Un crayon dans la tête

Le blog de Ga, dessinateur.

Spécial Angoulême : l'insoutenable déliquescence de la bande-dessinée

Ga
Dessineux
Publié le 24/01/2011 à 19h09


Dessin de GA

Pendant que Brad Pitt descend les marches de Cannes en costard, avant d’aller rejoindre une escort-girl a moitié nue allongée sur le sofa en cuir de sa suite royale, le dessinateur de BD, lui, après une longue journée de dédicaces sous des tentes mal chauffées, remonte péniblement la rue de la gare d’Angoulême sous la pluie avant d’aller retrouver son hôtesse, une mamie à poil dur, un bol de soupe à l’oignon à la main.

Tel est la destinée du dessinateur de bédé, mais longue et difficile est la route avant d’avoir l’immense privilège de faire partie de la grande famille de la bande dessinée. C’est d’ailleurs très difficile de parler du métier de dessinateur sans faire un état des lieux sévére de ce qui est vendu comme de la culture en France.

Je pourrais effectivement m’étendre un peu plus longuement sur les conditions de travail des auteurs de BD, et tenter de démystifier un peu l’image surannée que s’en font parfois les lecteurs, mais le fait est que l’individualisme forcené inhérent à cette profession place de facto tout contradicteur en porte-à-faux vis à vis de ses collègues et de ses employeurs.

Et puis il serait bien simpliste que de vouloir rendre responsables « les méchants éditeurs » d’une situation qui résulte justement plutôt du « trop plein » d’intermédiaires qu’il y a aujourd’hui entre l’auteur et son éditeur.

Pour bien comprendre comment ça fonctionne, il faudrait que j’explique qu’avant qu’un projet n’aboutisse, l’auteur doit se coltiner un parcours du combattant qui relève plus souvent du merchandising qu’autre chose.

Son travail est -en général- jugé sur des critères commerciaux (qui eux mêmes varient en fonction de ce qui s’est bien vendu ou non l’année précédente), et les dessinateurs (scénaristes, coloristes, etc...) se voient contraints de devoir défendre leurs projets face à une armada de commerciaux qui validera ou invalidera toutes décisions.

Ce qui peut se faire avec ou sans l’accord de l’éditeur ou du directeur de collection, qui sont généralement payés par l’entreprise (au choix, un vendeur d’armes, une télé italienne, un pote de Sarkozy...) à qui appartient la boite d’édition.

Mais même là, avec ce constat, je fais une schématisation un peu simpliste qui risque de dérouter le lecteur lambda, les réseaux de diffusion, et les grandes chaines de distribution avec leurs marges arrières abusives et injustifiées ont eux aussi leurs part de responsabilité dans cette déliquescence de la profession, et par conséquent de la qualité de ce qui est proposé.

Soyons justes et réalistes, il y a encore beaucoup de boites d’éditions qui arrivent à préserver une ligne éditoriale plus ou moins libre et qui parviennent encore à avoir les épaules suffisamment solides pour pouvoir prendre des risques avec des œuvres un peu plus « décalés » ou innovatrices, du moins tant que les rééditions de leurs catalogues se vendent encore.

Les autres survivent. Et enfin, l’auteur à lui aussi sa part de résponsabilité en acceptant de se plier aux exigences du marché.

En même temps, il n’a pas trop le choix, les délais impartis pour livrer un album, ainsi que les grilles de programmes des éditeurs sont devenus si rigides que cela laisse peu de place à la réflexion, l’éditeur étant tenu à un résultat de chiffre immédiat. (Durée de vie d’un album dans les bacs : trois mois, au-delà, si ça ne se vend pas, ça finit chez les soldeurs.)

De son coté, le dessinateur, qui se voit souvent contraint d’enchainer les albums les uns après les autres pour survivre car les tarifs pratiqués aujourd’hui ne lui suffisent plus à vivre et élever une famille, d’autant que les paiements se déroulent en plusieurs phases :

  • l’avance sur droits d’auteur, qui va de 2 000 à 16 000 euros (plus souvent entre 2 000 et 5 000 euros), payé en plusieurs fois sur une période qui peut aller jusqu’à six mois.

    Un tarif qui varie en fonction des éditeurs et du « passif éditorial » de l’auteur, et qui doit -en théorie- vous permettre de vivre le temps de faire un album. Soit, si on veut être raisonnable, pas plus de six mois, sinon c’est plus rentable.

    (Je ne parle pas ici des blockbusters de l’édition qui eux sont payés (un peu) plus, mais il n’y a pas si longtemps que ça, la majorité des auteurs pouvait encore prendre entre un et quatre ans pour faire leur album, et les écarts entre les tarifs n’étaient pas aussi disproportionnés.)

  • les droits d’auteur eux-mêmes, qui sont le pourcentage que vous touchez sur les fruits de la vente de votre album (entre 3 et 10% en général), dont on déduira votre avance, les frais d’impression et de distribution.

    Ce qui veut dire que vous commencerez en gros a toucher de l’argent au bout de 15 000 exemplaires vendus, pour des albums en général tirés entre 2 000 et 5 000 exemplaires, soit à la troisième réimpression... autant dire jamais, quoi.

Donc fort de ce constat, le dessinateur, conscient qu’il ne verra jamais un centime de ses droits à moins de faire un carton, multiplie les petits boulots alimentaires et enchaine les bouquins les uns après les autres, en essayant de vivre de ses avances et espérant qu’il y en ai un qui marche, au détriment d’une liberté de création plus propice à faire un travail plus abouti.

On se doute bien également qu’un dessinateur n’est pas non plus une machine à pondre de la bulle, et que certains projets prennent plus de temps que d’autre, un temps de réflexion qui n’est absolument pas pris en compte par les institutions administratives non plus, contrairement à ce que prévoit le statut d’intermittents du spectacle par exemple.

