Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

La BCE « monétise » les créanciers, mais il faut monétiser l’économie réelle

Le Yéti
voyageur à domicile
Publié le 09/09/2012 à 16h56

Il n’ont plus que ce mot à la bouche ! « Monétiser » ! Mario Draghi, président de la BCE veut monétiser « sans limites » la dette des pays membres de l’UE. Son confrère de la Fed, Ben Bernanke, est pressé de monétiser son royaume déchu avec un troisième « quantitive easing ». Comme si les deux premiers avaient servi à quelque chose !

La monétisation n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais il y a deux façons de monétiser : la mauvaise et la bonne.

Les créanciers ne peuvent pas gagner à tous les coups

La mauvaise, c’est celle des Draghi et des Bernanke. Ceux-là ne monétisent que les créanciers. A défaut, vu l’ampleur du fossé à combler, de pouvoir y parvenir intégralement en rinçant les populations.

Remarquez, ce n’est pas faute d’essayer :

  • voir les politiques d’austérité prenant pour cibles prioritaires les dépenses d’éducation, de santé et les prestations sociales ;
  • voir le TSCG destiné à austériser les budgets publics ;
  • voir les conditions posées par Mario Draghi pour le rachat illimité de dettes pourries par la BCE...

Mais voilà, trop tard, les voici donc prêts à monétiser des créanciers qui ont déjà souvent récupéré leurs mises initiales au décuple. Et qui, c’est le jeu, ne peuvent pas gagner à tous les coups. Mais que voulez-vous, rembourser ses dettes est un devoir imprescriptible, qu’ils disent !

Tiens, c’est drôle, rien sur le remboursement des dettes dans la déclaration universelle des Droits de l’homme. Par contre, sur le droit au travail (article 23), au logement (article 25)... Croyez-vous que ça empêche les margoulins de licencier, d’expulser, au nom de l’effort commun de tous (moins les créanciers) face à la crise ?

Créer un nouvel ordre monétaire

Il y a une autre façon, la bonne, de monétiser : celle qui consiste à (ré)injecter les liquidités nécessaires au bon fonctionnement de l’économie réelle. D’une certaine façon cela revient à créer un nouvel ordre monétaire en marge de l’ordre officiel.

C’est à peu près ce que firent les Islandais et les Argentins après avoir renvoyé balader leurs créanciers. Et, miracle, cela ne se passa pas trop mal pour eux. Pour sortir de la mouise, l’Argentine substitua de fait les LECOP et le « crédito » à un peso trop maqué avec le roi-dollar. Et se ficha royalement des rodomontades du FMI.

Mais passe encore (même très mal) pour de petites entités comme l’Islande ou l’Argentine. Les créanciers ne l’entendent pas du tout de cette oreille pour un mastodonte comme l’UE. Voilà pourquoi c’est eux, les créanciers, qui détiennent et manipulent de fait comme ils l’entendent la monnaie unique. Voilà pourquoi ils tiennent tant à leur euro.

La création d’un nouvel ordre monétaire ne peut donc passer que par une relocalisation des monnaies. Et une explosion de la zone euro. Un sacrilège pour les gardiens du temple européen. Un souffle d’air frais possible pour les populations.

Agir en marge des banksters

Aucune solution à la crise européenne actuelle, aucune, ne sera possible sans passer par cette étape. Qui implique de voir mis hors d’état de nuire ces véritables ennemis publics n° 1 que sont devenus les margoulins aux commandes, leurs complices politiques et leur système tentaculaire.

Car rien, absolument rien n’est à attendre des instances européennes en place. Ni des Merkel, des Monti, des Cameron ou des Hollande. Sinon une véritable désintégration sociale dont la Grèce ou l’Espagne offrent les tristes prémisses.

Ou nous y parviendrons par des réactions politiques ou sociales. Très délicat, même si l’on voit monter en puissance des mouvements comme le Syrisa grec d’Alexis Tsipras, le Parti socialiste radical néerlandais d’Emile Roemer et, un ton encore en dessous, le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon.

Ou, beaucoup plus vraisemblable, par l’implosion finale du système et de ses tenanciers formés à l’école Goldman Sachs comme Draghi. Le système est entré en état de mort clinique depuis janvier 2008. Sa chute contraindra et forcera des solutions alternatives vitales pour une monétisation salutaire de l’économie réelle.

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  • 21 réactions
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  • Hulk
    • Posté à 17h47 le 09/09/2012
    • Internaute 191990

    et, un ton encore en dessous, le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon.

    Ho, Ho ! ! ! !
    Le Yeti aussi va devenir Belge : son enthousiasme s’effrite ! !

    • Mon-Al
      Mon-Al répond à Hulk
      roturière : -)
      • Posté à 18h00 le 09/09/2012
      • Internaute 24219
        roturière : -)

      La Belgique va devenir le dernier paradis des expats ...

