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Les scientifiques de L’Aquila compétents mais un peu trop soumis au pouvoir

Flora Zanichelli
Journaliste
Publié le 26/10/2012 à 11h27

Le procès des scientifiques à L’Aquila, le 22 octobre 2012 (FILIPPO MONTEFORTE/AFP)

(De Rome) Les juges italiens du tribunal de L’Aquila ont-ils vraiment perdu la raison ? Ce lundi, ils ont condamné à six ans de réclusion cinq scientifiques de la commission italienne « grands risques », chargée d’évaluer les dangers liés aux tremblement de terre, pour « homicide par imprudence », suite au séisme de l’Aquila (2009).

Deux membres de la Protection civile italienne ont aussi été condamnés.

De nombreux scientifiques dans le monde ont été atterrés, déconcertés, choqués – un tremblement de terre ne pouvant pas se prévoir.

Mais les cinq scientifiques ont-ils vraiment été condamnés parce qu’ils n’avaient pas prévu le tremblement de terre ? Eh bien non !

Rassurer les habitants alarmés

A la lecture de la sentence, on s’aperçoit que la motivation des juges n’est pas de condamner des scientifiques «  pour ne pas avoir prévu le tremblement de terre  ».

Non, ce qui a perdu les scientifiques, c’est d’avoir répondu à l’exigence toute politique de rassurer les habitants du chef-lieu des Abbruzzes, alarmés par une longue séquence de secousses et des premiers dommages causés à des édifices, notamment une école.

Dans le procès-verbal, rapporte le Fatto quotidiano, il est écrit  :

«  Le but n’est pas de condamner les accusés pour ne pas avoir prévu la secousse destructive du 6 avril 2009 ou pour ne pas avoir lancé des alarmes de fortes secousses imminentes ou pour ne pas avoir ordonné l’évacuation de la ville. […] La science ne dispose pas actuellement de connaissance ou instruments pour prévoir les tremblements de terre.  »

Et :

« Sont imputés tous les membres de la Commission nationale pour la prévision et la prévention des grands risques réunis à L’Aquila en date du 31 mars 2009 avec l’objectif de fournir aux citoyens des Abbruzzes toutes les informations disponibles à la communauté scientifique sur l’activité sismique des deux dernières semaines ; pour négligence, imprudence et inexpérience. »

Peu avant le séisme, des signaux inquiétants

Ces scientifiques ont été condamnés car ils auraient omis de citer les dangers et risques liés à l’activité sismique du territoire, une activité sismique qui s’était considérablement accentuée ces derniers jours, au point d’alerter plusieurs géologues présents sur le terrain.

Antonio Moretti, sismologue de profession, enseigne à l’université de l’Aquila :

«  [Peu avant le séisme] la communauté sismologue étions inquiets car il y avait des secousses toujours plus profondes et toujours au même endroit. 

Avec quelques collègues, nous avons averti l’adjointe à la Protection civile de la région Daniela Stati pour lui dire que nous étions disponibles afin de discuter de la situation mais elle n’a pas donné de suivi.

Quand la réunion de la commission grands risques s’est tenue et que nous avons entendu les paroles de nos confrères, rassurantes, nous nous sommes dits : mais on est en train de devenir fous ? Il y a un grand risque de catastrophe et on pense à rassurer les gens ? »

Des écoutes compromettantes

Le procès qui a conduit à la condamnation de ces scientifiques n’est pas un procès de compétences. Tous sont éminemment reconnus dans leur domaines. Ce procès condamne les relations entre scientifiques et politiques.

Leurs déclarations ont répondu à une opération com’ orchestrée par le chef de la Protection civile. Selon des écoutes téléphoniques diffusées par Repubblica TV, une semaine avant la catastrophe, le chef de la protection civile italienne, Guido Bertolaso, avait appelé l’adjointe à la protection civile de la région, Daniela Stati, pour instituer la réunion de la commission grands risques.

