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Tunisie : anniversaire amer pour les victimes de la répression de la révolution

Thierry Brésillon
Journaliste
Publié le 18/12/2012 à 18h08

Manifestation de blessés et de familles de martyrs devant la Constituante, le 17 décembre 2012 (Thierry Brésillon)

Dans le concert de désillusions de ce deuxième anniversaire du début de la Révolution tunisienne, le 17 décembre, quelques dizaines de blessés et de familles de victimes de la répression ont manifesté devant la Constituante.

Mères et sœurs éplorées, photos de martyrs en main, jeunes en colère qui partent à l’assaut des grilles de l’Assemblée, récits poignants de jeunes en souffrance, de parents toujours dans l’ignorance des responsables de la mort de leur fils, c’est un spectacle quasi rituel mais qui témoigne de la lenteur des autorités pour régler un problème pourtant prioritaire.


Ali el Mekki, président d’une association de victimes (Thierry Brésillon)

Ali el Mekki, frère d’une des victimes de la répression, et président de l’association « Nous ne vous oublierons pas », dresse le tableau :

« La souffrance des blessés et des familles des martyrs est accrue par toute l’énergie que nous devons déployer pour faire reconnaître nos droits.

Les procès n’ont pas été tenus dans des conditions où la justice a pu être rendue. Dès le départ de Ben Ali, un plan a été élaboré pour que le dossier des blessés et des victimes soit mis de côté dans le but de protéger les policiers. Parce que l’Etat a besoin de conserver l’appareil sécuritaire de son côté.

Ceux qui ont le pouvoir après le 14 janvier ne reconnaissent pas la valeur du sang. Sinon, ils ne laisseraient pas la mère du martyr ou le blessé venir avec sa canne réclamer ses droits les plus basiques. Nos droits auraient dû être reconnus sans que nous ayons à les réclamer. »

Une prise en charge défaillante


Mère d’un blessé en attente d’évacuation (Thierry Brésillon)

La mère d’un jeune blessé, Khaled Ben Nejma, explique les larmes yeux que son fils, touché aux vertèbres, paraplégique, attend toujours dans d’horribles souffrances que la morphine ne suffit plus à calmer, l’évacuation vers le service neurologique d’un hôpital lillois.

Comme ce jeune homme, une trentaine de blessés graves continuent à souffrir dans l’attente de traitements appropriés.

Le ministère des droits de l’Homme, qui avait pourtant fait de ce dossier une priorité, bute sur les limites du décret adopté quelques semaines après la révolution pour attribuer une indemnité aux familles de victimes (40 000 dinars, que certaines familles ont refusés) et aux blessés (6 000 dinars).

Décret qui n’organise pas le suivi médical, ne prévoit pas la prolongation de la gratuité des soins au-delà de la fin de l’année, ni l’indemnisation des préjudices ou la réinsertion sociale, n’évoque pas le cas des victimes collatérales, ne s’étend pas au-delà du 16 février et exclut donc les victimes de la dernière mobilisation de début mars.

Fonds présidentiel et donateurs privés


Photos de victimes de la révolution devant la Constituante (Thierry Brésillon)

En attendant, et en l’absence d’une ligne affectée dans le budget de l’Etat, c’est une cellule rattachée à la présidence de la République et financée en partie par des contributions personnelles qui prend en charge le transfert de certains cas. Sans parler des donateurs privés, dont les motivations ne sont pas toujours transparentes...

Me Chaffereddine Khellil, l’un de leurs avocats, précise les revendications :

  • « En attendant la mise en place d’une agence chargée du dossier, il faudrait au moins que les victimes aient un interlocuteur unique auprès des pouvoirs publics. »
  • « Leurs cas nécessitent un suivi social, psychologique. »
  • « Il faut établir une liste définitive des victimes et des blessés. »
  • « Il faudrait également dissocier leur dossier de celui des prisonniers politiques amnistiés après la révolution. C’est une manière d’amalgamer la situation des militants d’Ennahdha emprisonnés sous Ben Ali, hautement politique, à celui des victimes de la répression de la Révolution, beaucoup plus consensuel. »

La détresse des familles et la force symbolique de la cause est propice à l’instrumentalisation politique.

