Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

Banques : le grand dépeçage commence avant la fin de la présidentielle

Le Yéti
voyageur à domicile
Publié le 02/05/2012 à 16h06

« Deux mille salariés ont déjà manifesté leur envie de quitter l’entreprise ou d’être reclassés, alors que seuls 880 emplois vont être supprimés » (Maryse Gauzet, déléguée nationale FO)

Non, vous n’êtes pas dans une vulgaire entreprise automobile en plein marasme économique, mais à la Société générale, un des trois fleurons du système bancaire français, en plein « plan de sauvetage de l’emploi » (PSE). Qu’est-ce que vous croyiez ? Que la présidentielle avait enrayé net la crise de la « Grande perdition » ?

Un sauve-qui-peut incontinent

Rapporté par le journal Libération, le plan en question, lui, ne connaît manifestement pas la crise tant est forte l’affluence aux guichets de départ. C’est fou ce qu’on est attaché à son travail à la Société générale !

Il faut dire que la banque a mis les petits plats dans les grands : une indemnité de 50 000 euros pour tout partant dans le premier mois. Et je peux vous certifier de source sûre que certains sont partis avec bien plus, malgré une très très verte ancienneté et une place tout à fait moyenne dans la hiérarchie. Jackpot inespéré à tous les étages !

C’est vous dire l’urgence du dégraissage pour l’infortunée victime du vilain Kerviel ! On passera sur les motifs pressants des partants : l’appât du gain, certes, mais aussi des conditions de travail de plus en plus délétères et stressantes.

Planque ton oseille, cher lecteur, ce n’est pas fini ! Des plans similaires sont annoncés à la BNP et au Crédit agricole. Un sauve-qui-peut incontinent qui n’a même pas pu se retenir avant la fin de la présidentielle !

« Où courir ? Où ne pas courir ? »

Il n’y a pas que les officines bancaires à s’affoler de l’état de plus en plus calamiteux du système financier. Les gros clients ne sont pas en reste. Et pas seulement en France. Dans toute l’Union européenne.

Cette dernière fait obligation à ses pays membres de déclarer tous les mouvements de fonds entre eux, aussi bien à la sortie qu’à la rentrée. Voici le tableau de l’état de ces mouvements (en haut l’argent reçu par les pays : par ex. 350 millions d’euros placés en Allemagne en février 2012 ; en bas le fric envolé : 65 millions en moins dans les caisses espagnoles le même mois) :


Source : Bloomberg

« Où courir ? Où ne pas courir ? Hélas, mon pauvre argent ! », se lamentait le Harpagon avaricieux de Molière. Pour les Harpagon d’aujourd’hui, c’est tout trouvé : en avant toute vers les pays jugés les plus sûrs (Allemagne, Pays-Bas). Tant pis pour les éclopés (Italie, Espagne). Et au cul, la solidarité européenne !

Au fait, où est passée la France dans ce vire-volta ? Paul Jorion, chez qui j’ai piqué le tableau ci-dessus, livre un indice : les pays de l’UE ne sont pas contraints de déclarer les mouvements de fonds avec les pays hors Union. Comme la Suisse, par exemple, suivez mon regard...

Le sourire des marginaux

Chez nous, cette panique ne fait pas que des malheureux. Certaines petites officines bancaires, considérées comme marginales et à l’abri des tumultes internationaux, profitent incidemment de l’aubaine. Le Crédit coopératif, par exemple, où sur l’impulsion du footballeur Cantona, j’ai abrité mon compte Nef il y a quelques mois.

Au début, pour obtenir un rendez-vous avec ma chère conseillère de clientèle, il suffisait d’un coup de fil et dans l’après-midi ou le jour qui suivait, c’était réglé pour le tête-à-tête. Aujourd’hui, une quinzaine de jours grand minimum, parfois avec son adjointe. La malheureuse n’en revient pas :

« C’est dingue le nombre de comptes qui rappliquent chez nous en ce moment ! Je sais plus où donner de la tête ! »

Le Crédit coopératif, classée récemment meilleure banque citoyenne par Attac France, se frotte les mains et vient de commencer une campagne publicitaire insolente dans les grands médias sur le thème de l’économie coopérative, démocratique, utile, pour un monde meilleur...

Purée, une banque mélenchoniste !