Voici ce qu’il lui avait dit  :

«  De Bernardis [vice-président de la Protection civile], va t’appeler pour organiser une réunion à L’Aquila au sujet du “ buzz ” sismique.

Comme ça on fera taire les imbéciles, calmer les suppositions, préoccupations... Dis à tes employés que lorsqu’ils doivent préparer leurs communiqués, ils doivent voir avec mon bureau de presse.

Moi, je ne viens pas mais les stars du tremblement de terre en Italie seront là.

C’est une opération médiatique tu as compris  ? Comme ça, ces supers experts des séismes diront  : c’est une situation normale, ce sont des phénomènes qui se vérifient, mieux vaut 100 secousses de niveau 4 sur Richter plus que rien du tout car ces 100 secousses servent à libérer l’énergie et que donc il n’y aura jamais la secousse, celle qui fait mal.  »

Selon Antonio Moretti :

« Les scientifiques ont dit beaucoup de choses qui n’avaient pas de sens. Comme cette histoire de secousses qui servent à libérer l’énergie. C’est faux. »

Une semaine plus tard exactement, le séisme de l’Aquila d’une magnitude de 6,3 sur Richter faisait 350 morts et 1 500 blessés.

Le procès manqué des politiques

Le procès de lundi a surtout laissé un goût d’inachevé. Antonio Moretti est amer.

« Cette condamnation est une honte car aux yeux de l’opinion publique, elle fait des scientifiques les coupables de cette tragédie. Des boucs-émissaires.

Bien sûr, ils ont commis une erreur en participant à cette commission et en tenant des discours approximatifs. Mais c’est là leur seule faute. La peine est très lourde.

En revanche, ce n’était pas à eux d’agir, de prendre une décision. Cela relève de la compétence des politiques. Bref, les responsabilités doivent être partagées. »

Joël Dyon, attaché de presse de l’Institut de physique du globe (principal établissement public français où travaillent des sismologues), précise :

« Le problème de cette commission grands risques, c’est qu’elle était composée de sismologues et membres de la protection civile, qui seraient en quelque sorte juges et partie. »

Antonio Moretti ajoute :

« Parmi les personnes invitées à participer à la commission “grands risques”, il y avait des vulcanologues, physiciens et même un médecin, bref autant de personnes qui n’étaient pas en mesure d’évaluer les dangers liés à un séisme. Tout du moins pas aussi bien qu’un sismologue ou géologue. »

Une nécessité de croiser les compétences soulignée par la Société géologique italienne :

«  Les sismologues ne peuvent pas à eux seuls défendre le pays  : ils ne réussiront pas à interpréter les données, car il lui manque la connaissance de l’histoire géologique du territoire. »

Dur d’ignorer les risques

Les politiques pouvaient difficilement ignorer les risques. Sans compter que la situation sismique de la Péninsule avait déjà fait l’objet d’un rapport ultra détaillé publié en 2000.

Le rapport Barberi, du nom de l’ancien chef de la Protection civile, était la plus grande étude jamais réalisée concernant la vulnérabilité sismique du pays.

Réalisé à la fin des années 90, il regroupait le travail de techniciens chargés de vérifier l’état de milliers de constructions publiques. Tous les maires en avaient obtenu une copie. Nombre de monuments de l’Aquila qui se sont écroulés étaient listés dans ce rapport.

Dans ledit document, Barberi concluait  :

« Ces données doivent constituer une ligne directrice constante pour trouver des solutions aux problèmes complexes liés à la sécurité du territoire concerné par le risque sismique. Tous les organismes intéressés doivent en prendre la responsabilité. »

L’Aquila meurt une seconde fois

Aujourd’hui, la ville de l’Aquila est toujours en chantier. Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de la non-reconstruction du centre historique de la ville, privant les habitants d’un lieu de rencontre et de possible vie commune.

