Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Allais, Nobel d'économie : « Il faut rétablir une légitime protection »

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 19/01/2010 à 16h56

Maurice Allais, unique prix Nobel d’économie français (1988), mais bien méconnu en son pays, vient d’accorder une rare interview à l’hebdomadaire Marianne, « Contre les tabous indiscutés », reprise en boucle sur le web, beaucoup moins par les médias du cénacle.

Il faut dire que pour faire face à la crise, notre illustre inconnu y préconise le rétablissement de barrières protectionnistes « indispensables ».

Deux protectionnismes, l’un néfaste, l’autre « absolument nécessaire »

Maurice Allais se définit comme un théoricien libéral (pour ce qui est de l’efficacité de production des richesses) et socialiste (pour ce qui est de l’équité de leur redistribution).

Il distingue deux sortes de protectionnismes :

  • l’un néfaste, qui introduit des barrières douanières entre « pays à salaires comparables »
  • l’autre « absolument nécessaire », entre pays de niveaux de vie trop différents (il cite l’Inde, la Chine, mais aussi quelques pays d’Europe).

La libéralisation totale du commerce est le fondement même, selon Maurice Allais, de la très grave crise qui secoue la planète toute entière. Les écarts béants entre les coûts de fabrication faussent de fait la sacro-sainte « concurrence » et sont facteurs du chômage actuel, de l’aggravation de la situation sociale.

Il faut délocaliser Pascal Lamy !

La récente réunion du G20 rappelant son indéfectible dénonciation du protectionnisme, lui apparaît non seulement comme « nuisible », mais « constitue une sottise majeure à partir d’un contresens incroyable », doublé d’une « ignorance criminelle ».

« Il faut délocaliser Pascal Lamy [directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, ndlr], un des facteurs majeurs de chômage ! »

Maurice Allais en appelle à un protectionnisme raisonné et raisonnable en recréant des ensembles régionaux plus homogènes, sur la base des conditions de revenus et des conditions sociales.

Selon lui, cela ne nuirait en rien, bien au contraire, aux pays en voie de développement.

La « libéralisation nocive » des échanges internationaux les condamnent à maintenir des salaires au plus bas. Tandis que des mesures d’harmonisation avec leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, les inciteraient à développer ensemble un marché interne suffisamment vaste et équilibré pour soutenir à la fois leur production et leurs conditions de vie.

Je suis un prix Nobel... téléspectateur !

Étonnez-vous après que notre homme soit boudé par les médias du microcosme. Ceux-là lui préfèrent les « experts autorisés », chantres de la pensée libérale débridée. Celle-là même qui fait la fortune de leurs maîtres, ces puissances d’argent et ces multinationales aux intérêts particuliers et exclusifs bien compris.

Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir proposé ses services !

« Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce durant des années. »

Aller plus loin
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  • Bebert Cassandre
    • Posté à 17h25 le 19/01/2010
    • Internaute 11910

    On ne l’a pas invité parce que Monsieur Maurice ALLAIS n’est pas assez entré dans l’histoire, comme nous le dirait Monsieur Sarkozy. Il ne suffit pas d’avoir raison pour être écouté, ça se saurait. Le système actuel profite encore largement à ceux qui en sont les chantres. Ils ne sont pas prêts encore à abandonner la place, ni à modifier leur funeste stratégie.

  • enfumage
    enfumage
    parti de rien pour arriver (...)
    • Posté à 17h32 le 19/01/2010
    • Internaute 97031
      parti de rien pour arriver (...)

    « Avant d’éblouir le peuple en lui promettant l’eau chaude, il faut donc lui fournir des récipients pour la recueillir “
    alphonse Allais , humoriste bien connu mais qui n’a pas été nobelisé ! !

  • bloozmarch
    bloozmarch
    indocile heureux
    • Posté à 17h34 le 19/01/2010
    • Internaute 15731
      indocile heureux

    Les marchands du temple ne sont pas près de laisser la parole à ceux qui pensent à ceux qui souffrent du système et pas à ceux qui se goinfrent indécemment, encore un exemple aujourd’ hui, non, que pèse un Prix Nobel par rapport aux lobbies actuels et à leurs appuis !

    • Hemenate
      Hemenate répond à bloozmarch
      • Posté à 18h19 le 19/01/2010
      • Internaute 856

      « Ceux qui souffrent » du système sont les premiers à acheter Made in China, justement pour préserver leur pouvoir d’achat ; ce qui entraîne la délocalisation de leurs emplois.

      Mais ça fait toujours du bien de se plaindre des « puissants », hein ?

      • -Candide-
        -Candide- répond à Hemenate
        Jardinateur
        • Posté à 10h49 le 20/01/2010
        • Internaute 40778
          Jardinateur

        Cela me rappelle une réflexion plein de bon sens faite par un chauffeur de bus de la RATP dans un quartier de banlieue à propos des resquilleurs.

        « Je sais que pour beaucoup ici la vie n’est pas facile, mais quand on a des Nike neuves à 300 euros aux pieds, on peut sans doute faire l’effort de payer son ticket de bus. »

      • clement_m-
        clement_m- répond à Hemenate
        maître contradicteur
        • Posté à 11h17 le 20/01/2010
        • Internaute 100136
          maître contradicteur

        Phénomène auto-entretenu : il est extrêmement difficile voire impossible pour certains types de produits de les trouver made in France ou Europe. Par exemple l’électronique.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h50 le 19/01/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Taxer les importations pour compenser la différence de salaire entre l’exportateur et l’importateur est une bonne idée, mais ça promet de sacrés maux de têtes aux pauvres types qui vont devoir calculer ça...
    Car si l’idée est bonne, j’ai du mal à voir comment on peut appliquer ça efficacement.

    Déjà il faut faire passer la chose auprès des pays ateliers comme la Chine et l’Inde qui vont voir une forte baisse de leur exportation si leurs jouets ne coutent plus que dalle. Se chamailler un tiers de l’humanité, c’est pas rien, surtout quand ce tiers commence à avoir les dents longues.

