Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Mon bilan 2009 : entre chaos généralisé et lueurs d'espoir

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 17/12/2009 à 02h51

En 2009, il apparut que tout devait absolument être présenté sous son côté le plus positif. Le moins négatif. Tout devait impérativement être déclaré « moins mauvais que prévu », « pas aussi pire que redouté »... Juste pour essayer de gagner du temps et reculer l'instant fatidique de la dégringolade générale. Le premier réflexe serait bien sûr de tenter de prendre nos maquilleurs aux mots, de démonter un à un leurs si spécieux arguments.

Bateau ivre

Railler, par exemple, cette phynance et sa danse obscène sur les ruines fumantes. Qui se goinfre, avec un cynisme sans scrupules, de ces milliards d'opérette que les pouvoirs publics lui ont si obligeamment lancés pour éviter son anéantissement. Mais qui ne veulent strictement plus rien dire (les milliards), car désormais coupés de toutes réalités économiques. Toxiques à mort pour drogués overdosés du fric.

Mettre à nu encore cette réalité économique qui s'étiole inexorablement, mais s'échine à se donner des airs de « reprise », malgré un lot grandissant de défaillances d'entreprises et des chiffres d'affaires à la ramasse. Avez-vous remarqué combien, tout au long de cette année, les Parisot et consorts, cousins tout proches des PME/PMI, firent beaucoup moins les farauds que les banquiers glaçants ?

Car en fait de croissance, la seule à deux chiffres fut celle, impitoyable, du chômage.

Perte de contrôle

Et puis soudain, vous n'avez plus envie de continuer cette bataille de chiffoniers sur les chiffres et les tendances. Vous sentez que sous cette navrante comédie des apparences, quelque chose de plus grave se dessine.

La perte de contrôle, par les puissants et leur cour, des évènements qu'ils sont censés diriger. De leur propre destinée. Sous les masques, une impuissance pandémique liée à une sidération devant la décomposition de leur empire en carafe.

Des politiques aux abois aux syndicalistes dépassés, des élites désemparées aux médias du microcosme désarçonnés. Sans parler, pour rester dans notre carré hexagonal, du « chef » soi-même, plus vizir Iznogoud que jamais, s'exténuant en pure perte à rivaliser sur la scène internationale avec le nouveau calife Obama, radotant de vieux discours miteux, infoutu de se rendre à la moindre manifestation publique sans muraille policière.

On s'épargnera la liste exhaustive de leurs échecs en rafales. Citons seulement le fiasco de la campagne anti-grippe H1N1 ; la dilution lamentable du débat sur l'identité nationale ; et même le boomerang d'une qualification minable de leur équipe de foot au prochain Mondial.

Leur seule réussite aura été de démantibuler un peu plus ce qui reste de nos pauvres services publics, éducation, santé, transport... Et de contaminer notre pauvre justice, mouillée dans l'affaire de Tarnac, se bouchant le nez devant les charters de sans-papiers afghans ou autres.

Pas mieux au niveau international, avec ces G20 fébrilissimes, toujours emprunts d'une solennité dégoulinante, pour finalement se dissoudre en eau de boudin, oubliés sitôt terminés, sans jamais le moindre résultat probant. Sauf à mettre un peu plus en lumière le considérable bouleversement géopolitique en cours avec la montée en puissance des pays émergents (Chine, Brésil, Inde...).

Triste cerise sur cet indigeste gâteau : la déception Obama, douteux prix Nobel de la paix expédiant des milliers de nouveaux soldats dans la guerre déjà perdue d'Afghanistan, pieds et mains liés aux faucons de Wall Street qui l'ont porté au pouvoir, bafoué un peu trop résigné par son indéfectible « ami israélien ».

Deux menaces sur la planète

On pourrait rire de ces monumentaux pétages de plomb, de ce naufrage moral et mental, si deux graves menaces ne se profilaient pas à un horizon de moins en moins lointain.

Menace sur nos conditions de vie avec ce dérèglement climatique et les ravages de la pollution. Dont on sent bien qu'ils appellent des mesures incompatibles avec les exigences du système néolibéral et de ses « marchés ». Raison pour laquelle, quelle que soit la pression populaire et celle des pays émergents, aucun sommet de Copenhague, aucun « accord » de convenances arraché par les circonstances, ne pourra déboucher sur des résultats réellement probants.

