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Tunisie : Marzouki, de l'intransigeance à la réconciliation

Thierry Brésillon
Journaliste
Publié le 13/12/2011 à 12h17

Moncef Marzouki (Thierry Brésillon)

Le moment est historique et constitue, après les élections du 23 octobre, une rupture supplémentaire avec le régime de Ben Ali  : l’homme qui, à 66 ans, vient d’être élu, lundi, à la présidence de la République tunisienne par l’Assemblée constituante tunisienne avec 153 voix sur 217, a été l’un des opposants les plus constants au régime déchu le 14 janvier.

L’élection de Moncef Marzouki consacre une trajectoire personnelle qui détermine les trois traits distinctifs de son positionnement politique  :

  • le refus de toute compromission avec régime de Ben Ali ;
  • un militantisme déterminé en faveur des droits de l’homme ;
  • le refus d’ostraciser les islamistes.

Né d’un père opposant yousséfiste (traditionnaliste) à Bourguiba, mort en exil au Maroc, il a vécu son enfance dans une ville du sud, Douz. Il n’est issu d’aucun establishment, ni des villes de la côte d’où vient une partie de l’élite économique et politique tunisienne, comme ses deux prédécesseurs, ni de l’appareil sécuritaire.

Médecin neurologue, formé en France dans les années 1970, il s’est engagé dès 1980 au sein de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) dont il a été le président en 1989 jusqu’à sa dissolution en 1992, alors que le pouvoir veut réformer le statut des associations afin d’y placer ses partisans. C’est l’époque où la répression des islamistes est à son paroxysme, avec l’accord implicite d’une partie de la gauche.

Opposé à toute forme de coopération avec le pouvoir, il rompt avec la LTDH reformée en 1994 et contribue à la formation, en 1998, du Conseil national des libertés en Tunisie (CNLT). Il a été membre de la section tunisienne d’Amnesty International et de l’Organisation arabe des droits de l’homme.

Une plateforme démocratique avec Ennahda

En 1994, il avait tenté de participer à l’élection présidentielle, avant d’être brièvement emprisonné. Puis en 2001, il forme le Congrès pour la République (le CPR), sur une plateforme démocratique, auquel se rallient quelques militants islamistes, à un moment où le mouvement Ennahda bénéficie d’un très relatif allègement de la répression. Exilé en France à partir de 2001, il est le maître d’œuvre, en juin 2003, d’une déclaration commune de l’opposition au régime, en collaboration avec Ennahda.

Deux ans plus tard, les deux partis se retrouveront de nouveau côte à côte dans le mouvement du 18 octobre 2005, avec le PDP et Ettakatol.

Discours antisystème

Son retour d’exil, dès le 18 janvier, ne soulève pas les foules, et s’il envisage dès ce moment la perspective d’une candidature à l’élection présidentielle, il ne sait pas encore que le chemin devra passer par l’élection d’une Assemblée constituante pour laquelle son parti ne semble pas en très bonne posture. Pendant des mois, son service média n’a qu’une maigre revue de presse à se mettre sous la dent.

C’est pourtant le CPR, en dehors d’Ennahda (qui rassemble autour du référent religieux), qui aura le mieux capitalisé sur les aspirations révolutionnaires, notamment auprès des jeunes, séduits par son discours antisystème, sa clarté dans la volonté de rupture avec la dictature et la corruption, sa réaffirmation d’une identité arabo-musulmane militante face à la domination occidentale et sa capacité à utiliser les nouveaux médias sociaux.

Classé deuxième en sièges à l’Assemblée constituante avec trente élus, le CPR a été en position de force pour obtenir la présidence de la République en échange de sa participation au gouvernement d’union nationale aux côtés d’Ennahda, alors que Mustapha Ben Jaafar (Ettakatol), aux manières plus souples que le leader du CPR, était pressenti pour le poste.

