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Liberté de la presse : Ennahdha dans les pas du RCD de Ben Ali

Thierry Brésillon
Journaliste
Publié le 10/01/2012 à 11h28

Des journalistes manifestent à la Kasbah contre les nominations dans le service public, le 9 janvier 2012 (Thierry Brésillon)

Ennahdha vient de perdre une belle occasion de démontrer son respect de l’indépendance des médias. Samedi soir, une dépêche annonçait que le Premier ministre Hamadi Jbali avait nommé, sans aucune concertation préalable, les nouveaux directeurs des médias publics  :

  • agence de presse TAP, Tunis-Afrique-Presse : Mohamed Taïeb Youssefi ;
  • Snipe – Société nouvelle d’impression, de presse et d’édition –, les quotidiens La Presse et Essahafa  : Mohamed Néjib Ouerghi ;
  • Télévision tunisienne : Adnane Kheder ;
  • Télévision Tunisienne 1 : Sadok Bouabbène ;
  • Télévision Tunisienne 2 : Imène Bahroun.

Les rédacteurs en chef des deux quotidiens publics :

  • La Presse  : Faouzia Mezzi et Mongi Gharbi ;
  • Essahafa  : Néji Abbassi.

Le directeur de l’information de la Télévision tunisienne : Saïd Khezami.

« Un oukaze politique »

La décision a immédiatement soulevé un tollé et, lundi matin, plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant le siège du Premier ministre à la Kasbah, à l’appel du Syndicat national des journalistes tunisiens, le SNJT.

Kamel Laabidi, président de l’Instance nationale de réforme de l’information et de la communication (Inric), formée après le 14 janvier, conteste d’abord la méthode  :

«  Le gouvernement a procédé exactement comme à l’époque du RCD [l’ancien parti au pouvoir, ndlr]  : une décision politique annoncée par une dépêche d’agence  ! Nous n’avons ni été consultés, ni informés.

Hamadi Jbeli est même allé plus loin que le RCD en nommant les rédacteurs en chef et le directeur de l’information de la télévision nationale, alors que ce genre de décisions relève en principe des rédactions et non d’un oukaze politique.

C’est d’autant plus regrettable que nous avions émis la semaine dernière quatorze recommandations pour des mesures d’urgence en faveur de l’indépendance des médias, dont la nécessité de décider des nominations en concertation avec le président de la République, le président de la Constituante, et les organisations professionnelles. Le gouvernement n’en a pas tenu aucun compte.  »

« Des agents de la propagande de Ben Ali »

Le plus surprenant est que parmi les nouveaux responsables choisis par Ennahdha, plusieurs ont joué un rôle majeur dans l’appareil d’Etat de l’époque de Ben Ali, comme le relève Ridha Kéfi, membre de l’Inric :

«  C’est un retour à la case départ. Ennahdha fait appel à des agents de la propagande de Ben Ali. S’ils ont choisi les mêmes, c’est qu’ils attendent d’eux qu’ils accomplissent la même mission, dans le même mépris des règles d’éthique et de professionnalisme.  »

Nejib Ouerghi, nouveau directeur des deux quotidiens publics, La Presse et Essahafa, a été le rédacteur en chef de l’organe du RCD, Le Renouveau, de 2003 à 2010, avant de prendre la tête de la TAP.

Mohamed Taïeb Youssefi, nouveau directeur de la TAP, a été l’attaché de presse de différents ministères depuis 1989, avant d’être nommé chef de cabinet du Premier ministre en février 2010.

Ridha Kéfi commente  :

«  Nous avons désormais à la tête de l’agence de presse tunisienne quelqu’un qui était connu pour son sens du verrouillage de l’information.  »

Les deux nouveaux rédacteurs en chef de La Presse, Mongi Gharbi et Fawzia Mezzi, ont eux aussi payé de leur personne pour vanter les mérites des dirigeants éclairés qui ont gouverné la Tunisie jusqu’au 14 janvier 2011.