Pub Crédit coopératif (extrait)

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  • 28 réactions
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  • a déménagé le 16-08-2012
    • Posté à 16h39 le 02/05/2012
    • Internaute 156966
      Amen !

    Mon tout récent syndicat a ouvert un compte au Crédit Coopératif. Le précédent y était aussi. Nous en sommes très contents. De nombreux syndicats choisissent cette banque. Elle a une grande habitude de ces clients particuliers.

    A noter également que le crédit Coopératif est une des rares banques qui ne font pas de difficultés pour ouvrir des comptes aux SDF. Même si d’habitude, il n’y a pas la queue au guichet, évitez d’y aller le 5 du mois, quand tous les SDF attendent devant l’agence 1/2 heure avant l’ouverture pour toucher leur RMI.

  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 19h21 le 02/05/2012
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    on pourrait avoir la décence d’attendre la fin des élections, lundi... avant de commencer à liquider !
    ou d’attendre le lendemain des législatives.

    Le manque de savoir vivre nous tuera.... ; -)

    • Gorn
      Gorn répond à pablico
      Geek farceur
      • Posté à 12h06 le 03/05/2012
      • Internaute 92890
        Geek farceur

      Le resultat des elections n’a pas d’impact sur les restructurations en cours dans les banques. Ces restructurations sont dues aux nouvelles regles de bale 3.

      c’est pour cette raison que les banques reduisent leur bilan et donc le nombre d’employe.

  • doudou9174
    doudou9174
    mes deux phares dans la nuit
    • Posté à 21h01 le 02/05/2012
    • Internaute 140131
      mes deux phares dans la nuit

    dites donc le Yéti , ya pas foule chez vous ! ..

    [ qu’est-ce qu’on pourrait bien faire tout seul ? ]

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à doudou9174
      voyageur à domicile
      • Posté à 21h54 le 02/05/2012
      • Internaute 6095
        voyageur à domicile

      Eh oui, doudou9174, c’est comme ça ! Balancez un sujet un peu technique et il n’y a plus personne.

      En plus, ce soir, y a match à la télé : Sarko la terreur vs Pedalo la cagouille. Suivi les premiers rounds. Chiants à mourir. Des tocards de série B.

      Mais un peu de silence de temps à autre ne fait pas de mal, non ?

      • psych0Dad
        psych0Dad répond à Le Yéti
        sociopathe
        • Posté à 02h39 le 03/05/2012
        • Internaute 81504
          sociopathe

        Je en crois pas que la technicite du propos (un peu presompteux la, Mr Yeti) soit la cause du faible volume des commentaires. Le lien vers votre article n’etait pas tres bien situe sur la page d’accueil de la Rue. Il faut dire qu’il y avait une actualite assez brulante. Je en sais pas si vous en avez entendu parler vu que ca n’impliquait pas Mr Melenchon.

         
        • Le Yéti
          Le Yéti répond à psych0Dad
          voyageur à domicile
          • Posté à 08h59 le 03/05/2012
          • Internaute 6095
            voyageur à domicile

          « un peu presompteux »

          Ah bon, je ne vois pas en quoi. Par contre, ce que je constate, c’est que tous les articles économiques – pas seulement les miens – ont beaucoup moins d’audience et de commentaires que des sujets politiques ou sociaux plus propices au lâcher de fauves.

          « Le lien vers votre article n’etait pas tres bien situe »

          90% de mes billets sont publiés dans la rubrique « opinion sur rue ». Moins bien placés qu’en une, mais plus longuement exposés. L’audience pour mes petites chroniques y est plutôt satisfaisante. Mais si je vous dis qu’elle y est moindre quand mon petit logo n’apparaît pas – comme c’est le cas là – vous allez dire que c’est de la présomption...

        1 autres commentaires
  • jino83
    • Posté à 00h17 le 03/05/2012
    • 159282

    Et bientôt la question qui tue , la question a 1000Milliards d’euros .

    Ou sont passer les 1000milliards prêté aux banques pour « relancer “ l’économie ?
    La question a apparemment été poser mais pas encore été officiellement demander aux banques de s’expliquer .
    Les banques ce sont servit des prêts de la BCE pour combler leur pertes gigantesques ( oups , renforcer leur actif ont dit , pardon )
    Et l’économie dite réelle attend toujours la couleur de cet argent ...

