Les tribulations d'un éditeur

Alexandre K. Ounadjela, raconte son aventure dans l'univers impitoyable du livre et de l'édition. Et donne son opinion au regard de l'actualité, des parutions, et des événements culturels du monde littéraire.

Pas de quartier contre les pirates du livre électronique !

Publié le 05/10/2010 à 17h22


La lecture masquée (Steve & Jemma Copley/Flickr).

Malgré un réveil tardif des éditeurs, l’offre sur le marché du livre électronique commence peu à peu à s’étoffer. Longtemps critiqués pour leur immobilisme, devancés par Google et ses projets de numérisation à tout-va, les éditeurs se lancent dans l’ère du numérique.

La presse économique nous vante les exploits du groupe Hachette, cet ex-éditeur devenu financier, rachetant il y a quelques mois Numilog, premier agrégateur de livres numériques francophones et son catalogue de quelque 50 000 titres.

Le portail ePagine.fr se targue de proposer un éventail d’environ 3 000 titres piochés parmi ceux offerts par les pontes de l’édition traditionnelle -Gallimard, Le Seuil, Flammarion...

Cet engouement n’est pas sans rappeler celui des Compact Discs au milieu des années 80 : les principaux acteurs du secteur se frottaient les mains, voyant dans le CD un support parfait sur le plan qualitatif, et surtout, pas cher et facile à produire... Des millions de pépettes à l’horizon.

Seulement voilà, Internet est passé par là, le piratage aussi.

35 euros le best of de Mylène Farmer, c’est pas donné

Malgré une augmentation des ventes dites « physiques » ce premier semestre - + 2,5%, surtout grâce aux vidéos musicales-, c’est plusieurs années de baisse qui font trembler l’industrie du disque, faisant monter au créneau le visage blafard du patron d’Universal Music en France pour défendre les droits de ses artistes contre les petites araignées de la Toile.

C’est à cause d’eux si la chanson française est en danger, faute de beurre dans les épinards.

Pour quelqu’un qui touche presque 100 000 euros de salaire mensuel, c’est assez gonflé, mais il n’a pas complètement tort sur le fond.

Le piratage, on est pratiquement tous passés par là. Sans faire son mea culpa, avouons quand même que 35 euros pour le best of de Mylène Farmer, ça fait un peu cher, non ? Surtout quand on connaît ses chansons par coeur.

La petite copie du CD emprunté à la médiathèque ou les MP3 téléchargés sur feu Napster nous auront fait faire quelques petites économies. Economies qui nous ont permis de rendre hommage à Alain Bashung en s’offrant le coffret au Noël suivant. L’un dans l’autre on s’y retrouve.

Ceci dit, nous venons de toucher un point sensible, le prix.

C’est presque toujours une question d’argent, et pour le livre, ça se complique un peu plus en raison de la loi Lang et du prix unique.

Le tarif des livres numériques est un vaste chantier. Même à l’étranger, la question des tarifs est loin d’être résolue, et il y a en France un écosystème qu’il ne faut pas déstabiliser.

Imaginez, par exemple, le dernier Fred Vargas en téléchargement gratuit pour valoriser la plateforme Numilog ? L’auteur, symbole d’un genre littéraire, passe à la trappe et devient outil de merchandising avec pour but unique de valoriser l’enseigne.

Le livre est-il en passe de devenir un simple produit, destiné à satisfaire les besoins en capital d’un grand groupe comme Hachette, Editis ou Albin Michel ?

Les éditeurs ne viennent pas au numérique pour sauver les forêts

On ne se soucie guère du livre comme vecteur de rêve, d’idées ou de revendications, on pense maintenant le livre en contraintes budgétaires. Les acteurs de cette industrie se concentrent donc uniquement sur les prix et la rentabilité.

Et la rentabilité est l’un des facteurs-clés du livre numérique et de son développement. L’industrie du livre s’y intéresse en pensant d’abord à ce qu’elle va gagner. Il serait bien naïf de croire qu’elle s’y intéresse uniquement pour préserver nos forêts.

Fini les intermédiaires inutiles : imprimeurs, diffuseurs, distributeurs... Face au volume des ventes, on pourra même négocier avec les auteurs pour réduire leurs droits. On leur dira :

« Avant, vous ne vendiez pas ou très peu. 10% de rien, ça fait toujours zéro. Aujourd’hui, vous vendez un peu plus, alors les 7% qu’on vous donne, signez-là c’est du pain béni ! »

Dans cet esprit de course à la rentabilité, le livre se désacralise et l’on oublie vite l’auteur qui, au final, se fait complice de cette course au gain.

Dématérialiser le livre, le rêve des anti-prix unique

Si les partisans abolitionnistes de la loi Lang sont postés là, en embuscade, attendant leur tour pour faire ce qu’ils veulent avec le livre, les pirates ne sont pas loin non plus, et c’est le risque.

Encore une fois, ne soyons pas naïfs : les grands acteurs n’attendent que ça -dématérialiser le livre pour en retirer un maximum de profit.

Là où le danger se précise, c’est quand la piraterie moderne est postée non loin pour en découdre avec ces vilains croqueurs de capital. Quand les hostilités seront ouvertes, il n’y aura pas de quartier. Et au final, une grosse facture et de nombreuses fermetures dans le secteur.

Nous n’en sommes pas encore là, mais posons-nous ces questions :

  • Concernant le piratage, pourquoi en serait-il de même qu’avec l’industrie du disque ?
  • La vraie question qui se pose c’est : pourquoi n’en serait-il pas de même et pire encore ?

Comme pour la musique, avec le livre nous avons le reflex suivant : « Tu sais, en ce moment, je lis un truc trop génial, dès que j’ai fini je te le passe. » Comme pour la musique, nous trouverons injuste de ne pas pouvoir faire partager notre plaisir librement et gratuitement. Combien de vrais livres circulent aujourd’hui d’un lecteur à l’autre ? Pourrons-nous en faire autant avec un livre numérique ?

Pourrons-nous dire : « Je te l’envoie par mail, ce soir. Comment ? Toi aussi, tu le veux ? OK, je te le mets en copie. »

Il est tellement facile de manipuler cette technologie ou de la contourner.

De bons résultats en piraterie, même pour un débutant

Là où certains se creusent la tête pour développer des verrous qui protègeraient les fichiers contre la copie, d’autres ont déjà les moyens de contourner le problème.