Ici, 37 000 personnes vivent toujours grâce aux aides d’Etat, faute de mieux. Les travaux s’éternisent et l’espoir de voir un jour la ville refaite à neuf s’est envolé en fumée.

Aucune date n’a été fixée concernant la fin des travaux, contrairement à ce qu’avait promis Silvio Berlusconi, qui a depuis démissionné. Et la politique de rigueur du gouvernement Mario Monti n’a pas pour priorité l’aide aux victimes de tremblement de terre.

Non reprise en main de la situation, la population laissée à son triste : aujourd’hui, L’Aquila est juste en train de mourir une seconde fois.

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  • kodiak
    kodiak
    myope
    • Posté à 12h15 le 26/10/2012
    • Internaute 148655
      myope

    On aurait dû limiter - si les accusations tenaient debout à leur encontre - les sanctions envers ces personnes au domaine professionnel. Les moyens ne manquent pas je crois (même en Italie). Il est scandaleux qu’une catastrophe d’origine naturelle se traduise par un procès de ce genre. La communauté scientifique mondiale, à bon droit, peut s’émouvoir de telles dérives pénales. Chacun - à l’esprit un peu plus développé que celui d’un protozoaire - voit et comprend sans peine que dans un cas similaire au Japon les normes de constructions anti-sismiques auraient garanti un bilan humain sinon nul du moins infiniment moindre. Si une responsabilité, une « faute », devait être pointée du doigt c’est dans ce domaine.

    • Stié
      Stié répond à kodiak
      Rien
      • Posté à 23h07 le 26/10/2012
      • Internaute 194042
        Rien

      Je ne sais pas si cela mérite un procès judiciaire, mais si cet article dit vrai, alors le manque d’éthique de ces scientifiques est proprement gerbant, et la communauté mondiale scientifique serait en bon droit de s’en émouvoir également.

      Que les politiques soient des menteurs, des assassins et des manipulateurs, cela n’est pas nouveau, mais c’est le rôle des scientifiques non seulement de ne pas cautionner ces discours politiques, mais aussi de faire preuve de courage en s’y opposant. Là, ils auraient fait exactement l’inverse, en tenant des discours scientifiquement faux à des fins politiques (rassurer la population, au lieu de l’informer).

  • Chérimimie
    Chérimimie
    bacchante
    • Posté à 12h18 le 26/10/2012
    • Internaute 148166
      bacchante

    Un article vraiment intéressant, un point de vue qu’on a peu entendu.

  • Borice
    Borice
    Socialo-bonapartiste
    • Posté à 13h34 le 26/10/2012
    • Internaute 129480
      Socialo-bonapartiste

    Ah d’accord, c’est la faute des politiques si les scientifiques ont apporté leur caution à des décisions politiques sans broncher, sans même préciser qu’ils n’ont pas la compétence pour le faire... ah d’accord...

    sont cons donc ces scientifiques...

    Donc c’est pareil pour les scientifiques qui apportent leur cautions au nucléaire / pesticides / OGM / téléphone mobiles etc. Ils sont pas responsables des décisions politiques qui s’appuyent sur eux... (en même temps je suis con, c’est toujours ce que font les médias avec le nucléaire, ils demandent à des physiciens si c’est pas dangereux pour la santé...lol)

    « tiens salut Francis, toujours proctologue ? , tu peux m’aider à vendre des clopes STP en disant que ça fait pas mal au cul ? Ok, tiens chérie, vl’a 10 balles et 1 mars pour ta peine... sinon, t’inquiète si on nous parle des poumons, tu diras que c’était pas ta spécialité... »

  • John Merrick
    John Merrick
    pachyderme que ça
    • Posté à 12h54 le 26/10/2012
    • 179410
      pachyderme que ça

    « De Bernardis [vice-président de la Protection civile], va t’appeler pour organiser une réunion à L’Aquila au sujet du “ buzz ” sismique.

    Comme ça on fera taire les imbéciles, calmer les suppositions, préoccupations... “

    La politique moderne pour les nuls.

