Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Crise grecque, « collectivisme » libéral et monnaies parallèles

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 15/02/2010 à 15h45


Tétradrachme grec, env. 450 an avant JC

Qui franchement s’attendait à autre chose ? La dernière réunion des pays de l’Union européenne censés manifester leur soutien unanime à une Grèce percluse de dettes et de rhumatismes déficitaires, a accouché d’une malingre souris.

Soutien unanime et partout claironné, certes... mais sans le moindre petit début d’intention de mesurettes pour aider la moribonde à honorer ses cruelles échéances de mars et avril.

Les limites du « collectivisme » libéral

Voilà déjà plus de deux ans que cette crise systémique planétaire a éclaté (début 2008 en réalité, avec le tout premier krach boursier du 21 janvier) Et plus de deux ans que nos potentats se réunissent en conclaves cérémonieux, G7, G20, Gtruc (comme à Copenhague)... Pour quels résultats ? Des prunes !

Mais tous de persister : la solution ne peut être que collective, mondialisée. Moyennant quoi, toujours aucune alternative à la débandade. Et une très grande majorité d’Allemands préférant expulser la Grèce de la zone euro plutôt que de l’aider financièrement (sondage publié par Bild).

L’histoire montre pourtant qu’il n’y eut jamais solutions collectives aux crises qui frappèrent le monde. Tout au plus quelques équilibres précaires consacrant momentanément des rapports de force. Imaginez aujourd’hui une solution négociée dans les grands raouts internationaux est aussi illusoire et utopique que d’annoncer un prochain grand soir et la fin de l’histoire avec le triomphe du prolétariat.

Les solutions à la crise actuelle, si solution il y a, ne pourront être que locales, territorialement circonscrites. De nouvelles micro-organisations autonomes, pas forcément inconciliables entre elles, mais qui seules pourront couper les ponts avec les méfaits de la spéculation internationale, telle qu’elle sévit aujourd’hui sur la Grèce.

Appelez ça « repli sur soi » si vous voulez (on peut toujours rêver du contraire), mais les faits sont têtus.

Apparition de monnaies parallèles

Tellement têtus qu’on commence en avoir quelques exemples probants dans la réalité. L’émission Rue des entrepreneurs sur France Inter consacrait en novembre dernier un sujet, assez méconnu mais édifiant, sur la nouvelle couleur de l’argent, faisant état d’un retour au système du troc à Charlotte en Caroline du Nord, là où siègent pourtant deux fleurons des banques américaines (Bank of America et Wachovia).

« Des sociétés spécialisées servent d’intermédiaires entre, par exemple, des traders désargentés et des restaurateurs en mal de clientèle pour échanger compétences informatiques des uns et bons repas des autres. Et tout cela sans que le moindre dollar ne circule. »

D’autres expériences, sans doute contraintes et forcées par la débâcle économique en cours, voient le jour. Ainsi cette création de monnaies régionales, comme dans certains Länder allemands.

Mieux, voilà que l’Internet, grand dynamiteur de positions acquises, s’y met à son tour. Après Google, Facebook vient d’envisager très sérieusement la création de sa propre monnaie d’échange. Les deux nouveaux mastodontes du web se basent sur des systèmes de micro-paiement sur Internet associés à des micro-crédits. Sans passer, outrage suprême, par l’intermédiaire obligé des banquiers.

En attendant comme Pénélope son Ulysse le « soutien » promis de ses voisins européens, les Grecs gagneraient à revenir sans remords à leur bonne vieille « obole » (unité de monnaie - et de poids - dans la Grèce antique). Le pire est que je ne rigole pas.


Dessin de Lardon

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  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 16h09 le 15/02/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    -« les Grecs gagneraient à revenir sans remords à leur bonne vieille “ obole ” (unité de monnaie - et de poids - dans la Grèce antique). »

    - Mais qui dit, Yéti, que les spéculateurs ( institutionnels, planétaires ou locaux ) ne vont pas spéculer sur cette « obole » ?