Moi-même, j’y pense chaque jour. En bon professionnel, j’essaye d’anticiper, de prévoir, je me mets dans la peau d’un pirate du livre et avec ma faible connaissance de l’informatique, je parviens à des résultats surprenants.

Avec un simple logiciel OCR, ou ROC en français -pour « reconnaissance optique de caractère » -, téléchargé gratuitement, et un scanner d’occasion acheté 20 euros (le prix du dernier Houellebecq), je scanne un vrai livre de papier et j’obtiens un fichier source que je transforme en un basic fichier texte.

De là, j’en fait ce que j’en veux : un fichier PDF, ePub, PCR... qui pourra être lu dans la langue que je veux par toutes les liseuses disponibles sur le marché.

Si je veux ensuite le vendre, comme sur Numilog en moins cher, je peux emprunter un serveur au Kazakhstan. Peu m’importe la technologie kazakh, c’est tellement léger comme fichier que le temps de téléchargement est inférieur à 30 secondes.

Mes clients payeront avec Paypal et je pourrai alors m’acheter une voiture sur eBay. Gallimard ne sera pas content c’est sûr, mais qu’ils aillent au Kazakhstan fermer mon serveur !

Le temps qu’ils demandent un visa pour leur avocat, j’aurai déjà une autre plateforme en Chine, avec le livre traduit en mandarin et gratuit ! Pas de quartier ! !

Faire dire « Casse-toi, pov con ! » à Harry Potter ?

C’est un cas extrême, mais extrêmement simple à mettre en pratique. C’est à mes yeux le vrai danger, la simplicité de la pratique. Car bien que les composantes du piratage soient connues pour l’industrie du disque, elles le sont moins pour celle du livre, et nous risquerions d’avoir de vraies surprises.

Une forme dérivée de la contrefaçon, par exemple. La contrefaçon, c’est copier un produit, souvent de luxe, pour le vendre à bas prix en disant que c’est un vrai. On fait alors du Vuitton avec de la vieille chèvre, c’est presque un vrai, avec l’odeur en plus.

On ne peut pas faire ça avec un disque, l’oreille ne se trompe pas : Pavarotti, c’est Pavarotti, Madonna reste Madonna et puis même si les voix étaient identiques, ça reste assez cher à produire.

Mais nous venons de voir comme il est simple de transformer un livre en un simple fichier texte, ça l’est encore plus de le modifier. Rien n’empêche alors de glisser une phrase, un texte, un chapitre entier qui n’a pas été écrit par l’auteur... Imaginez un instant les conséquences, on peut faire dire n’importe quoi à Harry Potter : « Casse-toi, pauv con », par exemple.

Le devoir de l’éditeur : prendre des risques pour ses auteurs

Dans ma position de petit éditeur, je ne souhaite pas me fermer à ce marché. Ma position est celle d’un entrepreneur de tradition qui cherche de nouvelles opportunités économiques.

Le piratage sera inévitablement un frein au développement du livre numérique. Dans quelle mesure vais-je être affecté si je me positionne sur ce marché ? C’est quasiment impossible à déterminer aujourd’hui.

Malgré le danger, c’est aussi mon devoir de prendre des risques pour mettre en valeur mes auteurs. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

C’est une très longue traîne qui va se constituer derrière le sillage des gros de l’édition. Une longue traîne qui, disons-le tout de suite, sera sans riposte en cas d’attaque pirate.

Que peut-on faire si on s’attaque à votre livre numérique, qu’on en extrait le texte, qu’on le remanie, qu’on le traduit en chinois et qu’on le vend à 500 000 exemplaires sous son vrai titre, au nom de l’auteur, préfacé par Malraux ? Rien.

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  • Fifidou
    Fifidou
    Post Doc
    • Posté à 18h06 le 05/10/2010
    • Internaute 48893
      Post Doc

    Le modèle économique d’Internet n’est pas encore inventé, et comme vous le soulignez si bien, le pirate aura toujours de l’avance sur l’ayant droit cherchant à se protéger.
    Et du fait de la dématérialisation de l’objet livre, ou cd, nul ne pourra réellement s’opposer aux pirates. C’est un peu comme l’histoire du dopage dans le vélo, ça fait 50 ans que ça dure (à la louche), les techniques de détections sont de plus en plus évoluées, des gens se font prendre, mais çà n’empèche pas les autres de trouver de nouvelles méthodes pour se doper incognito...
    Néanmoins, à la différence du sportif, où il est assez choquant que des types mettent en l’air leur santé pour une gloire éphémère et le plaisir de badauds devant la télé, dans le monde culturel, je ne vois pas de raison éthique poussant à banir l’échange de fichiers numériques sur Internet.
    Contre compensation, bien évidemment.
    Et dans ce cas, le modèle économique de l’abonnement me semble tout à fait adapté. C’est assez indolore, (voir le succès des forfaits smartphones pour avoir une idée du pognon que l’on peut en tirer), et en plus c’est le seule solution qui me semble tenir la route.
    M tout le monde paiera son abonnement consciencieusement, et aura accès à un certain nombre de choses. M le resquilleur sera minoritaire, et donc ce sera bien plus efficace de lui faire la chasse. Surtout que l’organisation qui gère le piratage et permet son succés (Napster...) n’aura plus trop lieu d’être.

    Bien sûr, je me rend compte que cette évolution est un peu contrainte et forcée, que c’est un modèle économique totalement nouveau avec de nouvelles règles à établir, de nouvelles façon de faire. C’est plus confortable de rester dans son mode de fonctionnement. Mais les entreprises fabriquant des bougies en grande série en 1900 ont certainement du se mettre fabriquer des ampoules pour survivre, non ?

    Alors, ce disant, je me rend bien compte que dans mon argumentaire, je ne fais que peu de cas du prix du livre unique. C’est vrai que c’est une bonne mesure, qu’il faut certainement réinventer dans un modèle d’abonnement global et de redistribution financière aux ayants droits ultérieure. Ca doit typiquement permettre de garantir un certain niveau de marge sur le prix d’un livre, permettant de financer la création, pour reprendre une expression à la mode. Mais ça doit bien être possible de trouver une mesure qui ait les mêmes effets, non ?

