Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Pourquoi l'économie est devenue obsédée par l'emploi

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 21/01/2010 à 13h25

Martine Aubry vient de forcer le verrou de la retraite à 60 ans en annonçant qu’on pourrait bien travailler bientôt jusqu’à... euh, 61 ans ? 62 ? Plus ? Quelques timides protestations tout au plus pour la forme (Hamon). Et François Chérèque d’applaudir aussitôt à tout-va, tous stylos à signature de futurs contrats dehors.

On peut à juste titre s’interroger sur cette drôle d’idée de prolonger le temps de travail des plus anciens, quand les entreprises n’ont de cesse de vouloir s’en débarrasser au plus tôt. Et que le système laisse sur le carreau du désœuvrement des quantités astronomiques de jeunes pousses qui se bousculent aux portillons.

Pour l’heure, l’impression prévaut que c’est plutôt le travail qui bat en retraite.

Trop d’emplois inutiles ou nuisibles

En réalité, il faudra bien convenir un jour que la société de plein-emploi a disparu. Tout au long de leur histoire, les humains n’ont d’ailleurs eu de cesse d’échapper aux contraintes du travail grâce aux progrès techniques et aux gains de productivité.

Nous avons désormais atteint un tel niveau de développement et une telle saturation productiviste, que le plein-emploi se justifie difficilement. D’ailleurs, il n’existe plus nulle part. Ou alors sous forme de plus en plus précaire.

Si l’on y regarde de près, une bonne partie des emplois restant aujourd’hui pourraient être supprimés sans aucun dommage pour la communauté. Combien de produits inutiles, de gadgets superflus, de gaspillages éhontés au nom de la « croissance » à tout crin, de la compétitivité et de notre désir de piquer la place aux concurrents, c’est-à-dire à tous les autres ?

Les emplois faisant défaut dans certains secteurs comme nos malmenés services publics (santé, éducation...) ou ces emplois « verts » qu’on nous promet à cor et à cri peuvent encore faire illusion. Mais ils ont bien peu de chances de compenser totalement la disparition (souhaitable) des « boulots-boulets » qui ne servent à rien, nous gâchent la vie et nous bousillent l’environnement.

Une inversion absurde de la logique économique

Nous sommes prisonniers des vieilles croyances et des idées reçues. A l’origine, l’activité économique visait à produire, via le travail, des biens et des services destinés à satisfaire les besoins d’une population. Mais avec le temps, c’est le travail qui est devenu l’incontournable but en soi. La sacro-sainte valeur. Sans oublier l’argent.

Vous remarquerez qu’on ne parle plus jamais de relancer l’activité économique pour produire les biens et les services et satisfaire les populations... mais seulement pour créer des emplois et faire de l’argent !

Logique absurde, destructrice et un tantinet ridicule. Mais que personne ne semble en capacité de remettre en cause, surtout pas dans nos hautes sphères.

Prétendre vouloir augmenter aujourd’hui le temps de travail, au motif du rallongement de l’espérance de vie et du problème des retraites, c’est s’appuyer sur un raisonnement obsolète à bien courte vue.

Une mutation indispensable de nos schémas de pensée

Qu’on le veuille ou non, de gré ou de force, viendra le moment ou nous devrons intégrer cette réalité d’un monde sans plein-emploi dans nos schémas de pensée économique, politique, sinon philosophique. Et dans notre organisation sociale.

Plutôt que de persister dans notre logique insensée, il nous faudra nous adapter. Plutôt que de vouloir rallonger le temps de travail au nom des urgences à court terme, il nous faudra inventer des modes de fonctionnement entièrement nouveaux où le travail (pas plus que l’effort ou le sacrifice) n’occupera la place centrale. Et ou ne pas travailler ne sera plus déchoir.

C’est en ce sens que j’avais proposé dans mon petit programme politique quelques mesures comme l’introduction d’un revenu vital décent pour tous. Qui n’est ni plus ni moins qu’une re-répartition originale des gains de productivité collectifs, aujourd’hui captés par quelques rapaces sans scrupules à la Proglio.

