StorItalia

A la rencontre de nos voisins transalpins à travers leurs coups de gueule et coups de blues, leurs objets fétiches, leurs péchés gourmands... Parce que au fait aujourd'hui, ça veut dire quoi être italien ?

Histoire du bouillon (et autres délices à l’italienne)

Flora Zanichelli
Journaliste
Publié le 23/01/2013 à 16h49

Bouillon (Flora Zanichelli)

Quand je suis rentrée de Paris, il était là, en évidence sur la table. Me défiant de son couvercle. Le bouillon. Accompagné d’un post-it : « Bentornata Flora » (Bienvenue). Je l’ai mis sur le feu et il a chanté. Un filet d’huile d’olive et un peu de parmesan râpé. Ecco.

Il y a deux semaines, j’ai été malade, et il est revenu. Le bouillon. De nouveau sur la table, avec son couvercle décoré et écrit tout attaché : « L’ortolano » (le potager). Je n’ai pas pu résister. Je l’ai mis à chanter, accompagné cette fois de petites pâtes carrées. Un filet d’huile d’olive et un peu de parmesan. Les pâtes ont gonflé avec le jus. J’ai guéri.

L’histoire du bouillon est une histoire sans fin. C’est l’histoire du « sugo » (la sauce), l’histoire des poivrons en conserve, l’histoire des courges marinées. Des histoires de famille. Celles des mamans qui laissent partir leurs (grands) enfants avec un peu d’elles-mêmes dans un pot en verre, un tupperware ou un bout d’alu. « N’oubliez pas », disent-elles sur le pas de la porte, en vous fourrant un sac plein à ras-bord dans les mains.

Un camion de sauces

Ma première expérience dans le domaine date d’il y a quatre ans. Je partageais alors un petit appartement dans le sud de Rome avec une Calabraise, une Romaine... et les conserves de Luigino, le papa de ma colocataire, heureux cultivateur d’un potager. Le soleil de Calabre doit être merveilleux. Un mois ininterrompu de légumes tendres.

Du Nord au Sud, personne n’échappe à la règle. « Je vivais avec des Siciliens à Bologne, me racontait une amie belge. Tous les samedis, ils avaient rendez-vous dans un parking à la sortie de la ville... Un camion remontait de Palerme avec un chargement de sauces. » Toute une logistique.

En Italie, la cuisine est un acte d’amour, un lien du sang. Installé au Brésil depuis un an, que ne donnerait pas Stefano pour un plat de « fettuccine della mamma ». La mamma et la pasta. Le cliché italien dans toute sa splendeur. Oui, mais Dio, pour une fois, en voilà un qui a du bon !

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  • greg0rsamsa
    greg0rsamsa
    Rauque star
    • Posté à 18h31 le 23/01/2013
    • Internaute 124563
      Rauque star

    Ah c’est le plat préféré de mon ex (elle vient du sud de l’Italie), qu’elle aime en particulier déguster... en plein été (chacun ses vices).

    Elle m’a donc fait découvrir le fameux brodo bouillonant fourmillant de petites pâtes, en plein ferragosto, genre 50° à l’ombre...

    Une expérience inoubliable, de même que la cuisine italienne en général, une merveille absolue.

    Sinon perso j’ai un petit faible pour la ’nduja calabraise, buonissima proprio.

    Dai Flora ora mi è venuta ’na fame ! ... : P

  • nono le simplet
    nono le simplet
    gauchiste placide
    • Posté à 17h41 le 23/01/2013
    • Internaute 9767
      gauchiste placide

    sans être italien, je me souviens avec tendresse des bouillons de poule avec leurs gros yeux gourmands dans lesquels ma mère jetait une poignée de pâtes fines ou de vermicelle ...
    mais c’est vrai, les italiens en sont les rois ...

  • .666
    .666
    Juif errant
    • Posté à 17h45 le 23/01/2013
    • 181210
      Juif errant

    On ne connait pas ce Stefano installé au Brésil, mais la tambouille politicienne si. Urbi et Orbi, à Rome ou ailleurs. C’est grâce à eux qu’on boit le bouillon.

  • La youte
    La youte
    ou pas
    • Posté à 18h04 le 23/01/2013
    • Internaute 188490
      ou pas

    Je crois que tous ceux qui se sont un peu arrêté en Italie sont repartis avec une histoire comme celle-là.
    Parfois, je pense à mon ex qui est de Bologne, mais c’est surtout la cuisine de sa mère qui me manque à présent !

  • Flora Zanichelli
    Flora Zanichelli
    Journaliste
    • Posté à 19h24 le 23/01/2013
    • 176407
      Journaliste

    @tous ceux qui ont commenté : tout est dans le bouillon... :)

    • .666
      .666 répond à Flora Zanichelli
      Juif errant
      • Posté à 09h14 le 24/01/2013
      • 181210
        Juif errant

      Attention à pas boire la tasse avec ...

    • nono le simplet
      nono le simplet répond à Flora Zanichelli
      gauchiste placide
      • Posté à 08h01 le 25/01/2013
      • Internaute 9767
        gauchiste placide

      j’ai d’ailleurs appris récemment que de nombreux « grands » cuisiniers ne faisaient pas cuire leurs pâtes ou leur riz dans de l’eau mais dans un bouillon :)

  • TienTien
    TienTien
    impavide devant les ruines de (...)
    • Posté à 22h52 le 23/01/2013
    • Internaute 86881
      impavide devant les ruines de (...)

    Pourtant lesté d’un excellent (et copieux) repas fait maison, votre article a réussi l’impossible : me redonner faim !

  • angaroca
    angaroca
    retraitée en retrait
    • Posté à 08h50 le 24/01/2013
    • Internaute 197692
      retraitée en retrait

    Au sujet de la cuisine italienne et des mères : ce que j’ai fait de pire ou de mieux ou de plus fou, c’est d’envoyer par la poste à ma fille étudiante à Paris, en plein concours, des lasagnes (casalingo.... je ne suis pas sûre du tout de l’orthographe ; malheureusement, je n’écris, ni ne parle l’italien) venant de Lorraine, pour qu’elle puisse avoir un peu de la maison.

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