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Tunisie : la transition démocratique en danger

Thierry Brésillon
Journaliste
Publié le 08/02/2013 à 09h04

L’onde de choc de l’assassinat de Chokri Belaïd peut-elle faire dérailler le processus qui doit mener jusqu’aux élections ?

Sous un ciel plombé et une pluie glaciale, Tunis a vécu jeudi une journée de toutes les incertitudes, tandis que plusieurs villes du pays étaient en proie à la violence.

Même si rien d’irrémédiable ne s’est produit et si les appels au calme se multiplient, toutes les questions déterminantes pour l’avenir restent en suspens. Vendredi, journée de grève générale et de funérailles du leader assassiné, s’annonce décisive.


Cohue et larmes autour du cercueil de Chokri Belaïd vendredi matin (Thierry Brésillon)

1

Le risque d’escalade de la violence

 

Toute la journée de jeudi, manifestants et policiers se sont violemment affrontés notamment :

  • à Gafsa où l’ont déplore plusieurs blessés graves ;
  • à Sfax où des milliers de manifestants ont pris d’assaut le gouvernorat, avant que des bandes de pilleurs ne saccagent magasins et bâtiments publics sans que les forces de l’ordre et l’armée ne parviennent rétablir le calme ;
  • à Kelibia, où le commissariat, le local d’Ennahdha, puis des hôtels ont été vandalisés ;
  • au centre de Tunis, à proximité du ministère de l’Intérieur, les policiers particulièrement tendus après la mort d’un de leur collègue la veille, ont dispersé brutalement quelques dizaines de jeunes manifestants visiblement venus pour en découdre.

Le syndicat UGTT, qui a appelé à une grève générale vendredi, jour des obsèques de Chokri Belaïd, a insisté sur le caractère pacifique des marches.

Mais les violences peuvent continuer par ailleurs et on ne peut exclure que des petits groupes radicaux, violemment opposés aux partis de gauche et à l’UGTT, n’organisent des provocations. 

De nouveaux incidents graves, voire des morts, creuseraient encore davantage le fossé entre les partis de l’opposition et Ennahdha, au risque de paralyser les institutions.

2

Le risque de vide du pouvoir

 

Le désaccord entre Ennahdha et ses alliés du gouvernement concernant le remaniement semblait irrémédiable dès le début de semaine, et, comme l’estime Khallil Ezzaouia (Ettakatol), ministre des Affaires sociales  :

« Depuis mardi soir, le gouvernement est dissous de facto. Nous gérons les affaires courantes. »

Le CPR et Ettakatol, les partenaires des islamistes au sein de la « troïka » au pouvoir, dénonçaient depuis plusieurs semaines l’attitude hégémonique d’Ennahdha au sein de la coalition. Le choc de l’assassinat de Chokri Belaïd a achevé d’isoler le parti islamiste, coupable tout désigné pour l’opposition.

Selim Ben Abdessalem, député démissionnaire d’Ettakatol et aujourd’hui proche de l’opposition, avance :

«  La troïka a éclaté. L’Etat n’existe plus, l’autorité n’existe plus.  »

Dans ce sentiment de vide du pouvoir qui s’installe après l’annonce de la mort de Chokri Belaïd, Béji Caid Essebsi, le leader de Nidaa Tounes, considéré à présent comme le principal opposant à Ennahdha, a appelé mercredi soir à la dissolution de l’Assemblée nationale constituante.

Il n’a guère été suivi dans cette voie et les élus du groupe démocrate déplorent une «  surenchère  ». Ils avaient néanmoins appelé plutôt dans la journée de mercredi à geler leur participation aux sessions de l’assemblée nationale, et se sont retirés, jeudi de la séance plénière.

Renverser l’ordre constitutionnel

Ennahdha et ses alliés dénoncent la récupération de l’assassinat de Chokri Belaïd pour tenter de renverser l’ordre constitutionnel.

Les élus de la troïka, rejoints par ceux du parti Wafa, du groupe Liberté et dignité et des indépendants libres ont formé un Front pour la défense de la légitimité.