Mais tant que toutes les forces politiques en place continueront d’entretenir l’illusion d’un retour au plein-emploi comme objectif ultime (plutôt que celui de la quête du bien-être pour tous), la communauté humaine continuera tranquillement d’aller droit dans le mur.

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  • Slovan
    Slovan
    Baroudeur
    • Posté à 13h45 le 21/01/2010
    • Internaute 63535
      Baroudeur

    Bien vu !

    Il faut ajouter qu’en plus de ça, il faut désormais une croissance de 3 % annuelle pour ne pas que les choses se détériorent pour les citoyens, ce qui est en soi stupéfiant.

  • uhmaguma
    uhmaguma
    Cantonnier
    • Posté à 13h45 le 21/01/2010
    • Internaute 47369
      Cantonnier

    « Pour pas perdre sa vie à la gagner ! “

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h46 le 21/01/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Je plussoie, et aux 4 paragraphes.

    Quoi de plus naturel que la paresse ? C’est le moteur de tout progrès technique. Chez soi, on est tous prêts à faire un effort supplémentaire ponctuel pour se débarrasser d’une corvée quotidienne.
    Cosette ne va plus au puits car son arrière grand-père a installé une pompe électrique.

    Là où ça a commencé à merder, c’est quand l’amélioration faite par les uns ne profitaient qu’à quelques happy few : les investisseurs, les actionnaires, les ayant droit...
    Et le système s’est développé, la notion d’innovation est la jumelle de la notion de capitalisme, n’oublions pas l’Histoire du Progrès.
    Un Lien

  • Slovan
    Slovan
    Baroudeur
    • Posté à 13h47 le 21/01/2010
    • Internaute 63535
      Baroudeur

    « Si l’on y regarde de près, une bonne partie des emplois restant aujourd’hui pourraient être supprimés sans aucun dommage pour la communauté. »

    Comme les ministres du gouvernement français.

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 13h48 le 21/01/2010
    • Internaute 66286
       : -\

    > C’est en ce sens que j’avais proposé dans mon petit programme politique quelques mesures comme l’introduction d’un revenu vital décent pour tous.

    L’ideologie nauseabonde qu’est le communisme n’a jamais marché, et ne marchera jamais.
    Lecture :
    Lien

    > Mais tant que toutes les forces politiques en place continueront d’entretenir l’illusion d’un retour au plein-emploi comme objectif ultime (plutôt que celui de la quête du bien-être pour tous), la communauté humaine continuera tranquillement d’aller droit dans le mur.

    4% de chomage et c’est le plein-emploi.

    Ca arrive souvent aux etats unis et ailleurs donc ce n’est pas une illusion.

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à obey-
      yetiblog.org
      • Posté à 14h16 le 21/01/2010
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      @ obey

      « L’ideologie nauseabonde qu’est le communisme... »

      Vous êtes plutôt étriqué du bonnet, mon vieux, avec vos fantasmes usés d’un autre âge. Lisez Lien avant de le ranger stupidement dans l’idéologie communiste.

      « 4% de chomage et c’est le plein-emploi »

      Quel plein-emploi ? Dans quelles conditions ? Il y a belle lurette qu’au problème du chômage s’est greffé celui des travailleurs pauvres et précaires. Aux USA comme ailleurs dans les pays occidentaux.

      Et ça n’enlève rien à ma réflexion : aujourd’hui, en Fance comme ailleurs dans les pays occidentaux, il doit y avoir au minimum un bon quart de salariés qui travaillent pour rien, juste pour alimenter une machine imbécile, dont l’emploi pourrait être supprimé à l’instant sans que rien ne change en matière de satisfaction des besoins de la population dans son ensemble.

      –––––

      @ « vilains paresseux » ; -)

      Par contre, même sous couvert d’humour et sans penser à mal, c’est donner du grain à moudre à l’idéologie dominante que d’opposer travail et « paresse ».

