Les tribulations d'un éditeur

Alexandre K. Ounadjela, raconte son aventure dans l'univers impitoyable du livre et de l'édition. Et donne son opinion au regard de l'actualité, des parutions, et des événements culturels du monde littéraire.

Le livre numérique, beau coup marketing

Publié le 09/06/2010 à 10h33

En mai 2009, pour mon anniversaire je décidais de m’offrir un luxe. Pas une Rolex, ni une semaine en Thalasso à Pouet-les-bains. Allez, je vous aide un peu, ça touche au livre. Toujours pas ? Les deux tomes de Julien Gracq en Pléiade ? Ahhhh, on y est presque, ça c’est pour cette année.

L’année dernière, je me suis offert une liseuse. Une liseuse, ce n’est plus une lampe et ce n’est pas encore une jeune femme légèrement vêtue vous susurrant des poèmes langoureux au rythme des vagues sur une plage des Caraïbes.

Une liseuse, c’est un livre électronique, un petit appareil qui permet de restituer un texte au format numérique. C’est autonome, portable, léger et lisible, grâce notamment à l’encre électronique, géniale invention qui permet de lire sans se fatiguer les yeux. Car allez essayer de lire « Les Misérables » sur votre iPhone et revenez me dire comment ça fait.

La liseuse, le « must » du grand lecteur

J’ai donc choisi le Cybook Gen3 de Bookeen, car on ne m’imposait pas d’aller à la Fnac pour télécharger les livres dont j’avais envie. J’ai lâché dans les 300 euros avec la pochette en cuir. On me proposait un pack à 350 euros avec une carte SD (stockage de données) de 4Go et un adaptateur. J’ai dit non, car ça faisait cher la carte SD. J’ai joué le radin, il n’y a pas de petites économies.

Je suis retourné à la maison, comme un ado ayant cassé sa tirelire pour sa première guitare Stratocaster. Je l’ai allumé, j’ai feuilleté... Oups, que dis-je, j’ai parcouru les différents menus, cliqué ici et là, puis je me suis lancé dans la lecture du « Mystère de la chambre jaune » de Gaston Leroux... C’était il y a un an.

Aujourd’hui, je n’ai toujours pas percé le mystère et je ne sais plus où est ma liseuse, sûrement perdue sous une pile de vrais livres à lire.

Le supposé tsunami à venir du livre numérique

Pourtant, je dois la retrouver car j’ai lu dans les Echos qu’arrivait le tsunami du livre numérique. Au dernier Salon du livre, on ne parlait que de l’avenir du livre en glosant sur le livre numérique.

Je dois être prêt pour la vague. J’écris cette dernière phrase avec une bonne pincée d’ironie car je dois vous avouer que je n’ai rien d’un surfeur et je ne suis pas patient. Et avec ma liseuse, j’ai perdu patience. Car quand on parle du livre numérique et des liseuses, on n’en parle qu’au futur. On parle de ce que sera, de ce qui se traduira par, on parle de budget prévisionnel, on parle de promesses, on ne parle que du futur.

Et bien souvent, quand on me parle du futur, ça me fait peur. On dit qu’avec une liseuse, on pourra transporter sa bibliothèque n’importe où avec soi. Les cartes mémoires pourront stocker jusqu’à 10 000 livres et bientôt plus. Enfin cette info date de l’année dernière : cette année, on pourra en stocker combien sur 32Go d’espace mémoire ? Théoriquement des dizaines de milliers ! ! Cela fait tourner la tête.

Les analystes doivent s’en donner à cœur joie pour convaincre leur direction d’investir un maximum sur le marché du livre numérique. C’est potentiellement des millions de livres au format numérique qui attendent d’être vendus. Et si on s’attaquait au marché chinois aussi ? ? Imaginez des milliards de liseuses vides attendant d’être remplies de milliers de livres ! Enorme !

On ne lira jamais ces 10 000 livres

Les analystes devraient regarder la télé un peu plus. Même les vieilles émissions disponible sur YouTube ou le site de l’INA. Ils y trouveraient des études sérieuses. Un exemple : combien de livres lirons-nous dans notre vie ? Pas plus de 2 000 à en croire Pivot.

Mais ça, c’est le chiffre tiré à l’extrême. C’est le cas où on lit un livre par semaine. Un livre par semaine ! Vous lisez un livre par semaine ? Ne répondez pas tous en même temps, je suis sûr que certains d’entre vous le font. Je le fais moi-même et plus encore, mais c’est mon métier. Je ne veux faire du mal à personne, mais j’ai lu me semble-t-il, mais ça date un peu, qu’en France on lisait dans les trois livres par an en moyenne et par Français. Trois livres par an.

Trois livres par an ! Et même si c’était cinq, ça ne donne pas forcément envie d’investir dans une liseuse. Et comme en général, les pros du marketing en font des produits renouvelables, comme le téléphone portable ou les lecteurs de mp3, il faudrait changer de liseuse au bout de trois ou quatre ans. Ça ferait cher du roman à l’eau de rose, n’est-ce pas ? ?

Je sens que certains ont envie de pleurer. J’imagine déjà Bernard Werber s’arracher ce qui lui reste de cheveux.

Trop chère la liseuse ?

Et si ça coûtait le prix d’un lecteur mp3 moyen ? Là encore, rien n’est moins sûr. N’oublions pas une chose essentielle : on ne lit qu’un livre à la fois. Et depuis l’invention du livre de poche, on n’a pas fait mieux !

Ils y travaillent. Qui ça « ils » ? Mais les gens du marketing pardi ! Ah s’il ne restait plus d’arbre, tout serait tellement plus simple. Mais non, les forêts sont de mieux en mieux gérées, les papetiers font de gros effort pour nous offrir des papiers de qualité et recyclables. Ils doivent trouver une solution pour nous refourguer leurs liseuses.

Une question qui me vient là, de suite : n’avez-vous pas remarqué les pavés que lisent vos voisins dans le métro ou dans le bus ? Le dernier « Twilight » 750 pages, « Le Symbole perdu » de Dan Brown, 600 pages, le dernier Katherine Pancol, 850 pages... Des ouvrages tellement gros et lourds qu’on aurait envie d’une liseuse pour les lire.