Climat pesant

L’événement, tout historique qu’il soit, est pourtant accueilli sans enthousiasme, dans un climat assez pesant. D’abord parce que lla situation sociale, bientôt un an après le suicide de Mohamed Bouazizi, n’offre guère davantage de perspectives aux jeunes chômeurs et que la croissance économique nulle plombe la reprise économique et le moral des ménages.

Le bassin minier de Gafsa est paralysé par des manifestations de chômeurs, des infrastructures comme le port de Gabès sont bloquées par des sit-in et l’UGTT, la puissante centrale syndicale, à quelques jours de son congrès, semble vouloir marquer son opposition à l’accession au pouvoir d’Ennahda, et montrer sa capacité de nuisance, alors que les dossiers de corruption de ses dirigeants pourraient arriver bientôt entre les mains de la Justice.

Marchandages politiques


L’Assemblée nationale constituante au Palais du Bardo (Thierry Brésillon)

C’est dans ce contexte que l’élection de Moncef Marzouki est intervenue, au terme d’un très long processus de tractations politiques entre les trois partis de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la troïka  :

  • Ennahdha,
  • le CPR,
  • Ettakatol (social-démocrate).

Après deux semaines de négociations informelles entre les partis à partir du 8 novembre, puis deux semaines de travail en commission à l’Assemblée, il aura encore fallu encore une semaine de débat pour voter, samedi soir, l’organisation provisoire des pouvoirs qui tiendra lieu de constitution jusqu’à l’élaboration de la Constitution définitive, et procéder finalement à l’élection du président de la République.

Probablement inévitable, ce long accouchement est aussi le résultat de la volonté de ne négliger aucune étape de la refondation politique de la Tunisie. Mais il a offert le spectacle de marchandages politiques où les attributions respectives des différentes autorités se négociaient contre des places au gouvernement.

Une présidence faible

La première version du texte qui a fuité dans la presse le 26 novembre a déclenché un véritable tollé tant il concentrait les pouvoirs entre les mains du Premier ministre, poste qui devrait échoir à Hamadi Jbali, secrétaire général d’Ennahda.

Les jeunes militants du CPR ont pris leurs élus à partie. Non seulement les ministères de la Justice et l’Intérieur vont probablement échapper au CPR, mais la présidence promise à Moncef Marzouki était dépourvue de pouvoir réel, en particulier de l’autorité directe sur le ministère de l’Intérieur qu’il exigeait.

En dehors des attributions classiques d’un chef d’Etat (chef suprême des armées, promulgation des lois…) et de la nommination du Mufti de la République, il n’a aucun contrôle sur l’action du gouvernement. Seules modifications obtenues lors des débats, le président de la République «  fixera en concertation et en compromis avec le chef du gouvernement les contours de la politique étrangère du pays  », il décidera de la même manière des nominations militaires et diplomatiques de hauts rangs.

Le CPR a également obtenu qu’Ennahda et Ettakatol reviennent sur l’engagement de limiter le durée de la Constituante à un an et le mandat de la Constituante, et donc celui du chef de l’Etat, est désormais indéterminé et prendra fin une fois la nouvelle Constitution adoptée.

« Fakham » Ghannouchi

L’activisme international de Rached Ghannouchi, auquel certains présentateurs télévisés donnent du «  Fakham  » (Excellence) depuis le 23 octobre, alors qu’il n’est que le président du parti Ennahda et ne dispose d’aucune fonction officielle, laisse sceptique sur la consistance du rôle du nouveau chef de l’Etat en matière diplomatique.

Le leader islamiste s’est notamment rendu aux Etats-Unis début décembre à l’invitation du magazine Foreign Policy. Au cours de ce voyage, il a en particulier donné des assurances à des représentants d’organisations pro-israéliennes que la Tunisie n’inscrirait pas dans sa Constitution l’interdiction de la normalisation des relations avec Israël, alors que son parti avait milité pour que cette disposition soit inscrite dans le pacte républicain adopté par la Haute instance début juillet.