      L’objectif de l’activité économique n’est pas plus de sacraliser le travail que de favoriser la paresse. Il est de permettre d’aboutir au « bien-être » pour tous. En allégeant au maximum la pénibilité des contraintes qui s’y rapportent (le travail n’est pas une « valeur », mais Lien, autrefois nécessaire, aujourd’hui beaucoup moins).

    • dodu
      dodu répond à obey-
      Slow burn
      • Posté à 14h22 le 21/01/2010
      • Internaute 67365
        Slow burn

      Il faudrait définir ce que vous appelez « plein emploi » ; en être réduit à cumuler trois ou quatre petits boulots pour pouvoir vivre, c’est vraiment une conception désastreuse du travail.

    • Azza
      Azza répond à obey-
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 14h30 le 21/01/2010
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Vous avez raison,

      et d’ailleur, il y a un moyen simple pour compenser les gains de productivite (ceux qui sont cense permettre de moins travailler) : il suffit d’avoir des gains de destructivite :

      En clair, ca s’appelle une bonne guerre !

  • Bebert Cassandre
    • Posté à 14h02 le 21/01/2010
    • Internaute 11910

    Bientôt, et ce jour n’est pas loin, nous devrons délocaliser le quatrième âge. Pour ce faire, nous installerons des maisons de retraites au Bangladesh, en Zambie, en Sierra Léone et autres pays en voie de développement et nous y placerons nos vieux. En France, le vieux deviendra surnuméraire, ainsi que le jeune d’ailleurs... Qui pourra toujours s’expatrier en Chine pour disputer un bol de riz au coolie de service... Quels sont les créneaux porteurs aujourd’hui : Aide aux personnes âgées et entretien de jardins ! Que du grandiose... La mondialisation est à ce prix, les plus cons sombrent... Et en France, pour ce qui l’en est des plus cons, nous sommes encore une fois de plus dans le peloton de tête. Notre arrogance tient lieu de bagage intellectuel. C’est peu être un peu pour ça que nous avons choisi Monsieur Sarkozy pour diriger ce pays.

    • dodu
      dodu répond à Bebert Cassandre
      Slow burn
      • Posté à 14h23 le 21/01/2010
      • Internaute 67365
        Slow burn

      « Bientôt, et ce jour n’est pas loin, nous devrons délocaliser le quatrième âge. »
      Les japonais y avaient déjà pensé .

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h53 le 21/01/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Prétendre vouloir augmenter aujourd’hui le temps de travail, au motif du rallongement de l’espérance de vie et du problème des retraites, c’est s’appuyer sur un raisonnement obsolète à bien courte vue.

    très bien dit.. les financiers arrivent à faire de l’argent, sans le gros des consommateurs..
    le consommateur ne peut consommer que si il travaille..

    la boucle vertueuse : travail-> argent -> consommation ->richesse -> investissement ->travail, argent, consommation, richesse,investissement.... etc etc ne tourne plus parfaitement..

  • Di
    Di
    • Posté à 14h57 le 21/01/2010
    • Internaute 8231

    « On peut à juste titre s’interroger sur cette drôle d’idée de prolonger le temps de travail des plus anciens, quand les entreprises n’ont de cesse de vouloir s’en débarrasser au plus tôt. »

    Pourquoi s’interroger puisque c’est la logique même - les gens ne pourront jamais garder leur boulot après un certain age, alors rajouter des trimestres à obtenir pour bénéficier de la pleine retraite sera impossible et les retraites à payer seront beaucoup plus petites, du coup. Personne n’obtiendra la « pleine retraite ».

    • Jonas2
      Jonas2 répond à Di
      Les mouches ne me trouveront (...)
      • Posté à 15h42 le 21/01/2010
      • Internaute 19359
        Les mouches ne me trouveront (...)