  • Achernar
    Achernar
    Etudiant
    • Posté à 18h08 le 05/10/2010
    • Internaute 119490
      Etudiant

    Sur les questions de prix, il est intéressant de lire ceci :

    Lien

    Que l’on peut résumer par :

    « The massive Steam holiday sale was also a big win for Valve and its partners. The following holiday sales data was released, showing the sales breakdown organized by price reduction :

    * 10% sale = 35% increase in sales (real dollars, not units shipped)
    * 25% sale = 245% increase in sales
    * 50% sale = 320% increase in sales
    * 75% sale = 1470% increase in sales “

    • plokijuh
      plokijuh répond à Achernar
      ubuesque
      • Posté à 21h24 le 05/10/2010
      • Internaute 127066
        ubuesque

      C’est d’ailleurs la stratégie adoptée par la plupart des entreprises de vente sur internet : insister sur la réduction et non sur le prix en lui-même.

      Regardez les mails de pub, ce sont désormais tous les mêmes ! Un objet du genre « Grande déstockage, profitez-en tous ! », puis dans une énorme police un « -50% », puis en petite police « 300€ au lieu de 600€* », puis en vraiment toute petite police « * : prix public de vente constaté ».

      Vous faites un Google du produit et vous constatez souvent que la plupart des sites proposent ce produit à 300€, que le « prix public de vente constaté » est en réalité sur-gonflé (ou pris égal à ce que l’on peut trouver de plus cher).

      C’est vieux comme le monde ; allez acheter un canapé vous verrez. La première chose que le vendeur vous dit en arrivant c’est « bonjour Monsieur, vous m’avez l’air sympathique alors d’entrée de jeu je vous propose -20% ! ». Le José moyen se dit « putain, je paye 20% moins cher que les autres », se sent gagnant, se sent valorisé, se sent unique. Imparable dans cette société de moins en moins éduquée et de plus en plus individualiste.

      Les consommateurs sont attirées par la ristourne, pas par le prix. Ces chiffres confirment bien cela.

      Sinon des livres on en trouve déjà un paquet sur les sites de Torrent. ; -)

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 19h28 le 05/10/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Les éditeurs ne viennent pas au numérique pour sauver les forêts..

    indirectement si..

    il faudra moins de bibliothèques, d’étagères, de meubles, pour ranger tous les livres..(des arbres abattus en moins) .

    les appartements deviendront plus spacieux d’un coup.. et on pourra se lâcher à lire.. sans penser à la place que cela bouffe dans nos maisons.. à chaque achat...quand on est un gros lecteur..qui ne fréquente pas les bibliothèques...

    • plokijuh
      plokijuh répond à pablico
      ubuesque
      • Posté à 21h40 le 05/10/2010
      • Internaute 127066
        ubuesque

      Et puis les mêmes pseudo-écolos comme vous viendront chialer sur la consommation électrique des énormes datacenters nécessaires à stocker tout ce petit beau monde numérique. Et puis les mêmes pseudo-écolos comme vous viendront chialer sur les eBooks fabriqués en Inde ou en Asie du sud-est dans des conditions humaines et écologiques déplorables. Et puis les mêmes pseudo-écolos comme vous viendront chialer sur la difficulté de recycler ces mêmes eBooks, etc.

      Allons, il faut voir un peu plus loin que le bout de son nez, sinon la réflexion devient très vite stérile. : -)

      • pablico
        pablico répond à plokijuh
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 00h12 le 06/10/2010
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        ce n’est pas la peine d’être si virulent.. vous qui lisez, vous n’êtes pas sans savoir que ce genre de réaction est vite dépassé..

        Je n’abandonnerais jamais :

        - mes sabots pour des galoches
        - mon cheval pour l’automobile..
        - ma cocotte pour une cocotte minute
        - les veillées cheminée pour une télé
        - ma plume pour une machine à écrire
        - ma machine à écrire pour un ordinateur

        jamais.. jamais.. etc. etc.

        la vie passe tranquille et transforme tout...

    • Troll-en-folie
      Troll-en-folie répond à pablico
      Parano chronique
      • Posté à 21h46 le 05/10/2010
      • Internaute 87214
        Parano chronique

      « Les éditeurs ne viennent pas au numérique pour sauver les forêts..

      indirectement si.. »

      Mais quid de l’impact de la fabrication, du transport (made in China...) et du recyclage.

      Le « piratage » que personnellement j’appelle partage est un prétexte bidon.

      Un livre papier, ça se prête, se donne, se revend. Avec le livre électronique, vous payez au prix fort un livre qui ne vous appartient pas. En fait vous achetez une licence d’utilisation.

      On pourra effacer un de vos livre à distance comme l’a fait Amazon :

      Lien

      Me vendre un livre numérique avec des morceaux de DRM à l’intérieur et parfois plus cher que le livre papier, même pas en rêve.

      Alors les éditeurs qui commencent déjà à pleurer sur le « piratage », même réponse que pour la mafia de la musique, qu’ils crèvent.

  • A déménagé le 10 mai
    • Posté à 19h38 le 05/10/2010
    • Internaute 102287

    Imaginez un instant les conséquences, on peut faire dire n’importe quoi à Harry Potter : « Casse-toi, pauv con », par exemple.

    +1

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 19h49 le 05/10/2010
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Quand je prête mes livres papiers, c’est du piratage ?

    Et la bibliothèque municipale de ma petite ville qui prête des tas d’ouvrages à tour de bras, c’est un repaire de mafieuses créatures ?

    « C’est à cause d’eux [les vilains “pirates”, ndlr] si la chanson française est en danger, faute de beurre dans les épinards. “

    Ah bon, la chanson française est en danger ? Comment se fait-il, alors, que le montant total des droits reversés aux seuls ayant-droit par la Sacem en 2009 soit Lien malgré ‘un contexte particulièrement difficile’ ?

    Quant à l’engouement des éditeurs papiers pour le numérique, moi qui travaille pour un des plus grands d’entre eux, laissez-moi rire !

  • pmithrandir
    pmithrandir
    Developpeur
    • Posté à 21h08 le 05/10/2010
    • Internaute 90097
      Developpeur

    Que je sache, je peux acheter un livre, le revendre, mais aussi le donner, le faire passer, etc...

    Puis je faire la meme chose avec son equivalent numérique ?

    En plus, il y a un prix et un produit physique, de la matière a payer, en plus du reseau de distribnution, du transport, etc...
    La il y a un serveur avec de petits fichiers comme vous le soulignez...

    Bref, des couts qui n’ont rien a voir. Une mise à dispositoin des ouvrages meme oubliés sans attente..

