Chez Sylvain Gouz

Dans son blog, Sylvain Gouz analyse l'économie, la société et les média, avec les yeux ouverts, l'esprit aiguisé et le souci de s'adresser à tous, de faire œuvre de pédagogie, bref de remplir un rôle de citoyen-journaliste.

La BCE relève ses taux : c'est l'austérité renforcée

Sylvain Gouz
Journaliste
Publié le 06/04/2011 à 15h39


La BCE, la Banque centrale européenne, a relevé ses taux d’intérêt (de 0,25 point, à 1,25%) lors de sa réunion mensuelle ce jeudi 7 avril. L’annonce en avait été en quelque sorte déjà faite à l’issue de la dernière réunion, en mars, de crainte, disait-on à l’époque, de pressions inflationnistes.

Augmenter les taux d’intérêt pour freiner l’inflation

Et les dernières indications sur la hausse des prix dans la zone euro laissent à penser que nous sommes dans une phase de légère accélération : 2,6% en rythme annuel en mars contre 2,4% en février. Il n’en faut sans doute pas davantage pour que Jean-Claude Trichet, encore président de la BCE pour quelques mois, prenne le mors aux dents et donne un coup de pouce vers le haut au taux directeur de son institution sur lequel sont calés les taux d’intérêt dans les différents pays de la zone.

Voilà une nouvelle illustration de l’absurdité du statut de la Banque européenne dont le principal, voire l’unique objet, est de lutter contre l’inflation en négligeant les autres paramètres économiques tels que l’activité ou le chômage.

L’idée simple est qu’en remontant les taux d’intérêt, on limite l’expansion du crédit, autrement dit la masse de monnaie en circulation ce qui, selon les théories « monétaristes », limite le développement de cette maudite inflation.

A front renversé

Cette absurdité est telle que nous voici aujourd’hui à front renversé vis-à-vis des Etats-Unis. Il fut un temps où ces derniers se voulaient un modèle d’orthodoxie monétaire et ne juraient que par ces théories monétaristes développées notamment par Milton Friedman.

Aujourd’hui, sous l’impulsion d’Obama et face à la montée du chômage, la Federal Reserve (la Banque centrale américaine) fait tout le contraire de la BCE. Non seulement elle ne relève pas ses taux d’intérêt, maintenus plus bas outre-Atlantique que chez nous, mais elle s’est lancée dans une pratique de création monétaire qui fait pousser des hauts cris aux intégristes de la pensée monétariste.

C’est que la Federal Reserve a inscrit dans ses principes directeurs un double objectif : lutter contre la hausse des prix, certes, mais tout autant favoriser le plein emploi. Elle doit en outre favoriser la croissance économique. Ce que l’administration Obama ne manque pas de lui rappeler.

A l’inverse, dira-t-on, Jean-Claude Trichet et ses petits camarades banquiers centraux des pays de la zone euro réunis au sein de la direction de la BCE, ont beau jeu de s’abriter derrière le statut de leur institution. De fait, l’objectif quasi-unique qui lui est assigné, en toutes lettres, est de maintenir la stabilité des prix dans la zone euro, ce qui veut dire de garder l’inflation en dessous de 2% l’an. Objectif fixé par le traité de Maastricht et qui répondait à la crainte quasi-obsessionnelle de l’inflation éprouvée par l’Allemagne.

La détestation de Maastricht

Un récent sondage Ipsos, effectué à l’occasion de la Journée du livre politique, montre que les Français, appelés à se prononcer sur les lois récentes qui les ont le plus marqués (en bien ou en mal), placent presque en tête de leur détestation la loi ratifiant ce fameux traité de Maastricht instituant l’union monétaire. Ils sont 60% à en trouver les effets négatifs, à peine moins nombreux que ceux (67%) qui jugent négativement la réforme des retraites. C’est dire. Et la rigidité, pour ne pas dire plus, de la BCE n’est sans doute pas pour rien dans cette appréciation ô combien négative de ce traité européen

Nul ne sait trop quel effet la hausse des taux européens pourrait avoir sur le petit regain inflationniste actuel. Il faut en effet en rechercher les causes principalement dans la flambée des cours des matières premières et dans l’envolée des prix du pétrole… Et une hausse des taux d’intérêt en Europe risque de ce fait d’avoir peu d’incidence sur cette inflation importée.

De surcroît, les menaces inflationnistes ne semblent pas être vraiment prégnantes à en croire la plupart des économistes

Il est bel et bien certain en revanche que le geste de la BCE va plomber un peu plus les économies européennes en renchérissant le coût du crédit, et en dopant les cours de l’euro ce qui rendra plus difficiles les exportations européennes sur le marché mondial.

Austérité renforcée

Relever les taux revient ainsi à serrer le garrot autour des économies européennes. La BCE n’en a cure, enfermée dans ses certitudes monétaristes – seule la restriction de crédit peut freiner l’inflation – autant que prisonnière de sa mission.

Ce n’est malheureusement pas à un acte isolé qu’elle a procédé. Il y a parallélisme et même cohérence entre son attitude et l’adoption, marquée du sceau de l’austérité renforcée, du « pacte pour l’euro » imposé par Angela Merkel avec le concours actif de Nicolas Sarkozy lors du dernier Conseil européen.

