Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

BNP, Crédit agricole et Société générale sont sur un bateau...

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 19/09/2011 à 17h07

Les rumeurs ont bon dos ! C’est à chaque fois les rumeurs – malveillantes cela va de soi – qui sont incriminées lorsque les vilains marchés s’en prennent à nos fleurons bancaires. Et en ce moment c’est peu de dire qu’ils ne s’en privent pas, les vaches !

Pas qu’en ce moment, d’ailleurs. Prenez l’évolution des cours boursiers de nos trois principales institutions, par exemple. Paraît que ce sont les bourses qui reflètent et anticipent le mieux la vraie réalité. Eh bien, qu’on les prennent sur un mois, trois mois, six mois, un an, trois ans ou cinq ans, tout est au rouge cramoisi. (Voir le tableau)

1 mois 3 mois 6 mois 1 an 3 ans 5 ans
BNP -23,15% -45,99% -45,52% -47,71% -48,37% -65,15%
Crédit Agricole -26,81% -51,32% -56,41% -56,29% -58,34% -85,26%
Société Générale -23,05% -51,50% -58,28% -56,91% -63,21% -83,10%
Evolution cours boursiers banques (au 16/08/2011)

Pas de toubib miracle au services des urgences

Qu’est-ce qui les chatouille comme ça, nos fleurons ébranlés, qui ont réussi à perdre entre 65,15% et 85,26% de leurs valeurs boursières en cinq ans ?

D’abord leur appétit du lucre, comme l’a très bien fait remarquer un banquier soi-même. S’engager à environ 4,3 fois le PIB de leur pays, faut pas s’étonner que ça secoue sérieux au premier éternuement. A côté de ça, les profits toujours « records » dont ils nous éclaboussent tiennent du pipi de chat tout juste destiné à arroser la petite bande de margoulins à leurs commandes.

Aujourd’hui, ce n’est plus un éternuement, mais une véritable quinte de toux émétique qui secoue ce beau monde. Le vilain virus d’une dette publique carabinée. Grecque entre autres, mais pas que. La dette grecque, c’est juste l’arbrisseau qui cache une forêt d’emmerdes à venir.

Y a-t-il un médecin dans la salle ? Que nenni. Réunis ce weekend en Pologne pour ausculter le mal, nos Diafoirus ont juste fini par s’engueuler comme des furieux. L’américain Geithner donnant la leçon aux Européens, pour se voir moucher en retour, la petite troupe se quittant prématurément sans prendre la moindre décision, tel premier ministre grec ne sachant plus où donner de la panique.

Diagnostic vital engagé

Et les banques dans cette méchante galère ? Eh bien, partagées entre les épées de Damoclès de plus en plus nombreuses qui leur pendent au-dessus du nez et la logique folle de profits qui préside à leur existence, elles sont prises dans une spirale infernale qui les conduit à prendre des risques invraisemblables et de moins en moins mesurés.

L’alerte de 2008 n’aura servi à rien. La fuite en avant est repartie de plus belle. Tout juste sacrifie-t-on quelques boucs émissaires au passage : Kerviel, Madoff, et ce Kweku Adoboli, trader présumé coupable de la banque suisse UBS. Ni escrocs, ni électrons libres indélicats, comme nous le démontre Paul Jorion à propos de l’affaire UBS. Mais représentants zélés d’un système devenu hors contrôle.

En réalité, le mal des banques ne date pas d’hier. Selon Paul Jorion, il est même inhérent à leur fonction depuis... 1885, quand fut relégalisée une spéculation interdite chez nous quelque trois siècles auparavant, sous un certain François 1er. Dérégulation sauvage qui a conduit, rappelons-le, à deux guerres mondiales et nous prépare aujourd’hui à un choc systémique aux conséquences inimaginables.

L’une d’elles tombe à l’eau, qu’est-ce qu’il reste ?

Restons sur notre terrain hexagonal et constatons les dégâts : la BNP, le Crédit agricole et la Société générale sont sur un bateau, l’une d’elle tombe à l’eau (vous allez voir que que ça va aller vite). Que se passe-t-il ? Rien, les deux autres, toutes les autres, vont suivre, voilà tout !

En attendant que font-elles ? Eh bien, certaines de ces indécrottables parient carrément sur le naufrage des autres ! Goldman Sachs, par exemple. Indécrottables, on vous dit ! Comme ces agences de notation qui dégomment maintenant ceux par qui elles sont nées. La régulation par les marchés est une régulation par le vide, liquidatrice, névrotique.

Mais pas grave, n’est-ce pas ? Le monde va son train-train peinard vers des lieux de « Grande perdition ». La veille de se précipiter aux guichets pour sauver ce qui peut l’être de leurs économies, les masses molles se demandent juste qui a gagné le jackpot du dernier Loto.

Et dans le zinc en chute libre, il se trouve toujours un ministre de service pour clamer sa « confiance » envers tout et n’importe quoi.

