La présidentielle est pliée, en route vers les législatives
La présidentielle est pliée. Quelle que soit l’issue du scrutin au soir du 6 mai, le vainqueur est tout désigné : le camp retranché de la mafia financière aura carte blanche pour imposer ses diktats au pays. Une seule possibilité pacifique d’échapper à cette malédiction : un sursaut citoyen lors des législatives à suivre.
Pas la peine, qui de ricaner, qui de se désespérer : la chance est extrêmement minime, je le sais. Et alors ? Dans l’isoloir, l’électeur est seul face à ses responsabilités. C’est à lui de voir. Pour moi, c’est tout vu.
Lors des législatives, la contrainte dégénérescente du vote utile se fait moins pressante. Les sondages ont moins de prise sur l’émotion populaire. On vote pour un de nos 577 représentants parlementaires. Chaque citoyen a tout loisir d’imposer ses volontés à son élu.
On notera que lors des différentes mandatures de la Ve République, c’est le Parlement et non le président qui détermina in fine l’orientation gouvernementale (cf. les trois cas de cohabitation française en 1986, 1993 et 1997).
Des objectifs incontournables
Il n’y a pas trente-six manières de sortir notre pays du marasme. Juste répondre aux priorités les plus urgentes, s’attaquer franchement aux racines du mal. Là encore plusieurs objectifs me semblent devoir être remplies, inaliénables.
- Garantir un minimum vital décent à tous les citoyens travaillant ou non. Aujourd’hui, ce n’est pas l’augmentation du smic qui est prépondérante pour une grande partie de nos concitoyens frappés par la précarité et le chômage, mais simplement la survie. Pour tous ceux-là, le smic n’est plus un salaire minimum, mais presque un pauvre idéal à atteindre.
- Mettre sous tutelle le système financier, coupable de tous les déboires actuels. En même temps, réfléchir et anticiper le nouvel ordre monétaire sain qui tôt ou tard s’imposera au monde entier.
- Geler immédiatement la dette du pays. La dette, devenue monstruosité incontrôlable et surtout irremboursable, s’en trouve de fait injustifiable. A cause d’elle, des pays tombent comme des mouches : Grèce, Irlande, Espagne, Portugal, Italie, mais aussi la glorieuse Amérique dont on vient apprendre qu’elle a dû s’endetter en douce de 7 700 milliards de dollars (la moitié de son PIB !) pour sauver ses banques, sans même passer par l’autorisation du Congrès. La dette n’est qu’une arme oppressive aux mains de la mafia financière. Désarmons celle-ci avant quelle ne nous tue.
- Remettre l’économie réelle en ordre de marche et au service de tous. Non dans une perspective de croissance meurtrière ou de plein-emploi obsolète, mais dans le cadre d’une gestion écologique des ressources, du partage des vraies richesses et de la satisfaction des besoins de chaque citoyen. Où la production privée régulée et les services publics de base se compléteront dans l’intérêt général.
Rompre avec la fatalité du désastre
La prochaine mandature devra tendre vers ces objectifs vitaux, sauf à précipiter le pays dans un marasme général meurtrier.
Aujourd’hui, le Front de gauche me paraît le plus en mesure d’y influer, même s’il est encore trop encombré par les vieilles lunes d’antan : productivisme, mirage du plein-emploi retrouvé, chimère de la croissance comme seul moteur de l’économie...
La bataille de la présidentielle n’a pas été gagnée. Quel que soit le résultat au soir du 6 mai, même si l’un des candidats offre des manières plus rondes que l’autre, nous nous dirigerons tout droit vers le désastre économique, la dissolution sociale et pour finir le déshonneur politique.
Elire une chambre qui enregistrerait passivement le déclin n’a aucun sens. Les élections législatives offrent une chance infime mais réelle de rompre dans la dignité avec la fatalité du désastre.
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v2=notes articles en moins...
v2=notes articles en moins...
T’as un apprenti fasciste qui se propose de rempiler pour 5 ans au dessus de ta tête,
un type qui s’est lancé dans une guerre dégueulasse pour dissimuler ses magouilles pré-électorales,
un type qui se transforme progressivement en copie certifiée conforme de Marion Anne Perrine de Neuilly.
Et dans ces conditions, on en lit encore à nous sortir : « Surtout restez chez vous ! », « Tout vaut tout », « C’est pareil ». Bah on s’en fout, mangez des chip’s devant votre télé le 6 mai, et surtout venez pas vous plaindre de la France d’Après –>
« C’est une mauvaise chose d’accueillir des étrangers »
Erwan et Thibault, 14 et 15 ans, arrivent d’Issoire avec leurs parents, leur père est militaire. C’est leur premier meeting politique, et ils sont ravis, agitent leurs drapeaux avec fougue. Ils sont là pour soutenir Nicolas Sarkozy, même s’ils avouent ne pas savoir trop ce qu’il propose. Sauf sur un point : « Il a raison de refuser le vote des étrangers ». Ils n’avaient pas bien compris que la question ne se posait que pour les élections locales, mais qu’importe, c’est une « mauvaise chose d’accueillir des étrangers, qui ne travaillent pas et coûtent cher à la France ». Ils ont des copains d’origine étrangère dans leur collège, « mais ils ont la nationalité française ». Et sinon ? Ils devraient quitter le pays ? « Ce serait dommage de perdre nos copains, mais ce serait une bonne chose pour la France. »
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Miam.
Et pendant ce temps là à Neuilly et au Figaro, eux ils n’ont certainement pas la chance d’avoir un « avis éclairé » qui leur explique gentiment de ne surtout pas aller voter car tout vaudrait tout
Comme je l’ai déjà dit à la riveraine qui se propose de voter gentiment pour le candidat de son patron, j’espère simplement que dans le pire des cas, si le gentil copain de Bettencourt, Bongo et Kadhafi passe, on entendra plus jamais parler de celles et ceux qui nous auront sagement expliqué à longueur d’article de rester planqué, parce qu’il faudra quand même se souvenir que si celà arrive jamais, ce sera grâce à vous et à des gens comme vous.




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