Allons, le précipice économique est au bout de ce chemin. Vite, accélérons !

► Mis à jour le 07/04/2011 à 15 heures. La hausse des taux est effective.

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  • 173 réactions
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  • Molly Hatchet
    Molly Hatchet
    d'an emgann ! d'an emgann !
    • Posté à 15h54 le 06/04/2011
    • Internaute 125979
      d'an emgann ! d'an emgann !

    « Il est bel et bien certain en revanche que, s’il a vraiment lieu, le geste de la BCE va plomber un peu plus les économies européennes en renchérissant le coût du crédit, et en dopant les cours de l’euro ce qui rendra plus difficiles les exportations européennes sur le marché mondial. “

    Tout à fait !
    D’où la légitime question : l’UE ne cherche t’elle pas à mettre les Etats à genou afin qu’ils abadonnent toute souveraineté économique au profit de l’UE et du FMI ?
    On voudrait plomber les pays en difficutés qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

    • patdu49
      patdu49 répond à Molly Hatchet
      chomiste du maine et loire
      • Posté à 16h46 le 06/04/2011
      • Internaute 34595
        chomiste du maine et loire

      vote de coeur SVP pas vote de peur ( style « si je vote telle tendance que j’aime, à la télé un sondage à laisser supposer que »)

      • patdu49
        patdu49 répond à patdu49
        chomiste du maine et loire
        • Posté à 16h59 le 06/04/2011
        • Internaute 34595
          chomiste du maine et loire
         
        • Sixpatte-
          Sixpatte- répond à patdu49
          Sur Mars
          • Posté à 17h19 le 06/04/2011
          • Internaute 77583
            Sur Mars

          Pas mal ton truc en ligne ! Faut dire que c’est plein de gôchisses par ici...

          • patdu49
            patdu49 répond à Sixpatte-
            chomiste du maine et loire
            • Posté à 17h44 le 06/04/2011
            • Internaute 34595
              chomiste du maine et loire

            quand les gochisses comme moi auront tous voté, les droitistes, viendront voter à leur tour, t’inquiètes .. ( si il en reste )

            si je poste ce sondage ailleurs, les résultats s’affichent içi tout pareil, donc t’inquiètes pas, ce sondage refletera vraiment sur la durée de vraies tendances, je pense.

            là il a 1 jour d’existence ... ce n’est que le début.

            • bjone
              bjone répond à patdu49
              dev 3D
              • Posté à 10h49 le 07/04/2011
              • Internaute 62791
                dev 3D

              D’un autre si tu stockes qui a voté par l’IP, il suffit que je reboote ma box pour empêcher un mec de voter : D

        3 autres commentaires
    • Sixpatte-
      Sixpatte- répond à Molly Hatchet
      Sur Mars
      • Posté à 17h22 le 06/04/2011
      • Internaute 77583
        Sur Mars

      Même pas besoin de D$K..., c’est fou. Il va falloir ressortir les pétoires.

      • pablico
        pablico répond à Sixpatte-
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 21h17 le 06/04/2011
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        une purge de cheval, risque de tuer le poney, ou les ânes (que nous sommes)..... il faut savoir doser...

        (ironie)

    • Azza
      Azza répond à Molly Hatchet
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 17h36 le 06/04/2011
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Non, car mettre les etats a genoux detruirait la monnaie unique et la banque centrale du meme coup.

      L’explication me semble plus simple :

      « Cette bourgeoisie, qui, à chaque instant, sacrifiait son propre intérêt général de classe, son intérêt politique, à ses intérêts particuliers les plus bornés, les plus malpropres... » Marx « Le 18 brumaire de L. Bonaparte »

      • mewtow
        mewtow répond à Azza
        • Posté à 11h59 le 07/04/2011
        • Internaute 138470

        J’ai une autre explication : les gars de la banque centrale sont juste des personnes qui sont dogmatiques et qui appliquent à la lettre les théories économiques qu’on leur a enseigné à l’école, sans les comprendre et sans prendre aucun recul.

        En clair, ils ont oubliés que l’économie c’est avant tout une science.

        Pas besoin de complot ou de lutte des classes, c’est juste un manque de réflexion et une bonne part de dogmatisme et de refus de remise en cause.

         
        • Azza
          Azza répond à mewtow
          Ingénieur en informatique (...)
          • Posté à 12h38 le 07/04/2011
          • Internaute 25467
            Ingénieur en informatique (...)

          Vous prenez ces gens pour des eleves de deuxieme annee de fac d’eco ? On parle de la direction de la banque centrale...

          Vous pensez qu’ils n’ont personne pour les conseiller ? Personne pour leur apporter la moindre critique ?

          Croyez moi, ils savent parfaitement ce qu’ils font.

          Quand a l’eocnomie, c’est tout sauf une science.

          • Maxmaxence
            Maxmaxence répond à Azza
            Etudiant
            • Posté à 12h58 le 07/04/2011
            • Internaute 120649
              Etudiant

            Je répondrais par une citation de J.M Keynes, le « pape » de la théorie économique :
            « Tous les hommes politiques appliquent sans le savoir les recommandations d’économistes souvent morts depuis longtemps et dont ils ignorent le nom. »

            Et l’économie est une science. Mais une science sociale, comme la sociologie, l’histoire, la psychologie.

