Chez Sylvain Gouz

Dans son blog, Sylvain Gouz analyse l'économie, la société et les média, avec les yeux ouverts, l'esprit aiguisé et le souci de s'adresser à tous, de faire œuvre de pédagogie, bref de remplir un rôle de citoyen-journaliste.

Le match du siècle : crise économique contre crise écologique

Sylvain Gouz
Journaliste
Publié le 23/11/2011 à 11h29

Ça va, ça vient. Dans les médias comme dans nos têtes : la peur du désastre de la récession et du chômage de masse nous envahit, chassée l’instant d’après par la crainte du réchauffement climatique auquel seraient dus, selon certains, les extrêmes météorologiques (sécheresse ici, inondations là) qui semblent se multiplier.

En apparence les deux crises sont contradictoires. Quand la crise économique s’amplifie et que la croissance est en berne (cas de l’Europe) l’activité industrielle fléchit. Or c’est une des principales sources d’émission de CO2 à l’origine précisément du réchauffement de l’atmosphère. Dans nos pays à croissance molle, les suites du protocole de Kyoto et les pseudo-engagements de la triste conférence d’Amsterdam devaient donc être faciles à assumer.

Retrouver les fruits de la croissance

Mais ce n’est qu’une apparence. Car face aux détresses sociales qu’une vraie récession ne manquerait pas de provoquer, face aussi aux attentes des agences de notations, investisseurs et marchés financiers réunis, les gouvernants européens n’ont que deux mots à la bouche, austérité et croissance. Dans une certaine mesure on les comprend, comme on comprend la plupart de ceux qui, déjà pénalisés par la crise, veulent retrouver ces fameux « fruits de la croissance » tellement célébrés depuis un demi-siècle que leur nécessité a été intériorisée.

« Relançons la croissance, réindustrialisons la France ! » quasiment le même cri du cœur jaillit à gauche et à droite… le réchauffement du climat, on verra ça plus tard.

Risque nucléaire ou dérèglement climatique

Et pour corser le tout, l’accident de Fukushima montant en épingle les dangers de l’énergie d’origine nucléaire provoque comme une contradiction interne au sein de la crise écologique. Quel est le plus grand danger ? en schématisant : être contaminé par les dégâts causés à une centrale nucléaire ou être submergé par la montée des eaux, conséquence prévisible des dérèglements climatiques.

L’Allemagne, dans un grand consensus post-Fukushima, a fait passer devant la peur du nucléaire, forte qu’elle est de ses réserves de charbon et de ses excellentes relations avec la Russie grande pourvoyeuse de gaz. L’ennui c’est que l’énergie issue de ce gaz, et encore plus de ce charbon est émettrice de CO2 sans commune mesure avec celle tirée des centrales nucléaires. Lesquelles centrales présentent par ailleurs d’autres inconvénients écologiques comme le stockage incertain des déchets.

La Chine, tout occupée qu’elle est à forcer sa croissance économique pour éviter une quelconque explosion sociale ou politique, se préoccupe, semble-t-il, aussi peu de ménager le CO2 que du nombre de morts dans ses mines de charbon. Elle ne s’engage pas moins vers une certaine nucléarisation de sa production d’énergie.

Et chez nous, en France, le « j’aime la sortie du nucléaire, moi non plus » auquel se sont livrés socialistes et verts durant quelques jours face au « vive le nucléaire » répété à l’envi par Sarkozy et Fillon, a de quoi déboussoler.

Changer de mode de vie : rude tâche

Tentons de mettre un peu d’ordre dans tout cela :

  • La croissance à forte densité énergétique qu’a connue l’Occident durant un siècle est condamnée. A la fois par les dégâts écologiques subséquents et par la hausse des coûts de l’énergie (diminution des ressources fossiles).
  • A structures économiques et sociales inchangées, nimbés que nous sommes d’idéologie marchande, le choc d’un « stop à la croissance » sera rude à absorber.
  • La crise écologique dans ses multiples dimensions (climat mais aussi pénurie d’eau, appauvrissement de certaines terres agricoles…) ne se résoudra pas par une addition d’actes individuels. Utiliser un peu moins d’eau dans sa vie personnelle (pour se laver les dents ou se raser) peut donner bonne conscience… pas plus.
  • Si la diminution radicale les inégalités (de revenus, de statuts) conditionne l’avenir de nos sociétés, la remise en cause de notre conception matérialiste du bien-vivre (pour ne pas galvauder le mot bonheur) est la seule issue qui puisse préserver la cohésion sociale tout en engageant à large échelle la transition écologique nécessaire.
  • Ce sont donc les paradigmes mêmes de notre mode de vie qui sont à faire évoluer. Un exemple souvent rebattu mais jamais combattu : tous les phénomènes de mode, induits par la publicité, qui conduisent souvent à mettre au rebuts des objets, des matériels ( une voiture, un poste de télévision…) dont l’efficacité n’est pas en cause mais qu’il faut remplacer parce qu’ainsi le veut une conception absurde et abusive du progrès.