    Ensuite faut faire avaler la pilule aux consommateurs chez nous. Ça va pas être de la tarte d’expliquer à un type qu’il devra soit acheter un seul jouet au lieu de quatre, soit payer quatre fois plus pour ses mioches qui vont le faire chier s’ils ont pas ce qu’ils veulent. Et je parle même pas du choc quand les victimes de la mode devront se limiter à une paire de chaussures par mois.
    Il s’agit pas simplement de donner du fric aux banques ou de tabasser trois Afghans, mais de tripoter le porte-monnaie de manifestants en puissance. Faudrait au moins un tremblement de terre à Paris, une coupe du monde gagné pour chaque pays concerné, un premier pas sur une planète extra-solaire et peut être même une petite théophanie.

    En plus ça va gruger comme des malades. On va revoir un paquet de trucs made in Japan, assemblé à Tokyo pour faire style que c’est fabriqué chez les riches, mais avec des pièces importés de Chine.
    Ou qu’en Chine il y ait des sociétés qui payent bien leurs employés, surtout pour les trucs bien techniques, mais qu’à côté de ça ils pratiquent l’esclavage pour avoir les matières premières.

    Sinon il faut tout fabriquer en Europe... heu... ça sera plus efficace de demander ça au Père Noël.

    • Hemenate
      Hemenate répond à Keldan
      • Posté à 18h16 le 19/01/2010
      • Internaute 856

      « Sinon il faut tout fabriquer en Europe... “

      C’est le but, le protectionnisme n’étant que le moyen.

      • Keldan
        Keldan répond à Hemenate
        Now future & karpe diem
        • Posté à 18h25 le 19/01/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Si c’est le but, alors ce n’est rien de plus qu’une utopie, car il est impossible de tout produire en Europe.
        Même si, chose extrêmement compliquée mais théoriquement possible, on reconstruisait toutes les usines nécessaires, nous ne disposerions pas des matières premières requises.

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à Keldan
          • Posté à 18h37 le 19/01/2010
          • Internaute 856

          Pas « tout » produire, mais le but n’est pas de payer plus cher nos importations, mais bien de relocaliser un maximum pour rétablir la balance extérieure et faire baisser le chômage.

          Tout cela reste, il est vrai, très utopique.
          Si je ne crois pas trop à une « taxe sociale », il me semble que le seul levier potentiellement efficace à moyen terme est l’écologie avec une taxe carbone aux frontières (qui permettrait de contourner les règles de l’OMC).
          Et ce quoi qu’on pense de l’écologie en général...

        • pablico
          pablico répond à Keldan
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 10h18 le 20/01/2010
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          la chine disposerait-elle des matière premières requises, Hongkong, le Japon etc ? ?

        2 autres commentaires
    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Keldan
      yetiblog.org
      • Posté à 18h22 le 19/01/2010
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      Les protections douanières existaient il n’y a pas si longtemps encore... et existent toujours ! Aux Etats-Unis, par exemple, quand ça leur chante ! Et en Chine (essayer donc d’exporter, en toute liberté d’échanges, une radio libre dans ce pays).

      Ou alors avec d’autres protections encore comme ces aides des pays riches à leurs agricultures... aides qu’ils font interdire via l’OMC aux autres nations du monde.

      Je ne suis pas persuadé par contre que ces aides-là soient « absolument nécessaires », plutôt que « néfastes ».

      Mais, j’ai la conviction personnelle, et je ne suis pas le seul (cf. l’ouvrage d’Emmanuel Todd, Lien), que les propositions de Maurice Allais en ce sens soient non seulement nécessaires, mais vraiment indispensables à terme.

      Elles font d’ailleurs parties du petit programme que j’avais développé sur sur ce site il y a quelques temps. Voir en particulier le volet 6 sur Lien, où je propose des « droits de protection sociale » (au nom d’un principe d’ « exception sociale » semblable à notre « exception culturelle »).

      Arguer des difficultés de mise en place de telles mesures est une façon de botter en touche sans contre-argumentation sérieuse.

      –––––-

      PS : à l’époque où il existait des protections douanières, les exportations battaient déjà leur plein et il n’était pas utile de « tout produire en Europe ». Cette objection étriquée me paraît donc assez fallacieuse.

      • Keldan
        Keldan répond à Le Yéti
        Now future & karpe diem
        • Posté à 18h49 le 19/01/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Vu mon misérable pouvoir de décision, je botte pas grand chose en touche.
        Et pointer les écueils ne signifie pas faire machine arrière, juste être prudent. Imposer un système du jour au lendemain (ouais bon je rêve un peu là...), ça se finit forcément mal.
        Et je suis aussi curieux, car l’idée m’intrigue et me séduit mais je me demande vraiment comment faire pour régler ces points (et j’ai d’autres trucs à lire).

        Ca ne me semble pas aussi simple que de taxer des produits agricoles.
        Le roquefort, c’est un produit de luxe aux USA, et vraiment pas essentiel à la vie, donc si on en trouve plus ou qu’il devient cher, ça n’a aucune importance pour les consommateurs. Et quand on voit la réaction des producteurs, on peut imaginer ce que cela produira de limiter toutes les importations de pays comme la Chine ou l’Inde.

        De même pour le coton, privilégié le coton local subventionné plutôt que l’africain, ça ne change rien pour le consommateur qui paiera le même prix pour son article en coton. Mais s’il la matière n’est plus transformé à bas prix à l’autre bout du monde pour revenir dans nos rayons (rien que ça, ça serait cool), son prix va grimper et un paquet de gens vont faire la gueule s’ils doivent payer leurs fringues trois fois plus chers.
        Et ça sera pire que tout si cette matière première n’est même pas disponible localement (ça pousse le coton en France ?), car même si on peut la produire, il faut de l’espace (quoi que y’a l’Auvergne : D).

