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Tunisie : les ambivalences du 14 janvier, de Bouazizi au Qatar

Thierry Brésillon
Journaliste
Publié le 14/01/2012 à 17h13

Place du 14 janvier. Ex-place du 7 novembre 1987. (Thierry Brésillon)

Commencée par l’immolation du jeune Bouazizi, à Sidi Bouzid, le 17 décembre, la révolution tunisienne est célébrée ce 14 janvier, jour du départ de Ben Ali, institutionnalisée comme « le jour de la jeunesse et de la révolution ».

La journée a inauguré une ère nouvelle. Mais pas forcément celle à laquelle aspiraient les Tunisiens descendus dans la rue, entre le 17 décembre et les folles journées de janvier.

1. Le 14 janvier, une journée des dupes

Le départ de Ben Ali au soir du 14 janvier a été indiscutablement la transgression politique qui a signifié aux yeux de tous les pays et de tous les dirigeants du monde arabe et au-delà, qu’aussi verrouillé soit-il, aucun régime ne pouvait s’appuyer indéfiniment sur le mensonge et la répression.

Mais au-delà de cette valeur symbolique, que s’est-il joué réellement le 14 janvier  ? Une foule s’est rassemblée devant le Ministère de l’Intérieur pour crier «  Dégage  !  ». La famille Trabelsi a essayé de quitter le pays avant d’être arrêtée. Ben Ali qui accompagnait sa famille à l’aéroport est finalement monté dans l’avion qui les conduisait en Arabie saoudite, mais avec la ferme intention de revenir. Le soir, le Premier ministre annonçait qu’il assurait l’intérim durant l’absence du Chef de l’Etat. Dans la nuit, la situation a basculé et le lendemain la possibilité de son retour s’éloignait.

Le travail d’investigation n’a pas fini de révéler le jeu occulte qui s’est déroulé dans ce laps de temps. Et dans les jours qui ont suivi tout aussi déterminants.

Mais les événements du 14 janvier relèvent probablement plus d’une lutte pour le pouvoir entre différents secteurs de l’Etat à la faveur d’un soulèvement populaire, que d’une révolution démocratique. Alors que l’avant-scène était occupée par les manifestations dans la rue, l’intrigue se nouait entre les différents services de police, la Garde présidentielle, l’armée, le parti au pouvoir, les autorités politiques, mis sous pression par des deux semaines d’agitation sociale, sans parler de possibles influences extérieures.

Son dénouement a scellé le sort de Ben Ali et de la famille de Leïla Trabelsi. La vacance de pouvoir a laissé, par défaut, la place à une transition démocratique.

Mais le départ de Ben Ali et du clan qui s’était greffé sur l’Etat pour parasiter l’économie, laissait tout le système intact.

2. Ni la fin, ni le début


Le jour se lève sur l’avenue Habib Bourguiba. (Thierry Brésillon)

En ce sens, le 14 janvier n’est ni la fin de la révolution, si l’on entend par là une transformation des cadres politiques, économiques, sociaux, culturels… C’est plutôt le début de la possibilité d’un processus transformation.

Ni le début de la révolution, si le terme désigne le soulèvement qui conduit à la chute du régime. Le premier acte de la subversion est le soulèvement du bassin minier en janvier 2008, encadré par les syndicalistes de base d’opposition. Le second, est l’insurrection à partir du 17 décembre et l’immolation de Bouazizi, de jeunes sans perspective, encadrés par des syndicalistes et des avocats qui, instruits par l’échec du mouvement de 2008, se sont tenus cette fois en retrait.

C’est le basculement de l’UGTT à partir du 12 janvier, à Sfax, qui va sceller la jonction entre une protestation principalement économique et sociale, et l’opposition politique de la classe moyenne de la capitale.

Le 14 janvier constitue donc un symbole ambigu. La récupération du soulèvement par le dernier acteur entré en scène et un mythe commode pour occulter tout ce qui s’est noué derrière l’apparence d’une rupture.

La force du mythe a toutefois créé la possibilité de cette rupture. Mais seules l’ampleur du travail des différents acteurs sociaux et l’évolution des rapports de force détermineront la profondeur et l’orientation de cette «  révolution  ».