Dans un texte rédigé dans une langue de bois inimitable de la plus belle facture, Mongi Gharbi exposait ses sept raisons de voter Ben Ali en 2009. Extrait  :

« Par-delà le concept temporel en soi, c’est bel et bien d’un style de gouvernance dont le chef de l’Etat ne s’est à aucun moment départi depuis qu’il veille aux destinées de la Tunisie. Un style qui consiste à adopter systématiquement la démarche graduelle, cumulative et constructiviste pour l’émergence d’un ordre nouveau, fût-t-il secondaire, et de s’en servir comme levier pour l’étape suivante, suscitant de la sorte une dynamique, d’une rare efficience d’accumulation et de pérennisation quali-quantitative des acquis.  »

Quant à Fawzia Mezzi, elle a présidé l’Association des journalistes tunisiens qui avait remis à Ben Ali en 2003 la Plume d’or de la liberté de la presse. A l’époque, elle plaidait la nécessité de militer de l’intérieur pour les droits des journalistes.

Les autres responsables choisis par Hamadi Jbeli soulèvent moins d’objections. Adnane Kheder, directeur-général de la télévision nationale et Saïd Khezami (passé par Al Jazeera et Abu Dhabi TV), directeur de l’information, ont même plutôt une bonne réputation professionnelle.

« Les médias, au service de la gauche »

Comme c’est désormais l’usage, chaque manifestation critique à l’encontre du pouvoir suscite une contre-manifestation de militants particulièrement virulents, contenus derrière un cordon de policiers, pour clamer « nous sommes le peuple  ».

Un homme qui se dit menuisier argumente  :

«  Nous sommes contre les arrivistes ! Moi je suis pour la liberté de la presse, mais nous n’avons pas confiance dans les médias. Ils sont au service de la gauche, ils ne parlent pas des vrais problèmes du peuple.  »

Une professeure de l’Institut de formation des sciences de l’information qui forme les journalistes renchérit  :

«  Je les connais les gens d’en face, ces journalistes étaient vendus à Ben Ali.  »

L’argument joue sur l’ambiguité qu’entretient la présence dans les manifestations de l’opposition, de personnalités qui ont prospéré sous l’ancien régime. Mais quand on objecte que ce sont précisément ceux que le gouvernement vient de nommer qui ont servi Ben Ali, un troisième manifestant coupe court à la discussion  :

«  L’Etat a tous les droits. Il peut nommer qui il veut  !  »

D’une manière générale, ces contre-manifestations expriment un point de vue assez répandu qui voit dans la critique des décisions d’Ennahdha, l’affront d’une d’une élite de gauche compromise avec Ben Ali, à un pouvoir censé incarner la volonté populaire. Les contre-manifestants scandent, comme dans un stade de foot :

« Avec notre sang, avec notre âme, nous défendrons ce gouvernement ! »

Abdelnaceur Aouini, avocat que l’on peut difficilement suspecter de complaisance avec l’ancien régime (il est devenu célèbre pour avoir été le premier à annoncer dans les rue de Tunis le départ de Ben Ali), du côté de la manifestation des journalistes, déplore cette tournure du débat politique :

«  En défendant le pouvoir, ces gens ne sont pas conscients qu’ils défendent la possibilité d’une nouvelle dictature. Les gens de la société civile ou des syndicats qui ont lutté contre Ben Ali sont de ce côté. En face, ce sont des inconnus, des gens qui ne se sont jamais mobilisés. »

Depuis les élections du 23 octobre, dans les rangs d’Ennahdha, les médias publics sont régulièrement mis en cause parce qu’ils seraient investis par la gauche et les RCDistes, et ne représenteraient pas la réalité du peuple.