            • Azza
              Azza répond à Maxmaxence
              Ingénieur en informatique (...)
              • Posté à 13h23 le 07/04/2011
              • Internaute 25467
                Ingénieur en informatique (...)

              J’hesite a placer l’economie au meme rang que les autres sciences sociales. En tout cas si on parle bien de la meme economie, c’est a dire celle qui pretend etablir des « lois ».

              Si vous parlez de l’histoire economique et sociale, d’accord. Mais ce qu’on designe habituellement sous le terme « d’economie » n’a que peu a voir avec ca.

              D’ailleurs, on rigolerait bien si un historien commencait a dire qu’il existe des lois en histoire, ou a tenter d’etablir des theoremes.

              • mewtow
                mewtow répond à Azza
                • Posté à 15h02 le 07/04/2011
                • Internaute 138470

                L’économie est fortement mathématisée, d’accord, mais ça s’arrête là.

                Dire que l’économie prétend fournir des lois, fiables et tout le reste, on en est franchement pas là. C’est juste de l’arrogance. L’économie est une science sociale comme les autres, même si elle utilise des maths pour se formaliser. Pas de lois, juste des modèles. Comme toutes les sciences, y compris sociales ou dures.
                D’ailleurs, je ne vois pas pourquoi on fait une distinction entre sciences sociale et sciences dures. Les deux sont aussi solides que les autres.

                • Azza
                  Azza répond à mewtow
                  Ingénieur en informatique (...)
                  • Posté à 15h38 le 07/04/2011
                  • Internaute 25467
                    Ingénieur en informatique (...)

                  D’accord sur le dernier point. Ce qui fait la solidite d’une science est avant tout la rigueur methodologique et l’honnetete des chercheurs.

                  Mais pour moi l’economie reste a part. Je veux bien qu’elle inclue une part scientifique pour ce qui est de l’histoire economique et sociale. Mais pour ce qui est de sa partie theorique, j’ai du mal a y voir une science : les modeles n’ont aucune valeur predictive. D’une part, Ils ne s’appliquent pas dans le monde reel bien trop complexe et instable. Ou plutot, je dirais qu’ils ne s’appliquent que lorsqu’on n’en a pas besoin, la situation etant tellement evidente que n’importe qui peut prevoir son evolution.

                  Ensuite, le vrai probleme de la confrontation de la theorie economique a la realite est que part le biais de leurs applications politique, les thoeries economiques ont tendance a creer leur propre realite ! Elles interferent avec l’object meme de leur etude et faussent donc leur propres resultats d’avance. C’est un domaine ou les propheties autorealisatrices sont toutes puissantes.

                • Six renards
                  Six renards répond à mewtow
                  Esclave heureux de la FPT
                  • Posté à 18h07 le 07/04/2011
                  • Internaute 73359
                    Esclave heureux de la FPT

                  L’économie est une science à peu près aussi fiable que l’astrologie et le maraboutisme. Beaucoup d’agitation, d’effets de manche, pour au final se planter autant que Mamadou machin qui te prend 50 balles pour faire revenir ta femme.

                  Et la plupart des productions économiques sont du même niveau intellectuel que la roue de la fortune, quand on creuse un peu : des théories reposant sur des « fables », du genre la fable des abeilles, des ouvrages aux présupposés grotesques sur un homo economicus qui sort du cerveau un peu trop macéré d’un mec qui n’a pas du sortir de chez lui depuis un bail, et j’en passe. Non, sérieusement, tout ça n’est qu’une vaste fumisterie. Au mieux, une religion, avec pour totem la croissance sacrée et le sacré pognon devant lequel on tomberait tous à genoux. Rien de très emballant.

                  • D-503
                    D-503 répond à Six renards
                    U topos
                    • Posté à 22h17 le 07/04/2011
                    • Internaute 116654
                      U topos

                    Encore une fois, il n’existe pas UNE théorie économique mais DES théories économiques. Ce que vous décrivez (avec beaucoup d’approximations) concerne la théorie néoclassique et non la conception de tous les économistes. Juste un exemple, Keynes n’adhère absolument pas à l’hypothèse de l’homo oeconomicus. Ni Marx, d’ailleurs, non plus que les théoriciens de la régulation et, pour l’autre bord, les tenants de l’Ecole autrichienne.
                    Par ailleurs, le coeur de la théorie néoclassique n’est pas la croissance mais la régulation par le marché. La production n’est quasiment pas développée et se réduit à un programme de maximisation sous contrainte. Ce qui est centrale dans cette théorie, ce sont les échanges marchands.
                    Enfin, la fable des abeilles n’est pas du tout une fable issue de la théorie économique mais la production d’un moraliste néerlandais du nom de Mandeville, dont la pensée a davantage à voir avec la philosophie politique qu’avec la théorie économique.

                • hezpaé
                  hezpaé répond à mewtow
                  lui-même
                  • Posté à 10h33 le 08/04/2011
                  • Internaute 141002
                    lui-même

                  Entièrement d’accord avec vous, sur le début du moins. L’économie est une science sociale, qui élabore des modèles pour souligner tel ou tel aspect (et jamais la réalité entière) et les résolve grace aux mathématiques.
                  Par contre justement je serais pour enlever le qualificatif de « science » à l’économie. Une science « dure » emmet des lois « naturelles » : deux corps s’attirent en fonction de leur masse, la vitesse de la lumière dans le vide est de tant....
                  Penser que l’économie peut ennoncer des lois naturelles est faux, puisqu’elle repose sur des modèles, ou si des hypothèses sont relachées, les conclusions changent. Par exemple : la politique monétaire est efficace sous les hypothèses keynesiennes, mais innéficaces pour les monétaristes qui ajoutent une hypothèse d’anticipation rationnelle..
                  L’économie est tout au plus une « discipline » mais pas une science.