Ah, ces pros du marketing, il pourrait même nous en faire manger qu’on en redemanderait !

Aller plus loin
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  • A déménage le 14-03-2012
    • Posté à 17h18 le 09/06/2010
    • Internaute 98050

    Bonjour M. Ounadjela,

    Premier commentaire sur votre blog. Je constate qu’on vous a relégué en bas à droite de la page d’accueil pour l’inauguration… Passons...

    Je trouve vos questions pertinentes : à quoi bon avoir 10 000 livres numérisés en stock sachant qu’on n’en lira certainement pas la moitié. A quoi bon payer pour ce gadget quand on peut se cultiver gratuitement à la bibliothèque (quand on en a une près de chez soi) ou à moindre coût lorsqu’on souhaite posséder le livre qu’on lit ?

    Mes parents m’ont permis de hanter la bibliothèque de ma petite ville de province le samedi après midi avant même que je sache lire. J’aime toucher les livres, les sentir, tourner les pages etc. De ce fait, je n’ai pas testé la « liseuse », je ne suis pas mûr pour la lecture de livres sous format numérique. Je suis un has been des nouvelles technologies. Néanmoins, je me souviens du nilslof d’il y a dix ans qui freinait des quatre fers afin de ne pas avoir à subir le téléphone portable puisqu’il avait déjà un fixe à la maison et au boulot, ainsi que des cabines téléphoniques à chaque coin de rue. J’avoue que j’aurais du mal à m’en passer maintenant.

    Le nilslof d’aujourd’hui possède des livres, une carte de bibliothèque, peut en emprunter aux amis, leur en prêter, en acheter chez le libraire... Si on m’offrait une tablette, je grommellerais dur. Je suis tenté de me dire que je ferais comme vous, je la paumerais dans un coin et l’oublierais rapidement. Mais quel sera mon état d’esprit dans dix ans ?

    Le point positif, à mes yeux et à l’heure actuelle, n’est pas ce que les services marketing mettent en avant (tout plein de livres à dispo dans peu d’espace, avec peu de poids, et qu’on peut trimballer partout en faisant hyper fashion) mais le fait que des jeunes et moins jeunes a priori pas attirés par la lecture seront peut être tentés d’acheter ce gadget pour être dans le vent et prendront peut être gout à la lecture.

    Un peu confus tout ça, mais c’était pour que vous ayiez au moins un commentaire sous votre article placé aux oubliettes.

    Cordialement.

    Edit : je constate qu’on vous a remonté dans la colonne, zut, mon commentaire sera un peu moins confidentiel... Désolé pour l’aspect confus

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 18h31 le 09/06/2010
    • Internaute 7659
      oiseau

    L’ouvrage papier a encore un bel avenir. Bien sûr que les champions du marketing cherchent à nous faire croire que leur produit est la révolution du futur, le produit « in » qui fait de nous des « out » si on ne l’a pas. Ceci étant, le papier reste une valeur sure.

    Incassable s’il tombe du fauteuil, facilement transportable, non moins facile à annoter, de contact chaud, le livre est l’objet qui nous rappelle ce que nous avons lu.

    A titre personnel, ayant lu en version informatique quelques ouvrages (« le rouge et le noir » par exemple), il m’est plus aisé de lire une version papier. On peut concevoir que d’autres vont adorer la liseuse, mais on peut rester dubitatif sur la révolution annoncée.

    Quant à la taille du livre, cela n’est pas un soucis. Etant en train de lire ce livre Lien qui tourne entre 800 ou 900 pages, il me reste plus facile à manipuler qu’une version informatique.

    Et le plus drôle, la version papier n’a pas besoin d’une mise à jour tous les 5 ou 10 ans pour être lu ou lisible sur les nouveaux formats informatiques qui ne manqueront pas d’apparaitre...

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à Tita
      • Posté à 19h07 le 09/06/2010
      • Internaute 20923

      En fait, l’avenir du papier est celui des lecteurs : statistiquement, les jeunes d’aujourd’hui (pris indistinctement) lisent plus que vous, Alexandre K., Nislof et moi quand nous avions leur âge. Simplement, la plus grande part de leurs lectures se fait sur écran, et notamment sur l’internet. Le passage du papier à l’écran sera pour beaucoup aussi une question d’éducation.

      Pour le moment, vous avez raison, le livre est encore ce produit parfait : la luminosité des pages est toujours meilleure que celle d’un écran, sa robustesse est à peu près ce qui se fait de meilleur, sa batterie dispose d’une plus grande autonomie que celle de n’importe quelle liseuse présente ou à venir, et comme vous le soulignez, question mise à jour, le livre est imbattable.

      Mais ce sont là des questions techniques, qui appelleront des solutions techniques : déjà la luminosité d’un fond de page et l’autonomie de la batterie d’un ipad sont bien meilleures que celles de n’importe quelle liseuse antérieure. La question des mises à jour peut être résolue par l’émergence d’un standard dont il est plausible de penser qu’il apparaîtra, comme pour le disque compact (simplement parce que c’est fondamentalement l’intérêt de tous les éditeurs). La robustesse me paraît être le point le plus simple à résoudre.

      Non, vraiment, je crois qu’il n’est pas impossible que le livre électronique trouve un jour (peut-être assez proche) sa place.

      • Mon-Al
        Mon-Al répond à thierry reboud
        roturière : -)
        • Posté à 19h09 le 09/06/2010
        • Internaute 24219
          roturière : -)

        Un livre, on l’aime, on le touche, on l’entoure avant de le lire ... Le contenu est une chose, bien sûr, mais le livre par lui-même a une vie. Un livre c’est tout un symbole, on ne jette pas un livre, on entasse, on garde. Et on possède aussi ... d’ailleurs le pire des crime n’est-il pas de brûler les livres ? Le charme des vieux livres ... et le plaisir de remettre le nez dans un « vieux » livre lu il y a longtemps, qui rappelle, qui attise les souvenirs.

        Ce qui ne sera jamais le cas d’un livre électronique ...