        De fait je me demande sérieusement comment on pourrait tenir la foule en laisse quand elle verra les prix exploser, sans contreparties et retombées avant plusieurs années.
        Sans compter qu’il faudra aussi lui faire avaler une immigration massive, parce qu’on aura jamais assez de main d’oeuvre.

        Et il ne faut pas non plus mésestimer le problème de la contrebande. Comment savoir que seul un conteneur sur deux est du coton sicilien, le reste étant discrètement importé d’Inde, histoire de bien accroitre ses marges en le vendant comme 100% made in Europe ?
        J’imagine qu’il doit y avoir des solutions, mais faudra vraiment booster le budget des douanes qui sont déjà bien débordés avec les trafics en tout genre.

        Donc oui, c’est certainement nécessaire, faut bien avancer à un moment, et c’est clairement pas le truc le plus con que j’ai entendu, loin de là. Mais je préfère les plans concrets aux envies abstraites.

        Remarquez, puisqu’il veut parler et que personne ne lui tend de micro, qu’attend donc la rédaction de la Rue pour palier à ce manque ?

         
        • clement_m-
          clement_m- répond à Keldan
          maître contradicteur
          • Posté à 11h37 le 20/01/2010
          • Internaute 100136
            maître contradicteur

          Avec pas loin de 10% de chômage, nous avons quand même de quoi remplir les quelques usines qui réouvriraient.
          Des salaires à la hausse et un taux de chômage en baisse induisent forcément un revenus moyen augmenté, ce qui amortirait la hausse du prix des biens de consommation (à voir dans quelle mesure).

          Je pense sincèrement que les gens sont prêts à troquer la possibilité d’acheter abondamment les merdes chinoises produites par des ouvriers exploités contre la possibilité de sauver l’emploi local et de ne pas faire le jeu d’actionnaires aux dents longues.

          • Keldan
            Keldan répond à clement_m-
            Now future & karpe diem
            • Posté à 12h53 le 20/01/2010
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            A mon avis, ton deuxième paragraphe souligne la plus grande difficulté de la chose : les gens seraient-ils prêts à changer ainsi ? Franchement, moi je n’y crois pas du tout.
            Mais il parait que la pub et le marketing peuvent faire penser aux gens l’inverse de ce qu’ils pensaient la veille, alors peut être que ça peut marcher.

        2 autres commentaires
      • fantome de la nuit
        fantome de la nuit répond à Le Yéti
        insomniaque
        • Posté à 22h04 le 19/01/2010
        • Internaute 50069
          insomniaque

        Quand j’entends le mot « exception sociale », je sors mon Manifeste du Parti Communiste...« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

        Nous n’avons pas à défendre nos normes sociales - ou plutôt ce qu’il en reste - comme des exceptions (à la règle), mais bien comme la règle, la base de ce que l’on doit exiger de nos partenaires commerciaux.

        Idem pour les normes environnementales.

  • Hugues Serraf
    Hugues Serraf
    Chroniqueur
    • Posté à 19h00 le 19/01/2010
    • Internaute 26641
      Chroniqueur

    Jusqu’à présent, la seule formation politique jamais séduite par le libéral-protectionnisme prôné par Allais, c’est le Front National. Ça ne veut pas dire qu’il soit lui-même d’extrême droite (en fait, on n’en sait rien même s’il ne cache pas qu’il considère l’immigration comme une catastrophe), mais ça explique peut-être son isolement dans le débat économique en France.

    En tout état de cause, le protectionnisme appauvrit les pays qui le pratiquent quand l’immigration, elle, aurait plutôt tendance à les enrichir. Et, ça, ce ne sont pas des opinions marginales chez les économistes.

    • anti_Tsarcosy
      anti_Tsarcosy répond à Hugues Serraf
      etudiant
      • Posté à 19h07 le 19/01/2010
      • Internaute 35242
        etudiant

      Si il est peu repris, c’est surtout que ça dérange ceux qui veulent mettre à genoux les peuples en les mettant en concurrence

      « En tout état de cause, le protectionnisme appauvrit les pays qui le pratiquent quand l’immigration, elle, aurait plutôt tendance à les enrichir. Et, ça, ce ne sont pas des opinions marginales chez les économistes. »

      Ah bon et la France sous louis XIV par exemple avec Colbert

      • pablico
        pablico répond à anti_Tsarcosy
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 10h29 le 20/01/2010
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        Ah bon et la France sous louis XIV par exemple avec Colbert.

        il n’y avait rien, donc le moindre plus fait une richesse.. tout est relatif.
        il n’y avait pas de pays concurrent commercialement, et l’immigration venait des campagnes en interne et par guerre : Louis XIV annexe le Roussillon et la Cerdagne, récupère l’Artois e reçoit quelques villes en Flandre, et Strasbourg...

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Hugues Serraf
      yetiblog.org
      • Posté à 19h07 le 19/01/2010
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      Euh, les opinions et les prévisions non « marginales » des « économistes », on a vu à quoi elles ont abouti [rires] !

      Et Emmanuel Todd va être content d’apprendre qu’il a des idées d’extrême droite [re-rires] !

      Enfin, de quels partis politiques, non d’extrême droite, favorables au libre-échange total, parlez-vous ? De l’UMP et du Parti socialiste ? Bon d’accord...

      • Hugues Serraf
        Hugues Serraf répond à Le Yéti
        Chroniqueur
        • Posté à 19h20 le 19/01/2010
        • Internaute 26641
          Chroniqueur

        Je ne vous parle pas d’Emmanuel Todd, mais de Maurice Allais. Je ne vous parle pas non plus de je ne sais quel « libre-échange total » (je ne sais même pas ce que ça veut dire).

    • Saheyus
      Saheyus répond à Hugues Serraf
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 19h57 le 19/01/2010
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      « la seule formation politique jamais séduite par le libéral-protectionnisme prôné par Allais, c’est le Front National »

      Lien

      Pom, pom, pom...

