Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Plantu, Attali, affaire Ben Ali : le microcosme pète les plombs

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 22/01/2011 à 09h00

Houlala, voilà notre microcosme transi au bord de la crise de nerfs !
Décidément la Grande Crise ne profite guère aux huileux du cénacle. Ceux-là pètent carrément les plombs en ce moment.

A l’exemple d’un Plantu amalgamant Mélenchon et la fille Le Pen, d’un Attali offusqué du dézinguage de Sarkozy par Emmanuel Todd sur France 3, ou par les retournements de vestes pitoyables du sérail dans l’affaire Ben Ali.

« C’est çui qui l’dit qui l’est ! »

Jean Plantu, c’est ce dessinateur de presse qui inonde depuis des lustres le quotidien le Monde et autres médias microcosmiques de ses dessins à l’impertinence bien tempérée, à l’inconvenance convenable et bien propre sur elle.

Avec les colombes dont il parsème volontiers ses dessins, vous savez à qui il me fait penser, Plantu ? A Elie Wiesel, ce prix Nobel de la paix... mais pas pour tout le monde ! Pas à Gaza, pas dans les territoires occupés palestiniens...

Parce que notre Plantu, il est un peu comme ces amuseurs patentés de cour, dont tous les courtisans louent la gentillesse et la mesure. Mais qui tombent le masque et se font roquets atrabilaires dès que leur petit cercle douillet est menacé. Gardez-moi à droite, gardez-moi à gauche !

À preuve ce dessin injecté de sang paru dans l’Express, assimilant Mélenchon à Marine Le Pen avec la finesse d’un potache en cour de récré : « Pourris ! » « C’est çui qui l’dit qui l’est ! » (Voir le dessin)


« Vous dépassez les limites »

« Vous dépassez les limites, vous parlez du président de la République ! »

Telle fut l’injonction qu’un Jacques Attali lança à Emmanuel Todd en septembre 2010 dans l’émission « Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéi (France 3). Il faut dire que Todd, aidé par l’humoriste Didier Porte, y dézinguait proprement l’actuel résident de l’Elysée, qualifié de « machin » immature, tout juste prêt à justifier une destitution constitutionnelle. (Voir la vidéo)

Le problème, c’est que les limites invoquées par Attali, l’animateur offusqué et les autres invités poudrés du plateau, c’est le microcosme lui-même qui les décide. Elle servent de garde-fou à son petit cocon, ses petits intérêts bien compris, sa tranquillité assurée contre les convulsions de la plèbe.

Et le plus rigolo dans l’affaire, c’est que contrairement aux apparences, ces limites, ce ne sont pas Todd et les autres perturbateurs extérieurs qui les font tomber. Mais d’abord les protégés eux-mêmes. Par leur attitude grotesque et veule sous la pression d’évènements calamiteux qu’ils ont eux-mêmes déclenchés ou soutenus.

Affaire Ben Ali : retournements de vestes à la pelle

En témoigne cette tragi-comique affaire Ben Ali. Oh mazette, ces retournements de vestes précipités dans notre microcosme en émoi !

Haro sur celui qui, il y a encore peu, n’était « pas tout à fait un dictateur » (Frédéric Mitterrand), qu’on proposait de protéger de nos forces sécuritaires expérimentées (Michèle Alliot-Marie scandalisée, forcément scandalisée), et qui les accueillait avec force attentions et même médailles (DSK) dans de somptueuses résidences d’Hammamet.

Les voilà, « machin » de la République en tête, qui agonisent leur ami déchu avec la férocité hargneuse d’un Plantu vis-à-vis de Mélenchon. Les voilà qui le déclarent, lui et sa bande de Trabelsi, personna non grata. Les voilà qui lui gèlent méchamment son pognon... sous l’œil rigolard du monde entier ahuri d’autant de ridicule consommé.

Vous savez qui ils me rappellent ? Ces ex-adulateurs pétainistes qui tondirent leurs femmes à la Libération au nom d’une Résistance qu’ils n’avaient pas franchement connue. Et pour cause !

Ah oui, vraiment, sale temps pour nos dindons de basse-cour affolés par l’orage. Boum !

