Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Petit bilan d'un G20 qui était censé sauver le monde

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 05/11/2011 à 15h03

Ça y est, les 20 délégations du G ont abandonné leur forteresse cannoise. Les autochtones vont enfin pouvoir retourner musarder sur la Croisette sans être alpagués comme vulgaires altermondialistes en puissance ou suppôts d’Allah en goguette.

En attendant, dressons sans tarder le bilan de cette petite agape croquignolette entre copains et constatons ses premières conséquences sensibles (très sensibles).

Un bilan positif, forcément positif

  • La Grèce renvoyée sans ménagement à ses chères études, sans confirmation du versement de 8 milliards promis en 2010, malgré l’annulation officielle de son référendum, et alors que son ministre des Finances réclame dix fois plus en urgence pour avant février 2012.
  • L’Italie mise sous tutelle du FMI à la demande de Berlusconi... qui refuse néanmoins toute aide de celui-ci ( ?) ! « Le problème de l’Italie, c’est sa crédibilité » (Lagarde, directrice du FMI).
  • Fonds européen de stabilité financière (FESF) : Merkel reconnaît que « pratiquement aucun des pays présents » n’a encore « annoncé vouloir participer » à ce fonds déterminant pour la zone euro.
  • Les paradis fiscaux bientôt mis « au ban de la communauté » selon Sarkozy (ça ne fait jamais que la seconde annonce – stérile – de ce type en trois ans, mais bon, ça fait chic).

Des conséquences qui le sont moins

  • Nouveau pic des taux longs italiens à 6,4% témoignant d’un net regain de confiance des investisseurs (non, c’est une blague !).
  • Places boursières de retour sur terre (CAC40 à -2,25% vendredi).
  • 29 banques annoncées comme présentant des risques systémiques (dont Goldman Sachs, Deutschebank, BNP, Société Générale, Crédit Agricole...)
  • Nouveau plan de rigueur en France annoncé dès lundi pour faire face à la révision en baisse des prévisions de croissance pour 2012.

Quant au communiqué final de ce G20, nous vous en épargnons le détail, tout en habituelles déclarations d’intentions creuses et pieuses. Lisez seulement les neuf intitulés de ses chapitres. Et sachez que l’expression « nous nous félicitons... » y est employée à huit reprises.

Les peuples du monde entier, européens et grecs en particulier, n’ont plus qu’à remercier chaleureusement leurs « sauveteurs ».

« Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. »
(Non, non, pas Obama/Sarkozy lors de leur inénarrable prestation brosse-à-reluire télévisée du 4 novembre, mais FD Roosevelt en 1936 au Madison Square Garden.)

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  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 18h13 le 05/11/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Petit bilan d’un G20 qui était censé sauver le monde »

    ► Petite article d’un frustré du fait que le G20 se soit correctement déroulé, avec l’expression nette de l’amitié franco américaine.

  • padiran
    padiran répond à Pierrrrre
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h23 le 05/11/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Pierrrrre, il serait intéressant, en tant que militant UMP d’astreinte, vous nous fassiez un bilan exhaustif du G20 de Cannes. Je vous promet de ne pas rire

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 23h48 le 05/11/2011
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    @ Hulk

    Ah, enfin ! Enfin une analyse intéressante !

    Récapitulons.

    « il n’y a pas de crise grave en vue, pas de risque d’effondrement du système économique. »

    Si hélas, mais c’est mon avis à moi et je le partage (sans demander aux autres d’en faire autant).

    « Il s’agit d’un ajustement structurel et d’une répartition de prospérité plus “ juste ” entre les pays anciennement développés et les nouveaux [...] mais cela suffit maintenant pour vraiment prendre son indépendance.. »

    Oui, entièrement d’accord, c’est vers cela que nous nous dirigeons.

    « Dans tous les cas, le système économique mondial demeurera capitaliste et financier. »

    Pas impossible, mais pas sûr. La crise de transition qui va mener de la situation précédente à la situation décrite par Hulk ( « ajustement structurel et d’une répartition de prospérité ») va être si secouante, douloureuse et périlleuse que personne aujourd’hui ne peut savoir sur quel système elle débouchera.

    Pour ma part, je pense (mais je suis loin d’avoir des certitudes sur la question) que le capitalisme fondé sur le plein emploi et la croissance à tout crin est mort de sa belle mort (cause destructions des ressources naturelles connues, et des conditions climatiques environnantes).

    Restent les inconnues sur lesquelles discuter (si Hulk veut bien arrêter de jouer au « gros con de droite » caricatural) :

    1/ Les êtres humains vont-ils découvrir ou inventer de nouvelles sources d’énergies pour suppléer aux anciennes défaillantes ?
    2/ Vont-ils trouver les palliatifs aux dérégulations climatiques ?
    3/ Vont-ils savoir faire face à tous les défis qui les attendent : surpopulation, adaptation à une société où le plein emploi n’est plus la gageure suprême... ?

    Toutes ces questions, dont nous n’avons pas aujourd’hui les réponses (pas plus Hulk que moi), vont être celles qui devront animer nos débats dans les décennies à venir (enfin, vu mon âge, pas jusqu’au bout en ce qui me concerne !).

    L’intérêt de nos discussions viendra plus des questions que nous soulèverons, quitte à nous opposer, que des réponses que nous apporterons trop précipitamment.

  • A déménagé le 13-01-2012 6
    • Posté à 00h32 le 06/11/2011
    • Internaute 171250
      non connue

    À ceux qui savent décrypter les arrières-plans, ce G20 apporte une excellente nouvelle : il n’y a pas de crise grave en vue, pas de risque d’effondrement du système économique.
    Ce qu’il se passe est assez simple : il s’agit d’un ajustement structurel et d’une répartition de prospérité plus « juste » entre les pays anciennement développés et les nouveaux.
    Cet ajustement prend une forme dramatique pour nous autres de ces pays anciennement développés parce que nous avons tout fait depuis trente ans pour en retarder l’échéance, au prix d’un endettement massif et d’une érosion marginale de notre compétitivité.
    Le reste du monde nous fait savoir qu’il n’entend plus limiter sa prospérité pour favoriser la nôtre ; et on voit qu’il a acquis suffisamment de puissance pour imposer cela. Ce nouveau monde ne représente que 30% de la richesse mondiale, mais cela suffit maintenant pour vraiment prendre son indépendance.

    La suite est assez limpide : nos pays vont passer par quelques années d’austérité le temps que l’ajustement se fasse. Ensuite, il va nous revenir de choisir entre le retour au dynamisme ou le déclin. En France, ce sera le débat de la présidentielle de 2017.

    Dans tous les cas, le système économique mondial demeurera capitaliste et financier. Il sera mieux régulé, mais pas remis en cause, pour le plus grand bien des populations du monde entier.

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