Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Le gouvernement grec soutient Papandréou « à l'unanimité »

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 02/11/2011 à 08h43

Tout semble aller très vite. Certains pouvaient encore voir hier un acte isolé et suicidaire dans l’annonce du premier ministre grec d’organiser un référendum sur le énième plan de sauvetage européen du 26 octobre. Mais le cabinet grec, réuni en session extraordinaire dans la nuit du 1er au 2 novembre, a approuvé « à l’unanimité » la décision de son chef.

Cette prise de position unanime met fin à la rumeur de « tempête » qui courait dans la presse microcosmique à propos de l’exécutif grec.

Leçon de démocratie

A l’issue de la session extraordinaire, et malgré les pressions subies, Georges Papandréou a été on ne peut plus catégorique :

« Le référendum fournira un mandat clair, mais aussi un message clair à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce sur notre engagement européen et notre appartenance à l’euro. »

On a beau être socialiste, on n’en a pas moins sa fierté de Grec. Et Papandréou a enfoncé le clou en donnant une véritable leçon de démocratie aux membres du G20 :

« Nous devons faire en sorte que les choses soient claires à tous points de vue, et je dirai au G20 qu’il leur faudra finalement adopter des politiques qui garantissent que la démocratie soit maintenue au-dessus des appétits des marchés. »

Une décision mûrement réfléchie

Revirement de position d’un chef de gouvernement dépassé par des événements ?

On remarquera qu’il était assez étonnant de voir les observateurs marquer leur surprise devant l’annonce de Georges Papandréou au soir du dimanche 30 octobre. Celui-ci avait en effet officiellement évoqué ses intentions dès juin 2011 :

« A l’automne, nous nous dirigerons vers un référendum sur les grandes réformes engagées dans ce pays. »

On remarquera que cette annonce avait valu à son auteur la confiance du parlement votée le 21 juin. Un nouveau vote interviendra d’ici la fin de cette semaine fort agitée. Mais qui peut prétendre que la décision du premier ministre grec n’était pas mûrement réfléchie ?

Un G20 dans la tourmente

Tout se passe comme si Georges Papandréou tentait de reprendre la main face à la pression de ses « amis » de l’Union européenne. Sans doute a-t-il aussi constaté que la partie financière étant clairement perdue, il ne restait plus qu’à s’en remettre à sa population.

Peut-être encore a-t-il été aidé dans son revirement apparent par les déclarations aussi humiliantes que stupides de quelques-uns de ses « sauveteurs » :

« L’entrée de la Grèce dans l’euro fut une erreur » (Nicolas Sarkozy, 28 octobre)

L’Europe est entrée dans une zone de graves et dangereuses turbulences qui dépasse largement le cadre du Vieux continent. Et les membres du G20, réunis en leur forteresse cannoise les 3 et 4 novembre de cette même folle semaine, pourraient bien éprouver quelques douloureuses difficultés à enrayer les déferlantes.

Mal de mer garanti avant naufrage ?

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DERNIERE MINUTE

- Le gouvernement grec envisage officiellement d’organiser un référendum dès le mois de décembre prochain (mise à jour, 10h18).

- Georges Papandréou confirme que la question du référendum grec portera sur le plan de sauvetage et non, comme le souhaitaient Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, sur l’appartenance de la Grèce à la zone euro (mise à jour, 19h58)

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  • Brachamul
    Brachamul
    Multi-Taskeur
    • Posté à 11h56 le 02/11/2011
    • Internaute 94825
      Multi-Taskeur

    J’ai tendance à vous trouver largement trop à gauche à mon goût, mais je trouve ici les réactions européennes complètement déplacées.

    On ne peut pas parler d’un référendum biaisé ici, la question est simple et précise, et les conséquences de la réponse seront radicales.

    S’ils souhaitent trimer pendant des années sans aide, mais avec un espoir à long terme de reconstruction, grand bien leur fasse. Il serait dramatique que cela fasse effet de contagion sur le reste de la zone euro, mais à part lorsqu’on est américain de base et qu’on ne fait pas la différence entre deux pays européens, on sait que les finances de la Grèce n’avaient rien en commun avec celles des autres pays européens.

    Et puis sans déconner, le référendum, même si la question est fermée, c’est quand même l’outil de base de la démocratie. Chacun peut donner son avis, et au moins on sera fixés.

    Mon seul regret est que ce référendum n’arrive pas dès le mois de décembre.

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 12h53 le 02/11/2011
    • Internaute 47359
      Retraité

    Savez vous peu de journaux en parle que vendredi dernier jour de fête nationale en Grèce des unités de l’armée ont refusés de défiler ? Ce qui explique la décision de limoger 4 généraux de l’état major. La révolte populaire est aussi possible.

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