Amel Azzouz, députée Ennahdha, insistait  :

«  Il faut que l’Assemblée siège en plénière, même dans cette journée de deuil, pour montrer que l’Etat est là, pour envoyer un message rassurant à la population. »

De leur côté les forces politiques d’opposition et quelques associations comme la Ligue des droits de l’homme ont formé un front pour le sauvetage de la transition, appelant notamment à la formation d’un gouvernement de compétences, bénéficiant d’une légitimité consensuelle et à l’élaboration d’un calendrier jusqu’aux élections. Retour à la case remaniement.


Prière à la mémoire de Chokri Belaïd, jeudi à l’Assemblée constituante (Thierry Brésillon)

3

La formation d’un nouveau gouvernement toujours bloquée

 

Pour sortir de l’impasse, le Premier ministre, Hamadi Jebali, mercredi soir, a pris tout le monde de court et annoncé qu’il formerait un gouvernement de technocrates permettant de mettre en place au plus vite, les conditions nécessaires aux élections.

Une initiative solitaire qui a soulevé immédiatement des objections juridiques, et surtout politiques au sein d’Ennahdha.

Division au sein d’Ennahdha

Pour nombre de militants d’Ennahdha, la formation d’un gouvernement de technocrates signifie ni plus ni moins que la perte du pouvoir. Les pages Facebook nahdhaouies se sont déchainées contre le Premier ministre et jeudi Sahbi Atig, président du groupe Ennahdha à la Constituante, s’est dit opposé à cette proposition.

Toutefois le bureau exécutif réuni une bonne partie de la nuit et toute la matinée jeudi, n’est pas parvenu à s’entendre sur une position commune. Zied Laadhari, membre du bureau politique présente les deux thèses en présence :

« Ceux qui sont pour estiment que, dans le contexte de tension très élevée dans l’opinion publique, où tout est surpolitisé, le gouvernement ne peut plus travailler. La solution est donc de former un gouvernement dépolitisé, permettant à la Constituante de se focaliser sur la rédaction de la Constitution.

Ceux qui sont contre s’en tiennent à la légitimité des urnes qui ont donné une majorité aux partis au pouvoir. Se retirer du gouvernement reviendrait à renoncer sous la pression, sinon à trahir les électeurs. »

Le différend entre les partisans de la ligne Ghannouchi et Hamadi Jebali que son départ d’Ennahdha a même semblé plausible.

Des soutiens prudents à Jebali

Côté opposition, Hamma Hamami, leader du Front populaire, déplore

« une initiative qui arrive trop tard. A présent il faut une concertation pour savoir comment gérer la transition ».

Les élus démocrates ne sont pas hostiles à l’idée et saluent un pas positif et courageux de la part de Hamadi Jebali, mais, comme le souligne Nadia Chaabane :

« La composition doit faire l’objet d’une concertation préalable avec l’opposition. »

Quant à Mohamed Abbou, secrétaire général du CPR, allié d’Ennahdha, il exprime de sérieuses réserves :

« Nous nous opposons catégoriquement à l’idée, mais nous nous prononcerons en fonction des personnalités retenues. Il est hors de question de permettre le retour d’anciens partisans de Ben Ali. »

A la fragilité politique, s’ajoutent de sérieux obstacles juridiques.

Incertitude juridique

Toute la journée de jeudi a été occupée par un débat d’experts pour savoir si le texte qui tient lieu de Constitution provisoire (l’organisation provisoires de pouvoirs publics, OPP) autorise le Chef du gouvernement à dissoudre son gouvernement sans remettre sa démission, et donc si potentiellement, l’initiative ne constituait pas une forme de coup d’Etat en douceur.

Lors d’une conférence de presse, Adnane Manser, porte parole de la Présidence de la République a tranché :

« S’il veut remplacer l’intégralité de son gouvernements, Hamadi Jebali doit remettre sa démission au Président de la République qui est tenu de choisir le candidat proposé par le parti majoritaire à la Constittuante, donc Ennahdha.

Si un gouvernement n’est pas formé dans les deux semaines, c’est le Chef de l’Etat qui choisit la personnalité la plus apte. Mais la Constituante est toujours détentrice de la souveraineté. »

Cette déclaration a eu pour triple effet de réaffirmer l’ordre constitutionnel à un moment de flottement, de redonner la main à Ennahdha et de préserver le rôle de la troika, mais aussi d’affaiblir la position de Hamadi Jebali, du moins dans un premier temps.