      Cela dit, vous soulevez un point important, le FN étant bien celui qui se réclame le plus du protectionnisme, même si l’on ne sait pas ce qu’il ferait au juste s’il le pouvait (on voit l’inaction de l’UMP).
      A dire vrai, la seule pensée d’avoir une idée en commun avec ces gens suffit à me hérisser le poil. Mais raisonnons-nous : Parle-t-on bien de la même chose ?

      Pour notre prix Nobel, je ne sais pas trop, je ne le connais guère. Pour ma part, je vois quelques différences qui pourraient changer non seulement le but mais aussi les effets d’une telle mesure.
      Je les résume dans un post, juste en dessous. On notera, par ailleurs, dans le programme du FN, cette idée bizarre de « crédit » pour les exportations depuis l’Europe. Voila qui suffit à prouver que le souci de ce parti n’est ni la qualité de vie des autres pays, ni la pollution générée par les exportations. D’ailleurs, quand le FN ou l’UMP parlent de taxer les exportations, ils n’envisagent pas tellement de les réduire, seulement de se faire du fric dessus. Quand ce n’est pas je sais quel chauvinisme qui les poussent à vouloir une « industrie Française » à tout prix parce que ça les fait b... euh, baver.

      Cela dit, l’idée qu’une taxation extrême des importations (et exportations, tant qu’on y est, si les autres pays ne le font pas d’eux-mêmes) serait une bonne chose ne m’est apparu que très récemment, et je reste largement ouvert sur le sujet.

      « En tout état de cause, le protectionnisme appauvrit les pays qui le pratiquent quand l’immigration, elle, aurait plutôt tendance à les enrichir. »

      Je ne pense pas qu’il ait été question de refuser les immigrés ici ?
      De toutes façons, accepter l’immigration, ce n’est même pas une question d’économie, c’est une question d’humanité.

      • Hemenate
        Hemenate répond à Saheyus
        • Posté à 20h19 le 19/01/2010
        • Internaute 856

        « On notera, par ailleurs, dans le programme du FN, cette idée bizarre de “crédit” pour les exportations depuis l’Europe »

        Les subventions aux exportations existent déjà depuis un bon moment dans le cadre de la PAC.
        Pas grand monde ne le critique à part les PED et... l’OMC.

    • Hemenate
      Hemenate répond à Hugues Serraf
      • Posté à 20h02 le 19/01/2010
      • Internaute 856

      Le libre échange actuel se base sur la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, qui ne prend pas en compte l’énormité des écarts de coût du travail entre des pays comme la France et la Chine.
      (i.e elle ne prend pas en compte l’existence d’un droit du travail qui entrave la libre détermination des salaires…)

      L’immigration enrichit si la balance extérieure est positive, ce qui n’est pas le cas de la France.
      De plus il s’agit simplement d’un enrichissement en volume, qui n’a pas d’influence sur le niveau de vie d’une personne lambda.

      Enfin, les autres fondements du néo-libéralisme, que sont la théorie de la main invisible et l’équilibre Walrassien, sont loin de faire l’unanimité chez les économistes.
      (Keynésianisme, Ecole post-keynésienne, Theorie du déséquilibre, Nouvelle économie keynésienne…)

    • A déménagé le 13-01-2012 5
      • Posté à 20h26 le 19/01/2010
      • Internaute 98137
        non connue

      J’adore cette façon, si typique dans les milieux soi-disant intellectuels de gauche, qui consiste à discréditer les idées d’une personne en faisant valoir que ses idées sont reprises par l’extrême droite...

      • Hugues Serraf
        • Posté à 21h02 le 19/01/2010
        • Internaute 26641
          Chroniqueur

        Je ne sais pas si je suis typique, mais la fermeture des frontières aux marchandises et aux hommes n’a pas besoin d’être proposée par Maurice Allais ou même par le FN pour être considérée comme une préconisation très à droite (ou très à gauche, je l’admets).

         
        • A déménagé le 13-01-2012 5
          • Posté à 21h08 le 19/01/2010
          • Internaute 98137
            non connue

          Je ne parlais pas du fond mais de la méthode.

          Ca me fait encore une fois penser à la chasse aux sorcières contre l’historien Sylvain Gouguenheim qui avait commis le péché de publier un ouvrage traitant de la permanence de la diffusion du savoir grec antique avant que les traductions arabes ne soient disponibles en Occident.
          Ses contempteurs français, tous de gauche bien pensante, qui jugeaient que c’était là une agression inqualifiable contre l’islam actuel, mettaient en avant, entre autres, le fait que cet ouvrage avait fait les délices de sites identitaires d’extrême-droite, ce qui suffisait à leurs yeux à le discréditer.

          C’est un peu la même chose que vous avez faite là, en plus modeste, vis-à-vis d’Allais.

          • Hugues Serraf
            • Posté à 21h28 le 19/01/2010
            • Internaute 26641
              Chroniqueur

            Je crois que votre exemple n’a pas grand chose à voir avec Allais, que j’ai toujours perçu comme l’économiste de référence du FN.

            Mais j’ai lu Aristote au Mont-Saint-Michel, j’ai trouvé ça très intéressant même si je suis incapable de trancher sur le fond et si je pense que c’est un débat d’historien qui vaut d’être tenu. Alors pour votre théorie générale, bof, je ne me sens pas concerné.

            • Hemenate
              Hemenate répond à Hugues Serraf
              • Posté à 21h44 le 19/01/2010
              • Internaute 856

              Il n’empêche que la « lettre de Maurice Allais » est parue dans Marianne parce que c’est grosso-modo la ligne éditoriale de l’hebdo depuis un moment.

              Marianne : Extrême droite ou extrême gauche ?

              • Hugues Serraf
                Hugues Serraf répond à Hemenate
                Chroniqueur
                • Posté à 22h12 le 19/01/2010
                • Internaute 26641
                  Chroniqueur

                Marianne ? Souvent démagogue et populiste. On n’a pas besoin de latéraliser pour ça.