De quoi décourager le jeune dessinateur en herbe dans la mesure où celui ci n’a droit qu’a trois options de statut :

  • La Maison des artistes, à laquelle on est affilié si l’on a plus de revenus dans l’édition que dans la presse.
  • L’Agessa, lorsque l’on a autant de revenus dans la presse que dans l’édition (en gros quand tu galères de boulots alimentaires en boulots payés au lance-pierres).
  • La carte de presse, lorsque que la majorité de vos revenus proviennent de la presse, mais les journaux ne salarient que très sporadiquement les dessinateurs, pour ne pas dire jamais.

En sachant que ces statuts permettent seulement de bénéficier de la sécurité sociale et de cotiser pour sa retraite. Pas d’aide compensatoire en période de recherches de projets ou d’éditeurs. Pas de droit au chômage non plus, et donc pas de revenus entre deux paiements des éditeurs (dont les délais ne sont pas toujours respectés) ou lors d’une période creuse... pendant laquelle le dessinateur peut au mieux aspirer à obtenir le RSA.

On se doute bien également que dans ces conditions de travail, où la productivité prime sur la qualité, il est non seulement difficile pour un auteur de BD de vivre de son art, mais qu’il devient vite un rouage d’une mécanique qui n’a plus grand-chose à voir avec l’art.

C’est vrai, il y a pleins alternatives, il y a d’autres réseaux, il y a encore des éditeurs indépendants qui survivent et qui luttent contre ce système pourri. Mais là, l’auteur se retrouve contraint de troquer son indépendance financière contre son indépendance artistique, de choisir entre bouffer correctement ou travailler librement.

C’est vrai, dans la musique, le cinéma, la télé ou la littérature, les artistes connaissent cette précarité depuis plus longtemps que le monde de la BD. Au final, le constat peut se résumer à une simple constatation de l’effet dévastateur d’un marché macrophage : celui de la BD n’a pas été épargné.

On pourrait en conclure que c’est comme ça et puis c’est tout, c’est la dure loi du marché. Mais non. Se plier aux règles du marché fait déjà partie du jeu, et c’est déjà un sacerdoce que de devoir y être soumis. La BD a connu un essor bien plus rapide que ses congénéres, à peine a-t-elle eu le temps d’acquérir ses lettres de noblesse (fort tardivement) et la voilà déjà devenue un produit calibré et commercialisable.

Mais le vrai problème est ailleurs. Au delà des dysfonctionnements du monde de l’édition, il faut remettre en cause le fondement même de la distinction entre ce qui est considéré comme culturel ou pas, dans notre société.

Car le vrai cancer des métiers artistiques aujourd’hui, c’est cela, l’appauvrissement de la qualité et le nivellement par le bas des œuvres artistiques qu’imposent les impératifs financiers du marché.

Là, on touche un thème beaucoup plus généraliste -et qui ne concerne pas simplement la bande dessinée- c’est de l’influence du monde de l’entreprise sur le monde de l’art, et donc de ses conséquences sur le public.

C’est là que le sujet devient sensible, car cette réflexion induit que l’on remette en cause l’équation habituelle selon laquelle : « si un produit marche, c’est qu’il a plu, donc c’est que c’est bien », et que donc on considère insidieusement que le consommateur consomme mal, donc on le rend en parti responsable de son propre abrutissement.

C’est pas cool, et ce genre de réflexions ça t’attire des inimités trés vite, tant du coté des lecteurs qui ont l’impression de se faire traiter de crétins, que de celui de la profession qui est choqué rien qu’à l’idée que tu puisses oser remettre en cause leurs « choix artistiques » guidés par on ne sait quel gourou représentant en saucisses.

Le fait est que tant que l’industrie culturelle sera gérée par des entreprises et des commerciaux qui n’ont peu ou prou de rapport avec le monde de l’art, que la qualité sera sacrifié sur l’autel de la rentabilité qu’on continuera de nous vendre comme des paquets de couches, on continuera tous à bouffer de la merde et personne n’en sortira plus propre, ni plus intelligent …

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  • ELCHEKATZO
    ELCHEKATZO
    Ruminant
    • Posté à 05h00 le 25/01/2011
    • Internaute 36477
      Ruminant

    Aucune réaction très drôle, alors je vais pouvoir me lâcher et ça va faire très très mal !

    Votre article est extraordinaire de clarté et de finesse. Quand on sait en plus à quelle point la réalité que vous décrivez est avilissante, on voit toute la retenue et la distance que vous avez dû prendre pour l’écrire, le temps aussi !

    En parlant de votre production artistique, que je ne connais pas encore, vous faites une très belle allégorie (je ne trouve pas d’autre terme, peut-être étude de cas, bref...) de ce qu’est devenu le monde des arts après le passage du libéralisme et de sa dictature des marchés. Je ne connais pas vos guides humoristiques non plus, mais continuez d’écrire de telles choses sérieuses eu égard à votre belle pensée et ce qu’elle apporte de bon !

    Personnellement j’adore la BD française classique si je puis dire, en tout cas mes classiques :
    Moebius, Druillet, Gotlib, Bilal, Fred, Alexis, Solé, Loisel, Léo... (Groo le barbare j en trouve pu’ : ( ) enfin plein d’autres que j’oublie mais qui sont certes du même accabit, je n’ai rien d’un avant-gardiste.

    Mais aujourd’hui, rien, keutchi, je trouve les histoires tellement bidon pour le peu que je croise que c’est à en pleurer... Alors si Rue89 le permet et si vous nous assurez d’être sincère et tranchant, je serais le premier heureux de vous entendre nous conseiller des BD nouvelles ou anciennes, de belles choses à lire - il doit bien y en avoir - dans ces pages électroniques !

    C’est un appel que je lance, HEIN, RUE89 ! TU M ENTENDS ? Merci aux riverains de me soutenir dans la démarche !

    En tout cas bravo pour votre verve, clarté de pensée et d’expression, vos critiques justes et conclusions tout à fait à propos ! Je ne passe que très rarement le cirage, faut en profiter !

