Ma semaine presque ordinaire de « femme qui embarrasse le PS »
J’ai l’impression bizarre d’être enfin retournée à mon microcosme normand quotidien, après dix jours de téléréalité ultra mondialisée. Ouf ! Depuis quarante-huit heures, je respire, je re-dors, je re-vis.
Inauguration d’un groupe scolaire restructuré et agrandi à Piseux, charmante petite commune du canton de Verneuil-sur-Avre ; conseil d’administration de la Safer et du Syndicat d’électricité et du gaz de l’Eure (Siege).
Et jeudi, réunion du bureau fédéral du PS. Peu de participants, au cours de laquelle ont été abordés successivement l’organisation des primaires ainsi que... mon rôle dans l’actualité trash des péripéties de l’affaire DSK.
A ce niveau, je souhaite dire tout le bien que je pense de la position des jeunes du parti, qui ont fait preuve d’une objectivité et d’une maturité remarquables.
Mention très bien à notre représentant du MJS au bureau fédéral : total respect pour Mickaël Camus Aït-Ali. Mention bien à la discrétion de bon aloi du courant fabiusien, mis à part notre premier fédéral. A sa décharge, on notera que ce n’est pas un fabiusien « historique », ni un « bébé Fabius » qui a grandi dans le sérail.
Primaire : après la méthode Coué, la méthode Solfé...
Rien de nouveau ni de bien concret sur l’organisation de la primaire : de ce côté, Paris flotte toujours sur son petit nuage, dans l’inconscience la plus totale des problèmes que pose en province l’organisation de ce barnum citoyen :
- Comment obtenir la collaboration des préfets ?
- Comment installer des bureaux de vote dans des communes étiquetées à droite ?
- Comment pointer sur des listes électorales des personnes qui n’y sont pas inscrites (étrangers ou jeunes membres du MJS encore mineurs) ?
« Il-n’y-a-pas-de-problème », nous répète-on en boucle depuis deux mois. On connaissait la méthode Coué, on découvre la méthode Solfé…
Au fait, il me reste un point important à trancher : peut-on retourner au statut de candidate atypique et incontrôlable à la primaire PS avec l’étiquette « mère de… » (que je vous laisse libre de décliner phonétiquement comme vous le souhaiterez) ?
J’avais élaboré depuis des mois un dispositif de parrainages pour ma candidature. Je termine un livre qui synthétise ma vision de la gauche et expose mes propositions, en complément ou à la place des 30 propositions du PS pour 2012. J’ai projeté des rencontres, des débats dans les fédérations.
Que faire aujourd’hui ?
Hollande, c’est DSK sans l’ouverture d’esprit
D’un point de vue purement politique, mon positionnement ne correspond exactement à aucun des candidats actuellement déclarés.
- Hollande. Je suis en accord avec lui sur beaucoup de points, en particulier concernant sa réforme de la fiscalité. Mais je trouve son positionnement politique trop classiquement socio-démocrate, trop « Président normal », comme il se définit lui-même. Hollande, c’est du DSK sans la dimension novatrice, sans l’ouverture d’esprit, sans la créativité en matière économique.
- Royal. Elle aurait pu apporter à son ex-compagnon cette intuition de l’air du temps qui lui fait défaut… mais ils ne sont plus partenaires depuis longtemps, et je doute que Ségolène offre à François ce que François n’a pas offert à Ségolène en 2007.
Elle barbote allègrement dans le « chaudron » (elle qualifiait ainsi les instances pendant sa campagne), alors que son ex se positionne aujourd’hui à l’extérieur.
- Montebourg. Il s’est situé en 2005 en dehors de la construction européenne, et je suis viscéralement attachée au processus de l’Union. Je suis la première à déplorer les dérives administratives et les carences profondes de cet objet politique non identifié qu’est devenu la Communauté européenne ; mais je reste persuadée que nous en sommes responsables.
Si nous avions dépensé autant d’énergie à construire l’Europe politique qu’à la saborder, nous aurions mené à bien ce qui reste pour ma génération la plus belle utopie de l’après-guerre.
D’autres candidats peuvent se manifester. Certains abandonner. Dans ce contexte, que faire ? Attendre en posant des jalons.
Je vais commencer par compter les parrainages pour lesquels « l’affaire » a eu un effet dévastateur. Mesurer l’ampleur du tsunami médiatique sur ma petite candidature, et vérifier si une petite souris rose atypique est réellement devenue « la femme qui embarrasse le PS », comme le titre un magazine qui semble bien informé.
- Sur lexpress.frl'affaire DSK
- Sur parti-socialiste.frPrimaire du parti socialiste
- Sur parti-socialiste.frparrainages
- Sur francoishollande.frprésident normal
- Sur rue89.comTous nos articles sur la primaire PS
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Rien
Rien
Tout ce que je déteste : ça se prétend esprit libre, candidate incontrôlable. Comment peut-on commencer à être candidat aux primaires avec pour unique argument « je suis en train d’écrire un livre, allez l’acheter après » et « les autres candidats sont nuls » ? Comment ferez-vous quand un de ces candidats, ou un(e) autre, sera investi par le PS ? Continuerez-vous à mettre en avant votre histoire personnelle (qui n’a rien à faire ici, dont je me moque complètement comme la plupart des lecteurs de ce site, et qui relève d’un triste mélange des genres qui empoisonne la politique actuelle) et à bassement critiquer le candidat PS sans vraiment de raison (« c’est l’ex de truc, il a dit ça un jour, gnagnagna ») ?
Un exemple de candidate à la real-politique comme je les déteste. Circulez, y a rien à voir.




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