Kamel Laabidi, de l’Inric, réfute l’idée que les médias doivent être à l’image du parti majoritaire :

« Les sympathisants d’Ennahdha nous disent que les médias ne reflètent pas la nouvelle réalité, mais le rôle d’une presse libre n’est pas d’être le porte-parole d’une majorité ou d’un pouvoir. C’est d’informer l’opinion de manière professionnelle. »

Un pilier de la dictature

Certes, depuis le 14 janvier, les médias publics étaient considérés, avec la police et la justice, comme l’un des piliers de la dictature encore en place, et au cœur de toutes les protestations. Kamel Laabidi, à la tête d’une commission chargée justement de démocratiser le secteur des médias, le reconnaît  :

«  Les journalistes sont conscients des limites des médias publics. On ne peut avoir été empêchés de travailler normalement pendant vingt ans, sans que cela ne laisse des traces. Mais ces derniers mois, ils ont suivi des sessions de formation, ils commencent à acquérir de nouvelles habitudes.

Le problème doit être abordé de manière concertée, pas avec une décision aussi hâtive digne d’un régime autoritaire. Le contrôle des médias publics ne doit plus relever du gouvernement, mais du pouvoir législatif. »

Maladresse ou volonté hégémonique ?

Comment comprendre une décision aussi manifestement contraire au projet de rupture avec le régime de Ben Ali ?

Les partis politiques d’opposition y voit clairement une dérive et le signe d’une volonté de se couler dans le moule du RCD et de prendre le contrôle de l’Etat.

Ahmed Brahim, secrétaire général d’Ettajdid (social-démocrate), estime que :

« Les journalistes ont raison de voir dans cette décision le début d’une domestication des médias. “

L’affaire accroît encore la tension au sein de la coalition entre Ennahdha et ses deux alliés, qui n’ont pas été consultés sur ce dossier.

Khemais Ksila, député d’Ettakatol (social-démocrate), s’indigne :

‘Ennahdha a révélé sa volonté d’hégémonie. Cette décision est une faute stratégique.’

Le CPR a publié un communiqué lundi soir pour dénoncer d’une part :

‘le choix de personnalités impliquées dans la désinformation et la propagande de la dictature et la corruption dans l’ancien régime.’

... et d’autre part, une décision contraire à :

‘la nécessité d’une révolution de l’information pour rompre avec la tutelle de l’Etat sur la presse’.

Côté Ennahdha, on plaide la bonne foi et la nécessité de procéder rapidement à des nominations après des démissions à la tête de la Snipe, de la télévision nationale et de la TAP. Samir Dilou, Ministre des droits de l’Homme et porte parole du gouvernement a même salué la vigilance de la société civile.

Des rédacteurs en chef élus

Nejiba Hamrouni, présidente du syndicat des journalistes, a été reçue pendant la manifestation par Abderazk Kilani, le ministre chargé des Relations avec l’Assemblée constituante, et le chargé de l’information et de la communication au Premier ministre, Ridha Kazdoghli.

Au terme de cette rencontre, le gouvernement a annoncé qu’il adopterait le principe de l’élection des rédacteurs en chef par des conseils d’administration constitués au sein des établissements médiatiques, composés de représentants des journalistes, des agents et de l’administration ainsi que de représentants des organisations et des institutions concernées par le secteur.

En attendant ces élections, toutes les nominations sont maintenues.

La réforme des médias publics, dont tout le monde s’accorde à reconnaître qu’elle est nécessaire, méritait sans doute mieux que ces décisions précipitées qui ont encore accru le malentendu et les tensions.

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  • alabergerie
    alabergerie
    http://alabergerie.wordpress. (...)
    • Posté à 12h16 le 10/01/2012
    • Internaute 81339
      http://alabergerie.wordpress. (...)

    Comment fait-on pour approuver cet article ? Quand je clique soit sur la boule rouge, soit sur le chiffre (ici zéro), ça ne marche pas. Or, je suis connecté.
    Ce problème est récurrent.

  • DeSuisse-
    DeSuisse-
    Je pense donc je gêne !
    • Posté à 13h10 le 10/01/2012
    • Internaute 101756
      Je pense donc je gêne !

    Révolution, cela veut dire se mouvoir en tournant pour revenir à la même place...
    La Tunisie en est la définition-même. Quel gachis ! L’autoritarisme est en marche.