Beaucoup d’émotion au siège du watad, le parti de Chokri Belaïd (Thierry Brésillon)

Entre les mains d’Ennahdha

Les concertations au sein d’une troïka élargie ont donc repris, mais elles doivent répondre désormais à trois questions :

  • A qui attribuer les ministères, et notamment les ministères régaliens, source du blocage des négociations ?
  • Quelle formule choisir (gouvernement politique, gouvernement de technocrates, ou combinaison des deux) ?
  • Qui choisir comme Premier ministe ?

Il n’est pas impossible que Hamadi Jebali paraisse comme le plus apte à rassembler un majorité large et il semble que la logique d’un gouvernement dépolitisé permettant d’apaiser les tensions ait gagné du terrain au sein du bureau exécutif.

La gravité de la situation amènera peut-être Ennahdha à accorder à ses partenaires ce qu’ils réclament, à savoir de diminuer son emprise sur l’appareil d’Etat et d’avoir un comportement moins hégémonique avec ses partenaires.

La clé de la réponse à ces trois questions entre les mains d’Ennahdha qui doit surtout choisir si sa priorité est de sauver le pouvoir du parti ou la stabilité de l’Etat.

(Actualisation vendredi 8 février à 19h00) Hamadi Jebali semble décidé à poursuivre son initiative en se fondant sur l’article 17 de l’OPP qui l’autorise à former seul son gouvernement. Il annoncé qu’il présentera directement son gouvernement à l’Assemblée constituante, sans demander au préalable l’accord de son parti.

***

En résumé, la transition est à la merci d’un dérapage sécuritaire, d’une rupture du dialogue politique et de l’incapacité d’Ennahdha à faire davantage de compromis et à contrôler l’impatience d’une partie de ses troupes et de ses sympathisants.

En cas d’échec, il est difficile d’imaginer quel scénario s’ouvrirait. Mais le chaos n’est pas la pente fatale de cette situation, même si jamais depuis le 14 janvier 2011, la situation n’a été aussi fragile. Si la Tunisie passe le cap de cette crise, il est à craindre que ce ne soit pas la dernière.

  • 7047 visites
  • 27 réactions
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  • Tabac
    Tabac
    De passage
    • Posté à 09h20 le 08/02/2013
    • 177241
      De passage

    Je remets la photo.

    • Deïr Yassin
      Deïr Yassin répond à Tabac
      Intolérable depuis 1948
      • Posté à 12h50 le 08/02/2013
      • Internaute 151422
        Intolérable depuis 1948

      Elle est belle, celle-ci aussi. Elle a été postée il y a quelques minutes sur le Twitter #chokribelaid

  • Aity7
    • Posté à 09h35 le 08/02/2013
    • Internaute 1639

    Une analyse intéressante.
    Par-contre, ici : « Le différend Hamadi Jebali que son départ d’Ennahdha a même semblé plausible. »
    J’ai l’impression qu’il manque un ou plusieurs mots.

  • Visiteur89
    Visiteur89
    Indépendant
    • Posté à 10h02 le 08/02/2013
    • Internaute 198234
      Indépendant

    C’est râpé pour le mois de mai à Djerba !
    C’est sûr, le bronzage topless cette année ça va pas le faire...

    Et je ne parle pas de Hammamet, et encore moins de la visite du souk de Tunis... ils doivent se jeter la poterie à la figure...

    Le pire, c’est qu’il n’est pas question de se rabattre sur une croisière sur le Nil. Trop de crocodiles de retour...

    Si ça continue, nous serons obligés de faire ce circuit à Cuba que nous ont tant conseillé des amis du front de gauche... Au moins, quand la gauche est en place dans un pays, il n’y a pas toute cette agitation sociale délétère... et une certaine stabilité. Et le Leader Maximo est de retour.

    Si au moins le Maghreb pouvait en prendre de la graine...

    • Rose.Arno
      Rose.Arno répond à Visiteur89
      Enseignante
      • Posté à 10h39 le 08/02/2013
      • Expert 136988
        Enseignante

      Les amoureux du totalitarisme peuvent cepenant se demander , du communiste ou de l’islamique, lequel des deux perdure le mieux, et se renouvelle sans cesse.

      Bon, c’est sûr, le Leader Maximo est de retour, mais son déambulateur est toujours à portée de main, juste hors du cadre de la photo. Comme résurrection, c’est quand même un peu médicalisé...