              • ShredBluZ
                ShredBluZ répond à Azza
                Ingénieur Agronome
                • Posté à 15h54 le 07/04/2011
                • Internaute 50286
                  Ingénieur Agronome

                Vous touchez du doigt la réalité.

                Les économistes purs et durs (des mâles, avec une bonne paire) aimeraient tellement que leur discipline ne soit qu’une science dure ! Finalement, ils aimeraient être les « physiciens du marché » si on veut. Ce qu’ils oublient, c’est que l’économie est effectivement une science sociale, et donc profondément difficile à analyser, à interpréter, à prévoir. Les théories keynésiennes, la main invisible du marché, l’équilibre offre/demande ... autant de fantasmes devant des « lois » qui ne font qu’être contredites par la réalité. Et pourtant, on n’avance pas d’un iota. Pourtant, on sait où elle se trouve la main invisible : elle est dans la culotte de soie de la ploutocratie et de l’oligarchie.

          • D-503
            D-503 répond à Azza
            U topos
            • Posté à 14h28 le 07/04/2011
            • Internaute 116654
              U topos

            « Vous pensez qu’ils n’ont personne pour les conseiller ? Personne pour leur apporter la moindre critique ? »
            Lorsque l’enseignement en fac d’éco mais aussi dans un grand nombre d’écoles revient à faire du marché l’alpha et l’omega de tout ce qui est économique, la critique n’existe plus vraiment. Voyez combien la crise provoque encore des remous parmi les économistes eux-mêmes. Certains, hétérodoxes pour la plupart, essayent de faire changer les choses mais le gros de la troupe refuse d’abandonner leurs modèles chéris parce que ce serait reconnaître que depuis 40 ans, ils se sont trompés.
            « Croyez moi, ils savent parfaitement ce qu’ils font. »
            Sur ce point je suis davantage d’accord : ils savent que l’inflation est l’ennemi n°1 du capital - pourquoi croyez-vous que le monétarisme se développe dans les mêmes années que la libéralisation financière et l’argent roi (cf. Tapie dans les années 1980). Le reste ? On s’en tamponne.
            « Quand a l’eocnomie, c’est tout sauf une science. »
            Tout dépend de ce que vous appelez une science... Sinon, il n’existe pas une théorie économique mais des théories économiques, ce qui est le cas aussi en sociologie et en psychologie (à ce que j’en sais).

            • Azza
              Azza répond à D-503
              Ingénieur en informatique (...)
              • Posté à 15h24 le 07/04/2011
              • Internaute 25467
                Ingénieur en informatique (...)

              On est globalement d’accord. La stabilite des prix a tous prix n’est pas seulement la traduction d’une obsession irrationelle allemande due a sa mauvaise experience inflationiste sous Weimar. C’est avant tout la garantie que le tas d’or des principaux detenteurs de dette ne fonde comme neige au soleil.

              Je ne suis pas un expert en epistemologie, mais je ne classerait pas forcement la psychologie comme une science.

              Pour moi, qu’il s’agisse de sciences humaines/sociales ou de sciences « dures », une science doit reposer sur un minimum d’observables objectives. Or s’il y a bien un domaine ou un meme fait peut faire dire tout et son contraire, c’est bien l’economie.

              • D-503
                D-503 répond à Azza
                U topos
                • Posté à 15h32 le 07/04/2011
                • Internaute 116654
                  U topos

                Si vous ne classez pas la psychologie parmi les sciences, alors c’est sans doute que vous pensez qu’il ne peut y avoir de sciences sociales. La sociologie, l’anthropologie ou l’ethnologie ne sont pas plus « scientifiques » que l’économie ou la psychologie.
                Mais encore une fois, tout dépend ce que l’on appelle une science : si ce sont des observations objectives qui font la scientificité, et bien c’est le statut des faits scientifiques qui fonde, pour vous une science.
                Mais de faits objectifs, ils n’en existent pas vraiment : le physicien Duhem et, à sa suite Quine, montrent bien que les faits sont dépendants des théories (et des instruments pour les observer, eux-mêmes dépendants des théories) et que les théories dépendent de paradigme, de vision du monde (cf. Kuhn). Quant à départager des théories, la rationalité n’est pas le seul critère (cf. Feyerabend).
                Bref, il apparaît que si les sciences dures sont moins politiques, elles ne sont pas plus objectives.

                • Azza
                  Azza répond à D-503
                  Ingénieur en informatique (...)
                  • Posté à 15h52 le 07/04/2011
                  • Internaute 25467
                    Ingénieur en informatique (...)

                  Pour moi, le critere est avant tout que deux personnes puissent discuter entre elles leur theories et finir par se mettre d’accord pour passer a la suite.

                  La notion centrale est celle de progres dans le savoir.

                  En math, une question est definitivement reglee des qu’elle a ete demontree.