  • Herostrate
    Herostrate
    mal barré...
    • Posté à 13h23 le 10/01/2012
    • Internaute 147050
      mal barré...

    Vachement surprenant ouais... La TV a diffuse Persepolis y’a pas longtemps, et les religieux* arrivent au pouvoir : premier reflexe, couper ce qui pourrait depasser.

    * : oui, oui... On va me dire « moderes », stigmatisation, differents islams... Soyons clair : celui qui croit fermement et apres reflexion que le type qui dit « dieu m’a parle, il vous fait dire de faire ce que je dis ; voila le topo : ... » n’est pas un affabulateur, came ou schizophrene (voire les 3 a la fois) ; ben le type qui y croit sincerement, il est tout sauf modere.

  • lifka
    • Posté à 14h10 le 10/01/2012
    • Internaute 37623

    Je suis étonnée qu’on puisse même s’étonner que Enhada ne tienne pas ses promesses en matière de liberté de la presse. Ceux qui attendaient qutre chose sont bien naïfs.

    Mais sans vouloir prendre sa défense, nos médias ont eux aussi un peu de mal avec l’information libre : ils font eux de l’autocensure, je ne sais pas ce qui est le pire.

    On a ainsi bien du mal à trouver dans l’un de nos médias - puisqu’on parle de la Tunisie - une information rapportée par la presse tunisienne sur le voyage en Tunisie de monsieur Hanyieh, sur ses discours enflamés sur la récupération de toute la Palestine musulmane et sur les cris de « mort aux Juifs » qui ont scandé ces discours de la population tunisienne, ce qui a obligé le gouvernement tunisien à s’en désolidariser.

    Lien

    Et puisqu’on parle de l’autocensure de nos médias français, combien ont rapporté la confirmation en appel de la condamnation de Canal + pour diffamation dans l’affaire al-Dura/Karsenty pour un reportage dans lequel ils avaient qualifié Karsenty de « l’un des chefs de file de la croisade menée contre Charles Enderlin ».

    Lien

    • Lionel06
      Lionel06 répond à lifka
      Minoritophile et alter-natif
      • Posté à 20h35 le 10/01/2012
      • Internaute 30683
        Minoritophile et alter-natif

      Encore vos habituels mensonges...

      1) Il n’y a pas d’autocensure médiatique, c’est simplement vous qui voulez faire le buzz en criant au loup, tactique bien connue. Pour preuve, voici « quelques » médias français qui en parlent :

      Le Figaro : Lien
      L’Express : Lien
      Le Nouvel Obs’ : Lien
      L’AFP : Lien
      Les Echos : Lien
      France 24 : Lien
      Etc.
      Même Soutien Palestine (Lien) en parle, c’est dire !

      2) Ensuite la condamnation ne concerne que des propos diffamatoires à l’encontre de Karsenty, et ne porte aucunement sur la réalité montrée par le documentaire sur la mort de l’enfant palestinien (qui, selon certains sionistes, serait encore vivant aujourd’hui, tout comme Elvis Presley, MDR !).

    • Lionel06
      Lionel06 répond à lifka
      Minoritophile et alter-natif
      • Posté à 17h08 le 10/01/2012
      • Internaute 30683
        Minoritophile et alter-natif

      « les cris de “ mort aux Juifs ” qui ont scandé ces discours de la population tunisienne »

      Encore un mensonge : il ne s’agit pas de LA population tunisienne mais de quelques dizaines de manifestants.