      Ce qui n’est pas le cas des autres barbus, qui pètent la santé et la gueule des incroyants. Depuis bien avant 1959, et pour de beaux lendemains qui chantent du haut des minarets.

    • Lionel06
      Lionel06 répond à Visiteur89
      Dessoucheur
      • Posté à 10h42 le 08/02/2013
      • Internaute 30683
        Dessoucheur

      Pauvre Copé...
      Heureusement pour lui, il doit sans doute avoir une piscine dans une de ses villas secondaires, à Neuilly ou à La Baule, pour y tremper son popotin.

  • Le funambule
    Le funambule
    A l'ouest
    • Posté à 10h30 le 08/02/2013
    • Internaute 196669
      A l'ouest

    Onde de choc... Danger pour le processus démocratique ou électrochoc ?

    Peut-^tre la violence de cet assassinat peut-elle aussi agir en catalyseur ? Je sais que la frontière est vite passée, mais justement, cela ne peut il pas jouer dans un sens comme dans l’autre ?

    Ennahdha jusqu’à ce jour funeste avançait ses pions, écrasant inexorablement toute velléité de démocratie. L’opposition est aujourd’hui galvanisée, et je crois que là, elle ne lâchera rien, à l’image d’une dame avançant dans la rue, les doigts en V

    • lioe
      lioe répond à Le funambule
      berlin
      • Posté à 11h01 le 08/02/2013
      • Internaute 6423
        berlin

      bonjour,

      je partage complètement votre avis ! il me semble que cette réaction populaire est une douche froide pour ceux qui croyaient que les Tunisiens allaient courber l´échine !

      Cela fait déjà un moment que Ennahdha n´est plus tellement populaire en Tunisie. Par son incompétence flagrante et surtout à cause de cette « aile » armée sur laquelle Ennahdha n´a pas de contrôle même s´ils veulent faire croire le contraire.

    • hasni
      hasni répond à Le funambule
      • Posté à 17h18 le 08/02/2013
      • Internaute 37535

      Parfaitement d’accord. Je ne comprends absolument pas la 1ère phrase de cet article. Cet assassinat pourrait provoquer des élections que la Troïka au pouvoir se refuse à vouloir organiser. Rappelons que ces chers partenaires devaient rendre le pouvoir fin octobre dernier au terme de leur mandat. Et que cela n’a pas été fait. Ils avaient collectivement un CDD d’un an pour rédiger un projet de constitution. La chose n’a pas été faite. En se prolongeant eux mêmes de manière illégale et illégitime, ils se rendent coupables d’un coup d’État constitutionnel.

      Cet am, le Ministère de l’Intérieur a compté 1.4 million de personnes dans les rues. Des élections si elles étaient immédiates, verraient la Tunisie revenir dans la sphère progressiste et démocrate. On comprend mieux que la Troïka s’accroche au pouvoir et refuse de le rendre.

      Les obsèques viennent de se terminer au moment que j’écris. Beaucoup de personnes se rendent sur l’Avenue Bourguiba qui pour autant a été vidée et bloquée par la police qui a vu ses effectifs considérablement renforcés. Des groupes de voyous et de gros bras, armés d’armes blanches et bâtons, ont été transportés dans des rues parallèles (une première arrestation a eu lieu). Des vidéos ont montré également certains de ces gros bras saccager un parking à proximité du cimetière pendant les obsèques et mettant le feu aux véhicules. Visiblement le parti au pouvoir ne maîtrise plus ses propres milices au moment même où les gens de la manif retournent sur Tunis.

      Je suis loin d’être sur que les Tunisiens, ce soir, laissent la rue aux barbus et aux voyous armés qui les accompagnent. No pasdaran.

      • Le funambule
        Le funambule répond à hasni
        A l'ouest
        • Posté à 17h23 le 08/02/2013
        • Internaute 196669
          A l'ouest

        J’ai entendu aussi ce soir la veuve de Chokri Belaïd. Une très belle déclaration, très forte. Il faut maintenant des leaders dignes de ce nom pour mener le combat contre les apprentis dictateurs.

  • séraphinlampion
    séraphinlampion
    Turluron
    • Posté à 11h01 le 08/02/2013
    • Internaute 104431
      Turluron

    Courage à tous les camarades tunisiens !

