La Tunisie après l’assassinat de Chokri Belaïd : « le jour où tout peut arriver »
Au lendemain de l’assassinat du leader de gauche laique Chokri Belaïd, la Tunisie vit des heures intenses, jeudi et vendredi. Sur trois « fronts » :
- Les funérailles de Chokra Belaïd sont prévues vendredi après-midi ;
- La proposition du premier ministre de former un gouvernement de technocrates fait des vagues, notamment dans son propre camp, celui du parti islamiste Ennahdha ;
- Les avocats et magistrats sont en grève ce jeudi à la mémoire de leur collègue assassiné, suivis vendredi par une grève générale en Tunisie.
Les événements en chronologie inversée (pensez à rafraichir cet article qui sera enrichi en permanence).
17h50
Ça dégénère grave à Kélibia, vile côtière du nord-est de la Tunisie. Un poste de police brûlé. Des magasins saccagés et volés. Renfort militaire. (Essabah News)
Ça dégénère grave à Kélibia. Un poste de police brûlé. Des magasins saccagés et volés. Renfort militaire. (Essabah News)
— Ochlocratie (@Ochlocratie) 7 février 2013
17h30
Amira Yahyaoui, blogueuse et activiste de la société civile, tweete :
« Je sors de la maison de Chokri Belaid le cœur déchiré, sa femme me dit “tu as vu, les exécutions continuent” en parlant de Zouhair... »
« Zouhair » fait référence à Zouhair Yahyaoui, cyberdissident tunisien arrêté à l’époque de Ben Ali, en 2002, et mort d’une crise cardiaque en 2005.
Je sors de la maison de Chokri Belaid le cœur déchiré, sa femme me dit « tu as vu, les exécutions continuent » en parlant de Zouhair..
— Amira Yahyaoui (@Mira404) 7 février 2013
17h05
« Pour avoir une idée sur l’escalade qu’a vécu Gafsa, regardez cette photo », écrit sur son compte Twitter @Azyyoz, un des activistes de la révolution tunisienne. A noter que le policier en civil tient apparemment une arme tirant des balles en plastique.
C’est à Gafsa, bastion ouvrier du sud de la Tunisie, que se sont ptoduits les principaux heurts entre manifestants et forces de l’ordre au lendemain de l’assassinat à Tunis du leader de gauche Chokri Belaïd.
Pour avoir une idée sur l’escalade qu’a vécu Gafsa, regardez cette photo : facebook.com/photo.php ? fbid…
— قانونكم نـ*ك أمو (@Azyyoz) 7 février 2013
16h40
Selon Amira Yahyaoui, membre de la société civile, jeudi au siège de la centrale syndicale UGTT, des SMS, mails et appels au standard avec des menaces de mort.
Aujourd’hui a l’UGTT des SMS, Mails et appels au standard avec des menaces de mort.
— Amira Yahyaoui (@Mira404) 7 février 2013
16h30
Les députés démocrates se sont retirés de la constituante : ils estiment indécent de siéger avant les funérailles de Chokri Belaïd prévues vendredi après-midi.
Les députés démocrates se sont retirés de la constituante : indécent de siéger avant les funérailles de #chokribelaid
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
16h20
Prière a la Constituante pour Chokri Belaid. Les députés divisés sur la tenue d’une plénière.
Prière a la Constituante pour Chokri Belaid.Les députés divisés sur la tenue d’une plénière. twitter.com/ThBresillon/st…
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
16h15
Le site indépendant tunisien Nawaat.org s’est livré à un exercice délicat en posant la question « à qui profite le crime », l’assassinat de Chokri Belaïd. La réponse est nuancée :
« Les bénéficiaires sont nombreux et variés, allant des barbouzes de l’ancien régime à ses nostalgiques en passant par les dictateurs en puissance, quelle que soit leur couleur idéologique, rêvant d’un nouvel ordre liberticide en Tunisie, bâillonnant à nouveau le peuple, remettant le pays dans la cage de laquelle il est sorti tout seul avec sa Volonté de vivre et son désir de s’émanciper.
Le but premier des criminels est de faire avorter l’expérience démocratique naissante en Tunisie, et il peut être donc celui d’aventuriers de la politicaillerie, n’appartenant pas nécessairement à un même camp ni à une même sensibilité idéologique ou politique.