                Mais clairement, puisque nous sommes sous un texte qui défend l’idée que le protectionnisme est une bonne chose, je me demande pour qui. Certainement pas pour le pays pauvre qui n’a pas de technologie mais de la main d’œuvre pour fabriquer des produits à faible valeur ajoutée.

                Si je taxe ses produits lorsqu’ils entrent dans mon pays pour rapprocher leur prix du prix de mes produits domestiques, tout le monde est perdant : l’ouvrier du pays pauvre qui ne peut plus travailler puisque sa production doit être exportée pour importer de la richesse en contrepartie (nos devises) ; le consommateur du pays riche qui ne bénéficie pas de prix plus bas et n’améliore pas son pouvoir d’achat ; l’entreprise du pays riche qui n’éprouve plus le besoin d’innover ou d’améliorer ses produits puisqu’elle est protégée de la concurrence.

                On peut considérer que le salarié de cette entreprise est lui aussi protégé. Mais pour combien de temps si le reste du monde ne l’attend pas, lui qui ne fabrique que des produits à faible valeur ajoutée mais à coûts élevés qu’il ne peut pas lui-même exporter ?

                Dans l’automobile, la France a longtemps protégé ses constructeurs, notamment des Japonais (pendant des années, il y a eu des quotas à l’importation). Parce qu’ils étaient en sécurité, les Français n’avaient pas besoin d’innover, ni d’améliorer la qualité de leur produits et encore moins d’aller se bagarrer sur les marchés mondiaux où les Japonais, eux, étaient présents sans quotas. Nos entreprises pouvaient donc vendre cher des autos à la qualité médiocre et à une clientèle captive. D’autant plus en qu’en jouant sur une fiscalité attractive du diesel, le gouvernement les aidait à vendre des motorisations que les autres ne cherchaient pas à maîtriser puisque la demande, hors de France (et d’Allemagne mais c’est une autre histoire) était inexistante.

                Le résultat, c’est que les constructeurs Français sont les rois du carburant le plus polluant qui soit, que les constructeurs japonais ont pu construire, sur notre marché, une image de qualité gagnée dans les pays où la concurrence était réelle et s’arroger des marges importantes puisqu’avec des quotas, ils étaient assurés d’atteindre leurs objectifs de ventes même avec des prix plus élevés que nos Renault et Peugeot... Lorsque vous n’avez pas besoin d’innover, vous n’innovez pas. Lorsque vous n’avez pas besoin d’améliorer votre service, vous ne l’améliorez pas.

                Mais en tout état de cause, que l’on ne vienne pas dire que l’on taxe les produits de pays pauvres par solidarité avec leurs ouvriers. Si demain les Haïtiens peuvent exporter quelque chose, ce ne sera pas des avions mais plutôt du textile. Si leur textile est moins cher que le nôtre parce que leur avantage comparatif est le faible coût (temporaire) de leur main d’œuvre, faudra-t-il attendre que l’ouvrier haïtien bénéficie d’un Smic à 1 200 euros, de la sécu et des tickets restaurant pour laisser ses produits entrer en France ?

                • Hemenate
                  Hemenate répond à Hugues Serraf
                  • Posté à 23h05 le 19/01/2010
                  • Internaute 856

                  « Marianne ? Souvent démagogue et populiste. »

                  Souvent c’est vrai, mais il y a également souvent de bonnes pages en fin de magazine.

                  Concernant l’innovation, Maurice Allais n’envisage pas un protectionnisme étatique mais par « région-monde » de mêmes niveaux de vies.
                  Une telle région englobant l’UE, l’Amérique du Nord, l’Australie, le Japon… me semble permettre exercer la contrainte nécessaire à la « destruction créatrice ».

                  # Ensuite, le protectionnisme implique forcément une dégradation dans un premier temps.

                  # Dans un second temps en théorie :

                  - La contrainte protectionniste entraîne une relocalisation de la production dans les « pays riches », d’où une baisse du chômage et un rééquilibrage des balances extérieures et publiques.
                  Par contre le pouvoir d’achat baissera pour les personnes ayant déjà un emploi, il faut cependant envisager que la baisse du chômage permettrait éventuellement de baisser les cotisations sociales, mais surtout de rembourser la dette.
                  De plus, le système actuel tendant structurellement à la désindustrialisation et à la hausse du chômage, le pouvoir d’achat va de toute façon baisser.

                  - Les PED seront obligés de pallier à la baisse de la demande extérieure en développant leurs marchés intérieurs.
                  En favorisant donc une hausse du niveau de vie, dans un schéma comparable au compromis Fordiste d’idéologie keynésienne des Trente glorieuses.
                  (La Chine s’est d’ailleurs engagé dans cette voie du fait de l’incertitude liée à la crise)

                  - Les PMA redévelopperaient leur production vivrière, ce qui limiterait les problématiques de famines.

                  La transition est délicate (très) c’est tout le problème.
                  De plus elle nécessiterait de gros investissements de départ qui risquent d’être difficiles (impossibles ?) à trouver dans une période qui va immanquablement paniquer les marchés financiers.
                  Bref, l’hypothèse même d’un tel bouleversement ne semble envisageable que sur plusieurs décennies.
                  La diminution des réserves de pétroles, en renchérissant le coût du transport, va peut être de toute façon entraîner de facto un tel protectionnisme de proximité.

                  # Enfin :

                  - Vision optimiste : Etre protégé de la concurrence permettrait aux pays riches de favoriser des transferts de technologies vers les pays pauvres, sans avoir à craindre de répercussions pour leurs économies.
                  De plus, un rééquilibrage de leurs économies rendrait plus envisageable une aide au développement plus conséquente.

                  - Vision pessimiste : Les régions-mondes deviennent des blocs refermés sur eux-mêmes, tensions, nouvelle guerre-froide, puis fin du Monde.