  • Paco Picopiedra
    Paco Picopiedra
    Ami de Crackity Jones
    • Posté à 11h30 le 08/02/2013
    • Internaute 197242
      Ami de Crackity Jones

    dieu est amour, c’est pour ça qu’il assassine les gens qui veulent le bien du peuple, si si...

    et son assassin aura droit de sauter 70 vierges, c’est pour dire comme dieu est amour...

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 11h45 le 08/02/2013
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Les troubles actuels prouvent, s’il en était besoin, la maturité politique des Tunisiens qui ne veulent pas passer d’une dictature à une autre ... Car Ennahdha, il ne faut pas se le cacher, veut le pouvoir total ; avec ses alliés salafistes, c’est une théocratie rampante qui se faufile à un horizon bien noir.

    • padiran
      padiran répond à Mon-Al
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 12h21 le 08/02/2013
      • Internaute 5159
        Chroniqueur Grolandais

      Pour une fois je suis plus optimiste que toi Mon-Al, je pense que si les tunisiens surmontent leurs peurs et divisions et participent massivement aux élections qui ne vont pas manquer d’être organisées, les laïcs prendront leurs responsabilités et que le « printemps arabe » qui est parti de Tunisie peut très bien faire une deuxième tournée tout aussi intéressante que la première avec des urnes à la place des fusils. Les diasporas arabes en Europe ont formé des intellectuels qui jusqu’ici ont été rejetés aussi bien par les dictatures en place que par les barbus mais les temps changent et le Coran, comme la Bible d’ailleurs, ne donne pas à manger.

      • Mon-Al
        Mon-Al répond à padiran
        roturière : -)
        • Posté à 12h52 le 08/02/2013
        • Internaute 24219
          roturière : -)

        Oui, on se rejoint en fait : c’est justement cette maturité politique des Tunisiens qui va empêcher l’obscurantisme qui se cache sous un étalage d’islamisme « modéré » (il faudra d’ailleurs qu’on m’explique un jour ce que ça veut dire ?), qui laisse la main libre aux salafistes et autres terroristes ! Après avoir voté pour Ennahdha, sans doute par manque d’habitude de démocratie, ils se rendent maintenant compte de leur erreur. Ils ont laissé entrer le ver dans le fruit ... maintenant il leur faut jeter le tout ... La société tunisienne moyenne éduquée ne laissera pas les barbus appliquer leur dictature ailleurs que dans la population pauvre ... qu’ils assistent.

         
        • padiran
          padiran répond à Mon-Al
          Chroniqueur Grolandais
          • Posté à 13h21 le 08/02/2013
          • Internaute 5159
            Chroniqueur Grolandais

          Là on est bien d’accord. Je pense qu’on assiste à une (r)évolution rapide vers la démocratie.*
          « Selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln (16ème président des Etats Unis de 1860 à 1865), la démocratie est “ le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ”, c’est l’une des définitions canoniques couramment reprise, ainsi qu’en témoigne, par son introduction, la Constitution de 1958 de la Cinquième République française. » Wikipédia
          Les leaders politiques, les intellectuels et les citoyens construisant ensuite le régime qui convient à travers une véritable assemblée constituante et surtout que les « laïcs » s’unissent, oublient leurs divisions et évitent que Ennahda ne reprenne la majorité.

          • Mon-Al
            Mon-Al répond à padiran
            roturière : -)
            • Posté à 13h35 le 08/02/2013
            • Internaute 24219
              roturière : -)

            Nous sommes d’accord.

            • padiran
              padiran répond à Mon-Al
              Chroniqueur Grolandais
              • Posté à 13h46 le 08/02/2013
              • Internaute 5159
                Chroniqueur Grolandais

              Je savais qu’en faisant référence à la constitution de 1958, j’allais toucher ta corde sensible- :))

        3 autres commentaires
    • Psicarpax
      Psicarpax répond à Mon-Al
      Voleur de miettes
      • Posté à 17h01 le 08/02/2013
      • 175858
        Voleur de miettes

      Certes, mais Ennahdha est parvenu au pouvoir par les urnes, démocratiquement élu donc.
      J’avoue que cette « révolution du Jasmin » et, surtout, ses suites me laissent bien perplexe…