         
        • thierry reboud
          thierry reboud répond à Mon-Al
          • Posté à 19h15 le 09/06/2010
          • Internaute 20923

          Je suis d’accord avec vous... mais j’ai plutôt votre âge que celui des jeunes lecteurs.

          • Mon-Al
            Mon-Al répond à thierry reboud
            roturière : -)
            • Posté à 19h28 le 09/06/2010
            • Internaute 24219
              roturière : -)

            Euh, ... merci : -)

          • amonhumbleavis
            amonhumbleavis répond à thierry reboud
            Rue89 fait monter le FN
            • Posté à 19h33 le 09/06/2010
            • Internaute 93168
              Rue89 fait monter le FN

            SI ça peut vous rassurer ... ma fille de 14 ans lit sur internet ... un peu.
            Non, son plaisir est dans le livre papier, depuis toute jeune c’est son cadeau préféré. Le pire c’est qu’elle aime relire, feuilleter et donc posséder le livre, l’emprunter ne lui suffit que rarement...

            Alors je la vois mal passer au livre numérique, et même si dans le déménagement on a perdu un de ses cartons de livres et qu’elle me menace de tout racheter si on ne les retrouve pas ... je ne crois pas qu’elle passera au livre numérique...

            Par contre la génération d’après ... après tout, nous étions attachés à l’objet vynil il y a un certain temps et nous arrivons bien à nous en passer aujourd’hui...

            • thierry reboud
              • Posté à 19h40 le 09/06/2010
              • Internaute 20923

              Ah...
              En fait, vous me rassurer pour mieux m’inquiéter juste après ? : -)))

              Plus sérieusement, je pense assez comme vous : la génération d’après, elle va nous paraître bizarre...

              • amonhumbleavis
                amonhumbleavis répond à thierry reboud
                Rue89 fait monter le FN
                • Posté à 19h50 le 09/06/2010
                • Internaute 93168
                  Rue89 fait monter le FN

                Je pensais que vous étiez suffisament vieux pour ne pas vous soucier de la génération suivante ... non je plaisante ; p

                Oui oui... déjà que ma fille m’a parue très bizarre le jour où je lui ai transmis ma méthode d’allemand avec cassette audio ... et qu’une fois la bande arrivée au bout elle m’a appelée pour savoir ce qu’elle devait faire. Retourner la cassette ne lui était pas venu à l’esprit, pourtant elle avait un magnétophone toute petite, mais elle avait oubliée comment ça marchait.
                Pour moi qui ait passée mon adolescence à faire des cassettes, ça m’avait mis un coup de vieux... pourtant je l’ai eue jeune ma fille.

                • thierry reboud
                  • Posté à 20h10 le 09/06/2010
                  • Internaute 20923

                  Gagné sur tous les plans : -) : assez vieux pour savoir ce qu’est une cassette ! (Mais attention, n’essayez pas le phonographe...)

                  • amonhumbleavis
                    amonhumbleavis répond à thierry reboud
                    Rue89 fait monter le FN
                    • Posté à 00h26 le 10/06/2010
                    • Internaute 93168
                      Rue89 fait monter le FN

                    En fait précisions prises auprès de la principale intéressée, ce qu’elle lit sur internet, ce sont les chapitres (environ 1 par livre) publiés légalement à fins publicitaires... ce qui lui permet de dresser la liste des livres à commander chez Môsieur le libraire, car Mademoiselle ma fille n’a pas de lecteurs/lectrices aussi assidus qu’elle dans son entourage et sa tranche d’age (même s’il lui arrive de transgresser ces « limites » pour venir piocher dans ma bibliothèque et détourner par exemple mes Harlan Coben qu’elle adore)...

                    C’est un peu comme quand elle regarde la bande annonce des films avant de se décider sur allociné...

                    Finalement, ce n’est qu’un vecteur publicitaire pour elle, alors me voilà plus optimiste ;)

                    • thierry reboud
                      • Posté à 07h22 le 10/06/2010
                      • Internaute 20923

                      Je m’aperçois que j’aurais dû préciser que, par lecture, je voulais dire l’ensemble des lectures : littéraire ou autre (par exemple pour préparer un exposé dans le cadre scolaire ou la presse). C’est dans ce sens que je crois que les djeun’z d’aujourd’hui lisent statistiquement plus que les bandes de jeunes d’hier.

                      Bon, heureusement que vous éduquez un modèle rare qui lit encore des vrais livres ! (Et si en plus vous allez chez un vrai libraire sans passer par la case Amazon, que voulez-vous que je récrimine, je vous le demande un peu !)

                • Adéménagé le 3 janvier 2011
                  • Posté à 20h52 le 09/06/2010
                  • Internaute 29846
                    menuisier

                  Moi j’ai eu mon gamin vieux, ça change rien je vous assure !

                  • amonhumbleavis
                    amonhumbleavis répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
                    Rue89 fait monter le FN
                    • Posté à 23h06 le 09/06/2010
                    • Internaute 93168
                      Rue89 fait monter le FN

                    Oui mais en la faisant jeune, je pensais être exemptée ... C’était sans compter la révolution numérique !

                    Et encore la mienne a connu le VHS, ceux de 5 ans de moins n’ont ni connu le temps sans téléphone portable, ni la vie sans PC à la maison, ni les VHS, ni les cassettes audio ...

              • PonG
                PonG répond à thierry reboud
                rationaliste fondamentaliste à (...)
                • Posté à 21h56 le 09/06/2010
                • Internaute 14407
                  rationaliste fondamentaliste à (...)

                En fait, vous me rassurer pour mieux m’inquiéter juste après ? : -)))

                Vous n’avez pas fait ça pour que je sois tentée d’intervenir, n’est-ce pas... ?

                P.S. : je suis confuse. Lundi, j’avais annoncé mardi : -) Du coup, je me vois obligée de reprendre votre formule... La réponse que vous savez, elle vient, elle vient. Lentement, mais elle vient.

                • thierry reboud
                  thierry reboud répond à PonG
                  • Posté à 21h58 le 09/06/2010
                  • Internaute 20923

                  Que dire ?