    Alors, oui au livre numérique, mais au prix qu’il vaut, 1 ou 2 euro max.
    Plus cher l’editeur se fait une marge non negligeble et non méritée.

  • ouanelache
    ouanelache
    sismologue amateur
    • Posté à 21h16 le 05/10/2010
    • Internaute 115933
      sismologue amateur

    je suis d’accord avec le Yeti juste au dessus.

    « C’est à cause d’eux si la chanson française est en danger, faute de beurre dans les épinards.

    Pour quelqu’un qui touche presque 100 000 euros de salaire mensuel, c’est assez gonflé, mais il n’a pas complètement tort sur le fond. “

    La premiere phrase est un peu relativisee par la derniere, mais accuse quand meme le piratage de ces ‘problemes’.

    Je ne suis pas particulierement au courant des impacts du piratage dans le monde litteraire, mais dans le monde cinema/musique, cela reste vraiment a demontrer.
    Les discours et arguments du gouvernement pour lutter contre le piratage a travers Hadopi sont bases uniquement sur une etude biaisee et contestee (Lien)

    d’autres etudes ont ete faites, par divers pays, instituts, universites, mais ont ete ecartees des discussions politiques(aussi bien francaise que au parlemetn europeen avec Michel barnier) parce qu’elles ne representaient pas assez une image de piratage devastateur.

    liste des autres etudes : Lien

    En gros, je ne connais pas bien le domaine du marche du livre electronique, mais immediatement crier au piratage avant meme d’avoir pris en compte toutes les etudes sur le sujet, et bien cela me parait une bien mauvaise approche.

    • mick69
      mick69 répond à ouanelache
      • Posté à 10h50 le 06/10/2010
      • Internaute 2907

      Dans les études que vous citez, il y a l’idée que les gens qui telechargent beaucoup de musique (sans payer) sont également des gens qui achètent beaucoup de CDs

      Ce schéma peut fonctionner tant qu’on aime l’objet CD, surtout s’il a un beau packaging et un côté collector. Mais avec le livre électronique, je crois que ça ne fonctionnera pas : une personne convertie au livre électronique + fichiers pirates gratos n’achètera plus de livres, moches et encombrants, à part ceux introuvables en version pirate

      Il faudra beaucoup d’imagination aux éditeurs de livres pour s’adapter à la révolution du livre numérique facilement copiable, même si le livre papier va probablement durer encore 10 ans

      • ouanelache
        ouanelache répond à mick69
        sismologue amateur
        • Posté à 17h34 le 06/10/2010
        • Internaute 115933
          sismologue amateur

        personnellement, j’apprecie un beau livre, une belle edition. J’aime acheter des livres plus chers, parce que l’edition et la papier sont de qualite, et pas un format de poche. J’aime observer les livres dans ma « blibiotheque ».

        Je suis peut etre a la masse sur ce sujet, mais je ne suis pas encore au point de jeter mes livres papier pour des editions numeriques.
        Pour des quotidiens/journaux, la question est differente, et le numerique est plus courant pour moi.

  • zorbeck
    • Posté à 22h35 le 05/10/2010
    • Internaute 9110

    OK, OK, un livre pirate c’est un manque a gagner pour son auteur suppose dans la dèche, je veux bien.

    Mais quid des grands classiques ? Pourquoi devoir aller chercher au Quebec la version intégrale des œuvres de Proust sous format PDF, et pas en France ? Personnellement, j’ai préféré le lire sur un portable par ce moyen la, et je n’ai pas l’impression, si je puis dire, d’avoir lésé qui que ce soit...

  • Wildleech
    Wildleech
    révolutionnaire en devenir
    • Posté à 23h44 le 05/10/2010
    • Internaute 81842
      révolutionnaire en devenir

    Dans quelle mesure vais-je être affecté si je me positionne sur ce marché ? > Dans toute la mesure du piratage amateur et professionnel.
    Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? > Faites vous ce métier pour faire fortune ou par goût ?
    Que peut-on faire si on s’attaque à votre livre numérique, qu’on en extrait le texte, qu’on le remanie, qu’on le traduit en chinois et qu’on le vend à 500 000 exemplaires sous son vrai titre, au nom de l’auteur, préfacé par Malraux ? > prendre les devants.

    En théorie, le format électronique élimine tout simplement le besoin d’éditeur.
    Concentrez donc vous sur ce qui fait la différence : la promotion et la diffusion des ouvrages.
    Les clés du Net sont la visibilité, la simplicité, et le prix.
    On pirate peu ce qui est, à tout moment facile à trouver et bon marché.

    L’avenir du Net, et de tout ce qui peut s’y échanger, sera mutualiste ou sombre.

  • mr_megot
    • Posté à 06h46 le 06/10/2010
    • Internaute 53015
      .

    Ce problème du piratage du livre numérique est largement esquivé dans les débats sur le sujet, et je ne m’explique pas ces oeillères.

    Pour l’instant je n’aime pas l’idée du livre numérique, j’aime l’objet, j’aime aller en librairie tâter les bouquins sur les tables, j’aime admirer les rangées de bouquins triés par éditeur et alignés sur ma bibliothèque.
    Mais en toute honnêteté le jour ou je change mes habitudes et ou je passe à une liseuse, je n’ai aucune raison de payer 10 euros pour télécharger un livre (même s’il vaut 20 euros en « vrai ») alors que je peux le télécharger gratuitement sur le site d’à coté.

    Cela changera d’ailleurs totalement la facon de « consommer » (hé oui), aujourd’hui quand on achète un bouquin on a le respect du truc, on l’a choisi, ou il nous a été conseillé, parfois il nous a couté le prix d’un bon resto, bref, on en prend soin et on le lit jusqu’au bout.
    A l’heure du numérique je pense que je me mettrai à télécharger des dizaines de bouquins qui pourraient potentiellement m« intéresser juste pour pouvoir les feuilleter ou lire le premier chapitre, et je ne lirai que ceux qui m’ont vraiment emballés.
    (exactement comme la musique, finalement)

    • Alceste Libreville
      Alceste Libreville répond à mr_megot
      ...
      • Posté à 09h41 le 06/10/2010
      • Internaute 103620
        ...

      La différence essentielle entre le livre et la musique réside en ceci que le livre est plus que du simple contenu. On ne lit pas un poche comme on lit un volume de La Pléiade. On apprécie différemment le grain du papier, le format, la souplesse de la reliure, l’épaisseur même du volume, on le soupèse, on cherche la meilleure façon de le tenir et d’en tourner les pages.