  • Gorn
    Gorn
    Geek farceur
    • Posté à 16h13 le 15/02/2010
    • Internaute 92890
      Geek farceur

    La Grèce fait surtout les frais de sa gestion désastreuse et malhonnête depuis des années. c’est encore pire qu’en France coté déficit et dettes.

    Le smarchés ne font que « révéler » ce fait et prêter de l’argent à la Grèce sans garantie de vrai réformes budgétaires ne mèenra à rien.

    Pour le système style troc, ce n’est plus crédible depuis longtemps^^, les gens sont trop spécialisés sur des choses non échangeables.

    • pablico
      pablico répond à Gorn
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 16h19 le 15/02/2010
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      si l’on n’aide pas la Grèce...qui aura confiance en l’euro...

      2010... année « eurotique »...

      comme dirait Serge Gainsbourg et Jane Birkin

      (ironie)

      • Gorn
        Gorn répond à pablico
        Geek farceur
        • Posté à 16h36 le 15/02/2010
        • Internaute 92890
          Geek farceur

        si on aide pas la Grèce, la confiance dans l’euro diminuera et c’est tant mieux. l’euro baissera enfin ce qui sera très bon pour notre économie.

        Par contre c’est sûr que ca finira par des alertes sur d’autres pays qui ont une mauvaise gestion depuis des dizaines d’années : Portugal, Espagne, Italie puis France.

        edit : en fait on se plaint des conséquences au lieu de réflchir et d’agir sur les causes : les déficits publics.

         
        • A déménagé le 8-10 2
          • Posté à 00h07 le 16/02/2010
          • Internaute 41917
            nc

          Ah « les déficits publics ». L’âne des Animaux Malades de la Peste…, ce pelé ce galeux d’où vient tout le mal.

          Et allons-y pour casser l’hôpital public, l’éducation nationale, les tribunaux etc.

          Il y a quelques années, je suis allé en Ukraine. Les gens qui me recevaient travaillaient dans un hôpital, lui chirurgien elle médecin. Payés à coup de pied dans le c.l. Ils vivaient dans un taudis où, à mon premier passage, ils n’ont pas pu me recevoir. Maintenant, ils ont un appartement. Du genre de celui qu’occupe chez nous une technicienne de surface. J’ai une photo d’eux à la réception donné en mairie pour l’accueil de notre groupe scolaire. Ils sont à côté d’un businessman gros et gras armé d’un énorme caméscope. Dans leur yeux, de la haine.

          Les businessmen, là-bas, roulent dans des énormes 4x4 aux vitres fumées (ne pas être vu, ne pas voir) sur des routes et des rues défoncées, éclairées de temps à autre par un lampadaire squelettique. Ils s’en f… leurs engins supportent ça en doublant les Lada nazes et les side-car cahotants des laissés-pour-compte.

          Sûr que là, les « déficits publics » sont réduits…

          (Quelqu’un peut-il retrouver l’article où il est question d’une dizaine d’inspecteur généraux de l’EN dont les postes, purement honorifiques, sont des cadeaux faits « traditionnellement par tel ou tel ministres à leurs amis ? Car la paie, elle, pas honorifique, est mirifique. Je dis ça en pensant que les gisements de comblement du déficit comme ça, c’est pas ce qui manque)

        1 autres commentaires
    • Brédala
      Brédala répond à Gorn
      NB : dernières lignes dans " (...)
      • Posté à 16h50 le 15/02/2010
      • Internaute 63792
        NB : dernières lignes dans " (...)

      « ...Pour le système style troc, ce n’est plus crédible depuis longtemps^^, les gens sont trop spécialisés sur des choses non échangeables. »

      Ils s’y sont faits en Argentine :

      Lien

      • Gorn
        Gorn répond à Brédala
        Geek farceur
        • Posté à 16h58 le 15/02/2010
        • Internaute 92890
          Geek farceur

        C’est sans doute possible à petite échelle (alimentation contre un service assez proche) mais un ingénieur en modélisation des flux aura du mal à échanger avec un ouvrier en charge des roulements à bille chez renault.

        Même chose pour la pluaprt des échanges de nos jours.