  • pierab
    pierab
    Tunisie Démocrate
    • Posté à 12h03 le 08/02/2013
    • Internaute 45040
      Tunisie Démocrate
  • Fifi89
    Fifi89
    je ponce donc je sue
    • Posté à 12h28 le 08/02/2013
    • Internaute 110929
      je ponce donc je sue

    Moi, j’ai plutôt confiance. Cette « révolution » est tombée sur le nez des tunisiens sans prévenir. Après 50 ans d’autoritarisme, il ne me paraît pas anormal qu’il y ait quelques soubresauts, voire quelques séismes. Le refuge vers l’islam est quasiment naturel dans une société qui n’avait jamais imaginé jusqu’ici avoir à prendre son destin en main. C’est une solution prudente, un peu lâche et sans imagination, mais je ne doute pas que le peuple tunisien saura inventer la première vraie démocratie du Maghreb.

  • Deïr Yassin
    Deïr Yassin
    Intolérable depuis 1948
    • Posté à 13h34 le 08/02/2013
    • Internaute 151422
      Intolérable depuis 1948

    Le cercueuil du martyr Shukri Belaïd arrive au cimetière de Jellaz à Tunis où il va être enterré au carré des martyrs à côté des personnalité du mouvement nationale tunisien. Les cris ’Ghannouchi dégage’ sont scandés, un membre d’an-Nahdha est empêché d’assister aux funérailles par la foule
    .
    Il y a des Twits super et plein d’émotion sur #Chokribelaid
    #Amira Yahgaoui
    We’re heading to the cemetery, it’s rainins, nature is crying [Nous nous dirigeons vers le cimetière, il pleut, la nature pleure]

    #Amir Elghoul
    Les Tunisiens sont débout, ont bien appris la leçon et ferment à jamais la porte islamiste ! Merci pour tout Chokri Belaid !

    #Naoul_B_J
    Toutes ces femmes voilées et non-voilées, jeunes et moins jeunes au funérailles défiant l’usage, c’est extraordinaire.

    #Lamia Slim
    La foule unie pour Chokri Belaid devrait faire taire les + pessimistes quant à l’avenir de la Tunisie et à force des démocrates.

    • Mon-Al
      Mon-Al répond à Deïr Yassin
      roturière : -)
      • Posté à 13h36 le 08/02/2013
      • Internaute 24219
        roturière : -)

      Souhaitons que ce soit le cas.

      • Deïr Yassin
        Deïr Yassin répond à Mon-Al
        Intolérable depuis 1948
        • Posté à 13h48 le 08/02/2013
        • Internaute 151422
          Intolérable depuis 1948

        Votre réponse m’a empêché de corriger des fautes : -) ’Cercueil’, bien entendu.

        La veuve de Chokri Belaid, Besma Khalfaoui, vient de déclarer « C’est une nouvelle révolution qui commence ».

        Selon des témoignages sur place Avenue Habib Bourguiba et au cimetière Jellaz, an-Nahdha a envoyé ses sbires pour ’foutre la merde’ (je cite). On les voit sortir des matraques etc.
        #Chokribelaid

         
        • Mon-Al
          Mon-Al répond à Deïr Yassin
          roturière : -)
          • Posté à 13h55 le 08/02/2013
          • Internaute 24219
            roturière : -)

          J’avais corrigé virtuellement !

          Je suis d’accord avec vous : la Tunisie a commencé les printemps arabes ... qui ont débouché sur des hivers obscurs un peu partout. Il est bien normal - et courageux - que la révolution définitive vers une démocratie bien méritée prenne un nouveau départ depuis la Tunisie. Car les autres « printemps », en particulier l’Egypte, ont échoué et terminé dans le sang. Et les pays concernés sont attentifs.

        1 autres commentaires
  • Tariec
    Tariec
    « Radio Paris ment », « Radio (...)
    • Posté à 16h32 le 08/02/2013
    • Internaute 37287
      « Radio Paris ment », « Radio (...)

    Mermet était au teléphone en direct de 15h00 à 16h00 avec la Tunisie.
    A réécouter demain sur « là-bas.org »
    Prochaine émission avec la Tunisie lundi...

    Bon courage aux Tunisiens ! !

  • Psicarpax
    Psicarpax
    Voleur de miettes
    • Posté à 16h57 le 08/02/2013
    • 175858
      Voleur de miettes

    Il faut bien reconnaitre que certains, sur ce site même, ont eu un sacré flair...

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