      « Des dizaines de jeunes ont scandé des slogans anti-juifs lors de l’accueil du Chef du gouvernement du mouvement islamiste palestinien Hamas, Ismaïl Haniyeh, jeudi à l’aéroport international de Tunis Carthage. Keffiehs autour du cou et drapeaux palestiniens à la main, ces jeunes ont laissé éclater leur haine des Juifs en scandant avec ferveur les slogans “Tuer les juifs est un devoir”, “Virer les juifs est un devoir”. Ils faisaient partie des quelque 2 000 personnes qui ont accueilli le secrétaire général du mouvement Hamas... »
      (même lien du Temps que vous donnez)

      Si ces réactions - qui restent isolées - sont inquiétantes au niveau de la crispation des divisions communautaires, il convient de rappeler, comme le fait Alain Gresh (Lien), que :

      « Il n’y a pas que les extrémistes islamistes qui considèrent que les juifs de Tunisie ne sont pas des citoyens tunisiens : le gouvernement israélien non plus. Le vice-premier ministre Sylvan Shalom, lui-même originaire de Tunisie, a déclaré en décembre 2010 : “ J’appelle les Juifs vivant en Tunisie à venir s’installer en Israël le plus rapidement possible. ”

      Les juifs tunisiens ont rejeté cet appel avec force Lien. Quant au parti Ennahda – dont le dirigeant Ghannouchi a rencontré des représentants de cette communauté –, il avait lui aussi qualifié d’“ irresponsable ” et d’“ irrationnel ” l’appel lancé par Shalom aux juifs de Tunisie. Selon l’AFP, Ennahda a affirmé que “ la Tunisie reste, aujourd’hui et demain, un Etat démocratique qui respecte ses citoyens et veille sur eux quelle que soit leur religion... Les membres de la communauté juive en Tunisie sont des citoyens jouissant de la plénitude de leurs droits et de leurs devoirs ”. (Lire aussi, dans Le Point (28 décembre 2011), “ Les juifs tunisiens, dragués par Israël ” Lien).

      Se confirme ainsi le danger de cette position israélienne qui, en appelant les juifs du monde à s’installer en Israël, met en doute leur appartenance aux différentes communautés nationales. »

      • Louvois
        Louvois répond à Lionel06
        • Posté à 10h57 le 11/01/2012
        • Internaute 36794

        Il n’y a pas que les extremistes islamistes qui coniderentque les Juifs ne sont pas des citoyens tunisiens dites vous, et alors ? Cela justifie les cris de « mort aux Juifs » ?

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 14h58 le 10/01/2012
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    On ne va insister lourdement sur les déclarations passées de nos experts et journalistes... « La révolution est géniale, c’est la recherche de la démocratie, et les islamistes et réactionnaires sont hors du coup ». Puis quand les élections approchent « pourquoi voulez vous qu’ils votent pour des gens qui n’étaient pas là pendant la révolution ? ». Quand ces partis arriérés et réactionnaires ont été mis au pouvoir, les mêmes nous ont dit qu’ils étaient comparables aux partis démocrates chrétiens européens : de droite conservatrice.
    Ben maintenant, on commence vraiment à se demander si il n’auraient pas du rester sous Ben Ali.

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 14h58 le 10/01/2012
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    On ne va insister lourdement sur les déclarations passées de nos experts et journalistes... « La révolution est géniale, c’est la recherche de la démocratie, et les islamistes et réactionnaires sont hors du coup ». Puis quand les élections approchent « pourquoi voulez vous qu’ils votent pour des gens qui n’étaient pas là pendant la révolution ? ». Quand ces partis arriérés et réactionnaires ont été mis au pouvoir, les mêmes nous ont dit qu’ils étaient comparables aux partis démocrates chrétiens européens : de droite conservatrice.
    Ben maintenant, on commence vraiment à se demander si il n’auraient pas du rester sous Ben Ali.

    • Lionel06
      Lionel06 répond à Atlantis
      Minoritophile et alter-natif
      • Posté à 17h11 le 10/01/2012
      • Internaute 30683
        Minoritophile et alter-natif

      Les Tunisiens auraient donc dû fermer leur gueule et continuer à se satisfaire de leur dictature, selon vous ?

      Ah elle est belle la mentalité néocoloniale...