  • erichon
    erichon
    sur ma chaise
    • Posté à 14h04 le 26/10/2012
    • 184642
      sur ma chaise

    Et comme d’habitude nos média nationaux ne font qu’effleurer l’information.
    Ce point de vue est pourtant très intéressant .

  • C_est_la_faute_à_voltaire
    • Posté à 14h40 le 26/10/2012
    • Internaute 133733

    C’est vraiment scandaleux ! C’est incroyable que la dérive judiciaire en arrive à de pareilles décisions ! C’est à vomir !

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 15h20 le 26/10/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Grazie molto per questa alternativa informazioni.

  • Dede11
    Dede11
    Desinformaticien
    • Posté à 15h55 le 26/10/2012
    • Internaute 98311
      Desinformaticien

    On condamne les scientifiques parque qu’ils ont trop écouté les politiques, et les politiques ils sont condamnés à quoi ?

  • jean-maiboroda
    • Posté à 16h00 le 26/10/2012
    • Internaute 149364

    1. Que les scientifiques ne puissent prévenir un tremblement de terre, soit. Mais le prévoir tant soit peu, n’est-il point en leur « rolet » ?
    Leur soumission totale à l’autorité politique locale, dont ils semblent avoir cautionné le comportement douteux , est par ailleurs suspecte.
    2. Vu à travers l’éclairage apporté par cet article, le jugement rendu, qui paraissait extravagant et ubuesque, prend une autre dimension.

    • tinm13
      tinm13 répond à jean-maiboroda
      doctorant
      • Posté à 18h59 le 27/10/2012
      • Internaute 128014
        doctorant

      Sur le point 1 : non. Les risques estimés par les sismologues le sont à l’échelle de décénies ou de siècles.

  • A déménagé le 24-12-2012
    • Posté à 16h20 le 26/10/2012
    • Internaute 154051
      non connue

    Je retiens plusieurs choses :

    1- les experts chargés d’évaluer les risques sismiques devraient être plus attentifs aux scientifiques sismologues qui émettent des positions différentes des leurs et qui ne siègent pas dans les commissions officielles.

    J’en veux pour preuve :
    « [Peu avant le séisme] la communauté sismologue étions inquiets car il y avait des secousses toujours plus profondes et toujours au même endroit.

    2- les experts travaillent de concert avec les politiques mais ce sont eux qui sont en première ligne dans la chaîne des responsabilités vu leurs compétences professionnelles.
    Ainsi, s’ils acceptent de se conformer au vouloir des politiciens qui ne veulent pas prendre leurs responsabilités (les écoutes téléphoniques sont des plus explicites), les scientifiques qui sont “la caution” scientifique des politiciens doivent en accepter les conséquences.

    3- Un scientifique qui aurait émis ne serait-ce que des doutes dans le choix des décisions politiques en dépits des faits sismiques objectifs n’auraient pas été condamnés.
    Il y a eu 350 morts et 30 000 personnes à la rue, ce n’est pas une paille tout de même !

    Je ne comprend pas la communauté scientifique et son indignation. Ou alors cela signifie que tous les scientifiques qui appartiennent à des commissions fonctionnent de la même façon et c’est encore plus grave.

    Les scientifiques qui ont cautionné l’amiante en dépit des connaissances qui existaient (notamment l’académie de médecine), ceux qui cautionnent les médicaments dangereux, ou les OGM, etc ont du souci à se faire.

    Je trouve que ses condamnations sont “d’utilité publique” pour rappeler aux scientifiques de tous horizons, que de se coucher devant des lobby ou le pouvoir politique ne les absous pas de leurs responsabilités.