      « bénéficier de la pleine retraite sera impossible et les retraites à payer seront beaucoup plus petites ». Bien vu, Di.
      Je pense qu’il s’agit d’une option parfaitement cynique. En clair, plus vous passez de trimestres en activité effective ou au chômage et moins cela fait de trimestre de retraite à payer.
      Mieux, lorsque le futur retraité fait estimer sa retraite et voit les miettes qu’on va lui servir c’est lui qui demande à travailler plus. Il devient ainsi, bien malgré lui, un partisan de l’allongement du temps d’activité.
      Et tant que cette arnaque produit ses effets pas besoin de se creuser trop la tête pour le financement...
      ...assis sur les salaires bien sûr. Faut pas exagérer quand même : -))

      • Disciple ressucité
        • Posté à 15h49 le 21/01/2010
        • Internaute 71674

        Je serai plus cynique encore.
        Devant les baisses prévues, il nous sera proposé des compléments à souscrire à titre individuel. C’est à dire que la finance va récupérer une partie des revenus du travail et faire de l’argent avec.
        Dans la logique actuelle, pour avoir une retraite acceptable, il faudra travailler plus longtemps et gagner moins.

  • yalienx
    • Posté à 16h37 le 21/01/2010
    • Internaute 66859

    C’est très beau l’utopie ! Mais si on admet que certains emplois sont inutiles, et que l’on prévoit un revenu minimum pour travailler, est-ce que ceux qui devront travailler (car on ne pourra pas supprimer tous les emplois) seront d’accord ? Ou tout le monde ne souhaitera-t-il pas faire partie également des « privilégiés » sans emploi ?

    Pour que votre idée fonctionne, il faut prévoir des écarts conséquents de revenus entre ceux qui ne travaillent pas et ceux qui travaillent. Donc créer des inégalités encore plus importantes qu’aujourd’hui, ce qui en pratique reviendrait à priver ceux qui ne travaillent de l’accès à bon nombre de produits, y compris des produits nécessaires.

    Par exemple, si l’on considère qu’un revenu décent pour vivre correspondrait au SMIC et qu’on décidé de l’accorder à tous ceux qui ne travailleront plus. Comment pourra-t-on motiver ceux qui continueront à travailler si on ne leur donne pas un salaire qui soit, au minimum, 3 à 4 fois supérieur (on ne va pas s’emmerder à bosser pour toucher quelques centaines d’euros de plus !).

    Si cela est impossible, alors on créera une majorité de non-travailleur, auxquels on ne pourra pas verser ce revenu décent, faute de richesses créées.

    Si c’est possible, et comme la majorité des gens travaillera de toute façon, on va créer artificiellement de l’inflation, et donc augmenter le niveau virtuel du revenu décent. En pratique, après quelques années, le revenu égal au SMIC ne permettra plus de manger par exemple, et il faudra l’augmenter. Et bis repetita !

    • Veum
      Veum répond à yalienx
      doctorant
      • Posté à 17h18 le 21/01/2010
      • Internaute 23064
        doctorant

      1) La théorie libérale qui dit que les chomeurs sont des branleurs qui ne bosseront que si l’écart avec les revenus du travail est conséquent, n’est que la théorie libérale, et elle s’est déjà plantée sur tellement de points... De plus posez-vous la question : combien de personnes iraient bosser malgré tout ? Ne serait-ce qu’à mi-temps ?
      2) Un revenu décent pour tous, c’est d’abord la fin de la pauvreté, d’un trait de plume, et dans les faits.
      3) Le revenu minimum, c’est aussi le choix de refuser de travailler à n’importe quelles conditions. C’est parce que le chomage est indemnisé à niveau élevé pendant 4 ans que le Danemark n’a quasiment pas de temps partiel.
      4) L’inflation, ça tue les rentiers, ça redistribue la richesse. Il est où le problème ?

      • yalienx
        yalienx répond à Veum
        • Posté à 17h32 le 21/01/2010
        • Internaute 66859

        1) Il ne s’agit pas de théorie libérale, il s’agit d’humains. Moi, si on me propose (i) de rester chez moi en touchant 1 000 euros ou (ii) d’allers travailler en touchant 1 200 euros, je reste chez moi ! Par contre, si en travaillant je gagne vraiment plus, je fonce ! Et je peux vous dire que la majorité des gens est dans le même cas (cf. l’obligation de créer des primes pour l’emploi et autres pour essayer de motiver les gens à reprendre un emploi).

