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A la rencontre de nos voisins transalpins à travers leurs coups de gueule et coups de blues, leurs objets fétiches, leurs péchés gourmands... Parce que au fait aujourd'hui, ça veut dire quoi être italien ?

La crèche qui restait vide : petite histoire de la mafia calabraise

Flora Zanichelli
Journaliste
Publié le 16/01/2013 à 17h57

Quand vous arrivez en Italie, il y a des sujets qui ne peuvent pas vous échapper. La mafia a elle aussi ses marronniers. La palme va aux «  biens confisqués  », ces propriétés de «  boss  » que l’Etat a repris à son compte après une arrestation.

Ces immeubles, villas ou terrains sont destinés à être transformés en centres de vacances, en écoles et certains même en territoire cultivables. Noble combat.

Des associations comme Libera font ainsi de l’huile d’olive ou du vin antimafia produits sur ces propriétés – ceux qui sont intéressés pourront d’ailleurs aller faire un tour à Paris chez Ethicando, une boutique créée par deux Italiennes distribuant ces produits.

Crèche publique sur un terrain mafieux


Jeu d’enfants (Rulieta/Flickr/CC)

La mafia est d’une complexité qui échappe souvent à ceux qui ne la côtoient pas. Rien de mieux pour l’illustrer que l’histoire de Corigliano Calabro, petite bourgade de Calabre, territoire sinistrement connue pour être aussi celui de la ’Ndrangheta, la mafia calabraise.

Là-bas, les choses se disent à demi-mots. En cause cette fois, une crèche construite dans l’ancienne habitation du mafieux local. L’initiative est issue du projet ministériel « Plus d’école, moins de mafia », selon lequel la lutte contre le crime organisé passe avant tout par l’éducation des jeunes générations.

Seulement voilà : la nouvelle crèche serait «  trop excentrée  » selon les parents, qui refusent d’y envoyer leurs enfants. La structure est donc vide depuis le 4 octobre. Pas dupe, le journaliste Domenico Marino, qui raconte l’histoire dans les colonnes du journal l’Avvenire, explique :

«  Il faut préciser que la famille [du boss] a conservé la propriété du terrain. C’est là que se trouve la maison où vivent les parents [du mafieux]. Plusieurs voix murmurent que c’est surtout cet encombrant voisinage qui embête les parents. Mais personne ne se hasarde à le dire ouvertement.

Il faut se retrouver dans certaines circonstances pour comprendre combien on se sent seul et impuissant face à la menace silencieuse de la criminalité. Même le commissaire qui gère l’administration communale préfère se taire.  »

« Nous ou personne »

Une histoire qui illustre une fois de plus la difficile lutte contre le crime organisé. Le témoin de justice Pino Masciari me racontait :

« Elever la voix contre la mafia, c’est prendre un risque pour soi et sa famille. »

Cet ancien entrepreneur calabrais avait dû abandonner la Calabre avec femme et enfants pour avoir osé défier la ’Ndrangheta. Un combat en perpétuel recommencement.

Le débat sur les biens confisqués à la mafia est actuellement très vif dans la péninsule. En Sicile, une guerre a été déclarée à ceux qui les gèrent, soupçonnés d’appartenir eux-mêmes aux clans.

Dans une écoute téléphonique, un parrain sicilien avait même déclaré à propos des biens confisqués : «  Ou nous, ou personne  ». C’est exactement ce qui est en train de se passer à Corigliano Calabro.

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  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 20h50 le 16/01/2013
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    Supprimons la monnaie billets et passons a la monnaie électronique. Ils disparaîtront très vite.

    • Rivendell
      Rivendell répond à pablico
      Toléré par [censored] Guéant.
      • Posté à 21h47 le 16/01/2013
      • Internaute 102483
        Toléré par [censored] Guéant.

      C’est vrai que ça a très bien marché avec les banquiers, c’est vraiment un exemple à suivre.

      • nicolas.boulay
        nicolas.boulay répond à Rivendell
        ingé
        • Posté à 11h46 le 17/01/2013
        • Internaute 94389
          ingé

        On peut déjà commencer avec la suppression du billet de 500€. Ensuite, on peut enchainer avec la lutte contre les pays avec des systèmes bancaires trop complaisant.

  • Emma T.
    Emma T.
    Pom-Pom girl chez Tatane- (...)
    • Posté à 21h38 le 16/01/2013
    • Internaute 40366
      Pom-Pom girl chez Tatane- (...)

    ISBN 978-2-36075-078-8

    Le code, c’est pour qu’ils fassent pas chier Fabrice.

  • Quand Le Tigre Lit
    Quand Le Tigre Lit
    en rédaction de Sutras du Tigre
    • Posté à 22h23 le 16/01/2013
    • Internaute 189949
      en rédaction de Sutras du Tigre

    Quelle bande de malapris. Feraient mieux de prendre exemple sur la mafia japonaise, qui certes inspire la crainte mais évite de produire trop d’injustices.
    Avais lu un essai là dessus, et c’est là le vrai mal : celui qui ne dérange pas outre mesure le citoyen

  • Bernardo Z
    Bernardo Z
    Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
    • Posté à 15h05 le 17/01/2013
    • Internaute 196411
      Europe ? Salope ! Tu t'es (...)

    Mystères calabrais
    « Dans ses voiles, la promise avance, son buste balançant au rythme de la marche, comme un grand lis blanc brandi devant eux par tous ces gens en noir, sa famille. Sous le ciel brûlant, le cortège est l’unique mouvement visible dans l’immensité des monts de l’Aspromonte. Sur le chemin empierré, seule voie de communication entre les villages, la très jeune vierge marche d’un pas ferme et volontaire, comme s’il n’y avait pas derrière elle la parentèle avec ses ventres creux, ses stratégies d’alliance, ses espérances de jours meilleurs, comme si elle allait de par sa seule volonté vers son destin d’épouse d’un homme vieux mais riche. Comme si elle était libre.
    Le cortège approche du pont sous lequel un torrent se rue trois cents mètres plus bas pour devenir, en approchant de la mer, une fiumara, un oued du Sud italien. Soudain, avec des mouvements doux, la promise dégage ses bras des bras de son père et de son frère aîné, elle les précède comme si elle était pressée de rejoindre l’époux qui l’attend dans l’autre village. Elle se retourne vers les siens et leur sourit.
    Puis, d’un bond d’écureuil, elle est sur le parapet, elle les regarde encore, muets, figés — et elle saute. Un instant, elle tournoie, ses voiles dans le vide virevoltent avec elle, ailes et linceuls ensemble. Ses yeux s’écarquillent sur les montagnes qui font la ronde pour elle, son regard embrasse les pentes presque à pic où s’accrochent les terrasses, les oliveraies et les bois de châtaigniers, les cascades et les terres blanches, les roches sculptées par des peuples d’avant l’histoire, et le sommet qui découpe le profil de Zeus et celui où il brandit le poing, les chapelles byzantines et les troupeaux de vaches sauvages, les hordes de cochons noirs mâtinés de sanglier, les loups et les boucs, les carrières de marbre, les vallées refuges des fugitifs… Elle étreint tout cela dans sa chute, dans l’éternité de sa chute les montagnes de Calabre l’accompagnent, elle est libre. »

    Maintenant dans ce même article on y dit que les américains auraient fait supprimer tous les chefs mafieux calabrais les remplaçant par des gars à eux, mais bien entendu c’est forcément encore une fois de la paranoïa, les mecs là bas ils doivent débloquer à fond...

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