La manifestation de lundi était organisée à l’appel de cinq organisations : l’association « Nous ne vous oublions pas », l’association des blessés de Kasserine, Les Libres de la Kasbah, Dignité et liberté et un colletif (composé, entre autres, de l’Association tunisienne des femmes démocrates, de la Ligue des droits de l’Homme, du Manifeste du 20 mars...).


Un des membres des Ligues de protection de la Révolution, dégagé de la manifestation (Thierry Brésillon)

Une composition qui n’a guère plu à l’un des membres des Ligues de protection de la Révolution, réputées proche d’Ennahdha, venu avertir les familles contre la récupération politique, avant de se faire dégager par les jeunes en colère, allergiques à toute interférence partisane dans leur cause.

A l’issue de la visite d’une délégation auprès de la Commission parlementaire chargée du dossier, la séance de l’Assemblée prévue samedi pour réviser ce décret a été avancée à ce mardi 18 décembre.

Victimes des tirs de l’armée


Au centre, la mère d’une victime tuée après le 14 janvier (Thierry Brésillon)

Reste un cas explosif : celui des victimes d’après le 14 janvier (214 sur 338) et notamment les cas attribués à l’armée (187 d’après un rapport d’enquête), comme celui que raconte une mère de famille qui tient la photo de son fils prise quelques secondes avant sa mort :

« Les jeunes du quartier avaient arrêté une voiture. Il y a un château d’eau et nous avions entendu sur Hannibal TV que des gens voulaient empoisonner les châteaux d’eau.

Mon fils est sorti dans la rue. Ils ont appelé les militaires, dès qu’ils sont arrivés, ils ont commencé à tirer sur nos jeunes. Mon fils a pris une balle dans l’œil. Les gens dans la voiture ont été emmenés par l’armée. Mais finalement, personne n’a été conduit devant le tribunal.

Le 21 novembre, le soldat qui a tué mon fils a été jugé au tribunal militaire de Tunis, mais le juge a dit qu’il avait tiré par erreur et l’a relaxé. Nous voulons que l’affaire soit jugée par un tribunal civil. Pas qu’un tribunal militaire juge un militaire. »

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  • LOKIK
    LOKIK
    Chartreux
    • Posté à 18h38 le 18/12/2012
    • Internaute 194936
      Chartreux

    Courage et respect au peuple tunisien dans sa marche vers la liberté et la démocratie.

    • Druuna
      Druuna répond à LOKIK
      Prout
      • Posté à 09h27 le 19/12/2012
      • Internaute 195244
        Prout

      Vous avez un robot qui détecte les articles sur la tunisie et qui poste automatiquement cette formule toute faite pour gens qui s’en foutent, c’est ça ?

      • LOKIK
        LOKIK répond à Druuna
        Chartreux
        • Posté à 12h53 le 19/12/2012
        • Internaute 194936
          Chartreux

        Et vous, vous n’avez rien d’autre à écrire de plus interessant ?

  • marmana
    marmana
    Etudiante au chomage partiel
    • Posté à 18h49 le 18/12/2012
    • 182652
      Etudiante au chomage partiel

    Le peuple tunisien doit comprendre que les changements qu’engendre une révolution mettent du temps . RIen ne change du jour au lendemain. La révolution française a mis des siècles pour établir de réels changements. Avant que des changements soit visibles, il est nécessaire que tous les citoyens aient non seulement la volonté mais fassent aussi la démarche.Un président seul ne peut pas changer les choses. En tant que franco-tunisienne, je constate que toutes les institutions mais aussi les citoyens manquent cruellement d’ordre et de discipline.
    Loin de vouloir d’un état militaire, dans une démocratie il y a, outre les droits, des devoirs à respecter. Et celà commence notamment par le respect du code de la route par exemple et par des règles civiques et de savoir-vivre. Si la population vit dans un tel bordel social, administratif etc, comment voulez vous qu’il y ait un quelconque changement. Et j’en parle à connaissance de cause.

  • silsilsil
    silsilsil
    Odieux campagnard
    • Posté à 19h07 le 18/12/2012
    • Internaute 121365
      Odieux campagnard

    La liberté et la démocratie se méritent. Les avancés sociales sont impossibles sans l’abandon des traditions culturelles conservatrices. Et non, la religion n’est pas en cause. Les Turques et les habitants des Balkans ont su évoluer tout en conservant leur foi musulmane.