      • Atlantis
        Atlantis répond à Lionel06
        Etudiant apolitique
        • Posté à 18h02 le 10/01/2012
        • Internaute 39710
          Etudiant apolitique

        Non, l’immense avantage de la démocratie, c’est qu’ils ont pu voter pour choisir leur régime. Au moins, on accusera plus la France, l’UE ou l’occident en général. Ils se sont foutu dans la merde tout seuls comme des grands. Qui plus est je vois mal ce que mon attitude a de « néocoloniale ». Je me fous totalement des Tunisiens et qu’ils vivent en dictature ou en démocratie, il n’y a de plus aucun intérêt pour notre pays à s’ingérer dans les affaires internes de cet état.
        Et permettez moi de déplorer qu’il est triste de faire la révolution pour mettre au pouvoir un parti réactionnaire et bigot.

         
        • Lionel06
          Lionel06 répond à Atlantis
          Minoritophile et alter-natif
          • Posté à 23h01 le 10/01/2012
          • Internaute 30683
            Minoritophile et alter-natif

          Sauf que ce ne sont pas forcément ceux qui ont fait la révolution qui ont voté majoritairement pour ce parti religieux...
          C’est bien ça les limites de la démocratie réduite au vote électoral.

        • comité de sécurité des commentaires
          • Posté à 14h42 le 11/01/2012
          • Internaute 148442
            consultant

          je ne suis pas sûr que l’europe ait des leçons de démocratie à donner à qui que ce soit.

        2 autres commentaires
      • patoche999
        patoche999 répond à Lionel06
        professeur de guitare
        • Posté à 14h03 le 15/01/2012
        • Expert 171862
          professeur de guitare

        je ne vois pas ce que cela a à voir avec une mentalité « néo-colonial ». Les révolutions arabes se termineront là où elles ont commencé : Au moyen-âge. Comme d’hab.

  • bacille
    bacille
    Sculpteur pub
    • Posté à 15h35 le 10/01/2012
    • Internaute 136564
      Sculpteur pub

    En règle générale, la révolution ne fait que changer le fardeau d’épaule : surpris ?

  • blackbear-
    • Posté à 15h42 le 10/01/2012
    • Internaute 117716

    Dur dur le réveil....
    Un bonjour particulier à toutes les résidentes et résidents qui ont insulté, montré du doigt , traité de cistes et de phobes, celles et ceux qui ont fait preuve d’un scepticisme prudent et qui ne demandaient qu’à voir en se référant comme des « idiots » aux précédentes révolutions et élections « démocratiques » dans le monde arabo-irano-musulman.
    DES EXCUSES ; DES EXCUSES, DES....
    Là aussi on peut rêver....

  • hasni
    • Posté à 15h56 le 10/01/2012
    • Internaute 37535

    En lisant cet article, j’ai vu un lien qui pointait vers reveiltunisien.org et, outre la satisfaction que le site servent de référence pour les archives, cela m’a donné matière à réflexion sur l’état de la presse tunisienne post 14 janvier. Bin, c’est déjà pas brillant et si, en plus, les journalistes amateurs, qui ont fait le boulot des journalistes professionnels parce qu’ils étaient muselés, aux ordres ou incompétents (rayer la ou les mentions inutile(s)) doivent à nouveau reprendre du service, ça ne va pas le faire. C’est que nous n’avons pas nos cartes de presse nous ! et il serait temps que les pro gagnent leurs salaires en couvrant sérieusement les évènements ou alors qu’ils nous les reversent si la censure et l’info monochrome revient.
    A ce propos, j’attends encore la réponse Monsieur Badreddine Ben Hidia, rédacteur en chef du « Temps » suite au plagiat réalisé par son journal du travail de reveiltunisien.org (Lien). Non pas que nous cherchons à nous faire des royalties sur un boulot en coyleft, mais quand des gens payés volent le boulot d’amateurs bénévoles qui a été réalisé pendant qu’ils servaient la soupe à Ben Ali, bin ça fait mal au ... ça irrite.