    Et je pense que c’est le meilleur article dans son entièreté et pour sa qualité que j’ai jamais lu sur RUE89.
    Tout à la fois, un article de fond, un témoignage humain, une prose qui l’honore, un cri dans la nuit !

    BRAVO mille mercis ! Et je compte sur vous pour le reste !

    PS : je vais aller faire la PUB de l’article !

    ––-A RUE89 ––-
    Etant donné la qualité de cet article je demande instamment qu’il soit en colonne dans l’accueil s’il vous plaît ! Sans quoi je serais obligé de sévir, non mais...

    • One for the money
      • Posté à 09h57 le 25/01/2011
      • Internaute 96346

      en faveur de la motion du camarade El « ChekaChekaChek ! »
      Levez la main.
      Moi !

    • Karavi
      Karavi répond à ELCHEKATZO
      obsolescence programmée ((
      • Posté à 15h34 le 25/01/2011
      • Internaute 113192
        obsolescence programmée ((

      Parmi les classiques français,vous ne citez pas : margerin, Martin Veyron, Lauzier, Marcelé, Binet, Lelong, Baru...,tous excellents à mon avis.
      Mais qui prendra la relève ?
      Parce qu’une bonne BD ne doit pas laisser sans réaction et il m’arrive de tomber sur des BD récentes que je trouve assez insipides.
      Alors , que vive la vraie BD ; on demande humour et bonnes bulles

      • Super Pouic-Pouic
        Super Pouic-Pouic répond à Karavi
        Adorateur de Cthulhu.
        • Posté à 16h13 le 25/01/2011
        • Internaute 120188
          Adorateur de Cthulhu.

        La relève, elle s’appelle Lewis Trondheim, Boulet, Riad Sattouf, et accessoirement (parce bon, j’aimais bien au début mais maintenant il me gonfle, mais bon, on peut pas ne pas le citer) Joan Sfar.

         
        • check_your_head-
          check_your_head- répond à Super Pouic-Pouic
          athée atterré
          • Posté à 21h18 le 25/01/2011
          • Internaute 100246
            athée atterré

          Un peu « bobo geeks pour les nerdeux » mais très drôles et très à l’aise financièrement eux.

          +ZEP et Winschluss
          Mais vous regardez le vernis ce que le système veut que vous voyez 2 réussites pour 200 échecs et 50 ouvriers de la BD menant cahin-caha une œuvre ou un passe-temps (je dis ça pour le scénariste avocat de Clearstream)

        1 autres commentaires
  • They aint gonna see us fall
    • Posté à 03h31 le 25/01/2011
    • Internaute 135530

    Cet article a-t-il une chance de détrôner celui sur Vogue ? ? Il est autrement plus intéressant, à mes yeux en tout cas...

  • charles angrand
    charles angrand
    citoyen furax ! ! ! !
    • Posté à 04h34 le 25/01/2011
    • Internaute 132772
      citoyen furax ! ! ! !

    très bon article , clair et précis et a la fois dur sur ce milieu ou les requins sont en place , voila ce genre d’article qui honore la RUE qui devrait être son boulot , ce n’était pas la charte du début nous ne ferons pas comme les autres, et qui devrait en UNE mais bizarrement on préfère VOGUE, AREVA et que le mec de facebook s’habille mal , c’est plus people et surtout les bobos adorent ! et c’est peu moins polémique . Encore merci et un grand merci GA

    Ni dieu , ni maitre

  • charles angrand
    charles angrand
    citoyen furax ! ! ! !
    • Posté à 05h24 le 25/01/2011
    • Internaute 132772
      citoyen furax ! ! ! !

    Salute

    au fait excellent dessin , dur mais à la fois qui est en parfaite adéquation avec l’article , Monsieur dessine bien et écrit bien , mes respects

    Avvideci ni dieu, ni maitre

  • charles angrand
    charles angrand
    citoyen furax ! ! ! !
    • Posté à 05h28 le 25/01/2011
    • Internaute 132772
      citoyen furax ! ! ! !

    ah avvedeci (corse) pas avvidecci et la je sais pas au moins après les louanges que j’essaie de rester au niveau et pas faire des fautes idiotes...

  • dba999
    dba999
    auteur bd
    • Posté à 08h50 le 25/01/2011
    • Internaute 142122
      auteur bd

    Excellent article en effet.

    Cela dit, ça n’est plus une vérité tabou, et de plus en plus de voix s’élèvent ici ou là pour en parler. Même les lecteurs lambda sont de plus en plus rares à entretenir l’idée que leurs auteurs adorés sont des stars grassement payées. J’imagine que les séances de dédicace, version prestigieuse de l’ouvrier à la chaîne, aident à cette démystification.

    Si je vous disais que même les éditeurs n’hésitent pas à écraser une larme en vous parlant des dures conditions de travail de leurs auteurs ! Si, si, tous les éditeurs qui m’ont reçu pour parler boulot étaient les premiers à convenir de cette situation, sans sarcasme ni cynisme. Simplement parce que tout le monde dans le métier en est conscient.

    Quand à savoir pourquoi ça ne change pas ... je laisse ce soin aux analystes plus compétents, mais je parie sans risque sur l’écrasante responsabilité des distributeurs qui n’ont pas vraiment intérêt à ce que ça change.

    Un constat amer donc mais de plus en plus partagé, et cet article a le mérite d’en remettre une bonne couche avec clarté et talent.
    « L’individualisme inhérent à cette profession » n’est pas non plus une fatalité en soi. La conscience grandissante de notre précarité s’accompagne d’un besoin de solidarité qui a calmé bien des égos. De plus cet individualisme tient en grande partie à la nature solitaire du travail d’auteur et internet a permis de rompre en grande partie cet isolement. N’oubliez pas qu’il y a désormais un syndicat de la bd !

    Enfin, ne désespérons pas, il y a quand même quelques merveilles chez nos libraires : lisez Charles Burns ! ! ! ! !