      Le « livre électronique », en limitant grosso modo les variations possibles à la seule typographie, atrophie considérablement l’expérience esthétique que représente tout livre.

      • mr_megot
        • Posté à 09h59 le 06/10/2010
        • Internaute 53015
          .

        Tout à fait. Mais il reste que soit l’expérience esthétique demeure prépondérante et dans ce cas le livre numérique ne fonctionnera pas, soit (et c’est tout de même assez probable) les habitudes changeront, à plus ou moins long terme, et on s’habituera au livre numérique.

        Or si l’on apprécie lire un beau livre (je me souviens avoir lu en Inde des copies de bouquins mal imprimés sur un papier de qualité déplorable et cela avait ôte du plaisir à la lecture), dans le cas du numérique il n’y a aucun valeur ajoutée entre l’originale et « la copie » (mais ce terme perd tout son sens), et je n’ai aucun raison de payer pour avoir un PDF.

         
        • Alceste Libreville
          Alceste Libreville répond à mr_megot
          ...
          • Posté à 10h18 le 06/10/2010
          • Internaute 103620
            ...

          Exactement. Aucune raison de payer pour un ersatz de livre.

          Quant aux habitudes, c’est surtout l’habitude de vraiment lire qui se perd, et avec elle un ensemble de dispositions cognitives et... politiques. Voir (lire !) ce très bon article paru il y un peu plus d’un an : Lien

        1 autres commentaires
      • egide
        egide répond à Alceste Libreville
        Littéral
        • Posté à 10h45 le 06/10/2010
        • Internaute 45067
          Littéral

        Les volumes de la Pléiade sont une ineptie.
        Leur format trop petit ne convient pas aux exigences de lecture assidue qui sont le propre des édition critiques.
        Et les pages très fines et fragiles ne résistent pas à la relecture.
        On a le référentiel qu’on peut.

        La qualité des livres papier s’est effondrée au milieu du XXe siècle.
        Les livres vieillissent très mal.

        Jauni, effrangé, et plein d’odeurs nauséabondes dues à l’humidité, le livre est objet douteux, sale.

        Les technique modernes qui ont remplacé la reliure et la généralisation des papiers médiocres ne résistent pas à l’usage. Impossible de maintenir en bonne état les éditions dites brochées.

        À moins d’avoir la chance de posséder des éditions très anciennes, le livre moderne est un objet médiocre.

         
        • Alceste Libreville
          Alceste Libreville répond à egide
          ...
          • Posté à 11h15 le 06/10/2010
          • Internaute 103620
            ...

          Je ne défendais pas particulièrement les volumes de La Pléiade.

          Je ne sais pas si on peut généraliser ainsi ce constat à tous les livres de tous les éditeurs.

        1 autres commentaires
      • inspecteur crouton
        inspecteur crouton répond à Alceste Libreville
        troll de tram
        • Posté à 11h19 le 06/10/2010
        • Internaute 118828
          troll de tram

        Bien d’ accord sur le fait que le livre est plus que du simple contenu, mais on peut dire la même chose -voire plus- pour la musique : du MP3 bien compressé sur un i-pod ou un ordinateur, ça n’ a vraiment RIEN à voir avec un CD ( ou même un vinyle !) sur une bonne chaîne...

         
        • Alceste Libreville
          • Posté à 11h32 le 06/10/2010
          • Internaute 103620
            ...

          Certes mais la musique reste de l’immatériel (sauf pour ceux qui la jouent évidemment). Elle touche directement les sens (excepté les sourds bien entendu). Rien à voir donc avec l’acte de lire dont le livre permet l’accomplissement.

          • inspecteur crouton
            inspecteur crouton répond à Alceste Libreville
            troll de tram
            • Posté à 11h49 le 06/10/2010
            • Internaute 118828
              troll de tram

            Je vois bien que j’ ai affaire ( ou à faire ? Je ne sais jamais ) à un fétichiste.
            Je maintiens qu’ une qualité de son, c’ est probablement encore plus important qu’ une qualité de papier !

            • mr_megot
              • Posté à 11h57 le 06/10/2010
              • Internaute 53015
                .

              Sauf que la qualité de son d’un cd est la même que celle d’un MP3 bien encodé en haute qualité (pour les vinyles, d’accord, mais qui est fétichiste, la hein ?).
              On a en effet le droit d’apprécier d’avoir ses cds alignés sur une étagère, mais au final l’acte d’écoute, qu’on soit concentré dans un fauteuil ou en train de faire la vaisselle, est le même avec un cd ou un MP3, si l’on excepte la première écoute ou on peut être en train de feuilleter le livret...

        4 autres commentaires
    • Numerosix
      Numerosix répond à mr_megot
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 10h02 le 06/10/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Et le sexe virtuel, ce sera pareil..

  • Arianetoile
    Arianetoile
    libraire ambulante
    • Posté à 10h08 le 06/10/2010
    • Internaute 128224
      libraire ambulante

    A ceux qui prônent le livre électronique pour son moins gros impact sur l’environnement que le livre papier, un extrait d’article tiré du site du Syndicat national de l’édition :

    « Le bilan écologique comparé du livre numérique et du livre papier est nettement en faveur du second. En effet, selon une étude commandée par Hachette Livre à la société Carbone 4, une tablette de lecture numérique (“ liseuse ”) dégage 250 fois plus de CO2 par an qu’un livre papier et il faut lire au moins 80 livres numériques par an pendant trois ans avec la même liseuse (à supposer qu’on la conserve trois ans) pour l’amortir écologiquement… “

    • mick69
      mick69 répond à Arianetoile
      • Posté à 10h57 le 06/10/2010
      • Internaute 2907

      Ca ne m’étonne pas que le livre numerique soit plus polluant que le livre papier. Mais ça n’arrêtera pas notre société qui n’est que très superficiellement écologique.

    • Gethro
      Gethro répond à Arianetoile
      Technicien helpdesk
      • Posté à 11h00 le 06/10/2010
      • Internaute 101455
        Technicien helpdesk

      Et probablement économiquement : à 300€ (à la louche) la liseuse, il faut être un gros consommateur de contenus pour rentrer dans ses frais. Mettons que l’éditeur propose une reduc de 4euros sur des bouquins nouvelles sorties (les trucs gros format qui font ployer ma bibliothèque), ça fait quand même 75 livres « neufs » à acheter avant que ça ne commence à être rentable... soit une dépense totale de 1650euros si les bouquins en question coûtent « que » 18euros en numérique. C’est pas gagné...