      • pablico
        pablico répond à Mon-Al
        Co-NOBEL de la Paix
        • Posté à 18h36 le 09/09/2012
        • Internaute 14278
          Co-NOBEL de la Paix

        la Suisse va être jalouse...
        Mais pourquoi donc Monsieur, n’a-t-il pas voulu devenir suisse ?

        le mal des montagnes peut-être..

         
        • chauvequipeu
          chauvequipeu répond à pablico
          au poil
          • Posté à 18h50 le 09/09/2012
          • Internaute 192303
            au poil

          il le met ou son yacht en suisse, pas de lac assez grand !

        1 autres commentaires
    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Hulk
      voyageur à domicile
      • Posté à 18h02 le 09/09/2012
      • Internaute 6095
        voyageur à domicile

      Ho ho ! ! ! Le « ton au-dessous » du Front de gauche, c’est le nombre de ses électeurs à la dernière présidentielle (par rapport à ceux de Syriza, par exemple), pas son programme.

      • Hulk
        Hulk répond à Le Yéti
        • Posté à 18h03 le 09/09/2012
        • Internaute 191990

        Aaaaaaaaaaaaaaaaahhh, je suis rassuré...

        donc, pas de moules frites,.... homard, comme d’habitude : -))))

  • chauvequipeu
    chauvequipeu
    au poil
    • Posté à 18h49 le 09/09/2012
    • Internaute 192303
      au poil

    la partie de monopoly se termine, une meme monnaie pour tous les joueurs, normal que tous plumé, a la fin il n’est reste qu’un

  • zinzolin09
    zinzolin09
    Mauvais esprit
    • Posté à 19h58 le 09/09/2012
    • Internaute 70144
      Mauvais esprit

    Monétiser les dettes que les Etats ont souscrites auprès des banquiers à un taux indécent ne sert qu’à garantir aux-dits banquiers qu’ils vont pouvoir continuer à faire des bénéfices intolérables sur le dos des états.
    Cela ne sert à rien, il faudrait aussi que la BCE prête directement aux états au même taux qu’aux banques pour les financer directement. Qui peut penser que l’inflation serait pire que la situation actuelle, à part pour les rentiers et les actionnaires.

    • zorbeck
      zorbeck répond à zinzolin09
      • Posté à 07h40 le 10/09/2012
      • Internaute 9110

      Les rentiers riches et les actionnaires ont les moyens d’éviter le probleme de l’inflation, et tres peu y perdraient. Pour ce qui est du commun des mortels, c’est une autre paire de manches.

  • zorbeck
    • Posté à 07h37 le 10/09/2012
    • Internaute 9110

    Le problème avec la solution du Yeti est sa cécité totale face à la conséquence qui serait un effondrement de l’économie agrémentée d’une crise sociale plus grave que 29 avec sa cohorte de chômeurs et de pensionnés sans pensions, et une évaporation complète du poids politique actuel des pays européens.

    Pour ne pas rester dans le vague, un exemple parmi d’autres : avec la dévaluation brutale qui s’ensuivra et un prix stratosphérique à la pompe, qui en France aura encore les moyens de s’acheter une voiture et de rouler avec ? On en exportera davantage dans le meilleur des cas, mais ce n’est pas cela qui sauvera des milliers d’emploi ni qui paiera les indemnités de ceux qui vont se retrouver à la rue autrement qu’avec une monnaie de singe..

    Devant l’endettement totalement irresponsable de la plupart des Etats européens (pas tous), il n’y a pas de sortie de crise indolore, c’est un fait. En choisir la plus brutale comme le fait le Yeti, c’est la voie ouverte aux pires des extremismes, c’est sauter dans le gouffre pour ne pas y tomber. Et pour ce qui est des solutions du café du commerce si chères au Yeti, c’est aussi perdre de vue que Lepen a plus de poids electoral que Melenchon.

  • Nord
    Nord
    Personnage de roman
    • Posté à 07h56 le 10/09/2012
    • Internaute 188005
      Personnage de roman

    Dites, ça ne vous dérange pas lus que ça de reprendre à tire-larigot des concepts forgés pas l’extrême-droite ? Je pense à « l’économie réelle » et « banksters » tout particulièrement. Il y a eu « laïcard », un jour, terme dont la paternité revient à Édouard Drumont.

    Alors bien sur, c’était dans les années qui précédèrent la seconde guerre mondiale, et je sais bien que l’inculture ambiante vous permet d’écrire à peu près n’importe quoi. Après tout tant qu’il s’agit de cracher sur l’autre, avec vos connaissances historiques et economiques lacunaires, vous trouverez toujours une cours pour vous adouber. Mais voyez-vous, il reste quelques hurluberlus dans mon genre pour avoir assez de mémoire et qui éprouvent, à la lecture de vos délires mal argumentés, une nausée bien sartrienne qui ous fait regretter la gauche, la vraie.

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Nord
      voyageur à domicile
      • Posté à 11h31 le 10/09/2012
      • Internaute 6095
        voyageur à domicile

      « Économie réelle », une notion d’extrême droite... employée d’abord par des altermondialistes comme Patrick Viveret pour distinguer l’activité financière purement spéculative de l’activité économique (production et distribution des biens et services).