Plus inquiétant, voici que nos puissants, pris au piège sur leur planète étriquée, s'enferrent dans une fuite en avant agressive. Afghanistan, Irak, Iran, Moyen-Orient... autant de poudrières pour de nouvelles tragédies meurtrières.

Quelques lueurs sur un paysage désolé

Au beau milieu de ce chaos généralisé, tandis que retentissent de nouveaux craquements sinistres dans leur décor de carnaval (Dubaï, la Grèce...), peut-on entrevoir autour de nous quelques lueurs d'espoir ?

D'abord, constat précieux : malgré la crise, malgré la montée des difficultés et de la précarité, on ne meurt toujours pas de faim ou d'inanition dans notre contrées favorisées (ce qui, ne l'oublions pas, n'est hélas pas le lot commun de l'humanité). Si le système de distribution des richesses est en charpies, il reste encore des richesses, richesses naturelles, outil de production en état de relatif fonctionnement, et des mains, des cerveaux, pour les exploiter.

Ensuite, nous avons pu constater une nette évolution des mentalités, sans doute encore un peu embryonnaire, mais bien réelle. Un retour au collectif après des décennies d'individualisme forcené. Un souci écologique évident dans les comportements. Et à la renaissance d'une économie de proximité plus préoccupée de bien-être et de durabilité que de profits imbéciles.

Enfin, dans la fourmilière des élites en panique, quelques réactions dignes d'intérêt : montée en puissance de la société civile dans la sphère politique (le rassemblement Europe Écologie) ; mobilisation d'envergure mondiale comme lors du sommet de Copenhague ; nouveaux intellectuels pointant sur le devant de la scène (Paul Jorion, Joseph Stiglitz...) ; ou prise de distance salutaire d'anciens serviteurs du sérail (Nicolas Hulot, Al Gore...).

Trop tôt, bien trop tôt pour parler de 2009 comme d'une année de transition d'un monde vers un autre. Mais tout de même, trois petites pistes à tracer dans une jungle par trop malodorante et dangereuse, trois toutes petites lueurs sur le paysage désolé et désolant laissé par les affligeants pillards à costumes gris.

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  • Hemenate
    • Posté à 15h29 le 17/12/2009
    • Internaute

    « Un retour au collectif après des décennies d'individualisme forcené. “

    Mais toutefois pas assez consistant pour faire son autocritique, et arrêter de s'abriter derrière ‘les puissants’.
    Comme si chaque individu, en achetant des produits fabriqués à l'autre bout de la terre, ou en s'endettant pour acheter des écrans plats, ordinateurs, téléphones portables... n'avait pas toute sa responsabilité dans la financiarisation de l'économie...

    Bref, un retour au collectif qui n'est pourtant qu'un banal regroupement corporatiste qui prend comme bouc émissaire les élites qu'il a lui même mis en place.

    • theshadedcucumber
      • Posté à 17h34 le 17/12/2009

      « Un retour au collectif après des décennies d'individualisme forcené. »

      Des décennies ? Ca fait plusieurs millions d'années que l'être humain est apparu sur Terre et 200 000 ans environ que l'Homo sapiens sapiens (nous) occupe cette planète. L'individualisme, qui est en quelque sorte l'état naturel de l'être humain depuis son apparition sur Terre, ne date donc pas d'hier...

      • tlaloc
        tlaloc answers to theshadedcucumber
        Retraité
        • Posté à 17h54 le 17/12/2009
        • Internaute
          Retraité

        oui mais jusqu'à quand ? L'épuisement des matières premières ?

      • pablico
        pablico answers to theshadedcucumber
        Sudoku et Nord de face
        • Posté à 19h16 le 17/12/2009
        • Internaute
          Sudoku et Nord de face

        l'homme est un individualiste, qui ne peut vivre que collectivement. Il a besoin des autres pour survivre et se multiplier, comme les autres ont besoin de lui.
        l'instinct grégaire est là, depuis 200 000 d'années.

        Il doit faire un compromis entre les deux valeurs...sinon c'est la mort..

        (point de vue personnel)

        c'est pour cela qu'on vit perpétuellement entre chaos généralisé et lueurs d'espoir...qui est la recherche d'un équilibre jamais stable car jamais trouvé.