         
        • Brédala
          Brédala répond à Gorn
          NB : dernières lignes dans " (...)
          • Posté à 18h09 le 15/02/2010
          • Internaute 63792
            NB : dernières lignes dans " (...)

          Allez voir un peu le dossier ci-dessous, quand vous aurez un peu de temps :

          Lien

          Internet et les réseaux de solidarité.

          Extrait : VI 6.1

          Buenos Aires, Argentine. 1998. Dans une salle retirée de la chapelle Notre-Dame des Victoires, une foire au troc permet de faciliter des échanges de biens et de services.
          Une association de gens qui, faute d’argent, s’entraident en troquant des petits boulots, des objets, des plats préparés contre quelques autres services.
          En 1996, plus de cent mille personnes étaient membres d’associations de ce genre créées dans d’autres villes argentines.
          Ce mouvement entraîne des entreprises qui adhèrent à leur tour à une association de compensation virtuelle. Walter Gazza, ancien chef d’entreprise, a installé cette organisation virtuelle de compensation, le CCA,
          Cercle de compensation des achats sur Internet. Le vendeur est crédité du montant des marchandises ou des services qu’il propose, et son compte courant est débité chaque fois qu’il fait appel à des services ou se procure des produits proposés en échange. Kosmet, une entreprise de produits d’hygiène, propose une partie de ses produits grâce à cette organisation.
          Le système de compensation de CCA facilite les activités économiques à faible valeur ajoutée, celles justement qui ont du mal à être monétarisées dans une économie traditionnelle.

          (Je continue à chercher d’autres infos...)

        1 autres commentaires
    • enfumage
      enfumage répond à Gorn
      parti de rien pour arriver (...)
      • Posté à 17h21 le 15/02/2010
      • Internaute 97031
        parti de rien pour arriver (...)

      « La Grèce fait surtout les frais de sa gestion désastreuse et malhonnête depuis des années “
      qui lui a apprise ...Goldmann Sachs et les banquiers américains qui lui ont preté a tout va ? et qui vont se payer maintenant sur la bete ! ...La Californie est encore plus ruinée que la Grèce , personne ne semble s’en étonner et haro sur les grecs qui soit dit en passant ont inventé la démocratie et les jeux olympiques ...alors un peu de respect que diantre !

      • Gorn
        Gorn répond à enfumage
        Geek farceur
        • Posté à 09h52 le 16/02/2010
        • Internaute 92890
          Geek farceur

        ce sont bien les gouvernements grecs qui ont cherchés à truquer les comptes pour rentrer dans l’euro sans le mériter.

        Goldman leur a founir un moyen mais si ça n’avait pas été le cas, les gouvernements grecs en auraient trouvés un autre.

  • zorbeck
    • Posté à 17h01 le 15/02/2010
    • Internaute 9110

    C’est quand meme un peu plus compliqué que ça, et si les Allemands sont majoritairement contre une aide européenne, c’est qu’ils ont eu Hitler après une periode d’hyper-inflation, n’en veulent plus et ont inscrit dans le marbre -avec raison- le controle du budget. Leur attitude peut se comprendre car c’est bien le gouvernement grec (via Goldman Sachs) qui a caché et perpétué son déficit en vendant le pays au rabais pour des décennies (par des produits dérivés hors bilan).