La division de la gauche


Une manifestante devant le Bardo, le 1er décembre 2011 (Thierry Brésillon)

Autre motif de morosité, la participation du CPR (et d’Ettakatol) à un gouvernement avec les islamistes consacre la division de la gauche.

Le clivage semble désormais profond entre la ligne défendue par le CPR d’une coopération politique avec les islamistes, et la gauche «  moderniste  » qui n’a de cesse de dénoncer la trahison de partis qui ont «  vendu leur âme pour des portefeuilles ministériels  », au risque de cautionner l’instauration d’une «  nouvelle dictature islamiste  ».

Moncef Marzouki cristallise sur sa personne toute la révulsion qu’inspire à la gauche laïque l’idée de coopérer avec Ennahda.

Lors de la conférence de presse qu’il avait donnée le 26 octobre, le leader du CPR a pourtant assuré qu’il serait « le garant des libertés et des valeurs universelles ».

L’homme de la troisième voie ?

Dans un l’entretien qu’il avait accordé à Rue89 le 15 février dernier, Moncef Marzouki défendait :

«  J’ai toujours considéré qu’on […] qu’on instrumentalisait cette peur de l’islamisme. Le régime justifiait la dictature par la peur de l’islamisme, et l’Occident justifiait son soutien à la dictature par la même peur. C’était un fantasme. En Tunisie, nous avons la chance d’avoir un islamisme modéré […]. »

Et s’il se situait alors dans la gauche «  démocratique et laïque  », il avait, dans un ouvrage publié en 2005 (« Le Mal arabe – Entre dictatures et intégrismes : la démocratie interdite », 2005, L’Harmattan) marqué sa distance avec la notion de laïcité en ces termes  :

«  A la question “Comment peut-on être laïque en terre d’islam ?”, la réponse est qu’on ne peut pas l’être ou à la façon d’un corps étranger dans un organisme.

La bonne question est plutôt : “Comment défendre en terre d’islam, non la forme, mais l’essence des valeurs défendues en France sous la bannière de la laïcité à savoir l’égalité, la liberté et la fraternité ?” Or ces valeurs peuvent et doivent être défendues face à la montée des intégrismes sous la bannière de la démocratie, qui a le double mérite d’être plus universelle et moins chargée de connotations anti-religieuses.

Toute tentative de mélanger les genres et d’assimiler la démocratie à la laïcité ne servira qu’à affaiblir le projet démocratique arabe au seul profit de l’intégrisme.  »

Désormais au sommet de l’Etat arabe le mieux engagé dans la transition démocratique, Moncef Marzouki pourra-t-il être l’agent de cette troisième voie démocratique entre dictature islamiste et régime autoritaire ? Lui qui fut l’homme de l’opposition intransigeante à Ben Ali, devra être à la fois l’homme de la rupture et de la réconciliation des Tunisiens avec leur double héritage, islamique et moderne.

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  • 13 réactions
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  • Caniveau89
    • Posté à 12h32 le 13/12/2011
    • Internaute 26147

    Les islamistes l’adorent, à ce qu’il parait !

  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 12h46 le 13/12/2011
    • Internaute 58787
      Keodedour ar bed

    Je doute que les salafistes l’apprécient.
    D’après ce que je lie ici il a fait un travail d’intégration des formes politiques du pays. Un peu comme l’ensemble des partis issus de la résistance en France dans l’après guerre ? Faire une union politique avec les forces majeures du pays permet de faire une société durable. Se couper ce celles ci serait dangereux.

    • daoud01
      daoud01 répond à Cataphractaire
      ingénieur
      • Posté à 18h51 le 13/12/2011
      • Internaute 150428
        ingénieur

      Il « a été l’un des opposants les plus constants au régime déchu le 14 janvier. »...

      ... et maintenant l’idiot utile d’Ennahda ...