      D’ailleurs question en aparté, l’étude spécifie-t-elle ce qu’est une liseuse pour eux ? Est-ce que ça inclut le papier électronique ? Parce que si ça prend en compte les tablettes rétro-éclairée, ça fausse complètement les données.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 10h52 le 06/10/2010
    • Internaute 45067
      Littéral

    J’ai horreur de prendre à partie un auteur d’article.

    Mais là, on a le sentiment désagréable d’être pris pour des imbéciles.

    Loin du pamphlet, cette diatribe populiste se vautre, au premier degré, dans tous les clichés et le convenu propagandiste anti-web qui caractérise en France les discours des filiales multimédias à propos d’Internet et ceux du gouvernement.

    Difficile de lire quelque chose d’aussi grossier et farci autant de contre-vérités.

    C’est très en dessous des diatribes d’Olivier Bomsel, fustigeant comme Savonarole le gratuit qui est, selon lui, la plaie mortelle de l’économie de la propriété intellectuelle.

    Et il propose ni plus ni moins que de condamner toutes les jeune personnes de 15 à 35 ans au prétexte qu’elles sont incurables de leur manie de partage.

    De plus, tout en affirmant que vous n’y connaissez rien en informatique, vous inventez cette fiction si grotesque d’un jeune analphabète du numérique reproduisant au scanner page à page un livre, qu’il va soumettre à un logiciel de reconnaissance de caractère à deux balles et qu’il procèdera ensuite à sa mise forme dans un fichier de type epub.

    epub, mystérieux acronyme, une extension de fichier, et qui serait la partie visible d’une technologie absolument magique qui rendrait lisible en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire un livre papier en un fichier numérique absolument impeccable et reproductible à l’infini.

    C’est de la pure désinformation. Le procédé que vous décrivez est impossible. Essayez donc de reproduire au scanner page à page un petit volume et vous m’en direz des nouvelles.

    Quand à la transcription en mode texte grâce à un logiciel O.C.R., on voit que vous n’en avez jamais fait l’usage autrement que sur une seule page.

    Le nombre considérable d’erreurs produites les rend absolument inexploitables sauf pour des texte très courts et à condition qu’on corrige les défauts manuellement.

    Exemple d’un document numérisé en mode texte par la B.N.F. en l’occurence le Reliquaire d’Arthur Rimbaud  :

    L’avertissement ci-après, apparait à la première page du document qui est l’un de ceux les mieux reproduit et disponible sur Lien

    Provenance : bnf.fr
    Le texte affiché comporte un certain nombre d’erreurs.
    En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance obtenu pour ce document est de 93 %.

    Les moyens de la B.N.F c’est pas des logiciels et du matériel à deux balles.

    Il n’y a aucune mise en page et c’est un très long et minutieux travail que la mise en page d’un texte au format epub.
    Inutile, en plus. Le mode image convient tout aussi bien pour reproduire un livre.

    Mais la mise en forme, image par image de chacune de pages est aussi une tâche longue et harassante.

    Si vraiment les pirates faisaient cela  ! ? !

    Si cela est vraiment représentatif du niveau de réflexion des éditeurs vis à vis du numérique, effectivement, ils sont très mal partis pour surmonter cette évolution de l’industrie culturelle.

    De plus, si les éditeurs principaux qui éditent la quasi-totalité des livres main-stream, sont forcés, en France d’envisager la concurrence du livre numérique des éditeurs américains qui ont l’offre la plus conséquente et font le marché, les petits éditeurs qui œuvrent pour produire des livres papier paraissant à faible tirage n’ont pas à faire face à une quelconque menace de piratage.

    La menace de la contrefaçon numérique est un fantasme de l’édition française qui explique ainsi son considérable retard en matière de numérisation.

    Le prix unique n’a eu d’autre vertu que de garantir les marges de tous les acteurs de l’industrie éditoriale.

    Le déclin de la lecture est un phénomène ancien et qui a commencé à la fin des années 70. Cette désaffection des lecteurs a entrainé une restructuration discrète qui s’est traduite par une concentration sans précédent dans ce secteur économique.

    Toutes les enseignes doivent se partager des ventes qui décroissent en nombre d’exemplaires vendus.

    Si le C.A. d’affaire donc la valeur augmente légèrement malgré la baisse des ventes et si modus-vivendi il y a sur le prix de vente c’est qui permet d’augmenter régulièrement le prix du livre, l’un des produits dont l’augmentation du prix de vente dépassent largement l’inflation.

    C’est ce système de régulation en place depuis 25 ans qui est menacé terriblement.

    S’il existe encore près de 10000 éditeurs, pour la plus grande par des très petites entreprises, c’est grâce aux subventions de l’état sans lesquelles quasiment plus personne à part les grosses maisons, un petite douzaine, ne pourrait pas publier.

    Pendant ce temps là, le pilon fonctionne jour et nuit, tous les jours, sans vacance.

    Si vraiment vous voulez durer dans l’édition, il n’y a qu’un seul moyen, choisissez de ne pas en vivre.
    Comme les auteurs qui y sont de leur poche presque toujours.
    Évidemment, il vous faudra un autre métier.

    Vous y gagnerez l’indépendance éditoriale. Et si vous faites bien votre métier d’édition, l’accumulation de contrats d’auteur constituera un capital valorisable.

    En ce qui concerne la contrefaçon, jamais l’éditeur n’est garant de l’originalité et de l’intégrité absolues des œuvres littéraires, nous savons bien, nous, que les ayants droits sont les pires contrefacteurs.

    Cette conne d’Isabelle R. et son crétin de mari Paterne ont bien retouché les poèmes d’Arthur Rimbaud  ! Et Henri de Monfreid, ce pirate, n’y fut pour rien.

    Néanmoins et malgré mon indignation, je vous propose de débattre de ces sujets afin que vous en veniez à une vision plus réaliste et plus sereine de l’inéluctable dématérialisation de l’édition.

    Mais de grâce, abandonnez vos effrois irrationnels et ne cherchez pas de bouc émissaire afin de conjurer, sans efficacité, les vrais difficultés que rencontre aujourd’hui l’édition, cette industrie fragile.