Voilà, cursivement, quelques jalons pour mieux appréhender les liens entre ces deux crises, économique et écologique, en définitive moins antagonistes que complémentaires si l’on veut bien regarder au-delà de la prochaine échéance électorale. Ou si l’on veut bien se retourner vers 1973 lorsque le Club de Rome, s’appuyant sur une étude de scientifiques du MIT, tirait déjà la sonnette d’alarme : « Halte à la croissance ». Il n’avait qu’un petit demi-siècle d’avance.

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  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 13h48 le 23/11/2011
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    mince ! ! une ode à la decroissance sur rue89 ! ! ! on aura tout vu. Le pire c’est que gouz semble sincère quand il affirme que la croissance c’est fnii ! (et pour toujours). Curieusement vous auraient sans doute remarqué qu’alor meme que le monde semble en recession, les prix du pétrole ne descendent pas . Nous ne sommes pas à l’heure du petrole cher nous venons juste de quiiter l’’époque du petrole presque gratuit pour le petrole bon marché (oui bon marché ! ! !)

    • LienRag
      LienRag répond à jyeden
      • Posté à 12h49 le 24/11/2011
      • Internaute 34767

      D’après Paul Jorion ces bas prix du pétrole sont liés à une manipulation des prix sous la pression du gouvernement américain.
      Or comme le montre la crise de la dette actuelle (au-delà de son caractère artificiel), il est possible au politique de tordre les faits, mais cela ne peut marcher indéfiniment...

      • Vert de gris
        Vert de gris répond à LienRag
        jeune retraité
        • Posté à 09h59 le 25/11/2011
        • Internaute 90690
          jeune retraité

        Vous oubliez les taxes, cher Monsieur, les taxes... Je vois mal l’Arabie Saoudite vendre à perte son pétrole parce que les USA le lui demandent.

        Il est par contre évident, lors qu’il y aura pénurie, qu’on pourra se dire qu’il n’a pas été vendu assez cher.

         
        • jacqueshenry38
          jacqueshenry38 répond à Vert de gris
          retraité
          • Posté à 22h50 le 25/11/2011
          • Internaute 154714
            retraité

          Je voudrais signaler que l’Arabie Saoudite consomme plus de la moitié du pétrole qu’elle pompe pour se refroidir (climatiseurs) et pour faire de l’eau douce. De plus, le gouvernement saoudien ment depuis des années au sujet du volume des réserves de son sous-sol ... Le pic pétrolier est déjà derrière nous et le prix du pétrole ne va que fatalement augmenter jusqu’à asphyxier les économies tant des pays développés que plus encore les pays en voie de développement. Et taxes ou pas, on en viendra à se restreindre plutôt que de provoquer une catastrophe économique généralisée qui inévitablement conduira à des conflits beaucoup plus meurtriers que la seconde guerre mondiale ...

        1 autres commentaires
  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h34 le 23/11/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Le match du siècle : crise économique contre crise écologique…

    beau cas de figure

    -les deux crises ne s’annulent pas
    -les deux crises se multiplient donc démultiplient les effets... en générant aussi une crise sociale.

      le mot crise est impropre, c’est une maladie qui perdure.

    indignation !

    le mur du communisme est tombé,
    quand va tomber le mur du libéralisme fou ?

    • Vert de gris
      Vert de gris répond à pablico
      jeune retraité
      • Posté à 10h02 le 25/11/2011
      • Internaute 90690
        jeune retraité

      Bof, ce sont sous nos contrées qu’on se plaint.

      En Inde ou en Chine on doit trouver que le libéralisme à du bon.

      Tout dépend de quel point de vue on se place : « continent pauvre, continent en voie de paupérisation ou continent en voie de développement »

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 14h22 le 23/11/2011
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    On changera de mode de vie par la force des éléments financiers, sociaux et environnementaux que l’on a déchaîné pour tout un tas de raisons que l’on peut constater, mesurer voire regretter, mais certainement pas - plus - par un choix politique et démocratique des populations. S’il y a 50 ans on subissait le match entre les collectifs et les individus par communisme et capitalisme interposés, on subit aujourd’hui la 3ème mi temps, et l’on compte les crises déclinées sur les piliers du développement durable : économiques, sociales et environnementales. Les solutions n’en passent donc plus par un plan politique qui ne se conçoit qu’avec des pouvoirs et des oppositions - manichéennes et sans nuances - mais par un mouvement de l’être vers lui même et ce monde qui l’entoure.