  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 12h49 le 13/12/2011
    • Internaute 58787
      Keodedour ar bed

    Je ne vois pas pourquoi le fait qu’il soit un président faible serait un désavantage. Une démocratie peut elle mériter ce titre lorsque qu’un seul homme concentre des pouvoir régaliens ? Il vaut mieux que se soit le parlement qui détienne le pouvoir, même si ce n’est pas la panacée démocratique par manque d’interactivité citoyenne.

  • de personne le journal
    de personne le journal
    Une info scénario
    • Posté à 14h15 le 13/12/2011
    • Internaute 142875
      Une info scénario

    Rouge Tunisien

    Je suis une plante rouge
    Qui jouit et se réjouit
    Du pur plaisir d’exister... Non que dis-je ?
    Du pur plaisir de coexister
    Au milieu d’autres plantes
    Vertes, jaunes ou rouges
    Vous n’imaginez pas le bonheur
    D’être plusieurs
    Une pour toutes et une fois pour toutes
    Et toutes pour une
    Le paradis au cœur de chacune

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/10/rouge-tunisien/

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 15h41 le 13/12/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    En tous cas, il ne dérangera pas le capital international.

    Les UGTT vont passer en procès, mais Club Med et les autres vont continuer leur business comme sous Ben Ali...

    • anini
      anini répond à Autist Reading -
      terrienne de souche !
      • Posté à 22h04 le 13/12/2011
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Je ne pense pas que leur économie puisse se passer des touristes de toute façon.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à anini
        In enculo cum vibro
        • Posté à 02h48 le 14/12/2011
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Parce que si le nouveau gouvernement améliore le droit du travail tunisien le capital international va interdire le tourisme en tunisie ?

        Si Club Med doit augmenter ses femmes de ménages, il arrête tout et il demande à l’Otan de mettre un blocus sur la tunisie ?

        Ce ne serait pas étonnant, remarquez...

  • marcelamon
    • Posté à 22h06 le 13/12/2011
    • Internaute 31356

    Où sont passés les articles d’intox sur la Syrie ?

  • ourwa
    ourwa
    oeiciole
    • Posté à 03h58 le 14/12/2011
    • Internaute 43943
      oeiciole