      Quant au terme « bankster », il est l’invention du procureur américain Ferdinand Pecora qui inspira au démocrate FD Roosevelt ses réformes post-krach de 2009. (NB : le rapport de Pecora dénonçait entre autres le financement par les banques américaines des partis fascistes européens.)

      Et c’est vous qui parlait d’ « inculture ambiante » : -D ?

      [PS : tiens, je vois que vous êtes « topé » à mort par nos prestes déconnologues pilotiques. Une référence en matière de culture : -D]

      • Hulk
        Hulk répond à Le Yéti
        • Posté à 13h59 le 10/09/2012
        • Internaute 191990

        et « laïcard », c’est de Jésus ? ? ?

         
        • Le Yéti
          Le Yéti répond à Hulk
          voyageur à domicile
          • Posté à 15h39 le 10/09/2012
          • Internaute 6095
            voyageur à domicile

          Je n’ai JAMAIS utilisé personnellement le terme « laïcard » (et je ne suis pas Jésus non plus).

        1 autres commentaires
    • cartesi1
      cartesi1 répond à Nord
      pHD student
      • Posté à 10h18 le 10/09/2012
      • 182555
        pHD student

      « une nausée bien sartrienne » ...

      Désolé mais vous juste ridicule cher Monsieur. Sartre était un véritable ****, un BHL avant l’heure, riche et complètement déconnecté de toute réalité.
      Je vous ferais également remarquer que votre « vrai » gauche est historiquement un désastre humain et financier. Ça me fait toujours marrer de voir la cécité des gens de gauche.
      Bordel de merde l’extrême droite on a vue ce que ça a donné dans le passé et on en a tiré les conclusions. Pourquoi les gens ne tirent pas les conclusions de ce qu’a été la gauche. L’union soviétique, la CHine de Mao etc ça vous a pas suffit ? ? ? ? Vous en Voulez encore ? ? ? ?

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à Nord
      Fou du volant
      • Posté à 11h15 le 10/09/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Je ne trouve pas que le choix de votre pseudo soit vraiment adapté pour un personnage de roman de gauche mais a part ça je suis entièrement d’accord avec vous : -)

  • cartesi1
    cartesi1
    pHD student
    • Posté à 10h12 le 10/09/2012
    • 182555
      pHD student

    Si je peux me permettre le système financier n’est pas mort en 2008 en Europe. Il est mort en octobre 2011 lorsque la BCE à mis dans une colonne de son tableau excel 1000 000 000 000 d’euros. Pour la bonne et simple raison que les banques européennes étaient en faillite et on a failli se retrouver avec des distributeurs sans billet.

    Il faut arrêter de croire que l’on va injecter de l’argent dans l’économie réelle, vous M. Yeti semblez intéressé par la situation économique savez pertinemment que c’est bien la dernière chose que fera M Draghi.

    Je crois que la dernière action de la BCE (monétisation « illimitée ») est tout simplement l’ultime shoot d’un système drogué pour avoir sa dernière poussée d’adrénaline avant l’overdose.

    Perso je suis scientifique et pour avoir mis un peu le nez dans les « maths » favoris de nos chers banquiers. Ce sont des Charlatans qui se foutent littéralement de la gueule du monde.

  • L'ami Dino
    L'ami Dino
    ex-supporter de la Juventus
    • Posté à 10h43 le 10/09/2012
    • Internaute 44072
      ex-supporter de la Juventus

    « Mais il y a deux façons de monétiser : la mauvaise et la bonne. »
    Tout à fait, c’est exactement comme le bon chasseur et le mauvais chasseur.

    • cartesi1
      cartesi1 répond à L'ami Dino
      pHD student
      • Posté à 11h18 le 10/09/2012
      • 182555
        pHD student

      C’est faux ! Il y a une bonne façon de monétiser pour faire diminuer la dette. La planche à billet réelle avec une dévaluation. Le seul problème c’est que c’est pas vendeur car ça veut dire qu’il faut vivre « à la dure » pendant quelques temps donc aucun politique ne peut espérer prendre le pouvoir en promettant « du sang et des larmes ». Ce qu’on ne réalise pas c’est qu’on aura du sang et des larmes quoi qu’il arrive donc mieux vaut percer l’abcès une bonne foi pour toute que de laisser tout nous tomber sur la gueule.

      C’est un peu comme les pacifistes des années 30 qui ne voulaient pas déclarer la guerre aux nazis pour ne pas déclencher un conflit .... Résultat on a eu la guerre ET les nazis.

      • L'ami Dino
        L'ami Dino répond à cartesi1
        ex-supporter de la Juventus
        • Posté à 12h24 le 10/09/2012
        • Internaute 44072
          ex-supporter de la Juventus

        Exact. La bonne monétisation, c’est la planche à billets.
        Alors que la mauvaise monétisation, ça n’a rien à voir : c’est la planche à billets.
        Pardon pour mon imprécision.

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