    • eedee
      eedee répond à dba999
      photographe et vidéaste
      • Posté à 09h39 le 25/01/2011
      • Internaute 59691
        photographe et vidéaste

      Charles Burns, Daniel Clowes, Mezzo, Pirus, Chester Brown, Joe Matt, Seth, Gilbert Hernandez, Jaime Hernandez, Adrian Tomine, Robinson...

      Qui continue la liste ?

  • One for the money
    • Posté à 09h53 le 25/01/2011
    • Internaute 96346

    Constat amer je ne sais pas douloureux certainement. Bel article en tout cas.

    je cite :
    Le fait est que tant que l’industrie culturelle sera gérée par des entreprises et des commerciaux qui n’ont peu ou prou de rapport avec le monde de l’art, que la qualité sera sacrifié sur l’autel de la rentabilité qu’on continuera de nous vendre comme des paquets de couches, on continuera tous à bouffer de la merde et personne n’en sortira plus propre, ni plus intelligent … « 
    Peu ou prou de rapport ave le monde de l’art. vous voulez dire aucun, absolument aucun ! Et d’ailleurs aucun rapport avec rien sinon avec l’école de commerce ou de gestion d’où ils tendent tous à sortir, de plus en plus.
    Une remarque un peu, un peu égocentrique :
    A la place de dessinateur vous mettez la grande majorité des métiers “artistiques” et vous pouvez écrire EXACTEMENT la même chose. C’est consternant.
    Je sais que moi même et d’autres ne s’en tirent pas si mal avec un statut d’intermittent et en ce qui me concerne je complète souvent mes heures avec des projets sur “la plus grande chaine française”. (projets qui, au passage et presque à chaque fois, me navrent) J’ai moi aussi des oisillons à faire clapper : La famille, l’excuse qui légitime tous les renoncements et les compromissions, l’excuse qui tue..)
    Vivre de “son art” ici, maintenant, une croix, une bannière.

    Enfin, Je crois que le Venezuela veut accueillir des artistes, tentant... ?
     : -)
    ça va, je plaisante... Encore que...

    Merci pour l’article !

  • One for the money
    • Posté à 09h47 le 25/01/2011
    • Internaute 96346

    Le fait est que tant que rue 89 sera gérée par des personnes qui ont peu ou prou de rapport avec le monde de la grammaire et de la syntaxe, que l’orthographe sera sacrifié sur l’autel de la rentabilité, qu’on continuera de nous vendre des articles non corrigés et à peine relus comme des paquets de couches, on continuera à lire des papiers truffés de coquilles, de fautes, et d’oublis de correction.
    Personne n’en sortira plus propre, ni plus intelligent … « 

    M’enfin reprenez vous, y a jamais personne qui relit et édite chez vous ou quoi ?
    Et je ne vise pas particulièrement l’article sur la BD

  • ruekat
    ruekat
    artiss
    • Posté à 11h11 le 25/01/2011
    • Internaute 103272
      artiss

    Pour faire le même métier et être dans la même situation (750eur d’avance sur droits par mois max), entendre les mêmes discours, et me demander quel avenir pour les auteurs : merci.
    Le marketing et la rentabilité dirigent actuellement les lignes éditoriales. Et, dans un comportement schizophrène, c’est à ces sciences inexactes qu’il faut d’abord plaire avant de pouvoir faire son métier.
    Quelque fois on a l’impression de devoir remercier les éditeurs de nous publier. Et certains semblent même penser que l’édition en soit est un salaire, payé en quelques exemplaires gratuits pour la famille. Ou qu’écrire et dessiner sont des dons qui ne demandent pas de travail. Et que les livres nous sortent de l’esprit avec aussi peu d’efforts qu’un passage au toilettes.
    Vous réalisez la quasi-totalité du produit final, et vos droits dessus sont de trois petits pour-cent. Je me sens agriculteur quelque fois.

    • dba999
      dba999 répond à ruekat
      auteur bd
      • Posté à 11h16 le 26/01/2011
      • Internaute 142122
        auteur bd

      « Je me sens agriculteur quelque fois. »

      Et encore, on n’a rien qui ressemble à une aide européenne nous autres ...

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 16h26 le 25/01/2011
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    Et là j’ai envie de dire : Gä, je suis d’accord avec toi à 100% et plus.

    Après il y a une petite sonnette récemment, sur la fameuse revente des bandes dessinées, avec majoritairement la dédicace (la vraie , pour la fausse, c’est ce qu’on appelle la « dédicalque », où on trouve des cansons de Franquin datés de 2009 par exemple - pour exagéré le truc, mais on n’est pas loin de la vérité) , où est la perte pour le dessinateur à cet instant, vu que la bande dessinée a été achetée légalement, qu’il y a bien le petit pourcentage qui sera plus ou moins versé .... si cette bande dessinée est vendue aussitôt sur Ebay ? (surtout que la dite bande dessinée n’a pas le temps de prendre une cotation via le BDM )

    De là, pourquoi cette soudaine « révolte » des dessinateurs, au point de ne plus aller en festival de bande dessinée, alors qu’ils devraient « râler » plus envers le bouquiniste, qui vend son album paru dans une édition qu’on croyait tout passer au pilon, et surgit soudain, à un prix parfois inférieur au prix d’une bande dessiné neuve, et dont aucun sous ne tombe dans sa poche ? ! N’est ce pas un peu là le « combat » en ce qui concerne le festival ? A Angoulême, comme un peu ailleurs, Dupuis ne donne l’accès à la dédicace que par l’achat du livre sur place, rien ne doit venir de la Fnac ou de la maison.