    « En 1994, il avait tenté de participer à l’élection présidentielle, avant d’être brièvement emprisonné. Puis en 2001, il forme le Congrès pour la République (le CPR), sur une plateforme démocratique, auquel se rallient quelques militants islamistes, à un moment où le mouvement Ennahda bénéficie d’un très relatif allègement de la répression. Exilé en France à partir de 2001, il est le maître d’œuvre, en juin 2003, d »une déclaration commune de l’opposition au régime, en collaboration avec Ennahda »
    A cette compromission de Marzouki avec Le mouvement islamiste Ennahda, qui ne date pas d’aujourd’hui, vous ajoutez plus loin ce commentaire juste qui pèse son poids d’inquiétude qui taraude le peuple tunisien quant à la main mise sur le pays d’un régime annoncé et qui se précise de jour en jour, un régime totalitaire et liberticide, celui d’Ennahda :
    « Désormais au sommet de l’Etat arabe le mieux engagé dans la transition démocratique, Moncef Marzouki pourra-t-il être l’agent de cette troisième voie démocratique entre dictature islamiste et régime autoritaire ? Lui qui fut l’homme de l’opposition intransigeante à Ben Ali, devra être à la fois l’homme de la rupture et de la réconciliation des Tunisiens avec leur double héritage, islamique et moderne. »
    Une troisième voie située entre deux dictatures, en somme et qui plus est « démocratique » ? « DEMOCRATIQUE » alors qu’elle se situe entre Charybde et Sylla ? voie imaginée par un allié d’Ennahda de longue date et qui se soumet actuellement, toute honte bue, à ses projets liberticides et qui consent à une Présidence de la république caricaturale, dépourvue de tout pouvoir réel ? Marzouki est plus qu’une marionnette aux mains d’Ennahda, il est aussi une marionnette parlante sonorisée par le ventriloque Ennahda, il répète en quelque sorte, dans ses derniers discours, un discours nahdaoui creux, vague, ambigu et qui se veut rassurant. Certes, il romprait avec une politique dictatoriale, celle de ben Ali, tout en prétendant oeuvrer pour une réconciliation, mais avec qui ? Pour l’instant, cette « réconciliation » s’affiche dans son alliance-vassalité à Ennahda, autre artisan d’une autre dictature qui se confirme de jour en jour.....Rompe avec une dictature pour se mettre au service d’une autre ? Bel exploit au nom de la démocratie ; celle-ci y gagnerait, certainement.....
    M. Brésillon, vous êtes le journaliste de Rue 89, spécialiste de la Révolution tunisienne, vous vivez actuellement en Tunisie d’où vous écrivez vos articles, mais vous commettez cette impardonnable erreur en considérant l’ensemble du peuple tunisien comme musulman ou « islamique » comme vous dites, vous ne remarquez même pas les exigences de certains partis de gauche demandant la non inscription dans la future constitution provisoire- dont tout le monde attend le texte final-de toute référence à l’islam, vous n’entendez même pas l’exigence suprême d’Ennahda à la constituante interdisant toute candidature à la présidence de la république aux non musulmans, exigence à laquelle Marzouki et ben Jaafar se sont soumis, gavés qu’ils sont de leurs trônes respectifs assurés depuis longtemps par Ennahda. L’art et la manière de substutuer une dictature à une autre.
    Cette troisième voie en rappelle une autre, celle prônée par des pays non alignés des années cinquante et qui a donné naissance à des républiques bananières, y compris musulmanes, des monarchies » éclairées » théologiques, tous régimes totalitaires et liberticides à cheval entre les monstres communiste et celui déjà néocolonialiste des puissances coloniales.On connait la suite et on est en droit de redouter le pire, une hégémonie islamiste, totalitaire, liberticide sur le Magreb et et Moyen Orient.

  • sarastro31
    sarastro31
    Allegro Fortissimo
    • Posté à 09h58 le 14/12/2011
    • Internaute 120176
      Allegro Fortissimo

    Ce mec prouve qu’un grand militant peut faire un piètre politicien.

  • LienRag
    • Posté à 11h39 le 14/12/2011
    • Internaute 34767

    La gauche laïque ou voulant défendre les privilèges que lui valent son acculturation ?
    Je ne pense pas que le PCOT, qui est lui aussi sur une ligne démocratique, soit moins « laïque » que ceux qui veulent faire de la culture occidentale la principale ligne de démarcation entre une élite éclairée et des masses arriérées...

  • hasni
    • Posté à 17h07 le 14/12/2011
    • Internaute 37535

    Ennadha a réussi un coup de maître.
    Ses alliées sont neutralisés dans un gouvernement provisoire qui n’est censé gérer que les affaires courantes. Abbou en a même perdu les pédales contre les manifestants du Bardo tellement pressé de ressembler en paroles à ceux qu’ils critiquaient du temps de la dictature. Marzouki qui demande depuis le début un poste de Président. Il aura eu son hochet avec lequel il pourra inaugurer tout les Chrysanthèmes (comme dirait l’autre) qu’on aurait pu déposer (mais cela n’est pas la tradition) sur les tombes des blessés et autres laisser pour compte de la Révolution. Ceux qui sont descendus dans la rue pour virer Ben Ali et avoir du boulot et que ni les CPR, ni Ennadha, ni personne ne considèrent aujourd’hui que comme des dégâts collatéraux à l’accession au pouvoir. Ennadha préfigure la constitution de demain et le fait qu’ils n’envisagent pas le recours au référendum pour la ratifier est peu encourageant.

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