                  En physique, meme si une theorie vient regulierement remplacer la precedente, il s’agit generalement d’amelioration de la connaissance. La notion de progres dans le savoir est bien la.

                  En histoire, meme si le savoir est plus flou et plus sujet a controverse, l’objectif de l’historien est tout de meme de tendre a une amelioration de la connaissance sur une periode. Mais d’un tas de points de vue different, la realite des uns n’etant pas forcement celle des autres, puisqu’elle depend du vecu de chacun.

                  Meme chose pour la plupart des autres sciences sociales. Il s’agit de decrire un aspect de la societe du mieux possible et d’une maniere qui tende a mettre le plus d’observateurs d’accord.

                  En economie, comme dans de nombreuses pseudo-science, le probleme est que l’on parle bien souvent dans le vide. Le charlatanisme n’est vraiment pas loin. La vraie economie n’est pour moi pas de l’ordre de la science, mais de la politique. C’est une comprehension des rapports de forces a l’oeuvre dans une societe a un moment donne et il n’y a pas de modele pouvant decrire cela (dans la mesure ou derriere l’idee de modele, il y a celle de mecanisme et de reproducibilite).

                  Y-a-t il un modele qui aurait permis de repondre a la question « Bush aurait il du envahir l’Irak ? ». Non.

                  • D-503
                    D-503 répond à Azza
                    U topos
                    • Posté à 16h07 le 07/04/2011
                    • Internaute 116654
                      U topos

                    Je ne crois pas qu’il y ait de progrès de la connaissance parce que les paradigmes ne sont pas entièrement commensurables. On peut progresser au sein d’un paradigme mais d’un paradigme à l’autre, c’est nettement moins sûr.
                    Pour en revenir à l’économie, je pense que vous avez tort : au sein d’un paradigme (marxiste ou keynésien, même au sein du paradigme néoclassique), il est possible de mettre à jour des « régularités objectives » (l’expression est de Durkheim et désigne le but de la sociologie, mais je la trouve plutôt commode). Et si je suis capable de comprendre les politiques menées par la BCE et de les critiquer, c’est parce que j’ai acquis un bagage théorique me le permettant. Bagage qui n’a rien d’une panoplie de charlatan. Si face à la crise, les Etats ont massivement injecté des liquidités, c’est qu’ils avaient tiré quelques leçons de ce qu’ont pu dire des économistes de celle des années 1930 : les crises ne sont jamais exactement les mêmes (raison pour laquelle on a tant de mal à les prévenir), mais elles obéissent à des mécanismes que l’on sait parfaitement identifiés... parce que des économistes ont travaillé sur le sujet.

                    Après, je suis d’accord, ce sont des sciences politiques (tout comme la sociologie) parce qu’elles traduisent une vision du monde, sont imprégnées par des valeurs, ce qui les différencient de la physique (les maths n’étant pas une science dans le sens où elles n’ont rien à nous apprendre sur la « réalité »).

                    Quant à l’histoire, je ne me prononce pas mais le livre de Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire ? , serait en complet désaccord avec vous. Et curieusement, pour lui la science économique existe alors que l’histoire n’est pas une science : -)

                    • Azza
                      Azza répond à D-503
                      Ingénieur en informatique (...)
                      • Posté à 16h19 le 07/04/2011
                      • Internaute 25467
                        Ingénieur en informatique (...)

                      Nos visions ne sont pas si eloignees, mais elles en ont l’air parceque nous n’utilisons pas les memes mots pour decrire les memes choses.

                      exemple de regularites objectives :
                      « Interdire l’acces a toutes forme de nouriture provoque la famine »
                      Difficilement discutable, en tout cas assez durement pour qu’on puisse en faire une « loi ». Est-ce de l’economie ? Dans un sens oui. Et cela se base sur l’experience historique. Les « sciences economiques » contiennent toutes une longue listes de telles regularites objectives. Cette partie la de l’economie, on peut l’appeler science et meme en tirer des previsions en s’appuyant sur l’hypothese que les memes causes produisent souvent les memes effets.

                      Mais vous savez parfaitement que ce qu’aujourd’hui on nomme l’economie ne se limite pas a cela. Elle inclue egalement tout une panoplie de theories totalement deconnectees de la realite. A commencer par le mythe de la main invisible.

                      En clair, si l’economie est une science, elle en est encore a l’etat ou en etait la physique au moyen age : a la fois basee sur des regularites objectives (c’etait evidement deja le cas), et pas encore debarassee de tout le fourbi philosophico-religieux qui l’a maintenue dans l’obscurantisme pendant des siecles. Et cela parcequ’une partie d’elle meme reve encore a acceder au status de science « dure » ou « pure » ou tout ce que vous voulez, avec ses « lois » et ses « modeles ».

                      • mewtow
                        mewtow répond à Azza
                        • Posté à 16h27 le 07/04/2011
                        • Internaute 138470

                        L’économie crée des théories déconnectée de toute réalité ?

                        en comme la physique, quoi ! Ça doit être l’utilisation abusive des maths qui en est la cause.

                        Regarde du coté de la théories de supercordes, la théorie des multivers, ou encore les sacafoutreries du style bosons de higgs qui remontent le temps, les théories avec des particules présentes en plusieurs endroits à la fois, ou encore regarde certaines interprétations de la mécanique quantique, tu auras des surprises !