                  Dois-je comprendre que je vais devoir apprendre la patience ? Ce n’est pas une nature chez moi, loin de là : -)

                  • PonG
                    PonG répond à thierry reboud
                    rationaliste fondamentaliste à (...)
                    • Posté à 22h01 le 09/06/2010
                    • Internaute 14407
                      rationaliste fondamentaliste à (...)

                    Dois-je comprendre que je vais devoir apprendre la patience ? Ce n’est pas une nature chez moi, loin de là : -)

                    Ah ces princesses, auriez-vous pu ajouter : -)

                    • thierry reboud
                      thierry reboud répond à PonG
                      • Posté à 22h10 le 09/06/2010
                      • Internaute 20923

                      Pas osé.

                      Sé kartéro. Elpisso. Périméno. Au choix, ou les trois.

        • PonG
          PonG répond à Mon-Al
          rationaliste fondamentaliste à (...)
          • Posté à 00h30 le 11/06/2010
          • Internaute 14407
            rationaliste fondamentaliste à (...)

          « d’ailleurs le pire des crime n’est-il pas de brûler les livres ? »

          Quand on brûle les livres en général, c’est pas pour se chauffer, c’est pour le contenu.

          Preuve que ce qu’il y a de précieux dans un livre (de subversif parfois), c’est bien le contenu. L’objet est une chose et je comprends qu’on l’aime, mais le trésor, le vrai, c’est le trésor intellectuel qu’il contient. Le reste finalement, c’est modes, habitudes (même millénaires) et technologies. Ne nous trompons pas de bataille.

        15 autres commentaires
      • Tita
        Tita répond à thierry reboud
        oiseau
        • Posté à 20h04 le 09/06/2010
        • Internaute 7659
          oiseau

        Je conçois volontiers que les progrès techniques pourront faire de la liseuse un concurrent pour le livre dans sa version papier.

        Reste un détails, qui cependant, sera difficile à gommer. Les constructeurs de ce genre de joujou ont tout intérêt à ne pas produire une liseuse qui dure trop longtemps. Tout comme les ordinateurs, il « faut ou faudra » les changer souvent. Au vu du prix du joujou toujours plus sophistiqué, il reste un investissement certain qui n’aura d’intérêt que pour les gros lecteurs. Les autres auront meilleur compte de garder la version papier. Le papier reste d’ailleurs plus pérenne.

        En bref, si je conçois qu’il y ait concurrence entre les deux médias (informatique vs papiers), il me semble prudent de penser aussi que leurs aires de prédilection ne soient pas tout à fait les mêmes.

         
        • thierry reboud
          thierry reboud répond à Tita
          • Posté à 20h09 le 09/06/2010
          • Internaute 20923

          Sur ce point, vous avez techniquement raison, même en considérant que chaque livre est en fait un prototype : -).

        1 autres commentaires
      • PonG
        PonG répond à thierry reboud
        rationaliste fondamentaliste à (...)
        • Posté à 00h28 le 11/06/2010
        • Internaute 14407
          rationaliste fondamentaliste à (...)

        Ce sujet m’étonne. Ce qui m’étonne c’est que ce qui me semble d’une évidence biblique n’apparaisse pas à tout le monde (mais j’ai l’impression que tu n’es pas loin d’être d’accord). C’est bien simple, le livre papier, en tant que support privilégié de lecture, est mort. Pas enterré, et pas avant quelques années, mais mort, c’est certain, ça fait pas un... pli.

        Ca me rappelle, il y a 10-12 ans, les débat sur la photo numérique contre l’argentique. A l’époque il y avait encore un net avantage en définition pour l’argentique. Et puis il y avait des arguments affectifs aussi (le plaisir de la chambre noire, des bains, tout ça...).

        Sauf qu’il suffisait de regarder les courbes de progression techniques pour voir que les avantages techniques de l’argentique feraient long feu. Ensuite il arrive toujours un moment où l’ascendant de la nouvelle technologie est tel que le désavantage à rester à l’ancienne devient trop grand. Et les générations ayant connu l’argentique vont disparaître et avec elles, l’attachement affectif au support. Et la page se tourne (si j’ose dire) définitivement. Et c’est toujours comme ça.

        On l’oublie parce qu’il est séculaire et que l’attachement affectif est encore plus grand dans ce cas, mais le livre et l’imprimerie, ce n’est jamais qu’une technologie (ou une technique) particulière. Et cette technologie se trouve concurrencée par une nouvelle, pas encore mure mais qui progresse à grand pas.

        A ce jour, sur bien des points, le livre reste techniquement supérieur. Mais il est certain que ça ne durera pas. Le confort de lecture ? L’autonomie ? Le prix ? Il existe déjà dans les laboratoires (voir Lien ou Lien) des technologies d’écrans électroniques :
        - souples, comprendre pliables, enroulables (on peut rouler dans la poche), voire chiffonnables,
        - extrêmement légers (quelques grammes),
        - que l’on devrait savoir rendre très bon marché (quelques euros, voire centimes d’euros),
        - fournissant un confort de lecture égal ou supérieur à celui du papier,
        - connectables (évidemment),
        - de consommation extrêmement basse.

        Bref, un truc pas cher, qu’on ne craint pas de perdre ou de casser (entre autre parce qu’il ne se casse pas), aussi confortable qu’un livre et avec toute la puissance de l’électronique. Je ne vois pas quel individu raisonnable pourra longtemps lui préférer son équivalent papier (pour l’embrasser peut-être, mais pour lire...).

        Je comprends l’amour des livres. Mais il ne faut quand même pas se tromper. Ce qui fait la vraie noblesse et la valeur du livre, c’est le contenu, pas le contenant. Le livre est un instrument (une technique, une technologie) de diffusion du savoir. C’est en ça que c’est un moyen de l’humanisme. Et dans ce rôle, le livre électronique lui sera bientôt infiniment supérieur. Il faut s’en réjouir.

        Et si les incunables resteront des trésors précieux, c’est sans état d’âme qu’on se séparera bientôt de nos collections de Poche.

