Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Dubaï au bord de la faillite : le syndrome islandais

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 26/11/2009 à 15h22

La nouvelle fait l’effet d’une bombe dans le monde déjà bien secoué de la finance internationale : Dubaï, oui Dubaï la plantureuse, Dublaï la richissime, Dubaï la pétrolissime, serait au bord de la faillite !

Figurez-vous que l’émirat de Dubaï vient de se voir contraint, comme un vulgaire contribuable marri devant son receveur fiscal, de quémander à ses créanciers un moratoire de six mois pour le remboursement d’une dette évaluée à 59 milliards de dollars.

Evidemment, les réactions collatérales ont éclaté illico aux quatre coins de la planète : baisse brutale des places financières, surtout asiatiques ; couinements douloureux de quelques pécunieux pris les doigts dans la panique comme de vulgaires anciens clients de Madoff.

Un « grand emprunt national » à Dubaï aussi

Parce que, bien sûr, ils étaient nombreux, personnes privées comme entreprises juteuses, à y avoir planqué (« investi », qu’ils disent) leurs pognons, dans le fumeux paradis dubaïot.

Et ce dernier avait pris quelques solides participations dans leurs propres affaires (Porsche, Daimler, groupes bancaires en tout genre...).

Dubaï ne fut-il pas considéré jusqu’à très tôt comme caverne cossue de fonds souverains à la Ali Baba ?

N’a-t-on pas parlé à son endroit de paradis fiscal ?

Imaginez-vous aussi que l’émirat de Dubaï venait juste d’annoncer le
lancement triomphal d’une tranche de 5 milliards de dollars en bons du
trésor, une sorte de « grand emprunt national » à la sauce persique.

C’est dire la prévoyance de ces gens. C’est dire la solidité de tous
ces échafaudages bringuebalants, de toutes leurs annonces claironnantes, façon ministre Lagarde, sur le bout du tunnel à l’horizon. C’est dire les garanties qu’ils
apportent à leurs engagements.

Si même fonds souverains et paradis fiscaux partent en guenilles...

J’avais évoqué il y a quelques temps ici-même la prochaine faillite des puissances publiques comme troisième phase critique de la crise en cours. Qui osera nier que les ennuis de Dubaï n’en sont pas un nouvel éclatant symptôme ?

Si même les fonds souverains et les paradis fiscaux partent en guenilles comme liquettes de mal-famés, où va leur monde arrogant ?

Ce n’est pas la reprise qui se profile à l’horizon, mais bel et bien le chaos qui déjà roule sous leurs godasses crottées.

  • 10921 visites
  • 51 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • enfumage
    enfumage répond à Le Yéti
    parti de rien pour arriver (...)
    • Posté à 17h21 le 26/11/2009
    • Internaute 97031
      parti de rien pour arriver (...)

    La Banque des règlements internationaux (BRI) évalue à 93 milliards de dollars l’exposition des banques européennes aux Emirats arabes unis, dont 11 milliards pour les établissements français (0,1% de leurs engagements), dans des documents publiés sur son site.

    Toujours selon la BRI, le pays le plus exposé est de loin le Royaume-Uni, avec 51 milliards de dollars

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 18h11 le 26/11/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    Bof, une peripetie et cela va repartir.

    Tout les pays du monde abandonnent ou ont abandonné le communisme car ca n’a jamais marché, au moins le capitalisme ca bouge, ca accelere, ca freine, ca hoquette et ca repart.

    LA VIE.

  • affreuxjojo
    • Posté à 21h42 le 26/11/2009
    • Internaute 29421

    Dubaï, la City de Londres, Wall-Street. Trois petits coins de la planète qui ne produisent strictement rien. Ni bien, ni services, ni culture, ni réflexion, ni innovation, ni formation rien. Une seule logique : par des montages financiers aussi prometteurs que douteux, attirer et concentrer les richesses produites partout ailleurs et accumulées par quelques petits malins par l’exploitation, les trafics, le vol, la fraude fiscale.
    Dubaï voulait aller plus loin : proposer un paradis capitaliste en miniature : exonération fiscale, immobilier de parvenus, loisirs de merde (style piste de ski et golfe verdoyant dans le dessert !), police sans pitié pour les pauvres (passeports confisqués pour les semi-esclaves indonésiens ou philippins)... En résumé, un cauchemar pour toute personne censée. Une seule chose rassurante : ce genre de délire est condamné à l’effondrement.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 00h45 le 27/11/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Dubai est l’archétype du libéralisme à la sauce Monaco, Jersey, Macao.
    Pas d’industrie, peu de ressources énergétique mais un appétit financier surdimensionné
    Comment faire fructifié le magot ? En attirant l’argent par une fiscalité light, des projets mégalomaniques avec des intérêts pharaoniques.
    Avant LA crise, tout était possible, même et surtout l’escroquerie financière, depuis les banquiers deviennent méfiants et réclament leurs remboursements., il faut bien qu’ils touchent leurs bonus.
    Esct qu’il y aura un effet domino avec tous les pays qui ont massivement investi dans des châteaux de sable ? Il parait évident qu’il y a des banques qui ont « maquillé » leur bilan pour masquer les pertes sur produits à risques.
    Le premier semestre 2010 dira si le deuxième tsunami financier atteindra nos côtes. Dans tous les cas, soeur anne, (C. Lagarde) ne voit rien venir et pourtant il y a les banquiers qui vont merdoyer et les entreprises qui vont destroyer encore plus d’emplois.

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.