  • ESTEVE
    • Posté à 16h38 le 26/10/2012
    • Internaute 23620

    Il n’empêche qu’on ne peut pas ne pas songer au fameux passage de « Candide » sur le tremblement de terre de Lisbonne : « Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, les sages du pays n’avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au peuple un bel autodafé ; il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler. »
    Mais cet article m’amène à me poser de nouvelles questions, tout aussi inquiétantes. Comment se fait-il que le journal la Repubblica dispose d’écoutes téléphoniques des hauts responsables de la Sécurité Civile ? Est-ce habituel en Italie comme en Grande-Bretagne, lors du scandale du groupe de presse de Ruppert MURDOCH dont les liens avec le gouvernement tory étaient notoires ? Ou bien les écoutes viennent-elles de la police ? Ou encore, s’agit-il de faux ? Car enfin, en démocratie, il est interdit d’écouter les conversations téléphoniques sans autorisation d’un juge, dans le cadre d’une enquête pénale... Et huit jours avant le tremblement de terre, rien de tel ne pouvait se faire ! Avouez que cette histoire, de quelque côté qu’on l’aborde, sent terriblement la manipulation...

    • A déménagé le 24-12-2012
      A déménagé le 24-12-2012 répond à ESTEVE
      non connue
      • Posté à 16h35 le 27/10/2012
      • Internaute 154051
        non connue

      « Car enfin, en démocratie, il est interdit d’écouter les conversations téléphoniques sans autorisation d’un juge, dans le cadre d’une enquête pénale. »
      Pour vous en démocratie il est tolérable de constater ce que les écoutes téléphoniques révèlent ! ! !

      • ESTEVE
        • Posté à 18h11 le 27/10/2012
        • Internaute 23620

        Pardonnez-moi, mais je ne vois pas bien la logique de votre raisonnement : les écoutes téléphoniques sont-elles autorisées par la loi, en dehors d’une enquête judiciaire ? La réponse est NON. Dans ces conditions, d’où sort cet enregistrement dont dispose mystérieusement l’un des plus grands journaux d’Italie, « la Repubblica » ? Je me posais cette question élémentaire à laquelle personne ne semblait avoir songé, c’est tout !

         
        • A déménagé le 24-12-2012
          A déménagé le 24-12-2012 répond à ESTEVE
          non connue
          • Posté à 15h12 le 28/10/2012
          • Internaute 154051
            non connue

          Peut être qu’en Italie les enregistrements sont légaux et que si à postériori une enquête est ouverte, les enregistrements sont à la disposition de la justice. Cela devrait d’ailleurs être la règle dans toute démocratie. Cela pourrait faire l’objet d’un projet de loi chez nous. Cela constituerait un progrès démocratique majeur.

          • ESTEVE
            • Posté à 16h34 le 28/10/2012
            • Internaute 23620

            En Italie, ce sont les procureurs qui décident des écoutes. Et ils en abusent parfois. Et vous considéreriez leur généralisation à tout le monde et à n’importe qui comme un « progrès démocratique majeur » ? .. Vous galéjez ?

            • A déménagé le 24-12-2012
              A déménagé le 24-12-2012 répond à ESTEVE
              non connue
              • Posté à 11h42 le 29/10/2012
              • Internaute 154051
                non connue

              En effet, je pense que dans les mairies, les organismes où les responsables ont été élus, qui sont chargés par la population de rendre un service au public, les décisions devraient faire l’objet d’un enregistrement consultable uniquement à la discrétion de la justice si une enquête est menée dans le cadre d’une instruction judiciaire. Si on ne veut pas assumer les responsabilités qui incombent à la fonction d’une profession ou d’une mission et bien on fait autre chose.
              la démocratie c’est gouverner par le peuple et pour le peuple.
              L’oligarchie c’est le pouvoir de quelques uns qui discutent entre eux qui délibèrent entre eux qui en quelque sorte font démocratie entre eux mais qui une fois que la décision est prise et bien l’applique à l’ensemble de la société, même si cela nuit à l’intérêt général. L’Aquila en est le plus parfait exemple.
              J’en conviens, le régime démocratique est plus contraignant que le régime oligarchique. Mais je suis fondamentalement un démocrate, on ne se refait pas...