         
        • Danielle29
          Danielle29 answers to pablico
          • Posté à 20h25 le 17/12/2009

          Pour le dire autrement,
          « l'insociable sociabilité de l'homme » E. KANT

        1 other comments
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h28 le 17/12/2009
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Daniel Cohn Bendit contre le reste du monde ?

  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 16h12 le 17/12/2009
    • Internaute
      http://www.dessins-tox.com
  • Azza
    • Posté à 16h31 le 17/12/2009

    « Railler, par exemple, cette phynance et sa danse obscène sur les ruines fumantes. Qui se goinfre, avec un cynisme sans scrupules, de ces milliards d'opérette que les pouvoirs publics lui ont si obligeamment lancés pour éviter son anéantissement. Mais qui ne veulent strictement plus rien dire (les milliards), car désormais coupés de toutes réalités économiques. Toxiques à mort pour drogués overdosés du fric. »

    Bien sur que si ces milliards veulent dire quelque chose.

    Ils veulent dire :
    - Maisons
    - Bateaux de luxe
    - Iles paradisiaques
    - Voitures
    - Vetements, Bijoux
    - Bien d'equipement luxueux en tout genre
    - Escort Girls
    - Investissements en tout genre, et pas que virtuels (terres cultivables par exemple).

    • theshadedcucumber
      theshadedcucumber answers to Azza
      • Posté à 17h36 le 17/12/2009

      Non, vous confondez les milliards virtuels de la finance et les millions (ou milliards, mais beaucoup moins nombreux que ceux précités) qui rémunèrent ceux qui créent les milliards virtuels. Car les financiers touchent de l'argent réel alors qu'ils créent de l'argent virtuel.

      Vous avez raison sur le principe, mais vous ne parlez pas des mêmes sommes que l'article.

      • Azza
        Azza answers to theshadedcucumber
        • Posté à 13h25 le 18/12/2009

        « Car les financiers touchent de l'argent réel alors qu'ils créent de l'argent virtuel. »

        Au final, c'est quand meme ca qui compte... le reel.

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 16h35 le 17/12/2009
    • Internaute
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    Un souci écologique évident dans les comportements. Et à la renaissance d'une économie de proximité plus préoccupée de bien-être et de durabilité que de profits imbéciles

    hummm, je ne vois pas ou tu as vu ça
    de quelle economie de proximité parles tu ?
    je vois bien des gens au marché dans ma ville qui se soucient d'acheter local, mais les vendeurs (et producteurs)sont là pour faire des profits
    evidement le producteur chez qui j'achete mes legumes est tout de meme tres loin du circuit capitaliste mondialisé
    d'ailleurs il arrete bientot sa production, un « eco quartier » devant etre construit sur les terres qu'il exploite.....

    partout je ne vois que des voitures neuves, et les infrastructures routières continuent d'etre construites à la plus grande joie de tous
    ces infrastructures devant déboucher comme d'habitude sur plus d'embouteillages et plus de temps perdu jusqu'à ce qu'un juste prix du pétrole les rendes obsolètes

    a part ça tout va bien

    • karlM
      karlM answers to jyeden
      Précaire
      • Posté à 19h38 le 17/12/2009
      • Internaute
        Précaire

      on file dans le mur, malgré une petite prise de conscience on reste des singes techniciens obsédés de techno-science.

    • Le Yéti
      Le Yéti answers to jyeden
      yetiblog.org
      • Posté à 06h28 le 18/12/2009
      • Internaute
        yetiblog.org

      @ Jyeden

      « Un souci écologique évident dans les comportements [...]
      hummm, je ne vois pas ou tu as vu ça
      de quelle economie de proximité parles tu ? »

      - Croissance à deux chiffres du Lien (36 millions de CA en 2009 pour les 1200 associations déclarées) avec une demande bien supérieure à l'offre ;
      - boom sur les produits bio, alimentaires et ménagers, y compris en grande distribution ;
      - boom sur l'éco-construction (à ossature bois) et nombreuses incitations fiscales pour une mise en conformité de l'ancien avec les normes assez draconiennes de 2012 pour ce qui est de la basse consommation ;
      - mobilisation populaire massive autour de Copenhague.