        2) Alors là, ça dépend de ce qu’on appelle pauvreté. Si en finir avec la pauvreté signifie juste pouvoir manger à peu près à sa faim et avoir un logement à peine habitable, alors le RSA suffit peut-être (à condition d’aller vivre dans des endroits pas trop chers, comme la Creuse, etc.). Si revenu décent signifie un revenu qui permette une vie à peu près agréable, alors il faut plus.

        3) Ne comparons pas s’il vous plaît un pays de 5 millions d’habitants avec un pays de 65 millions d’habitants. Les problèmes sont sans comparaison possible. Pour faire une comparaison (basique, mais assez réaliste) : mettez le siège de Total à La Défense (impôts locaux répartis entre Courbevoie, Puteaux, Paris...) et mettez le siège de Total à Brives (impôts locaux de la ville peut-être doublés ?) et vous voyez que l’impact sur le niveau de vie des habitants n’est pas le même.

        4) L’inflation, ça signifie que le prix des logements augmente, que le prix des denrées alimentaires augmente, bref que tout augmente. Avec un inflation faible, pas de problème. Mais si on retrouve des taux d’inflation de plus de 10%, vous voyez le malaise. Principalement pour les bas revenus (sauf indexation sur l’inflation, mais au cas particulier, ça me paraît difficile, sauf à emballer la machine).

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à yalienx
      yetiblog.org
      • Posté à 17h39 le 21/01/2010
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      « C’est très beau l’utopie ! »

      Utopie de quoi ? Cette mutation est désormais et depuis longtemps en cours dans les faits. Le taux d’activité des 55-64 ans plafonne dans l’Hexagone à 38 % (en baisse constante). Et le taux d’inactivité des jeunes adultes de moins de 30 ans (ou ballotés entre stages et emplois précaires) est au plus haut.
      Ce que je préconise, c’est une prise en compte de cette réalité vraie et une adaptation pour que personne n’en subisse, comme c’est le cas aujourd’hui, les graves conséquences.

      « Pour que votre idée fonctionne, il faut prévoir des écarts conséquents de revenus “

      C’est prévu et détaillé Lien

      NB : vos autres remarques sur les risques d’un tel changement des mentalités et des pratiques illustrent plus des fantasmes infondés que des réalités.
      Exemple : ‘créer des inégalités encore plus importantes qu’aujourd’hui’. Ah bon, plus que quoi ? que l’écart entre un salaire de smicard et celui d’un Henri Proglio ?

      • yalienx
        yalienx répond à Le Yéti
        • Posté à 17h48 le 21/01/2010
        • Internaute 66859

        « Exemple : “créer des inégalités encore plus importantes qu’aujourd’hui”. Ah bon, plus que quoi ? que l’écart entre un salaire de smicard et celui d’un Henri Proglio ? »

        Je ne parlais pas des écarts extrêmes. Je parlais d’accroître les inégalités entre les revenus les plus faibles et ceux de la classe moyenne.

         
        • Le Yéti
          Le Yéti répond à yalienx
          yetiblog.org
          • Posté à 17h52 le 21/01/2010
          • Internaute 6095
            yetiblog.org

          Relisez mon programme et vous verrez que c’est prévu là aussi.

        1 autres commentaires
      • yalienx
        yalienx répond à Le Yéti
        • Posté à 17h53 le 21/01/2010
        • Internaute 66859

        P.S. : je n’arrive pas à ouvrir votre lien

         
        • Le Yéti
          Le Yéti répond à yalienx
          yetiblog.org
          • Posté à 17h59 le 21/01/2010
          • Internaute 6095
            yetiblog.org

          Lien réparé. Désolé pour la « panne » ! .

        1 autres commentaires
  • Michel-Petit
    Michel-Petit
    Retraité
    • Posté à 17h07 le 21/01/2010
    • Internaute 62964
      Retraité

    Ok globalement sur l’analyse, c’est l’aboutissement du progrès comme l’annonçait mon instituteur il y a 50 ans, quand j’usais mes fonds de culottes sur ses bancs de bois :
    « Vous avez une chance extraordinaire disait-il, quand vous
    serez adultes, les machines feront l’essentiel du travail, vous passerez votre temps dans la culture et les loisirs ».