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 18h32 le 09/06/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Science des Faignants ! ...un bon bouquin...de papier...avec son odeur... ! ..un régal..a ne surtout pas mettre aux oubliettes !
    Le progrès....de la dégénérescence de certains ? ..Leur temps, n’est plus à l’heure ! ..mettre l’électronique à la place du cerveau ? ..pour tout !
    VOIR les toilettes Japonais ? ..édifiant !

  • thierry reboud
    • Posté à 19h07 le 09/06/2010
    • Internaute 20923

    Faut voir, faut voir...

    En particulier, je crois que l’’un des débouchés les plus sûrs des liseuses (ou appareils apparentés, comme l’ipad) résidera dans l’édition d’ouvrages de référence : les dictionnaires ou les encyclopédies, mais aussi une large fraction des sciences humaines.

    D’autre part, bien sûr on ne lira pas des dizaines de milliers de livres dans sa vie : ça, ça s’appelle quasiment une bibliothèque de prêt. En revanche, les 32Go ne correspondent qu’à une capacité maximale. Si une liseuse peut contenir une dizaine de milliers de livres, alors elle peut aussi contenir la totalité de ma bibliothèque. Rien qu’à envisager mon prochain déménagement (la dernière fois, c’était plus de 200 cartons de livres, mais je triche : je travaille aussi dans l’édition !), je pourrais bien être preneur. Sauf qu’en effet, le papier me plaît, et contre ça...

    Sinon, une remarque : un ancien d’une école de commerce qui s’offre la pléiade de Gracq pour son anniversaire, je me dis qu’il y a de l’espoir...

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 20h54 le 09/06/2010
      • Internaute 29846
        menuisier

      Fais gaffe Thierry : Un ancien d’une école de commerce connait toutes les ruses du diable !

      Sinon, le seul intérêt effectivement serait dans la capacité de pouvoir télécharger des livres épuisés et obscurs.

      Mais m’est avis que cette perspective sera l’équivalent du « mieux disant culturel » que Bouygues avait mis en avant pour raffler la Une.

      On voit le résultat.

  • Anonyme

    La liseuse c’est également un petit pull - généralement sans manches un peu comme une étole - qui couvre les épaules, le haut des bras et la moitié du dos. On la porte - plus souvent les femmes - (portait ?) lorsque l’on est installé dans un fauteuil, au lit, pour s’adonner à sa passion, la lecture. ; -))

    je plains ces « gens » du marketing qui passent à côté du bonheur de toucher un livre, le respirer, le prêter, se faire signer un envoi par l’auteur, s’offrir des éditions anciennes, des premiers tirages ou des originaux, avec toute leur variété de papiers...
    Plus de jaquettes de Sim, Gourdon et tant d’autres illustrateurs...

    pauvres marketeurs, pour vendre leur machine, ils vont devoir en noircir du papier ! et sans résultat.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 19h36 le 09/06/2010
    • Internaute 45067
      Littéral

    Bon. En gros, vous avez eu un Cybook Gen3.
    Très belle petite liseuse dont vous ne vous êtes pas servi.

    En même temps que vous j’ai achetez le même lecteur de livres numériques et je m’en sers très souvent.

    Je me suis acquitté de 40 € pour avoir une mini carte SD de 8 Go pour étendre le stockage de l’Opus.

    J’ai téléchargé de très nombreuses revues du XIXe siècle numérisés par différentes bibliothèques. En anglais et en français.

    En anglais, souvent on a le droit à des format texte de très bonne tenue.
    En français le principal fournisseur de ces documents numérisés proposent en téléchargement des fichiers en format image. C’est assez volumineux, pour une revue annuelle comme le Magasin Pittoresque c’est plusieurs dizaines de Mo. La B.N.F. fournit parfois des fichiers en format texte de ces revues illisibles mais pratique pour chercher et traiter autaomatiquement les articles.

    J’ai emmagasiné des centaines de volumes.

    Bah, pourquoi  ? On li jamais tout  !
    Exact, mais on compulse tout le temps à la recherche d’informations qui sont là, à notre disposition.
    Il faut chercher.

    Simple lettré, j’ai enfin la possibilité d’accéder à des mines d’information qui étaient habituellement réservé à un tout petit nombre de personnes accréditées.

    Ce phénomène est historique.

    Je ne comprend pas qu’un éditeur puisse faire son métier d’accompagner des auteurs contemporains, ceux-ci ne produisent pas des manuscrits, ni même de tapuscrits.
    Finis le stylo à plume Mont blanc et la machine à écrire Underwood.
    Les auteurs contemporains produisent des textes en format numérique.

    Ils écrivent avec un ordinateur et des périphérique dont cette fameuse liseuse électronique qui est à l’écrivain professionnel le meilleur moyen de compulser des milliers de pages de documentation.

    Et le plaisir de lire dans les éditions originales les poèmes de Rimbaud.

    Et le plaisir encore rare de lire des textes des auteurs fin de siècle, peu connus et pourtant talentueux, dont on n’a jamais rééditer le moindre ouvrage depuis leur seul édition.

    La liseuse Cybook Gen3 Opus de Bookeen (maintenant à 200 €)
    vous permet de lire des livres entiers introuvables par ailleurs même chez les bouquinistes qui proposent à prix d’or les ouvrage papier les plus rares.

    Opposer les documents numérisés et le livre papier, c’est d’une forfanterie incroyable  !

    Le marketing négatif auquel se livrent les principaux acteurs de la chaine de valeur du livre est scandaleux  :
    Juste une affaire de boutiquier qui vit du patrimoine culturel.

    Et cette vision de l’édition, de l’œuvre littéraire comprise comme un patrimoine, tue la création.

    Le droit d’auteur à la française prive l’auteur de son œuvre au seul profit des éditeurs qui valorisent leur fond en fonction du nombre de contrats qu’il ont thésaurisé comme des avaricieux.

    Du moins, ces éditeurs qui vivent très bien du commerce des livres.

    Si au moins, vous parliez d’expérience. De votre propre aveu après 2 ou 3 essais infructueux, vous l’avez égaré votre liseuse.

    Probablement, vous n’avez pas besoin de lire en tout format.