    Pour en comprendre un peu plus :
    Lien
    et surtout :
    Lien

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 17h56 le 15/02/2010
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    L’échec de l’Europe est elle à redouter ou à espérer ?
    Le traité de Lisbonne signé au forceps en France et en Irlande est un désastre :
    - sur le plan des institutions puisqu’il est incapable de déterminer qui est l’interlocuteur politique des autres grandes puissances (USA, Chine, Inde,....)
    - sur le plan monétaire puisque la BCE, institution voulue indépendante ne s’occupe que de veiller à ce que l’inflation ne rogne pas les gains d’argent de ceux qui n’en ont pas besoin.
    -sur le plan industriel, les tergiversations de l’A400M et les déboires de l’A380 sont là pour nous montrer que l’Europe du charbon et de l’acier des pères fondateurs mettent fin à un grand rêve.
    - sur le plan de l’espace Schengen . L’actualité montre tous les jours les limites de cette juridiction
    Faut il que les « nonistes » se réjouissent de ces faits ?
    Les problèmes de la Grèce avec ses difficultés financières ne sont pas à prendre à la légère car, ne pas aider les Grecques à se sortir de l’ornière, c’est prendre le risque d’un montée de nationalisme et une balkanisation de l’Europe.
    Par contre les divers avatars et péripéties énumérés plus haut, devraient faire réfléchir nos politiciens sur une autre Europe, Fédérale par exemple.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 17h56 le 15/02/2010
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Comment Sarkozy peut-il aider la Grèce alors que nous sommes à 3 ans d’être financièrement dans la même situation catastrophique, et que juste après l’italie nous serons la prochaine cible des traders !
    Nous avons bien compris que ses petit moulinets étaient destinés à impressionner ces mêmes traders (le fameux « signal fort envoyé aux marchés »). Mais comment pourraient-ils être dupes alors qu’ils nous attendent au coin du bois ?

  • LienRag
    • Posté à 18h17 le 15/02/2010
    • Internaute 34767

    C’est dommage d’aborder la question intéressante (mais aussi complexe) des monnaies locales et des fonctions sociales et économiques de la monnaie par le biais d’un article aussi simpliste...

    • Brédala
      Brédala répond à LienRag
      NB : dernières lignes dans " (...)
      • Posté à 18h46 le 15/02/2010
      • Internaute 63792
        NB : dernières lignes dans " (...)

      Si vous préférez les pavés :

      Lien

      La table des matières est page 254.

      Voir P 50, pour un exemple de système monétaire dual réussi, Curitiba au Brésil.

      • LienRag
        LienRag répond à Brédala
        • Posté à 18h50 le 15/02/2010
        • Internaute 34767

        Euh... franchement je préférerais une solution intermédiaire... en plus il m’arrive de trouver le Yéti pertinent quand il n’est pas à ce point complaisant pour son propre génie.

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 19h29 le 15/02/2010
    • Internaute 47359
      Retraité

    Un euro à 1,36 c’est bien mais les allemands préferrent l’euro à 1,5 Pour nous pour les exportations il vaut mieux 1,36

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 20h13 le 15/02/2010
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    je ne crois pas trop que les monnaies d’echanges de facebook ou de google soient l’avenir
    là j’ai comme un doute
    par contre nous avons tout a reconstruire en dehors du système : et ça, ça fait un sacré boulot
    il faut tout d’abord nous désintoxiquer de la consommation de masse et de la publicité
    tout est possible

  • cabral amilcar
    cabral amilcar
    peureux célèbre
    • Posté à 20h44 le 15/02/2010
    • Internaute 29973
      peureux célèbre

    la crise, coluche s’en moquait déjà, c’est la crise, je lis beaucoup, des auteurs de toutes les époques, et je trouve la crise partout et de tous temps, c’était la crise en 1890, en 1900, en 1910, en 1930, en 1940, en 1950, 1970, 1980, 1990, la crise des années 2000 et enfin la crise de 2010, c’est toujours la crise et le commentateur et rédacteurs répète ce concept sans savoir ce qu’il y a dessous, la crise explique tout et sortir de la crise justifie tout.

    Mais c’est la crise pour qui ? ben tiens, devine, c’est la crise permanente pour les pauvres, et jamais aucune crise pour les riches, les riches depuis 1890 sont également riches et confortables, il n’y a jamais de pénurie pour les riches, la crise, eux ils ne la sentent jamais, et nous les pauvres nous la sentons depuis notre naissance et la littérature nous enseigne que nos ancêtres la sentaient avant nous, alors de quelle crise parlons-nous ?