C’est cet aspect des choses qui fait l’extrême gravité du drame qui vient d’endeuiller le pays. Mais ne soyons pas dogmatiques, ne nous laissons pas aller à nos sentiments basiques, quoique légitimes, en ne manquant pas d’analyser sereinement les choses sans amalgame ni manichéisme. »
15h35
Mohamed Abbou, membre du gouvernement et secrétaire général du Congrès pour la République (CPR), un des partis de la « troïka », la coalition gouvernementale tunisienne : « nous ne sommes pas contre la proposition » du premier ministre Hamadi Jebali de former un cabinet de technocrates. Mais il ajoute : « mais nous voulons voir la liste d’abord. Pas d’ex pro Ben Ali ».
Abbou a également déclaré :
« on peut encore sauver la troïka, mais la balle est dans le camp de Ennahdha ».
Mohamed Abbou (CPR) : nous ne sommes pas contre la proposition de Jbali, mais nous voulons voir la liste d’abord. Pas d’ex pro Ben Ali
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
Med Abbou (CPR) : on peut encore sauver la troïka, mais la balle Est dans le camp de Ennahdha
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
15h30
Pourquoi les Tunisiens n’aiment toujours pas leur police... (vidéo à voir jusqu’au bout...).
#ACAB RT @mag14com : (vidéo) Voici pourquoi les Tunisiens n’apprécient toujours pas la police fb.me/vcgmtx6u
— Olfa Khamira (@OlfaKhamira) 7 février 2013
14h55
Bilan de la réunion de la « troïka » au pouvoir : contrer le discours de « BCE » (Béji Caïd Essebsi), le président du parti d’opposition Nidaa Tounes, sur la dissolution de l’ANC (l’assemblée constituante). Divergence entre les partis CPR et Ennahdha sur la proposition du premier ministre Hamadi Jebali de former un gouvernement de technocrates.
Réunion de la troïka : contrer le discours de BCE sur la dissolution de l’ANC Divergence CPR NDHA sur la prop de Jbali twitter.com/ThBresillon/st…
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
14h00
Heurts entre policiers et manifestants dans la ville de Gafsa, bastion ouvrier dans le sud de la Tunisie.
Tunisie : heurts entre policiers et manifestants dans la ville de Gafsa - Yahoo ! Actualités France fr.news.yahoo.com/tunisie-heurts… via @yahooactufr
— Emel أمال (@Emel_Celebi) 7 février 2013
13h50
C’est la photo qui résume cette journée de deuil : un homme au visage fermé, entièrement vêtu du drapeau tunisien, brassard noir au bras, passe des policiers anti-émeutes prêts à tout dans le centre de Tunis. Photo via Facebook, sur la page de Yahyaoui Chokri.
13h47
L’UGTT, la principale centrale syndicale tunisienne, décrète la grève générale vendredi, jour des funérailles de Chokri Belaïd. L’UGTT co-organisera ces funérailles avec le parti du leader de gauche assassiné.
Officiel : l’UGTT annonce une grève générale, demain, vendredi.
— Ochlocratie (@Ochlocratie) 7 février 2013
13h45
Les larmes d’une enfant. La jeune fille de Chokri Belaïd pleure sur le cercueil de son père, jeudi matin à Tunis.
C’est terrible ! RT @haykel7حسبي الله ونعم الوكيل la petite fille de #chokribelaid pleure sur le cercueil #Tunisietwitter.com/Haykel7/status…
— Olfa Khamira (@OlfaKhamira) 7 février 2013
13h42
Principe de précaution : les dix écoles françaises de Tunisie seront fermées vendredi, jour des funérailles de Chokri Belaïd.
Les 10 écoles françaises en #Tunisie fermeront demain
— David Thomson (@_DavidThomson) 7 février 2013
13h20
Réunion informelle des partis de la « Troika » qui forment le gouvernement actuel, y compris les Islamistes d’Ennahdha. Habib Ellouz, l’un des hommes forts d’Ennahdha, appelle à calmer le discours contre l’opposition.
Amel Azzouz, une députée islamiste, s’exclame :
« Que toutes les idéologies politiques aillent au diable, il faut s’unir ».
Reunion Ndha+CPR+indpts : Habib Ellouz appelle à calmer le discours contre l’opposition #TnAC twitter.com/AlBawsalaTN/st… »
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
13h15
Matinée de conclaves à tunis : UGTT, groupes parlementaires, Ennahdha. Le jour où tout peut arriver.