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  • gensho
    gensho
    étudiant
    • Posté à 10h18 le 22/01/2011
    • Internaute 96057
      étudiant

    On peut reprocher à Plantu la face méchante et le brassard de Mélenchon, mais sur le fond il a parfaitement raison. D’ailleurs, il n’y a pas que le microcosme qui considère Mélenchon comme populiste, il le fait lui-même. Et Hugues Serraf qui officie parfois en ses lieux a écrit un article sur les proximités programmatiques entre le FN et le PG.

    A l’exception de taille et fondamentale de la question de l’immigration, bien évidemment. Cela doit-il suffire à empêcher de rapprocher Mélenchon de Le Pen ? Je n’en suis pas sûr. Il existe plus de proximités mais les oppositions sont brutales.

  • boboland
    boboland
    ex-o'placard
    • Posté à 10h21 le 22/01/2011
    • Internaute 104841
      ex-o'placard

    il faut aussi dire que nos dindons politiques et médiatiques avaient sacrément pris la grosse téte et la grosse voix ces derniéres années ; distribuant les bons points dans le monde entier.
    Nous étions les donneurs de leçons, n’était-ce pas une mauvaise habitude ? On était mal élevés et capricieux car la France aurait elle accepté de se faire allumer sur nos propres casseroles ? on n’en a pas ?

    Ils s’apercoivent maintenant qu’ils n’ont pas plus d’autorité que les profs en ont sur les éléves, et que même ils risquent de se faire casser la gueule à la récré.
    Ce n’est pas parce qu’on avait pris l’habitude de la ramener à droite et à gauche avec un sentiment d’impunité qu’il faut se sentir castré parcequ’on se fait remonter les bretelles.
    Dans le monde mondialisé actuel il vaut mieux etre costaud pour jouer les grandes gueules.Le petit teigneux ça ne marche plus.
    Le gros caca nerveux les autres pays s’en foutent. Les caprices de vieille gloire ne marchent plus.

  • Molly Hatchet
    Molly Hatchet
    d'an emgann ! d'an emgann !
    • Posté à 10h31 le 22/01/2011
    • Internaute 125979
      d'an emgann ! d'an emgann !

    Ah mon ami Atalli, cet humaniste socialiste (non je rigole) qui, dit il, avait senti venir les évènements mais c’est facile à dire après coup.
    Il en profite pour vanter les effets démocratisant du libéralisme économique ! ! !
    Je vous laisse je dois vomir ...

    « Rien n’était plus attendu que la révolution de jasmin. Rien n’était moins prévisible que la date de son déclenchement.

    Tout le monde sait, en effet, au moins depuis 20 ans, que la démocratie est en marche dans le monde entier. Non par le jeu du politique, mais par l’économie de marché. Au moins en théorie : on sait en effet, au moins depuis l’analyse de l’histoire anglaise par Karl Marx, que le marché crée les conditions de la naissance de la démocratie. Parce qu’il crée une bourgeoisie, qui a besoin de sécurité juridique et de liberté d’innovations. Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, la théorie de l’auteur du Capital s’est révélée vraie. D’abord en Europe de l’Ouest, puis de l’Est, puis en Russie, en Amérique du Sud, dans une partie de l’Afrique et de l’Asie. »

    Lien

  • Cédric Courage
    Cédric Courage
    Éditeur
    • Posté à 11h31 le 22/01/2011
    • Internaute 129209
      Éditeur

    C’est d’un nul...

    Quelles sont les règles qui permettent à ce quelconque type d’être blogueur sur Rue 89 avec son bouillon accessible en première page ?

    C’est mal écrit et aussi nébuleux qu’inintéressant / j’écris ce commentaire parce que je suis triste d’avoir perdu du temps à essayer de comprendre s’il y avait quelque chose, là, dans cet essai d’expression désolant.

  • Air One
    Air One
    Corsaire de l » espace
    • Posté à 12h18 le 22/01/2011
    • Internaute 84964
      Corsaire de l » espace

    Lire le Yéti relève du geste d’ hygiène de base, il agit tel le collyre pour les yeux, il nettoie, décrasse, et on se sent plus beau, plus affuté, plus intelligent ! Merci Yéti !