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à jino83
      voyageur à domicile
      • Posté à 08h44 le 03/05/2012
      • Internaute 6095
        voyageur à domicile

      ... et combien on parie que ces 1 000 milliards d’euros ne vont pas suffire ? Et qu’elles, les banques, vont rappliquer très très vite auprès de la BCE pour une « petite rallonge » ?

    • Gorn
      Gorn répond à jino83
      Geek farceur
      • Posté à 12h12 le 03/05/2012
      • Internaute 92890
        Geek farceur

      Une bonne partie a ete replace directement a la BCE. les depots a la BCE nattent des records, environ 500 milliards.

      il y a eu aussi l’achat d’obligation souveraines surtout dans des pays comme l’espagne.

      Sinon effectivement, renforcement du bilan des banques en prevision de Bale 3 effectivement sans doute tres peu pour « l’economie reelle ». De toute facon avec Bale 3, les banques sont incites a reduire leurs financements de l’economie.

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 09h15 le 03/05/2012
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Le crédit coop est une filiale BPCE quand même... C’est mieux que rien mais c’est pas encore le top.
    Par contre la NEF c’est garanti 100% écolo/éthique pour placer ses économies !
    Lien

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Tassin
      voyageur à domicile
      • Posté à 12h28 le 03/05/2012
      • Internaute 6095
        voyageur à domicile

      ... mais les comptes Nef sont abrités par la Crédit coop, lui-même filiale de la BPCE, etc. Tu sais, Tassin, forcément, quand on parle d’une banque quelle qu’ellle soit, on est toujours dans les histoires de fric !

      N’empêche que pour les avoir quasiment toutes fréquentées (Crédit agricole, puis SG, puis BNP, puis enfin Crédit coop) je peux te dire qu’il n’y a vraiment pas photo entre la dernière et les trois précédentes (pub gratuite, c’est dingue quand on parle de banques, non ?).

      • Tassin
        Tassin répond à Le Yéti
        Inquiet
        • Posté à 12h48 le 03/05/2012
        • Internaute 70606
          Inquiet

        Seulement les comptes courants NEF-Crédit Coop sont au crédit coop ; -)
        Tout le reste c’est à la NEF. Pour le moment ils ne proposent que de l’épargne bloquée car ils n’ont pas l’agrément bancaire pour proposer du Livret A ou du compte courant.

        Mais je suis d’accord sur le comportement et l’accueil client Crédit Coop par rapport aux autres banques. Y’a pas photo !

         
        • Cyprien Luraghi
          Cyprien Luraghi répond à Tassin
          ICYP.FR !
          • Posté à 15h22 le 04/05/2012
          • Internaute 101150
            ICYP.FR !

          Exact.

          Et puis pour notre petite asso 1901 je vous dis pas la galère que ça a été au Crédit Coop : d’abord la plus proche agence est à 75 bornes et quand on y avait été pour transférer le compte, c’était tellement bureaucratique qu’on avait renoncé à le faire.

          Alors on est restés à la Banque Populaire : c’est la même boîte.

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 10-10-2012
    • Posté à 12h36 le 03/05/2012
    • 180180
      non connue

    « Purée, une banque mélenchoniste ! “

    Hein ? Le crédit coopératif appartient au groupe BPCE qui regroupe les caisses d’épargne et banques populaires, qui n’ont absolument plus rien de coopératif.

    La Nef en revanche, c’est autre chose, personnellement j’attends avec impatience qu’elle obtienne l’agrément bancaire permettant d’avoir des comptes courant chez eux (et non en partenariat avec le crédit coopératif).

    Ah ? Les marchés et la Banque de France ne sont pas d’accord ? Comme c’est bizarre ...

    (EDIT : grillé par Tassin ;) )

  • Bernardo Zorro-
    Bernardo Zorro-
    non connue
    • Posté à 13h35 le 03/05/2012
    • 185266
      non connue

    Méfions nous, là ou il y a de l’argent il y a des requins, d’autant que voilà une actualité sur laquelle on ne peut pas commenter et qui pourtant mériterait qu’on en parle des dizaines et des dizaines de fois : Suicide au travail : pour le tribunal de Toulouse, Thalès n’a pas commis de faute inexcusable, c’est réellement très inquiétant.