Matinée de conclaves a tunis : ugtt, groupes parlementaires, Ennahdha. Le jour ou tout peut arriver. #chokribelaid
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
13h10
Beaucoup d’émotion au siège du watad, le parti de Chokri Belaïd.
Beaucoup d’émotion au siège du watad, le parti de #chokribelaid twitter.com/ThBresillon/st…
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
13h05
Manif en cours Ave Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis. Déploiement d’un service d’ordre musclé, la charge est imminente.
NOW Manif encours à l’Avenue HB déploiement d’un service d’ordre musclé la charge est imminente #Tunisie
— Moi-Même (@salamboo) 7 février 2013
13h00
Devant le ministère de l’intérieur à Tunis : « degage » crie la foule. Face a eux, des policiers protègent leur ministère.
Tunis : « degage » crie la foule. Face a eux, des policiers protègent leur ministère. #tunisie twitter.com/fxmenage/statu…
— fxmenage (@fxmenage) 7 février 2013
12h15
Le quotidien tunisien Le Temps titre en manchette : « Un tournant grave ».
Et, relève Courrier International, il rapporte que « la famille de Chokri Belaïd accuse directement Ennahda ».
Le Temps se demande si le pays est face à un « début d’une série de meurtres planifiés ».
11h49
Un bon portrait de Chokri Belaïd dans African Manager.
Qui était Chokri Belaid ? Un portrait par Africanmanager. africanmanager.com/146947.html
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
10h54
Certains cadres dirigeants du parti islamiste au pouvoir Ennahdha refusent la proposition du premier ministre, Hamadi Jabali, de former un gouvernement de technocrates. C’est le cas d’Abdelhamid Jelassi, membre du bureau exécutif du parti islamiste.
Abdelhamid Jelassi, vice psdt de NDHA, déclare que le parti refuse la proposition de H. Jebali de former un gouvernement de technocrates.
— Thierry Bresillon (@ThBresillon) 7 février 2013
10h38
L’UGTT, le syndicat tunisien qui joue un rôle politique clé, tient une conférence de presse à Tunis au lendemain de l’assassinat de Chokri Belaïd.
#UGTT début de la conf de presse twitter.com/_DavidThomson/…
— David Thomson (@_DavidThomson) 7 février 2013
10h09
Grève générale des avocats et magistrats tunisiens, ce jeudi, par solidarité avec leur collègue Chokri Belaïd.
« @fxmenage : Avocats, magistrats, juges en grève à tunis. Pour denoncer la mort de leur confrère Belaïd tué hiertwitter.com/fxmenage/statu… »
— Laurence Morisset (@Morisset_Avocat) 7 février 2013
9h44
La dépouille mortelle de Chokra Belaïd a quitté jeudi matin l’immeuble où il habitait dans le quartier de Menzah 6, direction Jebel Jelloud, le lieu de son enfance.
Le cortège funéraire quitte l’immeuble de Menzah 6, direction Jebel Jelloud, lieu de son enfance twitter.com/elodieauffray/…
— elodie auffray (@elodieauffray) 7 février 2013
- 10054 visites
- 12 réactions














Ami de Crackity Jones
Ami de Crackity Jones
Ce syndicat qui incarne l’opposition tunisienne
« Dix mois après l’arrivée au pouvoir d’Ennahda (1), Sidi Bouzid, la ville d’où est partie la “ révolution de la dignité ”, a été à nouveau le théâtre de plusieurs mouvements revendicatifs incluant aussi bien des agriculteurs que des ouvriers du bâtiment ou des chômeurs. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a soutenu ces actions. Le 14 août 2012, elle a appelé à la grève générale pour réclamer des mesures de développement régional et exiger la libération des jeunes chômeurs arrêtés lors de manifestations violemment réprimées par la police. Le bureau local d’Ennahda, lui, a invité la base et les structures du syndicat à s’abstenir de tout engagement politique et à préserver leur indépendance.
Ce face-à-face Ennahda-UGTT a débuté le 25 février 2012, avec une manifestation qui a rassemblé environ cinq mille personnes à Tunis à l’appel de la centrale. Les protestataires dénonçaient les déversements d’ordures perpétrés, selon eux, par des militants d’Ennahda devant plusieurs locaux syndicaux à la suite du mouvement social des employés municipaux, l’une des catégories les plus démunies en Tunisie. »
Les défenseurs des peuples génent c’est un fait sur cette planète d’oligarques...




Partager