    Vous n’êtes pas de l’arrière-garde, pas encore. Vous êtes simplement rétrograde.

    • Alexandre K. Ounadjela
      Alexandre K. Ounadjela répond à egide
      Éditeur
      • Posté à 01h45 le 10/06/2010
      • Internaute 116490
        Éditeur

      Bonsoir monsieur,

      J’apprécie votre commentaire et je voulais vous remercier.

      Je compulse aussi tout le temps, je recherche, je fouille, je trouve. Mon meilleur ami du moment c’est google.

      Je suis d’avis qu’une liseuse peut s’avérer utile pour conserver des textes ou d’autres publications « introuvables ». En revanche là où je ne vous rejoins pas c’est sur le côté pratique de l’objet. en dehors d’une lecture moins fatigante, ce n’est pas un objet adapté à la recherche d’information, tout juste arrive-t-on à feuilleter un peu sans s’énerver du fait du rafraichissement de l’écran.

      C’est pourquoi je vous conseillerai un Notebook, c’est un peu plus cher mais beaucoup plus efficace dans la mesure où on peut noter, annoter, marquer, contremarquer, ça souligne également les coquilles d’un trait rouge ; -)

      Pris de compulsion, je ne peux résister à la tentation de citer avec tout l’humour que j’ai pour lui, le baron d’Holbach, savant et philisophe :

      « La vérité est comme le soleil ... elle ne peut pas rétrograder »

      Bien à vous cher monsieur.

      • egide
        egide répond à Alexandre K. Ounadjela
        Littéral
        • Posté à 13h28 le 10/06/2010
        • Internaute 45067
          Littéral

        Merci de cet échange que j’espère fructueux.
        J’ai un netbook qui me permet de travailler en déplacement.

        C’est en fait mon carnet de notes et aussi une station de travail légère et mobile.

        Cela m’est impossible de lire sur l’écran du netbook des textes longs, des livres par exemple alors que je peux le faire facilement avec l’Opus.

        Comme la liseuse est vu comme un disque u.s.b. externe, par un ordinateur, je peux donc chercher et même «  traiter  » les fichiers que l’Opus contient.

        Pour moi, qui écrit en ce moment des textes qui nécessitent en amont de consulter une importante documentation, texte et image, l’Opus est un allié précieux.

        D’expérience de lecteur, je ne songe pas de liquider ma bibliothèque de livres imprimés.
        Un lecteur de documents numériques pourvu de la technologie d’affichage à encre électronique, dispositif qui rend l’écran très proche d’une page papier est un élément parmi d’autres de ma bibliothèque, et dont je ne pourrais pas me passer.

        L’Ipad, à cet égard ne m’intéresse absolument pas, inutilisable pour lire cinquante ou cent pages d’affilée.

        L’extension des ouvrages numériques est inéluctable. En France, on a choisi d’établir une ligne Maginot pour freiner ou rendre très peu attractif l’usage des livres et des documents numériques.

        Cette politique organisée depuis la rue de Valois est très clairement néfaste aux auteurs qui s’essayent à négocier des droits d’auteurs entre 20 et 50 % du prix de vente des fichiers au grand dam des intermédiaires du livre et de la culture.

        Le statut de l’auteur est si misérable en France tant socialement que du point de vue économique qu’à moins d’une réforme profonde du droit d’auteur qui entrainerait celui des sociétés d’auteurs et des éditeurs en mettant fin au régime du droit subjectif des contrats qui les dépouillent de leurs œuvres sans recours.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 20h43 le 09/06/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    Un bouquin imprimé sur du papier restera lisible et opérationel tel que dans cent ans.

    Un fichier numérique, tel qu’au moment de son enregistrement, dans dix ans ne donnera rien de plus que « no detecting file »

    Choisis le camp auquel tu feras pleinement confiance, camarade.

    • Hulk
      Hulk répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      Gros con de droite
      • Posté à 22h27 le 09/06/2010
      • Internaute 108405
        Gros con de droite

      Il suffit de les imprimer, et le tour est joué !

      PS : cela étant, la musique numérisée des premiers CD des années 80 est encore lisible.

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        Adéménagé le 3 janvier 2011 répond à Hulk
        menuisier
        • Posté à 22h36 le 09/06/2010
        • Internaute 29846
          menuisier

        Mais les dvd ne seront plus lus dans les prochaines générations de lecteur HD...

        Et pour les textes, j’ai, par saut de puce, transféré un fichier word de 94 par là, sur Windows 98 : Tous les carractères avec accent était remplacés par un point ou un symbole.

        Je n’ai pas essayé sous Vista.

        Pour contrer ça il faudrait une sorte de conservatoire des formats informatiques. un lieu où seraient regroupés tous les systèmes d’encodage et supports sortis.

        Mais bon, si la permanence des choses faisaient partie des valeurs dominantes de notre civilisation ça se saurait.

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 23h33 le 09/06/2010
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Même la beauté de l’éphémère , on ne l’a connait plus non plus . C’est dire à quel point on est mal , mon pauv’ monsieur : -)

        • Xa_chan
          Xa_chan répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
          (nippon ni mauvais)
          • Posté à 02h06 le 10/06/2010
          • Internaute 23695
            (nippon ni mauvais)

          euh, déluge, pour le fichier word, z’êtes sûr ? Dans tous les Microsoft Office (et Open Office d’ailleurs), il y a des options de rétrocompatibilité, cela m’étonne que ça n’ait pas fonctionné pour vous...

          • Adéménagé le 3 janvier 2011
            • Posté à 11h44 le 10/06/2010
            • Internaute 29846
              menuisier

            Je n’exclue pas à priori mon incompétence,mais à l’époque j’avais pas mal cherché, y compris auprès de plus formés que moi en la matière..

            • Xa_chan
              Xa_chan répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
              (nippon ni mauvais)
              • Posté à 16h12 le 10/06/2010
              • Internaute 23695
                (nippon ni mauvais)

              Ceci dit, ça n’exclue en effet pas les réelles incompatibilités. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai voulu ouvrir un fichier Microsoft Works (une antiquité !) avec Office, j’en ai été quitte pour me refaire toute la mise en page et l’accentuation, malgré les options de compatibilité...