  • LienRag
    • Posté à 22h57 le 18/12/2012
    • Internaute 34767

    La prégnance d’une culture juridisante (« nos droits ») d’origine populiste au détriment d’une analyse objective des possibilités et responsabilités est aussi un handicap lourd pour ces associations de victimes, que pourtant personne à ma connaissance ne relève.

  • Regnad Malsi
    Regnad Malsi
    Magyar
    • Posté à 00h08 le 19/12/2012
    • Internaute 195660
      Magyar

    « Mères et sœurs éplorées, photos de martyrs en main, jeunes en colère qui partent à l’assaut des grilles de l’Assemblée, récits poignants de jeunes en souffrance, de parents toujours dans l’ignorance des responsables de la mort de leur fils, c’est un spectacle quasi rituel mais qui témoigne de la lenteur des autorités pour régler un problème pourtant prioritaire. »

    C’est vrai que l’avènement du« printemps arabe démocratique » si cher à Rue89 et Pierre Haski il y a deux ans avec ses magnifiques bandeaux rouges décorant le site et saluant le déferlement de la vague démocratique dans les pays arabes, ne se déroule pas exactement comme prévu.
    Lien

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à Regnad Malsi
      Working class bléro
      • Posté à 07h09 le 19/12/2012
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      C’est vrai que c’était mieux avant du temps de Benali, l’ami corrompu et corrompant de l’occident. Le sort des tunisiens à cette époque, tu devais t’en taper comme de ton premier missel.
      Occupes toi de tes croisades perdues d’avance et laisse le peuple tunisien chercher sa propre voie.
      Tes photos et tes vidéos ne prouvent rien.
      Et tout le monde a compris ici le but de ta propagande pleine de finesse et de nuance.

      • Regnad Malsi
        Regnad Malsi répond à Joseph Gratteur
        Magyar
        • Posté à 07h45 le 19/12/2012
        • Internaute 195660
          Magyar

        Les tunisiens sont libres de faire ce qu’il veulent.

        Ghannouchi, du parti Ehnnada des Frères Musulmans, qui a expliqué clairement dans ses interventions qu’il voulait mettre un Califat sous la loi islamique en place, ce sont les tunisiens qui l’ont plébiscité.

        Ils ont choisi l’Islam, alors maintenant, qu’ils ne viennent pas pleurer auprès des occidentaux que : « on n’a pas de démocratie ! », « on est opprimé ! », « c’est un complot américano-sioniste ! », « c’est la faute des juifs ! » (voir la vidéo), etc...

         
        • Joseph Gratteur
          Joseph Gratteur répond à Regnad Malsi
          Working class bléro
          • Posté à 09h10 le 19/12/2012
          • Internaute 164574
            Working class bléro

          Mais les tunisiens ne demandent pas l’appui des occidentaux, ils savent trop bien les dégats que ca cause. Le peuple tunisien s’autodeterminera tout seul, ils n’ont pas besoin de toi, ni de moi.

        • Druuna
          Druuna répond à Regnad Malsi
          Prout
          • Posté à 09h25 le 19/12/2012
          • Internaute 195244
            Prout

          Gannouchi avait oublié de dire qu’il aggraverait la soumission de la Tunisie à l’ UE, déjà bien commencée par Ben Ali.

          Pourtant ce sont bien ces accords que le printemps dénonçait puisque ce sont ces accords qui ont permis aux entreprises de l’UE d’exploiter sauvagement la main d’oeuvre tunisienne, la réduire à la mendicité voire au suicide.

          Assumez un peu d’avoir choisi Sarkozy puis Hollande qui poursuivent la politique criminelle de l’UE.

          Avant de demander aux tunisiens d’avoir choisi ennadha...

          Vous aurez l’air plusse adulte.

          • Regnad Malsi
            Regnad Malsi répond à Druuna
            Magyar
            • Posté à 21h00 le 19/12/2012
            • Internaute 195660
              Magyar

            « Assumez un peu d’avoir choisi Sarkozy puis Hollande qui poursuivent la politique criminelle de l’UE. »

            terrible. L’UE,...c’est des sionistes ?