3. La révolution économique n’a pas eu lieu

La dimension économique et sociale de l’échec du système Ben Ali et du soulèvement n’a échappé à personne  : le chômage massif des jeunes, l’inégalité du développement régional, le poids d’une bureaucratie centralisée sur une économie sur-administrée, la dépendance à l’égard d’une intégration industrielle en bas de l’échelle de spécialisation, la précarisation du travail salarié pour garantir la compétitivité de la Tunisie moyennant des salaires de misère (parfois 40 euros par mois dans les cas les plus extrêmes), la prééminence d’une activité touristique structurellement déficitaire dont dépend plus ou moins directement 30 % de la population, le dumping écologique qui conduit à des catastrophes environnementales ou sanitaires comme dans le golfe de Gabès, dévasté par l’industrie chimique, ou le bassin minier d’où extrait le phosphate…

Or, aucune transformation structurelle de cette donne économique n’a été sérieusement élaborée. Le système dit de la «  mounawala  » (l’externalisation d’activités de service telles que l’entretien, la sécurité… ), a été supprimé dans le secteur public. Les salaires ont été globalement augmentés en moyenne de 15 %. Le rééquilibrage du développement en faveur des régions de l’intérieur est un passage obligé de tout discours économique, mais rien n’a encore été véritablement lancé.

Pour le reste, toute l’attention est focalisée sur la nécessité d’attirer, sinon de retenir, les investisseurs, sans les dissuader en leur imposant des conditions sociales ou des contraintes fiscales ou écologiques nouvelles. La campagne électorale n’a donné lieu à aucun débat économique sérieux.

La fin de la prédation du clan Trabelsi, la moralisation, le recours aux produits de la finance islamique ou la création d’un fonds social financé la zaakat (l’aumône), paraissent très en deçà de la profondeur de la réflexion à mener, tant à l’échelle nationale, qu’à l’échelle locale, pour sortir de la grande pauvreté les 25 % de Tunisiens qui en souffrent et offrir une perspective aux 800 000 chômeurs déclarés.

4. Une révolution conservatrice

Les icônes libertaires et mondialisées de la révolution tunisienne ont rapidement cédé le rôle principal à une société conservatrice. Dans le contexte tunisien, des décennies de dictature ont associé la modernité à l’oppression, les classes les plus intégrées dans cette modernité aux couleurs occidentales, à l’élite privilégiée du régime.

La libération a ouvert les vannes au retour d’un traditionalisme refoulé. D’autant plus fort, que l’identité arabo-musulmane, victimisée par la guerre en Irak, le conflit israélo-palestinien, devenue le paria de l’ordre international depuis le 11 septembre, est surchargée d’affect.

Pour aller plus loin dans la profondeur historique, on peut voir dans les énergies libérées par la levée du carcan autoritaire, la revanche des perdants de 1956, face à la conception moderniste de Bourguiba  : les théologiens de l’Université de la Zitouna, les nationalistes arabes, les tribus, les régions de l’intérieur…

Mais cette revanche, ce repli identitaire, sont reformulés par l’islamisme politique.

5. L’orientalisation de l’identité tunisienne

Le retour à l’identité, que Moncef Marzouki a voulu symboliser par le port d’un burnous (une cape en laine) sur son costume, par l’allusion au fait que les vœux de la nouvelle année n’appartiennent pas aux traditions arabo-islamiques (alors qu’il s’agit pourtant d’une habitude sociale répandue en Tunisie), et un discours de rupture à l’égard de la francophonie, fait curieusement l’impasse sur les sources tunisienne de l’identité nationale.

A commencer par Kheireddine Pacha, porteur d’un projet national et ouvert (il a créé par exemple les premiers établissements scolaires où l’on apprenait les langues étrangères).

Ou encore le théologien Tahar Haddad, qui a théorisé la possibilité d’une réinterprétation des normes islamiques dans le contexte des sociétés modernes, exclu par l’université de la Zitouna, et violemment rejeté aujourd’hui par la nouvelle génération qui lui préfère des thèses importées des pays du Golfe. Entre autres pour les plus médiatiques d’entre elles, le prédicateur Youssef el-Qaradhawi, dont la pensée est largement diffusée par la chaine qatarie Al Jazeera.

Le parcours saoudien du nouveau ministre des Affaires religieuses est un des signes de l’orientalisation de l’islam tunisien.

Et s’il faut parler de détournement de la révolution, c’est sans doute davantage de cette récupération d’un repli identitaire au profit d’une entreprise de domination de l’islam sunnite par des sources extérieures, que de l’islamisme politique qu’il faudrait parler.

6. La qatarisation du monde arabe

Au chapitre des influences extérieures, celle du Qatar semble écrasante. Considéré (sans élément comptable probant) comme l’un des principaux financiers de la campagne du parti Ennahdha, le Qatar est en train de développer un rayonnement diplomatique stupéfiant.

C’est le premier pays dans lequel s’est rendu le leader du parti islamiste, Rached Ghannouchi, au lendemain des élections. Invité aux festivités du 14 janvier, l’émir du Qatar est arrivé la hôte remplie de promesses d’investissement.

A quoi correspond cet activisme international d’un pays dont la superficie (11 000 km²) n’égale pas l’Ile-de-France ?