                  • Hugues Serraf
                    Hugues Serraf répond à Hemenate
                    Chroniqueur
                    • Posté à 23h07 le 19/01/2010
                    • Internaute 26641
                      Chroniqueur

                    Je crois que votre conclusion sera la mienne : les régions-monde d’Allais sont sans doute le terreau idéal pour un choc civilisationnel à la Huntington. Des pauvres qui s’échangent entre eux, des riches qui font la même chose dans leur coin et un arsenal réglementaire et fiscal pour empêcher tout déviationnisme.

                    Il me semble pourtant que dans le monde réel, l’élévation du niveau de vie de pays partant de très bas s’est faite sans nuire aux pays plus anciennement prospères. Le Japon, la Corée du Sud, Taïwan... Et souvenez-vous du choc que devait représenter l’Espagne lorsqu’elle est entrée dans l’Europe et que les viticulteurs brûlaient les camions de pinard.

                    Aujourd’hui, leur PIB/hab a rejoint la moyenne européenne et leur enrichissement est aussi le nôtre, puisqu’ils s’achètent nos produits avec leur argent. Allez vous balader en Espagne, il n’y a que des Carrefour, des Leclerc et des Auchan et les gens vont y faire leurs courses en Peugeot (oui, nos voitures ont tout de même fini par s’améliorer, intensification de la concurrence oblige !).

                    Donc, nous avons tous gagné. Et ce ne serait pas pareil avec les autres, plus lointains ? Pourquoi donc ?

                    • Hemenate
                      Hemenate répond à Hugues Serraf
                      • Posté à 23h46 le 19/01/2010
                      • Internaute 856

                      « les régions-monde d’Allais sont sans doute le terreau idéal pour un choc civilisationnel à la Huntington »

                      C’est possible, mais l’explosion à venir du chômage va entraîner un appauvrissement des pays riches au profit des NPI qui ne me semble pas facteur d’apaisement d’international.
                      Ce qui risque d’ailleurs d’entraîner justement des mesures de protectionnisme au dernier moment, à la va-vite, qui pourraient s’avérer réellement désastreuse.
                      De plus comme je le disais, la fin du pétrole pourrait bien nous y mener de facto, le développement hypothétique de l’écologie politique (taxe carbone aux frontières) est également envisageable.

                      « Le Japon, la Corée du Sud, Taïwan... »

                      Je ne connais pas bien les économies Taïwanaise et Coréenne, par contre le Japon est endetté à hauteur d’environ 160% de son PIB, ce qui n’est pas loin d’être le record en la matière.
                      Le nombre d’heure hebdomadaire du salarié japonais est également un facteur non négligeable de compétitivité, je ne sais pas ce qu’il en est pour Taiwan et la Corée.
                      De plus il est vrai que certains pays s’en sortent mieux que d’autres pour l’instant (l’Allemagne par rapport à la France par exemple)

                      « Et souvenez-vous du choc que devait représenter l’Espagne lorsqu’elle est entrée dans l’Europe et que les viticulteurs brûlaient les camions de pinard. […]
                      Donc, nous avons tous gagné. Et ce ne serait pas pareil avec les autres, plus lointains ? Pourquoi donc ? »

                      Très bon exemple.
                      L’Espagne est justement entré dans l’UE à l’époque ou celle-ci était encore une union douanière, avec des tarifs extérieurs communs encore un minimum consistants. (A laquelle on ajoute un financement européen non-négligeable
                      Depuis les accords de l’OMC ont été appliqués, les derniers quotas textiles en provenance de Chine ont sauté en 2005.

                      Faire entrer un ou deux pays dans une union douanière conséquente permet de les tirer vers les hauts.
                      Depuis l’UE en tant que marché commun a été abandonnée du fait des réglementations résultant de l’OMC, on fait donc rentrer les pays par lot de dix...

                    • ourston
                      ourston répond à Hugues Serraf
                      retraité
                      • Posté à 01h05 le 20/01/2010
                      • Internaute 92733
                        retraité

                      De mon point de vue d’habitant de la France,pays en voie de désindustrialisation, qu’est-ce que j’ai gagné qu’’Auchan et compagnie se soient installé en Espagne, que Peugeot y fabrique des voitures (qui seront exportées de l’Espagne vers la France), que l’agriculture espagnole nous envoie des produits cultivés au détriment de l’équilibre écologique des sols. Vous parlez d’enrichissement, mais en réalité, nous vivons à crédit, grâce à une dette publique faramineuse, avec de plus en plus de gens qui ne peuvent plus vivre décemment, même lorsqu’ils ont un travail. L’enrichissement ne touche qu’une partie des populations, et c’est vrai également dans les pays en voie de développement. « les pauvres qui s’échangent entre eux, et les riches idem », mais c’est exactement là où nous allons avec le système actuel.

                      • Hugues Serraf
                        Hugues Serraf répond à ourston
                        Chroniqueur
                        • Posté à 11h40 le 20/01/2010
                        • Internaute 26641
                          Chroniqueur

                        L’idée que la France soit en train de se désindustrialiser n’est pas exacte. La part de l’industrie dans le PIB reste à peu près la même à quelque 25% mais il se trouve que le nombre d’emplois qu’on lui attribue recule parce sa structure est différente. Il y a quelques années, les grandes entreprises sous-traitaient peu les fonctions de back office.

                        Désormais, elles font entretenir leurs immeubles par des tiers, ont des prestataires informatiques, etc. (je ne parle pas ici de la sous-traitance à des sous-traitants industriels mais bien à des sous-traitants tertiaires). Du coup leurs effectifs reculent, mais le nombre de personnes effectivement employées est stable et peut même augmenter (dans le cas contraire, il n’y aurait pas 10% de chômeurs en France depuis 25 ans mais quatre fois plus).

                        Ensuite, le fait qu’Auchan et Carrefour soient en Espagne permet, outre de consolider des entreprises françaises qui paient des impôts en France, d’aider des myriades de petits exportateurs à les accompagner sur ce marché (et sur d’autres, plus lointains. Sans Carrefour, on ne vendrait peut-être pas beaucoup de saucisson à Pékin).

