Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Quand les instituts de sondage imposent leurs candidats

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 05/06/2010 à 14h01


Le cas Dominique Strauss-Kahn montre le forcing ahurissant des médias et des instituts de sondage pour imposer des candidats « convenables », de gauche comme de droite, à chaque élection importante. Mais les organismes sondagiers tentent aussi de marginaliser les candidats qui pourraient faire de l’ombre à leurs poulains.

Deux cas à travers deux figures emblématiques : Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon. Vous pouvez aisément vérifier les données sur lesquelles s’appuie cette chronique sur l’excellent site récapitulatif Sondages en France.

Eva Joly, qui est-ce ? On lui préfère Cécile Duflot

Nul ne contestera qu’Eva Joly a été pressentie comme candidate à la prochaine présidentielle de 2012 par toute une frange d’Europe Ecologie. Eva Joly elle-même a d’ailleurs confirmé son intention d’être candidate à cette candidature.

Or, à une exception près, les organismes de sondage retiennent systématiquement le nom de Cécile Duflot, responsable du parti des Verts.

Résultat des sondages :

  • Eva Joly (dans la seule étude -BVA du 27 avril- où elle apparaît) : 12% des intentions de vote au premier tour ;
  • Cécile Duflot : entre 5 et 6% selon les organismes dans leurs dernière études.

Exit donc pour l’heure, chez nos « faiseurs d’opinion », la personnalité d’Eva Joly. Et les médias auront beau jeu de titrer sur le flop déjà prévu (par eux) de l’effet Europe Ecologie, redescendu sous la ligne de flottaison des 10%.

Jean-Luc Mélenchon, le CSA ne connaît pas

Nul ne peut nier non plus la montée en puissance politique du citoyen Jean-Luc Mélenchon. Nul ne peut contester ses intentions proclamées de représenter le Parti de gauche en 2012 -à défaut d’un Front de gauche déjà menacé par les ambitions d’un PCF pourtant moribond (Marie-Georges Buffet entre 2 et 3% dans toutes les dernières études).

Nul... sauf le CSA !

A l’heure qu’il est, Jean-Luc Mélenchon figure bien sur les listes Ifop (6%) et BVA (6%). Mais absent des hypothèses du CSA (dont de méchantes langues disent que sa direction a des accointances avec le Parti socialiste).

Il faut sauver le paysage politique institutionnel

Dans les deux cas, même technique : choix des candidats d’« opposition » à leurs favoris le moins bien placé dans les études (Duflot et Buffet en l’occurrence). Comme par hasard, membres les plus représentatifs des partis les plus traditionnels dans le paysage politique le plus institutionnel.

Précisons pour conclure que ces deux exemples ne sont pas uniques. A droite pas mieux, Dominique Villepin (7%) et Nicolas Dupont-Aignan (2%) ne retiennent l’attention que de la seule Ifop.

Aller plus loin
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  • h2b1
    h2b1
    Retraité & Bénévole
    • Posté à 15h30 le 05/06/2010
    • Internaute 14058
      Retraité & Bénévole

    Bonjour, j’ai été questionné (15 minutes ! !) par l’IFOP, et le nom de Melenchon n’a pas été proposé, de même que le parti de Gauche (de quel parti vous sentez vous le plus proche ?)
    Comme j’insistais, l’enquêtrice allait voir son chef, et revenait en posant la question suivante. Sans vouloir me dire ce qu’il advienait de ma réponse.
    J’ai donc décidé de ne plus répondre à aucun institut de sondage.

  • viet anh
    viet anh
    apprentie
    • Posté à 18h18 le 05/06/2010
    • Internaute 115106
      apprentie

    J’avoue ne pas avoir compris à l’article.

  • A déménagé le 04-03-2012
    • Posté à 18h52 le 05/06/2010
    • Internaute 89071
      non connue

    Cet article semble -non, il le dit clairement- dire que les instituts de sondage imposent les candidats, ce qui signifie en gros que il n’y a pas vraiment de sondage, plutôt une décision arbitraire appuyée avec un sondage bidon.

    Je vous rappelle qu’un sondage n’a pas vocation a être juste à 100%, il a juste vocation d’essayer de coller au plus près à une population définie, dans ce cas précis l’opinion de la population des électeurs de France, pas des militants des partis politiques français.

  • Neisha
    • Posté à 18h17 le 06/06/2010
    • Internaute 24052

    Perso j’ai travaillé comme enquêteur et chef d’équipe dans un institut de sondage... Malgré une rigueur de méthode (neutralité, objectivité...) chaque question est une orientation qui dirige le « répondant ». Les enquêteurs trichent afin d’accélérer le questionnaire et les chefs-d’équipe ferment les yeux afin d’assurer une bonne performance de l’équipe. Les sondages se veulent représentatifs mais ils n’ont aucune validité concrète, et surtout se sont eux qui exercent une action coercitive sur l’opinion publique. Ces instituts sont souvent envahis par les équipes de communication qui élaborent des « stratégies de visibilité ». J’ai ainsi vu des clients (par exemple de grosse boîte de téléphonie ou des cadres de partis politique) arriver avec leur sondage clef en main.
    Je ne parle même pas des conditions de travail, des rapports hiérarchiques ou de la rentabilité nécessaire qui est imposée par la cadence... Bref les sondages c’est réducteur, peu crédible, et hélas dangereux pour l’opinion.

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