  • Triple buse
    Triple buse
    Quand on voit ce qu'on voit, (...)
    • Posté à 14h30 le 23/11/2011
    • Internaute 117308
      Quand on voit ce qu'on voit, (...)

    Enfin un article clairvoyant ! ! Bravo

    Pour mémoire le titre officiel du Rapport est The limits to growth - Halte à la croissance ?

    Le point d’interrogation fait la différence !

    Pour ceux qui en veulent plus sans le lire
    Lien

  • soutenable lourdeur du néant
    • Posté à 16h58 le 23/11/2011
    • Internaute 134590

    Plusieurs remarques :

    1. On ne parle pas de réchauffement ou de dérèglement climatique, mais de changements climatiques. Plusieurs raisons à cela : premièrement, ces changements ont des expressions régionales diverses : refroidissements à certains endroits, réchauffement à d’autres, mais aussi, et surtout, modification des variations intersaisonnières. Ensuite, le climat n’a pas e « réglage » standard et, donc, ne se dérègle pas. Il se modifie.

    2. La croissance est aussi le résultat d’un calcul, et donc d’une équation. Libre à nous de réévaluer ce calcul. Un peu comme la quantification du « développement » est passée d’une simple lecture du PIB à des indices beaucoup plus élaborés de « développement humain ».
    Plutôt que de parler de décroissance, il faudrait parler d’une redéfinition de la croissance. Où viendraient intervenir ne nombre de chômeur, les salaires, l’améliration (ou la déterioration) des services publics, de la condition des femmes, la qualité environnementale, etc.
    Rendre la croissance un indice complémentaire de celui du développement humain, c’Est réconcilier l’économie, la société et l’environnement, c’Est, précisément, faire du développement durable...

  • boboland
    boboland
    ex-o'placard
    • Posté à 17h21 le 23/11/2011
    • Internaute 104841
      ex-o'placard

    comment peut-on s’imaginer qu’au pretexte que l’Occident n’est plus capable de suivre le rythme industriel (et se résigne à une part de décroissance), les pays émergents vont arréter leur réçent dévellopement industriel et dire -pour nous faire plaisir- « bon d’accord on arréte, notre PIB individuel va retomber à ce qu’il était il y a 20 ans, OK pour retrouver nos famines ancestrales,.. »
    La Chine, le Bresil, la Russie, l’Inde, l’Afrique du sud c’est autre chose que la Libye, qui -déjà- n’a pas été facile à convaincre du bien-fondé des bienfaits de la civilisation...
    Toutes ces perspectives décroissantes sont sympa pour une communauté dans le Larzac ou au niveau d’une famille écologiquement bien pensante, ou même au niveau d’un pays comme le Bhoutan mais sont dangereuses étendues à un pays comme n’importe quel pays européen.
    On n’est pas tout seuls.

  • Trevor narg
    Trevor narg
    auteur
    • Posté à 17h24 le 23/11/2011
    • Internaute 53954
      auteur

    2 crises ? Et la troisième ? La crise sociétale, qui accompagne les 2 autres, qui les a favorisées surtout, avec l’argent sans scrupules dans la vulgarité.
    Et « l’indignation » sans action ne peut qu’y contribuer aussi !
    Lien

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h33 le 23/11/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    « la peur du désastre de la récession et du chômage de masse nous envahit »
    Moi ça va. D’ailleurs ce matin j’ai lu un rapport du Syntec qui provoque plutôt la sensation inverse : Baromètre Apec / Syntec Numérique Novembre 2011

    « le choc d’un “ stop à la croissance ” sera rude à absorber »
    Vu que c’est de la foutaise qui veut rien dire, ou plutôt qui veut dire tout ce qu’on veut entendre, ça sera pas trop dur à absorber...
    Parce que « croissance » est un terme utilisé pour tout. Halte la croissance, oui mais laquelle ? Croissance démographique (ce que j’estime être un vrai problème), croissance économique (un truc qui sert clairement à rien), croissance des connaissances scientifiques, croissance du temps passer à travailler, ou inversement à glander, croissance du nombre de personnes qui veulent sauver les bébés phoques ?