    • mick69
      mick69 répond à egide
      • Posté à 11h06 le 06/10/2010
      • Internaute 2907

      Je suis d’accord que le piratage ne sera pas tellement fait par des OCR fastidieux,

      Par contre le piratage se produira dès que l’éditeur aura lâché dans la nature le fichier du livre pour le vendre

      Ce qui oblige donc à réfléchir sur cette concurrence nouvelle des copies gratuites

    • Alexandre K. Ounadjela
      Alexandre K. Ounadjela répond à egide
      Éditeur
      • Posté à 11h29 le 06/10/2010
      • Internaute 116490
        Éditeur

      J’aimerai bien débattre mais face à votre indignation, je me sens tout à coup désarmé.
      J’aimerai aussi faire éclater la bulle qui vous sert d’écosystème.
      Alors je vous balance ça :

      Attentat verbal ...

      Un petit texte « populiste » de grands corps malade sous les poum poum tchak ... de mon ami Rachid.

      J’aime ces attaques un peu surprise, c’est un attentat verbal,
      On a faim de se faire entendre, moi j’ai l’appétit cannibale,
      Certains diront que c’est un peu naze et d’autres que c’est franchement d’la balle,
      Quoi qu’il se passe on poursuivra mais croit pas que ton avis m’est égal.

      Capables de faire irruption dans des endroits inattendus,
      Dans des bars et des théâtres, tu nous a déjà entendus,
      Mais on a déboulé aussi dans des collèges, dans des lycées,
      Dans des squares ou dans la rue, on a posé, toi même tu sais.

      Le principe est clair : lâcher des textes là où et quand tu t’y attends pas,
      Claquer des mots un peu partout et que ça pète comme un attentat,
      Dans des salles ou en plein air, laisser des traces, faire des ravages,
      Va demander au 129H ce qu’on appelle le slam sauvage.

      On pose des textes énervés, ou de geon-pi sentimental,
      On aborde un peu tous les thèmes avec ou sans instrumental,
      Mentalement près à proposer partout un intermède vocal,
      Une interruption sonore, un homicide amical.

      Si je vois de l’écoute dans tes yeux, je voudrai te dire merci,
      Et tu pourras me croiser partout sauf sur la scène à Bercy,
      J’ai tes paroles pour te réveiller et j’en ai pour te bercer,
      Et je te les offre sous les projecteurs ou dans le RER C.

      Le plaisir de capter des regards un peu déstabilisés,
      Qui se disent ceux-là, ils ont pas peur de se ridiculiser,
      Le plaisir de capter des regards parfois remplis d’émotion,
      Dans ces cas-là, on sait qu’on a passé le test avec mention.

      On prend la parole à l’apéro et on la prend au dessert,
      Même si les plus sceptiques nous disent « mais à quoi ça sert ? »,
      A pas grand chose c’est vrai, j’avoue, si ce n’est à partager,
      Des bons mots, des bons moments et des lyrics engagés.

      C’est un poème, c’est une chanson, c’est du rap ou du slam,
      Ferait tellement plaisir qu’après ce texte tu t’enflammes,
      Appelle ça un égo-trip ou appelle ça du freestyle,
      On est solide comme de la brique et fragile comme du cristal.

      Les mots sont nos alliés, on les aime comme maître Capello,
      Puis on les laisse s’envoler en musique ou a capella,
      Et comme des flèches ils tracent, lancés par nos cordes vocales,
      Puis on les entend résonner comme une bombe dans un bocal.

      On arrive comme un accident dans des endroits insolites,
      Tu nous verras souvent en groupe, on vient rarement en soliste,
      Et même si tu restes à l’abri, il faut jamais que tu t’emballes,
      Tu peux subir à tout moment, un attentat verbal.

      Maintenant tu sais qui c’est, ces mecs chelous qui viennent raconter leur vie,
      C’est elle, c’est lui, c’est nous, on vient même si t’as pas envie,
      Mais t’écoutes un tout petit bout, p’t’être bien que t’en sortiras ravi,
      Et ça c’est important pour nous, c’est grâce à ça qu’on se sent en vie.

      ... Tchak !

      • egide
        egide répond à Alexandre K. Ounadjela
        Littéral
        • Posté à 21h28 le 06/10/2010
        • Internaute 45067
          Littéral

        Dont acte.

        J’étais si colère que cet éclat a pu paraitre une agression verbale destinée à assener mon opinion  ?

        Je l’admet je me suis emporté.
        Appelons ça une diatribe.
        Critique agressive.

        Malheureusement pour moi, je ne suis pas dans une bulle, comme dans un système qui me protègerais.
        Et si eco-système, il y a, c’est bien celui de l’édition.

        Non, si je critique sévèrement l’aveuglement des éditeurs français c’est que je suis un lecteur déçu, incomblé.

        L’édition est une industrie, un secteur économique.
        La plupart d’entre nous en avons une vision fantasmatique.
        Pour tout dire idéalisée.

        Cependant, c’est un monde opaque, discret, peu disert.
        Les chiffres qu’on en obtient sont ceux que le S.N.E., le syndicat national de l’édition veut bien lâcher, comme à regret.

        L’édition française comme la presse, c’est à dire toutes les activités qui dépendent de l’industrie du papier et de l’imprimerie sont lourdement subventionnées par l’état.

        Le ministère de la culture répartit les aides. Des fonctionnaires, épaulés par des notables locaux décident de ce qu’il faut aider ou pas.

        C’est le pire des accommodements qu’on pouvait imaginer pour la création, pour l’instant, il faut le reconnaitre, il n’y a pas d’alternative.

        Coincé entre des investisseurs, sociétés qui doivent une partie de leur chiffe d’affaire à la commande publique et les politiciens du ministère de la Culture, la création s’est rabougrie.

        On dit qu’il n’y a plus d’auteurs comme ceux d’avant.

        Dans le Monde, quotidien de référence, on conseille aux auteurs littéraires de ne pas chercher à vivre avec leurs droits d’auteur si d’aventure on les publiait 

        Tartuferie si française, si l’auteur n’a plus besoin d’être maudit, il doit être absolument désintéressé.
        D’ailleurs affirme le gazetier, l’auteur peut compter sur l’aide public.

        C’est ça, l’indépendance et la liberté  ?

        Dans mon commentaire précédent, si indigné, je renvoyais le conseil de désintéressement à l’éditeur. Je ne plaisantais pas car cela existe bel et bien.