      « partout je ne vois que des voitures neuves »

      - En 2009, effondrement du marché des 4x4 et des voitures hauts de gamme (faillite des spécialistes, General Motors et Chrysler) ;
      - la hausse des immatriculations au troisième trimestre ne concerne que les voitures du bas de gamme, repose sur un niveau de vente tombé au plus bas, et ne s'explique que par la « prime à la casse » ;
      - malgré ces aides qui creusent le déficit public, le chiffre d'affaire d'un groupe comme Lien est en basse de 7,7% sur le troisième trimestre, de 17,6% sur les neuf premiers mois de l'année.

  • bloozmarch
    bloozmarch
    indocile heureux
    • Posté à 17h30 le 17/12/2009
    • Internaute
      indocile heureux

    Peut-être que tout simplement la sélection naturelle est en route, et que faute d » avoir été des humains et de s » être voulus au contraire des élus de tels ou tels dieux, notre vanité et notre suffisance mesquines nous condamnent à une disparition, salutaire pour toutes les autres formes de vie auxquelles nous nous croyons tellement supérieurs !

    • theshadedcucumber
      • Posté à 17h40 le 17/12/2009

      « nous nous croyons tellement supérieurs »

      Le problème, c'est que non seulement nous nous croyons supérieurs, mais nous le sommes vraiment. Capable d'asservir les autres espèces animales, de modifier le cours de la nature, d'avoir un impact sur notre environnement.

      En réalité, nous sommes réellement supérieurs et c'est justement ça la cause du problème. Car nous disposons d'atouts considérables, notamment une intelligence supérieure à celle de toutes les autres formes de vie terrestres, mais nous l'utilisons mal. Car, étant supérieurs, nous nous croyons tout permis.

      • jyeden
        jyeden answers to theshadedcucumber
        khmer vert ( age des caverne, (...)
        • Posté à 17h44 le 17/12/2009
        • Internaute
          khmer vert ( age des caverne, (...)

        superieur, modifier le cours de la nature..... tu sais, face à un tsunami...

        et meme ! dans certaines regions l'urbanisation fait que les precipitations ne peuvent plus pénétrer dans le sol. D'ou des inondations beaucoup plus violentes et parfois catastrophiques
        et tu parles d'intelligence supérieure (ouarff ! )

      • bloozmarch
        bloozmarch answers to theshadedcucumber
        indocile heureux
        • Posté à 17h46 le 17/12/2009
        • Internaute
          indocile heureux

        Non, pas du tout, nous sommes peut-être un tout petit peu « supérieurs » comme un éléphant est « supérieur » à une souris pour la force brute, sur quelques points mineurs et par nous choisis, comme par hasard, comme critères déterminants, mais le peu que nous réalisons avec les potentialités que nous avons est ridicule par rapport à ce que réalisent par exemple les plantes, sans cerveaux et sans mains.

      • tlaloc
        tlaloc answers to theshadedcucumber
        Retraité
        • Posté à 17h57 le 17/12/2009
        • Internaute
          Retraité

        nous nous croyons supérieurs et éternels, c'est présomptueux.

         
        • bloozmarch
          bloozmarch answers to tlaloc
          indocile heureux
          • Posté à 22h03 le 17/12/2009
          • Internaute
            indocile heureux

          c » est même arrogant !

        • nemo3637
          nemo3637 answers to tlaloc
          Déchoukeur
          • Posté à 04h09 le 19/12/2009
          • Internaute
            Déchoukeur

          Poil à la ...(ah non quand même...)

        3 other comments
  • survivant
    • Posté à 18h46 le 17/12/2009

    En restant dans le côté négatif des choses, et j'aimerai avoir ta vision positive dans un renouveau collectif. Mais honnêtement, le malaise que l'on perçoit ici et là dans les conversations de riverains loin des salons feutrés de l'Élysée, dans des lieux publiques ou se côtoient monsieur et madame tout le monde, ce malaise est tellement perceptible que l'on pourrait le toucher de la main. Et plus on s'approche du fond, plus la tension monte chez un public en âge d'entrer dans la vie active et les autres, laissés sur le carreau. Pour les mieux lotis, ils vont au boulot la peur au ventre à l'idée de recevoir un de ces quatre matins leur lettre de licenciement. Ce fléau touche tous les secteurs d'activités et à tous les échelons salariaux, de l'ouvrier au cadre, qui se sentent de plus en plus stressés à l'idée d'entrer dans la spirale infernale des files d'attentes du pôle emploi. Le pire c'est que plus on rame, plus les citoyens se désintéressent à la politique. Je crains que le collectivisme arrive un peu tard. N'entends- tu pas le coq chanter le matin, les pieds dans la merde ? Il défendra sa basse-cour jusqu'au dernier pignon de son poulailler. Il n » y a pas d'autres issues pour prendre le pouvoir. L'affrontement. J'espère me tromper.