                        Et pourtant toutes ces théories sont faites sur des bases mathématiques solides, font des prédictions et tout le reste.

                        Sans compter que niveaux fiabilité des expériences en physique des hautes énergies, faut pas rire, n’importe quelle étude de psychologie est bien plus fiable.
                        Quand des phénomènes ayant une chance sur plusieurs milliard d’avoir lieu, je te raconte pas les problèmes d’échantillons, avec les manipulations statistiques qui vont avec. Nos économistes seraient sacrément choqués, eux qui peuvent se limiter à des échantillons inférieurs au millions de personne sans risque de se tromper !

                      • D-503
                        D-503 répond à Azza
                        U topos
                        • Posté à 16h33 le 07/04/2011
                        • Internaute 116654
                          U topos

                        Je suis d’accord en ce qui concerne le rêve d’une certaine science économique, dominante mais pas unique, d’accéder au statut de « physique sociale » (encore une expression d’un sociologue, A. Comte).
                        Etant politiques par nature, les sciences sociales ne peuvent pas changer de paradigme, ils sont condamnés à co-exister, à être dominant ou en retrait selon les périodes. On ne pourra jamais enterrer le paradigme néoclassique (enfin, à l’horizon d’une vie) non plus que le paradigme marxiste. Les deux traduisent des visions du monde incommensurables parce que fondées sur des valeurs et des conceptions du monde et de l’homme radicalement différentes (comme, si j’ai bien compris, la physique de Newton n’est pas compatible avec celle d’Einstein). Mais alors qu’un paradigme l’emporte sur l’autre en sciences physiques, ce ne peut pas être le cas en sciences sociales parce qu’elles sont politiques, polémiques. Je crois que c’est même une bonne chose : parce que, à titre personnel, j’aimerais que la théorie néoclassique disparaisse mais cela voudrait dire que l’inverse pourrait être tout aussi légitime : la disparition de toutes les théories concurrentes.
                        La sociologie paraît moins polémique mais fonctionne de la même manière : la sociologie de Bourdieu n’est pas celle de Boudon et diffère de celle de Goffman. Les trois sont légitimes, les trois nous aident à comprendre le monde mais les trois ne peuvent pas être fondues dans un seul paradigme. Et c’est tant mieux.
                        Bref, je crois qu’il faut abandonner ce combat, qui me semble stérile, du pour ou contre la science économique. Il faut développer d’autres théories concurrentes et souhaiter la pluralité des approches, les susciter même. Dans une démocratie, il ne peut y avoir de Vérité.

                        • ShredBluZ
                          ShredBluZ répond à D-503
                          Ingénieur Agronome
                          • Posté à 16h54 le 07/04/2011
                          • Internaute 50286
                            Ingénieur Agronome

                          A ce propos, j’aime assez le principe d« économie de bonheur » de Bourdieu.

                          • D-503
                            D-503 répond à ShredBluZ
                            U topos
                            • Posté à 17h09 le 07/04/2011
                            • Internaute 116654
                              U topos

                            J’avoue ne pas connaître ce principe. Mais mes connaissances sur Bourdieu sont un peu lointaines parce que remontant à la fac et très perfectibles.
                             : -)

                            • ShredBluZ
                              ShredBluZ répond à D-503
                              Ingénieur Agronome
                              • Posté à 17h10 le 07/04/2011
                              • Internaute 50286
                                Ingénieur Agronome

                              Alors regardez « La sociologie est un sport de combat » de Pierre Carles, c’est super.

                              • D-503
                                D-503 répond à ShredBluZ
                                U topos
                                • Posté à 17h45 le 07/04/2011
                                • Internaute 116654
                                  U topos

                                J’ai pourtant vu le film... mais je ne me souviens plus du tout de cette partie.
                                A ce que j’ai pu trouver rapidement sur Internet, en fait ce que critique Bourdieu, c’est la vision microéconomique de la théorie néoclassique (pour faire vite) : la rationalité des actes individuels ne débouche pas nécessairement sur une rationalité globale ou n’a pas des conséquences nécessairement positives. Bref, c’est une critique de la main invisible.
                                Ce qu’il y a de marrant (ou de triste), c’est que les effets pervers des activités économiques sont résumées sous la notion d’externalités négatives dans la théorie économique dominante aujourd’hui. Mais ce n’est pas pour modifier les comportements et les activités économiques, uniquement pour trouver à internaliser ces externalités : le marché des droits à polluer en est l’exemple parfait. Produire de l’énergie pollue et cette pollution n’est pas prise en compte dans les calculs « rationnels » des individus. Qu’à cela ne tienne ! Nous n’allons pas faire en sorte de moins polluer, non, nous allons donner un prix au fait de polluer et l’intégrer dans les calculs économiques. Moralité, le marché continue de réguler le social... Et les entreprises de polluer, voire même gagner de l’argent avec ces nouvelles marchandises.

                  • mewtow
                    mewtow répond à Azza
                    • Posté à 16h20 le 07/04/2011
                    • Internaute 138470

                    Oui mais ce critère d’amélioration de la connaissance n’est pas celui de la scientificité. Et celui du consensus entre personne encore moins !

                    C’est le critère de réfutabilité. Le critère de prédictibilité n’est pas un critère de scientificité, même si c’est mieux.