    Il faudra dire à la jeunesse qui dessine du Manga, et pense pouvoir publier du « Manga » en France, qu’ils n’arriveront jamais au tarif exploité des dessinateurs japonais, et même chinois désormais ! (payé en gros entre 2 et 3 bols de riz )

    Après là où on voit que les éditeurs se plantent pour une petite partie, c’est la folie de publier les bloggeurs, ceux qui dessinent genre depuis 3 mois et à qui on trouve un « talent ». Où la fréquentation du blog explose, et forcément il y aurai une poule aux oeufs d’or . Mais la poule une fois en librairie, ne rapporte pas d’oeufs, ni d’or : Le blog de Frantico a été un échec librairie, et le reste, des échecs partout, jusqu’à 2 livres (car le contrat a été signé ainsi et il est « respecté ») ,et beaucoup d’entre eux ont disparu de la circulation, se relançant plus ou moins, dans le festival des blogs BD ... Là il y a eu des pertes dans la bande dessinée. Même le dessinateur Bastien Vivès (dont son « goût du chlore » est une insulte à ceux qui vont vraiment à la piscine et savent vraiment nager ) , adulé par le Boboland,depuis son second livre, plus rien. Il a disparu au fond de la piscine.

    Il faut encore savoir que par rapport à la littérature, la bande dessinée n’a aucune forme de promotion télévisuel, après si ce n’est par le biais du net et ses divers sites spécialisés entre culture et bande dessinée (Bédéo, ActuaBD, Bdparadisio ) , et moins dans les kosques, à moins d’un détour sur ceux qui bénéficient d’une prépublication entre l’Echo des Savanes, Fluide Glacial, Spirou magazine, Picsou, Mickey journal, ou Tchô, ou l’été, un blocbuster dans l’Express.. mais sans plus.
    Samedi soir Laurent Ruquier a eu le mauvais goût via Johnatan Lambert de rire de Martine avec un humour scabreux, avec parfois de fausses références, ça ne rend pas service.au 9ième art. Idem pour Philippe Lefait qui recevait Dupuy & Berberian pour « Bienvenue à Boboland », mais l’animateur culturel de France 2 n’a rien lu, rien préparé, et il a fait pire en la présence de Joss Swarte ( il a tout de même initié Hergé à la ligne claire ! ! ! et quel parcours dans l’art !). Heureux, sur Public Sénat, pour trouver la seule émission du Paf, 100% consacré au 9ième art, avec une promotion gentille et efficace. : Un Monde de Bulles présenté par JP Lefèvre. (en VOD gratuit)

    Essayez de voir un dessinateur de bande dessinée chez FOG ou Durand, ou Piccouli , qui ne cessent de geindre que la littérature n’est pas assez promotionnée.
    Ha oui , on invite au moins Geluck, l’ami de Ruquier et Drucker (dont le talent humoristique ne dépasse pas les oreilles de son chat ), et parfois Zep à cause du succès Titeuf, voir Sfar car ça fait Boboland et « Chat du Rabbin » oblige presque.

    • Ga
      Ga répond à Julien83
      Dessineux
      • Posté à 01h38 le 27/01/2011
      • Internaute 16780
        Dessineux

      Comme d’habitude, Julien, tu abordes 855 sujets à la fois, et truffe chaque phrase de références...
      Je vais donc synthetiser ma réponse :
      Pour les dédicaces : Les auteurs ne sont pas rémunérés, il arrive même parfois que l’on ne soit pas défrayé du tout, et c’est pas les 10 ou 30 albums dédicacés qui vont rembourser les frais, ni à l’auteur, et encore moins à l’éditeur, qui perd de l’argent à chaque fois.(ils misent plus sur les retombées médiatiques post-festival en général). Que de croire que les dessinateurs y trouvent leur compte en dédicace, c’est à peu prés aussi irréaliste que de croire que sous pretexte qu’un album ne s’est pas vendu c’est un mauvais album. Par exemple.

      Quant au combat dont tu parles avec les « bouquinistes », là encore tu fais erreur, il est stipulé, dans la plupart des contrats, qu’au delà d’un certain délai les invendus seront remis en circuit via les soldeurs, et que l’auteur ne touchera pas un centime sur ces albums. Alors, oui, c’est injuste, mais si le délai est respecté ce n’est pas illégal.

  • A déménagé le 13 juillet 2012
    • Posté à 11h47 le 25/01/2011
    • Internaute 2907

    Le système capitaliste libéral a atteint un tel stade de concentration des pouvoirs entre qq grands groupes que désormais c’est un système qui salit littéralement tout ce qu’il touche.

    Une solution serait de reconstruire des contre-pouvoirs politiques de gauche vraiment forts. Car sinon, pour le secteur artistique, il ne reste plus que la solution de vivoter dans les marges,
    Ou alors il faut inventer des façons inédites de se faire payer son art. Un peu comme dans la musique où les fans veulent la zic gratuite mais sont prêts à payer 30€ le T-shirt

  • Goodman
    Goodman
    auteur de bd
    • Posté à 12h02 le 25/01/2011
    • Internaute 142142
      auteur de bd

    Bonjour,

    Effectivement très bon article, très lucide. Un regard réaliste je dirais presque « fataliste » sur le métier d’auteur.
    Oui mais voila, tout n’est pas soumis à la simple loi du libéralisme galopant...
    Je prendrai mon propre cas pour illustrer mes propos.
    Je suis tout jeune auteur et je travaille sur mon tout premier livre. Je touche des cacahuètes pour réaliser 90 pages couleurs mais je m’en fous. Justement je suis heureux d’être chez un jeune éditeur qui, au vu de toute la daube qu’on peu trouver aujourd’hui dans les librairies de BD spécialisées, sait à mon avis garder une ligne éditoriale intéressante et variée.
    Donc je pense que oui, le métier est difficile, mais on peut faire des livres sans forcément vendre son âme si on revoit sa propre notion du confort à la baisse, si on décide de manger des pâtes pendant six mois, etc...(bien évidement ici la notion de famille n’intervient pas).