    Il était visionnaire, et sans doute vivait-il dans son idéal socialiste de l’époque.

    Mais effectivement Renault a remplacé petit à petit les hommes par des robots (non assujettis à la Taxe Professionnelle), et transporte depuis longtemps ses usines à l’étranger où il trouve une main d’oeuvre à bas coût, en empochant les primes à la casse sur des voitures venant d’ailleurs, en se servant des subsides de l’Etat pour investir en Turquie, et en déclarant ses profits dans des paradis fiscaux pour échapper à l’impôt Français.

    C’est bien là que le bât blesse, et le Ministre Estrosi dit « s’il vous plait monsieur Renault, pourriez-vous faire en sorte, ou au moins dire que vous allez faire en sorte, que 60% des pièces de la future Clio soient fabriquées en France, parce que 35% c’est vraiment pas grand chose ». ( pendant que notre Guide Suprême « convoque Carlos Ghosn » à l’Elysée avec toute la brutalité qu’on lui connaît) !
    Et le résultat qu’on pourra constater !

    Ce qui était inimaginable pour mon instituteur, c’est que son rêve d’une productivité grandissante, qui dans certains domaines a pris une tournure exponentielle, forcèment partagées entre tous, a toujours été insupportable à une mafia d’égoïstes en col blanc.

    Alors nous en sommes effectivement à des emplois « inutiles » et froidement supprimés parce qu’ils ne rapportent pas 15% net d’impôts par an aux actionnaires, à des jeunes des banlieues qui restent désespérément sans travail, et même sans espoir d’en décrocher un jour, à des gens qui finissent dans la rue, face à des riches, de plus en plus riches, qui ont tellement perdu le sens des réalités et simplement de la vie, qu’ils défendent comme ce matin Jean-François Copé sur France-Inter, le double salaire du Sieur Progglio à 2 millions d’euros, en croyant nous faire peur « parce qu’il pourrait pour moins que çà, quitter la France »
    Eh bien oui ! Qu’il quitte la France au plus vite, et Monsieur Copé avec, parce qu’entendre un homme politique pleurnicher sur la dure vie des profiteurs à 8 heures du matin c’est insupportable !

    Donc avant de conclure que les emplois disparaîtront inexorablement, posons-nous la question de savoir ce que va devenir notre société, éreintée par une Economie Financière galopante, détentrice du pouvoir de créer la monnaie et d’asservir les Etats sous le regard ébahi et trop souvent admiratif, des politiciens de droite et de gauche.

    Ces gens là sèment la désolation et souvent, il faut bien appeler les choses par leur nom, la mort de par le Monde.

    Alors nous faisons semblant de ne pas voir, tout au moins l’essentiel parmi nous, que le sida tue des millions de gens en Afrique, que des peuples meurent de faim, et que chaque jour des millions de Français se demandent ce qu’ils mangeront demain, parce que d’abord ils ont perdu leur emploi, et qu’ils sont allés de Charybde en Scylla en perdant le peu qu’ils avaient.

    Dire que le travail est inutile sans avoir préalablement transformé les règles de répartition de la Productivité, ne sert que les Capitalistes à l’affût de « toujours plus de profits », nous sommes bien d’accord, et déclarer parce que l’on se croit « présidentiable » que l’âge de départ en retraite ne peut que passer à 62 ans, sans remettre en question le bouclier fiscal de son soi-disant ennemi politique, c’est simplement de l’irresponsabilité.

    La question, pour achever cette diatribe, est de savoir quand les temps seront venus de constater que l’Economie Finacière ne sert à rien d’autre qu’à elle-même.
    Qu’elle est nuisible pour 99 % de la population mondiale, et que la première solution, le premier pas vers un Monde meilleur, c’est de la détruire, de l’interdire, de l’éradiquer.

    Après, on pourra réinventer le travail.

  • Brédala
    Brédala
    NB : dernières lignes dans " (...)
    • Posté à 20h42 le 21/01/2010
    • Internaute 63792
      NB : dernières lignes dans " (...)