            • Communisty Manager
              Communisty Manager répond à Regnad Malsi
              Franc-Tireur
              • Posté à 14h48 le 21/12/2012
              • Internaute 196465
                Franc-Tireur

              Ce sont des exploiteurs méprisant les peuples.

              Que ce soit les peuples de l’UE ou les peuples d’ailleurs.

              Et votre tentative de détourner la conversation en ramenant le sionisme dont on se demande ce qu’il vient foutre là est franchement ridicule, risible, et montre bien l’inanité de vos raisonnements.

        4 autres commentaires
      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à Joseph Gratteur
        loin d'ici
        • Posté à 08h51 le 19/12/2012
        • Internaute 136986
          loin d'ici

        Ouaih...

        Avec du verlan à 2 balles comme pseudo
        (Regnad Malsi = Islam Danger)
        Avec la tronche de Nicolas Tesla comme avatar qui n’étais pas magyar mais amerloque d’origine serbe...

        Ça vous ferait presque pitié tellement c’est naze...

         
        • Joseph Gratteur
          Joseph Gratteur répond à Le Renifleur
          Working class bléro
          • Posté à 09h14 le 19/12/2012
          • Internaute 164574
            Working class bléro

          S’il faisait dans le trop masqué, ses amis ne pourraient pas l’identifier.
          Faut comprendre qu’il a pas un boulot facile en territoire ennemi à évangéliser, un peu de charité chrétienne -et blanche- que diable.

          • Le Renifleur
            Le Renifleur répond à Joseph Gratteur
            loin d'ici
            • Posté à 10h05 le 19/12/2012
            • Internaute 136986
              loin d'ici

            Tous les mêmes...

            • Regnad Malsi
              Regnad Malsi répond à Le Renifleur
              Magyar
              • Posté à 21h04 le 19/12/2012
              • Internaute 195660
                Magyar

              Je ne comprends pas ce que vous reprochez à mon pseudo.
              Vous expliquez en gros que c’est une critique détestable de l’Islam, puis ensuite, vous publiez un dessin montrant que les religions sont meurtrières !

              Du coup, il vous plaît, ou il ne vous plaît pas mon pseudo ?

              • Le Renifleur
                Le Renifleur répond à Regnad Malsi
                loin d'ici
                • Posté à 20h27 le 20/12/2012
                • Internaute 136986
                  loin d'ici

                Il ne me plait pas car il n’est pas universel et suppute une lutte de Clans du style « mon Dieu à moi il est moins con et plus gentils que le tiens ! » et puis Tesla n’a rien à voir avec tes opinions.

                Que tu passes ton temps à mettre en exergue les violences musulmanes, c’est ton problème et ce n’est pas sympa pour les autres religions qui sont largement aussi violentes et connes que celle pratiquée par les « fils spirituels de Mahomet ».

                Résultat : tu passes comme un pet de chèvre qui reproche au pet de chameau de sentir mauvais et tu pollues l’atmosphère.

        4 autres commentaires
  • Regnad Malsi
    Regnad Malsi
    Magyar
    • Posté à 00h09 le 19/12/2012
    • Internaute 195660
      Magyar

    C’est vrai que tout ça n’est pas joli, joli.

    • Druuna
      Druuna répond à Regnad Malsi
      Prout
      • Posté à 09h40 le 19/12/2012
      • Internaute 195244
        Prout

      Le gouvernement tunisien, représenté par son ministre des affaires étrangères, a signé lundi 19 novembre, à Bruxelles, dans le cadre de la neuvième session du Conseil d’association Tunisie-Union Européenne, le memorandum qui consacre la Tunisie en tant que partenaire privilégié de l’Union Européenne.

      Ben Ali avait frayé la voie en 1995 en signant l’accord d’association avec l’UE, ouvrant largement le pays aux investisseurs européens, qui se sont vus accorder des avantages et des exonérations douanières et fiscales, en plusse de la privatisation de la grande majorité des entreprises nationales et publiques.

      Cet accord d’association, dont le texte n’a jamais été publié au journal Officiel tunisien, comporte notamment un article qui interdit à l’Etat tunisien de subventionner ses entreprises publiques pour ne pas fausser la libre concurrence.