        Croit-on que l’édition soit un métier pour vivre  ?
        Bien sûr, on peut se rémunérer, modérément, voire presque pas pendant des années et des années.

        Habituellement à moins d’avoir des revenus d’autre part, on laisse tomber si on ne connait jamais la chance de faire de gros tirage grâce à un succès de librairie.

        Pourquoi ne pas renoncer à ce revenu par ailleurs si aléatoire  ?

        Seul, l’auteur devrait faire les frais de la chaine du livre  ?

        Malgré la multiplication des titres, on publie chaque années des dizaines de milliers de nouveaux livres, l’offre n’est pas pléthorique. Elle s’est même rabougrie car beaucoup d’ouvrages se ressemblent par trop.

        Des petits éditeurs soutenus par le C.N.L. le centre national du livre, service du ministère de la Culture, produisent des éditions confidentiels, quelques centaines d’exemplaires par édition, d’ouvrages hors du flot principal qui plait aux lecteurs ordinaires.

        Très peu se vendent et il n’existe presque plus de librairie à fond qui stockent pendant des décennies des livres en attente d’un hypothétique lecteur.
        En tout cas, il n’y en n’a pas assez pour tout ce qui se publie si confidentiellement.

        Mais la chaine du livre de ci de là tourne.
        À vide  ?
        Telle est la question.

        Bien sûr la chaine du livre papier est menacée par la dématérialisation des textes.

        Bien sûr, il faut opérer une mutation.

        Bien sûr, il faut aider les éditeurs à se réorganiser.

        Mais ces manœuvres qui consistent à tenter d’obtenir par clientélisme atavique des protections réglementaires aussi ridicules qu’inefficaces et qui conduisent à accélérer le dépérissement de la littérature française.

        Ainsi cette grotesque invention du livre numérique homothétique qui n’a d’autre but que d’introduire, par force, des prix de vente réglementés dans la seule industrie qui le pratique encore.
        En France naturellement.

        Nous chérissons tant nos chancres et nos ulcères si exceptionnels.

        Un dernier vestige d’un temps qu’on croyait révolu et dont on ne sait pas très bien s’il tient ou du Front Populaire ou de la révolution nationale vichyste, plutôt une sorte de chimère qui tiendrait des deux.

        Même la contradiction est possible dans ce microcosme pratiquement coupé de la réalité actuelle.

        Pourtant, il y a bien, mais non comme vous l’avez décrit, des échanges de fichiers sous droits et qui se font au détriment des ayants-droits.

        C’est très simple, ces fichiers proviennent des fichiers produits par les éditeurs eux-mêmes et qui, pourtant, les avaient bardés de verrous qui devaient empêcher la reproduction sauvage et leur diffusion hors les circuits de vente.

        Échec total des D.R.M. (gestion des droits des fichiers numériques), des procédés dont personne ne veut, car il désaproprie l’acheteur de son exemplaire dont l’usage est particulièrement restreint.

        Ces restrictions d’usage et de propriété empêchent le développement de l’édition numérique et favorisent la fraude.

        Car ces procédés restrictifs ne résistent pas à un technicien averti qui affranchit les fichiers de leurs limitations et les fait ainsi proliférer.

        Ce constat décourageant était pourtant prévisible tant l’industrie du divertissement a chèrement payé ses illusion protectrices, impuissante face à l’extrême plasticité des technologies numériques.

        C’est un théorème que le fichier numérique est indépendant du support physique.
        Un fait absolu qu’on ne peut ignorer.

        Pourtant l’édition dans les années 20 a su s’adapter à la diffusion d’œuvre dématérialisée sous forme d’onde radios et gratuitement sans pour autant perdre les recettes que lui valaient ses droits d’exploitation. Grâce à des accords avec les diffuseurs radiophoniques.

        Une œuvre numérique est reproductible à l’infini.
        Et contrairement à ce que vous pensez, et on peut facilement garantir l’intégrité d’un fichier numérique donc l’exactitude de la version.

        Je n’expliquerais pas ici le procédé de chiffrage qui permet de s’assurer qu’on a bien à faire à l’original (car la copie d’un fichier numérique produit un clone en tout point identique à l’original).

        À ce stade, il faut comprendre que la notion d’exemplaire n’a plus de sens dans un univers dématérialisé.

        Le numérique est flux tout simplement.
        Et comme tout flux il est susceptible d’être identifié et mesuré.

        La solution n’est pas simple mais sans pour autant se ranger à la stupide et peu rentable licence globale qui est inacceptable par les acteurs qui génèrent des contenus. Ceux-ci ont absolument besoin de mesurer l’audience de leur publication afin de rémunérer justement tous les acteurs de la chaine de productions de diffusion des œuvres.

        Je m’arrête là, un tel sujet ne s’épuise pas en un commentaire.

        Voici une première tentative de dialogue concret.
        Car si je ne suis rien, j’essaye de penser la nouvelle donne culturel à l’aune des aubaines technologiques et je ne suis évidemment pas le seul à faire cela.

        Bien sûr cette démarche de pensée nécessite quelques savoirs et connaissances et un peu d’expertise.
        C’est surtout beaucoup, beaucoup de travail.

        Veille technologique, documentation, collecte de données, approches juridiques, économiques, littéraires et sociologiques.

        J’espère vous avoir convaincu, qu’en dehors du fait d’avoir haussé le ton pour me faire entendre, mes propos ne sont pas attentatoires.

        Il ne représente en rien une opinion. Juste une tentative de comprendre ce qui se passe à l’heure actuelle dans les arts et la littérature. Car je n’en suis pas arrivé à présenter une thèse. CE que j’exprime, c’est un travail en progression.
        Et je suis loin du terme.

        Et si violence il y a, c’est de la seule rudesse du réel auquel il faut bien à un moment ou à un autre se colleter avec.

  • cyberlp23
    cyberlp23
    watchman
    • Posté à 14h44 le 06/10/2010
    • Internaute 94265
      watchman

    Afin de sortir des fantasmes propagés à droite et à gauche, je vous invite à consulter l’étude « EbookZ » réalisée par le MOTif en octobre 2009, et complétée par d’autres études dans le cadre d’un observatoire du livre numérique.

    Lien

    Je vous suggère également de suivre la publication à venir d’une étude sur le portrait des « cyber-pirates » du livre.

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