    Khalil Gibran, poète et peintre du Moyen-Orient (1883 à Bcharré (Liban) - 1931 à New York),

    Le Prophète : extrait :

    A propos du Travail...

    Vous travaillez afin de marcher au rythme de la terre et de l’âme de la terre.
    Car être oisif est devenir étranger aux saisons, et s’écarter de la procession de la vie, qui marche avec majesté et en une fière soumission vers l’infini.
    Quand vous travaillez, vous êtes une flûte dont le cœur transforme en musique le chuchotement des heures.
    Qui parmi vous voudrait être un roseau muet et silencieux, alors que le monde entier chante à l’unisson ?
    On vous a toujours dit que le travail est une malédiction et que le labeur est une malchance.
    Mais je vous le dis, quand vous travaillez, vous accomplissez une part du rêve le plus ancien de la terre, qui vous fut assignée lorsque ce rêve naquit.
    Et en vous gardant proche du travail, vous êtes dans le véritable amour de la vie.
    Et aimer la vie par le labeur est devenir intime avec le plus profond secret de la vie.
    Mais si dans votre souffrance, vous considérez la naissance comme une affliction, et le poids de la chair comme une malédiction inscrite sur votre front, alors je réponds que rien d’autre que la sueur de votre front peut laver ce qui y est inscrit.

    On vous a dit aussi que la vie est obscurité, et dans votre lassitude vous répétez ce que disent les las.
    Et je vous dis que la vie est en effet obscure sauf là où il y a élan,
    Et tout élan est aveugle sauf là où il y a la connaissance.
    Et toute connaissance est vaine sauf là où il y a le travail,
    Et tout travail est futile sauf là où il y a l’amour ;

    Et quand vous travaillez avec amour vous attachez votre être à votre être, et vous aux autres, et vous à Dieu.
    Et que veut dire travailler avec amour ?
    C’est tisser une étoffe avec un fil tiré de votre cœur, comme si votre bien-aimé devait porter cette étoffe.
    C’est bâtir une maison avec affection, comme si votre bien-aimé devait résider dans cette maison.
    C’est semer le grain avec tendresse, et récolter la moisson dans la joie, comme si votre bien-aimé devait en manger le fruit.
    C’est insuffler dans toutes les choses que vous fabriquez l’essence de votre esprit.
    Et savoir que tous les morts vénérables se tiennent près de vous et regardent.

    Je vous ai souvent entendu dire, comme si vous parliez dans votre sommeil, « Celui qui travaille le marbre, et dévoile dans la pierre la forme de son âme, est plus noble que celui qui laboure la terre.
    Et celui qui s’empare de l’arc-en-ciel pour l’étendre sur une toile à l’image d’un homme, vaut plus que celui qui fabrique des sandales pour nos pieds. »
    Mais je dis, non en mon sommeil, mais dans le plein éveil du milieu du jour, que le vent ne parle pas avec plus de tendresse au chêne géant qu’au moindre des brins de l’herbe ;
    Et que seul est grand celui qui, par son propre amour, métamorphose la voix du vent en un chant plus doux.
    Le travail est l’amour rendu visible.
    Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il vaut mieux quitter votre travail et vous asseoir à la porte du temple et recevoir l’aumône de ceux qui travaillent dans la joie.
    Car si vous faites le pain avec indifférence, vous faites un pain amer qui n’apaise qu’à moitié la faim de l’homme.
    Et si vous pressez le raisin de mauvaise grâce, votre rancune distille un poison dans le vin.
    Et si vous chantez comme les anges, mais n’aimez pas le chant, vous voilez aux oreilles de l’homme les voix du jour et les voix de la nuit.

  • phil123
    phil123
    être humain
    • Posté à 15h29 le 22/01/2010
    • Internaute 68121
      être humain

    Il faut aussi regarder du côté du nombre de fonctionnaires,de leurs productivité et de leurs rémunérations, surtout en haut de l échelle.C est un véritable detournement de fonds publics.

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