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  • I.P
    I.P
    Flat4
    • Posté à 17h21 le 19/09/2011
    • Internaute 25391
      Flat4

    Attention Yeti, maintenant les banques font des procès à ceux qui osent dire qu’il y a un problème !

    Lien

    Lien

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 17h43 le 19/09/2011
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)
  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 17h46 le 19/09/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Difficile de dire si ça va tomber, surtout pour la BNP qui est la deuxième plus grosse banque du monde qui n’a pas cessé d’augmenter ses actifs, qui s’élèvent à plus de 2200 milliards d’€ (soit à 600 milliards près le budget annuel de la France), tandis qu’elle ne dispose que de 60 milliards d’€ de fonds propres.
    Sa position comme l’expliquait Martine Orange chez Médiapart n’est pas enviable en cas de pépin.
    D’autant que les nouvelles contraintes comptables « Bâle III » imposent de renforcer les liquidités disponibles, pour faire face en cas de panique, aussi bien à court terme (1 mois), qu’à moyen terme (1 an).
    Pour la BNP cela signifie lever aux alentours de 200 milliards d’Euros (la dette espagnole est de 250, celle de la Grèce de 350).
    Il y a de bonnes chances que la BNP traîne des pieds pour se mettre en conformité (c’est aussi l’enjeu de des alarmes du FMI en ce moment, non ?).
    Et si la BNP traîne des pieds c’est pour une raison simple : elle sait pouvoir disposer de l’épargne de ses clients : 500 milliards d’euros !
    Une béquille qui tient tant qu’on n’exige pas des banques de séparer leurs activités de finance et de dépôt !
    Pour la BNP il n’y a donc de risque que politique. En France il commence à partir d’Arnaud Montebourg.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 17h54 le 19/09/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « La veille de se précipiter aux guichets pour sauver ce qui peut l’être de leurs économies, les masses molles se demandent juste qui a gagné le jackpot du
    dernier Loto »

    Courir chercher ses liasses pour les cacher sous le matelas, n’a aucun sens.

    Dès que l’occasion se présentera, ils démonétiseront les pièces et billets, et
    chacun se retrouvera avec de quoi faire une litière pour le hamster ou le chat.

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à Yvon le Zébulon
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 18h07 le 19/09/2011
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Il y a tout de même un danger avec le « bank run » puisque les banques ne disposent justement pas d’assez de liquidités.
      Si tout le monde retire son blé de sa banque, à commencer par ses petites économies, elles ont du mouron à se faire.
      Le rôle de Cantona dans la blague a pu créer un autre genre de liquidité chez les banquiers !
      A l’opposé s’il y a un Cantona dans votre banque, le plus sûr serait de retirer vos économies avant lui :

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à C. Creseveur
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 18h46 le 19/09/2011
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « Si tout le monde retire son blé de sa banque, à commencer
        par ses petites économies, elles ont du mouron à se faire. »

        C’est pas nouveau dut tout... mais alors pas du tout !

        Il y a très longtemps que les banques ne répondent plus en terme
        d’équivalence monnaie par rapport aux dépots de leurs clients.

        C’est bien pour cela que certains livrets ne deviennent productifs
        (un bien grand mot) qu’après une certaine période de dépot, ou
        que des pénalités sont infligées à ceux qui veulent récupérer leur mise.
        (C’est juste dissuasif, bien sur, vu que de toutes façons, les sous
        ne sont pas là, dans les coffres, à attendre votre bon vouloir)

        Déjà à mes yeux, la monnaie n’a de valeur que dans l’instant présent, cad pour me permettre de payer mes courses ou mes caprices...
        ...en aucun cas, je ne puis de toutes façons acheter une voiture en cash.

        La loi a donc été faite pour coincer nos actifs, que nous le voulions ou pas...et pour être plus clair, notre argent est géré par des voleurs.

         
        • C. Creseveur
          C. Creseveur répond à Yvon le Zébulon
          D'actualité, de dessin surtout
          • Posté à 21h28 le 19/09/2011
          • Internaute 7715
            D'actualité, de dessin surtout

          Et alors maintenant qu’elles ont besoin d’argent les rendements vont devenir de plus en plus faibles, tandis que les coûts des opérations vont encore augmenter !

        1 autres commentaires
  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 18h04 le 19/09/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    j’solde mon compte après ça vous pouvez les couler

    ou alors un peu de patience

  • Dupont Volant
    • Posté à 19h58 le 19/09/2011
    • Internaute 170361
      .

    « Si l’euro survit, les usines françaises mourront. Loin d’être un élixir miracle, cette monnaie n’a profité qu’à la zone rhénane et a rendu le reste de l’Europe mortellement leucémique. Je n’hésite pas à dire que Jean-Claude Trichet et ses sbires sont des criminels économiques, car ils ont fabriqué des millions de chômeurs ».

    Philippe Villin (né en 1954), énarque, inspecteur des finances. Nommé vice-Pdg
    du Figaro par Hersant en 1988 et de France-Soir en 1994, il est débarqué du groupe en 1995. Il est aujourd’hui banquier de sa propre société de conseil.

