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Ainsi va la Tunisie : le résumé de la semaine (12-18 septembre)

Thierry Brésillon
Journaliste
Publié le 22/09/2011 à 12h19

La Tunisie est reléguée en milieu de tableau désormais dans la hiérarchie de l’information. Pourtant, à un peu plus d’un mois de l’élection de la Constituante, le 23 octobre, le pays est traversé par un tourbillon vertigineux d’événements, à vrai dire, un peu angoissant pour le journaliste. Petite sélection à peine subjective.

Mercredi 14 septembre

► Ennahdha dévoile son programme, poétiquement intitulé « 365 points pour la renaissance de la Tunisie ». Le parti islamiste a opté finalement pour la défense d’un régime parlementaire et s’engage à garantir les libertés, y compris les libertés de croyance. Il s’engage également à défendre les acquis des femmes et à protéger leur liberté contre l’imposition d’un style vestimentaire.

Commentaire de Hamma Hamami, leader du PCOT « Ennahdha, comme le PDP [son principal concurrent, ndr] espère succéder au RCD pour représenter les intérêts de la grande bourgeoisie ».

► Le blogueur Azyz Amami est interpellé et tabassé par les policiers dans un commissariat du centre de Tunis pour une blague sur les bananes. Police/Banane : où est le rapport ?

Le 6 septembre, alors que les nouveaux syndicats des forces de sécurité manifestaient devant les bureaux du Premier ministre, Beji Caïd Essebsi avait annoncé l’interdiction des activités de ces syndicats et traité les policiers manifestants de « singes ».

La comparaison a exaspéré une corporation coincée entre la réputation désastreuse acquise pendant les années Ben Ali et l’inertie que le haut commandement oppose à toute rupture avec le passé.

Visiblement, elle tâtonne encore pour trouver le ton juste dans la commnication avec la population.

Jeudi 15 septembre

► Le Premier ministre turc, Recip Erdogan, effectue une visite officielle à Tunis, en quête de leadership régional. Il prononce un vibrant plaidoyer en faveur de la laïcité, insistant sur le fait que le terme n’est pas synonyme de d’athéisme et signifie le respect de toutes les religions et la garantie de la liberté de culte.

On tousse du côté d’Ennahdha qui ne cesse de se recommander du modèle turc et de l’expérience de l’AKP, pour attester de son évolution et de la possibilité de concilier les valeurs islamiques et la démocratie. Finalement, on conclut diplomatiquement à une mauvaise traduction.

Plutôt que de se saisir de cette balle, la gauche ressort les images des rencontres entre Erdogan et Ariel Sharon et fait la fine bouche devant les tentatives de séduction de ce Turc trop atlantiste à leurs yeux d’anti-impérialistes.

► Les vestiges de la basilique byzantine d’El Kef sont envahis par quelques dizaines de militants salafistes qui entendent « rendre » sa vocation islamique à l’ancien lieu de culte, converti en mosquée au 18ème siècle, avant de redevenir une basilique en 1966, puis un lieu à vocation culturelle.

Le gouverneur leur a demandé de transmettre officiellement leur demande et les autorisés à venir y prier le lendemain. A suivre...

Vendredi 16 septembre

► Douze partis signent une déclaration pour tracer les grandes lignes de l’après élection. Selon cet accord, qui n’engage que ceux qui le signent, le mandat de la Constituante n’excédera pas un an. Une fois élue, elle élira un président qui nommera un gouvernement qui soumettra son programme à son approbation.

Cette déclaration coupe l’herbe sous le pied à la proposition, débattue depuis quelques semaines, d’associer un référendum à l’élection du 23 octobre.

La proposition émane d’une quarantaine de partis (dont des partis proches du RCD dissous et le PDP de Nejib Chebbi) afin de limiter le mandat de la Constituante à six mois et à la seule rédaction de la Constitution, et à maintenir le gouvernement en place. Un déni de démocratie ont dénoncé les principaux partis.

► A Kasserine, cinq diplômés chômeurs tentent de se pendre après une semaine de sit-in pour protester contre les résultats inéquitables d’un concours de recrutement d’instituteurs. Ils sont sains et saufs.

Les avis sont partagés sur cette démonstration de désespoir que certains estiment instrumentalisée par un parti politique que je ne citerai pas faute d’avoir pu vérifier l’information.

Des islamistes qui veulent changer, des policiers qui n’y arrivent pas, des partis politiques qui manœuvrent et des chômeurs qui despèrent... Ainsi va la Tunisie.

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  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 13h59 le 22/09/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Il serait temps de passer de février à octobre...

  • Autist Reading -
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    In enculo cum vibro
    • Posté à 14h01 le 22/09/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro
  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 14h04 le 22/09/2011
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    « > Le Premier ministre turc, Recip Erdogan, effectue une visite officielle à Tunis, en quête de leadership régional. Il prononce un vibrant plaidoyer en faveur de la laïcité, insistant sur le fait que le terme n’est pas synonyme de d’athéisme et signifie le respect de toutes les religions et la garantie de la liberté de culte. »

    Bravo à lui et courage à la Tunisie.