                    Le coup de : un modèle doit prédire, oui et non !
                    Il existe certains modèles en science totalement descriptifs, mais pas prédictifs (biologie, histoire ou géologie, notamment). Et ils sont réfutables. Ils sont scientifiques.
                    Il est vrai qu’un modèle prédictif peut sembler plus solide, mais ce n’est pas obligatoire !

          • mewtow
            mewtow répond à Azza
            • Posté à 14h57 le 07/04/2011
            • Internaute 138470

            Ces gens sont peut-être à la t^te de la banque centrale, mais je doute fort qu’ils soient au fait des avancées de la science économique, des nouveaux modèles, et de tout ce qui pourrait leur permettre de prendre de bonnes décisions.

            Ce sont plus des techniciens qui manipulent un outil de prévision et d’intervention macroéconomique complétement désuet.

            Et si, l’économie est une science. Enfin à la base, mais les politiques économiques actuelles sont fortement peu scientifiques ou dépassées.

          • They aint gonna see us fall
            • Posté à 23h51 le 07/04/2011
            • Internaute 135530

            Disons leur amen, penchons nous et écartons encore un peu, c’est ça ?

            • Azza
              Azza répond à They aint gonna see us fall
              Ingénieur en informatique (...)
              • Posté à 10h39 le 08/04/2011
              • Internaute 25467
                Ingénieur en informatique (...)

              Dire qu’ils savent parfaitement ce qu’ils font ne veut surtout pas dire qu’ils le font pour notre bien.

        25 autres commentaires
    • I.P
      I.P répond à Molly Hatchet
      Flat4
      • Posté à 19h17 le 06/04/2011
      • Internaute 25391
        Flat4


      D’où la légitime question : l’UE ne cherche t’elle pas à mettre les Etats à genou afin qu’ils abadonnent toute souveraineté économique au profit de l’UE et du FMI ?
      On voudrait plomber les pays en difficutés qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

      De toute manière, que la BCE monte les taux ou qu’elle imite la FED en imprimant de la fausse monnaie l’issue est inéluctable : le crash de toutes les économies occidentales à court/moyen terme.

      Quant à l’inflation de 2% on va laisser parler M. WalMart :


      The world’s largest retailer is working with suppliers to minimize the effect of cost increases and believes its low-cost business model will position it better than its competitors.
      Still, inflation is « going to be serious, » Wal-Mart U.S. CEO Bill Simon said during a meeting with USA TODAY’s editorial board. « We’re seeing cost increases starting to come through at a pretty rapid rate.

      Source : Lien

      Bref, si vous avez encore des sous en banque achetez de l’argent ou de l’or et gardez le métal précieux chez vous, ne vendez surtout pas votre maison si vous êtes propriétaire, et faites le dos rond en attendant que ça passe.

      A quand un article de fond de rue89 à ce sujet ?

      • Molly Hatchet
        Molly Hatchet répond à I.P
        d'an emgann ! d'an emgann !
        • Posté à 19h27 le 06/04/2011
        • Internaute 125979
          d'an emgann ! d'an emgann !

        Heureusement qu’il y a Pierre Jovanovic pour nous informer ;)

        Lien

         
        • I.P
          I.P répond à Molly Hatchet
          Flat4
          • Posté à 22h45 le 06/04/2011
          • Internaute 25391
            Flat4

          Oui, le personnage est agaçant mais le fond vaut le détour !

        • nanabel
          nanabel répond à Molly Hatchet
          1ère version
          • Posté à 08h20 le 07/04/2011
          • Internaute 97292
            1ère version

          C’est sans doute le meilleur analyste économique d’Europe ! Il est évident qu’il ne sera jamais invité dans les médias français. Il faut dire que le personnage est sulfureux et parfois incontrôlable.

          N’ont le droit de s’exprimer sur les ondes que les crétins autoproclamés experts en économie.

        2 autres commentaires
    • pablico
      pablico répond à Molly Hatchet
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 21h19 le 06/04/2011
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      duplication..

    • Caille dure
      Caille dure répond à Molly Hatchet
      Retraité
      • Posté à 09h54 le 07/04/2011
      • Internaute 148269
        Retraité

      On peut voir dans cette politique à courte vue et polarisée sur le seul critère monétariste une volonté perfide - Vade retro, Satanas ! - d’utiliser l’Euro comme un moyen d’asservir un peu plus l’économie réelle à la phynance.

      On peut aussi y voir la marque d’une profonde stupidité qui affecterait les dirigeants de la BCE, incapables de penser à plus d’une chose à la fois, autrement dit ne voyant que l’inflation et pas le reste.

      Le plus probable, c’est qu’il s’agit d’une combinaison des deux. Et le fait est que vouloir soigner le patient par forces saignées et clystères fait ressembler de plus en plus nos bons docteurs ès monnaie aux médecins de Molière, lesquels tuaient leurs malades plus sûrement que la peste en leur sorbonnique ignorance. Quand Trichet se mettra à parler en latin, le doute sera levé.