                        Enfin, pensez à l’alternative proposée par Allais mais poussée à son paroxysme (je n’achète rien à personne d’autre et les autres font la même chose). C’est l’Albanie, pays économiquement le plus isolé du monde avant la chute du communisme.

            • Le Yéti
              Le Yéti répond à Hugues Serraf
              yetiblog.org
              • Posté à 22h21 le 19/01/2010
              • Internaute 6095
                yetiblog.org

              « Allais, que j’ai toujours perçu comme l’économiste de référence du FN » [Hugues Serraf]

              Pfff... [rires]

              « Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément » [Maurice Allais].

              ––––––

              « Mais clairement, puisque nous sommes sous un texte qui défend l’idée que le protectionnisme est une bonne chose, je me demande pour qui. Certainement pas pour le pays pauvre qui n’a pas de technologie mais de la main d’œuvre pour fabriquer des produits à faible valeur ajoutée » [Hugues Serraf].

              Oups...

              « Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas » [Maurice Allais].

              • A déménagé le 13-01-2012 5
                A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Le Yéti
                non connue
                • Posté à 22h25 le 19/01/2010
                • Internaute 98137
                  non connue

                Il n’empêche que la conséquence serait un renchérissement des produits et services relocalisés, et donc une baisse du pouvoir d’achat en Europe qui ne sera pas compensée par la baisse du chômage.

                Si on pense que le pouvoir d’achat est actuellement surévalué artificiellement par ce jeu des délocalisations, et que nous allons à la catastrophe, alors c’est peut-être une solution à explorer.

                Mais si on pense qu’on peut relocaliser tout en maintenant le pouvoir d’achat, là on se moque du monde...

              • Hugues Serraf
                Hugues Serraf répond à Le Yéti
                Chroniqueur
                • Posté à 22h52 le 19/01/2010
                • Internaute 26641
                  Chroniqueur

                « Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production »

                Les pauvres restent entre eux, quoi. Et s’échangent leurs produits de pauvres... Pendant que les riches font la même chose de leur côté.

                Je ne comprends pas comment vous pouvez défendre des propos pareils, aussi clairement réactionnaires. J’ai lu plusieurs de vos articles, ça ne vous ressemble pas du tout.

                • Le Yéti
                  Le Yéti répond à Hugues Serraf
                  yetiblog.org
                  • Posté à 23h16 le 19/01/2010
                  • Internaute 6095
                    yetiblog.org

                  « Des droits identiques seront appliqués à l’importation des produits de pays tiers. Nous sommes d’accord pour établir de bonnes et fructueuses relations commerciales avec vous, mais vous comprendrez que nous ne pouvons pas mettre en péril notre originalité sociale, et que nous percevions par ces droits de compensation, le manque à gagner en matière de droits sociaux.

                  Bien loin d’être un repli frileux sur soi-même, ce système de protection, s’il était généralisé, aurait de grandes chances d’inciter à une mondialisation sociale par le haut, et non à une désespérante désintégration par le bas. Pour exporter, un pays aurait le choix entre payer ces droits dits de compensation sociale au pays importateur ; ou les accorder en prestations sociales à sa propre population. »

                  [Lien (désolé de me citer)]

                • A déménagé le 25 octobre
                  • Posté à 10h35 le 20/01/2010
                  • Internaute 33755

                  Pas besoin de parler de produits, Serraf. Vous préférez tout simpletment que les riches s’échangent les pauvres...

                  Cela dit, hors de toute considération fiscale, je ne vois comme solution viable que la volonté de légiférer mondialement sur la propriété intellectuelle de toute ressources.

                  Si c’est pour accoler des fiscalités biscornues sur des choses inégales à la base... prout.

                • clement_m-
                  clement_m- répond à Hugues Serraf
                  maître contradicteur
                  • Posté à 11h52 le 20/01/2010
                  • Internaute 100136
                    maître contradicteur

                  tLes pauvres restent entre eux, quoi. Et s’échangent leurs produits de pauvres... Pendant que les riches font la même chose de leur côté.
                  Pendant des centaines d’années les pays occidentaux ont essentiellement eu des échanges économiques fortement régionalisés, ce qui n’a pas empêché le progrès. Il va moins vite, certes, mais son accélération ne vaut pas les effets pervers d’une mise en concurrence des mains d’oeuvre à l’échelle mondiale.

                  Faut-il rappeler que le système que vous défendez est en train de créer une caste dirigeante s’enrichissant sans fin sur le dos d’une population mondiale dont la situation est de plus en plus précaire malgré l’illusion de prospérité que donne la progression de la consommation ?

                  D’autre part, être réactionnaire n’est pas un mal en soi. Tout dépend à quoi répond la réaction.

                  • zorbeck
                    zorbeck répond à clement_m-
                    • Posté à 21h07 le 20/01/2010
                    • Internaute 9110

                    « Faut-il rappeler que le système que vous défendez est en train de créer une caste dirigeante s’enrichissant sans fin sur le dos d’une population mondiale dont la situation est de plus en plus précaire malgré l’illusion de prospérité que donne la progression de la consommation ? »

                    Un peu facile comme argument. Avez-vous déjà entendu parler de l’Inde, du Brésil, de la Chine ? Vous croyez vraiment que les populations de ces pays qui ont ouvert leur économie sur le commerce mondial ont tant à en souffrir et vont vers la précarité ? Nous peut-être, eux certainement pas.