    Là où je suis moins optimiste et ce qui me paraît aussi être une des raisons de la perte de qualité croissante dans la production du neuvième art, c’est l’absolue et démesurée quantité d’auteurs ou pseudo auteurs qui se bousculent. Mettre aujourd’hui les pieds dans une librairie de BD c’est pénétrer dans une jungle de bulles vénéneuses, de planches aveuglantes... Pour trouver les perles il faut savoir y passer du temps.
    Ce n’est pas un hasard si notre génération, empreinte de télé, de web, de BD, d’image de toute forme, à produit autant de potentiels raconteurs d’histoires.
    Des très bons et des très mauvais.
    Nous sommes juste beaucoup plus nombreux et c’est à mon avis une des raisons de la précarisation du métier d’auteur.

    Donc pour moi il n’y a pas seulement une cause politique, idéologique mais je me résigne à penser que les places sont juste plus serrées.

    Quoi qu’il en soit, l’époque que nous vivons est plus que jamais propice à l’inspiration...

    • Dragibus
      Dragibus répond à Goodman
      Dessineuse à la rue
      • Posté à 13h09 le 25/01/2011
      • Internaute 142151
        Dessineuse à la rue

      C’est justement à cause de personnes comme toi que le métier se casse la gueule. A cause de jeunes nouveaux qui débarquent et qui sont prêts à ’bouffer des pâtes’ pendant des mois pour publier envers et contre tout leur premier album. Qui sont prêts à être ’payés des cacahuètes’ pour qu’on publie leur album, quitte à bosser 15h par jour, quitte à ne plus voir la lumière du jour. Avoir des principes artistiques, garder ton intégrité en tant qu’artiste, c’est bien joli, mais quand tu as une famille (ce qui ne semble pas être ton cas), tu dois mettre un peu d’eau dans ton vin, vu l’état des politiques éditoriales actuelles. Maintenant, là où ça devient chiant, c’est que ton comportement, tes jolies valeurs, ton sacre de la nouille à chaque repas, c’est ce qui tue le marché. Le fait que tu n’aies pas encore de famille ne veut pas dire que tous les auteurs doivent sacrifier leur famille pour leurs convictions. Et le fait que tu acceptes d’être payé des cacahuètes s’ajoute à un comportement général de centaines de jeunes auteurs qui, pour être publiés, agissent comme toi. Tout ceci tire vers le bas les tarifs pratiqués (les éditeurs partent du constat que si ’certains l’acceptent, tous les autres l’accepteront’). Maintenant, pense à l’auteur qui a une famille, qui aimerait travailler avec un salaire décent, comment fait-il ? Est-ce qu’un éditeur va lui donner du boulot, sachant qu’il y a à côté de ça des tas d’autres auteurs, tout comme toi, prêt à bouffer des nouilles ? Voilà, c’est ça la cause du marché qui se casse la gueule, et des centaines de dessinateurs qui galèrent.

      Je suis moi-même jeune auteur et illustratrice, vivant avec un jeune dessinateur, tous les deux on navigue dans la BD, les livres jeunesse et les couvertures de roman, et, oui, on galère. Mais on n’a pas décidé que l’on ne mangerait que des nouilles, du coup on n’accepte pas forcément toutes les conditions des éditeurs qui, si on les écoute, nous demanderaient de pondre un album de 48 pages en deux mois payé à 50€ la planche.

      • Goodman
        Goodman répond à Dragibus
        auteur de bd
        • Posté à 21h35 le 25/01/2011
        • Internaute 142142
          auteur de bd

        Je suis d’accord avec toi Dragibus, merci de m’avoir éclairé.
        Je disais juste que les causes n’était pas essentiellement politiques ou idéologique, mais tu as raison quand tu parles des propres exigences en termes de contrats.
        Le problème c’est qu’on est beaucoup a avoir été formaté à voir le métier de dessinateur de BD comme un métier précaire. J’ai du me faire faussement une raison et me dire : fais ce métier, il permet pas de vivre décemment mais tant pis, c’est le métier que tu aimes...

         
        • Dragibus
          Dragibus répond à Goodman
          Dessineuse à la rue
          • Posté à 23h40 le 25/01/2011
          • Internaute 142151
            Dessineuse à la rue

          Il faut savoir être exigeant, quitte, oui, à dire non à certains contrats abusifs. Il y a beaucoup trop d’abus et il est temps que cela change :)
          Je pense que le problème vient aussi de là : comme tu dis, beaucoup de personnes sont formatées et partent avec cette pensée qui est ’je vais galérer, tant pis, j’accepte tout, j’arriverais à faire ma place et à gagner plus d’argent par la suite’. Il faut surtout éviter de se faire avoir, pour soi, déjà, mais aussi pour tous les autres, pour les raisons édictées dans ma 1ere réponse.
          Et puis je ne peux qu’être d’accord avec ta conclusion, c’est le métier (et c’est bien un métier, n’en déplaise à ceux qui disent que ce n’est qu’un hobby), et on a bien raison de s’y accrocher !
          Bon courage à toi en tous cas.

        1 autres commentaires
    • ruekat
      ruekat répond à Goodman
      artiss
      • Posté à 13h44 le 25/01/2011
      • Internaute 103272
        artiss

      L’hypothèse du nombre croissant d’auteurs mériterait d’être appuyée par des chiffres pour être prise au sérieux. La multiplication des médias produisant par émulation une société d’auteurs est une vision bien idéaliste de la société et des productions actuelles.

      Je lui opposerais l’expérience vécue d’éditeurs publiant tout et n’importe quoi sans souci de qualité pour accaparer le plus d’espace dans les librairies. Le bas prix du papier permettant de prendre le risque du pilon en spéculant sur la probabilité d’un succès.

      C’est bien d’accepter les cacahuètes quand on démarre. Mais les tarifs augmentent rarement ensuite, et les années passent. Et quand tu demanderas une hausse des tarifs, on te parlera du petit jeune qui vit chez ses parents et travaille pour des cachuètes sans broncher, lui.

      Et tous mes encouragements à Dragibus et à son ami.