  • Patriote89
    Patriote89
    A BAS LE FRONT RIPOUBLICAIN
    • Posté à 13h37 le 03/05/2012
    • 184607
      A BAS LE FRONT RIPOUBLICAIN

    Courage fuyons !
    C’est la fin de la cavalerie pour le système bancaire.
    Ils jouaient depuis des lustres aux chaises musicales, la musique est sur le point de s’arrêter.
    Et il risque de manquer bien plus qu’une chaise.

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à Patriote89
      non connue
      • Posté à 15h23 le 03/05/2012
      • 185266
        non connue

      houla, n’enterrez pas l’oligarchie financière comme cela, elle se battra pour chaque centimètre carré de privilège qu’elle a honteusement volé...

  • grosnaze
    • Posté à 15h43 le 03/05/2012
    • Internaute 27732

    Cela fait quelques mois que les banques ont attaque des plans de restructuration de dégraissage quoi.
    Car les échanges sont de plus en plus virtuel sans support matériel et que les guichet deviennent quasi superflus.
    Outre Bale 3 une perspective de grande manœuvres de regroupement rachat absorption s’annonce a un niveau mondial d’où les précautions pour ne pas être bouffe voir pour bouffer et amasser un trésor de guerre pour y faire face.
    Tout bêtement ce qui s’est produit dans l’industrie va se produire dans la finance
    La SG a tout bonnement mal calibre son offre (trop généreuse)de départ et beaucoup voyant l’orage venir prennent leurs précaution avant de devoir partir tot ou tard une main devant une main derrière. Cette erreur d’estimation va lui couter la peau des fesses (enfin une petite partie)

  • smog-sur-la-ville
    • Posté à 16h47 le 03/05/2012
    • 185844

    Moi ça fait plusieurs années que j’ai mis mon fric à la NEF (et mon compte chèque au crédit coop), depuis que le crédit agricole m’a conseillé de changer mon livret d’épargne populaire contre un placement en bourse. Il faut vraiment être pourri pour conseiller à un salarié (sans autre revenu que son salaire) de jouer ses économies en bourse. Et il faudrait en plus qu’on accepte leurs plans d’austérité.

  • dilettante non mélomane
    • Posté à 01h18 le 04/05/2012
    • Internaute 107984
      En stand-by

    « Le sourire des marginaux »

    Pfff.
    Financer les industries pétrolières, le nucléaire ou des mouvements religieux, c’est un choix effectivement. De la BNP à la Nef en passant par le crédit Coop, vous -nous- financez toujours quelque chose.
    Il parait qu’il vaut mieux financer une structure religieuse (le mouvement anthroposophiste) qui a peu de pouvoir actuellement plutôt qu’une qui fait déjà sentir son joug sur nombre d’entre nous.
    Peut-être.
    À condition de ne pas leur filer un blanc-seing pour les années à venir.
    À condition de ne pas s’arc-bouter sur ces solutions de type pis-aller.
    À condition d’écrire pour expliquer nos choix actuels aux futurs.

    Comme pour ce w.-e., quoi.

    • Elred
      Elred répond à dilettante non mélomane
      Pléonasme
      • Posté à 10h26 le 04/05/2012
      • Internaute 132515
        Pléonasme

      Nah justement le point c’est qu’à la Nef tu as le choix d’où ton argent va être investi (et je crois que tu peux choisir qu’il ne le soit nulle part, à confirmer)... C’est le principe de la banque coopérative, et c’est pour ça que c’est bien plus intéressant que les banques plus classiques.

      • dilettante non mélomane
        dilettante non mélomane répond à Elred
        En stand-by
        • Posté à 13h37 le 05/05/2012
        • Internaute 107984
          En stand-by

        C’est vrai, et je ne conteste pas le bien-fondé de la démarche.

        Mais les structures financées par la Nef ne sont pas forcément non plus du goût de tous :
        écoles Steiner et Waldorf proposant un fond théorique spiritualiste assez particulier (même si certaines techniques permettent de favoriser des modes de réflexion intéressants), structures de diffusion de différents mouvements spiritualistes (maisons d’édition proposant des livres spiritualistes sur le « décodage biologique » de problèmes de peaux ou osseux, livres proposant des modes d’agriculture raisonnés tout en diffusant des croyances spiritualistes), etc.

        Cela peut rebuter, ce n’est pas forcément rédhibitoire. Chacun ses croyances, s’il en a, hein...

        Pour préciser un peu mon idée à ce sujet, je dirais que cela peut-être un bon premier pas. Mais qu’il ne faut pas s’arrêter en chemin et devenir critique là aussi. La possibilité de pouvoir avoir un certain contrôle sur les structures financées n’est-elle pas justement un argument marketing de ces banques ?