                    Le protectionnisme, ça consiste en réalité à vouloir pérenniser notre statut de pays riche au détriment des pauvres, le reste c’est de la foutaise. Quand on taxe des produits manufacturés dans des pays du tiers-monde, à qui va le profit de la taxe ? Aux pauvres d’après vous ? En termes marxistes, cela s’appelle taxer la plus-value du travail des pauvres pour enrichir les riches, et c’est exactement ce que font les pays occidentaux vis à vis du tiers-monde. Venir prétendre qu’on est contre la mondialisation - comme le font 99% des intervenants - pour des raisons éthiques et par souci d’humanisme est un sommet d’hypocrisie qui tient soit de la bêtise, soit de la mauvaise foi, si pas des deux à la fois. Il faudrait peut-etre songer à regarder la réalité en face plutot que de la voiler derrière de bons sentiments qui cachent mal nos propres desseins.

                    Au delà de ça, ce qui est grave avec le protectionnisme frileux et le passéisme qui va avec, est l’affaiblissement global qui en découle sur le long terme, car en surprotégeant les métiers d’hier - ce que nous faisons p.ex. avec l’agriculture - non seulement nous en subissons le cout au portefeuille, mais en plus nous nous écartons des métiers de demain. Vous en connaissez beaucoup des appareils électroniques français ? Vous en connaissez beaucoup des entreprises vraiment innovantes ? A part notre savoir-faire meurtrier (la France est le 3eme ou 4eme exportateur d’armes) je ne vois pas grand-chose à l’horizon...

                    • Le Yéti
                      Le Yéti répond à zorbeck
                      yetiblog.org
                      • Posté à 21h53 le 20/01/2010
                      • Internaute 6095
                        yetiblog.org

                      Cher Zorbeck,

                      De temps en temps, je pense qu’on devrait essayer d’inverser la logique des choses.

                      Quand on parle de protectionnisme, on pense naturellement aux protections que les pays riches mettent en place pour protéger leurs « acquis ».

                      Mais suppose maintenant que les pays qualifiés de pauvres (mais souvent riches en ressources énergétiques) fassent de même et disent aux pays riches :

                      « Vous avez besoin de nos produits ? Nous allons vous les vendre au prix pratiqués dans vos pays riches, bien supérieurs à ceux que nous pouvons consentir dans les nôtres. Le surcoût douanier sera redistribué aux habitants pauvres de notre pays. »

                      Tu saisis la finesse (c’est exactement celle qu’ont utilisée les producteurs de pétrole du temps où le pétrole roulait sur l’or) ?

                      • zorbeck
                        zorbeck répond à Le Yéti
                        • Posté à 21h10 le 21/01/2010
                        • Internaute 9110

                        Finesse peut-être, mais ce n’est pas du tout ce que l’on fait, c’est même tout le contraire. Les importations de matières premières sont d’avantage taxées par les pays occidentaux importateurs (un peu moins aux US, vu le poids du lobby du pétrole) que par les pays exportateurs. Et puis aussi, tous les pays du tiers monde ne disposent pas de richesses naturelles, et les barrières douanières que nous leur imposons ne concernent pas vraiment les produits bruts dont nous avons besoin (pétrole mis a part) mais bien plutôt les produits manufacturés, ce qui permet de freiner leur développement. Freiner seulement, car au bout du compte les pays hier pauvres peuvent commencer à se développer par leurs propres échanges et malgré notre protectionnisme. Quand la Chine et le Brésil développent leurs liens commerciaux en abaissant leurs taxes respectives, ce sont eux qui y gagnent, et nous qui y perdons sur le long terme. On peut effectivement s’en inquiéter, mais ayons la décence de reconnaitre que ce qui nous inquiète dans la mondialisation des échanges est notre propre intérêt, et certainement pas celui des petites mains du tiers monde. Si ce ne n’était pas le cas, il y aurait longtemps que l’on aurait supprimé la PAC, exemple parmi d’autres...

              • Lairderien
                Lairderien répond à Le Yéti
                • Posté à 23h32 le 19/01/2010
                • Internaute 22751

                C’est dur de convaincre un vrai « libéral de gauche » même en lui mettant les points sur les i !

                Il y a du boulot pour changer les mentalités de tous ces gens qui croient dur comme fer au bienfait de « la concurrence libre et non faussée »

                • lancetre
                  lancetre répond à Lairderien
                  • Posté à 22h59 le 21/01/2010
                  • Internaute 18658

                  « Il y a du boulot... »

                  Non, c’est du temps perdu !

                  Un Serraf

                  -qui confond (volontairement ?) la prospérité des actionnaires d’Auchan avec le niveau de vie moyen du peuple français

                  - qui prétend (nous prend-il vraiment pour des imbéciles, ou est-il benêt à ce point ?) que si les susdits actionnaires gagnent plus en Espagne, ils paieront plus d’impôts en France

                  ne mérite que railleries ou mépris.

        • LienRag
          LienRag répond à Hugues Serraf
          • Posté à 21h34 le 19/01/2010
          • Internaute 34767

          Vous pourriez remercier Hulk, c’est je crois bien le premier à vous considérer à gauche sur Rue 89 ! Et comme c’est un qualificatif auquel vous semblez tenir...

          • lancetre
            lancetre répond à LienRag
            • Posté à 21h43 le 19/01/2010
            • Internaute 18658

            Hulk a écrit « soi-disant intellectuels de gauche ».

            Serraf, soi-disant intellectuel, est soi-disant de gauche...

        22 autres commentaires
    • lancetre
      lancetre répond à Hugues Serraf
      • Posté à 21h44 le 19/01/2010
      • Internaute 18658

      « le protectionnisme appauvrit les pays qui le pratiquent » :

      . Exemples ?

      . Démonstration ?

      Ah, non, je n’avais pas fait attention.

      Ce n’est que Serraf qui s’est échappé, et qui vient vaticiner sur les terres du Yéti.

      Nous n’aurons donc, comme d’habitude, qu’une affirmation péremptoire.

      Et çui qu’est pas d’accord, d’abord, c’est rien qu’un nazi ! C’est mon copain Philippe Val qui me l’a dit...

      • zorbeck
        zorbeck répond à lancetre
        • Posté à 20h30 le 20/01/2010
        • Internaute 9110

        Exemples ? Demonstration ?

        Il suffit de lire ceci : Lien

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