      • A déménagé le 13 juillet 2012
        • Posté à 16h01 le 25/01/2011
        • Internaute 2907

        Je ne connais pas les chiffres de la BD mais en littérature et musique c’est sûr qu’il y a une surproduction, liée entre autres à la baisse des coûts de fabrication

  • westside
    westside
    consultante
    • Posté à 12h03 le 25/01/2011
    • Internaute 109089
      consultante

    Salut Dessineux,
    Je suis une dame d’Angoulême, de celles que vous appelez « une mamie à poil dur, un bol de soupe à l’oignon à la main. “ et ça fait quelques années que je me bats pour aider les jeunes artistes à démarrer. Leurs préoccupations sont largement estompées par l’auto-édition en impression à la demande. Ils sont leurs propres éditeurs. Je viens d’organiser un concours de blogs au nom du site TheBookEdition.com. Peut-être devriez-vous envisager cette solution. Je suis au festival, bulle BD Alternative. Venez discuter.

  • Tatane
    Tatane
    lutindesforets
    • Posté à 12h17 le 25/01/2011
    • Internaute 80074
      lutindesforets

    Comme vous dites :

    « Et enfin, l’auteur à lui aussi sa part de résponsabilité en acceptant de se plier aux exigences du marché. “

    Je me doutait que le ‘marché’ faisait plier les auteurs, mais à ce point, on comprends mieux aussi pourquoi il y a tant de navets (comment on dit en BD un nanar ?) dans les bac des librairies, (soleil, delcourt, etc.) autant de produits photoshopés, avec des gradients dans tous les sens, sans âme, sans griffe. Après il y a des éditeurs qui sortent du lot et je pense qu’il faut fouiller. Et puis pour les auteurs, (mais c’est facile à dire) ne pas transiger avec ses principes artistique.

    • Julien83
      Julien83 répond à Tatane
      chroniqueur BD au Mague, (...)
      • Posté à 14h29 le 25/01/2011
      • Internaute 37797
        chroniqueur BD au Mague, (...)

      Hoooooo mais je vais défendre un peu Soleil, je connais bien l’histoire de cette maison d’édition. Boudjellal a été le seul à oser éditer RAHAN alors que tout les autres éditeurs rejetaient le fils des âges farouches. c’est TARZAN qui a aussi relancé Soleil. Et c’est bien le seul éditeur qui a osé publier une série : JUIF-ARABE (de Farid Boudjellal , aujourd’hui en intégrale chez Futuropolis où Soleil a 50% des parts) en pleine guerre du Golfe. Oui il y a des « blockbusters » qu’ils soient photoshopés ou pas, et encore pour une grande partie, le photoshopage est fait avec talent - je pense aux couleurs de Barbara Canepas sur Skydoll.
      Et aujourd’hui, Soleil a de belles collections, et qui marchent, beau succès critique, comme les livres de la collection « Métamorphose » (BIlly Brouillard entre autre , sans photoshopage ! tout à l’encre de chine et de la poésie !). J’ai même lu un titre d’une autre collection, sur Némo (20.000 siècles sous les mers), une bonne histoire fantastique, et aussi une autre collection pù se pencher chez Soleil : NoCtembule , avec « la Marche du crâbe » de Arthur de Pins adapté de son propre film d’animation.
      Il n’ya a pas que du navet chez Soleil .
      Quant à Delcourt, on va applaudir les amis de Lewis Trondheim dans la collection Shampooing (tous s’arrachent le blog de Trondheim en album) , et puis la série Donjon, le Vent dans le sable / les saules de Plessix, etc... etc... il y a de qualité aussi sans être « blockbuster ».
      Delcourt a osé éditer « les filles perdues » signé Alan Moore et Melinda Gebbie. Et même Will Eisner ! C’est Delcourt aussi. (le Spirit version 1941 c’est Soleil )

      Soleil possède aussi Panini Comics. Et ça a édité l’intégrale des Watchmen par exemple !

      Alors vous pensez toujours qu’on trempe dans le navet photoshopé chez ces éditeurs là ?

      • Tatane
        Tatane répond à Julien83
        lutindesforets
        • Posté à 16h44 le 25/01/2011
        • Internaute 80074
          lutindesforets

        Je ne veux pas nuire à votre métier et il faut bien gagner son steak. Je n’ai pas dit que ces maisons produisaient uniquement du gradient photoshop -la maitrise de l’outil est un savoir faire digne et noble à n’en pas douter, simplement que ces maisons d’édition en produisaient en quantités certaines. La plupart de ces productions me font tout de même la nette impression d’un formatage des traits. De l’ultra muscle, du galbe à tout prix. Un peu comme les 4x4 ou les berlines trop grosses, le style tend à s’appauvrir au profit d’un besoin de compenser avec des formes convenues, des fantasmes faciles. Voilà.

        Des titre que vous évoquez et que je ne connais pas semblent intéressants. Je chercherai ; et éspère trouver : « Alan Moore » et « Will Eisner ».

         
        • Julien83
          Julien83 répond à Tatane
          chroniqueur BD au Mague, (...)
          • Posté à 17h04 le 25/01/2011
          • Internaute 37797
            chroniqueur BD au Mague, (...)