    « Utiliser un peu moins d’eau dans sa vie personnelle (pour se laver les dents ou se raser) peut donner bonne conscience… pas plus »
    Pour se raser, ouais. Mais si on use un peu moins d’eau pour tout, à commencer pour les produits et services qu’on achète, ça aura un effet bien plus tangible.

    « la remise en cause de notre conception matérialiste du bien-vivre (pour ne pas galvauder le mot bonheur) est la seule issue »
    Vu qu’on est pas des fantômes, je vois pas trop comment le confort pourrait être autrement que matérialiste.
    On peut bander aussi longtemps qu’on veut en pensant à des concepts abstraits et souvent fumeux, il faudra bien bouffer et dormir au chaud, et tant qu’à faire sans se fatiguer et en ayant de quoi s’amuser.

    « qu’il faut remplacer parce qu’ainsi le veut une conception absurde et abusive du progrès. »
    Genre... pauvre progrès, on l’accuse de tout et n’importe quoi, même s’il n’y est pour absolument rien.
    Là on parle uniquement de la connerie humaine. J’ai beau être un grand fan du progrès technologique, je vais pas pour autant changer de carte vidéo tous les six mois. Je vais attendre qu’elle crève ou plus probablement qu’elle ne serve plus à rien, ce qui prend tout de même quatre à cinq ans.

    • jolly le nico
      jolly le nico répond à Keldan
      agacé et plus ...
      • Posté à 19h15 le 23/11/2011
      • Internaute 126912
        agacé et plus ...

      Kerdan, je me permets de vous reprendre sur votre opinion concernant la croissance démographique. Elle ralentit, vers 2050, nous serions 9 milliards. Et l’augmentation sera très lente. Pour régler ce que vous pensez être un problème plus vite il faudrait des campagnes de stérilisation de masse, une peste ou équivalent ou une bonne guerre. Et dans ce cas, la calamité passée, la fécondité repartirait.
      Le problème selon moi est la disponibilité des ressources à un endroit donné et en une période donnée. Si elles manquent (ce qui arrivent souvent, ce sont famines, exodes). Et quand je dis ressources je pense à tout, de la nourriture aux terres, l’eau...

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 20h24 le 23/11/2011
    • Internaute 47359
      Retraité

    Ni les occidentaux ni les habitants des pays émergents ne sont prêts à entendre cette opinion que j’approuve dans les grandes lignes. Cela s’imposera dans la douleur.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h11 le 24/11/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    sylvain ta oublié la crise de confiance

  • Funkabeat
    Funkabeat
    Grooviste incurable
    • Posté à 20h59 le 24/11/2011
    • Internaute 133395
      Grooviste incurable

    La croissance zéro est inévitable, tôt ou tard.
    Si on ne s’en occupe pas, la nature va s’en occuper pour nous.
    A voir cette vidéo qui n’a pas vieilli sur ce sujet :
    Lien
    Un cours magistral sur notre futur.

  • Sabinou
    Sabinou
    Webmaster indépendant et (...)
    • Posté à 02h53 le 25/11/2011
    • 173589
      Webmaster indépendant et (...)

    Bonjour,

    J’aimerais avancer un autre argument en « faveur » du thème de l’arrêt de la croissance à moyen terme.

    La problématique du pic pétrolier, puis gazier, on est tous au point je crois ;)

    Par contre, ce qui est souvent ignoré, c’est la thématique du « peak everything ».
    On a beaucoup du mal à seulement l’imaginer, mais de nombreuses ressources minérales sont elles aussi en voie d’épuisement rapide.

    Je vous recommande TRES chaudement ce livre, « Quel Futur Pour Les Métaux », co-écrit par des centraliens et des professionnels du secteur (pas tout à fait des gauchistes revendicatifs mal rasés, en somme.)
    Voici son lien sur Amazon :
    Lien

    Quand il reste pour cinq siècles d’un minerai, on se dit que c’est bon. Mais quand il reste pour moins de cinquante ans de ressources de minerais dont les propriétés chimiques sont irremplaçables et non-substituables, là ça commence à être délicat.

    Bien sûr il y a l’argument des ressources mal estimées, des réserves restant à trouver... Tablons dessus pour éviter la catastrophe, mais toutes les ressources FACILES sont déjà trouvées et exploitées, car faciles - par définition ! Les autres seront, encore par définition, beaucoup plus chères (et le coût énergétique d’extraction croît de façon exponentielle quand les concentrations tombent, qui pis est, ça fait tache vu que l’énergie va se renchérir). Et pour certains minerais, là c’est déjà la panique et l’on cherche partout sans en trouver davantage.

    Je regrette de complexifier encore le débat, mais je crois sincèrement qu’ignorer les limites « dures » au développement matériel est une attitude suicidaire. On ne résoud pas un problème qu’on nie.