        3 autres commentaires
  • Seingalt
    Seingalt
    amateur professionnel
    • Posté à 18h09 le 26/10/2012
    • Internaute 166244
      amateur professionnel

    « Sont imputés tous les membres de la Commission [] pour négligence, imprudence et inexpérience. »

    Inexpérience ? Mais qui est plus expérimenté qu’eux sur ce domaine ? S’il existe de meilleurs experts, il fallait les mettre dans la commission. Ce ne sont quand même pas ses membres qui se sont nommés eux-mêmes.

    Imprudence ? Il me semble que l’imprudence c’est surtout d’habiter dans une région sismique sans s’assurer que sa maison est anti-sismique et sans se prévoir un abri solide sous lequel se réfugier.

    Négligence ? Mais puisqu’il n’y a aucun moyen de prévoir un séisme, aucun signe ne peut être considéré comme anonciateur. On se demande alors ce qu’ils ont négligé. Doivent-ils rappeler à chaque fois que le risque zéro n’existe pas, comme sur les notices du moindre appareil qu’on achète ? Dans ce cas, il faut une commission d’avocats, pas de scientifiques.

    C’est un jugement lamentable qui va très rapidement paralyser la protection civile en Italie.

    • A déménagé le 24-12-2012
      A déménagé le 24-12-2012 répond à Seingalt
      non connue
      • Posté à 17h02 le 27/10/2012
      • Internaute 154051
        non connue

      vous posez les vrais problèmes de nos démocraties
      - les experts n’en sont pas. Vous savez bien comment on arrive dans ses commissions par copinage, réseaux d’influence et parfois corruption.
      - l’imprudence et de nier les faits scientifiques pour aller dans le sens des politiciens dans ce cas précis on ne pouvait ignorer les risques.
      -Négligence. Avez vous lu l’article ? A aucun moment il n’est reproché de ne pas avoir prédis le tremblement de terre !

      On pourrait très bien extrapoler ce jugement à d’autre affaire en cours. Je pense notamment au scandale de l’amiante. Les scientifiques savent depuis 1 siècle que ce matériau est hautement cancérigène et bien une commission comprenant des membres de l’académie de médecine on appuyé le lobby industriel pendant plus de 80 ans afin de faire taire ceux qui essayaient d’alerter les pouvoirs publics ! Tout comme les alertes des sismologues qui n’appartenaient pas à cette commission et qui n’ont pas été entendus par eux et par les politiques.

      Comme l’explique très bien l’article, le seul problème c’est la non condamnation des politiques qui échappent à toute sanction dans nos démocraties.

      • Seingalt
        Seingalt répond à A déménagé le 24-12-2012
        amateur professionnel
        • Posté à 17h40 le 27/10/2012
        • Internaute 166244
          amateur professionnel

        « les experts n’en sont pas » En l’occurrence, si.
        « nier les faits scientifiques » Quel fait « scientifique » ont-ils nié ?
        « Avez vous lu l’article ? » Oui. Et je sais qu’affirmer qu’on ne reproche pas une chose ne veut pas dire que c’est vrai. La preuve ci-dessous.
        « Tout comme les alertes des sismologues qui n’appartenaient pas à cette commission et qui n’ont pas été entendus par eux » Donc vous considérez que ces sismologues ont été capables de prévoir le séisme, donc que les séismes sont prévisibles et donc que les membres de la commission sont coupables de ne pas avoir été aussi clairvoyants qu’eux. CQFD.
        C’est exactement comme si on disait que les voyants qui ont annoncé une catastrophe au Japon en 2011 (sur le lot, il y en a forcément) ont de véritables talents extralucides et qu’on devrait punir les gens qui ne les ont pas écouté.