        4 autres commentaires
    • Errance
      Errance répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      écouteur d'histoires
      • Posté à 04h17 le 10/06/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Les deux ne me semblent pas incompatibles et même complémentaires

      Le livre électronique c’est la facilité de transport, un confort de lecture supérieur à un écran, la possibilité d’annoter sans toucher au contenu, la possibilité d’accéder à des livres dont l’accès est long d’être évident. Pour moi trouver un livre en français est une galère par exemple (peu de titres français dans les librairie et accès à une seule bibliothèque, celle de l’alliance française). C’est aussi la possibilité d’adapter la taille des caractères pour une personne ayant des problème de vue et autres détails de ce genre. J’imagine que le secteur du guide de voyage sera un des premiers à succomber à cette technologie, d’autant plus que ce sont des ouvrages à durée de vie très limitée. La question de la capacité est par contre, en grande partie, un mauvais argument et purement marketing.

      Le livre papier, ça reste un support durable, fiable, même si de nombreux papiers actuels ont des durées de vie pas franchement supérieures à celle des produits électroniques. C’est quand même avec le papier de bois qu’on a commencé la course en avant vers la quantité contre la durée. Le livre c’est aussi le plaisir de l’objet en lui même, la liberté (le livre se suffit à lui même), c’est aussi d’autres plaisirs comme celui de prêter l’ouvrage, plaisir qui disparaitra tellement il sera facile de donner un simple fichier. Pis pas de problème de piles ou autre énervement du genre bug ou virus. De plus le livre papier s’efface devant son contenu, alors que l’électronique, simplement par la navigations des pages, s’impose. pis le plaisir de feuilleté et de tourner les pages.

      Bref d’un côté un support léger, contenant une bibliothèque, manipulable sans modifier la source, plus adaptable pour des personnes ayant des problèmes de vue et un accès plus facile aux oeuvres n’importe où, mais avec des fichiers à durée de vie limitée, qui peuvent buguer ou s’effacer et un problème d’autonomie et des risques de fiabilité.

      De l’autre un support plus lourd complètement indépendant, contenant une seule oeuvre, à la durée de vie bien supérieure et libre de tout risque électronique. De plus le livre papier est plus agréable, offrant de meilleure capacité de concentration.

      Les deux ne me semble donc pas incompatible bien au contraire, même si ma préférence va au livre papier. C’est l’usage ou le besoin qui change.

      Pas de raison que livre papier disparaisse face à cette nouveauté. Mais les deux peuvent facilement devenir complémentaires.

      J’ajouterai que les arguments écolos sont eux totalement bidon.

      • egide
        egide répond à Errance
        Littéral
        • Posté à 21h28 le 11/06/2010
        • Internaute 45067
          Littéral

        J’apprécie beaucoup votre approche de lecteur qui use de tous les supports papier et numérique pour satisfaire ses besoins de lecture.

        Votre expérience recoupe tout autant la mienne. Et je suis heureux de constater que je ne suis pas du tout singulier ni même pionnier en la matière d’autres avaient déjà une bibliothèque complémentaire numérique depuis longtemps.

  • steed1
    steed1
    Franco-Breton
    • Posté à 09h48 le 10/06/2010
    • Internaute 29140
      Franco-Breton

    Je fais partie de ceux qui lisent beaucoup. Au rythme minimum d’un livre par semaine. En ce moment c’est « un blues de coyote » de Christopher Moore. Mais je peux lire plus encore, ça dépend de mon humeur, de la taille du livre...
    Comme ceux de ma génération, je ne suis pas né avec internet ni avec le téléphone portable, à vrai dire le premier machin transportable dont j’ai fait l’acquisition c’était un walkman bleu, gros comme une brique !
    Très jeune je me suis plongé dans les livres de la maison, des bouquins lus et relus qui sentaient souvent le vieux papier. Aujourd’hui j’en conserve peu, mon stock ne va jamais au delà de la centaine de livre sur mes rayons, je préfère les donner ou les revendre sur internet pour qu’ils soient lus à nouveau. Parfois j’en abandonne sur les bancs dans les gares.
    Il y a quelques jours une amie a voulu que son nouveau mec me montre son tout nouveau Ipad, LE truc du moment !
    Alors il me l’a montré, les applications rigolotes, le poids de l’objet, l’autonomie, la mémoire, la capacité fabuleuse de stocker « tant » d’Ebooks etc...
    En vrai, je m’étais posé la question de la pertinence d’acheter ce genre de gadget parce que je prends tous les jours le train pour aller bosser et qu’après tout, ça pourrait il est vrai, me faire l’économie d’un peu d’espace chez moi.
    Alors j’ai reconsidéré mon bouquin dans mon sac et je me suis dit que lui et moi ça faisait une trentaine d’année qu’on faisait la route ensemble, je ne pouvais pas l’abandonner comme ça.
    Mon fils, lui, est né avec internet et les portables, il consomme peu, lit peu à mon plus grand désespoir, mais quand même plus que la moyenne. Il consomme énormément de BD, de Mangas, et lit surtout sur l’écran de son vieux PC.
    Je me suis rendu compte que sur internet on trouvait maintenant énormément de livres en version PDF, des romans, des BDs, des encyclopédies ou des livres de recettes.
    J’ai imaginé mon amie qui adore cuisiner, répandre de la farine ou de la sauce sur l’Ipad de son nouveau copain en suivant une recette bio sur son plan de travail. Déjà que sans cuisiner l’écran tactile devient tout moche avec les traces de doigt !
    Mais il y en a quand même qui lisent sur un PC ou un portable, il m’arrive moi même de le faire chez moi (mon livre ne le sait pas). Alors…

    Et puis j’écris aussi ! Sans prétention bien sur, mais c’est mon truc. Je donne plutôt dans l’auto publication, pour me faire plaisir, et je dois avouer que tenir son propre roman de trois cent pages dans les mains avec une chouette couverture c’est un grand moment !
    Mais j’ai aussi choisi de distribuer gratuitement en PDF, parce qu’aujourd’hui, ne pas tenir compte des nouvelles technologies c’est passer à coté d’un nouveau vecteur de diffusion. Il se pourrait qu’un jour le livre suive le même sort que nos vieux vinyles.