      La conséquence de cette politique poursuivie depuis la fin des années 1990 est un chômage qui est devenu endémique et la désertification économique des régions de l’intérieur.
      Le chômage atteint aujourd’hui, selon les données officielles, le taux de 25% et dépasse les 40% pour les jeunes diplômés.
      C’est cette politique qui est à l’origine du déclenchement de la révolution en décembre 2010.

      (Source : Informations Ouvrières n°288, du 29 novembre au 5 décembre 2012)

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 08h33 le 19/12/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    J’me souviens qu’à l’époque, Tous les médias couinaient en cœur :
    « C’est formidable, Vive la Révolution Facebook ! Les peuples opprimés se libèrent grâce à l’Internet ! »

    Et gnagnagni gnagnagna...

    Et la Rue n’a pas dérogé à la règle : LIEN

    Alors : on couine un peu moins fort aujourd’hui hein ?

    • baltha
      baltha répond à Le Renifleur
      etudiant
      • Posté à 14h30 le 19/12/2012
      • 184847
        etudiant

      d’autant que les internautes en egypte représentait 36% de la population, 20% en egypte, et un peu moins de 2% en Libye, la révolutions 2.0... on l’appelle comme ça parce qu’internet étaient notre seule lorgnette pour voir ce qu’il s’y passait, mais dans la pratique les gens s’en servaient peu ou pas du tout.

      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à baltha
        loin d'ici
        • Posté à 15h14 le 19/12/2012
        • Internaute 136986
          loin d'ici

        Par contre il est vrai que dorénavant, chaque « guerre préventive »
        menée par l’OTAN ou le BRIC s’accompagne,
        non seulement par l’habituelle guerre de propagande par voie de télé, radio ou de presse écrite...
        Mais aussi par celle de l’enfumage systématique des réseaux « sociaux » ou non.

        L’exemple « type » c’est l’apparition du célèbre « Observatoire des Droits de l’Homme Syriens » qui consiste en une page Fessedebouc animée par les prétendants au califat et qui n’a rien à voir avec les deux Ligues des Droits de l’Homme syriennes rattachées à la FIDH. (1 et 2)
        Et pourtant, tous les médias occidentaux y ont fait moulte fois (et moulte frites) référence... Quoiqu’ils se sont un peu calmé depuis plusieurs mois.

         
        • baltha
          baltha répond à Le Renifleur
          etudiant
          • Posté à 16h25 le 19/12/2012
          • 184847
            etudiant

          Soit dit en passant ce que je critique c’est la couverture médiatique autocentrée (celle qui consiste à se prendre pour le centre du monde, de prendre notre lorgnette internet comme si elle avait outil principale des révolutions, et enfin qu’ils voulaient notre « démocratie », mot très peu entendu pendant le printemps là-bas) pas les révolutions, pour moi l’argument de la dictature comme mal nécessaire pour contrer L’islam est l’argument de ceux qui sont bien au chaud dans leur fauteuil et qui n’ont pas eu a subir ce que ces peuples on eu a subir , un argument de vautrés, comme R.I par exemple.

          • Le Renifleur
            Le Renifleur répond à baltha
            loin d'ici
            • Posté à 18h31 le 19/12/2012
            • Internaute 136986
              loin d'ici

            C’est bien pire que ça en fait.

        2 autres commentaires
  • Druuna
    Druuna
    Prout
    • Posté à 09h45 le 19/12/2012
    • Internaute 195244
      Prout
  • le journal de personne
    le journal de personne
    Une info scénario
    • Posté à 12h37 le 19/12/2012
    • Internaute 142875
      Une info scénario

    Moncef Marzouki
    Quelqu’un en face de Personne...

    http://www.lejournaldepersonne.com/2012/12/moncef-marzouki/
    Café de la Mare
    Non, ce n’est pas le nom d’un café
    Mais le nom d’une composition musicale
    Café de la Mare, parce que le café se situait près de la mer
    À la Marsa, pas loin de Carthage...
    L’endroit idéal pour lire dans le marc du café.
    C’est là que j’ai interviewé Marzouki.