  • obey-
    • Posté à 18h56 le 17/12/2009

    La vie n'est pas triste.

    Eteignez la tv, ecoutez la radio, lisez, b......, riez, invitez des amis et vous verrez que le bilan n'est pas noir, c'est la representation et le matraquage des infos et des idees qui vous rendent la vie peut etre moins agreable mais force est de constatez qu'on n'a jamais aussi bien vecu, qu'on peut jouir de tout sans entrave, avec ou sans argent (faut en avoir un peu ; ).

    VIVRE. JOUIR.

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 21h10 le 17/12/2009

      Après une trop longue quête, tu as enfin trouvé ton graal :

      Le bon dealer qu'il te fallait.

      Rend grâce, et surtout, n'en change pas.

    • survivant
      survivant answers to obey-
      • Posté à 10h35 le 18/12/2009

      T'as payé ta taxe carbone pour venir polluer cet espace avec tes pets de chien ? Sûrement pas, elle entre en vigueur en 2010. Alors tu prends ta pelle et ton seau et tu vas jouer avec tes petits copains.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 03h56 le 18/12/2009
    • Internaute
      Déchoukeur

    En cette fin d'année, ce « bilan » fait penser à Madame Irma.
    Elle sait toujours terminer, dit-on, ses prédictions par de bons présages même si elle dit n'importe quoi...

  • franc parleur
    • Posté à 07h34 le 18/12/2009

    OK...
    Sur le plan nettement moins médiatique de la spiritualité hors cadres, un vieil homme poursuit sa mission « impossible » :

    « Plus d'espace vierge, plus le moindre interstice dans le tissu social moderne pour y réinstaller Éden. La loi des rats (Rév d'Arès xix/24) contrôle tout géopolitiquement. »

    2009, année symbolique.
    Lien

    • nemo3637
      nemo3637 answers to franc parleur
      Déchoukeur
      • Posté à 04h23 le 19/12/2009
      • Internaute
        Déchoukeur

      « un vieil homme poursuit sa mission “impossible” : »

      Qui est le « vieil homme » ? L'auteur ? Dieu personnifié ? Les deux à la fois ?

  • Sexus Empiricus
    • Posté à 10h00 le 18/12/2009

    Voilà un bilan de bon aloi. Bâteau ivre, perte de contrôle et menaces sur notre planète. Mais comme le verre n'est pas complètement vide (à la différence de je ne sais plus quelles caisses), et que le cafard est une humeur trop imbuvable en société, nous finirons l'année dans l'euphorie des gouttes qui restent au fond du verre. Euphorie de rigueur : ce sont nos raisons d'espérer.

    Ce réflexe de survie, ces lueurs qu'on devine au petit matin dans le froid, fait penser aux anciennes vertus théologales - la foi, l'espérance, ce en quoi nous sommes encore pieux -, sauf que nous ne croyons plus au grand soir. À part peut-être devant les petits souliers et les cadeaux par milliers. Car on sait que le 25 décembre sera de toute façon médiocre, comme tous les chants du lendemain.

    Si un lecteur d'aujourd'hui, décembre 2009, apprenait qu'un journal de décembre 1913 intitulait un article Entre chaos généralisé et lueurs d'espoir, en serait-il étonné ? Et le même titre en décembre 1938 (ou en décembre 1967) ?
    Le fait massif, planétaire, qui sépare le bilan 2009 du bilan 2008 et de tous les précédents, c'est le poids du nombre, qui s'aggrave de jour en jour. Car l'heure tourne, et on n'arrête pas ce progrès, voyez plutôt l'horloge : Lien.

    • Le Yéti
      Le Yéti answers to Sexus Empiricus
      yetiblog.org
      • Posté à 11h25 le 18/12/2009
      • Internaute
        yetiblog.org

      @ Sexus empiricus

      Le pire, c'est que je suis un peu d'accord avec votre analyse [rire douloureux].