  • jino83
    jino83
    citoyen curieux
    • Posté à 23h16 le 19/09/2011
    • Internaute 159282
      citoyen curieux

    La dernière anticipation du Lien avait vu juste sur les tout derniers événement du weekend .

    Blocage autour de la dette grec
    Premier frittage entre Europe et USA avec le petit recadrage nécessaire sur l’ampleur de la dette .
    Et surtout un rappel pour la mise en place d’une taxe sur les transaction financière , ou USA et Anglais font barrage .

    Malgré l’entêtement de nos dirigeant européens vers le libéralisme , la montée de la colère en Europe leur fait plus peur que chez les ricains .
    Du coup sans le dire ils cherchent en Europe une solution pour que la finance mette la main au porte monnaie pour payer eux aussi .
    La récession américaine étant maintenant une réalité , il suffit d’attendre les bilans officiel pour la prochaine étape .

    « Evolution de l’indice de production économique US (1974-2011) (en grisé : récessions ; ligne pointillée bleue : niveau d’alerte à la récession ; en bleu : indice de production économique et en rouge, la projection pour les 3° et 4° trimestres 2011) - Source : Streetalk/Mauldin, 08/2011 “
    source : leap
    la Prochaine étape qui va pousser l’Europe a prendre la décision de taxer les transactions financière en Europe peut importe l’avis des usa qui eux vont montrer aux reste du monde qu’ils s’écroule et qu’ils ne peuvent pas payer leur dettes .

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 23h33 le 19/09/2011
    • Internaute 41511
      -

    Un petit dessin d’Iturria, publié le dimanche 18 septembre 2011.

    Un petit dessin qui résume tout :

    Lien

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 12h18 le 20/09/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    NB. La valeur en bourse de la SG a chuté de 85% en 5 ans :

    Autrement dit, avec une réforme des retraites qui aurait basculé sur le privé en indéxation sur la bourse comme le souhaitait Sarkozy et ses amis, une personne partie en retraite base 100 en 2006 ne toucherait plus que 15 aujourd’hui.

  • Dietrich13
    Dietrich13
    Juriste diplômé DEA
    • Posté à 20h22 le 20/09/2011
    • Expert 116652
      Juriste diplômé DEA

    Le problème est que ceux qui ignorent tout de l’arrière-souk des fiances nous abreuvent des redites éculés.

    Le Nouvel Observateur avec AFP, le 16-09-11. Le trader responsable de la fraude à 2 milliards d’UBS a été inculpé. (Réaction aussi publiée aussi sur L’Hebdo Suisse).
    Poursuivi pour « abus de position et fraude comptable », Kweku Adoboli sera présenté dans l’après-midi à un tribunal...
    Réaction. Pour occulter les vrais problèmes, on fabrique d’une souris un éléphant et d’un éléphant une souris. Les facéties visibles, reprochées aux traders sont de la monnaie courant dans le milieu interlope de la spéculation des authentiques escrocs.
    1986. P-DG de Salamon Brothers. John Gutfreund, payé 1,3 milliards pour envoyer son entreprise droit dans le mur. Exactement comme les PDG, promus par le trafic d’influence de la caste des « ânes » ou « idiots » de l’ENA qui ont envoyés au mur les plus prospères sociétés françaises : BNP, Crédit Lyonnais, Société générale, Vivendi...
    De John Gutfreund, son trader Howie Rubin fit perdre à Merrill Lynch 250 milliards de dollars d’un seul coup. Ensuite,
    2006. Morgan Stanley. Autre trader Howie : perte d’un seul coup 9 milliards.
    2007. Une inconnue de Meredith Whitney fait perdre au Citigroup 8% des actions et cause une perte de 300 milliards de dollars.
    Ce sont des broutilles comparés au titanesque carambouillage des escroqueries Subprime, ayant généré d’une part des bénéfices gigantesques et d’autre part la Crise de la ruine de l’Économie mondiale en évolution : la Crise dirigée à présent des plus fieffés escrocs de haut vol, en tant que directeurs des banques internationales, protégés dans la zone de non-droit.
    À présente, le trader est présenté au public en « fou ». (Non par le Nobs). Or les qualifications psychiatriques sans valeur scientifiques, avancées à tort et à travers par des ignares a quia, avant même qu’un experts les ait constatées, ce ne sont que des subterfuges délictueuses des véritables responsables pour l’adosser subrepticement à leurs zélés subordonnés, ou pire est, pour discréditer les arguments juridiques inconstatables de leurs dénonciateurs avisés.
    Plus d’informations dans mes précédentes réactions et dans « La Casse du siècle ». Éditions Sonatine n° 053, sept. 2010. Dietrich13.wordpress.com. Victime, Juriste DEA. Criminologie. Sciences pénales. Paria judiciaire bâillonné par la criminalité politico-judiciaire.

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