         
        • A déménagé le 24-12-2012
          A déménagé le 24-12-2012 répond à Seingalt
          non connue
          • Posté à 15h25 le 28/10/2012
          • Internaute 154051
            non connue

          Votre comparaison est mal honnête. Dans le cas présent, les sismologues de la région n’ont pas prédit le tremblement de terre ils ont adressé leurs avis sur la dangerosité croissante du site en vain, sans prise en compte par la commission et les politiques qui n’ont cherché qu’a minimiser les risques afin de ne pas prendre leurs responsabilités que leur fonction impliquait.
          Au Japon cela ne sait pas du tout passé comme cela.

          • Seingalt
            Seingalt répond à A déménagé le 24-12-2012
            amateur professionnel
            • Posté à 16h34 le 28/10/2012
            • Internaute 166244
              amateur professionnel

            Ils auraient donc seulement deviné « la dangerosité croissante » du site ? Sauf que le site n’a jamais été plus dangereux qu’avant. Il a toujours été dangereux, ni plus ni moins que le reste de l’Italie. Ce n’est pas parce qu’un séisme se produit à un endroit et à une date que sa probabilité de se produire là et à ce moment était plus élevée qu’ailleurs. C’est comme pour le loto : celui qui gagne n’avait pas plus de chance de gagner que les autres.
            Tant que vous accorderez du crédit à ces annonces vous ne ferez rien d’autre que croire qu’on peut annoncer un tdt. Et c’est actuellement impossible.

            • A déménagé le 24-12-2012
              A déménagé le 24-12-2012 répond à Seingalt
              non connue
              • Posté à 11h14 le 29/10/2012
              • Internaute 154051
                non connue

              « Sauf que le site n’a jamais été plus dangereux qu’avant. Il a toujours été dangereux, ni plus ni moins que le reste de l’Italie. “

              Je vous rappelle que les secousses ont été de plus en plus fortes et de façon plus rapprochées, ce qui a alerté et inquiété la poplulation de L’Aquila. Les politiques avec le soutient sans faille des scientifiques n’ont cherché qu’à calmer la population en leur expliquant qu’elle s’inquiétait pour rien et que la situation était sous contrôle. A tord...
              Pour ce qui est de votre comparaison des scientifiques à ceux qui écrivent des livres sur ‘ comment gagner au loto’, ils apprécieront...

              • Seingalt
                Seingalt répond à A déménagé le 24-12-2012
                amateur professionnel
                • Posté à 12h58 le 29/10/2012
                • Internaute 166244
                  amateur professionnel

                À tort c’est vous qui le dites, après coup évidemment. Vous ne comprenez pas que les probabilités ne se calculent pas après coup, mais avant. Vous ne comprenez pas que les probabilités ne mesurent pas le réel, elles mesurent notre connaissance (et notre ignorance) du réel. Et je crois que les juges ont été aussi inaptes que vous à comprendre cela.

                • A déménagé le 24-12-2012
                  A déménagé le 24-12-2012 répond à Seingalt
                  non connue
                  • Posté à 02h37 le 30/10/2012
                  • Internaute 154051
                    non connue

                  Ce que vous n’arrivez pas à comprendre c’est qu’ils n’ont pas été condamné pour ne pas avoir prédit le tremblement de terre mais pour n’avoir rien fait pour protéger la population se qui est leur mission première. Les écoutes téléphoniques sont très compromettantes :
                   » C’est une opération médiatique tu as compris ? Comme ça, ces supers experts des séismes diront : c’est une situation normale, ce sont des phénomènes qui se vérifient, mieux vaut 100 secousses de niveau 4 sur Richter plus que rien du tout car ces 100 secousses servent à libérer l’énergie et que donc il n’y aura jamais la secousse, celle qui fait mal. « 

                  C’est à la fois faux scientifiquement et ils disent que la situation est normale alors que la population est anormalement inquiètes des secousses de plus en plus forte...