    Pour finir, et pour défendre le papier, je me dis qu’il y a encore des tas d’endroits sur terre où un Ipad ne passera jamais, des tas d’endroits sans prise électrique pour le recharger, des tas de gens qui ne peuvent même pas se le payer, alors qu’un livre, lu et relu, encore et encore, ça se trouve partout.

  • MichelK
    MichelK
    sans paroisse
    • Posté à 09h51 le 10/06/2010
    • Internaute 38762
      sans paroisse

    Qui n’a jamais eu envie de faire un trek en Bolivie en continuant à travailler à sa thèse sur Pynchon ? (Cet exemple plaide peut-être pour l’utra-portable...) Quant à ceux qui parlent de leur amour du livre, ils doivent être particulièrement frustrés par l’édition française de 40 dernières années ! Les victimes du e-book creusent eux-mêmes leur tombe. Qui a envie de lire Broch dans l’Imaginaire ou Michelet en Bouquins ?

  • jma14
    • Posté à 10h26 le 10/06/2010
    • Internaute 31729

    Vous oubliez quand même deux éléments important, on peut télécharger son quotidien ou ses quotideins tous les jours et télécharger des rapports, études... en PDF.
    Effectivement si vous n’utilisez pas toute la palette, ca fait cher le livre.

  • iFFLYG
    • Posté à 10h53 le 10/06/2010
    • Internaute 30165

    Et ce dont « ils » ne se vantent pas, c’est que :
    - les liseuses doivent être fabriquées à partir de matières premières, ce qui nécessitent en plus de l’énergie ;
    - le contenu lui aussi doit être fabriqué et stockés, d’où nécessité de systèmes informatiques, eux aussi fabriqués à partir de matières premières ;
    - le contenu doit être téléchargé, d’où encore utilisation de matériels informatiques ;
    - pour utiliser les liseuses, il faut de l’énergie qui doit aussi être fabriquée ;
    - enfin, en fin de vie, les liseuses doivent être recyclées en tenant compte de l’existence des matériaux dangereux utilisés dans leur fabrication, idem pour tous les matériels utilisés dans la chaînes de production/utilisation. Alors quel bilan économique et écologique ?

    • egide
      egide répond à iFFLYG
      Littéral
      • Posté à 13h34 le 10/06/2010
      • Internaute 45067
        Littéral

      Le bilan écologique de l’imprimerie, c’est pas terrible.
      En terme de consommation d’énergie électrique c’est tellement peu.

      Par contre quel fantastique moyen d’accéder à la masse gigantesque des documents qui dorment, loin du lecteur, dans des bibliothèques.

      • iFFLYG
        iFFLYG répond à egide
        • Posté à 15h51 le 10/06/2010
        • Internaute 30165

        « Par contre quel fantastique moyen d’accéder à la masse gigantesque des documents qui dorment, loin du lecteur, dans des bibliothèques. » Vous y croyez ? Vous aurez accès à ce que les éditeurs veulent bien mettre à votre disposition, c’est-à-dire à ce qu’ils considèreront comme susceptibles de bien se vendre. Et vu le coût de l’investissent nécessaire et la main mise des fournisseurs (cf. l’attitude d’Apple), il n’y aura pas de petits éditeurs indépendants.

        Quant au bilan écologique des centres de données, ce n’est pas non plus terrible. On estime que le besoin énergétique d’un centre comme celui de Google est aussi important que celui des usines d’aluminium, grandes consommatrices d’énergie. D’après un physicien de Harvard Alexande,r David Wissner-Gross, deux recherches sur Google rejettent 15 grammes de CO2, c’est-à-dire autant que de faire bouillir une tasse de thé. D’après l’université de Stanford, la consommation d’électricité de tous les centres du monde s’élevait en 2005 à 20 millions de mégawatts-heure, c’est-à-dire qu’elle était équivalente à celle de Las Vegas. D’après le fabricant de puces électroniques américain Advanced Micro Devices (AMD) 14 centrales d’une puissance de 1000 mégawatts travaillent exclusivement pour approvisionner en électricité tous les centres informatiques du monde. En Allemagne, en 2008, les centres informatiques ont consommé 10 térawatts-heure., soit la production 4 centrales à charbon de taille moyenne.

         
        • egide
          egide répond à iFFLYG
          Littéral
          • Posté à 17h44 le 10/06/2010
          • Internaute 45067
            Littéral

          C’est déjà un fait dont je profite. Des millions de documents numérisés sont disponibles dans les différents sites des bibliothèques nationales et les universités américaines ont déjà ouvert, librement et gratuitement, leurs fonds à la numérisation.

          Pour la plupart, il s’agit de documents du domaine public.

          Bien que tout ne soit pas rose et exempt de reproche, c’est déjà une réalité que la démocratisation de l’accès aux richesses culturelles des grandes bibliothèques.

          Pour la B.N.F. dont je critique la manière de numériser et de mettre en ligne des documents numériques de qualité médiocre, pour autant, on trouve, en l’état, beaucoup d’ouvrages très intéressants sur son site : Lien

          Pour ce qui l’en est de l’édition d’œuvres sous droit la guerre qui couve ne fait que commencer.
          Trop complexe pour commenter.

          La situation des petits éditeurs a toujours été difficile. Ils sont indispensables au système économique actuel.

          En France la douzaine de maison qui produisent et distribuent plus de 80% des livres du marché n’ont plus la latitude de financer la création.

          Les contrôleurs de gestion de ces maisons ne connaissent pas la subsidiarité. Ce mot est banni de leur vocabulaire et s’apparente à une obscénité.

          Les petits éditeurs sont analogues aux «  start-up  » dans le secteur des technologies de pointe.
          Ce sont eux qui prennent les risques de découvrir les auteurs. Car n’étant pas encombrés par des financiers, ils peuvent se livrer aux joies de l’équilibre précaire des comptes de leur entreprise tous frais et recettes confondus.

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