      Mais supposez qu'en décembre 1913 ou en décembre 1938, tout le monde ait balayé les dernières « lueurs d'espoir », les derniers réflexes de survie ?

      1/ Les choses se seraient sans doute déroulé de façon aussi dramatique, sinon pire ;
      2/ « sinon pire », car je suis persuadé que ce sont les ultimes « accros » aux « lueurs d'espoir » et aux réflexes de survie qui ont constitué les premiers réseaux de résistance.

      Merci pour votre commentaire en tout cas.

      • Coldo
        Coldo answers to Le Yéti
        • Posté à 15h13 le 18/12/2009

        Sinon, chez Castorama ils font de bonnes cordes... Solides.

      • Sexus Empiricus
        • Posté à 13h43 le 19/12/2009

        Cher Yéti, ce n'est pas une réponse, justre l'expression

        1) du plaisir que j'ai (toujours) à vous lire sur Rue89 et

        2) de mon sentiment d'être d'accord avec vous en surface et quant au fond. Aucune raison de noircir le tableau, il l'est déjà suffisamment comme ça. D'ailleurs il y a encore de la marge et un peu de blanc entre les lignes.

        Bonne neige à vous !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h15 le 18/12/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    cette phynance
    J'imagine qu'une telle faute est volontaire, et qu'elle cache un jeu de mot, mais si c'est le cas je ne l'ai pas compris : /

    Niveau bonne chose en 2009, la grande distribution a toujours le sourire. Elle va bien, ses clients vont bien, ma boite va bien, mon salaire va bien.
    Comme le disait un de mes clients, que ce soit chez Monoprix ou Lidl les gens auront toujours besoin de faire les courses.
    Il faut dire que la crise du secteur a eu lieu en avance, avec la fameuse baisse du pouvoir d'achat.
    Du coup, même si certains ont perdu des plumes, d'autres se sont remplumés sur leur dos.

    Plus généralement, c'est de la foutaise que de dire que « le système de distribution des richesses est en charpies ».
    Déjà, la distribution a toujours été plus que limitée, surtout au niveau mondiale. Mais au moins aujourd'hui les dictatures sont moins méchantes, et la pauvreté prise avec plus de considération.
    Mais surtout à lire ça on croirait que dans ce pays y'a que des pauvres et une poignée de riche. D'accord, y'a des usines qui ont fermés, mais à côté y'a plein de boite qui ont ouvert.
    Entre les smicards et les richards, il y a des millions de gens qui vivent confortablement et qui ne connaitront la crise que dans leurs angoisses. Les magasins sont toujours remplis, les rues sont bouchées, les sorties de bureaux encombrées, les restos et bars bondés, bref la middle class est toujours présente en masse.
    Et heureusement qu'ils sont encore là, car c'est eux qui font tourner la machine et qui remplissent les caisses.
    Et comme l'argent continue de rentrer, plutôt que de se plaindre et filer du fric qui ne sert à rien à long terme, on ferait mieux de prendre ce qui ont été surpris par cette crise pour leur reformater le cerveau afin qu'il puisse faire autre chose que bosser au même endroit pendant quarante ans (en termes clairs, le problème n'est pas qu'un mec perd son boulot, mais qu'il n'en trouve pas un autre).

    Sur Obama c'est abusé. Je trouvais un peu con, ou disons plutôt prématuré, de voir un héros dans ce mec avant même son élection. Mais c'est aussi prématuré que de le trainer dans la boue après seulement un an.

    Par contre, je suis bien d'accord sur le changement dans la société, et pas que la notre en plus mais toute la planète.
    Maintenant la conscience écologiste ne reste plus un truc pour quelques vieux hippies, jeunes rebelles ou branchés entre deux ages.
    D'un coup, tout le monde se sent un peu concerné, que ce soit par le CO2, la bouffe bio, les rivières ou même les micro-ondes sur les toits.
    J'espère que cela ne sera pas un phénomène de mode, et que dans cinq dix ans cela soit toujours dans les mœurs, qu'on soit pour ou contre, comme pour le social, la culture, l'économie et tous les thèmes politiques habituels.
    Mais pour dire que cela est un thème considéré aussi sérieusement que les autres, même les Chinois veulent se la jouer écolo.