                  • Seingalt
                    Seingalt répond à A déménagé le 24-12-2012
                    amateur professionnel
                    • Posté à 08h26 le 30/10/2012
                    • Internaute 166244
                      amateur professionnel

                    Allez lire les détails sur slate, vous verrez qu’aucun des sismologues de la commission n’a dit ça. Ils ont dit explicitement qu’on ne pouvait pas exclure un séisme. Si les jugent prétendent qu’ils ont trompé le public, c’est faux.

                    Autre détail rigolo : il est déjà arrivé en Italie qu’un maire fasse évacuer sa commune pour risque sismique. Le séisme n’a pas eu lieu et il a été condamné à 6 mois de tôle pour « fausse alerte ». Alors, vous croyez toujours que les juges ne condamnent pas pour défaut de prévision de l’imprévisible ?

                    • A déménagé le 24-12-2012
                      A déménagé le 24-12-2012 répond à Seingalt
                      non connue
                      • Posté à 13h02 le 30/10/2012
                      • Internaute 154051
                        non connue

                      Si les sismologues de la commission ont dit explicitement qu’on ne pouvait pas exclure un séisme, il n’y a plus de débat, en appel le jugement sera cassé et personne n’ira en prison.
                      Si les juges condamnent un maire qui par souci de protéger la population décide de son évacuation alors que le tremblement de terre n’a pas eu lieu :
                      1- lors de l’appel la défense pourra invoquer ce cas judiciaire afin de se défendre.
                      2- Il n’y a plus de décision politique possible puisque dans les deux cas ( évacuation- non évacuation) on condamne les responsables de la sécurité civile.

                      Dans tous mes commentaires précédents, je me plaçais dans le seul cas ou selon les écoutes téléphoniques liées à l’affaire du tremblement de terre de L’Aquila, les scientifiques de la commission responsables de la sécurité civile se sont assis sur la possibilité croissante du séisme face à la volonté politique en place pour ne rien faire et calmer la population de plus en plus inquiète.

        7 autres commentaires
  • Cadardoloth
    Cadardoloth
    independant
    • Posté à 18h19 le 26/10/2012
    • Internaute 150739
      independant

    C’est absolument n’importe quoi.

    Je pense qu’il y a en Italie d’autre personnes à mettre en tôle pour des faits véritables et très grave.

  • ocine
    ocine
    vendeur
    • Posté à 18h54 le 26/10/2012
    • Internaute 155158
      vendeur

    c’est un très bon jugement : que les scientifiques qui cautionnent les ogm, gaz de schiste, amiante.... soient mis devant leurs responsabilités s’ils ont menti les fera peut être réfléchir avant d’accepter de se mettre aux services des politiques et multinationales.

  • ianux
    • Posté à 20h23 le 26/10/2012
    • Internaute 9719

    Et sinon, y’a des correcteurs à Rue89 ? L’article est blindé de fautes, de phrases mal écrites, ça pique les yeux et ça ne fait pas très sérieux.

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 22h02 le 26/10/2012
    • Internaute 81504
      sociopathe

    Tout ca me rend encore un peu plus content de n’etre ni ethniquement ni culturellement latin.

  • Mona M.
    Mona M.
    Etudiante en goguette
    • Posté à 23h24 le 26/10/2012
    • Internaute 92507
      Etudiante en goguette

    Indispensable pour avoir une compréhension d’ensemble de ce qui s’est passé à l’Aquila :
    Draquila, de Sabina Guzzanti, qui a révélé le scandale aux italiens ...

    LienDraquila13998&cfilm=180436.html

  • tinm13
    tinm13
    doctorant
    • Posté à 18h53 le 27/10/2012
    • Internaute 128014
      doctorant

    Je ne doute pas une seconde que les sismologues de cette commission étaient de bonne fois quand ils ont pris la décision de rassurer la population. Ils ont considéré que le séisme était improbable. On ne peut pas les condamner pour ça, car c’était vrai à l’époque, ce qu’il est facile d’oublier maintenant.

    Dès lors qu’ils étaient sincères, peut-on les condamner pour avoir approuvé une politique visant à éviter la panique naissante ?

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