    Avec l’odeur de la mer, pour recueillir la confession d’un président intérimaire
    Élu au suffrage universel grâce à un calcul très particulier
    Il me disait qu’il était difficile de mener sa barque à bon port
    Quand on place la barre trop haut,
    Vous vous retrouvez avec tout sur le dos
    Le théologique est une chose, l’éthique, une autre.
    Mais, pour moi, la politique est première
    Mais j’ai du mal à le faire admettre aux deux forces qui se partagent ce pays
    Les islamistes d’un côté et les opportunistes de l’autre.
    (les Khobzistes, comme on dit)
    C’est une lutte sans classe... une lutte de rapaces...
    Les aigles de Carthage veulent en découdre avec le pouvoir et ses rouages...
    Les premiers parce qu’ils aspirent soit disant à une toute autre fin pour l’homme
    Et les seconds parce qu’ils réclament soit disant du pain pour tous les citoyens.
    Le problème : c’est qu’il y a des menteurs dans les deux camps... ce sont les mêmes
    Le Coran dit : Mounafikines... ceux qui prétendent savoir ce qu’il y a dans votre cœur alors qu’ils ignorent ce qu’il y a dans le leur.

    Comment expliquer aux petites gens que la Révolution n’est pas une solution dans la mesure où elle ne peut apporter de solution. Jamais.
    Je dirais même que la Révolution ne peut être que la restauration des problèmes :
    Elle ouvre une nouvelle ère : celle des galères
    Ce n’est pas de la comédie, c’est comme dirait l’autre : la naissance de la tragédie.
    C’est à dire, celle du conflit entre le bien et le bien !
    Mon peuple n’est pas mûr, je le sais, pour digérer des fruits qui ne le seront jamais :
    La croissance, le plein emploi, la prospérité resteront des entités abstraites tant qu’on n’a pas compris que la réalité est un travail permanent... d’ajustement ou de réajustement entre politique et économie. Entre sens et finance.
    Les jeunes notamment ne regardent pas les forces dont ils disposent mais seulement les buts qu’ils visent... des buts, je veux bien, encore faut-il les marquer.
    Remarquez, je n’ai rien contre l’utopie... mais il y a un moment où l’inconséquence tue.
    La politique, c’est ma vie... mais c’est aussi ma mort... Je le sais.
    C’est... c’est une ligne de crête entre deux abîmes :
    Le Coran d’un côté et le courant de l’autre... sans jeu de mots.
    Le courant qui fait courir et qui est loin d’être un fleuve tranquille... c’est l’air du temps, celui que le tunisien moyen découvre entre autres, à la télévision et qui lui imprime dans le subconscient toutes les valeurs de l’occident... mais les contre-valeurs aussi.
    Les marques et les sous-marques. Mais ce sont hélas les sous-marques qui restent gravées dans sa mémoire collective.
    Les déchets... les sous-cultures qui se substituent à son inculture...
    Pas d’issue. Plus d’issue. Le mur est grand et on ne peut faire autrement que de foncer dedans.
    Pendant ce temps, comme hier à Sidi Bouzid, on agite sous mes yeux, le drapeau noir de l’islamisme radical... comme seule sortie possible de crise. Pour les très bas comme pour le très haut.
    La charia je veux bien... un état théocratique... allech lé, pourquoi pas ? Seulement voilà ...
    Je sais que ces gens-là, n’y croient pas un seul instant.
    C’est le pouvoir pour chacun qu’ils veulent, et non le devoir pour tous comme ils le prétendent.
    Et pas pour servir Dieu, mais le pouvoir pour le pouvoir...

    Le tunisien est futé plutôt que borné.... même lorsqu’il vous donne l’impression de ne pas savoir où il en est...il sait où il veut aller, là où son ventre l’emmène.
    C’est toujours très calculé... c’est la raison pour laquelle je n’ai pas l’air d’avoir la Foi parce que je mène quotidiennement un combat contre la mauvaise Foi...

    Quel drôle de pays... où l’on sait plus que nulle part ailleurs : qu’il faut d’abord enculer son voisin avant de lui serrer la main...
    En Tunisie, on n’est pas dupes... les droits de l’homme, la liberté, l’égalité, la solidarité...
    On sait, je ne sais comment on le sait mais on le sait : que ce sont de vulgaires marchandises... de la vaseline qui a moins de valeur qu’une berline.

    Et il a été interrompu par un coup de fil...
    Il m’a promis de revenir sur le sujet !

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