    • ecor1
      ecor1 répond à Molly Hatchet
      sur le fil
      • Posté à 11h14 le 07/04/2011
      • Internaute 25388
        sur le fil

      Il faudrait déjà savoir de combien la BCE va relever son taux directeur.
      De plus, la politique que Greenspan (prédécesseur de Bernanke) a mené à la tête de la réserve fédérale (taux directeur extrêmement bas voir quasi nul)) a mené à la crise. C’est cette politique d’argent gratuit qui a foutu le monde dans la merde.

      De plus un Euro pas trop faible va nous permettre d’amortir la montée des cours des matières premières (pétrole en particulier), qui sont indexés en dollars.

      En revanche l’euro fort est pas bon pour l’export. Tout ca est une question de dosage. De plus, croire que la BCE est completement autonome est une connerie. Elle applique à la lettre la politique monétaire voulu par Merkel et je pense que ca a été le prix a payer pour que l’Allemagne soit solidaire avec les pays en difficulté.

    • amyg_dale
      amyg_dale répond à Molly Hatchet
      Etudiant
      • Posté à 18h03 le 07/04/2011
      • Internaute 100842
        Etudiant

      « D’où la légitime question : l’UE ne cherche t’elle pas à mettre les Etats à genou afin qu’ils abadonnent toute souveraineté économique au profit de l’UE et du FMI ? »

      Je crois que ce qu’il y a de plus gerbant ici c’est de constater à quel point les théories du complot les plus diverses et fantasques sont mises en avant.

      • Molly Hatchet
        Molly Hatchet répond à amyg_dale
        d'an emgann ! d'an emgann !
        • Posté à 18h15 le 07/04/2011
        • Internaute 125979
          d'an emgann ! d'an emgann !

        Quelle théorie ?
        Nous ne sommes plus dans l’hypothèse, nous en sommes à la constatation, du moins pour ceux qui sont capables de penser par eux mêmes et d’avoir un esprit critique par rapport à ce que nos médias et politiques nous ressassent ...

        Lien par Lien

         
        • amyg_dale
          amyg_dale répond à Molly Hatchet
          Etudiant
          • Posté à 20h46 le 07/04/2011
          • Internaute 100842
            Etudiant

          Ah oui d’accord, carrément les illuminatis, franc-macs et autres reptiliens. Si vous n’étiez pas dangereux pour l’intégrité intellectuelle des lecteurs vous seriez presque drôle.

          Pour votre gouverne :
          Lien

          • Molly Hatchet
            Molly Hatchet répond à amyg_dale
            d'an emgann ! d'an emgann !
            • Posté à 20h50 le 07/04/2011
            • Internaute 125979
              d'an emgann ! d'an emgann !

            Ai je parlé d’Illuminati ?

            Je parle d’une oligarchie politico-économique qui tente de mettre la main une maximum de pays et d’économies afin de s’en mettre plein les poches, tout ça en n’hésitant pas à bafouer la démocratie, à provoquer des famines, des bains de sangs etc ...

        3 autres commentaires
  • D-503
    D-503
    U topos
    • Posté à 15h54 le 06/04/2011
    • Internaute 116654
      U topos

    Quand va-t-on sortir du dogme néolibéral du monétarisme !
    Relever les taux directeurs suppose que l’inflation provient d’un excès de création monétaire, donc d’un accroissement trop rapide de l’octroi de crédits par les banques commerciales.
    Mais à lire un certain nombre d’articles concernant la hausse des prix (mais sans être spécialiste), celle-ci concerne semble-t-il essentiellement des matières premières agricoles et non-agricoles (métaux, énergie). Or, si le prix des matières premières flambent à l’international, les coûts de production des entreprises augmentent et les contraignent à répercuter pour tout ou partie cette hausse des coûts sur leur prix. D’autant que leurs marges doivent rester élevées pour satisfaire les actionnaires (cf. l’endettement record des sociétés pour pouvoir verser des dividendes).
    Bref, si l’inflation est importée, comme on dit, et ne provient pas d’un excès de crédit, alors non seulement cela n’aura que peu d’effet sur l’inflation mais en plus la BCE aura très certainement casser tout frémissement de reprise.

    • levengeurfrançais-
      levengeurfrançais- répond à D-503
      patriote
      • Posté à 20h52 le 06/04/2011
      • Internaute 146204
        patriote

      Et il y en a qui confond néolibéralisme et monétarisme...
      Mon Dieu, ici on est vraiment chez gauchiste.fr.

      Et l’article est bourré d’inéxactitudes... Une honte.

      • D-503
        D-503 répond à levengeurfrançais-
        U topos
        • Posté à 14h19 le 07/04/2011
        • Internaute 116654
          U topos

        Parce que Friedman, le père du monétarisme, n’est pas ultra-libéral ? Parce qu’il n’a pas fait partie des Chicago Boys venus au Chili aider Pinochet à libéraliser l’économie chilienne ?
        La base du monétarisme est de dire que les marchés sont plus efficaces que l’intervention de l’Etat, que les individus très rationnels sont capables d’anticiper (avec un temps de retard, pas tout de suite comme dans la théorie des anticipations rationnelles) les conséquences de la politique budgétaire, la rendant inefficace.
        Pourquoi cette théorie ? Parce qu’il s’agissait pour Friedman de casser les arguments keynésiens, ni plus ni moins. Le reste n’est que littérature (mathématisée le plus souvent).

        Et puis dire que l’article est bourré d’inexactitudes et sans les mentionner, belle façon de critiquer à très peu de frais !

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