        Pour votre parenthèse, je ne sais pas. C’est impossible au crédit coop par contre.

  • À déménagé le 20-8-2012
    • Posté à 10h32 le 04/05/2012
    • Internaute 34267
      Non connue

    C’est très intéressant, mais je n’ai pas compris quel était le sujet de cette note. Il me semble qu’il y en a plusieurs. Le dépeçage des banques et le dépeçage de la zone euro, ce n’est pas vraiment la même chose...

    Sur les mouvements de capitaux entre pays de l’UE, cela illustre (au moins) l’efficacité toute relative du TSCG... Cela dit, au lieu de raconter des bêtises ridicules sur la Suisse, Jorion et le Yéti pourraient lire plus attentivement Bloomberg, qui a mis à jour son graphique en incluant la France Lien
    Je serais Merkel, j’aurais déjà sur pied une stratégie de sortie de la zone euro. C’est peut-être le cas d’ailleurs.

    Sinon, le Crédit coopératif, c’est BPCE hein. Youpi, vous êtes sauvé... Sauf si le groupe coule.

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à À déménagé le 20-8-2012
      voyageur à domicile
      • Posté à 11h15 le 04/05/2012
      • Internaute 6095
        voyageur à domicile

      - « Bloomberg, qui a mis à jour son graphique en incluant la France »

      Très intéressant en effet (cf. ci-dessus et en plus gros, ). On constate que les capitaux commencent à fuir la France depuis septembre 2011. Et que cela n’annule en rien l’info de Jorion sur la Suisse.

      - « Le dépeçage des banques et le dépeçage de la zone euro, ce n’est pas vraiment la même chose... »

      Demandez donc aux banques espagnoles et italiennes.

      - « je n’ai pas compris... »

      Ça arrive à tout le monde.

      • À déménagé le 20-8-2012
        À déménagé le 20-8-2012 répond à Le Yéti
        Non connue
        • Posté à 14h59 le 04/05/2012
        • Internaute 34267
          Non connue

        La vraie info de Jorion se limite à : la Suisse ne fait pas partie de la zone euro.
        Il trouve un graphique qui ne recense pas la France, et explique (sans avoir l’air d’y toucher) que c’est parce que tous les capitaux français partent en Suisse : c’est vraiment pas sérieux, désolé.
        Si c’était une vraie info, compte tenu du mécanisme expliqué par Bloomberg, ce serait plutôt moins pire pour la France, d’ailleurs. Sauf que ça ne l’est pas : l’info, il l’a inventée.

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 11h30 le 05/05/2012
    • Internaute 41511
      -

    Jeudi 3 mai 2012 : les banques espagnoles ont dans leurs livres 225 milliards d’euros d’actifs pourris.

    « Les banques espagnoles ne reconnaissent pas tous les risques. Beaucoup de leurs débiteurs sont les promoteurs immobiliers, avec des capitaux propres négatifs, ils ne peuvent même pas payer les intérêts de leur dette », a déclaré jeudi Fernando R. Rodriguez de Acuna, président du conseil, dans une interview téléphonique accordée à Reuters.

    Rodriguez a déclaré que, selon les données publiées par 92 % des banques espagnoles à la fin de l’année 2011, les crédits problématiques pourraient s’élever à 225,200 milliards d’euros, près de 50 milliards d’euros de plus que les dernières données officielles de la Banque d’Espagne, datant du premier semestre de 2011.

    « Los bancos no reconocen todos los riesgos. Muchos de sus deudores son promotoras inmobiliarias con un patrimonio negativo, que no pueden ni siquiera pagar los intereses de su deuda », dijo el jueves Fernando R. Rodríguez de Acuña, presidente de la consultora, en una entrevista telefónica con Reuters.

    Rodríguez dijo que, de acuerdo con los datos publicados y extrapolados por el 92 por ciento de los bancos y cajas al cierre de 2011, el crédito problemático del sector podría ascender a 225.200 millones de euros, casi 50.000 millones por encima de los últimos datos oficiales del Banco de España, que datan del primer semestre de 2011.

    Lien

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 13h41 le 05/05/2012
    • Internaute 41511
      -

    Samedi 5 mai 2012 :

    Le glas sonne pour l’Espagne.