          la plus grosse quantité de production en bande dessinée, c’est surtout dans le Manga ! Là je ne compte plus le nombre de production manga qui sortent au mois voir à la semaine ! On use les fonds de tiroir d’un catalogue qui n’en fini plus, encore plus épais qu’un botin téléphonique (et peu importe le département !). Et quand il n’en reste plus trop au Japon, on va chercher jusqu’en Corée, au Viet-nam, et jusqu’en Chne ! ! C’est moins coûteux : dessinateurs payés au bol de riz, tirage sur papier recyclée pas cher, et en noir / blanc tramé de surcroit ! Et ça se vend de partout ! Le moindre kiosque ou librairie à journaux possèdent facile un à deux tourniquets à Manga ! Il est là le formatage !
          Et pour les nouveautés « française », voir « européenne », il y a autant, voir un poil plus de titres qui sortent égalité avec la littérature. On a cette change de ne pas être formaté. je ne vois aucun « formatage » chez Dupuis ou Soleil, Dargaud, le Lombard ou les Humanoïdes Associés, et même l’Association (même si elle semble connaître des difficultés, prévisions de licenciements de 4 personnes sur les 7, pétition en ligne pour soutenir l’éditeur ). Le Photoshopé , c’est juste que c’est moins salissant que les encres... mais certains continue à l’aquarelle comme Plessix, ou Trondheim avec son blog .. et parfois ça mixte aquarelle et photoshop ... etc.
          Le formatage du moment, ce sont ces p’tits c*** de bloggeurs BD, dont 90% n’ont pas de talent, et supplient sur leurs blogs d’être édité au risque de se faire passer pour le petit fils caché de Trondheim ( rapport à la rumeur qui courrait que Frantico était Lewis Trondheim, même les journalistes ont plongé dedans, au Monde surtout. Haaaaaaaaa, on aurait bien invité le journaliste dans un dîner de con )

        1 autres commentaires
  • MargueriteT
    MargueriteT
    Encreuse
    • Posté à 13h50 le 25/01/2011
    • Internaute 142163
      Encreuse

    La même chose sans faute d’orthographe et l’article était parfait.

    • ELCHEKATZO
      ELCHEKATZO répond à MargueriteT
      Ruminant
      • Posté à 17h07 le 25/01/2011
      • Internaute 36477
        Ruminant

      Y en a tant que cela ? J’avoue que cela ne m’a pas sauté aux yeux. N’hésitez pas à en faire part l’article deviendra parfait :)

  • nitroglycerin
    nitroglycerin
    nécromancien
    • Posté à 18h01 le 26/01/2011
    • Internaute 38267
      nécromancien

    Dans le mille !

    Malheureusement, ce que vous décrivez n’est pas réservé au domaine de l’art. Bon, ce n’est pas une révélation mais la plupart des secteurs économiques sont gérés par de grandes entreprises qui les gèrent sous le seul angle de la maximisation du profit, avec très peu d’égard pour les gens qui travaillent pour elles, la qualité de leurs produits (exception faite de l’industrie du luxe) et leur impact environnemental.

    Vouloir gagner de l’argent n’est pas un mal, mais quand cela devient une fin et que les travailleurs, l’environnement, et les produits deviennent des moyens à son service, c’est l’horreur assurée.

    On peut éditer des BD de qualité et être rentable. On peut avoir un impact minime sur l’environnement et être rentable. On peut bien payer ses salariés et être rentable (je ne parle pas de méga-profits mais de couvrir ses frais, payer ses salaires, et financer ses investissements). On sera peut-être moins rentable qu’une multinationale mais on le sera quand même (bien sûr cela implique de ne pas avoir d’actionnaires voraces, de ne pas être esclave d’un cours de bourse) mais plutôt une entreprise appartenant à ses salariés).

    Multiplions les coopératives, gérons toute l’économie sur un mode social et solidaire, et ce monde ira bien mieux. Je parlerais bien du rôle de l’Etat mais je n’ai pas le temps !

  • jacquesbrol
    jacquesbrol
    terrien
    • Posté à 18h26 le 26/01/2011
    • Internaute 136695
      terrien

    de la même manière que : plus un état est faible et dépendant=plus c’est bon pour les banques et le FMI,
    en BD on a aussi cette logique cannibale : plus on fait d’albums, plus les auteurs sont faibles, plus les couts baissent = éditeurs touchent le pactole
    à tel point que la qualité est vue comme quelque chose qui fait peur, car en cas de succès(comme Bourgeon), l’auteur a les moyens de se rebiffer, peut aller ailleurs, échappe à la logique du marketing, bref c’est chiant.bien plus pratique de travailler avec des scénaristes copiant-collant et leur armée de bras cassés.
    Suffit de travailler au corps le même public de collectionneur pour paraître spécialiste du goût des gens.
    et comme il n’ y a pas de journalisme, le peu existant étant payé ou proche des éditeurs, on peut même se permettre le luxe de mentir et de dire que tout va bien.
    Puis quand vous entendez un sbire de Casterman dire sans honte que « Nous, nous sommes 10, tous différends avec une grande culture, nous sommes un échantillon du public (authentique !) donc quand un projet passe entre nos mains, on sait si il va plaire ou pas. » Et bien entendu, que des fours ou presque sont à la clé.^^
    Sauf que les bonnes choses ont une fin,le public de collectionneur a veilli est n’est plus si gogol, le produit carrefour c’est plus trop ça, le milieu est devenu une secte et ne connait plus LES publics pour rebondir (à force d’affaiblir les auteurs ont ramolli tous le monde), et la bulle financière qui éclate amène les gros veaux de l’édition à gratter tout les sous qui reste avant de partir, en misant sur des spin-off de séries boursouflées...après moi, le déluge.

    De toute manière, on ne construira pas du neuf sur de l’ancien...

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 12h26 le 28/01/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Excellent.
    Je partage le constat à 100%.
    C’est exactement la même chose du côté du scénario télé et ciné où les montants que touchent les auteurs, et plus particulièrement celui des options a quasiment été divisé par 2 en 10 ans.
    Je ne parle même pas de littérature, ou maintenant on écrit presque gratuitement.
    Les années 2000 et l’avènement de la droite ont été une décennie d’aculturation, et d’appauvrissement de la culture, aussi bien dans ses financements que dans sa qualité.
    Avec un président qui apprend à lire à 55 ans, et qui explique que Casablanca est une comédie romantique à des journalistes qui font « oui-oui », la tendance n’est pas près de s’inverser.
    Nous les artistes, sommes vraiment dans la merde ! (Bien sûr on n’est pas les seuls !)

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