    j’ai vaguement entendu avant de tout couper et de retourner lire dans mon lit que la crise allait « imposer » de baisser les salaires des pauvres grecs de 10% pour faire face à la crise, certains riches théoriciens imprudents appelaient ça auparavant la rigueur, c’est ce qui fait mal au cul des pauvres, la crise c’est la raison pour laquelle vous êtes pauvres et la raison pour laquelle vous allez le rester, et les riches vont rester riches et s’enrichir sur la crise, avec une constance déconcertante pour un phénomène présenté comme accidentel, il n’y a aucune crise, les riches vous font croire ça pour vous tondre, les riches grecs se portent à merveille merci pour eux et vont se servir du merveilleux concept de crise pour ponctionner les grecs pauvres afin qu’ils financent leurs frasques passées et à venir, la crise c’est un système génial pour soutirer 1€ à des millions de pauvres au profit des rares riches, la multiplication des petites sommes, 1€ multiplié par un million de cons ça fait un million d’€ de quoi voir venir pour le weekend., c’est ça la crise c’est tout.

    Les riches grecs n’ont plus de foie gras, plus de champagne ? pénurie de caviar en grèce ? que nenni, tout va bien, mais comment convaincre ces cons de grecs de continuer à financer leurs petite tartines ? on explique c’est la crise, une crise incompréhensible, quasi mathématique, et il faut que vous payez, c’est inévitable, c’est comme ça, vous n’allez pas vous révolter contre la crise ? et ça sera encore la crise demain, vous continuerez de payer les agapes, vous vous cotiserez pour que leur banquet perdure, la crise c’est les riches qui vous envoient leur notes de frais, ils ont faim, ils ont envie de putes et de cocaïne, il faut payer, allez à votre bon coeur pour la crise.

    Merde, je croirai à la crise quand les riches la subiront, quand les riches manqueront de quelque chose prévenez-moi, quand les riches commenceront à se jeter par les fenêtres, quand les riches seront dans la rue, on en reparle, en attendant la crise pour les pauvres n’a rien de nouveau et il faudrait voir à arrêter de nous les brouter avec ça.

    une petite solution grecque pour la crise, ils n’ont qu’à pendre les 1000 plus riches du pays et la crise est finie, en 3 minutes, pas besoin d’europe ou de fmi, 1000 cordes, et même les pauvres grossiront un peu. Donc il n’y a aucune crise, il y a une invraisemblable douceur nonchalante et résignée des pauvres, une gentillesse qui frise la connerie, le pauvre est doux et généreux, c’est ça le problème, en d’autres termes le seul problème c’est que le pauvre est con et qu’il gobe n’importe quoi.

  • sitoihien
    • Posté à 22h58 le 15/02/2010
    • Internaute 21237

    En France il y a des monnaies locales dans les SEL (Système d Échange Local). Chaque SEL a sa monnaie. Il existent depuis 1994.

    Lien

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 11h30 le 16/02/2010
    • Internaute 47359
      Retraité

    Dernière nouvelle Goldman Sachs a aidé la Grèce à truander ses résultats au début des années 2000 et spécule maintenant contre cette même Grèce.

    • Itaki
      Itaki répond à tlaloc
      OnTheAirTonignt
      • Posté à 11h42 le 18/02/2010
      • Internaute 63001
        OnTheAirTonignt

      Jolie rapidité d’information. Le rôle de GS dans les crises est de plus en plus troublant...

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 00h36 le 18/02/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Bien vu.
    Et les perspectives du « repli sur soi », incluant un protectionnisme, si elles sont logiques du point de vue économique - il y a globalement peu de production et beaucoup moins d’échanges que jadis de toutes façons - sont inquiétantes du point de vue politique.
    Quel parti voulait revenir au franc et au protectionnisme ?
    L’extrème-droite, à partir d’un morceau de vérité - le ciel est bleu - peut s’engouffrer dans cette brèche.
    On peut le craindre surtout après un passage au pouvoir de la « gauche molle » (PS) qui ne saura pas prendre des mesures radicales, et qui laisera aller le chien crevé au fil de l’eau. Si cette gauche apparait comme impuissante - et ne nous voilons pas la face : c’est bien ce qu’elle est - c’est un boulevard qui va s’offrir aux fachos.

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 14h01 le 18/02/2010
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Oui !
    J’arrive malheureusement tard sur ce fil, mais il s’agit d’un de mes dadas, et je présume que le concept des SEL, pertinent par rapport à l’article, est de nature à intéresser le Yéti, qui fait souvent référence aux AMAP.