    Le glas se remet à sonner sur l’économie européenne et, par extension, sur les marchés mondiaux. Cette fois, les mauvaises nouvelles partent de l’autre rive de la Méditerranée : une Espagne en situation critique pourrait occuper l’actualité des prochains mois.

    Depuis la Grèce, le scénario, connu, obéit à une mécanique infernale. Quelles sont les étapes qui ne manqueront pas de se produire avant la fin 2012 ? L’État espagnol devra lever des fonds pour rembourser la part de sa dette arrivant à échéance. La situation se dégrade si vite que les investisseurs exigeront des taux d’intérêt intenables. Le gouvernement en appellera à la solidarité européenne ; l’audit mené sans doute encore par la « troïka » (Communauté européenne, BCE et FMI) rendra un diagnostic attendu : l’Espagne est incapable, à moyen ou à long terme, d’honorer la plus grande partie de sa dette. Les créanciers perdront donc les fonds prêtés. Ceux qui devront prendre les pertes seront d’abord les banques privées, sommées depuis des années de souscrire les bons émis par leur propre ministre des Finances.

    C’est là qu’interviendra la variante espagnole, différente du cas grec ou irlandais. Ces banques espagnoles sont parmi les plus importantes du monde. Plusieurs ont été déclarées « systémiques » par les autorités monétaires internationales, c’est-à-dire susceptibles, en cas de faillite, d’entraîner la totalité du système financier planétaire. En clair, les pertes liées à un défaut de l’État espagnol feraient exploser l’Europe, et en suivant, le reste du monde.

    Donc, il n’y aura pas le choix : il faudra renflouer, et la facture sera très lourde pour les rares cautions de la zone. Le singulier suffirait en l’espèce : la seule garantie digne de ce nom se nomme l’Allemagne, dont la capacité de résistance se trouverait alors mise à rude épreuve. Dès lors, le colmatage impératif deviendrait le seul sujet de conversation des chefs d’État d’Occident, reléguant aux calendes « grecques » d’hypothétiques plans d’investissement ou de relance.

    D’autant que le cas espagnol illustre à quel point le mal est ancien, profond et récurrent. Le déséquilibre de l’économie ibérique date de près de vingt ans, quand il devenait nécessaire de trouver un relais aux premières décennies de démocratie, de transferts européens et de comblements des retards en tous genres. Au lieu d’une croissance certes lente, mais solide et structurelle, on préféra une fuite en avant, fondée sur le développement immobilier, des réseaux de transports surdimensionnés, des équipements publics aberrants. À titre d’exemple ou de symbole, on peut citer l’un des plus beaux aéroports d’Europe, à Ciudad Real, près de Madrid, censé absorber le trafic low-cost. L’aéroport est neuf, superbe… et vide. Une structure fantôme, inutile, dramatique.

    Le résultat de ces politiques à courte vue ? Un système bancaire espagnol chargé d’actifs surévalués, donc de pertes potentielles, une spécialisation à outrance de la main-d’œuvre locale, mise au chômage en même temps que s’arrêtaient les innombrables chantiers de la Péninsule. Le travail n’est pas près de revenir, à moins, bien sûr, que des apprentis sorciers ne décident de relancer pour quelques mois encore la folie furieuse, pour finir en krach plus dramatique encore.

    La seule solution passera par une restructuration de la société espagnole, de fond en comble, supposant notamment un effort titanesque de formation, que le pays ne pourra assumer sans aide extérieure ; et avec peut-être aussi un début de tutelle : il fut révélateur de constater que les milliards d’euros libérés par la Banque centrale européenne furent utilisés par les banques espagnoles ces dernières semaines à… racheter à bas prix leurs propres dettes pourries.

    La tentation du pire anime une population désespérée, et l’Europe se doit de constater que son bien commun le plus précieux, la démocratie, pourrait se trouver en danger, ne serait-ce qu’en raison des scandales de corruption dans les « comunidades », les entités régionales, toutes en quasi-faillite. Il est terrible d’ajouter à ce sombre tableau la brusque déconsidération de l’un des derniers ciments du pays, la famille royale, dont l’image est écornée par plusieurs scandales, touchant même la personnalité du roi.

    Pour les pays de l’Union approche le moment de vérité, où les choix du long terme devront prendre le pas sur ceux du court terme.

    Philippe Dessertine, économiste.

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