    Par contre le retour du collectif j'y crois pas une seconde, car déjà il n'était pas parti, et l'individualisme n'est pas parti non plus.
    C'est la même situation que toujours, juste une oscillation de l'un à l'autre indiquant que le système reste en fonctionnement (exemple : malgré ce que menaçait le gouvernement, j'ai toujours mes RTT).
    Et c'est tant mieux, car s'il vaut mieux ne pas être tout seul dans son coin surtout en cas de pépin, il ne faut pas oublier que charité bien organisé commence par soi même.

    • A déménagé le 16-01-2012
      A déménagé le 16-01-2012 answers to Keldan
      non connue
      • Posté à 15h45 le 18/12/2009
      • Internaute
        non connue

      cette phynance : ce n'est pas une faute,ne connaissez vous pas la pompe à phynance ? évoquée (je crois.... ? ) par le père Ubu.Cela vaut le coup ... ! !

      • A déménagé le 16-01-2012
        • Posté à 15h55 le 18/12/2009
        • Internaute
          non connue

        Ubu,d'Alfred Jarry

         
        • Sexus Empiricus
          • Posté à 13h54 le 19/12/2009

          Pour renchérir et abonder, on peut noter au passage qu'Alfred Jarry (1873-1907) a pris part à la question, toujours agitée, de l'orthographe.
          Dans la « Confession d'un enfant du siècle », jointe à l'Almanach illustré du Père Ubu (en 1901), Jarry met en scène deux personnages eux-mêmes illustres : Père Ubu (abrégé en P.U.), et sa Conscience (abrégée en « Con. »).

          « CON. : Puisque vous n'aimez à ne rien faire comme tout le monde, vous devez être séduit par la réforme de l'orthographe ?
          P. U. : Assez peu, monsieur, et je m'étonne que vous me fatiguiez l'esprit à me fatiguer avec cette ineptie !
          CON. : Pourtant, père Ubu, vous ne pouvez nier que vous écriviez avec quelque prédilection oneille et phynance ? »

          Et ajouter que dans le théâtre »pataphysique de Jarry, il y a une affinité fondamentale, lourde - enfin absolue entre la « physique », la « phynance » et la « merdre ».

        1 other comments
  • A déménagé le 16-01-2012
    • Posté à 15h42 le 18/12/2009
    • Internaute
      non connue

    ''la renaissance d'une économie de proximité plus préoccupée de bien-être et de durabilité que de profits imbéciles'' : je suis entièrement d'accord avec l'essentiel de votre propos ; mais je crains que nous soyons déjà pieds et poings liés par des lobbies puissants et qui ne laisseront que peu de place à cette renaissance tardive.Nous avons été aveuglés par la société de consommation depuis l'industrialisation, mais cette conso s'est bigrement accélérée ; que voulez vous, les jeunes ne rêvent que d'études de commerce, de sciences économiques,ou d'être avocats d'affaire etc.. Tous ceux qui n'en rêvent pas, ont du mal désormais à faire admettre aux autres que leurs comportements sont justes, équitables pour tous.
    Prenez comme exemple la conso dans les supermarchés : (passage presque obligé de la conso,qu'on le veuille ou non, tout le monde n'a pas droit à la proximité, et de plus le strict nécessaire ne s'achète pas que chez les maraichers)Cette année, un recul significatif : à force de faire baisser ( ? ? ) les prix chez les fournisseurs, ils ont commencé par afficher tous leur propre marque,puis insidieusemt ont supprimé les marques concurrentes qui pouvaient encore faire travailler qques boîtes françaises,il n'y a plus le choix de la concurrence,les prix montent toujours.Et nous nous faisons avoir encore, encore,encore.Qu'est-ce qui va pouvoir inverser la tendance ?

  • sitoihien
    • Posté à 15h54 le 18/12/2009
    • Internaute

    En 2009 dans les pays riches, il n'y a pas de chaos généralisé.

    A part ceux et celles qui se retrouvent au chômage les autre vivent comme avant la crise, avec sans doute un peu plus d'inquiétude. C'est l'inquiétude en ce qui concerne l'avenir qui est généralisée aussi bien dans les couches dirigées que dans les couches dirigeantes de droite et de gauche.

    Parmi les lueurs d'espoir il y a aussi un « nouveau projet politique »

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    Et un « nouveau monde possible »

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