    On évite généralement de parler de monnaie parallèle en parlant des SEL, pour s’éviter des soucis parce que la monnaie est monopole d’état. C’est pourtant l’enthousiasmante réalité.

    Une autre limite légale est la concurrence avec des prestataires de services, ou les artisans. Se posent des problèmes quant à la nature légale du travail non déclaré.

    Le principe d’un SEL est un échange d’heures de service qui n’est pas nécessairement un troc direct. Ainsi les heures consacrées sont représentées par une unité. Qu’il s’agisse de « grains de SEL », ou de cacahuètes, elle représentent toujours la même chose : Une unité horaire consacrée au service de quelqu’un, échangeable, ce qui est une conception égalitariste du travail.

    Au sein d’un SEL, par exemple, Madame Machin est susceptible d’offrir des heures de jardinage ; elle peut avoir besoin, toujours pour l’exemple, de menus travaux. Monsieur Bidule est un bricoleur enthousiaste, mais il n’a pas de jardin, en revanche, il voudrait améliorer son anglais. Un SEL vise à regrouper suffisamment de personnes avec des offres et demandes diverses pour y faire circuler ses heures échangées.

    Madame Machin fournit 1 heure de jardinage à Monsieur Untel, ce qui lui donne droit de solliciter Monsieur Bidule pour 1H de bricolage. Monsieur Untel ayant bénéficié d’1H de jardinage s’en acquitte en faisant 1H de conduite de fauteuil roulant pour Madame Truc, qui parle très bien anglais et « paye » ses heures d’accompagnement en donnant des cours à Monsieur Bidule, etc...

    Outre le fait d’être un laboratoire de l’égalité de valeur du temps de travail, les SEL sont également de puissants vecteurs de lien social.

    On dit « les SEL » parce que, malgrès un potentiel évident, il ne s’agit pas encore d’un véritable réseau national d’échange, bien que les pratiquants se rencontrent à l’international et que l’heure soit une unité universelle.

    Certains groupes sont des association de fait (non déclarées), d’autres sont statuées sous la loi 1901 et regroupent plusieurs activités, ce qui, paradoxalement, peut nuire au concept.

    Ainsi, outre les limites légales, la nature et le fonctionnement des groupes, le principe du SEL trouve deux limites à son fonctionnement :

    - Lorsque les membres donnent une valeur différente à leur temps de travail. Ex : J’estime que bêcher est plus fatiguant que coiffer, donc je « facture » une heure de bêchage égale à une heure et demi. On retourne dès lors à un système spéculatif, c’est malheureusement le cas des SEL les plus importants.

    - Lorsqu’une conversion est recherchée avec des biens matériels. Par exemple, je fournis une heure de conduite automobile, et je facture le carburant comme un supplément horaire. Autre exemple : Tel groupe anime une banque de troc en même temps qu’un SEL, et les membres sont susceptibles de pouvoir acheter des objets avec les unités horaires comptabilisées, on retourne ici encore à un système spéculatif. C’est malheureusement le cas des SEL les mieux animés.

    De fait, l’expérience des Systèmes d’Echanges Locaux aborde une économie non spéculative, où une heure de vie humaine consacrée au service d’autrui est égale à une heure de vie humaine consacrée au service d’autrui.

    Elle est incomplète sans être étendue à une économie non spéculative des biens, dont le prix ne serait ni le rapport entre l’offre et la demande, ni une somme de valeurs spéculées et ajoutées, mais un prix réel.

    Or, avec le parachèvement de la mondialisation, c’est à dire l’évidence d’un monde habitable non extensible, il est peut-être temps de pouvoir conceptualiser le coût réel d’un bien, auquel s’associe sa déchetisation :

    Temps de travail consacré
    + Quantité d’énergie consacrée.
    + Retard du cycle hydrologique.
    + Retard du cycle carbone.
    + Disponibilité mobilière et immobilière engagée.

    (Edit : « Oui », parce qu’il s’agissait de poster sous Sitoihien, qui évoque les SEL, errare humanum est)

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