    Je plussoie cet article, qui résume bien les choses. Quant à aux idiots utiles du bipartisme qui reprennent l’ inepte comparaison entre Le Pen et Mélenchon, ils ne se rendent même pas compte que ce sont eux qui affaiblissent la démocratie en réduisant les choix des citoyens de par la stigmatisation grossière qu’ ils opèrent envers les petits partis comme le PG.

    On ne s’ attache plus au fond mais à la forme, au titre plus qu’ au contenu, aux raccourcis plus qu’ aux références. « Qu’ ils s’ en aillent tous » lui a été inspiré par Chavez et son « que se vayan todos ». On peut aimer Chavez, ou pas, mais quel rapport entre Chavez et Le Pen ?

    Quant au « populisme », qui a basé sa campagne de 2007, et toute sa politique sur ce concept en abreuvant les français de « travaillez plus vous gagnerez plus », en piétinant la langue française pour faire peuple, en jouant sur l’ identité nationale et la sécurité, en lançant des « casse toi pov » con » et autres « descends un peu si t’ es un homme » ?

    Les Attali, Plantu et consorts aiment le changement, mais pas trop, le socialisme, mais pas trop, le partage, mais pas trop...
    Ils font dans leur froc, parce que la colère gronde, et c’ est très bien. Plus ils en feront, plus ça se verra.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 14h45 le 22/01/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Le microcosme pète les plombs parce que la boussole est sans direction. En arrivant aux affaires, notre « bon Président » s’est ingénié à brouiller les pistes tant en politique intérieure, qu’en matière de diplomatie internationale.
    Dans ce cirque tragi/comique, seuls les tribuns populistes s’en sortent le mieux, ils font ce qu’ils ont toujours su faire, vendre de la salade frelatée en la faisant passer pour de la laitue du jour.
    Les meilleurs analystes du microcosme politique sont comme des poulets à qui on a coupé la tête, ils courent en rond et la vérité d« un jour n’est celle du lendemain. C’est un régal de voir nos (très) chères élites ramer pour justifier leurs propos de la veille en contradiction totale avec celle du jour.
    Comme disait Edgar Faure “Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent” pour justifier ses nombreux retournements de vestes politiques.
    Il faut déguster sans modération l’instant présent car notre phare de l’Occident, le locataire de l’Élysée, ayant perdu son GPS, les plus fins analystes de la cours sont perdus pour décrypter la position de la France dans les soubresauts de l’Histoire en marche. La rigolade n’est pas terminée.

  • Clara.C
    Clara.C
    étudiante
    • Posté à 16h01 le 22/01/2011
    • Internaute 92582
      étudiante

    Le point Goldwin étant atteint avant même la fin de l’article, je ne vois même pas l’intérêt d’avoir ouvert le fil de commentaires.
    Mais puisqu’il l’est, et puisque les limites sont d’ores et déjà dépassées, allons-y gaiement ! Vous dénoncez nommément un certain nombre de personnages. On peut ne pas être d’accord avec leurs idées, leurs expressions, leurs réactions ... Cela justifie-t-il une réaction violente, insultante, dénuée de toute forme d’argumentation ? Oui, la réaction d’Attali est discutable, mais il s’agit, me semble-t-il d’un débat, et les points de vue de chacun sont largement argumentés, inutile me semble-t-il de se poser en grand censeur pour décider qui est un pleutre et qui a raison !
    Quant à Plantu, on peut réfuter totalement l’association qu’il fait (quoi que personnellement je ne le ferais pas). Mais ce n’est pas parce qu’il n’a pas votre point de vue qu’il faut l’assimiler à un « roquet », et soulever gratuitement et sans rapport la polémique israélo-palestinienne pour le simple plaisir d’ajouter du pathos à votre texte (comme s’il en manquait)
    Au final, il est un peu facile de vouer aux gémonies en les nommant des personnages, par des accusations vagues mais non moins violentes touchant à leur personne plutôt que répondant à leurs propos. Si vous avez des arguments conte Plantu, Attali et autres, c’est votre droit le plus élémentaire. Mais de grâce, ne vous érigez pas en censeur, décidant qui a le droit de s’exprimer et qui ne l’a pas. Parce que dans le genre « rappelons-nous les sombres heures de notre histoire puisque c’est la mode », je ne suis pas certaine que votre propre version du « tous pourris » vous place du côté de la démocratie.

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