A fournir aux jeunes générations des pays arabes, un horizon qui leur permette d’échapper à l’alternative Occident/jihadisme, à diluer leur frustration et leur rébellion dans une modernité consumériste et arabe, à contenir l’influence de l’islam salafiste et anti-occidental.

S’il fallait un seul indice pour étayer cette idée, c’est le choix du Qatar pour organiser la Coupe du monde football en 2022. Qu’est-ce qui peut, mieux que le foot, catalyser la passion des jeunes  ?


Manifestation, le 13 janvier 2012, contre la présence du Qatar aux festivités du 14 janvier (Thierry Brésillon)

La révolution tunisienne a ouvert la possibilité à cette influence de s’exercer par le biais du parti le plus présent dans la société et bientôt dans les rouages du pouvoir. De là à dire qu’elle s’inscrit dans un vaste dessein de domestication du monde arabe, il y a un pas que beaucoup franchissent sans hésiter.

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  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 17h41 le 14/01/2012
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Toujours aussi bons, les articles de Brésillon.

  • Mezaoui Haddad
    Mezaoui Haddad
    chercheur
    • Posté à 19h30 le 14/01/2012
    • 179332
      chercheur

    Ce que vous dites Monsieur Thierry Brésillon est honnête et objectif, mais c’est trop tard. Il n’ y a d’ailleurs pas que Rue89 à exprimer une telle désillusion quant au printemps arabe qui tourne à l’hiver islamiste. C’est trop tard, car le mal est fait. Avec l’ensemble des médias français, vous avez été les complices de cette imposture. Vous avez tous unanimement salué la « révolution du jasmin », grandiose, admirable et encore plus belle que la révolution française de 1789 ! Vous avez tous écrit que le « martyr » Mohamed Bouazizi était un Bac plus 4...Vous avez contribué à une grande opération de désinformation parce que vous avez tous cru à l’intox d’Al-Jazira, la chaine islamo-subversive du Qatar. Vous savez maintenant que cet émirat a joué un rôle moteur dans ce qui s’est passé en Tunisie, et dans le « printemps arabe » en général. Je disais que c’est trop tard, surtout pour les tunisiens. S’il y a un peuple qui ne mérite pas ce qui lui arrive, c’est bien les Tunisiens. Cette Tunisie moderne, civilisée et ouverte sur le monde occidental. Une modernité voulue et imposée par Bourguiba. Cette Tunisie est déjà un vieux souvenir. Si la presse française commence à prendre ses distances avec ces révolutions non-spontanées et finalement réactionnaires, c’est peut-être parce que la France a compris que son influence et ses intérêts au Maghreb vont être réduits à néant. Comme en Irak.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Mezaoui Haddad
      In enculo cum vibro
      • Posté à 19h53 le 14/01/2012
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Vous êtes sûr d’avoir lu les articles de Brésillon depuis un an, et qu’il mérite votre opprobre ?

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Mezaoui Haddad
      In enculo cum vibro
      • Posté à 20h00 le 14/01/2012
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Mezaoui, c’est une variante de Mezri ?

    • LaoJinHu
      LaoJinHu répond à Mezaoui Haddad
      ουκ ελαβον πολιν, αλλα γαρ (...)
      • Posté à 12h23 le 15/01/2012
      • Internaute 161554
        ουκ ελαβον πολιν, αλλα γαρ (...)

      Je trouve très autistiquement que vous êtes sévère avec le journaliste ... mais pas forcément injuste.
      (/ ; -)

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 06h46 le 15/01/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable

    On s’aperçoit qu’en fait de « révolution », nous sommes dans un processus de post-décolonisation, et qu’une colonisation en cachait une autre.

    Seuls les « favorisés » des colonisations européennes vont se sentir trahis, pour les autres pas grand chose n’a changé depuis l’hégire.

    Donnons à ces favorisés le temps de se reprendre, et la domination du Qatar (en réalité des Saouds) aura tôt fait de devenir la norme... au moins tant que l’« occident romain » n’aura pas trouvé d’alternative sérieuse aux énergies fossiles... c’est à dire pour longtemps.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 09h02 le 15/01/2012
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    parait que c les salsifis à poils dur qui foutent le bordel

  • labrisure
    labrisure
    Personnage exceptionnel
    • Posté à 11h49 le 15/01/2012
    • Internaute 48949
      Personnage exceptionnel

    Il faudrait arrêter avec la naïveté et laisser faire les choses. Un pays ne décolle pas économiquement en un an. Laissons le temps à la révolution de faire ses effets et ensuite d’en juger les conséquences. Qui s’imaginait sérieusement qu’en un an la situation allait changer de façon spectaculaire ? Un dictateur fêlé a été viré par la seule force du peuple, c’est déjà impressionnant en soi.