  • Fantomiald
    Fantomiald
    Entrepreneur
    • Posté à 15h06 le 22/09/2011
    • Internaute 81539
      Entrepreneur

    Un programme en 365 points. Soit un point par jour de l’année ... grégorienne.
    La question des droits de la femme doit être évoquée au point « 1er Avril ».

  • ourwa
    ourwa
    oeiciole
    • Posté à 03h43 le 23/09/2011
    • Internaute 43943
      oeiciole

    Ennahda opte pour un régime parlementaire ; c’est de bonne guerre...qui annonce un vrai massacre de ce qui subsiste encore de démocratie en Tunisie et l’extinction définitive des Droits de l’Homme. Un régime parlementaire gangrené jusqu’à l’os par une religion ( où le spirituel et le temporel sont intimement liés, corollaires) permettrait un noyautage en règle des populations et des régions où Ennahda est susceptible d’accéder aux commandes et qu’elle peut transformer en « citoyens » gavés et de régions modèles en terme de développement ; les bailleurs de fonds chargés de pétro-dollars sont déjà aux aguets... Le virus Etat-Providence, national ou régional, est encore très virulent dans les pays arabo-musulmans. On peut aisément imaginer la suite : un embrigadement progressif de l’ensemble de la population ( su-sucre ! ...) et une mainmise totale sur l’ appareil de l’Etat, qui finira par se révéler en tant qu’état islamiste. Ce crétin ottoman d’Erdogan l’a bien compris et a pollué de sa visite la Tunisie, sous l’oeil du prophète Gannouchi et ses mollahs, buvant tous du petit lait. Ainsi, la vache est traite...avant même d’avoir vêlé...
    Le laïus de ce dernier sultan ottoman, qui « prononce un vibrant plaidoyer en faveur de la laïcité, insistant sur le fait que le terme n’est pas synonyme de d’athéisme et signifie le respect de toutes les religions et la garantie de la liberté de culte », fait admirablement écho aux propos du parti islamiste Ennahda qui « s’engage à garantir les libertés, y compris les libertés de croyance. Il s’engage également à défendre les acquis des femmes et à protéger leur liberté contre l’imposition d’un style vestimentaire. » Ou bien les deux comparses jouent aux cons et prennent leurs peuples respectifs pour deux sacs de billes, ou bien ils sont convaincus de ce qu’ils disent et c’est encore plus grave...ce qui revient au même ; les conneries et les convictions dogmatiques étant des soeurs siamoises indissociables.
    Que signifie « libertés de croyance » et défense des « acquis des femmes » pour Ennahda, quand ce parti semble être le commanditaire masqué, en sous-main, des dégradations d’églises, synagogues, assassinat de prêtres, attentat à l’explosif de la synagogue de La Griba ? quand ce parti répète à l’envie que les lois à venir doivent trouver leur source dans l’islam ? Y compris le maintien de la femme tunisienne dans un statut de demi-humaine : injustice révoltante quant aux lois sur la succession patrimoniale, lois sur lesquelles Bourguiba s’est cassé les dents ? Quid du droit à l’avortement, acquis par la femme tunisienne avant la femme française ? Quid de la liberté sexuelle de la femme tunisienne dans un pays où les maisons closes et les bordels ( de vrais souks) sont de vraies institutions nationales dans toutes les villes et où l’esclavage sexuel crée et entretient le sordide et la mort programmée ?
    Quant à « la liberté...du style vestimentaire », prônée par ces ayatollahs, c’est la crise sur le bateau intégriste, crise de recrutement, d’endoctrinement, un hochet empoisonné agité sous les yeux de la jeunesse, surtout, laquelle jeunesse voue un vrai culte à la mode internationale, et non pas au torchon de tête ou à la robe « prophétique »... cette jeunesse qui a enflammé justement le pays grâce, entre autres modes de contestation, au téléphone portable et à internet, ces instruments de Satan...
    Gannouchi ne parle plus, ou si peu ; ce sont ses mollahs qui polluent les places publiques et les médias à présent Une stratégie à la Khomeini, en quelque sorte, mais avec des nuances. L’on a ses « spécificités » tunisiennes, tout de même ! ...
    Quant à ces tribus vociférantes, qu’on nomme partis politiques de gôche ou autres, faute de mieux, les petits tourbillons qu’ils produisent depuis quelques mois finiront bien par s’éteindre...faute de vent. Aucun d’eux, pas plus que les fachos d’Ennahda, n’a ni les arguments nécessaires, ni le programme politique réellement démocratique, ni l’honnêteté idéologique sous-jacente, pour insuffler au pays des alizés paisibles, bienfaiteurs et continus.

  • cindouche
    cindouche
    étudiante
    • Posté à 16h44 le 23/09/2011
    • Internaute 171211
      étudiante

    je suis étudiante en tunisie a Sousse jusqu« en mars. Et c’est vrai qu’a Tunis, la situation n’est pas très stable par moment mais je tiens quand meme à dire que dans les autres villes la situation est stable, les manifestations se font très rares, les gens ont une vie normale, ils travaillent, sortent et surtout s’organisent pour les élections. On a même proposé aux étudiants étrangés de participer à ces élections en tant qu’observateur dans les bureaux de vote. Je pense vraiment que les choses évoluent pour le moment très positivement et qu’il faudrait en parler beaucoup plus.

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