  • Vert de gris
    Vert de gris
    jeune retraité
    • Posté à 09h56 le 25/11/2011
    • Internaute 90690
      jeune retraité

    « La croissance à forte densité énergétique qu’a connue l’Occident durant un siècle est condamnée. A la fois par les dégâts écologiques subséquents et par la hausse des coûts de l’énergie (diminution des ressources fossiles). »
    Elle est condamnée surtout parce que les coûts de main d’œuvre sont moins élevés ailleurs et que connement nous allons au moins cher plus nous nous appauvrissons. L’écologie ne compte (malheureusement) absolument pas, ce n’est un problème que sous nos contrées vieillissantes et nanties...

    « A structures économiques et sociales inchangées, nimbés que nous sommes d’idéologie marchande, le choc d’un “ stop à la croissance ” sera rude à absorber. »
    Exact. Le stop à la croissance va être rude à moins de saborder tout le social (on a bien entamé le processus). Le fait de l’idéologie marchande ne fait qu’accentuer le problème... Un pays pauvre est obligé de vivre pauvrement.

    « La crise écologique dans ses multiples dimensions (climat mais aussi pénurie d’eau, appauvrissement de certaines terres agricoles…) ne se résoudra pas par une addition d’actes individuels. Utiliser un peu moins d’eau dans sa vie personnelle (pour se laver les dents ou se raser) peut donner bonne conscience… pas plus. »
    Pourtant, si personne ne s’y met... A moins de supprimer 30 (ou 50% tant qu nous y sommes) de la population comme l’a demandé le WWF ? En ce qui concerne l’eau, pourquoi se rationner quand on n’est pas menacé de pénurie (et que c’est un cycle) ? Pourquoi se priver pour l’Afrique lorsque son eau est d’origine pluviale et est abondante ?

    « Si la diminution radicale les inégalités (de revenus, de statuts) conditionne l’avenir de nos sociétés, la remise en cause de notre conception matérialiste du bien-vivre (pour ne pas galvauder le mot bonheur) est la seule issue qui puisse préserver la cohésion sociale tout en engageant à large échelle la transition écologique nécessaire. »
    Malheureusement la diminution radicale des inégalités si elle à lieu rimera sous nos contrées avec diminution radicale des revenus « tout court ». Il faudra bien s’adapter et travailler son jardin (pour ceux qui le pourront) pour survivre à la crise économique liée à la déplétion des énergies fossiles.
    Pour changer les esprits faudra envisager des camps de rééducation non ?

    « Ce sont donc les paradigmes mêmes de notre mode de vie qui sont à faire évoluer. Un exemple souvent rebattu mais jamais combattu : tous les phénomènes de mode, induits par la publicité, qui conduisent souvent à mettre au rebuts des objets, des matériels ( une voiture, un poste de télévision…) dont l’efficacité n’est pas en cause mais qu’il faut remplacer parce qu’ainsi le veut une conception absurde et abusive du progrès. »
    Vous participez vous même à la mise au rebut de ces objets ! Que nous a t-on gonflé sur la consommation des vieux systèmes... Mon vieux 4x4 est montré du doigt alors qu’il atteindra un million de km si on me laisse rouler avec (et à l’huile de friture, car il peut lui contrairement à ces m... actuelles). Le remplacer par des petites bagnoles non consommantes (sur le papier) mais à jeter 6 ans après du fait de leur complexité ?

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 07h15 le 26/11/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Je ne savais pas qu’il y avait deux crises. En fait je ne savais même qu’il y en avait seulement une.

    Depuis que parait-il Dieu est décédé, l’homme s’en remet à son intelligence plutôt qu’à la divine providence pour régler ses petites affaires.

    Après maints égarements (comme le communisme) ; il a été décidé par l’homme que la meilleurs méthode pour se substituer à Dieu, c’est le capitalisme.

    Ce système consiste à prélever un maximum de matières premières de la terre à moindre cout et les transformer en un maximum de produits plus ou moins sophistiqués indépendamment des besoins humains... et de le vendre ou de les entasser à tout prix...

    ... bon je ne vais pas réécrire ici le Capital de Marx, puisque celui-ci a décrit très précisément ce mode de fonctionnement et depuis fort longtemps (Baisse tendancielle du taux de profit - Wikipédia).

    Pour qu’il y ait crise, il faudrait qu’il y ait surprise, mais nous sommes parfaitement au courant de tout ça.

    Donc il n’y a pas crise...
    il y a tout au plus une tyrannie par la peur.

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