    • LaoJinHu
      LaoJinHu répond à labrisure
      ουκ ελαβον πολιν, αλλα γαρ (...)
      • Posté à 12h38 le 15/01/2012
      • Internaute 161554
        ουκ ελαβον πολιν, αλλα γαρ (...)

      Où se trouve la naïveté ?
      Le dictateur fêlé n’a certainement pas été viré par la force du peuple ...
      Mais d’abord par le caprice d’un prix Nobel de la Paix qui s’est réveillé un matin avec l’envie de renverser les alliances entre la première puissance mondiale et un minuscule pays du Maghreb ; sans même prendre la peine de prévenir ses alliés.
      Ensuite par quelques jeunes de classes relativement favorisées. Et c’est tout à leur honneur.
      Mais il n’empêche que quelques jeunes ne sont pas le peuple et que le départ (pour Varennes ?) n’a jamais fait « la Révolution ».
      (/ ; -)

  • Lionel06
    Lionel06
    Minoritophile et alter-natif
    • Posté à 16h43 le 15/01/2012
    • Internaute 30683
      Minoritophile et alter-natif

    Après l’américanisation des pays européens, voici venue la qatarisation des pays arabes.

  • Maoch
    • Posté à 16h47 le 15/01/2012
    • 175403

    Commentaire supprimé ? Joli la liberté d’expression

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Maoch
      In enculo cum vibro
      • Posté à 16h52 le 15/01/2012
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Commentaire de merde.

    • Thierry Brésillon
      Thierry Brésillon répond à Maoch
      Journaliste
      • Posté à 20h16 le 15/01/2012
      • Journaliste 163187
        Journaliste

      L’insulte n’est pas permise par la charte des commentaires de ce site.
      Je cite votre commentaire pour qu’on voit le niveau de votre expression : « Journaliste de merde ».

  • Mezaoui Haddad
    Mezaoui Haddad
    chercheur
    • Posté à 13h11 le 16/01/2012
    • 179332
      chercheur

    Vous avez raison de ne pas publier les commentaires injurieux d’autant plus que M.Brésillon a fait un article vraiment objectif et même courageux lorsqu’il parle de qatarisation du Magheb. Cela étant, je rejoins l’un des commentaires ici qui dit que tous les journalistes français, de gauche comme de droite, ont été floué par la « révolution » tunisienne et encore plus par le fameux « printemps arabe ». Ils se sont aussi lourdement trompé en parlant d’islamisme modéré et à la turque. Je crois qu’il ont subi l’influence de la propagande très intelligente de Jazeera, une chaîne pseudo-indépendante mais qui est en réalité la caisse de résonance du wahabisme qatari et du salafisme en général. Rue 89 a le mérite de tirer la sonnette d’alarme.

    • Lionel06
      Lionel06 répond à Mezaoui Haddad
      Minoritophile et alter-natif
      • Posté à 17h30 le 16/01/2012
      • Internaute 30683
        Minoritophile et alter-natif

      Pourquoi les journalistes auraient-ils été « floués » ? Par leurs propres représentations du monde peut-être ou sur les prédictions qu’ils ont pu faire en prenant leurs propres désirs pour la réalité (et en oubliant que la démocratie ou le droit des femmes ont mis plus d’un siècle à s’imposer en France), mais c’est habituel et cela regarde aussi d’autres sujets que la politique dans les pays arabes.
      En revanche, là où les journalistes ne se sont pas trompés, c’est sur le fait que les révoltes en Tunisie et en Egypte ont été portées non pour des motifs religieux mais par le désir de sortir d’un système corrompu et autoritaire.
      Qu’il y ait un écart entre les aspirations des manifestants et le choix démocratique du peuple tunisien n’est pas surprenant : plus de 90% des gens sont croyants et non politisés et une grande partie d’entre eux sont conservateurs (traditions obligent).
      Souvenons-nous qu’après mai 68, les Français n’ont pas voté pour la gauche mais ont reconduit la droite au pouvoir.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Mezaoui Haddad
      In enculo cum vibro
      • Posté à 14h07 le 16/01/2012
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Et bien moi, je trouve que Brésillon est justement l’un de ceux qui sont restés prudent sur le « printemps arabe », qu’il a toujours rappelé que les premières revendications étaient d’ordre économique (ou syndical) en soulignant à chaque fois que ça n’avançait pas, et qu’il est un des rares à toujours avoir donné le micro aux laïques qui s’inquiétaient de l’islam prétendu modéré.

      Mais je vous rejoins totalement sur la fable que nous ont raconté les grands media en général.

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