  • laury68
    laury68
    Retraité
    • Posté à 16h13 le 10/01/2012
    • Internaute 50402
      Retraité

    Il ne faut pas en rire malheureusement pour la Tunisie comme pour la France
    1789 est a refaire au plus vite .
    Je pense que pour la Tunisie Mme Ben-Ali continue a piloter le drome ! ! ! ! !
    Ce ne sera plus un pays de vacances pour longtemps ! ! !

    • sigismund
      sigismund répond à laury68
      autre/ne se prononce pas
      • Posté à 20h30 le 10/01/2012
      • Internaute 910
        autre/ne se prononce pas

      Et si en plus le drome adhère... ;)

  • OEUF
    OEUF
    étudiant
    • Posté à 21h09 le 10/01/2012
    • Internaute 139068
      étudiant

    les tunisiens ont voté...alors qu’ils assument...chez eux.
    j’invite d’ailleurs les « franco-TUNISIENS qui ont voté islamiste à rentrer dans leur pays pour vivre librement et dignement leur foi.

    • Thierry Brésillon
      Thierry Brésillon répond à OEUF
      Journaliste
      • Posté à 23h41 le 10/01/2012
      • Journaliste 163187
        Journaliste

      il y a des propos qu’il est difficile de laisser passer. La France reconnaît la liberté de culte. il est assez difficile que l’on commence à dire à des gens de quitter la France en raison de leur religion. Surtout quand on vise des citoyens français. Le vote ennahdha est un vote d’opinion politique.
      Pour ce qui est de la bi-nationalité, c’est précisément dont nous avons besoin dans un monde interdépendant et contre les gens qui veulent nous enfermer dans des murs.

  • webjoyz
    webjoyz
    en révolte!
    • Posté à 10h13 le 11/01/2012
    • Internaute 166029
      en révolte!

    comment faire pour finir comme Ben Ali ?
    commencer comme lui est déjà un bon début !
    quand je pense qu’ils ont fait une révolution (tour complet) pour en arriver là !
    quelle tristesse !
    et comme de bien entendu, ce sont les islamistes qui ont pris le pouvoir...
    quel gâchis ! !

  • ourwa
    ourwa
    oeiciole
    • Posté à 01h06 le 12/01/2012
    • Internaute 43943
      oeiciole

    C’est normal ; quand un régime totalitaire commence à s’ériger, il commence par baillonner la presse, le peuple na pas besoin de tout savoir...ou d’avoir à sa disposition des avis et des analyses divers. « L’unité nationale » serait à ce prix, un prix unisque,celui d’une seule voix, d’une idéologie dominante et sectaire, quasi divine...il ne reste plus qu’à attendre les premières censures des journaux libres, les saisies,les 1ères condamnations pour crime de lèse cal...pardon, lèse majesté.... Mais il faut bien convenir d’une chose : un virus bénifique a déjà largement contaminé tout un peuple, celui de la liberté et une presse libre demeure la meilleure garante de la liberté et de la démocratie. N’en déplaise à Ennahda.
    Une aberration , tragi comique qui n’honore pas la Tunisie ; un nahdaoui, Dilou, est à la fois » ministre des droits de l’homme »...et porte parole du gouvernement. Autrement dit, il ne peut y avoir d’autres droits de l’homme que ceux consentis par le gouvernement, y compris le droit d’informer ...CQFD.

  • kakoulite
    kakoulite
    Intermediation & Imprecation
    • Posté à 21h34 le 12/01/2012
    • Internaute 126452
      Intermediation & Imprecation

    Aucunes surprises...Ennahda va la jouer tres tres discrete de maniere telle a surtout ne pas faire de bruit donc laisser de cote provo religieux (car de toute facon la Tunisie ne peux se passer du tourisme) pour recreer du benalisme avec de nouvelles ou pas si nouvelles tetes.
    J’ imagine la gueue de bois des Tunisiens ayant inities et vecus la ’revolution’ se rendre compte qu ils sont entoures de 80 % de blaireaux qui n ont rien compris a rien et ne comprendront que le baton !

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