article avec des ref genre (1) (2) etc dans le corps de l’article allègerait il votre sensation du « problème » ?

      Auriez vous fait cette remarque si les sources avaient été en anglais ?

    • Flora Zanichelli
      Flora Zanichelli répond à anini
      Journaliste
      • Posté à 18h17 le 13/12/2011
      • 176407
        Journaliste

      Je sais... et je suis bien embêtée. Mais les articles en italien sont ceux sur lesquels je m’appuie pour travailler et pour parler de l’Italie.
      Je cherche à préserver le regard des Italiens sur leur pays et pas les interprétations étrangères.
      Mais j’essaierai de trouver des articles traduits pour les prochaines fois.

      • anini
        anini répond à Flora Zanichelli
        terrienne de souche !
        • Posté à 21h56 le 13/12/2011
        • Internaute 51759
          terrienne de souche !

        Je crois savoir que le grand problème des italiens concerne l’accès de facilités permettant aux femmes d’avoir des enfants et de continuer à travailler !
        On retrouve le même problème de dénatalité en Allemagne et au Japon où le renouvellement des générations ne se fera pas !
        Le deuxième problème c’est aussi la représentation féminine dans les instances et dans les lieux de décision

        Je vous joins à ce sujet un extrait du pourcentage des femmes dans les parlements de quelques pays :

        Très peu de pays atteignent la tranche des 40-50 % de femmes élues dans les parlements mondiaux*. Seuls sept pays dépassent les 40 % selon l’Union interparlementaire (données de juillet 2009). Un seul pays, le Rwanda, se démarque en comptant plus de 50 % de femmes élues (56,3 %).

        L’Europe

        L’Europe ne se distingue pas particulièrement. Les pays nordiques disposent de la plus grande représentation féminine avec notamment en haut du classement, la Suède, la Finlande, les Pays-Bas et le Danemark. Dans la tranche la plus basse (les 10-20 %), on trouve notamment le Royaume-Uni, la France, et certains pays d’Europe de l’Est. En France, les femmes représentent 18,2 % des députés. Dans le classement mondial, la France figure à la 62ème place sur 134, juste après le Vénézuela et le Nicaragua.
        L’Italie se place avant la France avec je crois 21% de représentation .

    • mick69
      mick69 répond à anini
      • Posté à 14h19 le 14/12/2011
      • Internaute 2907

      « la natalité devient catastrophique par faute de considération de l’état et de la société encore patriarcale ! “

      Au contraire, il y a beaucoup d’enfants dans les sociétés patriarcales. Le petit nombre d’enfants est plus lié à l’évolution des mentalités, l’instruction, la modernité libérale, le féminisme, etc

  • Toc
    Toc
    militant
    • Posté à 15h52 le 13/12/2011
    • Internaute 148294
      militant

    Bien sûr que tous les problèmes de l’Italie ne sont pas terminé avec le départ de Berlusconi. C’est valable dans tous les domaines et pour tous les pays du monde : il ne suffit pas de changer de représentant pour que tous les problèmes soient d’un coup résolus. Mais pour ce qui est des femmes, l’un des problèmes central, à savoir être représentées par un président du conseil machiste et phallocrate, a bien été résolu avec le départ de Berlusconi.... sauf s’il revient, bien sûr (et c’est malheureusement loin d’être impossible)

  • Jean-Marc-de-passage
    • Posté à 18h32 le 13/12/2011
    • 177196
      souffle

    Allez, un petit :
    « Ce qui me scandalise le plus, c’est vraiment l’image de la femme que donne la télévision italienne. C’est indécent et c’est quelque chose qui nous colle à la peau. Berlusconi n’est plus là mais les programmes, eux, persistent. Il faut continuer à se mobiliser. »

    C’est tout à fait vrai. Moi même qui suis un homme, donc une créature brutale et grossière, je suis choqué par cette image de la femme donnée sur les chaines de télé italiennes.
    C’est vulgaire, dégradant, pornographique quasiment.
    Comme Berlusconi.

    Cela a des effets profonds. J’ai été choqué quand après quelques années sans passer par Milan j’ai noté en y retournant (il y a 4 ans) que les alentours de la Piazza Duomo où on trouvait tant de choses belles dans les vitrines, et où les filles étaient sexy et fines « à l“italienne”, et bien ces alentours étaient devenus vulgaires, remplis de boutiques de chaines internationales, aux vitrines dégoulinantes de mauvais gout. Et le nombre de filles caricatures de ces nanas vulgaires qu’on voit à la télé et qu’affectionne Berlu (genre putes à paillettes) s’étaient multipliées comme des petits pains (ref évangélique pour me faire pardonner certains mots, Flaura ; -) ) .
    Même la via Dante commençait à être grignotée par cette vulgarité.

    Bref, en tant qu’homme, mais aussi en tant qu’être humain, j’ai hâte que l’Italie renaisse de ses cendres.
    Comme Mutti parlant sous les rappels alors que Berlu est dans la salle, et tant d’italiens, cf vidéo, émouvant.
    ––––––––––––––––––––-
    Muti said : yes, viva
    Italia... But, as we are in house, quite at home, let us speak together.
    “Va pensiero”, in old days, was a political symbol. I’m not a politician
    but I can say that if our culture goes on being slain, our Italia will
    be “si bella e perduta”. So, as the choir has beautifully sung it, we
    should join them to sing another time “Va, pensiero !”

    • anini
      anini répond à Jean-Marc-de-passage
      terrienne de souche !
      • Posté à 20h46 le 13/12/2011
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      J’ai vu et écouté cette vidéo envoyée par un copain , les larmes m’en sont montées aux yeux !

      • Jean-Marc-de-passage
        Jean-Marc-de-passage répond à anini
        souffle
        • Posté à 09h50 le 14/12/2011
        • 177196
          souffle

        Oui...
        JohnnyBob dit ci dessous que B n’était pas dans la salle, ce que j’avais cru comprendre. Merci pour la précision.
        Ce que j’ai compris, c’est que Mutti a accepté un rappel de la salle pourl le coeur des esclaves, ce qu’il n’avait fait qu’une fois dans sa carrière.
        On ne voit pas dans cette video cette chose très émouvante, le balcon qui se lève, chante, et jette ses billets, qui volètent vers le bas.

        Très beau tout ça.

    • JohnnyBob
      JohnnyBob répond à Jean-Marc-de-passage
      Navré en général
      • Posté à 09h17 le 14/12/2011
      • Internaute 135066
        Navré en général

      Berlusconi n’était pas dans la salle.
      Mais ça n’enlève rien à la beauté du moment.

  • Tmal
    Tmal
    Parti rider...
    • Posté à 21h33 le 13/12/2011
    • Internaute 112672
      Parti rider...

    Ah ouais, sans déconner ?

    Et moi qui croyait que tous les problèmes disparaissaient dès qu’on changeait de gouvernement...

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